Speaker #0Bonjour à toutes et bienvenue sur le podcast La Vie Suffit. Si vous avez l'impression que votre réussite dérange et qu'on essaye de vous appuyer sur la tête, cet épisode est fait pour vous. Écoutez-le jusqu'au bout s'il vous plaît parce qu'aujourd'hui on va parler du syndrome du coquelicot. Pourquoi votre réussite est-ce qu'elle dérange des personnes autour de vous ? Comment on fait ? Comment est-ce qu'on fait pour reconnaître quand ça dérange ou pas ? En fait comment on va reconnaître le syndrome du coquelicot ? Et surtout comment faire pour continuer à grandir, à réussir, à s'assumer, à briller sans se rapetisser si jamais il y a des gens justement que ça va déranger ? autour de vous. Restez bien jusqu'au bout. Aujourd'hui, je vais tout vous expliquer. Comment on reconnaît ça ? Comment est-ce qu'on traverse ça ? Les axes sur lesquels travailler ? Les solutions ? C'est parti ! Je suis Chloé Blum, entrepreneur au Multicasquette. Et chaque jeudi, je vous partage les réflexions, les phases d'introspection, les clés qui, selon moi, permettent de vivre notre vie plus pleinement et de trouver plus d'épanouissement. Chaque épisode est une invitation à exprimer encore plus librement toutes les parts de vous. Si cela vous plaît, je vous invite à partager les épisodes à vos proches qui en ont besoin, ainsi que laisser une jolie note et un commentaire si vous souhaitez soutenir le podcast. Salut tout le monde, j'espère que vous allez bien, que vous êtes en forme. Je vous retrouve pour un sujet, je ne sais pas pourquoi je n'en ai pas parlé avant, parce qu'en réalité c'est un sujet qui infuse plein de mes dernières prises de parole. Donc évidemment, je m'adresse comme d'habitude beaucoup plus aux femmes ici, puisque je pense qu'il y a des obstacles que vous pouvez et qu'on peut rencontrer qui sont différents aussi parfois de la réussite des hommes. ou quoi que ce soit, mais vraiment, cet épisode, en réalité, il peut vraiment s'adresser à tout le monde, qu'on soit entrepreneur ou pas, qu'on soit visible ou pas. On va parler du syndrome du coquelicot. Alors, c'est un terme, normalement, qui n'existe pas vraiment en français. C'est plutôt un terme qui est utilisé en Australie, Nouvelle-Zélande, Angleterre. Moi, j'avais découvert ce terme en Australie à l'époque où j'y habitais, le tall poppy syndrome, en fait. Sauf qu'en réalité, ce n'est pas du tout un phénomène qui n'arrive que là-bas. C'est un phénomène qu'il y a absolument partout dans... Presque tous les pays du monde, je dirais. Je n'ai pas voyagé dans tous les pays, mais dans énormément de pays, il y a ce truc-là. Ça explique beaucoup de choses, de phénomènes, on va dire, sociaux et de peurs aussi que vous pouvez avoir, notamment par rapport à la réussite, des plafonds de verre, par rapport à votre visibilité, par rapport à l'argent, par rapport à plein de trucs. Et donc, que vous soyez entrepreneur ou non, j'insiste, c'est super important que vous soyez au courant de ça et que je vais faire mon max, en fait, pour vous donner des clés pour, justement, dépasser ce truc-là. On va parler du fait que votre réussite peut déranger. Je vous donne des exemples. Est-ce qu'il y a des situations, là, que je vais vous nommer, dans lesquelles vous voulez, vous allez peut-être vous reconnaître. Par exemple, vous êtes à un repas de famille, vous annoncez une bonne nouvelle vous concernant ou un truc trop bien qui vous arrive ou une opportunité ou quoi que ce soit, il y a quelqu'un qui change de sujet en deux secondes, tout de suite, pour ramener l'attention sur autre chose que vous. Ça m'est arrivé des milliers de fois, donc je pense que c'est peut-être un truc qu'il y en a plein parmi vous qui peuvent vivre ce truc. Ou ça peut être par exemple... Vous annoncez une promo vous concernant ou un truc vous concernant et vous avez une de vos copines qui répond à super sans un seul point d'exclamation, sans réel enthousiaste et vous avez du mal à comprendre parce qu'en fait elle, elle va s'extasier plutôt pour la réussite de quelqu'un d'autre. Donc vous l'avez déjà vu s'extasier, vous savez qu'elle est capable de le faire mais par contre elle ne s'extasie pas pour vous. Ou par exemple, vous postez quelque chose, une réussite, même sur les réseaux sociaux et les gens qui d'habitude likent tout etc. cette fois-ci ne réagissent pas du tout et n'ont pas envie