- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous dans le podcast Ladies in Tech, podcast que j'ai l'honneur et le plaisir de lancer aujourd'hui aux côtés de Valérie Limousin pour notre premier épisode. Qu'est-ce que les Ladies in Tech au sein de la RATP ? Qui est Valérie ? Pourquoi lancer ce podcast ? Nous allons aborder toutes les bases de ce formidable projet qui prend vie dès maintenant. Bonjour Valérie, il était impensable pour moi que tu ne sois pas la première personne interviewée dans le cadre de notre podcast Ladies in Tech. Tu es en quelque sorte la fondatrice, ou en tout cas celle qui a mis en mouvement, il y a quelques années, la communauté Ladies in Tech à la RATP. Alors, pour nos auditrices et auditeurs, raconte-nous un peu qui est Valérie et comment te définirais-tu ?
- Speaker #1
Alors bonjour à toutes et à tous et bonjour Marie. Qui suis-je ? Je suis résolument une femme du 21e siècle avec toutes ses composantes. Professionnelle, maternelle, en couple. et résolument ancrée dans notre société. Alors chaque composante pour moi est très importante. La première, la professionnelle. Mon objectif premier, c'est d'apporter de la valeur, c'est de donner du sens à l'entreprise avec laquelle je travaille. je travaille et le tout en m'amusant. C'est super important au quotidien. En couple, parce que j'ai besoin de cette énergie, ça me challenge, ça me permet d'avancer, de me questionner. Donc c'est très important pour moi aussi. Maman, de deux jeunes femmes qui aujourd'hui l'une est ingénieure, l'autre en classe préparatoire que j'accompagne au quotidien et qui sont mes petits bonheurs. J'espère leur laisser un monde incroyablement plus simple que Merci. ce qu'on est en train de leur laisser. Et donc, c'est la raison aussi des Ladies in Tech. Et enfin, une vie sociale, parce que les amis, c'est super important. Et au quotidien, c'est un peu ce qui fait qu'on ne pète pas les plombs et qu'on garde les pieds sur terre. Tout ça, c'est un équilibre hyper important. Et quand il y a quelque chose qui ne marche pas, ça déséquilibre un peu les choses. Donc, c'est important de pouvoir le conserver.
- Speaker #0
Oui, totalement. Et alors, raconte-nous un peu maintenant ton parcours. Que fais-tu aujourd'hui ? Oui,
- Speaker #1
très simplement. Alors j'ai fait des études scientifiques. J'ai choisi ces études-là un peu par facilité parce que j'étais bonne en maths et un peu moins bonne dans les autres matières. J'ai passé un diplôme d'ingénieur. Ensuite, j'ai travaillé 17 ans pour Bouygues Télécom. où j'ai endossé plusieurs postes. Le premier, mon premier métier, ça a été de travailler dans la donnée avec la notion d'info-centre à l'époque. J'ai fait du développement, j'ai fait de l'accompagnement projet, j'ai été maîtrise d'œuvre, j'ai été... Voilà, tout ce qui concerne le monde de la data aujourd'hui, c'était à l'époque l'info-centre. Ensuite, j'ai voulu évoluer vers un métier qui était moins technique et j'ai pris en charge un processus métier de bout en bout. dans lequel ma compétence technique, elle, pouvait être utilisée. Et donc j'ai pris en charge le processus d'activation d'une ligne mobile. Dès lors qu'on rentre dans une boutique et qu'on souhaite acheter une ligne mobile avec un téléphone... jusqu'à ce que le téléphone fonctionne dans la main du client qui venait de l'acheter. Ce job-là a été hyper important pour moi parce qu'il m'a permis de passer dans le monde métier et pas juste dans le monde technique. Je suis particulièrement fière d'un projet qu'on avait lancé il y a quelques années, qui était l'ouverture de la tranche de numéro 07. Et donc d'avoir contribué en tant que maîtrise d'ouvrage, et même piloté en tant que maîtrise d'ouvrage ce projet, ça a été une vraie fierté de ma carrière. Et par la suite, j'ai basculé dans le monde du fixe, puisque Bouygues Télécom se lançait dans le fixe. Et donc, j'ai participé au lancement de la B-Box fibre, qui à l'époque reposait sur le câble. J'ai participé au lancement de cette offre et en travaillant sur ce périmètre-là, j'ai eu l'opportunité de me faire former sur le Lean Management. Et le Lean Six Sigma, sachant que mon objectif premier a été de fiabiliser la chaîne d'activation de sa ligne chez les clients. Et en fait, ce Lean Six Sigma, j'y suis restée toute ma carrière. C'est devenu une philosophie, une culture au quotidien, dans le travail comme dans le perso, à savoir la culture de l'amélioration continue.
