- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous dans le podcast Ladies in Tech. J'ai le plaisir de recevoir aujourd'hui Amandine Proulx. Amandine est directrice biétique et data IA au sein de la filiale RSS du groupe RATB. Bon, on va décrypter tout cela. D'ailleurs, ce grade, qui est Amandine ? Quel est son parcours, sa personnalité, ses convictions ? Nous allons découvrir ensemble l'histoire d'une Ladies in Tech. Bonjour Amandine. Pour débuter ce podcast, peux-tu un peu nous dire qui es-tu et comment te définirais-tu ?
- Speaker #1
Bonjour Marie, bonjour à toutes et tous. Déjà, je vais juste préciser cet acronyme qui est RSS, donc je travaille pour RATP Smart Systems, qui est donc une filiale du groupe RATP. Quand je raconte, on va dire, je pitch à mon entourage, mais qu'est-ce que vous faites chez RATP Smart Systems ? Je dis tout simplement, c'est très simple. Quand vous pensez à la RATP, vous pensez au bus, vous pensez au métro, vous pensez globalement à tout ce qui roule. Et bien nous, on fait tout ce qu'il y a autour et qui est un peu plus caché. Donc moi, égoïstement, je fais la biétique, je vous expliquerai un peu plus ce que c'est, mais vous pouvez trouver aussi les applications qui vous permettent de trouver un itinéraire, savoir quand arrivera le bus, enfin tout ce genre de petits détails qui est un petit peu invisible. C'est ce qu'on fait chez RATP Smart Systems. On est aussi surtout une filiale digitale qui travaille avec plein de gens au sein de la RATP. À titre personnel, j'aime à me définir comme une maman de trois. Alors, pourquoi trois ? J'ai un enfant humain entre deux enfants chiens. Pour ceux qui parfois me croisent dans le métro ou au travail, vous pouvez apercevoir les enfants chiens puisque l'enfant humain va à l'école. Sinon, je vis à Paris. Je suis originaire de pas très loin, puisque je viens de la banlieue parisienne. Et après, j'ai la particularité d'avoir une maman qui est vietnamienne et qui a une philosophie, une culture de vie que je vais qualifier plus asiatique. Et j'ai un père ingénieur berrichon, donc berrichon qui vient du Berry, le centre de la France. avec une culture beaucoup plus rationnelle, responsable. Avec le recul, je me dis que j'ai eu de la chance parce que finalement, mon quotidien, c'était deux extrêmes. Un père responsable, raisonnable, rationnel, qui pousse toujours à la réflexion. Et une mère qui est beaucoup plus dans l'instant, le carpe diem, l'émotion, la vie. Et in fine, quand on a les deux extrêmes, c'est plus simple de savoir où placer le curseur en fonction des situations qu'on rencontre au quotidien. Donc voilà, j'ai la capacité de, je dirais en résumé, de m'adapter à plusieurs types de situations et plusieurs types de personnes grâce à cette éducation.
- Speaker #0
Alors justement, ces traits de personnalité, on va voir comment ils transpirent à travers les grandes étapes de ton parcours. Est-ce que tu peux un peu nous en dire plus ? Par quoi es-tu passée, Amandine ?
- Speaker #1
Il y a un certain nombre d'années, j'ai fait un bac scientifique, on l'appelait le bac S, donc déjà j'ai pas un bac C, ce qui situe mon âge, mais j'ai un bac S qui situe aussi mon âge. Option maths. J'ai reçu, on va dire, mes parents sont plutôt de culture scientifique, donc j'ai toujours un peu baigné, on va dire, dans le côté les sciences, la physique c'est rigolo, c'est de la magie, ce genre de choses. Et j'aimais beaucoup les maths. Pourquoi ? Parce qu'en fait, quand on a trouvé la solution, on sait. Alors que les dissertations de philo ou autres, on ne sait pas. Donc, je m'orientais classiquement, je l'ai dit, mon père était ingénieur, vers une classe préparatoire. Mais je pense que déjà, c'est le début un peu de ce qui a fait ma vie. La vie est faite de rencontres. Et sur ces rencontres, j'ai une amie qui m'a dit, tiens... je vais apporter mes bulletins oui car c'est des bulletins papier toujours pour mon âge je vais apporter mes bulletins pour une classe prépa école de commerce elle me dit viens avec moi prends tes bulletins et on y va et donc quand je suis revenue de cette rencontre moi j'avais bien aimé le côté il y avait toujours des maths mais il y avait tout un tas d'autres matières qu'on n'abandonnait pas et on les abandonne un peu plus dans les classes préparatoires Donc je reviens à tout ça et j'en parle à mon père qui fronce un peu les sourcils, part de l'appartement pour aller à la librairie de la ville où je vis car nous étions aux prémices d'internet donc le contenu n'était pas encore là et revient avec tout un tas de magazines, de brochures et me dit ouais ok c'est bien. Et donc au dernier moment, j'ai basculé sur une classe préparatoire, école de commerce, et donc ça s'est bien passé puisque j'ai pu faire une école de commerce. Mes jeunes années professionnelles, au début je me suis un peu perdue dans la communication, l'événementiel, le marketing, et pour conclure que ce n'était pas du tout fait pour moi. Et puis, après toujours, on va dire, la vie faite de rencontres, j'ai débuté dans un cabinet de conseil en organisation, donc beaucoup plus de la transformation, pas des cabinets stratégiques, où j'y suis rentrée en 2005 pour y rester 11-12 ans. Et là, j'ai travaillé beaucoup d'abord dans le secteur de l'énergie et plus principalement ce qu'on appelait les utilities. J'en parle parce qu'après, on va voir qu'il y a une petite coloration dans mon parcours. Donc, secteur de l'énergie, l'ouverture à la concurrence qui soulevait plein de problématiques, notamment informatiques. On commence à toucher le début du sujet tech. Et puis, comme je suis particulièrement intervenue dans les DSI, j'ai touché à tout. Donc, le secteur public, le secteur du retail, l'industrie. L'associative, donc vraiment un peu touchée