d'encourager ce que vous faites. Ou on vous balance, encore une fois, donc ça c'est aussi des exemples qui sont tirés de... Mon expérience, fais attention à ne pas prendre la grosse tête. Ouais, enfin, on va voir. À mon avis, tu vas changer, etc. Alors que vous venez juste de dire que vous étiez contente ou que vous étiez fière de vous. Ou même, par exemple, je sais pas, vous écrivez une story pour partager un super beau résultat que vous avez eu. Vous l'avez relu dix fois et vous l'avez supprimé. Parce que vous avez peur des reactions que ça va engendrer. Notez bien celle-ci. Vous n'osez pas parler de votre chiffre d'affaires. Vous n'osez pas parler de vos prix. Vous n'osez pas parler de votre argent, ni à vos proches, ni à des gens que vous connaissez pas. Ou même, par exemple, si vous avez déjà ressenti vous... je vais renverser la balance, un peu un pincement ou un peu de jalousie en voyant la réussite d'une autre entrepreneuse et que vous en êtes voulu derrière parce que vous trouvez que c'est pas... Enfin vous vous êtes dit merde, mais attends ça craint en fait, je me sens un peu jalouse, etc. On va parler de ça parce qu'en fait c'est aussi des choses qui peuvent nous arriver à nous. Donc en fait si vous voulez, le sujet j'ai envie de l'aborder avec trois positions différentes. Celle qui va subir ce truc du syndrome du coquelicot, celle qu'on a peur parce qu'elle veut l'éviter, et celle qui l'a déjà fait vivre à quelqu'un d'autre. Il y a quelque chose de commun et souvent on a été dans les trois, le syndrome du coquelicot. Juste avant que je vous explique un peu plus comment ça va se présenter, pour la petite histoire, c'est le moment histoire, je vais sortir ma voix de Pierre Belbar, l'histoire du coquelicot, d'où ça vient. En gros, ça vient d'une histoire romaine. Le roi, en gros, à cette époque-là, à Rome, c'est le roi Tarquin le Superbe, qui est connu pour sa tyrannie, et en gros, le roi, en bon petit bâtard, qu'il est, il veut s'en parler de la ville voisine de Gabi, sauf qu'il n'arrive absolument pas à la prendre par la force. Donc, il a son fils qui s'appelle Sextus, qui joue un peu la comédie, qui va se réfugier à Gabi en prétendant fuir la cruauté de son père, sauf que pas du tout, lui aussi c'est un petit bâtard. Et donc les habitants de Gabi accueillent Sextus, ils lui font confiance, ils finissent par lui confier même le commandement de leur armée, donc dinguerie, le mec arrive quand même à manipuler tout le monde et à obtenir la confiance de tout le monde. Et ensuite, du coup, ce qu'il fait, ce petit bâtard de Sextus, Il envoie un messager à son père pour lui demander, « Bon, ben maintenant, qu'est-ce que je fais, papa ? Maintenant que j'ai le pouvoir. » Voilà. Le daron, qu'est-ce qu'il fait, le daron ? Le daron ne se fie absolument pas au messager, il ne répond rien. Il emmène le messager dans son jardin. Et la seule chose qu'il fait en silence, c'est de couper avec un bâton toutes les têtes des coquelicots les plus hauts qui dépassent de l'herbe, en fait. Et le messager, il est perplexe, il ne comprend pas. Mais juste, il va rentrer voir Sextus et il va raconter ce qu'il a vu. Et donc Sextus, lui, il a compris tout de suite, en gros. Il a compris le message, c'est faire exécuter ou exiler les personnalités les plus influentes de la ville. En gros, c'était ça le message de son père. Et donc, voilà. Et le truc, c'est que du coup, c'est ce qu'il fait. Et que la ville de Gabi, privée de ses têtes hautes et de ses têtes de pouvoir, entre guillemets, tombe sans qu'il n'y ait aucun combat. Voilà. Donc, c'était le message, en gros, du daron, finalement. Et donc, le message du coquelicot, en fait, c'est que pour pouvoir garder le contrôle d'une situation, pouvoir prendre le contrôle. où, voilà, d'avoir le pouvoir, il faut éliminer celles et ceux qui dépassent. Il y a d'autres versions, il y a une version plus grecque, voilà, qui est plus ancienne, etc. Mais aujourd'hui, du coup, ça vient de cette histoire-là, en gros, mais aujourd'hui, c'est quelque chose qu'on utilise aussi, et c'est ce que je vous disais pas mal en Australie. Moi, c'est quelque chose que j'ai pas mal vu en Australie, et en fait, ce que ça fait aujourd'hui, c'est que ça désigne la tendance d'un groupe, d'une masse ou de manière générale d'une société ou d'un groupe social, etc., à critiquer, rabaisser. Ou saboter