- Speaker #0
Les jeunes, c'est pas qu'ils ont peur de vie, c'est que principalement ils ont peur et ils sont anxieux. Le premier des sentiments quand on leur parle d'entreprise, c'est la peur, c'est la crainte. De l'autre côté, t'as des gens qui ont toujours dit, bah tiens, mais si on a fait comme ça, pourquoi changer ? C'est-à-dire qu'ils vivent ensemble chacun de leur côté, mais ils vivent ensemble chacun de leur côté. Donc la question que je te pose, c'est, ils ont fait comment ?
- Speaker #1
Le problème, déjà, les jeunes n'en ont pas du tout conscience. Ils n'ont pas conscience que leur comportement peut être problématique. Encore une fois, parce qu'ils connaissent que c'est réalité. Et si vous avez un problème avec eux, il faut leur faire prendre conscience qu'il y a un problème. parce que eux ils n'en ont pas conscience du tout. Là encore, je l'évoquais tout à l'heure, il y a une vraie difficulté à la projection. Donc ça, il va falloir l'expliquer et l'expliquer de manière claire. Et quand je dis claire, j'insiste sur ce terme parce que les équipes avec lesquelles je travaille, je pense que la phrase qu'elles m'entendent répéter le plus, c'est le bon sens universel n'existe pas. Donc ce qui est du bon sens pour toi n'est pas forcément du bon sens pour moi.
- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous, alors merci d'être présent pour ce nouvel épisode du podcast du Barbu qui parle RH et aujourd'hui on va parler d'un sujet que toutes les vieilles générations ont dans la tête c'est-à-dire est-ce que notre avenir est perdu à cause des générations Z et Alpha qui sont ces fameux feignants qui ne veulent plus travailler et pour parler de ce sujet j'ai l'immense honneur et le plaisir d'accueillir Marlène Legay, comment ça va Marlène ?
- Speaker #1
Et bah ça va très bien, merci de m'accueillir dans ton podcast J'ai bien prononcé Legay c'est bon ? Oui très bien
- Speaker #0
Ok, je suis très heureux de t'avoir avec moi et on en a parlé en off, je suis très heureux de parler de ce sujet parce que c'est vraiment un sujet piquant et brûlant. Mais avant de commencer, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots pour expliquer pourquoi je pense que tu es la personne idoine pour parler du sujet ?
- Speaker #1
Donc moi je m'appelle Marlène Legay, j'ai fondé il y a bientôt 5 ans une société qui s'appelle Vague de Sens et qui est spécialisée exclusivement sur la jeune génération et l'intergénérationnelle. Et notre spécificité c'est qu'au-delà d'accompagner nos clients sur les sujets d'attractivité, d'intégration, de fidélisation... de management, de communication, et j'en passe. Nous, de notre côté, on va continuellement rencontrer des jeunes qui ont moins de 30 ans pour réussir à comprendre comment est-ce qu'ils voient le monde, comment est-ce qu'ils voient notamment le monde professionnel, et pouvoir retraduire ça. Donc notre approche, c'est vraiment de se dire, on va parler de cette jeune génération, mais on va en parler sans stéréotypes, parce qu'on en parle beaucoup, mais en général, on en parle quand même de manière extrêmement stéréotypée. Donc là, l'idée, c'est déjà de casser ces croyances-là.
- Speaker #0
On va parler de stéréotypes directs. On va rentrer dans le vif du sujet. Clairement, il y a... Deux générations qui s'affrontent un peu. La génération des potentiellement vieux, j'en fais partie, même si je ne me mets pas dans les mêmes modes de pensée que ma génération. Mais c'est une génération de vieux où j'entends tout le temps, les 40, 45 ans et plus dire que les jeunes sont des feignants, ils ne veulent plus bosser. Ils n'ont pas la valeur travail. Ils n'ont pas la valeur travail, ils n'ont plus d'engagement, ils ont la flemme, ils ont tout ça. Et même si je ne suis pas forcément d'accord, il y a un constat qui est réel, qui est que Ils n'ont pas la même manière de travailler que nous. Je ne sais pas si tu vas en convenir, mais ils n'ont pas la même... Alors que nous, on n'a pas forcément le même âge, donc voilà, tu es plus jeune que moi. Mais ils n'ont pas la même manière de fonctionner. Ils ont envie de moins bosser, il faut être honnête. Ils ont envie de moins bosser. Ils ont potentiellement envie d'avoir moins de contraintes. Ils ont une autre vision du monde du travail.