à tout. Et puis en 2016, j'ai basculé, on va dire, chez un client qui n'avait jamais été un de mes clients, à savoir le groupe La Poste, pour commencer la toute jeune aventure de l'équipe Data qui se lançait, donc 2016, où j'ai eu la chance de travailler sur toute l'émergence et le fait de gérer les projets d'IA, quelle que soit la branche du groupe La Poste. Donc... Ce qui était super, c'est que j'ai pu intervenir sur la gestion de fraude côté banque postale, l'optimisation du tri du courrier sur des plateformes industrielles du courrier, l'optimisation des transports pour acheminer, puisqu'à l'époque, il y avait le timbre rouge pour acheminer à J plus 1 le courrier, tout en gérant quand même les problématiques économiques, les chatbots qui étaient à la mode, tout un tas de sujets aussi autour des fonctions de support. Bref, vraiment toucher à tout au sein du groupe La Poste. Et j'ai fortement apprécié cette expérience. Et en fait, c'est grâce aux data scientists qui faisaient des projets de data science, parce qu'à l'époque, on ne parlait pas encore d'intelligence artificielle, que j'ai commencé à mettre une main beaucoup plus poussée dans le monde un peu plus tech. Donc, effectivement, il y a des algorithmes, mais ils me parlaient avec tout un tas de jargons que je ne connaissais pas et que j'ai appris. Et puis finalement, je me suis rendu compte que j'étais geekophile et geekophone, que c'était plutôt chouette. Mais je pensais avoir atteint quand même un stade de « ouais, je comprends bien » . Et en 2020, juste au moment du Covid, j'ai rejoint RATP Smart Systems pour développer les offres d'Atahaya. En tout cas, ça, c'était ce qu'il y avait sur ma promesse d'embauche, mais on verra que l'histoire m'a amenée aussi sur d'autres sujets. Et là, je me suis rendue compte que finalement, je n'y connaissais pas tant de choses que ça d'un point de vue tech, puisque là, j'ai parlé vraiment avec des développeurs, des DevOps, des architectes. Et donc, j'ai encore amélioré mon niveau de connaissance. Je ne vais pas l'étaler là, mais maintenant, je peux tenir des conversations assez poussées sur un certain nombre de sujets informatiques.
- Speaker #0
Alors, on voit effectivement que scientifiques et même matheuses... depuis le lycée, voire même avant, après t'as basculé vers un cursus école de commerce pour finalement endosser progressivement, mais assez rapidement, des postes auxquels se destinent instinctivement, naturellement, les cursus un peu plus informatiques ou d'ingénieurs. Et on sent comme une boucle qui s'est bouclée. Alors pourquoi cet atterrissage dans la tech comme un premier amour qui t'était destiné ?
- Speaker #1
Là, on va faire la psychologie de podcast. Je pense que j'ai fait, pour dire la version féminine, pas mon audible, mais mon électre. Puisque, comme beaucoup de personnes durant l'adolescence, je m'étais toujours dit, je ne serai jamais comme mon père. Et donc, mon père était, spoiling alert, ingénieur informaticien spécialisé. plutôt dans les problématiques de réseau. Pour la petite fierté, c'est lui qui a déployé à l'époque ce qu'on appelait les Macintosh dans les années 80 dans son entreprise. Et donc moi, je m'étais dit, jamais je ne ferai comme mon père. Mais le fait est que mon père m'avait quand même transmis beaucoup de choses et qu'à 6 ans, je savais me servir d'un ordinateur. Et donc, en fait, je n'ai pas fait gaffe parce que c'est ce que je raconte, c'est fait de rencontre. Et un... Un jour, en discutant avec mon fils, parce que je raconte un peu mes journées, il me dit « En fait, maman, t'es comme grand-père. » T'es ingénieure informaticienne. Et là, ça a fait... T'as percuté mon esprit en me disant « Ah ! Mais en fait, il a raison ! » Et donc du coup, finalement, progressivement, comme j'ai dit, les DSI, virage numérique, virage data, virage IA, mais surtout, en fait, je pense qu'il y a un truc psychologique qui était que ça faisait partie de mon quotidien et rationnellement, ça fait partie à tous de notre quotidien. Et moi, je trouvais ça chouette.
- Speaker #0
Très intéressant et on reviendra aussi un peu sur ce côté philosophique, comme tu dis. Alors, c'est en 2020 que tu as rejoint la RATP, la filiale RSS, comme tu l'as expliqué. Pourquoi est-ce que tu as choisi la RATP il y a maintenant six ans ?
- Speaker #1
J'ai envie de dire la RATP m'a choisie. Non, blague à part, j'ai beaucoup... Déjà dans le conseil, en fait, j'avais une appétence pour ce que j'appelais les utilities, donc en fait des entreprises qui ne font pas partie du secteur public en tant que telle, enfin en tout cas à l'instant où on se parle, mais qui ont des vocations de service public. Au sorti du conseil, je suis allée au sein du groupe La Poste, donc... et également entreprise à mission. Donc naturellement, rejoindre le groupe RATP, ça Ausha toutes ces cases de ce qu'on appelle RSE, c'est-à-dire que la mobilité, où encore une fois je n'y connaissais rien à part être utilisatrice et avoir un pass Navigo, la mobilité, on se rend bien compte que c'est important d'un point de vue sociétal, que la mobilité dans les transports en commun, ça a un sacré impact environnemental. Donc en fait, tout simplement, c'est le sens des activités du groupe RATP qui ont fait que j'ai rejoint ce groupe et que j'y reste aussi, parce que je pense que c'est important de le dire, que j'y reste aussi pour ce sens que je trouve de plus en plus prégnant en cette journée, par exemple, de canicule. Donc voilà. Et puis, juste petite précision, au groupe La Poste, j'étais au groupe. Et là, je suis en filiale. Et je suis contente d'être en filiale puisqu'on bénéficie de l'impact et de la force du groupe, tout en ayant l'agilité et les facilités d'une plus petite structure. Et cet équilibre me va bien.