les gens qui vont réussir ou qui vont se distinguer. Et donc souvent, ça va aussi se présenter un peu comme... En fait, on vous encourage jusqu'au jour où ça marche vraiment pour vous. Là, bizarrement, il n'y a plus personne qui vous encourage. On vous encourage à croire en vos rêves jusqu'à ce que finalement vous puissiez les réaliser et que vous les réalisiez. Là, ça fait chier tout le monde. Du coup, on n'a plus du tout envie de vous soutenir. Ou même, ce que ça peut faire aussi, c'est par exemple... Que tout le monde vous adore tant que vous êtes dans la réussite et tant que vous êtes au sommet, sauf qu'en réalité, une fois que vous êtes au sommet, tout le monde rêve de vous voir tomber et va se nourrir de ce truc-là. Encore une fois, le but, ce n'est pas de prendre une posture victimaire et compagnie, genre tout le monde est contre moi, ce n'est pas le cas, mais c'est quand même un phénomène qui arrive et c'est surtout un phénomène qui nous fait peur à beaucoup d'entre nous et c'est aussi ce qui fait que souvent, on a tendance à minimiser nos réussites, notamment pas mal en tant que femme. Donc comment ça va se présenter déjà dans la famille ? Alors je ne sais pas si c'est un truc que vous avez déjà vécu dans vos familles. Moi, c'est quelque chose que j'ai aussi vu parfois dans la mienne. C'est que par exemple, on ne va jamais vous poser de questions sur votre activité ou sur quelque chose dans laquelle vous réussissez, que vous soyez entrepreneur ou non. En fait, on ne va jamais vous poser de questions sur un truc en particulier, comme si ça n'existait pas. On va juste ignorer le sujet et contourner le sujet. On va vous poser des questions du style par exemple, et sinon ça va, tu cherches toujours un vrai travail ? Ça va ? Et sinon, ce n'est pas trop galère là en ce moment, ton petit hobby, ton petit truc ? Donc voilà, ou même on va parler de vos succès et vos réussites un peu comme d'une lubie. Moi, c'est aussi quelque chose qu'on a fait. Ton petit truc là sur Instagram, ton délire. Voilà, il y a un truc comme ça. Ou on va même parfois vous comparer à un frère, à une sœur, à une cousine qui est un peu plus raisonnable et qui a suivi une voie visiblement mieux tracée que la vôtre. Vous pouvez aussi avoir parfois des remarques sur l'argent que vous faites ou sur votre réussite, du style « Ah bah maintenant t'es riche, ah bah tu vas nous inviter alors » . Ah ben, t'as changé, non mais ça y est en fait, t'es plus du tout comme avant, maintenant t'as pris la grosse tête. Voilà, il y a un peu ces trucs qui arrivent dans la famille. C'est aussi quelque chose qui peut arriver dans le couple, chose que j'ai aussi vécu dans mon couple, évidemment. Et pas longtemps, mais assez longtemps pour que ce soit pesant et que ce soit vraiment source de très gros conflits. On peut avoir par exemple un partenaire qui peut se sentir menacé quand on gagne plus que lui. Je pense notamment pas mal au couple hétérosexuel. Je sais pas si c'est quelque chose qui arrive dans les couples homosexuels. J'en ai pas discuté avec mes amis qui sont en couple, mais... Je serais grave intéressée en vrai de savoir si c'est un truc qui arrive. En tout cas, dans les couples hétérosexuels, je sais que c'est quelque chose qui arrive beaucoup et souvent et qui sont aussi pas mal liés aux injonctions patriarcales par rapport à la posture de l'homme, de la femme, etc. Mais du coup, c'est un truc qui peut arriver aussi. Ça peut être aussi, vous savez, toutes les petites piques devant les autres, en fait, genre devant vos potes, etc. Madame la businesswoman ou madame la machin ou madame ceci ou quoi que ce soit. Et là, je parle pas mal de boulot et d'entrepreneuriat, mais en réalité, c'est même des trucs qui peuvent arriver sur... D'autres choses en fait, le sport, tout le temps un petit besoin de rabaisser pour se valoriser soi en fait, même dans le couple. Franchement, vivre ça c'est une dinguerie, c'est pas normal, je vous le dis, c'est pas normal, faut pas laisser passer ça. Ça peut être aussi le manque d'intérêt pour vos victoires, pour vos réussites ou le changement de sujet systématique ou même l'énervement ou l'agacé. par rapport à vos succès, par rapport à vos réussites, ou même la culpabilisation sur le temps que vous passez à travailler, alors que l'inverse ne serait jamais reproché. Ça, c'est quelque chose que j'ai