- Speaker #0
Et du coup, forte de ce bagage, tu es rentrée en 2015 à la RATP. Pourquoi la RATP ? poste et avec quel parcours depuis ?
- Speaker #1
Alors effectivement, je suis arrivée à la RATP en 2015, suite à un plan de départ proposé par Bouygues Télécom. Je cherchais un grand groupe. J'avais conscience que la RATP avait des transformations à relever, notamment avec l'ouverture à la concurrence. Et comme j'ai toujours été intéressée par les grosses entreprises qui avaient le sens particulier du service, ce qu'il y avait chez Bouygues Télécom, eh bien la RATP m'a particulièrement intéressée et Et donc, j'ai cherché cette entreprise qui apportait ce sens du service client au quotidien. Et c'est la raison pour laquelle je suis entrée. Alors, j'y suis entrée dans le monde de l'informatique par la fonction de responsable E-TIL. Alors, E-TIL, très simplement, c'est juste un ensemble de bonnes pratiques, en fait, qui permet de gérer les services IT d'une entreprise, mais pas que de les gérer aussi, de les travailler de façon améliorative et régulière. régulièrement, toujours dans le sens du service rendu au client. Et c'est ça qui m'intéressait. Donc, on a développé plus particulièrement ce service dans le cadre des télécoms. Et dans un second temps, j'ai basculé plutôt sur l'amélioration continue du modèle de management. Donc, on a plutôt travaillé sur les organisations avec une méthode qui s'appelle EFQM. Je passe le nom. Néanmoins, on a voulu commencer une démarche de reconnaissance sur notre modèle de management pour aider l'organisation à structurer sa performance. Par la suite, je suis devenue responsable communication. Plutôt par opportunité. Je voulais un peu sortir de mes missions méthodes que je suivais depuis quelques temps. J'ai voulu me challenger, voir si je pouvais faire évoluer mes compétences. J'ai appris énormément. Ça a duré quatre ans. J'ai appris énormément. J'ai découvert énormément de choses sur la communication. Et c'est toujours cette envie d'apprendre, de faire mieux, de faire différemment. qu'on retrouve très souvent dans le Lean Management, qui m'a driveée et qui m'a permis de me repositionner durant ces quatre années. Et enfin, le poste que j'occupe aujourd'hui s'est créé, c'est-à-dire qu'on a lancé des programmes de Lean Management au sein de la RATP et notamment à la DSI. Et donc, j'ai relevé le défi de mettre en place cette excellence opérationnelle au service de la DSI. Alors, effectivement, c'est un... Véritable retour à mes premières amours. C'est super enivrant de voir les équipes progresser, d'apporter de la fluidité dans le travail. Mon principal défi a été de développer la culture du résultat et la coopération transverse. Alors concrètement, récemment, j'ai accompagné des chefs de projet, notamment sur l'optimisation de leur métier, par exemple sur le déploiement du Wi-Fi ou encore sur le déploiement de caméras. Et quand on arrive à fluidifier des parcours comme le déploiement des caméras ou le déploiement du Wi-Fi et faire gagner en efficacité les équipes, c'est hyper satisfaisant et je suis très fière de ces résultats.
- Speaker #0
Ok, alors en parallèle de ton poste, ou plutôt devrais-je dire de tes différentes expériences, tu es l'une des fondatrices des Ladies in Tech. Peux-tu nous expliquer pourquoi cet engagement ?