- Speaker #0
Alors, tout à l'heure, tu nous as fait un peu un teasing sur le poste que tu occupes aujourd'hui, sur la partie Data, IA et Pâques. On va revenir un petit peu sur ça. Qu'est-ce que tu fais concrètement aujourd'hui ? C'est quoi tes missions avec des S partout ?
- Speaker #1
Alors, on va commencer, mais juste pour repréciser, en fait, j'occupe un peu deux postes de direction. L'un, c'est la business biéthique avec comme client principal, on va dire, la RATP Epic et puis, in fine, Ile-de-France Mobilité. Et puis, je dirais tous les voyageurs de l'Ile-de-France. Et de l'autre côté, c'est la data et l'IA. Je vais peut-être expliquer ce que c'est la biéthique parce que je me dis que tout le monde ne connaît pas.
- Speaker #0
Alors c'est vrai que le terme biéthique, il nous parle à tous. Moi en tout cas, ça m'évoque un ticket, une carte et la nécessité de valider un titre de transport. Et on voit que ce domaine, il évolue très fortement, en tout cas en Ile-de-France. Je pense notamment à l'arrêt du ticket papier, il y a eu énormément de communication dessus. Donc oui, est-ce que tu peux nous expliquer un peu les enjeux qu'il y a derrière ce domaine ? Parce qu'on lit pléthore d'informations. Encore très récemment avec quelques annonces et je crois que tu as un peu plus nous les expliquer. Tout et son contraire dans la presse, sur les réseaux. Allons à la source et explique-nous un peu plus ce qu'on met derrière la biétique, c'est quoi les enjeux pour toi et pour ton équipe ?
- Speaker #1
Alors tu as parfaitement résumé la biétique, c'est le moment où vous achetez, où vous rechargez, vous validez, vous faites contrôler pour savoir si vous avez le droit d'être sûr finalement d'utiliser le mode de transport que vous utilisez. Ce qu'on voit moins, quand on dit biéthique, c'est la partie monétique. Alors on entend tous les « hic » , c'est pour dire qu'il y a bien de l'informatique quelque part. C'est la partie monétique, c'est-à-dire qu'il y a de l'argent qui transite derrière une partie de ces transactions. Et donc les équipes gèrent aussi tous les flux bancaires, la collecte des recettes, le rapprochement des ventes, ce genre de choses. Pour donner un petit ordre de grandeur... Sur la partie biéthique, c'est plus de 110 applications système informatique et c'est 140 personnes. Voilà, donc juste pour avoir les chiffres. Et donc moi, mon quotidien, c'est de m'assurer que le fonctionnement de toutes ces personnes sur tous ces systèmes soit le plus suite possible. Et j'ai de la chance d'avoir des équipes qui sont assez talentueuses. Donc je suis un chef d'orchestre avec des maestros, donc c'est pas mal. Donc les enjeux, il y a des enjeux de base qui sont... que finalement, la biétique, c'est le premier point de contact du voyageur. Donc, il faut que l'expérience se passe bien. Mais d'un point de vue plus contextuel, il y a l'ouverture à la concurrence. Donc, les bus sont ouverts, enfin, n'ont pas fini de s'ouvrir à la concurrence. Et ce n'est que le début de l'histoire, puisque, on va dire à peu près tous les cinq ans, le tramway, puis le métro, puis le RER vont également s'ouvrir à la concurrence. Vous imaginez ou vous n'imaginez pas, mais je vais vous le dire, que forcément, sur les sujets de la biétique, Il y a le fait de pouvoir désimbriquer une partie des systèmes avec en ambition pour Ile-de-France Mobilité, en tant qu'autorité organisatrice de mobilité de l'Ile-de-France, de créer finalement le système de la région, ce qui fait sens, mais donc voilà, avec des grands projets informatiques. Tu as mentionné l'arrêt du ticket papier, alors que nous, entre nous, on parle de l'arrêt du magnétique. Puisque c'est des titres magnétiques. Non, mais c'est aussi une des raisons pourquoi je dis magnétique. C'est parce que comme il y a ce petit composant qui pollue, c'est aussi une des raisons pour lesquelles ce titre va être arrêté. Donc ça, c'est pareil. Beaucoup de projets pour s'assurer. Alors ça, c'est derrière nous qu'on arrête d'en vendre. Mais une fois qu'on arrête de vendre ça, qu'est-ce qu'on vend à la place ? Donc c'est d'autres supports, d'autres projets informatiques. Et puis après, une fois qu'on a arrêté la vente... On n'a pas arrêté tout de suite le fait de les accepter sur nos validers puisque ça n'aurait pas été très apprécié de l'ensemble des voyageurs. Donc finalement, l'arrêt de ce qu'on appelle l'acceptation, elle va être progressive. Et puis derrière, se posera des questions, pas tant pour nos équipes, mais aussi pour les équipes de mainteneurs, de finalement, qu'est-ce que je fais de ces validers avec le petit trou et comment je les remplace avec ce que vous voyez souvent, des cibles qui permettent de lire soit des supports qu'on appelle, qui font de la télébiétique. Soit tout simplement vos smartphones. Et puis, je pense que tu vas y revenir, il y avait eu, après les Jeux Olympiques, ils nous ont fait aussi, parce qu'il y avait un tarif spécifique, après les Jeux Olympiques, il y a eu la première étape de la révolution biétique d'Ile-de-France Mobilité, qui a changé complètement la tarification en Ile-de-France avec le fait d'arrêter les zones et que finalement vous étiez... Très très loin en Ile-de-France, vous venez à Paris, en RER, parce que globalement vous ne pouvez pas venir en bus, pour faire court, vous ne pouvez pas venir en bus, finalement c'est la même tarification que quelqu'un qui fait deux arrêts dans Paris, dans le métro. Donc ça, pareil, c'est beaucoup de transformation biéthique. Et je pense que dans très peu de temps, tu vas vouloir me parler de l'étape 2 de la révolution biéthique d'Ile-de-France Mobilité, puisqu'elle est toute récente.