énormément vu dans des couples d'amis à moi hétérosexuels, et franchement, ça me fait péter un câble. J'ai vu des couples d'amis à moi hétéros, où le mec reprochait à sa nana entrepreneur de trop bosser, alors que c'est elle qui ramenait 90% du revenu pour le foyer, qui n'avait pas d'autre choix, et en fait, le mec était bien content de pouvoir vivre. sur ce niveau de vie là, mais par contre pour reprocher il n'y avait pas de problème quoi. C'est un truc qui me fait halluciner et que je vois encore énormément, c'est aussi des choses que j'ai vues en conférence, donc c'est des choses à ne pas laisser passer. Les gens ne se disent pas les yeux en face des trous quoi. C'est aussi des trucs qui peuvent arriver en amitié, moi je vous le dis comme je le pense, si ça arrive avec vos amis, c'est que ce ne sont pas vos amis tout simplement. Les gens qui vous soutenaient quand vous galériez, mais par contre dès que ça va décoller pour vous, elles prennent leur distance, elles ne sont plus là pour vous. Les blagues un peu récurrentes sur votre célébrité un peu passive-agressive, le fait d'être moins invitée, d'être mise à l'écart d'un groupe, celle qui va un peu raconter vos réussites en les minimisant, en vous ôtant un peu de succès par rapport à votre mérite ou quoi que ce soit. Voilà, c'est aussi des choses qui arrivent. C'est aussi des choses qui peuvent arriver dans le milieu entrepreneurial, du genre des consoeurs qui peuvent s'inspirer de votre travail en le dénigrant, des critiques dans votre dos dans des groupes privés. En vrai, bon, c'est des trucs que vous allez vivre. Il faut en avoir rien à foutre, mais ce sont des trucs qui peuvent être possibles. Des trucs du genre, ah, elle a eu de la chance, ah, elle a surtout eu un bon réseau. Elle a été mise en avant par l'algorithme, le fameux. Voilà, c'est du bullshit, ça faut arrêter. Le procès aussi en légitimité, du genre, elle se prend pour une experte, elle n'a pas de diplôme. Voilà, le procès en argent, du style, elle pense qu'au fric, c'est que du marketing. Voilà, c'est aussi des choses qui peuvent arriver. Ou même être exclue d'une collab ou d'un événement ou quoi que ce soit, parce qu'en fait, vous juste vous dépassez, vous ne vous collez pas avec les standards. C'est aussi quelque chose qui est possible. Moi, ça ne m'est jamais arrivé, mais je sais qu'il y a des créatrices de contenu que je suis qui ont déjà été évincées d'événements comme ça. Voilà. Ou même juste des collègues et consoeurs qui ne vont jamais partager votre travail, alors qu'ils vont partager celui de plein d'autres qui sont similaires, parce qu'en fait, ils ont le seum et qu'ils sont déclenchés. C'est possible. Pareil, en ligne aussi, c'est des choses qui peuvent arriver. Voilà, encore une qui se la pète, encore une qui vend du rêve, des messages privés, passifs, agressifs, condescendants, du mindsplaining, des phrases du style « t'as oublié d'où tu viens » . Bon, je ne vais pas vous faire toute la liste, mais je pense que c'est des trucs que vous comprenez, et il y a des formes un petit peu plus subtiles. Du style un peu, vous savez, le compliment empoisonné de « Ah ben, c'est courageux quand même de demander ce prix-là, c'est audacieux. » Ou la minimisation du style « C'est facile pour toi, c'est facile pour toi, t'as pas d'enfant, c'est facile pour toi parce qu'il y a ça. » Ou « T'as eu de la chance, c'est grâce à ton mari, c'est grâce à ton physique. » Voilà, un peu ce genre de truc où je te dis ça pour toi, mais bon, fais attention à ton image. Voilà, bon, vous avez compris. Maintenant, il faut savoir pourquoi est-ce que ça nous tombe dessus. Donc là, en fait, moi, j'aimerais basculer un peu de l'autre côté des gens qui nous disent ça et pourquoi est-ce que ça peut nous... En fait, ils nous balancent ça, parce que ça n'arrive pas comme ça par hasard, et c'est aussi ce truc qu'il faut comprendre. C'est que déjà, on est quand même beaucoup, beaucoup, beaucoup encouragés, et ce depuis notre enfance, en particulier dans notre société occidentale, à être dans une comparaison sociale en permanence, et ce depuis très, très petit. On compare notre valeur tout le temps en se comparant aux autres, en fait, et on se compare forcément beaucoup à celles et ceux qui nous ressemblent. Ce qui fait que notre réussite, elle renvoie souvent aux autres ce qu'eux, soit n'ont pas réussi à faire, Soit ce qu'ils n'ont pas osé faire, soit là où ils ont eu des manquements, soit là où ils ont eu des blocages, soit là où ils ont eu peur, etc. Et en vrai, c'est normal. Du coup, forcément, ça va créer de l'émotionnel. On ne peut pas juste se dire « je réussis et je brille » et ça n'impactera jamais les autres. Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas possible. Ça va forcément remettre un miroir et ça va forcément aussi creuser des inégalités. C'est aussi un truc dont il faut avoir conscience. Il y a aussi que quand on rabaisse quelqu'un, il y a des gens pour qui ça leur permet de se rassurer. Quand ils n'ont pas beaucoup confiance en eux, ça leur permet de se rassurer. Et puis il y a aussi et surtout que c'est plus facile et ça demande moins d'efforts de faire tomber quelqu'un plutôt que de s'élever soi-même, parce que s'élever soi-même, il y a beaucoup de freins, ça nécessite un énorme travail, ça nécessite beaucoup de moyens, ça nécessite plein de moyens que certaines personnes n'ont pas. On n'est pas tous avec le même bagage déjà de base. Et de faire tomber quelqu'un, en fait, ça nécessite peu de moyens puisque de base, déjà, notre société se nourrit énormément du rago. des chutes, etc., des gens. Donc ça demande moins de moyens, tout simplement. Voilà. Je pense que personne n'est profondément mauvais. Enfin, si, il y en a, mais en tout cas pas des gens lambda comme ça sur les réseaux, je pense. Plus des gens qui sont au pouvoir de notre pays et de notre monde, à mon avis. Mais voilà, je pense que vous comprenez l'idée. Il y a aussi des fois où ça va arriver, qui sont vraiment pas... C'est pas doté de mauvaises intentions, en fait, c'est lié à la peur de nous perdre. J'ai remarqué que nos proches, ils ont vraiment peur qu'on change, peur qu'on parte, peur qu'on n'ait plus besoin d'eux. C'est un truc de fou, et du coup, une des manières de nous garder près d'eux, c'est aussi parfois de nous descendre un peu. Je dis pas que c'est bien, d'accord ? De toute façon, on va en thérapie parce qu'eux l'ont pas fait. Mais vous avez compris l'idée. Voilà. Et puis il y a aussi que ça remet en question leur choix à eux. Donc par exemple, si parfois nous on y arrive, ou que nous on va briller, ou que nous on va s'autoriser aussi à faire certaines choses, ça va forcément questionner leur propre renoncement ou leur propre non-renoncement. Mais exactement comme le fait de ne pas vouloir d'enfant, c'est un truc dont j'ai déjà parlé, moi je me suis déjà pris pas mal de haine et de critique de la part de femmes qui étaient mamans, parce que ça venait questionner elles-mêmes leur propre renoncement et leur propre non-choix. C'est une petite parenthèse comme ça. Et puis il y a aussi cette notion de loyauté, c'est ce que je vous disais, quand tu sors du rang, tu bouscules un peu l'équilibre de ta famille, tu bouscules l'équilibre de ton milieu, de ta bande de potes, de ta classe sociale, pourquoi pas, de plein de choses. Et donc forcément, t'es pas le mouton noir, c'est pas ça, mais c'est que ça fait du mouvement, voilà, ça fait du mouvement. Après, il y a aussi des raisons qui sont liées à notre genre, en fait, d'être une femme, c'est quelque chose dont je vous ai déjà parlé la semaine dernière, dans l'épisode de la semaine dernière, Le double standard qui fait qu'une femme qui met en avant ses réussites passe beaucoup plus... Pour une connasse qu'un homme qui fait la même chose, ça a été même prouvé par des études, etc. Enfin, juste, c'est... Voilà. L'injonction à la modestie, encore une fois, où toutes les filles, on est éduquées à être gentilles, discrètes, à pas faire de vagues. Voilà. Il y a aussi ce truc de la réussite méritée. C'est ce que je vous disais, on se réjouit davantage de la chute de quelqu'un quand on juge que sa réussite, elle est pas méritée. Ou alors qu'on le trouve arrogant. Alors que quand quelqu'un, soi-disant, a mérité sa réussite, ou qu'on a un peu de peine ou de pitié pour elle, on va pas réagir de la même manière. Moi, il y a un truc que je me suis fait comme réflexion aussi en voyant ça. J'ai l'impression, je peux vraiment me planter, mais de ce que je pense, j'ai l'impression qu'on pardonne aux femmes de réussir à condition qu'elles aient souffert. Une femme qui réussit avec de la joie, de la légèreté et du plaisir, j'ai l'impression que ça dérange