Speaker #0T'es jamais contente. T'en demandes trop. Tu peux pas juste profiter. C'est ouf en fait, t'es jamais satisfaite. T'arrives jamais à te contenter de ce que t'as. Faut tout le temps que t'en demandes plus et faut tout le temps que t'en veulent plus. Ces phrases-là, je sais pas vous, mais moi je les ai entendues pendant des années et j'ai failli parer croire. Je me suis dit que j'avais un problème, que j'étais ingrate et que j'étais difficile, alors j'ai fini par apprendre à vouloir moins et apprendre à désirer moins. Si ça résonne ce que je vous dis là, je vous laisse écouter cet épisode parce qu'il est vraiment... fait pour vous, et je vous laisse l'écouter jusqu'au bout. Je suis Chloé Blum, entrepreneur aux Multicasquettes, et chaque jeudi, je vous partage les réflexions, les phases d'introspection, les clés qui, selon moi, permettent de vivre notre vie plus pleinement et de trouver plus d'épanouissement. Chaque épisode est une invitation à exprimer encore plus librement toutes les parts de vous. Si cela vous plaît, je vous invite à partager les épisodes à vos proches qui en ont besoin, ainsi que laisser une jolie note et un commentaire si vous souhaitez soutenir le podcast. Alors bonjour à toutes et bienvenue sur le podcast La Vie Suifie. Je suis super heureuse de vous retrouver aujourd'hui, comme d'habitude et comme tous les jeudis matin d'ailleurs. Et aujourd'hui un épisode qui s'adresse à toutes les femmes, et pas que les femmes, mais particulièrement les femmes, et aussi aux entrepreneuses. J'espère, enfin j'espère pas, mais d'un côté j'espère, que les phrases que je vous ai nommées au début, elles ont résonné pour vous. Je pense que ça résonne en beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup de femmes aujourd'hui. Ces reproches qu'on peut avoir de manière perpétuelle, ceux depuis l'enfance, ceux au sein du couple. énormément au sein du couple hétéro, c'est insupportable. Dans notre boulot aussi, pourquoi pas. En fait, on nous renvoie dans la phase tout le temps qu'on n'est jamais contente quand on demande plus, quand on assied des standards, quand on fait des demandes de ce qui nous paraît être basique, quand on exprime des désirs et quand on dit juste qu'en fait on en veut plus parce que le minimum syndical n'est pas atteint. Voilà. Si ça résonne en vous, je vais essayer de vous faire passer ce que j'ai envie de vous dire aujourd'hui. Il y a trop de sujets à balayer qui sont... liées à ce thème-là que je pourrais pas balayer évidemment, mais j'ai juste envie déjà de déposer quelques petites choses qui, j'espère, vont faire que vous vous sentez comprise, moins seule, avec pourquoi pas des clés aussi. Moi, ces phrases-là, je les ai entendues depuis que je suis gamine. Je les ai entendues franchement dans plein d'aspects, que ce soit sur la nourriture, que ce soit dans mes relations, etc. Enfin, franchement, un truc de fou. Et évidemment, du coup, j'ai appris, en fait, j'ai très vite internalisé le fait que moi, j'avais un problème, que j'étais ingrate et que j'étais difficile, que j'étais même difficile à vivre et que j'étais trop exigeante, que j'en demandais trop, que j'étais trop gourmande. La gourmandise est un vilain défaut, ça c'est un truc que j'ai beaucoup trop entendu et d'ailleurs pas qu'au sujet de la bouffe, malheureusement. Donc moi je me suis fait très petite pendant longtemps et en fait j'ai fini par accepter des trucs que je voulais pas accepter. Je suis restée dans des soirées où je m'ennuyais, j'ai accepté des relations dans lesquelles je me faisais profondément chier, des niveaux de discussion qui étaient nazes à chier, de la médiocrité. Je vais vous parler comme je le ressens donc forcément je vais être vulgaire. Mais voilà, j'ai déjà dit des oui oui c'est bien et c'est parfait à des choses qui étaient éclatées au sol et qui l'étaient