- Speaker #0
Oui. Alors effectivement, moi ce que je constate au quotidien, je ne sais pas, mais combien de fois j'ai pris le bus et là je vois des personnes, soit des personnes âgées ou des touristes, beaucoup de touristes, qui ne comprennent pas pourquoi avec leur carte qu'elles ont achetée dans le métro, qui est la même carte que celle qu'ils ont achetée pour le bus, en fait il y a une lumière rouge qui s'affiche. Et en termes d'expérience voyageur, tu en parles pas mal depuis le début, forcément ça pose beaucoup de... Deux questions. Je sais que tu as l'explication derrière.
- Speaker #1
Alors, effectivement, j'ai l'explication technique et après, il y a une politique tarifaire qui n'est pas du tout à la main de la RATP ou la SNCF, qui est à la main d'Île-de-France Mobilité. Et effectivement, dans cette première étape de la révolution biétique, il y a eu une séparation entre deux modes de transport, ce qu'entre nous on appelle le ferré, donc le métro et le RER, avec le TMT, le ticket métro-train. et ce qu'on appelle la surface, le bus et le tramway. Alors, sur le bus, les gens arrivent à peu près à faire la différence, mais on va se le dire, sur le tramway, c'est sur des rails, c'est pas forcément évident de se dire que ça fait partie de la surface. Et donc là, c'est un autre type de transport qui s'appelle le TBT. Et concrètement, sur votre petit support EASY que vous pouvez avoir, et donc ces personnes que tu décrives, si elles ont des titres de transport du métro, Elle ne peut pas avoir les autres titres parce qu'il y a un problème de cohabitation des titres. Pourquoi ? Parce que les valideurs, donc là où vous compostez, je le dis à l'ancienne, votre support, puisqu'on ne composte plus vu que ce n'est plus du papier, ne savent pas reconnaître quels titres ils doivent consommer dans ce genre de cas. Et donc pour ces raisons... les titres ne peuvent pas cohabiter sur le support. Alors comme on le sait sur les projets informatiques, tout est possible, mais il y a une histoire de coûts et de quoi mener. Donc aujourd'hui, c'est pour ça qu'il y a ce problème. Alors, d'un point de vue voyageur, je ne vais pas le défendre, parce qu'effectivement, on n'a pas envie d'avoir Bac plus 10 pour pouvoir prendre les transports en commun, mais voilà l'explication derrière tout ça.
- Speaker #0
Très clair. J'espère effectivement que... Ça changera. Je ne sais pas si c'est prochainement, mais dans les futures années. Parce qu'en plus, quand la langue appresse, c'est l'anglais. Là, je pense qu'ils sont complètement perdus. De base, ils veulent payer leur titre. Ils s'assoient et ils ne savent pas trop ce qu'ils doivent faire si tu n'es pas arrivé dans le bus. Merci, Amandine. Alors, on va reprendre un peu ces enjeux. Est-ce que tu peux nous parler un peu de l'actualité aussi ? Il y a des enjeux d'open payment, des choses comme ça.
- Speaker #1
Voilà, l'actualité, c'est l'étape 2 de la révolution billétique, donc qui est très récente. Les auditrices et auditeurs ne le voient pas, mais je vais mettre des guillemets à cette notion d'open payment, puisque ce n'est pas les termes annoncés par Île-de-France Mobilité, mais concrètement, c'est le fait de pouvoir, avec sa carte bancaire, accéder directement aux moyens de transport. Donc il y a une annonce récente qui a été faite avec une première étape pour juillet 2027 pour la ligne 1 du métro. La vocation principale... sont les touristes, ou on va dire touristes qui soient étrangers ou français, mais en tout cas les utilisateurs ponctuels, puisque dans le communiqué de presse est bien mentionné le fait que c'est plus cher justifié, et effectivement c'est vrai parce que le projet va avoir un certain coût de mise en oeuvre et ce qui est peut-être un peu moins lisible avec un sujet de pas de correspondance qu'on se rend bien compte que la cible est pour des utilisateurs ponctuels et que le francilien, bien que faisant du télétravail, a un usage plus régulier et orienté vers le maintien de l'utilisation soit de ses abonnements Navigo, soit de ce qui avait été mis en place sur le Navigo Liberté Plus, à savoir un débit en fin de mois en fonction des trajets que vous avez faits. Donc... On le voyait un peu arriver ce sujet, mais il arrive clairement plus tôt, puisqu'on se parle de pratiquement dans un an. Donc on va repartir, on ne s'était pas vraiment arrêté puisque l'arrêt du magnétique dont on s'est parlé est en cours, que la préparation de l'ouverture à la concurrence du tramway est en cours. Et je vous passe tous les sujets sur l'expérience des voyageurs en station RATP. Bon ben voilà, on va rajouter un nouveau sujet qui est l'open payment. puisque cette première étape en juillet 2027 n'est que la première étape sur un projet plus grand puisque l'idée c'est effectivement d'équiper tout le réseau et pas que celui de la RATP.
- Speaker #0
On va suivre ça et c'est vrai que des fois on le fait en comparaison, on a des villes comme Bucarest, Londres où on peut, mais ça pose pas mal de questions et on peut mesurer un peu la complexité. Donc on va suivre tout ça et là maintenant on va zoomer sur l'autre pan de responsabilité que tu as. autour de la data et l'IA. Alors, c'est vague, mais tu peux un peu nous préciser c'est quoi ton quotidien et pareil, encore une fois, qu'est-ce que tu as attendu ?