- Speaker #1
Alors, par où commencer ? Déjà, j'ai eu de la chance. J'ai eu de la chance d'avoir des parents tous deux ingénieurs. J'ai eu de la chance d'avoir un grand-père qui était prof de maths. Et tout ce petit monde-là m'a gentiment poussée vers les études scientifiques. Alors, c'est vrai que tout le monde n'a pas cette chance-là. Et ça, c'est quelque chose que j'essaie déjà de véhiculer et de passer à des jeunes filles qui n'ont pas cette chance-là. Donc ça, ça a été mon premier point. Ensuite, j'ai bénéficié du réseau des Bouygues-Tel, chez Bouygues Télécom. Alors oui, ce réseau, je n'y suis pas allée. Aujourd'hui, je fais la maligne et j'ai dit que c'était formidable et c'est vrai. Mais j'y suis franchement un peu allée à reculons au démarrage. Parce que pour moi, être dans un milieu d'hommes, en vrai, ça n'a jamais été un problème ni une difficulté. Durant mes cinq années d'études d'ingénieur... J'ai pas ressenti de problème par rapport à ça et j'ai même plutôt été bien accueillie. Et j'avais un peu peur avec ce réseau, la débrouille telle de tomber dans un club un peu flagué les bonnes femmes et moi ça me disait pas du tout. Alors ma boss de l'époque m'a un peu incité fortement à y aller. J'y suis allée aux premières conférences et j'ai eu l'occasion d'assister à une conférence sur un monsieur qui venait présenter un réseau. qu'il avait fondé, dans lequel il y avait majoritairement des hommes, mais quelques femmes qui commençaient à arriver. Et lui, il est venu témoigner de ce réseau et il nous a dit « Mais mesdames, ne culpabilisez pas » . à mettre en place des réseaux parce que, vous savez quoi, les hommes, ça fait des années et des centaines d'années qu'ils le font. Donc surtout, allez-y. Alors, intégrer les nôtres, vous êtes les bienvenus, mais créer les vôtres aussi, c'est important. Donc déjà, je me suis un petit peu ouverte à ce sujet du réseautage. Et ensuite, j'ai pris conscience au fur et à mesure des différentes conférences auxquelles j'ai pu assister. Eh bien qu'on avait nos propres freins, moi la première en fait, moi qui étais persuadée que j'en avais pas, la première claque que j'ai prise c'est de comprendre que j'en avais et donc d'arriver à les identifier m'a permis de progresser plus rapidement dans ma carrière, en tout cas d'enlever ces contraintes que je me mettais moi-même et notamment, et d'ailleurs c'est ce que j'ai mis en place quand j'ai pris le poste de responsable communication. où l'ancienne responsable de communication est venue me trouver en me disant écoute je vais partir mais je t'ai vu opérer au quotidien et je pense que t'es la bonne personne pour prendre le relais parce que tu comprends les équipes techniques et en même temps tu sais communiquer et là je me suis dit mais juste j'ai pas la formation, je sais pas faire comme la plupart des femmes qui n'acceptent un nouveau poste que quand elles n'ont que 80% des compétences et je me suis dit remets toi les chiffres en tête Ok, tu as peut-être 20% des compétences et les 80% autres, tu les apprendras sur le terrain. Et c'est ce que j'ai fait et c'est ce qui m'a permis d'accepter ce nouveau poste. Donc c'est vrai, ces freins qu'on m'a expliqués pendant conférence après conférence, je n'ai plus les appliquer et ça m'a permis de progresser et je ne le regrette pas du tout aujourd'hui. Donc ça, c'est la deuxième raison pour laquelle je me suis engagée en tout cas à reproduire ça. Un petit mot quand même complémentaire sur le réseau, je tiens à remercier Brigitte Nicolaï qui avait monté ce réseau des BrickTel à l'époque, qui m'a ouvert les yeux aussi sur ces sujets-là. Et on n'est pas là sans des femmes inspirantes et elle en fait partie puisqu'elle l'avait monté. Donc voilà, un petit clin d'œil à Brigitte sur ces sujets. Ensuite, une petite anecdote pour dire que... La discrimination, on la subit toutes, même si j'ai eu de la chance, même si on m'a ouvert des portes et on m'a ouvert les yeux sur ces sujets d'auto-frein. Bien sûr que comme toutes les femmes, j'ai eu des discriminations dans mon parcours. Alors elles sont bien plus légères que certaines autres, donc je vais en témoigner d'une, mais il y en a d'autres qui subissent des choses bien plus terribles. Et moi, j'ai eu cette chance de ne pas l'avoir, donc j'en profite. Un jour dans ma carrière, j'avais des enfants en bas âge, je décide de prendre mes mercredis en jour de congé, un mercredi sur deux, pour alléger la facture de la nounou. On connaît toute la facture de la nounou en fin de mois. Et je me dis que finalement, avec les congés que j'avais, ça permettait d'alléger ça. Et donc je vais voir mon responsable de l'époque pour l'informer de mon choix de prendre un mercredi sur deux. Et là, il me fait une phrase où il me dit... T'es consciente de ce que tu fais ? Et j'ai dit, bah non, moi, je prends un mercredi sur deux en vacances, en fait. C'était des jours de congés comme lui pouvait en avoir. Et il me dit, non, ce que t'es en train de faire, c'est de mettre tes enfants avant ta carrière. Et là, je me suis dit, mince, OK, c'est comme ça que c'est perçu. Ça m'a interrogée. Et quand j'ai questionné ma maman derrière sur cette remarque, elle m'a dit, mais ne fais pas ça parce que... Le 4-5e, tu verras, c'est un boulot de 5-5e, mais que tu fais sur 4 jours. Moi, je ne te le conseille pas, je l'ai fait. Donc reste au 5-5e et continue à faire ton job comme tu le faisais. Et c'est ce que j'ai fait, en fait. Donc j'ai continué à payer la nounou à temps plein et je suis restée au 5-5e.
- Speaker #0
On adore les anecdotes. Ça permet bien d'illustrer, effectivement, les convictions qui se sont forgées au fur et à mesure des années. Et donc, il y a 4 ans, tu as en plus la création. de la communauté Ladies in Tech au sein de la RATP. Est-ce que tu peux nous raconter un peu les prémices de cette communauté et le regard que tu portes dessus quatre ans plus tard ?