beaucoup plus. Et que si t'as souffert, et si t'as des problématiques, et si t'as eu des épreuves de vie dramatiques, ben là, en fait, on va te pardonner. Ça paraît être plus légitime. On en revient avec ce truc où le plaisir chez une femme, c'est comme si c'était interdit. Voilà, c'est quelque chose que j'observe aussi pas mal. Et on se demande souvent ce qu'une femme a sacrifié pour réussir. Et on va aussi tout le temps se demander qui c'est qu'elle a écrasé ou avec qui elle a couché. C'est insupportable ça, il faut vraiment arrêter, c'est vraiment insupportable. Bref, et c'est pareil par rapport au rapport à l'argent. Tout ça, c'est des choses qui peuvent être liées aussi à la culture française, qui a quand même un rapport compliqué avec l'argent et à la réussite, clairement, il faut le dire aussi, avec beaucoup de tabous, liés aux réseaux sociaux aussi, où il y a beaucoup de comparaisons, ça entretient les rapports parasociaux aussi, l'anonymat libère clairement les gens, ils se sentent un peu poussés des ailes, il y a aussi le changement de milieu, forcément, quand ta réussite, ça t'éloigne de ton milieu d'origine, les gens peuvent le vivre comme une trahison, c'est lié à plein de contextes, et c'est aussi lié au contexte de visibilité, en fait, que plus t'es visible... forcément plus t'es un écran, comme j'aime le dire, sur lequel les autres vont projeter leur film, leur rétroprojecteur et leur frustration, tout simplement. Alors, qu'est-ce que ça nous fait ? Qu'est-ce que ça nous fait quand ça nous arrive ? Déjà, il y a une première chose, c'est que souvent, on anticipe ces situations-là. Il y en a plein parmi vous qui n'ont jamais vécu ça, mais vous les imaginez dans votre tête parce que vous vous doutez que vous allez vivre ce truc. Ce qui fait que vous êtes en train de vous faire un film dans votre tête avant de poster qu'est-ce que ma belle-sœur va penser, qu'est-ce que mes parents, qu'est-ce que ci, qu'est-ce que ça. Vous réécrivez votre story pendant dix fois, vous ajoutez plein de précautions avant de prendre la parole, vous cachez vos réussites, vos chiffres, vos résultats, vos ambitions, vous baissez vos prix, vous refusez plein d'opportunités de visibilité, vous vous dénigrez vous-même avant même que les autres le fassent aussi. Vous êtes en train de faire des... ça c'est un truc que je vois même chez des potes à moi. Vous êtes en train de tout faire pour prouver que vous êtes accessible et que vous restez accessible à tous au point de même... A voir de moins... En fait, plus vous réussissez, moins vous avez de limites parce que vous voulez absolument prouver que vous n'êtes pas une connasse qui est déloyale au milieu d'où elle vient. Ça, c'est un truc que je vois hyper souvent chez les femmes que j'ai vues chez moi et que j'ai vues chez plein d'entrepreneuses autour de moi. Bon, il y a des choses que vous évitez de faire. Vous avez peur aussi de la lumière, peur de votre succès, etc. Écrivez-moi d'ailleurs si vous avez peur de la lumière. C'est un truc... J'ai envie de vous proposer un atelier gratuit là-dessus. Ce serait pas mal pour les entrepreneurs qui ont peur de la lumière. Qu'est-ce que vous en dites ? Dites-moi. Et puis surtout, ça vous met dans une hyper-vigilance permanente où vous êtes tout le temps en train de guetter les réactions, d'interpréter tout, de vous faire le film, d'essayer de tout le temps être en train de marcher sur des œufs. C'est horrible. Donc ça, c'est quand vous êtes dans l'anticipation. Quand ça arrive pour de vrai ? Les émotions, c'est dur, forcément, parce qu'on a de la honte, on a de la culpabilité, on a de la solitude, on commence à douter, on a de la tristesse, on a de la déception, on a un sentiment de trahison, de la panique aussi. Moi, ça m'est déjà arrivé d'avoir la panique, d'avoir l'impression de tomber dans un trou où je ne pouvais pas me raccrocher. On a la boule au ventre, on rumine. Bon, forcément, c'est pas facile, mais surtout, ce qui est plus intéressant, c'est les réactions qu'on a quand ça arrive. Les premières réactions qu'on a, c'est se rétrécir, donc se diminuer, ou alors se justifier, expliquer, en fait, tout le travail qu'on a fourni, prouver qu'on mérite, etc. Encaisser en silence et y repenser tout le temps, possible, moi, c'est pas un truc que j'arrive à faire. même affaire, mais c'est possible. Ruminer, se rejouer