- Speaker #1
Alors, sur cette activité data et IA, donc pour rappel, c'est celle pour laquelle j'avais rejoint RTP Smart Systems. L'idée était de développer, on va dire, tous les services en exploitant la data parce qu'il y avait, on va dire... une maturité plus faible sur les sujets de mobilité, avec en plus tellement de possibles. Donc, mon quotidien, quel est-il ? Déjà, il faut rendre à César, j'ai un directeur scientifique, Rémi, si tu nous entends, qui est super et qui gère toutes les équipes plus tech, au sens aussi, la tech, on a dit, je peux la comprendre un petit peu, mais lui, il a un PhD, tout ça, donc il y a quand même... des sujets que je ne maîtrise pas, donc qui gèrent les datas scientifiques, les datas ingénieurs, les datas analystes, donc tous les datas girls and guys, car oui j'ai des filles, sur cette dimension-là. Et à côté de ça, j'ai plutôt de mon côté, on va dire, des PO, data et IA, et je vais revenir sur un peu ce qu'on fait. Donc du coup, nous déjà au sein de RATP Smart Systems, on sert toutes les business units et les fonctions support. Donc candidata, il y a la partie assez classique, celle que je dis rétroviseur, qui est toute la vision reporting. Et puis, il y a la vision davantage pilotage, prédictif, voire prescriptif, où on va mener des projets d'intelligence artificielle. soit pour nous augmenter nous, soit pour développer des services pour des tiers. Donc pour nous augmenter nous, classiquement on a l'IA générative, et chez RSS, je perds le temps, mais ça doit faire plus de deux ans qu'on a développé notre petite plateforme à nous interne. C'est l'avantage d'avoir plein de TECOS chez nous, c'est qu'on peut se servir, et qui nous permet d'avoir tous les modèles, que ça soit Mistral, GPT, Gemini. anthropique, j'ai même demandé un peu d'ipsyque pour voir ce que faisait la Chine, donc on a tout ça. Et on est en train surtout de former nos collaborateurs à bien s'en saisir, donc les plus et les moins. Donc ça, c'est en transverse pour tout le monde. Mais après, une fois qu'on s'est dit ça, on a des compétences qui ont vocation aussi à servir le groupe. Donc on travaille étroitement avec toutes les équipes de la fabrique digitale et de la data pour mener un certain nombre de projets. Et voilà, exactement. Donc, et j'espère qu'on travaillera de plus en plus ensemble. Mais il est vrai qu'on mène des projets, en fait, de concert, puisque, effectivement, il y a des compétences chez RSS qui peuvent, justement, compléter aussi des compétences de la fabrique digitale. On a eu la chance de travailler aussi, et on continue de travailler avec le département innovation qui était à l'idéation d'un certain nombre de sujets. Donc, on peut faire du computer vision sur des notions d'affluence, notamment sur... Sur les métros RER, mais on va dire sur le prochain passage, basé vraiment sur ce qu'on voit, tout en respectant bien évidemment des règles d'anonymisation, puisque nous ne voyons pas les gens, nous ne pouvons pas reconnaître les gens, nous respectons le RGPD. Et puis sur ces sujets d'affluence qui sont très importants, de INN on arrive sur toute la BU qui gère les services ferrés, et puis bien évidemment le centre d'excellence d'attaque qui aussi a des problématiques d'affluence. on y reviendra mais je suis quelqu'un d'impatient c'est un peu long à mon goût mais on sent que là on fédère de plus en plus je dirais toutes les forces au sein du groupe et comme je pense qu'à plusieurs on est plus fort et j'espère plus rapide du coup on arrive de plus en plus là dessus et puis on ouvre nos chakras aussi on commence à discuter avec RATP Dev aussi donc voilà c'est vraiment mettre au service du groupe des compétences qu'on a. Et Rémi, tout humble qu'il est, il a, je ne vais pas te dire 15 ans, mais finalement, il va avoir 20 ans d'expérience parce que lui aussi, il vieillit. Et quand on a un data scientist, un directeur scientifique qui est assez senior, qui est devenu data scientist sans s'en rendre compte, en vrai, on fédère aussi des compétences assez pointues autour de lui. et puis on n'a pas les salaires de Google donc il faut aussi pouvoir attirer avec d'autres sujets donc le sens et le talent je dirais
- Speaker #0
Dans la saison 2 on va inviter des hommes peut-être que Rémi en fera partie je lance une perche, on ne sait jamais alors tu nous as quand même un peu parlé de tes défis personnels sur ce poste si tu devais résumer, quels seraient-ils ? je ne sais pas si je le mets au singulier ou au pluriel euh
- Speaker #1
Autant sur la data Elia, puisque j'ai accepté de venir, j'étais assez confiante. Sur la biéthique, sans rentrer dans le côté genre et féminin, je me suis vraiment demandé ce que je pourrais apporter à l'équipe. Je vous la fais courte, en fait, on ne me l'a pas présenté comme ça. Ça a été plutôt bien amené, ce qui fait que je n'ai pas eu à me poser ces questions. Mais intellectuellement, je n'y connaissais rien en biéthique, d'un point de vue métier, tout simplement. Comme je l'ai dit, je parle à des gens qui sont quand même très pointus dans leur métier et sur des systèmes très compliqués, donc j'y connaissais rien non plus. Et ma force, c'est plutôt de fédérer, d'emmener un collectif, de donner une direction. Mais là, je m'étais dit, bon, un sur trois, c'est peut-être un peu light. Et en vrai... C'est exactement ce qui manquait, comme je l'ai dit, c'est plutôt des gens talentueux. Et c'est exactement ce qui manquait à ce collectif. J'aime bien dire que mon défi principal, c'est d'être le scrum master de l'organisation. C'est d'éblayer le terrain, faciliter pour qu'ils puissent opérer. Je suis quand même assez exigeante, donc les motiver, les challenger. Et donc finalement, mon principal défi, c'est de m'assurer que les équipes, qui sont compétentes, puissent avancer sereinement. Mon autre défi qui est peut-être plus personnel, c'est d'arriver à gérer mon impatience.
