- Speaker #0
Bienvenue dans La Voix rayée, épisode 35, je reçois Denis Bodar, coach scolaire pour enfants atypiques. Denis Bodar a travaillé pendant plus de dix ans dans l'éducation nationale comme personnel de direction. Il connaît donc très bien le fonctionnement du système scolaire, ses logiques d'orientation et ses limites. notamment sur des profils qui ne rentrent pas dans les cadres. Il s'est ensuite formé à l'accompagnement à l'orientation et aux profils atypiques, notamment auprès de Jeanne Siofachin, avant de s'installer en indépendant au sein du cabinet Eclosia. Sa particularité, c'est de croiser deux dimensions qui sont souvent séparées. D'un côté, la connaissance très concrète des filières, des parcours et de parcours sup, et de l'autre, une lecture plus fine du fonctionnement cognitif et des besoins des jeunes qui l'accompagnent. On va parler avec lui de ce qu'il observe concrètement. chez les adolescents HPI, des difficultés qui reviennent le plus souvent et de la manière dont ils travaillent avec eux. Bonjour à toutes et tous, je m'appelle Franck Robert, je suis votre accompagnateur dans ce voyage dans le haut potentiel intellectuel et si vous aimez mon podcast, pensez à vous abonner pour ne rater aucun épisode. Bon Denis, je suis ravi de t'accueillir sur La voiex Rayée, on se connaît depuis un petit moment parce que... On est avec les familles pour leur offrir de l'accompagnement au niveau scolaire. Et puis, on a un parcours qui est aussi dans l'éducation nationale. On a une partie qui est commune et puis une partie qui n'est pas commune, mais on partage des points de vue et puis les mêmes valeurs sur l'éducation. Donc, je suis ravi de t'accueillir.
- Speaker #1
Je suis très content d'être là. Merci de l'invitation.
- Speaker #0
Alors, pour commencer, en fait, tu m'as écrit une phrase et je voudrais que tu la commentes et que tu réagisses. Tu m'as dit... « Je ne veux pas que les ados attendent 50 ans » .
- Speaker #1
Oui, c'est vrai. C'était par rapport au bilan cognitif que j'ai fait il y a quelques années, suite à un épisode professionnel compliqué, d'ailleurs un burn-out que j'ai fait dans l'éducation nationale. et qui m'a permis de prendre conscience que j'avais un mauvais mode de fonctionnement à haut potentiel. Et ça m'a permis rétrospectivement de comprendre beaucoup des frictions que j'avais ressenties au cours de ma carrière. Quand je parle de frictions, je pourrais dire parfois même de difficultés sur certains sujets. C'était bien ça et effectivement... Sans être militant du bilan systématique, je pense qu'effectivement, pouvoir faire le point sur ce sujet quand on en a l'occasion, c'est important.
- Speaker #0
Tu penses qu'il y a un risque que les jeunes passent à côté de la compréhension de leur profil ?
- Speaker #1
Oui, absolument. Non seulement il y a le risque qui passe à côté de leur... Oui, le risque est vraiment important, qu'ils n'apprennent pas à se connaître. Et puis, quand on a ce mode de fonctionnement, ou d'autres, puisque je travaille aussi avec des... je travaille avec des ados au TDAH aussi, quand on a un mode de fonctionnement différent, c'est vraiment important de le comprendre. Et c'est souvent d'ailleurs une discussion que j'ai avec les parents, qui me parlent d'étiquetage, etc., qui me disent qu'ils ne veulent pas leur enfant, que leur enfant se... soit étiqueté, moi je leur dis que non, ce n'est pas une question d'étiquetage. Au contraire, en faisant un bilan, on a une cartographie du fonctionnement de l'enfant et que c'est extrêmement riche. Ça va permettre aux parents, aux enfants de savoir comment avancer.
- Speaker #0
Alors qu'est-ce qui se passe quand un parent te contacte pour aider son ado ?