pas du tout. J'ai fait comme si j'étais satisfaite même sexuellement alors qu'en fait c'était encore une fois claqué complet et que je m'ennuyais et que j'avais pas de plaisir. Je pense qu'on a tout un jour simulé. Dans mon travail je me faisais chier profondément et je faisais comme si c'était satisfaisant aussi. En fait en gros j'ai baissé le volume de mes envies pour avoir l'air plus facile à vivre. Et en fait le truc que j'ai remarqué au fur et à mesure de ces dix dernières années où j'ai appris à déconstruire pas mal de trucs, c'est qu'en fait j'avais fini par internaliser une honte immense d'en vouloir plus. En gros, j'avais honte d'en vouloir plus, j'avais honte de demander, j'avais honte de vouloir plus que ce qu'on me proposait, j'avais honte de vouloir plus que ce qu'on me donnait, et j'avais honte de vouloir un niveau supérieur à celui qui m'était proposé. Et ce, je vous jure, pardon de le dire, mais vous voyez, même là encore, je ne suis pas hyper à l'aise avec le fait de le dire, c'est ouf. En même temps que je vous parle, je suis en train de m'excuser d'être comme ça, c'est un truc de malade. Et ce, même dans des prestations de service. que quand je paye un service, j'estime qu'en fait le service doit être à la hauteur de ce qui est attendu, genre le minimum syndical, que ce soit pour les ongles, que ce soit pour la bouffe, que ce soit pour n'importe quoi, que ce soit pour l'argent, que ce soit pour le sexe, que ce soit pour le travail, que ce soit pour les relations, pour le niveau de discussion, etc. En fait, il y a eu un moment donné où j'ai fini par comprendre qu'en fait j'avais honte de tout le temps vouloir plus. Et je pense qu'il y en a beaucoup parmi vous et nous, en fait, qui portent cette honte sans s'en rendre compte. Et du coup, dans cet épisode, moi en fait, ce que je voulais, c'était essayer de vous faire regarder ce qui se cache derrière ce soi-disant plus, entre guillemets. D'où vient la honte qu'on a collée à ça ? Comment elle se glisse dans nos vies aussi ? Et comment, au contraire, on peut en faire une force ? Alors la première chose, c'est ce truc-là, c'est que derrière le plus, le fait de vouloir plus, qu'est-ce qu'il y a derrière le plus ? Encore une fois, je parle de mon expérience, j'espère que ça vous parlera de vous, je suis loin d'être psy ou quoi que ce soit, je vous parle juste de ce que moi je comprends. En fait, quand on vous reproche en permanence de vouloir trop et d'être trop gourmande, d'en demander trop, etc., en fait, de quoi on peut en parler ? parle exactement. Moi, personnellement, j'y ai vu au moins trois choses. La première chose, déjà, j'y ai vu la notion d'exigence. C'est quelque chose que je connais désormais chez moi, que j'explore beaucoup avec mes thérapeutes, etc. En fait, je suis quelqu'un qui est extrêmement exigeante, et plus que la moyenne, je le sais. C'est pas forcément une qualité, parce que je suis aussi exigeante, enfin, j'ai cette exigence avec moi-même, donc c'est, je pense, aussi bien une qualité, parce que ça m'a emmenée dans plein d'endroits très chouettes dans ma vie, mais c'est aussi euh euh Je suis aussi tortionnaire avec moi-même, clairement. Mais n'empêche que c'est mon exigence, en fait. Je sens que parfois, on me reproche le goût du travail bien fait, ce qui fait que je me le rends compte, et moi, j'ai une grande théorie, c'est que j'ai l'impression que l'immense majorité des gens sont mauvais dans leur travail, alors que c'est leur putain de travail, et ça m'insupporte. Mais bref, c'est autre chose, n'est-ce pas ? Donc, le goût du travail bien fait. J'ai une exigence en termes des choses bien pensées. En fait, j'aime quand les choses sont pensées, quand les choses sont soignées, quand les choses sont abouties. Je suis jusqu'au bouddhiste. Il y a une notion d'absolu aussi chez moi, que je