- Speaker #1
Alors, à la RATP, il y a un réseau féminin qui traite des questions du sexisme. Je ne me sentais pas vraiment embarquée. directement dedans, par chance. En revanche, sur la question de la motivation des jeunes femmes dans la tech, il n'y avait pas trop. Donc on a commencé un peu à réfléchir à ce sujet. J'avais un directeur à l'époque que ça tenait à cœur et donc qui m'a donné complètement les moyens de réfléchir à ce sujet avec les RH. Et donc ça a commencé un petit peu à germer dans ma tête. En parallèle, j'avais un certain nombre de jeunes femmes autour de moi qui venaient me questionner sur des postes qu'on leur proposait. Et ces postes-là, à chaque fois, elles me disaient « mais est-ce que j'en suis capable ? Est-ce que c'est fait pour moi ? » C'est des postes que leur management leur proposait et je leur disais « a priori, votre manager, il n'est pas là pour vous planter, il est là pour faire que vous réussissiez et pour faire que les projets réussissent assez égoïstement » . Et ils ont raison. Et donc, si on souhaitait leur confier, c'est qu'elles avaient leur chance. Je me suis dit que c'est dommage, au coup par coup, je pouvais aider et c'était satisfaisant, mais finalement, comment structurer une organisation qui permette d'ouvrir plus largement ces sujets à plus de jeunes femmes que juste celles qui osaient toquer l'entrée de mon bureau ? Ça a été une première initiative assez forte, donner cette structuration à ces échanges informels, rendre un peu, et je parlais de Brigitte tout à l'heure, ce qui m'avait été... donné chez Bouygues Télécom. Et donc, à un moment donné, j'en ai profité. Et donc, c'était naturellement de rendre l'appareil à ce dont j'avais pu bénéficier. Donc, je trouvais que ça faisait assez sens. Et voilà, la seule chose, c'est qu'au démarrage, ça a été un peu dur parce que c'était compliqué de trouver des motivations autour de moi. Je me sentais un peu seule. C'était quelque chose que moi, j'avais vécu, mais pas forcément d'autres en interne à la RATP. Donc on a constitué un petit groupe et en fait ce petit groupe nous a donné l'énergie de créer complètement ce Ladies in Tech. Et donc voilà, quatre ans plus tard, je suis assez fière de ce qu'on a fait. On a monté des conférences incroyables, aussi bien techniques, présentées par des femmes. On parle de la fabrique additive, on parle de l'IA, on a fait venir des chercheuses d'EDF à la RATP qui sont venues nous présenter leurs sujets sur l'IA. fait intervenir plutôt des personnes avec des profils autour du socio et de la psycho qui ont montré comment les femmes avaient leur place avec Nathalie de La Fontassite, que tu connais bien Marie, que tu avais fait intervenir, mais aussi sur les biais que l'on peut avoir, notamment à travers les icônes de la pop culture, et une conférence passionnante sur le sujet. Bref, on a fait pas mal de conférences, on a organisé des rencontres, des apéros, on a commencé à organiser des réseaux et ça fait toujours plaisir de voir que les femmes se réunissent entre elles. Alors, c'est pas un truc fermé, on autorise aussi aux hommes de venir et ils viennent et ça c'est chouette, de pouvoir échanger sur ces sujets parce que la prise de conscience et le changement se fera pas que dans la tête des femmes, elle se fait aussi dans la tête des hommes pour qu'ils comprennent un peu mieux les propres freins que se mettent les femmes. et pouvoir les aider à faire passer ce cap. Donc ça, c'est plutôt chouette. Mon premier rêve aujourd'hui, celui auquel j'aspire, c'est d'ouvrir beaucoup plus largement ce groupe à tout le groupe de la RATP et puis à d'autres groupes aussi, pas seulement à la RATP. Donc ça, c'est véritablement un point sur lequel je travaille activement. Et enfin... Quand tu nous as proposé ton podcast, moi j'ai trouvé ça super parce que ça permet de motiver, ça permet d'éclairer, ça permet de donner du sens sur le fait de s'engager et d'aider ces jeunes femmes, que ce soit dans la société ou à l'extérieur de la RATP, de se motiver et ça va rester dans le temps, c'est du durable, nos conférences elles sont moins durables, donc voilà je trouve ça super de pouvoir ancrer fermement. cet engagement auprès des jeunes aujourd'hui.
- Speaker #0
C'est ça aussi, la communauté Ladies in Tech, c'est se soutenir. Donc merci Valérie pour tes mots. Et du coup, quel regard portes-tu sur la place de la femme dans la tech aujourd'hui ?
