Speaker #0Bienvenue dans La Voix Arrayée, aujourd'hui épisode 22, que peut-on faire après un test de QI ? Vous m'avez peut-être entendu dire dans l'interview que j'ai réalisé avec Fabrice Micheau : « c'est une erreur de faire comme si de rien n'était après un test de QI ». Mais alors de quoi parle-t-on quand on dit "test de QI" ? En France, il s'agit d'un test fait chez les psychologues qui s'appelle le WISC. C'est un test conçu pour évaluer les capacités cognitives des enfants et adolescents de 6 à 16 ans. Il est composé de plusieurs tests regroupés en 5 indices principaux. La compréhension verbale, le raisonnement fluide, la mémoire de travail, la vitesse de traitement et les capacités visio-spatiales. Chaque indice apporte des informations spécifiques sur la façon dont l'enfant réfléchit, analyse et traite les informations qu'il reçoit. Mais ce test ne se limite pas à donner un score global de QI. Il permet d'identifier les forces intellectuelles et les éventuelles fragilités dans différents domaines. Par exemple, un enfant avec une excellente mémoire de travail mais une vitesse de traitement lente pourra rencontrer des difficultés à l'école, non pas à cause d'un manque de compréhension, mais parce qu'il lui faut plus de temps pour traiter l'information. Le WISC est donc un outil d'analyse approfondie qui permet d'aller au-delà d'un simple chiffre. En passant ce test, on peut espérer obtenir des indications précises sur le fonctionnement intellectuel de l'enfant. Les résultats permettent de mieux comprendre comment il apprend, raisonne et traite l'information, ce qui peut être utile pour ajuster son environnement scolaire et familial. Le WISC peut également aider à identifier d'éventuels écarts significatifs entre différentes compétences cognitives, mettant ainsi en lumière des besoins spécifiques ou des particularités à prendre en compte. Toutefois, Ces résultats nécessitent une analyse approfondie pour en tirer des enseignements pertinents. Voilà pourquoi c'est une erreur de ne pas prendre en compte le résultat du test. Et je vous en parle tout de suite. Bonjour à toutes et tous, je m'appelle Franck Robert et je suis votre accompagnateur dans ce voyage dans le haut potentiel intellectuel. Oui, ne rien faire après un test de QI est une erreur. Parce qu'un test non interprété ou non exploité peut causer des dégâts, déjà chez l'enfant. Parce qu'il n'en retire aucun bénéfice, si vous ne lui expliquez pas. Il a passé deux heures dans le cabinet du psychologue ou de la psychologue, c'est-à-dire dans un endroit qui ne lui est pas familier. Il a subi des tests, il a fallu qu'il réponde à des questions qui sont assez compliquées déjà. Donc il a passé pour lui un examen. Et on a beau lui expliquer qu'en fait c'est sans enjeu, que ça ne dit pas s'il est intelligent ou pas, on a fait évidemment tout le travail avant, mais il a quand même passé du temps. Donc il faut lui donner le bénéfice de ce temps, il faut que ça ait créé quand même un avantage pour lui. Donc il faut qu'il entende ce qui s'est passé et pas juste un score de QI 125, 130, 120, 140, peu importe, et qu'on lui donne quelques indications vagues qui de toute façon ne vont pas faire écho parce que... C'est un enfant et qu'il ne comprendra pas ce que ça signifie. Il l'a fait probablement pour vous faire plaisir ou parce qu'il sentait que c'était nécessaire. Derrière, il est très important de lui proposer une analyse pour qu'il comprenne son mode de fonctionnement, puisque ça parle de lui. Si vous ne fournissez pas d'analyse, il vous est impossible d'anticiper les tensions qui vont venir. Parce que son mode de fonctionnement, s'il est à haut potentiel intellectuel, va créer des tensions avec son environnement, son environnement scolaire. son environnement social, son environnement familial. Il va y avoir des choses à régler plus tard pour vous, parents. Donc, prendre en compte le test de QI en disant, de toute