sais qui n'est pas chez tout le monde. Mais je pense qu'il y en a plein parmi vous qui vont se reconnaître là-dedans. En fait, j'ai une exigence qui est que j'ai envie que ce que je vis, ce que je reçois et ce que je offre soient à la hauteur. Et donc, c'est de l'exigence. Je sais que c'est de l'exigence et je sais que je ne peux pas être exigeante avec tout le monde. Je sais que je suis aussi avec moi-même, machin, etc. Mais du coup, je vois bien que quand on m'a beaucoup reproché ce truc de « t'en demandes trop, arrête de toujours vouloir plus » , En fait... Ce qu'il y a derrière, parfois, c'est arrête d'être exigeante, ne sois pas trop exigeante, contente-toi du minimum, etc. Évidemment, la réponse, c'est non. Mais ça, c'est une des premières choses. Une autre chose qui se cache derrière le plus, c'est la médiocrité. Alors, je vais essayer de prendre des pincettes pour dire tout ça, parce qu'encore une fois, mon but, c'est de mal mener personne, bien sûr. Mais j'ai un refus profond de la médiocrité. et ce depuis longtemps, je pense que c'est aussi lié à la notion d'exigence et il y a aussi la notion d'excellence qui est dans mes valeurs. Je ne dis pas du tout que je suis excellente, je dis juste qu'en fait, ce qui est médiocre, c'est un truc qui me fait péter un plomb. J'ai du mal à comprendre en fait l'acceptation de la médiocrité. Je ne suis pas vraiment capable de me contenter du tiède et du « bon, ça ira, c'est pas trop mal, c'est déjà pas mal » . Moi, c'est un truc que j'ai du mal à comprendre. Encore une fois, on en revient à cette notion d'absolu. Si vous connaissez le philosophe Alain Donneau, lui, il parle d'une société de médiocratie. Il y a d'autres personnes sur les réseaux sociaux aussi qui en parlent. En fait, ils parlent de la société de médiocratie qui dit qu'en fait, c'est une société qui récompense la moyenne et qui va se méfier de celle qui dépasse. Voilà, dans un monde comme ça, je ne dis pas encore une fois que j'adhère à 100% à cette pensée-là, mais ce que je veux dire, c'est que dans un monde comme ça, refuser pour moi la notion de médiocrité et de ce qui est moyen, pour moi, c'est un peu comme un acte de résistance. Donc je vois bien que quand on me dit « t'en demandes trop, t'en veux toujours plus, arrête de toujours vouloir en plus » , c'est en gros « s'il te plaît, arrête de dépasser, reste dans la norme » . En fait, on est vraiment dans le syndrome du coquelicot. à savoir les têtes qui dépassent, on les coupe, c'est vraiment... en fait, reste dans la masse, voilà. Mais ça, c'est pas non plus ce qu'il y a de plus présent, en fait, derrière le plus que je demande. Le truc le plus plus, et que je veux profondément vous faire passer aujourd'hui, c'est la notion de désir. En fait, quand on me dit, arrête d'en demander plus que ce que t'as, ou t'en veux toujours plus, et c'est vrai, j'en veux toujours plus, et j'en veux plus, et je veux plus, et je désire plus, en fait, c'est... du désir. Je me rends compte avec le temps, et je vous l'ai déjà dit dans différents épisodes de podcast, que le désir pour moi c'est une des choses fondamentales dans mon existence, et que c'est le désir qui me pousse vers ce qui me fait vibrer. C'est le désir qui me pousse vers une personne, vers une idée, vers un projet, vers une conversation. Le philosophe Spinoza, il disait que le désir c'est l'essence même de l'être humain, et je suis... En fait, je suis... Alors j'aime beaucoup la pensée de Spinoza sur beaucoup de choses. notamment même sur le panthéisme etc j'aime beaucoup beaucoup la pensée de Spinoza et notamment par rapport au désir je j'aime beaucoup en fait cette pensée là en fait lui il expliquait que ton désir c'est une info sur toi en gros le désir exprime ce qui compte vraiment pour toi et je trouve que c'est hyper beau hyper vrai en tout cas chez moi je le porte