- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous dans le podcast Ladies in Tech. J'ai le plaisir de recevoir aujourd'hui Virginie Romand. Virginie est responsable de l'unité Fabrique Digitale au sein de la DSI de la RATP. On va décrypter tout cela. ce grade qui est Virginie, quel est son parcours, sa personnalité, ses convictions. Nous allons découvrir ensemble l'histoire d'une ladies in tech. Bonjour Virginie.
- Speaker #1
Bonjour Marie.
- Speaker #0
Pour commencer ce podcast, présente-toi, qui es-tu et comment te définirais-tu ?
- Speaker #1
Je me définirais comme une femme ingénieure et manager engagée qui aime le challenge. On dit souvent de moi que je suis tout terrain, j'aime le sport, tous les sports, que je tourne souvent en défi et comme exemple j'ai pu réaliser l'ascension du Kilimanjaro. Je dirais que j'ai le sens de l'effort, que je suis résiliente et je pense avoir du courage managérial. Et mes drivers sont de comprendre pour maîtriser, d'adopter une vision systémique, capable d'adresser du processus métier, de l'humain, de l'organisation.
- Speaker #0
Ok, et alors quelles sont les grandes étapes de ton parcours ?
- Speaker #1
Alors avant tout, je suis une scientifique dans l'âme. J'adore les sciences depuis toute petite et je ne sais pas expliquer pourquoi, mais c'est ainsi. L'école, grâce à l'école, j'ai pu, par mon travail aussi, m'orienter vers une prépa physique, mathématique. Et je pense que je dois cette culture du travail grâce à mes parents, que j'ai toujours vu travailler. Après la saturation de la prépa, j'intègre l'UTC, l'université technologique de Compiègne, dans la branche génie des systèmes mécaniques. Je percevais cette branche comme la conception de systèmes. mais soutenue par l'informatique et c'est cet aspect concret qui m'a particulièrement attirée.
- Speaker #0
Ok, alors du coup, avant de poursuivre avec les prochaines étapes de ton parcours, on va faire un rapide zoom sur l'UTC, école qui m'est très chère puisque j'y ai moi-même été étudiante. Est-ce que tu peux un peu nous présenter en quelques mots la philosophie de cette école ?
- Speaker #1
Alors, nous sortons tous de l'UTC, donc toi comme moi. Avec un diplôme d'ingénieur, mais qui nous est propre. Cette école, pour moi, mais comme pour beaucoup d'ingénieurs de l'UTC, c'est la capacité à construire son parcours, et qui est driveée par l'excellence, mais aussi l'humain, et son fort esprit d'adaptation. C'est-à-dire, dans l'idée, je définis ce qui me plaît, je suis maître de mon parcours, et je valide tout cela aussi avec une forte ouverture à l'international. Pour ma part, j'ai eu la chance de pouvoir finir mes études à l'université McGill au Canada.
- Speaker #0
Ok, c'est vrai que dans ce que tu décris, on retrouve bien la philosophie de l'UTC, avec un slogan qu'ils affichent « Vous serez ce que vous choisirez d'être » . Et c'est vrai que l'UTC, je vais appuyer ces quelques chiffres dans le cadre de ce podcast, se distingue avec son taux élevé de féminisation, avec en 2024 53,5% de femmes dans le tronc commun. donc les deux premières années, contre 32% dans l'ensemble des écoles d'ingénieurs. Donc après cette petite parenthèse pour mettre quand même à l'honneur notre belle école, cette belle école, on va reprendre sur ton parcours. Donc une fois que tu as ce diplôme en poche, qu'est-ce que tu fais ?