- Speaker #1
Alors le vrai sujet aujourd'hui, c'est que les femmes prennent conscience de leur capacité et ne se mettent pas de frein. Parce qu'inévitablement aujourd'hui, la tech, elle est partout. On ne peut pas en faire abstraction, on vit dans un monde de tech. En tout cas, quand on vit en Ile-de-France ou en France, on vit dans un monde de technologie. Et dire que la femme ne fait pas partie de la tech, ce n'est juste pas pensable. Il faut arrêter de dire qu'il y a le monde de la tech et il y a les femmes. Non, c'est un même monde dans lequel on vit toutes et tous. Par contre, ce que je crois, c'est qu'elles se mettent des freins par rapport à ce monde de la tech, parce qu'elles ont l'image du geek. Et quand je discute avec des jeunes femmes qui sont juste post-bac, Dans des métiers tech, dans des études liées à la tech, elles me disent « mais je suis entourée de geeks, j'ai pas ma place » . Mais tellement, mais si, parce que... Ça se saurait si le monde de geeks était le monde qui nous régissait aujourd'hui. Non, notre monde, il est fait de bien plus de différences que juste des geeks. Et donc, on a besoin des femmes dans la tech et pas que des geeks dans la tech. Alors, ces propres, ces freins-là, on les constate post-bac, mais moi, je les ai constatés lors de ma carrière de maman qui continue. Elle n'est pas terminée, celle-là, mais j'ai l'impression qu'elle ne termine jamais. quand j'avais ma petite en CE1 qui rentrait de l'école et qui me dit « Mais maman, je suis nulle en maths » . Et là, j'ai fait des bons, parce que je me suis dit, mais alors je lui dis déjà en CE1, ma chérie, on ne fait pas des maths, on fait des calculs. Et aujourd'hui, dans la vie, tout le monde fait des calculs. Ce n'est pas juste une question d'avoir la bosse des maths ou de ne pas avoir la bosse des maths. Et ensuite, je lui ai proposé un raisonnement par l'absurde qui a plutôt bien marché, donc je le donne. Vous l'utilisez ou pas, mais l'approche a été de dire, écoute, dans la famille, on est tous des scientifiques. Et ça remonte, mes grands-parents, arrière-grands-parents, des géomètres, il y a eu un petit peu toutes les typologies de métiers. Et en fait, je lui ai dit, écoute, ce n'est pas possible parce que dans tes gènes, alors évidemment, on sait que les maths, ce n'est pas dans les gènes. Résonnement parlant, sur le tchad. Mais je lui ai dit, dans tes gènes, il y a les maths, donc ce n'est pas possible, tu es forcément bonne en maths. Et du coup, elle a... Casser un peu cette image qu'elle avait de « je suis nulle en maths » , c'est pas possible que je sois nulle en maths. Et elle est devenue bonne. Aujourd'hui, elle fait une prépa scientifique, tout va bien, mais c'est pour vous dire que même quand on élève des enfants, quand on... l'image qu'ils peuvent avoir d'eux-mêmes, elle n'est pas forcément la bonne. Et le fait de casser cette croyance de « je suis nulle en maths » , je l'ai cassée très tôt dans sa tête, et elle, quelque part, c'est devenu une croyance qu'elle était bonne en maths. Et on n'est plus revenu sur la question. des années plus tard. Et donc tout ça pour dire qu'il est important de casser les croyances très petits. Alors c'est pas l'angle qu'on a pris forcément dans les ladies parce qu'adresser des enfants dans des petites classes ça nécessite une compétence, ça nécessite des mots et des phrases qu'on doit ou pas utiliser. Donc moi je me sens pas en capacité de le faire. En revanche c'est quelque chose qu'on adresse un peu plus tard parce que le deuxième écueil que je vois Les filles, elles sont plutôt bonnes en maths et en physique au lycée. On constate qu'on a dans les matières scientifiques, aujourd'hui, un tiers des femmes, des jeunes filles, qui font des maths, de la physique, qui sont dans les sciences, dans la tech, pour la moitié des hommes. Donc là, on ne peut pas dire que ça décroche franchement. Il y a quand même un petit écart, mais on est encore bien présente. Et en fait, l'écart se fait en post-bac. En post-bac, on va retrouver des jeunes filles dans les sciences, mais plutôt les sciences dites humaines. médecine, pharmacie, même commerce. Et finalement, la tech pure, c'est là que les hommes vont se retrouver et pas les jeunes femmes. Ça va même jusque dans les classes préparatoires où on a deux typologies. Moi, je vois dans les classes préparatoires bio, on va retrouver 75 % de jeunes femmes, 25 % de jeunes hommes, alors que dans les classes maths, physique pure, on va retrouver 90 % d'hommes. Et... J'ai entendu des amis de mes enfants me dire je ne suis pas partie en classe préparatoire maths physique parce que je ne voulais pas me retrouver qu'avec des hommes. Et donc ça c'est un vrai sujet qu'il faut qu'on arrive à casser pour leur donner envie de générer cette mixité. Donc ça c'est un je sais que le gouvernement a pris ça a pris ce sujet en main et que les écoles le prennent en main parce que du coup les 10% on les retrouve dans les écoles. Quand moi j'ai fait mes études d'ingénieur on était à 20% de femmes aujourd'hui elles sont à 10% et donc ça c'est un vrai sujet. Et je sais que le gouvernement l'a pris en main et les écoles aussi. Donc ça, c'est un des sujets sur lesquels on travaille aussi énormément et qui nous permet de nous ancrer, en tout cas dans des actions plus efficaces sur le repositionnement des jeunes filles en post-bac.