- Speaker #0
Gérer mes convictions, c'est-à-dire que je suis quelqu'un qui a souvent des convictions, un avis sur le sujet. Mais j'essaye de lutter aussi contre les préjugés que je peux avoir moi-même. Parce que finalement, je n'ai pas envie de m'enfermer aussi dans des biais de confirmation des convictions que j'ai. Donc j'essaye aussi de questionner pour que les gens arrivent à leurs propres convictions, mais combinées à mon impatience. C'est vrai que quand les gens reviennent au bout d'un mois, d'ailleurs un mois ça peut être court, parfois deux mois, à la conclusion que j'avais il y a deux mois, je suis contente parce qu'ils sont arrivés à la même conclusion, mais au fond de moi je range mon frein en disant « peut-être tu le tires plus tôt » . Voilà, donc mon défi c'est de gérer, je dirais, qui je suis avec le reste du collectif. Et ce que je fais et ce qui me tient à cœur, c'est surtout préparer l'avenir, anticiper. Quand je dis préparer à l'avenir, c'est aussi faire grandir mes équipes, mais ça peut être mes clients, mes partenaires, c'est faire grandir un collectif.
- Speaker #1
Ensemble, oui. Et alors tu auras réussi ce poste-ci ? Alors ces postes même, je pourrais dire.
- Speaker #0
Alors j'ai beau être Madame Data, je ne me suis pas fixée de métrique. Donc là, c'est le côté vietnamien qui ressort, l'émotion et pas forcément le côté rationnel. Pour moi, on aura réussi si déjà on garde quand même une sérénité et une bonne ambiance, et j'aime beaucoup faire des blagues, des bonnes et des mauvaises, il faut accepter. Mais je pense qu'on aura réussi si en fait, collectivement, on arrive à avoir un temps d'avance. Donc ça veut dire arriver à anticiper, préparer, co-construire, et ça avec des partenaires qui peuvent parfois paraître comme... délicat, voire je vais employer un mot. Alors attention, tout ce que je dis n'engage que moi, bien évidemment. Ils peuvent paraître parfois comme des ennemis. Je pense à Île-de-France Mobilité qui, de temps en temps, parce qu'on peut prendre des décisions un peu rapidement de dans un an, il faudra ça. À la fin du fin, tout le monde a envie, je pense sincèrement, d'améliorer le service aux voyageurs. Donc l'objectif est en commun. C'est souvent des notions d'arriver à dialoguer. Arriver à ce qu'on pensait, donc ça veut dire aussi être sincère, accepter de partager des difficultés qu'on a, être honnête. Donc pour moi, finalement, on aura réussi si les relations sont apposées et sont honnêtes, c'est-à-dire pas de tabou. On peut avoir des ambitions politiques, c'est pas tant le sujet. À la fin, normalement, c'est quand même pour servir quelque chose qui répond aux attentes, pour le coup, des voyageurs et des collaborateurs. Donc du coup, je pense que c'est le côté sérénité. Mais si j'avais une métrique, ce serait la vitesse, je pense, pour revenir sur l'impatience.
- Speaker #1
Ok, je pense que, travaillant dans le secteur public, il va falloir que tu fasses ton mal en patience, Amandine. Alors, tu nous as quand même partagé ta philosophie de vie, partagée notamment entre la culture vietnamienne et berichoise. Berichonne. Berichonne, oui, pardon. Est-ce qu'on peut revenir un peu sur ça ? Quel équilibre ! que tu as mis en place entre tes engagements professionnels, personnels, entre ta personnalité et le contexte dans lequel tu interviens. Comment tu t'y retrouves ?
- Speaker #0
Déjà, étant un peu ma propre chef, je pourrais travailler tout le temps. Si je n'arrivais pas à me fixer des limites, je pourrais travailler tout le temps. Mes limites, en fait, elles sont très simples. C'est qu'à un moment donné, j'ai envie de faire autre chose. J'ai envie de voir mon fils. Même mes chiens, quand ils sont au travail, j'ai envie de me promener avec mes chiens. J'ai envie de passer du temps avec ma moitié quand même, parce que du coup, c'est quand même important. Et puis, il y a le reste, les amis, la famille. J'ai moins envie, mais il faudrait. Mais ce n'est pas un besoin dans mon équilibre, faire plus d'activités. sportives. Mais ce n'est pas dans... J'en ai pas besoin. Il y a beaucoup de gens qui ressentent le besoin d'aller courir, d'aller nager. Moi, globalement, vous m'invitez en soirée, je danse et ça fait mon activité sportive. Mais en fait, je ne sais pas comment ça s'opère, mais naturellement, si je rentre chez moi, je vais consulter potentiellement sur mon téléphone mes mails, mes Teams. Je vais répondre à des questions très simples. S'il y a des urgences, bien évidemment, je vais les prendre. Mais... Je vais voir des sujets en disant « Ok, je verrai ça demain » , mais j'ai une sorte de zénitude à pouvoir consulter sans tout d'un coup culpabiliser, me dire « Mon Dieu, il faut absolument que je me remette au travail » . Et puis dans l'autre sens, si je suis au travail et que, alors mon fils n'a pas de téléphone à son âge, mais on va dire « J'ai un message WhatsApp de mes parents, d'un pote ou quelque chose » . Je vais y répondre sans culpabiliser non plus en me disant « Je suis sur mon lieu de travail et je suis en train de parler de qu'est-ce qu'on fait ce week-end. » Donc en fait, il y a un peu une collusion pro-perso que je trouve assez fluide, mais sincèrement, je n'ai pas de recette magique, je ne sais pas, c'est mon cerveau qui est fait comme ça. Et puis après, il faut quand même se le dire qu'il y a l'effet Covid qui fait que ça a accéléré, je dirais, dans la mentalité, le fait d'avoir au cours au télétravail. Donc même si pendant le Covid... je disais tout le monde regrette cette phase de métro qui est entre le travail et chez soi qui était cette petite bulle à soi où on quitte le travail on peut bouquiner, on peut scroller sur son téléphone, on peut écouter de la musique avant de... Maman, maman est-ce que tu... Voilà, donc en tout cas il y avait cette petite bulle à soi, le fait est que le télétravail permet aussi quand même de revenir plus vite sur sa vie de famille ou sa vie perso donc ça permet aussi je trouve Entre les deux, parce que franchement, en télétravail, on est quand même souvent tout seul sur des chaises de bureau plus ou moins adaptées. Le travail, ça permet de voir les collègues. Donc en fait, avoir les deux fonctionnements hybrides, je trouve ça très agréable. Et puis bon, moi j'ai un truc très simple, c'est que je fais quand même particulièrement confiance à mes équipes et à mes proches. Donc à un moment donné, il y a une sérénité aussi mentale qui est que les gens sont sur le coup, les gens sont sur le coup. Si ma moitié dit je vais chercher l'enfant, il va chercher l'enfant. Donc du coup, ça va.