façon, je ne vais rien faire parce que pour l'instant, tout va bien. Ce que beaucoup de parents me disent, on a eu le test de QI, mais comme tout allait bien, je ne voulais pas créer de perturbations pour mon enfant. C'est une erreur stratégique. Tout va bien, mais pas forcément. Vous ne le savez pas. Peut-être que dans son fonctionnement à lui, il se pose beaucoup de questions et que ce test de QI les aura activés, réactivés. Il faut le traiter et il faut avec lui discuter de ce que ça signifie et ce qu'on va faire avec. Ce test, ce n'est pas une finalité, c'est un outil. Les autres risques, il y en a un principal, c'est le doute. Le doute s'installe chez l'enfant si vous laissez le test sans suite. Pourquoi ? Parce qu'il va se poser des questions sans réponse. Qu'est-ce que ça signifie pour moi ? Pourquoi j'ai passé un test ? Pourquoi les adultes ne me disent rien ? Ça veut dire donc que je ne suis pas assez intelligent, ça veut dire donc que ça n'était pas important. Et il va tirer des conclusions qui sont probablement erronées. Il va mal interpréter le score, surtout si celui-ci n'est pas aussi élevé qu'il l'espérait, ou alors il va avoir un score très élevé et pour lui, ça ne signifie rien, ou il va se faire des images de génie. Et s'il s'imagine qu'à cause d'un QI de 130, 135, 140, il est donc un génie et il doit maintenant atteindre ce niveau génial, ça va lui créer une grosse pression, une anxiété de performance, etc. Et ça va créer du stress. Donc le doute va s'installer si on ne dit rien. Et puis ça peut lui créer aussi de la déception, parce que finalement peut-être qu'il avait des espoirs et les adultes ne font pas le nécessaire. Et comme il n'a pas les moyens ou de vous le demander parce que c'est compliqué, ou parce qu'il n'a pas les moyens de le comprendre par lui-même, donc du coup il va être déçu. Voilà pourquoi il est très important d'analyser, d'exploiter complètement un test de QI. Si vous en avez... pris la peine, si vous avez pris la peine de le faire, vous l'avez payé, vous avez emmené votre enfant faire des tests de QI, c'est pas évident. Croyez-moi, les subtests sont rien de très délicat, mais ça demande une grande concentration et surtout, on est avec une psychologue qui nous scrute. Donc, ça veut dire que votre enfant, il mérite un retour sur ça. Alors, que mesure réellement un test de QI ? Ça n'est pas un jugement de valeur, mais c'est une photographie instantanée. des capacités cognitives de votre enfant dans les cinq domaines compréhension verbale, raisonnement fluide, vitesse de traitement, mémoire de travail, visio-spatiale. Donc vous voyez que ces cinq domaines mettent en lumière des forces intellectuelles et des axes d'accompagnement possibles. Il faut comprendre exactement comment fonctionne ce cerveau. Le haut potentiel intellectuel qui est associé au OQI représente des forces. une boîte à outils intellectuelle qui permet de faire les choses plus facilement dans certains domaines, notamment les tâches complexes. Donc c'est un point de départ ce test de QI pour mieux comprendre les besoins spécifiques de votre enfant et notamment scolaire puisqu'il va être testé au niveau académique. Donc ce test de QI va vous permettre de comprendre comment il va pouvoir répondre aux attentes académiques de l'école et ça c'est pas rien. Et il va vous donner aussi d'autres indications sur son développement psycho-affectif. Donc comment on peut exploiter ce test de QI ? Il faut interpréter les résultats. Et pour interpréter les résultats, le mieux c'est de se rapprocher d'un professionnel. Si le psychologue ou la psychologue qui a fait passer le test peut le faire ou propose de le faire, passez du temps pour comprendre ce que ça signifie en termes de caractéristiques et en termes de fonctionnement dans le quotidien pour votre enfant. Et avec cette interprétation-là, vous allez pouvoir construire des stratégies. Et pour construire des stratégies, moi je vous