la scène dix fois, préparer... En fait, réécrire le script, préparer les réponses qu'on aurait dû faire. Ça, ça m'arrive tout le temps. Ou au contraire, même se blinder, devenir de plus en plus froide, de plus en plus distante, se dire qu'on a besoin de personne, tomber dans l'hyper-indépendance parce qu'en fait, on a l'impression qu'on n'a jamais pu compter sur personne. Ou il y a un peu ce truc même de contre-attaquer, de répondre sèchement, de couper les ponts, de tomber dans du passif agressif, ou alors de s'isoler. Ça crée beaucoup de solitude aussi. Chez d'autres femmes, je l'ai vu, et je l'ai vu aussi chez moi. Ça peut au contraire nous faire tomber dans un truc de surperformance pour prouver qu'en fait on a raison, jusqu'à s'épuiser en fait, pour prouver qu'on mérite les choses, chercher l'approbation à tout prix, ou même juste ne plus avoir de motivation. Et donc ça, sur le long terme, ce que ça va faire c'est que vous finissez par vous couper la tête toute seule, pour éviter que quelqu'un le fasse à notre place, et vous devenez de plus en plus petite, parce que vous êtes tout le temps en train de vous diminuer. On ne veut pas ça, on veut être un coquelicot. Donc, comment est-ce qu'on va faire pour dépasser ce syndrome du coquelicot ? Il y a plusieurs axes de travail, je vais vous les donner. Vous voyez comment vous avez envie de travailler dessus. Évidemment, encore une fois, j'essaie toujours de vous partager les choses que j'ai faites, mais encore une fois, c'est des chemins à vous approprier vous et à aller creuser. Premier axe pour moi, c'est le taf sur soi. Clairement, il n'y a pas meilleur axe. C'est le travail sur soi, parce qu'en fait, vous ne pouvez pas contrôler la manière dont les gens vont réagir et vont agir par rapport à votre réussite. Mais du coup, c'est aller vraiment travailler déjà sur les croyances de fond que vous avez à propos de votre réussite et à propos de votre succès. Regardez d'où elles viennent, en fait. Est-ce que ça vient de votre famille, de l'école, de vos premières expériences de réussite ou quoi que ce soit ? Et surtout, essayez de repérer vos loyautés. Est-ce que réussir vous donne l'impression de trahir quelqu'un, votre famille, votre milieu, vos amis ou quoi que ce soit ? Ça, c'est juste un truc vraiment, il faut vraiment vraiment se poser la question. Et essayez, plus que tout, d'essayer de construire une validation interne, c'est-à-dire apprendre à vous dire à vous, en fait, c'est bon. Moi, je sais qui je suis, je sais ce que je vaux. En fait, je me valide, je sais exister et je sais vivre et je sais survivre en moi aussi. Il y a vraiment ce truc-là, j'espère que je suis assez claire quand je parle. Développez votre désagréabilité, développez votre tolérance à déplaire. Acceptez qu'en fait, vous ne pouvez pas réussir et plaire à tout le monde. Ce n'est pas possible, ça c'est sûr et certain. Redéfinir votre notion de la réussite selon vos valeurs à vous. Travailler sur la honte et la culpabilité d'aller bien, de réussir, de briller. C'est vraiment un énorme truc. Et surtout, travaillez sur votre rapport au corps. Le rapport au corps pour l'apaiser, l'ouvrir, respirer, le mettre en mouvement, faire bouger les choses. Moi, je sais que mon corps, c'est mon meilleur outil pour tout ça. Ça, c'était le premier axe. Le deuxième axe, pour moi, c'est aussi le relationnel. Forcément, il y aura un tri à faire. Il y aura forcément un tri à faire dans vos relations. Ça ne veut pas dire balarguer tout le monde, pas du tout. Mais c'est trier les avis, trier les gens. Est-ce qu'il y a des gens qui veulent que je réussisse ou ils veulent me voir tomber ? En fait, je ne peux pas m'entourer de gens comme ça. Choisir aussi à qui vous partagez quoi. Tout le monde n'a pas besoin d'avoir accès à toutes vos têtes et à toutes vos réussites, clairement. Avoir des discussions franches aussi avec les gens qui vous blessent et qui vous rabaissent. Poser vos limites très claires, les respecter et maintenir votre énergie à l'intérieur. C'est super important. Arrêtez de vous justifier. Acceptez qu'il y ait des relations qui ne suivent pas votre réussite et qui ne suivent pas votre évolution. Vous êtes obligés de faire un deuil de ça. Ça c'est sûr et certain. Rassurez certains proches qui ont peur de vous perdre. Moi je sais que j'ai eu parfois besoin de rassurer mes