comme ça je sais pas si ça résonne chez vous mais en fait le truc c'est que chez certaines d'entre nous notre désir etc il va être tout ça en fait ça va être amplifié par une manière de vivre les choses très forte je pense à toutes les femmes qui sont aussi... très intenses, qui sont très sensibles, qui peuvent être atypiques ou quoi que ce soit, ça amplifie pas mal de désirs. Et il y a des gens, et il y a des femmes peut-être parmi vous, qui ont l'impression un peu de vivre la vie en haute définition. C'est-à-dire que vous allez voir tous les détails, vous allez ressentir tous les détails, le moindre truc. Donc forcément, quand on est dans cette attente d'intensité, quand on ressent les choses avec beaucoup d'intensité, on va en attendre davantage puisqu'on va voir plus de choses, plus de détails, s'arrêter sur plus de trucs. Donc c'est aussi ça ce truc, c'est que ton exigence, ton désir et ton intensité, C'est juste des infos sur qui t'es. ce n'est pas des défauts à corriger. Et moi, c'est ça que je voulais aussi vous transmettre ici, c'est que vraiment, le fait d'en vouloir plus, en fait, c'est mon désir. C'est sain et c'est normal de désirer, c'est notre essence. Sauf qu'en fait, en tant que femme, notre désir nous est très souvent reproché. D'ailleurs, il y a bien une chose qui dérange le monde entier, c'est notre appétit. Même notre appétence. Notre appétit, ce n'est pas par rapport à la bouffe, enfin en fait on va en reparler, mais c'est par rapport à tout. En fait, j'ai faim, j'ai la dalle. En fait, j'ai juste faim, et je sais, je sens que la faim chez une femme, ça dérange. La faim, le désir, l'envie de plus. La faim sur la bouffe, la faim sur le sexe, la faim sur l'argent, la faim sur le travail, la faim sur le niveau de relation, la faim sur le niveau de conversation, la faim sur l'équité. En fait, tout ce désir et cet appétit, cette appétence, c'est un truc qui n'est pas normalisé chez les femmes, c'est un truc qui est... reproché, là on revient sur un truc de double standard, mais en fait on en vient aussi au fait qu'on nous apprend à être des objets désirables, on nous apprend pas à être des objets qui désirent donc désirants, ce qui fait que quand on a des désirs et des aspirations, etc., bah, on est des coquelicots, ça paraît pas, en fait ça paraît être un peu sortir de la norme, ça paraît un peu, ça paraît casse-couille. D'ailleurs, je vais y venir. D'où vient la honte du fait de désirer plus et d'en vouloir plus et d'avoir de l'appétit et de l'appétence ? Alors, il y a plein d'explications possibles. Moi, je me suis penchée sur certains trucs qui sont assez intéressants et notamment sur une étude américaine qui a été menée, qui est grave intéressante. Je vous explique. En gros, un homme qui veut plus souvent, on va dire qu'il va être ambitieux, qu'il va être passionné. Une femme qui en veut plus souvent, et encore une fois, pas tout le temps. Là, je vous sors des clichés. On dit qu'elle va être capricieuse, difficile, jamais contente. D'accord ? Cette étude américaine, elle est hyper intéressante. En fait, ils ont fait lire à des étudiants le parcours d'une entrepreneuse à succès. Pour la moitié de ces entrepreneurs-là, enfin, pardon, pour la moitié de ces étudiants... L'entrepreneur à succès, elle s'appelait Heidi, d'accord ? Donc c'était une femme. Pour l'autre moitié des étudiants qui lisaient l'étude, enfin qui lisaient le parcours de l'entrepreneur à succès, le personnage s'appelait Howard, donc un homme. Mais c'était le même parcours, c'était la même réussite. Howard, par les étudiants qui ont lu ce parcours entrepreneurial en pensant qu'il lisait le parcours d'un homme, il a été jugé sympathique. Heidi, toujours ce même parcours entrepreneurial à succès qui a été lu par des étudiants, a été jugée d'égoïste et de moins agréable. Donc c'est ouf. Mais