- Speaker #0
Oui, très clair, effectivement. À l'été, on accueille des stages de jeunes filles qui viennent rencontrer un petit peu ce qu'on fait à la RATP. pour... démocratiser tous ces métiers, comme tu l'as dit, ce n'est pas des geeks avec une capuche derrière un PC, mais c'est ouvert à toutes et à tous, donc c'est l'un des engagements qu'on porte. Autre question aussi un peu plus générale, c'est sur la notion d'équilibre, question qu'on se pose toutes et tous, et toi, qu'est-ce que tu as mis en place dans ton équilibre entre le pro-perso ? On a introduit ce podcast justement avec cet alignement, cet équilibre. Avec les différents pans qui te caractérisaient, est-ce qu'on peut revenir un petit peu sur ce volet-là de ton quotidien ?
- Speaker #1
On peut, on peut. Alors, en ce qui me concerne, j'ai eu un peu de chance encore. Alors on va dire peut-être la chance ça se provoque, je ne sais pas. Mais c'est vrai que moi j'ai un conjoint qui participe activement, en tout cas, et qui continue à participer activement à l'équilibre pro-perso. Il est hyper aidant, il l'a toujours aidé depuis... que les petites sont petites et même maintenant encore qu'elles sont plus grandes. Évidemment qu'on s'est partagé les rôles. Quand elles étaient toutes petites, lui gérait le matin, moi je gérais le soir. Quand il ne pouvait pas gérer le matin, on s'arrangeait, on se tenait au courant de tout. Et c'est ce que je dis, tout en fait est juste une question. Alors juste une question. J'ai la chance de ne pas être maman solo, j'avoue. Je plaide non coupable. Mais quand on a quelqu'un qui peut nous aider, c'est une question d'organisation. Si je pousse le bouchon, quand j'étais chez Bouygues Télécom, il fut un temps où j'intervenais avec des centres d'appel qui ne se trouvaient pas en France, notamment au Maroc, et j'avais cette chance de pouvoir voyager quasiment toutes les semaines. J'allais sur les centres d'appel, notamment à Rabat, je partais le dimanche. à 16h de la maison et je revenais le mercredi à 16h. Et donc le samedi on organisait la semaine, que ce soit d'un point de vue nourriture, devoirs, pour les lundis, mardis. Le mercredi pour les enfants était off et quand je rentrais le mercredi, on pouvait reprendre l'organisation du jeudi et du vendredi. Ce qui a aussi donné une organisation à mes enfants, c'est-à-dire qu'elles se sont aussi organisées par la suite, leurs semaines en deux temps de travaux. Ce qui leur a permis d'ailleurs de pousser le sport un peu loin et leur laisser du temps pour cette organisation. Mais en tout cas, cette organisation-là nous a permis de tenir. Et pendant un certain temps, j'étais maman à mi-temps, parce que la moitié du temps j'étais à l'étranger, l'autre moitié j'étais à la maison. Jusqu'au jour où ma petite dernière m'a dit « Écoute maman, une maman virtuelle c'est bien. » Parce que je les appelais tous les jours, évidemment. Mais elle m'a dit, tu sais, une maman en physique, c'est mieux. Et là, j'ai pris ma petite claque quand même. Et du coup, j'ai arrêté les allers-retours parce qu'elle en avait besoin. Et que c'était OK. Je me suis organisée différemment avec le travail. J'ai limité. En tout cas, ce n'était plus toutes les semaines. J'y suis allée un peu moins souvent. Et ça s'est bien passé aussi. Mais c'est vrai que de temps en temps, les enfants nous rappellent à la réalité.