- Speaker #1
Très concrètement, je passe du temps à discuter avec lui. C'est la première chose. Je passe une demi-heure, trois quarts d'heure, une heure même parfois, à échanger, à discuter, à remonter un peu dans le temps pour vraiment avoir une vision. globale alors je suis pas psychologue donc je vais pas parler d'anamnèse mais enfin l'idée c'est quand même ça l'idée c'est de de bien avoir une vision du fonctionnement de l'ado aussi bien à l'école que dans la famille parce que la personne, quelle qu'elle soit, elle est unique, même si on sait que nos enfants ne se comprennent pas avec leurs copains à l'école et avec les profs comme avec nous, mais malgré tout, la personnalité de fond reste la même et le fonctionnement aussi. Donc oui, la première étape, c'est ça, c'est vraiment une discussion approfondie en s'appuyant éventuellement sur des documents, s'il y a des bulletins, s'il y a des bilans, voilà, toutes les pièces qu'on peut m'apporter sont utiles pour bien comprendre quelle est la problématique et pouvoir exprimer. avec les parents. Il fallait le besoin. Parce que parfois, les parents ne savent pas vraiment exprimer le besoin qu'ils ressentent. Ils sentent qu'il y a quelque chose qui ne va pas, mais ils ne savent pas toujours mettre le doigt dessus.
- Speaker #0
Les ados que tu rencontres, ils se ressemblent tous ? Ils ont tous à peu près le même problème ?
- Speaker #1
Non, bien sûr que non. Ils ont tous... Enfin, il y a des grandes familles d'adolescents. Il y a des typologies, si on veut, mais ils sont tous très différents les uns des autres, bien sûr. ils sont tous forgés par leur propre histoire leur éducation, leur trauma éventuellement leur rapport à l'école ils sont tous différents mais il y a quand même quelques typologies ça va dépendre du cadre dans lequel ils les accompagnent si c'est dans un cadre d'orientation ou si c'est un cadre d'accompagnement scolaire mais on peut dire qu'il y a des grandes familles au sein desquelles tous les enfants sont différents malgré tout
- Speaker #0
Alors, quelles difficultés tu vois concrètement ?
- Speaker #1
Alors, on parle exclusivement du profil HPI ou on parle des ados en général ?
- Speaker #0
Tu peux parler de tout et puis tu peux préciser aussi si ça touche un profil particulier.
- Speaker #1
Ok. Alors, disons que mon domaine d'intervention, il est double. Enfin, il est double et en même temps, pour moi, c'est cohérent de faire les deux choses. D'une part, accompagner les ados dans leur scolarité, pour les aider à comprendre comment on fait pour apprendre, pour comprendre comment fonctionne leur cerveau et apprendre à apprendre. La deuxième partie, c'est l'orientation scolaire avec les ados depuis la fin du collège jusqu'à l'enseignement supérieur, donc les jeunes adultes. Pour moi, c'est cohérent de faire les deux, puisque l'orientation, c'est un levier de motivation pour le travail scolaire. Et le travail scolaire permet aussi d'atteindre des objectifs, parfois d'orientation, qui sont a priori difficiles à atteindre. Les profils avec les cages de travail sont majoritairement des profils majoritairement des ados HPI ou TDAH. Et les deux, évidemment, puisque tu sais qu'on a aussi les jeunes doubles exceptionnels. Disons qu'avec les HPI, sur la problématique de l'orientation, je dirais qu'il y a trois catégories. Il y a ceux qui ont l'embarras du choix, qui sont bons absolument partout et qui ne veulent pas renoncer. Donc ceux-là, ils sont parfois très malheureux, parce qu'ils voudraient pouvoir faire à la fois du droit et de la philo, mais tout en pouvant faire un peu de physique, parce que quand même, c'est super bien la physique. Et notre système scolaire ne fonctionne pas comme ça. on serait dans un système anglo-saxon ça serait totalement différent ils pourraient tout mélanger nous on ne peut pas donc l'accompagnement c'est de vraiment travailler sur à la fois leur force naturelle et puis ce qui est réellement ce qui est réellement leurs appétences parce que parfois les ados confondent être compétent et aimer c'est pas parce qu'on est excellent en mathématiques qu'on sera capable d'en faire 40 heures par semaine dans le futur donc c'est aussi cette réflexion qu'on mène le deuxième profil que je rencontre assez fréquemment c'est des ados HPI aussi qui sont passionnés par plein de trucs mais qui Tchoooo ! n'ont pas eu confiance en l'école et ne se sont pas investis. Donc ceux-là, ils ont un profil qui est assez... Ils ont un profil qui est compliqué et qui les fait