ça, c'est des conditionnements. C'est des conditionnements qui sont complètement inconscients. En fait, c'est des trucs qui commencent dès l'enfance. Il y a un double standard de « faut pas en vouloir trop » . « Estime-toi heureuse » , « Sois raisonnable » , « Fais pas ta princesse » . Voilà, c'est hyper intéressant. Et d'ailleurs, c'est encore quelque chose qu'on voit aujourd'hui. Il y a beaucoup, beaucoup de femmes qui, dès l'adolescence, beaucoup de filles, en fait, qui arrêtent de dire ce qu'elles veulent pour rester aimées, qui arrêtent d'affirmer des choses qu'elles désirent et qu'elles veulent pour pouvoir rester aimées et pour pas se taper la honte. En fait, il y a ce truc-là et je pense que ça, je ne sais pas si ça vous renvoie au collège ou au lycée, mais moi, j'avais pas mal ce truc-là aussi. Dès le collège, le lycée, en fait, dès que j'ai eu l'impression de rentrer un peu dans le monde adulte et je pense que ça s'est fait au collège, j'ai eu l'impression qu'en fait, j'avais plus le droit à l'innocence d'affirmer ce que je voulais, auquel cas j'allais vraiment me faire gronder, me faire corriger, que j'allais être la casse-couille de service. Voilà. Et ça, je ne parle pas dans la famille forcément. Même à l'extérieur, ça aurait pu être gênant. Donc c'est aussi des choses qu'on a forcément, et encore une fois ça va dépendre des cultures aussi, dans certaines cultures et dans beaucoup d'autres cultures finalement, on apprend aux filles à être désirables, à être jolies, à être agréables, à être faciles, et pas à désirer en fait elle-même, voilà. C'est un peu comme si, d'ailleurs Simone de Beauvoir elle en parlait, même si on n'approuve pas tout à fait Simone de Beauvoir, la femme elle a été construite comme celle qu'on va regarder, qu'on va choisir et qui attend, d'accord, alors que c'est pas le cas quand même, on est quand même des sujets pensants et des sujets d'action, d'accord. Donc, il y a ça. Et il y a aussi... Autre chose qui n'est pas forcément liée qu'au genre, qui peut être liée à notre milieu, où on va développer des goûts et des standards différents. Quand on développe des goûts et des standards différents du milieu d'où on vient, le milieu d'où on vient peut vite nous accuser de nous prendre pour qui on n'est pas. Et ce qui fait que, ça c'est un truc dont j'ai déjà parlé dans pas mal d'épisodes, il y a une espèce de loyauté inconsciente qui peut facilement se mettre en place, pour rester loyal au milieu d'où je viens, je vais apprendre à ne pas nommer mes désirs, à les éteindre, à mettre un couvercle dessus, etc. jamais en vouloir trop, jamais en vouloir plus, parce qu'en fait, c'est comme si c'était vraiment être extrêmement capricieuse par rapport au milieu d'où je viens. Et c'est un peu comme si, en m'éloignant du milieu d'où je viens, je trahis, je le trahis. Une chose à se poser la question, c'est quand on vous dit que vous n'êtes jamais contente, demandez-vous qui y gagne à ce que vous le soyez. Donc sachez-le, parce que votre exigence, vos désirs et votre appétence, votre appétit, parfois ça dérange juste parce qu'en fait, ça rappelle aux autres qu'eux, ils ont arrêté de vouloir ça. Ça, c'est la chose. La honte, c'est une manière, encore une fois, de contrôler les foules, de contrôler un milieu social aussi. La honte, c'est aussi une manière pour nous de taire, de faire taire quelque chose. C'est quelque chose qui nous met en sidération. La honte, c'est quelque chose qui nous paralyse, c'est quelque chose qui nous étouffe, c'est quelque chose qui nous éteint, c'est quelque chose qui nous empêche d'agir, la honte. C'est un truc qui met un couvercle sur tout le reste. Et le problème de la honte, c'est qu'elle se glisse partout. La honte d'en vouloir plus, elle se glisse dans plein d'aspects de notre vie de femme. moi je le vois notamment dans la sexualité