- Speaker #0
Oui, effectivement, il y a des phrases qui marquent. et nous font revoir certains pans de notre organisation, nous font nous questionner ou encore évoluer. Donc j'imagine bien que cette phrase dite par ta cadette, t'a fait revoir un petit peu cette organisation. Et est-ce que désormais, t'as des inspirations à nous partager, des inspirations qui poussent ta réflexion, tes convictions sur la place de la femme dans la tech ou plus largement la place de la femme dans la société et dans le monde professionnel, puisqu'on élargit quand même pas mal depuis le... le début, qu'est-ce que tu pourrais nous partager pour inspirer nos auditrices et nos auditeurs ?
- Speaker #1
Oui, alors j'en ai immédiatement une qui me vient systématiquement en tête parce que je conseille son bouquin à tous ceux et celles qui souhaitent avancer en tout cas sur ce sujet. C'est le livre qui est très connu de Sheryl Sandberg. Je n'invente pas la poudre en le disant, mais il est vraiment inspirant en avant toute. Mais en fait, ce que j'aime dans son livre, c'est qu'elle remet l'humanité en place. C'est qu'elle remet l'humain au cœur du système et l'humain en tant qu'homme, en tant que femme. Et ce que j'aime aussi, c'est que finalement, elle accepte l'imperfection. Parce que souvent, quand on devient maman, quand on a une vie professionnelle remplie, on essaie toujours de viser ce que j'appelle la parfaititude, sauf que la parfaititude, elle n'existe pas. Enfin ça, c'est sûr. Et en fait, parfois, on craque. Parfois, c'est dur. Et comme dirait ma grande aujourd'hui, c'est OK. On a le droit de ne pas être parfaite. Et quand dans son livre, elle nous explique que...
- Speaker #0
Elle allait dans les toilettes pour pleurer, pour décharger l'énergie. Alors effectivement, on n'est pas obligé de le montrer devant tout le monde, mais que quand l'émotion nous prend, quand on a besoin de décharger un trop-plein, on se met dans les toilettes, on pleure un coup, ça ne gêne personne. C'est juste de l'émotion, on a le droit à cette émotion, on est fait d'hormones, on est fait de plein de choses. Et ça ne veut pas dire qu'on n'est pas forte, ça ne veut pas dire qu'on ne va pas réussir notre métier au quotidien. Ça veut juste dire que de temps en temps, c'est un peu too much, il faut savoir s'arrêter, se poser. Et justement, ça nous rappelle un petit peu à l'essentiel. Donc, je trouve que c'est un vrai garde-fou et que c'est une vraie force. Et ne pas le prendre comme un défaut, mais vraiment comme une force d'arriver à réguler les choses. Et que cette femme le dise aussi simplement, je trouve que ça fait sens. La deuxième femme que j'aime beaucoup, j'aime beaucoup l'écouter dans des podcasts, notamment, mais pas que. Je la suis sur LinkedIn. J'interagis. Elle interagit aussi assez rapidement avec nous quand on fait des remarques. C'est Maud Bailly. Ce que j'aime dans son approche, c'est sa philosophie, c'est la façon de voir les choses. Elle est accessible, elle est claire. Elle est simple dans l'approche des sujets qu'elle traite. Elle est honnête et elle ose dire les choses, toujours dans le respect des uns et des autres, notamment ses positions, par exemple, sur ce qui se passe en ce moment dans le monde quand elle s'est positionnée. J'ai trouvé ça très éclairant parce que justement, elle a parlé des émotions que ça lui générait. Et ces émotions-là, elles ne sont pas imputables à personne. On ne peut pas lui dire c'est bien ou ce n'est pas bien. Ce sont ses émotions. Et en les partageant, je m'y suis énormément retrouvée. C'est quelqu'un que j'aime beaucoup écouter ou lire. Et elle a pas mal bossé dans la tech auparavant. beaucoup parlé sur les biais qu'on peut avoir et récemment un post sur le sujet d'ailleurs sur LinkedIn que je me suis permis de relayer et enfin c'est quelqu'un que j'utilise beaucoup à un moment donné elle a travaillé un peu comme moi en transverse je ne me compare pas du tout à sa carrière mais en tout cas elle a travaillé dans le domaine de la transversalité sur de la transformation digitale notamment et elle utilisait la représentation du sachet de thé que j'utilise énormément du coup, merci Maud pour cette représentation qui est très limpide et très claire quand j'en parle autour de moi. au travail. Donc c'est aussi quelqu'un que je vous encourage à suivre au quotidien.
- Speaker #1
Et qu'on espère peut-être avoir...
- Speaker #0
On aimerait, on adorerait, si on aimerait pouvoir l'avoir en conférence auprès des ladies, ça serait super.
- Speaker #1
C'est vrai que le sachet de thé a fait le tour des réseaux il y a quelques années, et moi c'est comme ça que je l'ai connu et depuis je la suis. Merci beaucoup Valérie pour le partage de ton histoire. Femme de conviction, engagée et transverse, Je suis sûre que tes mots... mots vont résonner chez beaucoup et inspirer de nombreuses personnes.