souffrir parce qu'en fait, ils ont un vrai potentiel dont on sait que le système d'orientation va avoir beaucoup de mal à prendre conscience. C'est-à-dire que dans Parcoursup, les établissements du supérieur, ils évaluent les performances passées. Ils n'évaluent pas le potentiel. Donc pour ces... ces ados, c'est souvent douloureux. Et le troisième profil que je rencontre aussi, malheureusement, ce sont là les ados HPI qui ont complètement perdu le foie dans l'école et qui ont soit complètement décroché, soit ont des résultats catastrophiques. et qui parfois se sont même éteints au niveau de l'intérêt intellectuel. Donc ça, c'est des profils qui sont compliqués à accompagner. On peut le faire, bien sûr, mais le problème, c'est que souvent, ça s'accompagne de troubles dépressifs parfois, ou des troubles du comportement alimentaire. C'est parfois des situations qui sont vraiment compliquées. Pour certains d'entre eux, je suis obligé de passer le relais à des psychologues, parce que je ne suis pas du tout compétent pour les accompagner. Mais globalement, cette typologie qu'on retrouve sur l'orientation pour les HPI, on la retrouve aussi dans la population générale, mais évidemment pas avec le même brio pour ceux que j'appelle un peu les couteaux suisses, c'est-à-dire ceux qui savent tout faire et qui le font très bien. On le trouve aussi parmi les autres élèves, mais pas à ce niveau-là, évidemment, puisque les HPI, quand ils sont heureux à l'école et que... Et qui s'y mettent, ils auront des résultats qui sont tellement exceptionnels que ça fait rêver tout le monde. J'ai accompagné une jeune fille il y a quelque temps qui a eu son bac avec 20,5 de moyenne. Avec le lieu des options, ça lui permettait de dépasser le 20. C'était assez exceptionnel.
- Speaker #0
Tu as évoqué la double exceptionnalité, donc c'est des personnes qui ont un profil à haut potentiel intellectuel associé à un trouble neurodéveloppemental, donc un trouble 10 ou du TDAH, ou même du trouble du spectre autistique parfois. Tu peux nous dire un petit peu si ça a un impact sur le travail que tu fais ? Est-ce que tu vois une approche qui est différente pour les jeunes ? double exceptionnel au niveau scolaire et au niveau de ton accompagnement ?
- Speaker #1
Alors les jeunes double exceptionnels que j'accompagne majoritairement sont ASPEDIT et DAH. Je n'ai pas eu l'occasion de travailler avec des jeunes concernés par le... le spectre autistique. Ça ne s'est pas présenté jusqu'à présent. Les jeunes dyslexiques, généralement, quand ils sont HPI, il y a une compensation qui leur permet de faire face à ça. Et puis, il faut reconnaître que le système scolaire a beaucoup évolué et qu'il y a une beaucoup plus grande tolérance qu'autrefois. aux difficultés d'orthographe. Donc, sur le problème de dysorthographie, en particulier, ça devient beaucoup moins problématique. Sur les jeunes TDAH, les jeunes... HPI-TDH, la complexité, c'est lorsque les ados passent dans un système où ils doivent fonctionner autrement qu'à la passion. J'ai accompagné récemment... un garçon qui est dans ce profil-là qui a très très bien marché au lycée parce qu'il était passionné par les sciences, par les matières qu'il étudiait et du coup son côté TDAH puisque les TDAH ont une capacité à se focaliser quand ils sont passionnés qui est assez extraordinaire donc il ne souffrait pas du tout et puis le cadre scolaire du lycée était suffisamment cadrant pour lui. Mais ensuite il est allé en médecine Et là, ça a tourné au drame parce qu'un jeune TDAH n'est pas capable d'apprendre par cœur. Enfin, il est capable intellectuellement, mais les troubles des fonctions exécutives qu'il ressent, lui... il lui rende impossible de s'asseoir pour apprendre des trucs rébarbatifs, comme on fait en médecine, des QCM à apprendre au kilomètre. Et là, pour lui, ça a été très difficile. Quand j'ai commencé à travailler avec lui, toute la difficulté a été de réussir à mettre en place un cadre qui n'existait plus, pour pouvoir lui permettre de se remettre à travailler. Objectivement, sur ce cas précis, moi, je suis intervenu... trop tard. Donc, pour cette année, son concours s'est raté. Mais j'espère que l'année prochaine, on va pouvoir s'y mettre. Parce que la difficulté pour les jeunes à profiter des H, qu'ils soient HPI ou pas, c'est de réussir à poser un cadre qui leur permette de travailler. Parce que d'eux-mêmes, ils sont très procrastinateurs. Donc, il faut trouver des stratégies pour qu'ils puissent se mettre au travail, etc.