- Speaker #1
Alors ma première expérience a été, je dirais par opportunité, dans une filiale d'Asso System qui s'appelle Dassault Data Service. Et dans cette filiale, je faisais du conseil fonctionnel technique. Ça consistait à paramétrer des produits du domaine du PLM, Product Lifecycle Management, c'est-à-dire dans un domaine où l'enjeu est de gérer le cycle de vie des produits aux besoins des métiers. Un autre domaine qui peut l'illustrer, c'est aussi ce qu'on appelle le domaine de la maquette numérique. Et j'avais eu, pendant mes études, une formation. sur ce domaine de PLM. Et en plus, moi qui voulais découvrir des métiers de l'industrie, j'ai été bien servie, puisque j'ai pu découvrir le monde de l'automobile, de l'aéronautique, mais également le monde des télécoms. Et j'étais en contact avec beaucoup de clients, et j'ai même eu durant ces années une expérience internationale. Mais alors pourquoi je ne suis pas restée ? Parce que ça restait une entreprise informatique. Et moi je voulais faire du management de terrain, j'étais attirée par ça et je voulais, autrement dit, passer du côté métier. C'est souvent comme ça qu'on en parle quand on est dans une sorte de SS2I. Et c'est pourquoi je suis rentrée en 2003 à la RATP. Et donc à la RATP, je vais vous expliquer les trois grandes étapes de mon parcours. Donc ma première étape, alors là j'ai été servie pour aller du côté opérationnel, parce que j'ai fait dix ans du côté de bus, un département bus, où je suis passée de chef de projet d'un système d'information à responsable transport dans une unité d'exploitation bus et tram. Durant ces dix ans... J'ai d'abord découvert le fonctionnement de ce grand groupe. J'ai aussi acquis une vision transverse du fonctionnement du transport de réseau de surface. Puis, je suis allée au cœur du métier, en étant responsable de toute la chaîne de production du transport de 13 lignes de bus et 1 ligne de tramway. Durant ces années, j'étais tout le temps en temps réel. C'est le cœur de métier temps réel. Et ce fut très riche, voire éprouvant parfois. Et donc suite à cette expérience très riche, honnêtement, je ne savais pas particulièrement ce que je voulais faire après. Et donc ma deuxième étape fut, par opportunité, mon arrivée au sein de la DSI en qualité de manager, de maître d'oeuvre de système d'information pour bus et l'information voyageur. Je suis passée de l'autre côté au service du métier. Par cette expérience, je découvre que le manager est ici vu comme un expert et pas comme un manager. Or pour moi, les experts, c'était les membres de mon équipe. Ces trois années de début dans le monde de l'ADSI ont forgé pour moi deux marqueurs forts qui me suivent encore aujourd'hui. Tout d'abord, les experts, pour moi... Ce qui est important pour eux, c'est de comprendre le fonctionnel métier. Et le deuxième, c'est que le manager de proximité, c'est lui qui est en contact avec ceux qui font et qui contribuent fortement à la performance. Donc pour moi, ma conviction, c'est qu'on doit légitimer le manager en tant que tel, on doit le former, on doit l'aider face à cette complexité qu'il doit gérer. Ma troisième étape... fut de basculer en manager de manager dans un domaine nouveau. Les systèmes industriels. Je passe du SI au système industriel. Donc concrètement, j'interviens dans des gros projets de transport dans lesquels il faut intégrer des solutions industrielles. qui fonctionne en temps réel. Et par gros projet de transport, il faut comprendre, comme je peux vous donner un exemple, c'est l'automatisation d'une ligne de métro ou la rénovation de matériel roulant. Et c'est un domaine technique qui m'a beaucoup motivée et qui est passionnant. À travers cette expérience de manager de manager, j'ai dû, moi, progresser dans de nouvelles compétences, donc ma capacité à déléguer. dans ma capacité d'adaptation aussi, puisque c'était un nouveau domaine technique. Et j'ai pu éprouver pleinement mon envie de responsabiliser justement mes managers de proximité en leur donnant les moyens de s'engager. Alors ça pouvait prendre plusieurs formes, mais ça pouvait passer par déjà bien leur faire comprendre leurs responsabilités, mais c'est aussi leur apporter des méthodes et des outils pour leur faciliter la vie. Durant cette troisième étape de mon parcours, J'ai ensuite pu évoluer dans mes responsabilités. J'ai pris en charge ce qu'on appelle un pôle. C'était un nouveau pôle. Et mon enjeu, c'était de structurer ce nouveau domaine d'ingénierie des systèmes industriels et des télécoms. Donc ça s'est traduit par du pilotage de complexité dans un contexte de transfo pour bâtir une nouvelle organisation. Et pour faire en sorte que deux ingénieries qui étaient fusionnées au sein de ce pôle partagent la même culture.
- Speaker #0
Ok. Alors du coup, si on comptabilise bien, ça doit faire à peu près 23 ans que tu es à la RATP.
- Speaker #1
C'est ça. Tu as bien compté.
- Speaker #0
Et donc 23 années, on l'a vu, qui sont denses, variées et challengeantes. Mais alors pourquoi en 2003 as-tu signé à la RATP ? J'imagine que tu t'y plais, puisque pour y rester 23 années, on se réinvente. Alors, dis-nous un peu, pourquoi tu as signé à la RATP en 2003 ?
