Speaker #0Bienvenue dans La Voix Rayée, épisode 36, faut-il vraiment voir un psy quand son enfant HPI est en difficulté ? Quand un enfant HPI ne va pas bien à l'école, la réponse arrive souvent très vite. Il faudrait consulter un psy. La phrase est connue, les parents l'entendent quand leur enfant pleure avant d'aller en classe, refuse les devoirs, décroche, s'agite, se ferme, s'oppose ou se... ou semble perdre confiance. Et bien sûr, parfois, consulter est une bonne idée. Parfois même, c'est indispensable. Mais la question que je veux poser aujourd'hui est la suivante. Que se passe-t-il quand cette réponse devient automatique ? Parce qu'un enfant HPI qui va mal à l'école n'a pas toujours besoin qu'on cherche ce qui ne va pas chez lui. Il a parfois besoin qu'on comprenne ce qui ne lui convient pas dans le cadre qu'on lui impose. Et ce n'est pas la même chose. Je vous en parle tout de suite. Bonjour à toutes et tous, je m'appelle Franck Robert, je suis votre accompagnateur dans ce voyage dans le haut potentiel intellectuel, et si vous aimez mon podcast, pensez à vous abonner pour ne rater aucun épisode. Le psychologue a une place importante. Il peut réaliser un bilan, identifier un profil HPI, repérer des fragilités, éclairer le fonctionnement de l'enfant, mettre des mots sur ce que les parents observent depuis longtemps sans toujours réussir à l'expliquer. Pour certaines familles, ce bilan change tout. Il permet de sortir des interprétations injustes. Il est paresseux, il provoque, il ne fait aucun effort, il se croit supérieur ou il manque de maturité. Quand un bilan psychométrique est bien fait, il peut redonner de la confiance à une situation confuse. Mais il ne règle pas tout. Et c'est là que beaucoup de parents se retrouvent seuls. Ils ont une explication, ils ont parfois un chiffre, ils ont parfois un compte-rendu, ils ont des éléments de compréhension, ils entendent homogène ou hétérogène. Et ensuite, arrive la vraie question. Et maintenant, on fait quoi ? Comment parler à l'école ? Comment expliquer le profil sans enfermer l'enfant dans une étiquette ? Comment gérer les devoirs ? Comment répondre à l'ennui ? Comment l'aider à accepter l'effort, la frustration, l'échec ? Comment restaurer sa confiance ? Comment éviter que la famille s'épuise dans des tensions quotidiennes ? Le bilan éclaire la situation, mais il ne transforme pas toujours le quotidien. Savoir que son enfant est HPI ne dit pas encore quoi faire lundi matin. Et c'est précisément là que le réflexe psy peut devenir insuffisant. Pas parce que le psychologue serait inutile, mais parce qu'on lui demande parfois de répondre à des questions qui ne relèvent pas uniquement du soin. Toutes les difficultés scolaires ne sont pas des difficultés psychologiques. Un enfant HPI peut souffrir à l'école sans relever d'un trouble psychique. Il peut aller mal parce qu'il est sous-stimulé, parce qu'il est incompris. Isolé, qu'il est en suradaptation parce qu'il est épuisé par l'effort permanent de se conformer, parce qu'il est enfermé dans cette fameuse image de l'élève qui pourrait mieux faire, qu'il peut perdre confiance parce qu'il pense vite, mais ne sait pas encore travailler avec ça. Il peut refuser une tâche parce qu'elle lui paraît absurde, trop lente, trop répétitive. Il peut s'opposer parce qu'il ne sait pas formuler autrement son sentiment d'injustice. Il peut décrocher parce qu'il ne trouve plus de sens. Dans ces situations, le problème n'est pas uniquement dans le comportement de l'enfant. Il est dans la rencontre entre son fonctionnement, le cadre scolaire, les attentes des adultes et les réponses qu'on lui propose. Chercher uniquement le problème chez l'enfant ne suffit pas. Traiter cela uniquement comme une difficulté psychologique peut faire perdre du temps. Et parfois, ce dont l'enfant a besoin, ce n'est pas d'être analysé plus longtemps, c'est d'être accompagné autrement. Je le redis clairement. Il ne s'agit pas de dire qu'il ne faut jamais consulter, ce serait absurde. Il y a des situations où le soin est prioritaire. Si l'enfant présente une souffrance intense, des idées noires, des crises d'angoisse sévères, une déscolarisation massive, des conduites inquiétantes, des troubles alimentaires, un effondrement durable ou une détresse qui dépasse largement le cadre scolaire, il faut bien sûr consulter un médecin, un psychiatre ou un pédopsychiatre. Dans ces cas-là, le soin est prioritaire. Le coaching lui ne remplace pas une prise en charge clinique. Mais poser cette limite ne signifie pas que toutes les difficultés d'un enfant HPI doivent être orientées vers le soin. Dire que tout ne relève pas du soin ne veut pas dire que rien ne relève du soin et c'est précisément là que beaucoup de familles se perdent parce qu'elles ne savent plus distinguer ce qui relève d'un bilan, ce qui relève d'un soin et ce qui relève d'un accompagnement très concret du quotidien. Le coaching spécialisé peut être pertinent quand le besoin n'est pas seulement de comprendre le profil, mais d'agir