- Speaker #0
Cette question du moment où il est nécessaire d'avoir un accompagnement, du coaching, tu viens de dire parfois c'est trop tard. Est-ce qu'il y a un bon moment dans la scolarité où il faut se poser cette question-là ?
- Speaker #1
Du besoin en coaching ? Je dirais que oui, il y a un bon moment, mais que souvent les parents ne le perçoivent pas. Mais je dirais que dès qu'on voit apparaître des signaux... inquiétant ou un changement dans les résultats ou dans l'attitude. Je pense que dès les premiers signaux, il faut se poser la question. Oui, parce que un des problèmes que rencontrent parfois les parents, c'est de se dire, il est grand, il va s'y mettre. il faut qu'il soit autonome, etc. Souvent, ce n'est pas la solution. Je ne peux pas te donner une réponse fixe. En revanche, ce que je sais, c'est que l'intervention est pratiquement toujours trop tardive. Et que beaucoup de signaux d'alerte n'ont pas été entendus. Quand je parle de signaux d'alerte, c'est des enfants qui se mettent en colère au moment de se mettre au travail, c'est des enfants qui se mettent à oublier des affaires, qui prétendent que les devoirs ne sont pas écrits dans les textes. ou des professeurs qui se mettent à mettre des commentaires ou des mots dans le carnet de liaisons. Et puis il y a des moments aussi, il y a quand même des moments charnières dans la scolarité, l'entrée au collège, la quatrième pour certains ados aussi, l'entrée en seconde. le passage en supérieur, c'est quand même des choses qui scandent la scolarité et qui sont quand même des moments souvent difficiles. Donc je dirais, dès qu'on voit quelque chose d'inhabituel, il faut commencer à être rétentif. Et pas se dire, ça va passer, c'est temporaire. Ça passe parfois, mais généralement, c'est quand même le début de quelque chose qui se complique.
- Speaker #0
Comment ça se passe, une séance concrètement, allez-toi.