- Speaker #1
Il y a deux raisons qui me viennent tout de suite en tête et elles se sont confirmées à chaque fois dans mes diverses expériences et encore aujourd'hui. Premièrement, c'est que j'ai signé pour une entreprise qui permet de donner du sens à mon action. C'est une entreprise qui a de l'impact. Tous les jours, on transporte des millions de voyageurs. Donc on est au service des Parisiens, mais pas que maintenant, pour le monde entier. Et donc ça, ça donne vraiment du sens à mon action. Et puis, la deuxième raison, c'est que j'ai toujours été convaincue qu'en tant que femme, j'aurais des possibilités d'évolution et que justement, la RATP donnait sa place aux femmes. J'ai tout de suite eu cette conviction. En plus, j'étais à l'UTC dans une branche génie des systèmes mécaniques où beaucoup de mes copains ou copines, mais pas beaucoup de copines, mais beaucoup de copains de promo se dirigeaient dans le monde de l'automobile. Et donc, je voulais faire autre chose. Je voulais me démarquer. Et une troisième est venue renforcer ma fierté d'avoir intégré ce groupe, à savoir que j'ai toujours eu toute l'autonomie pour dessiner mes postes. C'est une entreprise qui fait confiance.
- Speaker #0
On retrouve bien là ce qu'il fait la RATP. Et donc là, tu viens de changer de poste il y a quelques mois, on va dire, deux mois. Et donc concrètement, aujourd'hui, tu fais quoi ? Dis-nous un peu, c'est quoi ce nouveau poste ?
- Speaker #1
Alors oui, un nouveau défi encore depuis mars où je suis devenue responsable d'une unité IT. dont l'enjeu est de délivrer les systèmes d'information d'entreprise, les produits digitaux, tout en garantissant la qualité de service pour nos clients internes. Cette unité s'appelle la Fabrique Digitale. Elle fait partie de la DSI et compte environ 300 collaborateurs internes. Peut-être autant de collaborateurs externes. Je résumerai mon poste autour de trois enjeux. C'est de façon très simple, mais c'est vraiment les enjeux principaux. C'est m'assurer du bon fonctionnement au quotidien de toute l'unité. C'est m'assurer de la satisfaction client, puisque c'est notre raison d'être. Sans client, on n'a pas de DSI. Et m'assurer aussi de la satisfaction collaborateur. Car sans collaborateur engagé, on a peu de chances d'être au bon niveau dans la capacité à délivrer. Pour moi, c'est aussi un élément important.
- Speaker #0
C'est sûr. Et c'est quoi ton défi personnel sur ce poste ?
- Speaker #1
Alors, j'en identifie cinq. Le premier, c'est fidèle avec mon driver de comprendre pour maîtriser. Je dirais que mon premier défi est de bien comprendre ce qui est attendu de moi et ce qui est attendu aussi de la fabrique digitale. Cela passe par le fait de mieux comprendre les enjeux stratégiques des métiers, de nos clients, pour ensuite bien les décliner dans mes attentes au sein de la fabrique. On va aussi avoir beaucoup d'enjeux techniques autour de l'IA. Je sens que c'est un virage technologique, on en entend parler tous les jours. Et mon défi, ça va être de bien comprendre la feuille stratégique, de bien m'assurer qu'on a construit une vision déclinable et réaliste. On délivre, mais on est nous-mêmes DSI métier et clients de nos offres. Mon troisième défi... et de projeter comment la fabrique digitale va arriver à devenir une unité au service du groupe, puisque le groupe s'organise en filiale à travers les différentes mises en concurrence. Il y a des questions autour de qu'est-ce que la DSI groupe, qu'il va y avoir un défi autour du positionnement de la fabrique au service du groupe. Mon quatrième défi est de mieux travailler la collaboration, la coopération et la transversalité en interne de la fabrique. C'est un quatrième défi que j'ai pu identifier. Et le dernier, mais vous l'aurez compris, c'est de m'assurer que les managers de proximité disposent des bons moyens pour assurer la performance et ont bien connaissance de ce qu'on attend d'eux.
- Speaker #0
Ok. Alors, c'était un peu basé sur ton rapport d'étonnement. Donc, si on se projette dans quelques années, tu auras réussi ce poste-ci ?
- Speaker #1
Eh bien, client et collaborateur satisfait. Une unité qui sait où elle va et tout particulièrement sur l'IA. Et je dirais une fabrique digitale qui est un véritable ambassadeur. et un véritable moyen d'acculturer nos clients en pratique agile.