- Speaker #1
C'est l'essentiel. Moi je trouve une certaine liberté dans ton équilibre, la liberté d'être toi. Et clairement, ça n'a pas de prix. Et on sent aussi que pour toi, l'enjeu est ailleurs, car l'équilibre pro-perso, il est acquis, c'est le tien. Et il est propre. Et ton enjeu, c'est la gestion de l'appartenance à un système. C'est ce qu'on disait juste avant. Avec tous les nœuds au cerveau, les discussions, les coups d'éclat dans la presse, comme tu le disais, qui peuvent rendre un peu complexe le chemin pour arriver à l'objectif qui est partagé. Et donc, ce n'est pas forcément facile d'être dans un domaine qui est aussi passionnant que politique, il faut vraiment le dire. Et comment ou qui a le pouvoir de pousser ta réflexion sur ce contexte dans lequel tu évolues ?
- Speaker #0
Alors... C'est le bon lieu, en fait, j'écoute beaucoup de podcasts.
- Speaker #1
Pour en mettre quelques références.
- Speaker #0
Non, mais j'écoute beaucoup de podcasts et des podcasts qui ne sont pas forcément liés à ce que je fais. Donc, des podcasts qui peuvent traiter de sociologie, de sujets, on va dire, actualités, politiques, de sciences. Donc, en fait, j'écoute beaucoup de podcasts. Il y a un truc en fait que j'aime bien voir dans n'importe quel sujet, qui est hyper vrai dans l'organisation, qui est hyper vrai sur n'importe quel sujet, c'est cette notion de système. Et donc quand tu regardes les sujets, n'importe quel sujet avec une vision système, tu comprends mieux pourquoi certaines personnes réagissent de certaines manières, tu comprends mieux que c'est pas du yaka faucon c'est pas si simple et que finalement il y a beaucoup de sujets prendre avec une certaine humilité, parce qu'en fait, quand on commence à creuser, on se rend compte que, ah oui, en fait, ce n'est pas si simple. Ah tiens, je n'avais pas pensé à ça. Et donc, récemment, Alound a un podcast. J'ai découvert un monsieur, alors j'ai sans doute mal prononcé son nom de famille, Geoffroy de Lagasnerie. Et ça m'a donné, en fait, dans son podcast, il avait une vision assez intéressante, justement, sur la démocratie. Le livre c'est L'âme noire de la démocratie manifeste pour une autre politique. Et en fait, dans son propos, j'ai pas lu le livre, je vais sans doute me l'acheter, je l'ai pas encore lu. C'est comment finalement il y a une contradiction à l'intérieur même du terme de démocratie. Donc par exemple, ce genre de podcast se pose au sujet, je vais le lire. Et puis, j'étais en train de le lire indépendamment, c'était ma pile de livres. donc je l'ai pris, on en a tous et donc j'ai relu un classique, je dirais le cycle des robots de Asimov, je ne l'avais pas lu autant j'avais lu Fondation que je me suis dit il faut que je relise parce que c'est très de la data science en fait mais je l'ai lu il y a très longtemps et en fait le cycle des robots d'Asimov par rapport à l'IA générative, ça résonne mais un truc incroyable donc je vous invite à le relire parce que Euh... tout le monde doit connaître à peu près, il y a trois lois de la robotique. Et en fait, dans l'application de ces trois-là, de ces trois lois qui sont simples, on se rend compte dans plein de petites situations que ça ne se passe pas exactement comme on aurait voulu. Et à l'aune de l'IA générative, où je donne juste cet exemple, qui est un vrai exemple à savoir, résoudre le problème sur la base de données client, l'IA générative essaie une fois, deux fois, trois fois, et à la fin, elle supprime la base de données client et il n'y a plus de problème. Donc du coup, je trouve que ça résonne. particulièrement avec le moment.
- Speaker #1
C'est un classique, je l'ai vu il y a quelques années, je ne sais plus combien il y a de tomes, mais l'approche que propose Asimov est très enrichissante. La cohabitation entre robot et humain, et surtout l'angle qu'il prend, ils ne sont pas l'un contre l'autre. contre l'autre, mais comment ils construisent l'un avec l'autre.
- Speaker #0
Tu as peut-être créé un nouveau terme qui va se propager, le romo. Mi-robot, mi-humain.
- Speaker #1
Je mettrai les références dans tous les cas dans le descriptif du podcast. On va continuer sur cette partie tech. Quel regard portes-tu sur la place de la femme dans la tech aujourd'hui, Amandine ?
- Speaker #0
On s'en est parlé dans la préparation. Effectivement, Effectivement, moi-même, j'essaye de déconstruire mes sujets parce que beaucoup de questions se posent ou se sont posées certaines femmes. J'avoue, je ne me les suis pas posées. Comme je dis, les rencontres m'ont amenée et finalement, je ne me suis pas mis de frein. Une fois qu'on s'est dit ça, je suis Madame Data, les chiffres disent factuellement autre chose. Donc, sans avoir creusé véritablement ces sujets... Comme j'abordais la vision systémique des choses, c'est finalement quelles sont les routes causes, les causes racines, qui fait qu'il y a une proportion plus faible de femmes, en tout cas dans le secteur dans lequel moi j'évolue. Et en fait, je pense que sans doute, alors déjà il y a plein de causes que je ne connais pas, et je suis sûre qu'il y a tout un tas de publications, d'ouvrages sur le sujet, mais il y a un point important, c'est sans doute... Une question qui est que, pour moi c'est d'un angle logique, c'est que finalement ces femmes sont la résultante de deux parents et qu'on dit que la mère, en tout cas pour notre génération, est souvent plus présente que le père et qu'elle-même n'était pas forte en maths. Finalement, comment il n'y a pas une transmission peut-être inconsciente de « En fait, tu me poses des questions sur les maths, mais maman est nulle, je ne sais pas t'aider. » Je ne sais pas à quel point, finalement, il n'y a pas une reproduction un petit peu tacite qui s'en rende compte de ce genre de sujet. Après, ce qui est clair, c'est qu'au global, le niveau de maths diminue aussi en France. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est le PISA. Du coup, je ne saurais pas l'expliquer. Mais ce qui est certain, c'est que ça doit se positionner assez tôt. Le fait d'avoir un peu des croyances limitantes sur ces sujets, je ne saurais pas t'en dire plus.