et c'est quelque chose qu'il faut nommer même dans les couples qu'on aime et qu'on aime profondément, et même dans nos couples hétéros, même avec des gens qui sont très respectueux et qu'on aime profondément, il peut y avoir quand même ce truc de jugement ou de honte par rapport au fait d'en vouloir plus, vouloir plus de plaisir, vouloir plus de présence, vouloir plus de temps, vouloir plus d'audace, vouloir plus de fermeté, vouloir plus de dark, vouloir plus de kink, vouloir plus de fantasme, je sais pas trop, et se voir être reproché qu'on est trop exigeant. ou qu'on se fait trop de films, ou qu'en fait c'est gênant, ou juste que la personne en face elle soit mal à l'aise. On le voit juste au fait qu'il y a moins de femmes qui jouissent que d'hommes dans les couples hétéros, juste ça déjà. Mais vraiment même ce truc d'affirmer en fait j'en veux plus, notre sexualité ne me correspond pas, je sais que pour une énorme majorité des femmes ça va être très gênant. Alors qu'en fait ça ne doit pas l'être, on a le droit d'exiger plus. Même chose par rapport au couple, ça c'est une dinguerie. Le fait de vouloir une relation qui soit équitable, qui soit vivante, où il y ait de l'admiration, où il y ait du jeu, où il y ait de la conversation, où on se parle, où il y ait de la communication, où tous les efforts ne viennent pas que d'un côté et on est au bout de notre life parce qu'on essaye de faire en sorte que notre mec travaille un peu sur lui, au fait qu'on fasse la psy gratuitement, etc. Ce n'est pas en demander trop, c'est vouloir quelque chose d'équitable. Et c'est, en fait, quand on vous dit t'en veux trop, t'es jamais contente, etc. C'est en fait, vas-y, la flemme. La flemme de me mettre au niveau de ce que tu me demandes, et c'est en fait ce que tu demandes. Donc ton désir, en fait, c'est ton désir de quelque chose qui peut être beau. En fait, ça dérange parce que moi, j'en veux pas autant. Ou parce que moi, en fait, j'ai pas envie de sortir d'où je suis pour aller te rejoindre à cet endroit-là. Donc c'est pas ouf, en fait. C'est pas ouf. Et le truc, c'est que je sais, il y a beaucoup de femmes qui revoient leurs attentes à la baisse. Et ça, en conférence, c'est un truc qui me fait halluciner quand vous me parlez de vos conjoints, etc. Et je me suis vue faire, et même avec mes amis. On se dit, putain, c'est un truc de fou, comme on est en train de se raccrocher à des trucs, on se dit, non, non, mais ça, c'est déjà bien, non, mais il est gentil, etc. Et en fait, on se retrouve dans des relations qui, finalement, ne nous conviennent pas forcément. La relation, elle s'endort, elle n'est pas au niveau, en fait, parce qu'on en veut plus, mais qu'on a l'impression qu'on n'est pas en droit de vouloir plus. Même chose en amitié, même chose en soirée avec les conversations. En fait, le fait de se faire chier dans du small talk, de rêver d'échanges qui nourrissent et de, pourtant, se trouver snob de penser ça. Mais ça nous est... Presque tout arrivé en fait, ça nous est presque tout arrivé, de demander un niveau intellectuel plus profond, d'avoir un désir d'apprendre, de creuser, de débattre, de comprendre et de passer pour celle qui complique tout ou qui se la raconte. Ça, ça date pas d'hier. Molière, il se moquait déjà des femmes savantes. Même le fait de vouloir de l'intensité, le fait de désirer ressentir les choses plus fortes, de désirer de la beauté, de la musique, de l'injustice, de la joie, etc. Peut-être qu'on vous a dit, wow, il faut vous calmer là. T'en fais toute une montagne, prends un peu de recul quand même. Ben non, le fait de désirer ça, c'est de désirer une richesse en fait. C'est un terreau qui est hyper profond pour se développer professionnellement, personnellement, spirituellement, etc. Même chose avec la notion d'argent. Le fait de désirer de l'argent, le fait de