- Speaker #1
Oui, ils ont une vision qui est différente, effectivement. Et par contre, moi, je ne suis pas du tout d'accord avec le « ils n'ont plus envie de travailler » . Ce qui est sûr, c'est qu'ils ont envie de travailler différemment. Et je pense que déjà, ce qui est problématique sur le sujet des générations, c'est que justement, on a tendance à opposer, à mettre les gens dans des cases, à dire que tu fais partie de la génération X, Y, Z, Alpha. Moi, déjà, tu vois, cette Ausha, elle ne me convient pas parce qu'elle est intéressante d'un point de vue grille de lecture où tu dis OK, bon, d'accord, ça me donne des indications. Mais pour moi, justement, elle renforce ce côté très stéréotypé. Et quand on parle de jeunes générations, ce qui est vraiment intéressant, se dire en fait les jeunes, c'est, et ça a toujours été, le reflet des transformations de notre société. Donc on a un monde qui change, qui évolue, et du coup, on a des jeunes qui arrivent effectivement avec des envies différentes, des aspirations différentes, des attentes différentes, et en fait, eux, comme ils ne connaissent pas d'autres réalités, ils n'ont pas d'autres points de comparaison, ils vont te dire, bah, moi j'ai grandi dans ce monde-là, du coup, quand j'arrive dans le professionnel, je te demande ça. Exemple concret, j'ai grandi dans un monde où tout est personnalisé, où je peux choisir ce que je regarde, choisir ce que je porte, Je veux dire dans le sens, tu vois, tu achètes aujourd'hui des Nike, tu vas pouvoir avoir ce petit côté personnalisé. Je peux aussi choisir ce que j'écoute. Je n'écoute plus la radio, j'écoute Spotify, etc. Quand je vais arriver dans une organisation, 20 ans plus tard, je vais demander la même chose. Et si mes parents, pendant les 20 premières années de ma vie, ils m'ont énormément écoutée, ils m'ont dédié beaucoup d'attention, ils m'ont aidé à identifier mon potentiel, à révéler mon potentiel. Et vraiment, j'ai pu dire tout ce que je voulais et j'avais toujours un temps d'écoute dédié. Du coup, 20 ans plus tard, quand ils arrivent dans les boîtes, ils demandent la même chose. Donc oui, il y a des attentes qui sont différentes, mais c'est aussi très en phase avec le monde dans lequel ils ont grandi et la manière dont on les a éduqués.
- Speaker #0
Est-ce qu'on peut dire quand même, je vais aller un peu plus loin parce que voilà, je vais me faire l'avocat du diable, est-ce qu'on peut dire quand même qu'ils veulent quand même moins bosser ?
- Speaker #1
Je suis pas sûre que ce soit moins...
- Speaker #0
Toi tu dis, tu es pas sûre que ce soit moins, mais au final ils veulent quand même bosser moins. Enfin, aujourd'hui on est bien d'accord que la majeure partie des jeunes générations, alors je vais dire les jeunes générations et je vais étendre un petit peu parce qu'on va pas rester sur les Z et Alpha, même si c'est quand même celles qui sont principalement ciblées, tu peux pas leur demander de faire 4 heures sub quoi.
- Speaker #1
Ouais. Alors, en fait, il y a deux choses. C'est que ça, c'est vrai. Le sujet des horaires, tu vois, si tu veux mettre de l'huile sur le feu, il faut parler de ça. Ça, ça crisse tout le monde et c'est vrai. Non, mais tu vois,
- Speaker #0
c'est la vérité, tu vois. C'est un truc de ouf.
- Speaker #1
Mais ce qui est intéressant, c'est de se dire, OK, pourquoi c'est un sujet aujourd'hui ? Et en fait, tu as plusieurs éléments derrière, mais notamment, il y a un élément qu'il faut bien avoir en tête, c'est qu'aujourd'hui, quand tu demandes à la jeune génération, tu lui dis, si je te dis monde professionnel, c'est quoi les premiers mots qui te viennent en tête ? Le mot le plus cité, c'est la peur. Et aujourd'hui, ce qui peut sembler particulier, c'est que tu te dis, pourquoi est-ce qu'ils ont peur d'entrer dans le monde professionnel ? Pourquoi ? Parce que quand on les questionne et qu'ils font référence à ce qu'ils connaissent du monde professionnel, avant d'y avoir vraiment mis un pied, c'est tout ce qu'ils voient sur les réseaux. Et sur les réseaux, qu'est-ce qui fonctionne ? Tout ce qui va être clivant. Tout ce qui va... Souvent, ils nous font par exemple référence quand on leur dit, ok, t'as peur du monde professionnel, mais de quoi concrètement ? Ils vont faire référence à des situations d'abus, à des excès. Aujourd'hui, on le voit, et peut-être que tu l'as remarqué aussi, on a une jeune génération qui a un côté presque... qui va très facilement se rattacher à un cadre, qui a un côté presque procédurier, qui a envie de se ramener au contrat. Non, mais dans mon contrat, c'était ça. Et en fait, ça, c'est une manière de se sécuriser. Parce qu'ils ont peur. Donc je dis pas qu'ils ont tort, je dis pas qu'ils ont raison. En tout cas, c'est une manière de... Enfin, avoir ces éléments-là en tête, c'est une manière de comprendre ce qui est en train de se jouer. Donc... C'est souvent pour ça qu'ils sont très à cheval sur « je termine à telle heure » . Par contre, ce qui est aussi intéressant, c'est de se dire « qu'est-ce qu'ils vont faire après ? » . Et en fait, tu te rends compte que parfois, ils ont un autre job à côté, ils ont créé une boîte, ils s'engagent dans des assos. En fait, on peut avoir le sentiment de « ils terminent leur journée, ils ne font rien » . Ils vont « bincher » ,
- Speaker #0
ce n'est pas vrai, ils vont « bincher » . Ils vont « binge-drinker » , « binge-watcher » des vidéos sur Netflix. Ils passent leur journée à ne rien faire, ce n'est pas possible.