- Speaker #0
Ok, alors bon courage pour ce nouveau défi à la hauteur de ton goût du challenge. Tu nous as rapidement donné le Kilimanjaro, mais je sais qu'il y en a d'autres. Et donc souvent derrière chaque parcours professionnel, il y a un cheminement des choix personnels. Pour toi, quel est ton secret ?
- Speaker #1
Ce qui me vient en tête, en premier point... C'est que ce parcours, je le dois à mon conjoint aussi, qui prend la mesure de l'engagement nécessaire pour avoir un équilibre où chacun s'y retrouve. Cela implique par exemple une bonne répartition des tâches quotidiennes. Je pense que c'est une clé du succès, de bien se répartir toutes les tâches quotidiennes. Alors c'est plus ancré dans les jeunes générations, je le vois avec... Mes enfants. Alors pour mes enfants, on fait office de normalité. Mais moi, j'ai une certaine fierté d'avoir mis en place depuis plus de 25 ans cet équilibre dans les responsabilités à la maison. Je pense que pour mon conjoint, c'est aussi pour lui, ça va de soi d'avoir aussi une femme qui s'épanouit dans le monde professionnel.
- Speaker #0
C'est super intéressant. Et donc, pour toi, on pourrait dire que derrière chaque grande femme, il y a un homme. J'ai inversé la formulation. Et c'est vrai que c'est intéressant que tu abordes le sujet de la répartition des tâches au sein d'un couple. et te concernant au sein d'une famille. Parce que je vais laisser à nos auditeurs calculer à quelle génération tu appartiens, puisque tu fais écho aux nouvelles générations et qu'elle a été comme précurse de cette répartition. Mais même si tes enfants sont en partie dans le juste, quand on regarde un peu les chiffres, notamment ceux de l'Observatoire des inégalités de l'Union européenne, qui vont présenter des inégalités qui sont encore fortes en 2025 dans la répartition des tas. tâches. Alors quelques pourcentages qui permettent quand même d'appuyer ces mots, c'est qu'on a 68% des femmes qui font la cuisine ou le ménage chaque jour, contre 43% des hommes. Donc le partage du travail domestique reste encore très inégalitaire, même si oui, des avancées existent. Et c'est là où tes enfants sont en partie dans le juste, car ces données mélangent les générations qui ont des comportements différents. Le partage du travail domestique progresse de génération en génération et les jeunes femmes et hommes accèdent désormais aussi aux mêmes durées d'études et sont actifs sur le marché du travail dans des proportions qui sont désormais presque égales. Donc les évolutions de pourcentage c'est aussi dû au fait que le temps passé aux tâches domestiques femmes comme hommes a diminué. Donc forcément ça permet aussi un peu de rééquilibrer les choses parce que on le sait tous, mais au fur et à mesure des temps, du temps pardon, Des services, des produits ont permis de consacrer moins de temps au repas, aux courses, à la vaisselle, livraison des repas, plats préparés, cantines scolaires, restaurants d'entreprise, etc. Ça contribue à rééquilibrer aussi plus la prise de conscience qui se fait plus ou moins au sein des couples et des familles. Le temps de travail parental, qu'on va distinguer des tâches domestiques, a lui suivi une évolution temporelle différente de celle du temps domestique. Il y a plus de temps et d'attention qui ont été consacrés à l'enfant par les deux parents au fil du temps, qui est un phénomène porté notamment par l'évolution des normes. Mais par contre, les pourcentages partaient de vraiment loin. Et donc ça reste aujourd'hui aussi encore inégalitaire, avec 65% de la charge parentale qui repose sur les femmes contre 45% sur les hommes. Alors ces chiffres, on va quand même bien préciser encore une fois, mais c'est des moyennes tout âge et catégories socio-professionnelles confondues. Mais ça témoigne quand même de tendances qui évoluent, mais qui restent encore fortement inégalitaires. Alors merci Végenie d'avoir mis en lumière ce sujet et la nécessité de fixer très tôt un modèle dans lequel chacun s'y retrouve pour s'épanouir. Puisque comme tu l'as dit, à un moment, quand on signe avec quelqu'un, c'est pour que l'un comme l'autre, on soit bien dans notre développement.
- Speaker #1
Surtout que mon conjoint, il a fait l'UTC également.