- Speaker #1
Alors, sur l'accompagnement scolaire, j'ai deux modes de fonctionnement qui se cumulent. D'une part, j'ai un peu un déroulé que j'ai prévu, une progression. qui passe par une séance, je ne peux pas te décrire une séance en particulier, je peux plutôt te parler du déroulé sur plusieurs séances d'accompagnement. Sur l'accompagnement scolaire, On travaille d'abord sur la perception du rapport au travail. J'essaie d'évaluer quels sont les sources de motivation de l'adolescence. Il y a de la motivation intrinsèque, extrinsèque, etc. J'essaie d'évaluer aussi son temps de travail et son mode de travail. Généralement on commence par la programmation, c'est à dire mettre en place les habitudes de travail avant même de travailler sur les méthodes. La première chose à faire c'est d'installer l'habitude et la régularité. Et ensuite, une fois qu'on travaille sur les différentes façons d'apprendre, etc. Donc ça, ça part aussi d'une étude de la façon dont l'ado procède. Il y a des ados qui ont des méthodes qui sont plus ou moins adaptées. Donc quand ils ont une méthode qui est... adapté, je leur donne juste un petit coup de pouce qui permet d'aller un peu plus loin. Généralement, ils n'ont pas de méthode adaptée, il faut reconnaître, parce que personne ne leur a appris comment il fallait faire. Leurs parents ou leurs profs leur ont expliqué grosso modo comment eux-mêmes faisaient quand ils étaient à l'école, mais eux-mêmes, on est tous autodidactes dans ce domaine-là pratiquement. Il n'y a aucune professionnalisation des apprentissages, en fait. Les profs sont excellents en histoire, ils maîtrisent les grandes règles de la pédagogie, de la didactique. Mais même le apprendre à apprendre, il ne sait pas quels sont les mécanismes cognitifs pour beaucoup. Et puis ensuite, une fois que j'ai posé un peu les bases théoriques et qu'on a travaillé sur le cadre, c'est un travail et un accompagnement à la demande. C'est-à-dire qu'il m'arrive par exemple de travailler spécifiquement l'étude des mathématiques. ce qui est d'ailleurs assez ironique parce que quand j'étais lycéen j'étais archi nul en maths et je me suis rendu compte que en appliquant en appliquant à moi même ce que je préconise aux autres je me suis rendu compte que les maths c'était pas du tout difficile donc il m'arrive de travailler spécifiquement sur des matières. Je précise que ce n'est pas des cours particuliers. C'est-à-dire que je ne vais pas donner un cours de maths. En revanche, je vais prendre le cours de maths de l'ado et je vais lui expliquer comment le travailler. Le but étant que ce soit lui qui soit capable. Moi, mon but, c'est de ruiner Academia et Anacor. De faire en sorte qu'on n'ait plus besoin de cours particuliers. Parce que je pense que les cours particuliers, d'abord, c'est une ruine pour les parents. Le fait qu'on doive le faire pendant des mois ou des années, c'est la preuve que ça ne marche pas. Si ça marchait, ça durerait deux mois et ce serait fini. Je travaille à la demande en fonction des besoins. Ça peut être un adolescent. Je travaille encore actuellement avec un élève de spécialité scientifique. qui est très très bon en science et qui veut progresser sur la philo et l'histoire. On travaille sur la méthodologie de ces matières-là. Je travaille avec des ados sur les maths ou sur n'importe quel sujet, toujours sur la méthodologie. Souvent, les professeurs donnent des outils à leurs élèves sur la construction d'une séquence, dont les élèves ne se saisissent pas. Je leur explique comment est faite une séquence, comment ça marche. Je leur explique aussi la psychologie des profs, parce que c'est aussi un point important.
- Speaker #0
Vaste sujet.
- Speaker #1
Oui, vaste sujet, mais parce que les ados, par exemple, surtout les HPI, ils ont tendance à dire, c'est bon, le prof va comprendre. Alors que justement, le prof, j'explique aux ados qu'une dissertation, c'est un jeu de rôle, dans lequel le prof fait semblant de rien y connaître. Et que donc, il faut prendre le prof par la main et lui expliquer par A plus B toutes les étapes, même si ça paraît bête. Et ça, les adwispes, ils ont du mal à le faire. Parce que pour eux, bon, ça va, le prof, il connaît son truc, on ne va pas lui expliquer. Mais si, le prof... justement il attend de la doc donc le profil se pose dans la espèce dans la position du candidat qu'il faut tout expliquer donc voilà sur l'orientation et là c'est totalement cadré En revanche, il n'y a pas de séance à la demande. J'ai un protocole qui est bien rodé et qui est, à mon avis, très efficace, ce qui passe par une séance avec les parents sur toute l'histoire scolaire. sur les attentes implicites des parents et de l'ado pour essayer de mettre tout le monde aussi sur la même longueur. Parce que les ados supposent que leurs parents attendent ceci, les parents pensent que leurs attentes sont clairement exprimées. Souvent, ce n'est pas le cas. J'ai aussi besoin de connaître quel est le contexte économique, affectif. Est-ce que les parents sont prêts à payer HEC ? Ou est-ce qu'il faut trouver une