désirer de l'abondance, le confort, le beau, etc. C'est pas un truc qui est encore commun et on est nombreuses à culpabiliser d'en avoir envie. Dans les milieux entrepreneuriaux, ça va mieux. Mais la plupart du temps, moi je vois les croyances des femmes qui ne sont pas entrepreneurs autour de moi, autour de ça, ça me fait halluciner. Comme si une femme qui veut de l'argent, elle est forcément ultra-vénale et c'est forcément une connasse, moi ça me fait halluciner. Même chose par rapport au désir des prestations, par exemple, de dire c'est parfait alors qu'en fait ça n'est pas, de ne pas oser faire des retours comme il faut à des prestataires, d'apprendre à gérer le confort des autres avant de gérer notre confort à nous, notre inconfort, en fait c'est un truc de fou. Et donc, en fait, c'est ce truc-là de « oui, j'en veux plus parce qu'en fait, ce qui m'est proposé, ça ne me remplit pas et j'ai encore faim » . Et donc, ce truc de jamais être contente, moi, je voudrais juste que vous fassiez un petit point très rapide sur est-ce que c'est une insatisfaction qui vous épuise ou est-ce que c'est parce que vous avez faim et c'est que vous avez une volonté de grandir ? Et en fait, c'est comme s'il fallait différencier la notion de « je ne suis jamais contente, c'est une vraie souffrance » de, en fait... J'en veux plus, j'ai faim parce que j'ai envie de grandir. La différence, elle est très simple. Première question, c'est est-ce que quand vous obtenez ce que vous vouliez, vous êtes pleinement satisfait de vous savourer ou bam, vous zappez, vous passez déjà à autre chose ? Vous avez votre réponse. Deuxième question, est-ce que vous sentez que cette envie de plus, elle vient d'un élan très clair, elle vient d'un désir profond ou est-ce qu'elle vient juste parce que vous êtes en train de comparer quelque chose avec les autres ? Et dernière question, est-ce que ce désir-là, est-ce que ça vous met en mouvement ou est-ce qu'au contraire, ça vous épuise ? Et là, vous savez faire votre différence. Et on peut être très exigeante et avoir beaucoup de gratitude. Moi, je sais que je peux aimer profondément ce que j'ai et vouloir que ma vie continue de grandir. Et oui, j'en veux plus et j'ai faim et j'ai de l'appétit. Je sais que l'appétit des femmes dérange le monde, mais en fait, c'est cet appétit, moi, qui me donne la sensation de continuer à m'étendre, à m'expandre et à grandir. Et encore une fois, on ne peut pas vouloir être au maximum de partout, mais en fait, c'est dans certains territoires, et je veux choisir mes territoires dans lesquels je veux affirmer mon appétit, des territoires dans lesquels je refuse... le moyen et d'autres territoires où je vais complètement lâcher prise et où c'est pas grave si je suis pas nourrie ou quoi que ce soit, voilà. Et ça pour les entrepreneurs, pareil, la honte, de vouloir plus et la honte de désirer plus, c'est un truc qui se voit directement. Moi, je le vois quand je vous rencontre, je le vois quand j'échange avec vous, je le vois dans les conférences, ça se voit même dans les chiffres, en fait, où négocier, ça devient compliqué. Affirmer les prix, c'est compliqué. Vouloir assumer ses ambitions, c'est compliqué. Le fait de se dire, en fait, non, je veux un business plus grand que ce que j'ai là, c'est genre même un truc qu'elles ont du mal à se dire à elles-mêmes quand elles sont enfermées toutes seules à voix haute, et ce qui fait que, en fait, juste, si vous êtes déjà mal à l'aise avec vos désirs par rapport à votre bise, ben, devinez quoi, le reste du monde le sera aussi, en fait. C'est juste ce truc-là, en fait. Il faut comprendre que cet appétit que vous avez, je vous dis pas d'avoir les dents qui règlent le parquet, attention, mais cet appétit que vous avez, soyez très au clair avec et soyez très honnête, en fait, avec. Parce que sinon, on tombe dans