parents. Ils n'avaient pas peur de me perdre mais peur que je change. Et que je sois plus comme ils m'ont éduquée. Donc voilà, je leur ai bien montré que si, ça ne changeait rien. Que ce n'était pas parce que je gagnais de l'argent que je devenais une connasse et que j'étais toujours la même, leur fille, la même quoi finalement. Mais j'ai eu à rassurer mes parents là-dessus par exemple. Construisez aussi un cercle de pères, des femmes qui visent les mêmes choses que vous, avec qui vous pouvez parler de ces choses-là et vous savez qu'il n'y a pas de jugement. Ça c'est un truc qui est vraiment très important. Et surtout, vous entourez de personnes qui savent s'enthousiasmer vraiment pour vous. Trouvez aussi des mentors, des femmes qui sont passées par là avant vous. Achetez ou soyez en contact. Ou contactez ou entourez-vous de personnes qui sont déjà passées par là avant vous. C'est un truc qui est super important. Et apprenez aussi à célébrer vos propres victoires, mais aussi celles des autres. Et ensuite, le dernier axe que je peux vous donner aussi, c'est un peu plus dans le concret. Quand c'est des choses qui vous arrivent, déjà la première chose à faire, c'est de nommer le phénomène. Ah, bon, là on est dans le syndrome du coquelicot, ok ? Préparez vos petites phrases de réponse à l'avance quand vous sentez qu'il y a un peu de passif agressif ou quoi que ce soit. Genre vraiment des petites phrases simples, mais pour faire comprendre qu'en fait, vous êtes chez vous, vous n'avez pas l'intention de vous faire couper la tête. En fait, voilà, tout simplement. Interdiction de répondre « non mais c'était rien » à un compliment. Répondez « merci » . Apprenez à recevoir les compliments. C'est un truc qui est hyper important à taffer. N'hésitez pas aussi, c'est un truc qui peut aider quand vous partagez une réussite. N'hésitez pas aussi à raconter tout le chemin avec. Les coulisses, les ratés, les doutes, les moments un peu plus galères, les apprentissages, etc. Je trouve que c'est toujours intéressant. Et c'est vrai que ça rajoute pas mal de côtés inspirants aux choses quand on partage ça, et notamment d'ailleurs si c'est dans votre contenu. Vous n'avez pas le choix que d'apprendre à gérer aussi les réactions des autres, donc pas hésiter à modérer, à bloquer, à ne pas répondre à chaud ou quoi que ce soit, et célébrer. vos réussites, soit seules, soit avec votre cercle, et vraiment c'est trop important. Moi je sais qu'à chaque fois que je suis fière d'une de mes réussites professionnelles par exemple, ou que j'ai un gros truc que j'ai réussi dans ma vie, je vais m'acheter un truc. Souvent je m'achète une robe, mais bon ça peut être d'autres trucs, je m'achète une robe, je me fais plaisir, et j'organise un resto avec mes copines ou avec mes proches, ou avec mon conjoint ou quoi que ce soit, pour célébrer ça, pour aller boire un verre. Et voilà, et en fait juste, y'a pas besoin que ça tourne autour de moi, juste en fait, je célèbre ça, parce qu'en fait c'est pas rien. Et je pense que c'est important de ne pas considérer que c'est rien. Maintenant, pour clôturer cet épisode, comprenez bien que des gens qui vont essayer de vous diminuer, ils ne vont jamais disparaître, il y en aura toujours. L'enjeu, c'est d'arrêter de le faire vous-même, c'est d'apprendre à être fier de votre réussite, d'apprendre à le dire, d'apprendre à le dépasser. Et l'idée, ce n'est pas juste d'être fier de soi, c'est juste de s'autoriser à le faire sans chercher à écraser sur la tête des autres non plus. C'est vraiment un truc qui est important, c'est s'autoriser surtout à fleurir, s'autoriser à dépasser. vraiment je peux le dire avec une métaphore de jardinier, pousser fleurisser, dépasser, de toute façon le jardin va finir par s'habituer, voilà ok j'espère que ça a pu vous donner des axes sur lesquels travailler, des conseils il y aura plus de contenu aussi comme ça dans la formation même caractère énergie dans mon contenu sur Instagram et de toute façon dans les prochains mois aussi parce que forcément j'ai vraiment envie de m'adresser à toutes les femmes qui ont envie de porter un message, de briller, de prendre leur place ou quoi que ce soit que vous soyez entrepreneuse ou pas, j'espère que c'est des choses qui peuvent vous aider moi je vous embrasse très fort et j'ai hâte d'avoir de vos nouvelles à la semaine prochaine, bye bye