solution locale, gratuite ? Est-ce que les parents sont prêts à ce que leur emploi... comment partagent leurs études à Strasbourg ? Où est-ce qu'il faut qu'il n'aille pas plus loin que le monde nous ressemble ? Voilà, toutes ces questions, c'est important aussi de les trancher. Et puis après, on fait un travail sur la personnalité et la connaissance de soi. Et là... c'est aussi là que j'ai un peu la spécificité de travailler avec les ados HPI et TDAH parce que pour ces deux profils-là, il y a une dimension de personnalité. Alors, être HPI ou être TDAH, ce n'est pas avoir une personnalité particulière, c'est bien clair. En revanche, il y a quand même des traits de sensibilité, par exemple, ou des contextes qui sont défavorables. Un adolescent TDAH et HPI va quand même rencontrer des difficultés spécifiques s'il va en classe préparatoire ou en médecine, comme je l'ai dit tout à l'heure. Donc pour moi, il n'y a rien d'interdit, mais c'est là que ma deuxième casquette pour entrer en jeu. Je peux leur expliquer que si on est TDAH et HPI, qu'on est extrêmement curieux intellectuellement, on peut faire des classes préparatoires, mais il va falloir les aborder d'une façon spécifique. C'est-à-dire qu'on ne va pas pouvoir, si on est TDAH, on ne va pas pouvoir s'asseoir sur une chaise pour bosser pendant 8 heures d'affilée. Ça ne va pas être possible. Donc il va falloir intercaler du sport, il va falloir intercaler de la culture. activités, on va pouvoir se mettre un vélo d'appartement dans le bureau pour pouvoir pédaler en apprenant ses leçons, des tas de choses qui sont tout à fait validées scientifiquement, mais qui ne sont pas connues. Et le problème que souvent les jeunes qui ont des modes de fonctionnement différents, c'est qu'ils pensent devoir fonctionner comme les autres. Donc mon travail, c'est aussi leur faire comprendre que non, ils sont exceptionnels, dans le sens le plus strict du terme, ils ne sont pas supérieurs aux autres, mais ils ont un mode de fonctionnement qui est exceptionnel, et qu'un mode de fonctionnement exceptionnel, méthode de travail différente. un jeune HPI-TDAH, il va falloir peut-être qu'il aille faire une demi-heure de marche entre ces deux séances de physiologie ou de biologie si il est en cybermédecine. Il va falloir peut-être que... qu'ils se mettent dans un isoloir, il va peut-être falloir qu'ils se mettent un casque anti-bruit, plein de choses. Donc on travaille sur les spécificités, sur les valeurs aussi. sur les besoins quand je parle des besoins ça peut être les besoins émotionnels ou physiologiques c'est à dire que quand je travaille avec une personne hypersensible je vais quand même m'attirer son attention sur certaines situations professionnelles qui vont pouvoir lui poser problème comme travailler en open space par exemple pour une personne pour une personne TDAH ou pour une personne hypersensible c'est totalement rédhibitoire on travaille aussi sur le rapport aux autres pour moi c'est un bilan d'orientation c'est aussi un travail de développement personnel d'une certaine façon savoir qui on est quels sont les besoins les besoins qu'on a, etc. D'ailleurs, je fais aussi des bilans de compétences avec les adultes. C'est aussi important du travail qu'on fait. C'est-à-dire que pour moi, il n'y a pas de fonctionnement qui est adapté tant qu'on reste dans les règles. de la loi et de la décence, on s'en vient d'accord. Dans le cadre professionnel, il n'y a pas de comportement qui se sont adaptés. En revanche, il y a des environnements qui ne conviennent pas. Et c'est ce que moi j'ai connu dans ma vie professionnelle. C'est-à-dire que je suis une personne qui déteste se travailler en équipe, par exemple. Je trouve que les autres ne vont pas assez vite pour moi, je trouve qu'ils ne feront pas les choses comme je les aurais faites, je trouve que les décisions sont longues à prendre. Ça me saoule de travailler en équipe. Autant dire que d'être personnel d'une direction, c'est problématique quand on n'aime pas travailler en équipe. finalement, j'ai fait en sorte de ne plus avoir à travailler en équipe. Mon mode de fonctionnement était problématique par rapport à mon métier. Donc, j'ai cherché un métier où mon mode de fonctionnement n'était plus problématique. Et c'est un peu cette réflexion que je veux mener avec les ados. C'est-à-dire que plutôt que de se mettre dans un endroit parce qu'on pense que c'est bien ou parce qu'on pense que ça va rapporter de l'argent, sans tenir compte de qui on est, c'est vraiment le souci. Parce que, par exemple, les adultes parlent souvent, leur motivation, c'est souvent de gagner de l'argent. Moi, je n'ai pas de souci avec ça du tout. Moi aussi, je veux gagner de l'argent. Sauf qu'on peut gagner de l'argent de pas de façon différente. On peut gagner de l'argent en étant boulanger, comme on est entraîneur. Donc, pour moi, l'orientation, c'est aussi réfléchir compte tenu de qui je suis, de ce que j'aime, de ce que je sais faire, où est-ce que je serai bien à l'aise, où est-ce que je serai à l'aise, et où est-ce que je serai à ma place.