- Speaker #0
Ah oui, Il savait pourquoi il signait, oui. Et donc, tu nous as brièvement, et moi je dirais aussi modestement, évoqué l'un de tes accomplissements sportifs. Je trouve ça génial, épatant, voilà. Et ils sont pourtant nombreux avec récemment une expérience au Spitsberg. Alors j'espère que je l'ai bien prononcé. Et on le voit, notre échange transpire le goût pour les défis. et le fait d'être animé par une cause encore plus grande. Est-ce que tu aurais une inspiration à partager à nos auditrices et nos auditeurs ?
- Speaker #1
Je pourrais conseiller un livre que j'ai lu récemment qui s'appelle « Huit femmes pour un pôle » de Madeleine Griselin qui retrace la première expédition polaire entièrement féminine menée en 1986. Ce livre, c'est une très belle leçon pour aller au bout de ses convictions, pour se lancer des défis et se donner les moyens de ses engagements. Et ces femmes, ce que j'apprécie beaucoup, c'est que ce sont des femmes à la fois fortes mais humble, intègre et elles sont libres en fait donc elles se donnent les moyens d'être libres et c'est ce que j'adore dans ce livre notamment et en plus ce type d'expérience met en avant la confiance dans un collectif et on voit un tout va vite dans nos quotidiens et pourtant c'est vraiment en prenant le temps du recul et en ne se perdant pas de vue qu'on peut accélérer, se libérer et être apaisé et je m'inspire de ces expériences pour eux. pour me sentir vivre.
- Speaker #0
C'est beau se donner les moyens d'être libre. Juste, je précise, vous trouverez à chaque fois dans le descriptif du podcast le titre, l'auteur, pour pouvoir, vous aussi, découvrir ce livre, cette expérience et puis en inspirer certaines et certains. Et donc, quel regard portes-tu sur la place de la femme dans la tech aujourd'hui ?
- Speaker #1
Alors je connais un peu les chiffres, la situation, mais c'est vrai que j'ai du mal personnellement à comprendre pourquoi la femme n'est pas autant présente dans la tech. On a peut-être tendance à associer la tech uniquement à l'expertise. Et pourtant, je pense que je suis un exemple, on peut s'y épanouir autrement. On peut s'y épanouir à travers le collectif. J'ai une approche assez systémique des problématiques, donc pas forcément dans le détail et en expertise. Et je n'ai personnellement jamais ressenti de barrière en tant que femme passionnée par la tech. Mais je sais que des biais peuvent exister dès le plus jeune âge. En tout cas, moi, je ne me suis jamais sentie mise à l'écart ou avec moins de moyens. Mais je sais qu'il y a encore trop peu de modèles féminins, peut-être pour inspirer et oser. Et donc vraiment, pour moi, la femme, elle a... toute sa place dans la tech, je dirais même qu'il en faut plus, parce que ça apporte vraiment un autre regard et un équilibre et voilà, donc il faut en parler il faut échanger, il faut qu'on avance sur ce sujet là
- Speaker #0
C'est pour ça d'ailleurs que nous sommes là et que tu t'es engagée dans la réalisation d'un épisode pour le podcast Ladies in Tech mais ton point de vue il est intéressant et j'ai pu échanger avec d'autres personnes qui disent aussi j'ai conscience des chiffres mais c'est vrai que moi je ne l'ai pas vécu il y a les chiffres qui sont là c'est un fait, on en parle même si nous on ne s'est pas forcément senti discriminé mais c'est important parce que ça permet d'ouvrir des voies et d'avoir des modèles et donc que dirais-tu à l'ado de 15 ans ?
- Speaker #1
je dirais sois curieuse crois en ta capacité à apprendre garde ton intégrité ça c'est une valeur qui pour moi est très importante C'est elle qui va te donner toute la force sur la durée. Il faut être soi-même, il ne faut pas essayer de ressembler à quelqu'un d'autre. Et plus on est aligné et en pleine possession de nos moyens, et plus on est pertinent ou légitime. Et quelque chose aussi qui est important, c'est qu'il faut oser dire et poser des questions quand on ne sait pas. Parfois on peut être un peu timide, on peut avoir l'impression que les autres savent mieux que nous, mais non en fait c'est... Il faut oser dire qu'on ne sait pas. Et en général, les trois quarts de la salle ne savent pas non plus. Il faut juste oser, peut-être un peu plus en tant que femme, dire qu'on ne sait pas ou qu'on n'a pas compris.
- Speaker #0
Et c'est vrai que ça, c'est valable à 15 ans et toute la carrière. Oui, c'est ça. Merci Virginie pour cet échange, pour le partage de ton histoire. Entière, persévérante et pleinement engagée, une Lady Zintec qui, nous l'espérons, va en inspirer de nombreuses autres.