- Speaker #1
Déjà, je te rejoins, c'est ce qu'on entend partout. Le niveau français de maths ne cesse de baisser. Je suis quand même un peu allée s'y renseigner pour mettre des chiffres derrière ce qu'on dit. factuellement, malheureusement, les dernières évaluations de l'OCDE, donc l'organisme international qui va... Pour nous, en tout cas, comparer notamment les systèmes éducatifs de nombreux pays et qui publient des études de référencement sur l'école. Ça peut paraître un peu lourd, mais pourquoi je les cite, c'est qu'auprès des élèves de 15 ans, ils montrent que pour la France, il y a un recul du niveau de mathématiques de 7% entre 2018 et 2022, contre environ 5% dans les autres pays comparables. Donc on évoque, c'est vrai, pas mal la réforme du bac. Alors on en est loin, mais on entend parler. partout, les programmes scolaires. Mais pour faire écho à ta réflexion, je pense aussi comme toi que ça se joue au niveau d'une forme de transmission silencieuse. En tout cas, il y a beaucoup de littérature sur la notion de transmission silencieuse. Donc je vais expliquer un petit peu et rebondir sur ce que tu disais. Il y a plein de petits détails de réflexion comme moi les maths, c'était pas mon truc. Tu peux faire ce que tu veux, mais garde-toi des portes ouvertes ou demande à ton père. Nous, on fera l'anglais ensemble. L'anglais, ça aurait pu être l'histoire, mais ce n'était pas en opposition aux sciences dures. Ou encore, quand les parents parlent de leur quotidien professionnel dans le domaine scientifique, l'enfant baigne dans un contexte familier, alors que s'ils n'en parlent pas du tout, ça renvoie plutôt pour l'enfant, c'est comme si ce domaine-là s'était réservé aux autres. Cette transmission silencieuse, comme tu le disais, peut parfois créer des écarts sans qu'on s'en aperçoive. et sans qu'on le veuille, les fameux biais dont tu parlais. Et non pas parce qu'on dit aux filles qu'elles ne peuvent pas faire les sciences, mais parce qu'on leur montre à tout âge qu'elles ne s'y reconnaissent pas complètement. Alors, merci d'avoir partagé cette réflexion, parce que je pense vraiment, comme toi, qu'il y a quelque chose qui se joue ici, et c'est moins dans la capacité des filles à faire des sciences que dans leur possibilité de s'y projeter suffisamment. Pour que naturellement elles se disent, comme toi ça a été ton cas, cet univers en fait c'est aussi le mien, ça peut l'être en tout cas. Et finalement c'est pas juste de donner envie aux filles, aux femmes de faire de la tech, mais de comprendre comment les parents, l'école, l'entourage, ont contribué sans le savoir à dessiner les contours de c'est possible ou pas. Donc très intéressant d'avoir pu mettre en avant ces choses qu'on fait de manière inconsciente. On voit que les paroles ont une résonance forte dans la tête de chacun, tout particulièrement des enfants, qui sont un peu des diamants bruts à façonner. Et les ados, qu'est-ce que tu dirais, toi, à l'ado de 15 ans, où c'est un âge où on se pose plein de questions, on nous demande « Qu'est-ce que tu veux faire plus tard ? » Qu'est-ce que tu lui dirais à cet ado-là ?
- Speaker #0
Je me suis posée la question, puisque si je reviens sur le moment où... On va dire que j'ai changé d'ingénieur à commerce. Je me suis souvent posé la question, mais qu'est-ce qui se serait passé si j'avais fait le choix de l'école d'ingénieur plutôt que de commerce ? Et avec le recul, à titre personnel, je pense que c'est plus dur de rebasculer ce que j'ai fait. Du coup, c'est plus dur, la situation que j'ai prise, du commerce vers l'ingénieur, parce que c'est revenir sur des sciences, ce qu'on appelle... un peu dure. Et de l'autre côté, en fait, ça ne se voit pas, mais moi, je suis vraiment une ancienne timide. Et je pense que l'école de commerce, où on est beaucoup plus incité à parler devant les autres en groupe, a fait que dès que je dis que je suis une ancienne timide, les gens ne me croient pas, mais c'est vrai. Donc ça a développé des compétences de relations sociales et des... On m'a fait découvrir aussi d'autres choses. Je suis allée à l'opéra, je ne suis pas sûre que j'aurais été à l'opéra si j'avais fait une école d'ingénieur. Je ne vous dis pas que j'adore, mais du coup, j'ai découvert d'autres choses. Donc finalement, avec le recul, je lui dirais, fais-toi confiance. Il n'y a pas forcément de mauvaise option, c'est que finalement, les voies que tu prends, tu les prends pour une raison et ça ne t'enferme pas non plus dans ce chemin-là. Et ne te mets pas des barrières. J'ai parlé des croyances limitantes, mais c'est dommage à 15 ans de se mettre déjà des barrières, alors qu'en fait, on ne s'en rend pas compte à 15 ans, mais on a vraiment toute la vie devant soi. Donc en gros, il faut y aller, il faut tenter.
- Speaker #1
Merci Amandine pour cet échange, pour le partage de ton histoire. Pétillante, incisive et insatiable de curiosité, une Lady Zintec qui, nous l'espérons, va en inspirer. de nombreux hôtes.