- Speaker #0
Est-ce que tu sens parfois que ça bloque ? C'est-à-dire dans le travail de coaching que tu fais, est-ce que tu arrives à un moment où ça échoue, où ça n'embraye pas particulièrement ?
- Speaker #1
Ça m'arrive, oui. Ça m'arrive parfois d'avoir des ados qui... avec lesquels ça n'avance pas. Pourtant, j'essaye toujours en amont de m'assurer de l'accord, de l'ado, du fait qu'il est partant et qu'il sera partie prenante. Effectivement, parfois, je me retrouve avec des ados avec lesquels ça n'avance pas bien. C'est vrai.
- Speaker #0
Et du coup, qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce que tu fais ?
- Speaker #1
Alors, ça dépend. Si c'est juste conjoncturel, il m'arrive d'arrêter des séances, par exemple. Ça m'est arrivé la semaine dernière. J'ai senti que le jeûne n'était pas du tout disponible. Je lui ai dit, écoute, je ne t'en veux pas, mais aujourd'hui... sens que je sens que c'est pas là on va s'arrêter on va reprendre on reprendra dans une semaine quand tu quand tu t'en tiras mieux donc ça c'est ça m'arrive parfois il m'arrive parfois de 2,2 de devoir refaire le point aussi avec avec les parents et puis parfois il faut que je passe le relais à quelqu'un d'autre parce que je sens que finalement ce que je propose ne convient pas d'ailleurs ça m'est arrivé de t'envoyer un jeune parce que je savais que je ne pourrais pas travailler avec lui par exemple Les parents étaient venus pour une problématique d'orientation, mais en réalité, le problème n'était pas là. Donc, quand je sens que ça ne va pas, je passe le relais parce que je ne vais pas, d'une part, perdre mon temps, faire perdre du temps à l'ado et de l'argent aux parents.
- Speaker #0
Est-ce que tu as un cas d'accompagnement d'un ado qui t'a marqué plus que les autres ? Si tu devais nous raconter un accompagnement qui t'a marqué ? Tu as dit, je fais ce travail exactement pour ça et que tu gardes à l'intérieur de toi un peu comme... comme une sorte d'exemple d'efficacité de ce que tu proposes aux familles ?
- Speaker #1
Écoute, oui, j'ai un exemple qui est très récent d'ailleurs. Une jeune fille avec qui j'ai commencé un bilan d'orientation et qui m'a dit d'emblée au début qu'elle avait une idée très claire de ce qu'elle voulait faire. Elle voulait faire une école hybride design marketing sur Blordo. Et on a fini le bilan d'orientation et en fait, elle va partir vers Sciences Po. Et en fait, c'était une jeune fille qui avait un très, très gros problème de confiance en elle-même. Une jeune fille HPI. Très brillante au plan scolaire. Mais qui avait vraiment perdu complètement confiance en elle. Et qui s'était dit, bon, voilà, j'aime bien la couture, j'aime bien ce domaine.