à partir de ce profil. Il aide l'enfant à mettre des mots sur son fonctionnement sans s'y enfermer. Il aide à comprendre son rapport à l'effort, à l'erreur, à l'ennui, à l'autorité, au groupe, à la frustration, à l'injustice. Il l'aide à sortir de certaines impasses très concrètes. Refus de faire les devoirs, perfectionnisme, démotivation, opposition, perte de confiance. Difficulté à demander de l'aide, sentiment d'être incompris. Le coaching ne cherche pas ce qui cloche, il aide à comprendre ce qui se joue et à agir dessus, pas en discours, en action. Et cet accompagnement ne concerne pas seulement l'enfant, il concerne aussi les parents. Parce que les parents d'enfants HPI sont souvent placés dans une position très inconfortable. Ils doivent défendre leur enfant sans paraître excessif, faire confiance à l'école, tout en voyant que quelque chose ne fonctionne pas. Poser un cadre sans nier la singularité de leur enfant. Écouter la souffrance sans tout excuser. C'est très difficile à tenir seul. Un accompagnement spécialisé peut vous permettre de clarifier la situation, de hiérarchiser les priorités, de préparer des échanges avec l'école et de transformer un profil HPI en levier concret. C'est aussi pour cela qu'il ne faut pas attendre que la situation se dégrade. Beaucoup de familles consultent tard. Elles attendent que l'enfant soit en crise, que les devoirs deviennent invivables, que la relation avec l'école se tende, que la confiance soit abîmée, que l'enfant commence à dire qu'il est nul, bizarre ou incapable. Pourtant, l'accompagnement pourrait commencer plus tôt, dès la détection, ou même dès les premiers doutes, quand les parents sentent que leur enfant ne fonctionne pas comme les autres, sans savoir encore exactement pourquoi. Attendre que la difficulté devienne une blessure n'est jamais une bonne stratégie, et accompagné plus tôt. permet d'éviter plusieurs erreurs fréquentes, tout mettre sur le dos du HPI, minimiser une vraie souffrance, surprotéger l'enfant, se battre avec l'école sur de mauvais sujets, laisser l'enfant construire son identité autour du sentiment d'être incompris, attendre que la difficulté devienne finalement une blessure. La vraie question n'est donc pas est-ce qu'il faut voir un psy ou pas, la vraie question est de quoi mon enfant a-t-il besoin maintenant ? S'il faut identifier le profil, comprendre le fonctionnement cognitif, réaliser un bilan ou explorer une difficulté émotionnelle, le psychologue est l'interlocuteur adapté. S'il existe une souffrance psychique intense, des symptômes inquiétants ou une situation qui se dégrade fortement, le médecin, le psychiatre ou le pédopsychiatre doit être sollicité. S'il faut aider l'enfant à comprendre son fonctionnement, retrouver confiance, mieux vivre d'école, gérer les devoirs, l'ennui, l'effort, l'erreur, les relations ou le dialogue avec les adultes, Le coaching spécialisé peut être une réponse très pertinente. Ces approches ne s'excluent pas, elles ne font pas le même travail. Le problème n'est pas de consulter, le problème c'est de consulter par automatisme, sans avoir pris le temps de comprendre la nature réelle de la difficulté. Quand un enfant HPI va mal à l'école, consulter un psychologue ne devrait pas être la seule réponse envisagée. Un enfant HPI n'a pas toujours besoin qu'on cherche un problème à l'intérieur de lui, il a parfois besoin qu'on comprenne simplement son fonctionnement. qu'on ajuste son environnement, qu'on l'aide à retrouver confiance, qu'on accompagne ses parents dans les décisions concrètes du quotidien. Pour les parents, l'enjeu n'est donc pas de suivre automatiquement le conseil le plus fréquent. L'enjeu, c'est de choisir le bon accompagnement au bon moment. Et attendre que l'enfant s'effondre pour agir n'est jamais la meilleure option. Donc avant de vous demander quel psy faut-il consulter, posez-vous peut-être une autre question. Qu'est-ce que mon enfant essaye de nous dire ? par son comportement. Est-ce qu'il souffre d'un trouble qui nécessite une prise en charge clinique ou est-ce qu'il est en train de nous montrer qu'il n'arrive plus à tenir dans un cadre qui ne comprend pas son fonctionnement ? Cette nuance change tout. Parce qu'un refus, une crise, un décrochage ou une perte de conscience ne sont pas toujours des symptômes, ce sont parfois juste des signaux à comprendre. Et pour beaucoup d'enfants HPI, le premier pas n'est pas d'être réparé, c'est d'être lu correctement. Mon idée n'est pas de vous dire quoi faire à votre place, c'est de vous aider à faire le tri pour éviter les réponses automatiques et choisir pour votre enfant l'accompagnement le plus juste au bon moment. Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si vous avez aimé, abonnez-vous et laissez-moi 5 étoiles et un commentaire sur votre plateforme d'écoute préférée. Et partagez le podcast avec vos connaissances qui aimeraient en savoir plus sur le HPI. La voie rayée, c'est tout pour aujourd'hui. On se retrouve très bientôt pour un prochain voyage. Au revoir.