un espèce de truc de compensation où on fait comme si on n'avait pas d'appétit, sauf qu'en fait, on en a. Ça se sent, effectivement, il y a un truc vénal, un peu bizarre, un peu caché, un peu vicieux, un peu sneaky, un peu serpent. Je dis ça parce que je connais des gens qui sont comme ça, hommes et femmes. Plus d'hommes, d'ailleurs, bizarrement. Donc, ça ne sert à rien d'essayer de taire, en fait, cet appétit chez vous. Autant l'assumer, en faire quelque chose de chouette, de normal et de beau, et essayer de le rendre juste... En fait, d'en faire un moteur, un désir qui vous pousse, qui vous tire vers les choses qui vous font vibrer, en fait, tout simplement. Il faut comprendre aussi que ce que les gens vont venir chercher chez vous, c'est aussi vos désirs. Je pense que je pourrais faire un épisode à part entière sur le désir, tellement c'est un truc qui est fort et qui est important dans ma vie. Mais le fait d'en vouloir plus... j'en suis absolument convaincue même si peut-être que la plupart d'entre vous vous n'aviez pas forcément capté ça chez moi enfin si parce que je vous le raconte et que je vous parle tout le temps de moi vous n'avez pas l'impression d'être venu pour ça chez moi mais en réalité c'est aussi pour ça que vous êtes chez moi c'est aussi pour ça que vous écoutez mon podcast c'est aussi pour ça que vous achetez des trucs chez moi parce qu'en fait c'est le fait que j'en veuille plus qui fait que j'évolue en permanence qui fait que je me nourris, qui fait que je grandis qui fait que je me cultive, qui fait que je m'éduque qui fait que je crée du contenu qui fait que je suis Merci. créative qui fait que je vais me renouveler sans cesse, etc., qui fait que j'ai une marque personnelle, en fait. C'est le fait que j'ai la dalle, que j'ai faim, et là, je parle même pas de business. Dans la vie, j'ai faim, je veux de tout, je veux goûter, je veux bouffer, je veux manger, j'ai de l'appétit, j'ai l'impression qu'il n'y a jamais rien qui va me rassasier assez, mais c'est pas grave parce que mon process pour me nourrir et pour bouffer, la vie, il me fait découvrir tellement de choses incroyables qu'en fait, c'est tellement au-delà de l'appétit lui-même. J'espère que je sais pas si c'est clair. j'espère que c'est à peu près clair épisode très simple mais que j'avais juste envie de vous faire passer ce truc c'est le fait d'en vouloir plus ça peut être quelque chose qui est très sain la plupart du temps c'est quelque chose qui est très sain c'est lié à la notion de désir à cet appétit féroce à plein de niveaux réconciliez-vous avec votre appétit j'insiste, appétit intellectuel appétit sexuel, appétit financier, appétit ambition, appétit relation appétit tout En fait, réconciliez-vous avec votre appétit, assumez-le, de toute façon on a besoin que de plus en plus de femmes assument leur appétit plutôt qu'on soit Ausha pour ça et qu'on soit humilié en permanence pour ça. On parle juste du fait qu'une femme qui a une sexualité libérée, c'est une pute, un homme qui a une sexualité libérée, c'est un playboy et c'est tout. Donc non, je fais le parallèle avec la sexualité, mais c'est pour tout le reste en fait, c'est assumer cet appétit-là. Le fait d'en vouloir plus, c'est vraiment quelque chose de sain, sauf quand au contraire, on est dans une insatisfaction permanente qui nous rend plutôt malheureuse. et que ce n'est pas vraiment lié à de l'appétit, c'est encore une fois souvent par comparaison, par besoin de se rassurer, ou parce qu'on n'est pas au bon endroit dans sa vie, et qu'en fait on a du mal à trouver ce qui pourrait nous combler. Ça c'est possible aussi. Voilà. J'espère que ça vous aura fait du bien. J'ai hâte de pouvoir avoir la dalle. Envoyez-moi un message si c'est quelque chose qui résonne en vous. Je vous embrasse fort, et on se retrouve la semaine prochaine. Ciao !