conseille évidemment, puisque je suis coach, de vous rapprocher d'un coach HPI pour enfants, qui va vous permettre de comprendre quatre stratégies possibles. Scolaire, qu'est-ce qu'on fait au niveau des résultats académiques, l'adaptation pédagogique, quels sont les aménagements possibles, comment on évite la sous-performance, comment on évite l'ennui inévitable. Stratégie sociale, mieux comprendre ses interactions. Prévenir l'isolement, les parents ont toujours très peur qu'un enfant HPI soit un hermite toute sa vie. Ce n'est absolument pas le cas. Il faut comprendre comment ils tissent des relations sociales, quels sont ses enjeux et comment on peut l'accompagner efficacement. Stratégie professionnelle, il va falloir passer par l'orientation. Il faut donc avoir une orientation en fonction des forces, des besoins. Il faut poser la question de la passion, poser la question de l'intérêt de l'école, de sa finalité, etc. Et dernière stratégie, psycho-affective, parce qu'au niveau de la parentalité, il faut accompagner les émotions, éduquer aux émotions, permettre de les réguler et comprendre chez le jeune HPI comment se déroule la construction identitaire. Parce que qu'on fasse une crise d'adolescence ou pas, de toute façon, le jeune a besoin de construire son identité et chez les HPI, il y a des enjeux qui n'ont pas lieu chez les enfants typiques. Donc, il est très important d'avoir une stratégie pour ça aussi. Avant de terminer, quelques mises en garde sur l'interprétation du test de QI. Ce score de QI n'est pas une étiquette. Il ne définit pas la valeur de votre enfant. Il donne une indication sur sa performance cognitive, sur ses forces intellectuelles dans les cinq domaines qu'on a testés. On ne teste pas dans le WISC la créativité, par exemple, ou l'empathie. Donc vous voyez qu'il faut rester très vigilant sur ce que donne... ce test de QI comme indication. Il ne prédit pas non plus un avenir de génie. Si vous mettez un signe égal entre un score de QI élevé et une capacité de génie, vous allez d'abord être déçu et vous allez créer une très forte pression de performance sur votre enfant. Une pression qu'il va falloir gérer après avec de l'anxiété, avec du stress. Donc attention aussi de ne pas donner la mauvaise indication et attention quand vous communiquez sur le score de QI. La dernière chose pour le test de QI, il n'est pas question de trouver une solution. On n'a pas posé un problème, on est allé chercher une indication. Une information. Donc, l'idée, c'est de mieux comprendre votre enfant pour pouvoir l'accompagner avec bienveillance, toujours avec bienveillance, dans l'écoute et la discussion. Moi, je conseille toujours aux parents d'ouvrir des espaces de dialogue avec les enfants HPI parce qu'ils ont besoin d'entendre des choses apaisantes. Ils ont besoin de pouvoir s'exprimer sur ce qu'ils ressentent. En conclusion, ce test de QI n'a d'intérêt que s'il est suivi d'une analyse ou d'un accompagnement. Ça veut dire que le psy ou la psy qui vous a fait le test ou puisque je suis coach HPI, un coach est aussi particulièrement adapté pour l'interpréter, peut vous aider à comprendre ce qu'il y a écrit dans ce compte rendu assez professionnel avec un langage technique difficile à comprendre quand on est parent et qu'on n'est pas suffisamment informé ou éduqué sur ça. Donc, il est normal d'aller chercher des informations auprès de personnes qui vont vous aider à. l'interpréter. Ça n'est pas un but en soi, le test de QI. C'est un outil pour mieux comprendre votre enfant et l'aider à avancer avec bienveillance. Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si vous avez aimé, abonnez-vous et laissez-moi 5 étoiles et un commentaire sur votre plateforme d'écoute préférée. Et partagez le podcast avec vos connaissances qui aimeraient en savoir plus sur le HPI. La voie rayée, c'est tout pour aujourd'hui. On se retrouve très bientôt pour un prochain voyage. Au revoir.