- Speaker #0
Je vais aller là-dedans, mais elle n'avait pas trop creusé la question. Et puis en fait, quand on a travaillé sur ce sur quoi elle performait, d'abord à l'école, j'ai un peu mis à l'épreuve sa motivation pour la couture aussi, pour le design, pour le domaine de la mode, etc. Et quand on a discuté, il ressortait que cette fille, elle est passionnée par les relations internationales et la politique. Elle est très, très bonne élève. Et en fait, à l'issue du bilan, je l'ai vue qui devenait de plus en plus joyeuse, en fait, et qui était très optimiste. Et à la fin du bilan, ce qui était très gratifiant, c'est qu'elle m'a dit que j'avais fait reprendre confiance en elle et qu'elle ne s'était pas sentie autorisée à envisager de telles études. Et que grâce au travail qu'on avait fait ensemble, elle se sentait d'attaque. Donc oui, ça, c'était vraiment quelque chose de très... de très gratifiant et je me suis vraiment effectivement senti utile ce jour-là parce que franchement, je ne la sentais pas du tout moi dans cette école. Et franchement, quand on échangeait avec elle, heureusement qu'il y a des gens brillants dans la mode, ce n'est pas ce que je veux dire, mais on sentait qu'elle en allait vraiment sous le pied pour parler un peu vulgairement. Et je pense qu'elle va faire des trucs assez extraordinaires parce que c'est vraiment une jeune fille brillante.
- Speaker #1
Alors, on a des milliers de parents qui nous écoutent et c'est l'occasion de leur donner quelques conseils. Qu'est-ce que tu leur dirais ?
- Speaker #0
Alors, je leur dirais d'abord, et ça c'est un conseil que je pourrais me donner aussi, enfin je me le suis donné en bon temps, parce que j'ai des enfants aussi, de ne pas projeter mes regrets ou mes envies sur les études de mes enfants. Ça c'est la première chose. La deuxième chose, de leur faire confiance. Ensuite, pour être plus concret, d'entretenir une relation de confiance avec l'école et de veiller à ne pas tenir de discours. négatif sur l'école, même si, comme tu le sais, à titre personnel, je peux parfois avoir des reproches à faire à l'institution scolaire. Je n'ai jamais tenu ce genre de propos devant mes enfants et je ne le fais jamais devant mes clients parce que c'est vraiment, pour moi, important. qui gardent confiance dans l'institution scolaire et les gens dans l'institution scolaire font leur travail avec conscience et du mieux qu'ils peuvent. Donc je pense qu'il faut avoir une relation de confiance avec l'école et être à l'écoute de ce que disent les enseignants qui sont quand même souvent attentifs. Qu'est-ce que je pourrais dire aussi ? De ne pas confondre la pression avec les encouragements aussi. Sur les choses concrètes, je dirais ça. Avoir confiance dans le potentiel de ces enfants. Être à l'écoute de leurs difficultés. Ne pas faire les choses à leur place, pour autant. Voilà, écoute, on peut dire... le désordre.
- Speaker #1
On remercie beaucoup pour eux. On arrive au terme de cette interview. En tout cas, merci beaucoup pour le travail que tu fournis pour accompagner ces familles parce qu'on sait, toi et moi, à quel point elles ont besoin d'avoir des points de repère parce qu'elles n'en ont que très peu et puis elles ont besoin d'avoir des personnes qui offrent un accompagnement et une écoute attentive et aussi avec un pas de recul, ce qui leur permet de comprendre des choses. Et je te remercie d'avoir passé du temps avec nous aujourd'hui. Merci beaucoup, Denis.
- Speaker #0
Avec plaisir.
- Speaker #1
Bonne continuation, bon courage.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
À bientôt.
- Speaker #0
À bientôt et bon courage à toi aussi.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout.
- Speaker #0
Si vous avez aimé, abonnez-vous et laissez-moi 5 étoiles et un commentaire sur votre plateforme d'écoute préférée. Et partagez le podcast avec vos connaissances qui aimeraient en savoir plus sur le HPI.
- Speaker #1
La voie rayée, c'est tout pour aujourd'hui. On se retrouve très bientôt pour un prochain voyage. Au revoir.