- Speaker #0
Merci Marie, mais du coup, toi, tu as l'initiative de ce super projet de podcast, mais est-ce que tu pourrais du coup nous dire quelques mots, parce que les auditeurs et les auditrices vont découvrir ta voix qui va accompagner un certain nombre d'épisodes qui sont déjà plus ou moins dans la boîte et qui vont arriver assez rapidement. Est-ce que tu peux nous parler un petit peu de nous ? De toi, pardon.
- Speaker #1
Merci pour à cette passe décisive, Valérie. Quelques mots derrière la voix, effectivement. Je m'appelle Marie Gaillot. Je suis maman de deux petites filles et bientôt d'un troisième enfant. Je suis femme, ingénieure, athlète olympique et aujourd'hui, je manage une équipe dans la data. Je dirais rapidement qu'il y a deux choses qui m'animent au quotidien. La passion du mouvement est le fait de raconter. raconter des histoires. Alors, je vais étayer un peu ça. Pour la passion du mouvement, ce qui me caractérise, d'abord voyager, découvrir le monde, alors seule, entre amis, à deux, et aujourd'hui surtout en famille. Ensuite, le sport. Forcément, l'athlète olympique, ça a façonné ma personnalité, et donc tout particulièrement la course à pied, pour laquelle, pendant dix ans, c'était mon job. Et désormais, c'est sur la route que je prends beaucoup de plaisir à me dépasser et vivre des émotions uniques qu'on ne retrouve clairement que dans le sport. Et donc Idem, aujourd'hui, c'est aussi en famille. On va se mettre en mouvement autour du sport et avec des challenges aussi que j'aime bien me fixer. Ça, ce sera pour toute la vie, ce raisonnement. Et après, la passion du mouvement, professionnellement, ça veut dire quoi ? Quand je prends du recul, je suis fidèle à moi-même puisque j'ai toujours signé dans des contextes de transformation culturelle, organisationnelle, technologique, fonctionnelle. Et dans tous les cas, cela touche l'humain. Et en fait, ce sont toutes ces combinaisons et les enjeux associés qui éveillent mon engagement aux côtés d'un collectif. Donc ça, c'est la passion du mouvement, pour la définir un petit peu. Et ma devise, d'ailleurs, c'est à ceux qui osent, rien n'est impossible. Et c'est vrai que je l'ai depuis un paquet d'années maintenant, cette devise-là. Et l'autre axe, c'est que j'adore, alors j'ai dit raconter des histoires, mais en fait, c'est lire et raconter des histoires. Et mon rêve, alors... Pendant longtemps, je le tenais secret, mais maintenant, non, il est plutôt enfui, assez loin. Mais j'espère un jour écrire un livre, parce que je trouve que faire voyager, se questionner et réfléchir via les mots, moi, je prends beaucoup plus de plaisir à lire et à entrer dans plein d'univers différents derrière chaque couverture. Et en fait, c'est un monde qui s'ouvre à nous. Et de manière très concrète, je lis beaucoup. J'aime écrire des chroniques sur des sujets qui font mon quotidien. Alors actuellement, c'est pas mal autour de la maternité, mais il n'y a pas que ça. Et après, quand je dis j'adore raconter des histoires, j'aime beaucoup les concours d'éloquence, l'art du storytelling, la capacité aussi à pitcher un projet en cinq minutes et surtout à embarquer en fait tout un auditoire. Et c'est pour ça que je me suis engagée dans le projet Ladies in Tech, parce que je prends énormément de plaisir, et c'était le cas avec toi, à écouter questionnées, à mettre en lumière des femmes, des parcours et chacune, vous avez votre personnalité, vos défis, vos convictions et par contre, c'est quand même notre fil conducteur, vous avez toutes un pied dans la tech. Et donc pour la première saison, on va avoir des femmes qui travaillent au sein de notre super groupe, qui est le groupe RATP. Elles sont très très nombreuses, avec des trajectoires différentes, des métiers différents mais elles ont toutes un point commun, elles ne se fixent pas de limites et vont au-delà des stéréotypes et des chiffres encore trop faibles de la place de la femme dans la tech et même un peu plus largement dans l'industrie. Et comme tu l'as dit Valérie, il faut parler, échanger, oser et valoriser et se valoriser aussi pour faire avancer les choses et que chaque femme puisse dessiner, chaque jeune fille puisse dessiner le parcours qui lui convient le mieux. en limitant les biais, les préjugés ou encore une fois, comme tu le disais aussi, ces barrières invisibles. Et donc pour cela, là c'est le premier épisode et je vous donne, nous vous donnons rendez-vous tous les 15 jours pour découvrir une nouvelle personnalité dans ce podcast Ladies in Tech par la RATP.