- Speaker #1
C'est vrai. Vraiment, leur journée, on n'a rien fait, je ne suis pas d'accord. Non, évidemment, tu vois, il y a forcément un peu de ça, et oui, on le fait tous. Mais vraiment, moi, parfois, je suis frappée, quand on les reçoit en entretien, de voir à la fois tout ce qu'ils développent comme projet, et aussi leur capacité à acquérir des connaissances. Ça, c'est vraiment assez impressionnant. Tu vois, quand tu as des jeunes de 17 ans qui disent qu'à Noël, ils ont demandé une formation, je sais pas toi mais moi perso je l'ai jamais fait tu vois et ça c'est quelque chose qu'on voit apparaître et notamment chez les très jeunes enfin chez les moins de 20 ans de manière encore plus marquée donc est-ce qu'ils veulent moins bosser je suis pas sûre mais en tout cas plus
- Speaker #0
de manière on va dire traditionnelle mais ce qu'il y a de marrant c'est que et c'est vrai tu le dis c'est à dire qu'ils se réfugient derrière leur contrat de travail peut-être par crainte ou quoi Mais en même temps, ils veulent que leur contrat de travail soit respecté à la lettre, pour des aspects d'horaire, pour des aspects légaux et compagnie. Mais en même temps, ils aiment bien que leur entreprise soit agile quand ils ont des besoins spécifiques. C'est-à-dire qu'en gros, c'est une génération qui veut le beurre et l'argent du beurre. C'est-à-dire qu'ils veulent pouvoir faire leur 5 heures, 7 heures de travail. Si c'est un peu moins, ce n'est pas trop mal. Ça ne les gêne pas. Faire 7h10, 7h30, ce n'est juste pas possible. Par contre, justement, quand ils ont besoin de partir en vacances un jour, de rajouter... d'avoir des congés en anticipé, des choses comme ça, ils veulent les avoir. C'est quand même un peu paradoxal, non ?
- Speaker #1
Paradoxal, je ne sais pas, là encore, si tu regardes le monde dans lequel ils ont grandi, je te parlais tout à l'heure de l'ultra-personnalisation, en fait, c'est ce qu'ils te demandent, indirectement.
- Speaker #0
Oui, mais leur contrat n'est pas fait comme ça.
- Speaker #1
Oui, et tu n'es pas obligé de l'accepter. Ils ont le droit de te demander, ça, tu vois, on ne peut pas leur en vouloir. Après, c'est toi, qu'est-ce que tu acceptes ?
- Speaker #0
Mais si tu ne l'acceptes pas, tu deviens le patron relou.
- Speaker #1
Je ne suis pas sûre.
- Speaker #0
Tu ne penses pas ?
- Speaker #1
Non, je pense qu'en fait, ce qui est important, c'est d'apporter une flexibilité. Ça, c'est quelque chose qui est extrêmement apprécié, c'est sûr, et ça va bien au-delà de la jeune génération, mais on voit bien que chez eux, ça donne une couleur particulière à la relation. Mais cette flexibilité, je trouve qu'elle est plus intéressante quand elle est conditionnelle, c'est-à-dire que ce n'est pas une flexibilité de fait, c'est de se dire, ok, quels sont toi tes besoins, tes envies ? Enfin, concrètement, essayer de comprendre votre collaborateur, comment est-ce qu'il structure son quotidien, et peut-être que oui, vous acceptez qu'il a... Il a un business à côté et du coup, il va avoir des engagements aussi vis-à-vis de ce business-là. Peut-être qu'il va formuler certaines attentes, certains besoins. Et aujourd'hui, on le voit, ce qui fonctionne bien, notamment sur la reconnaissance, plus que d'avoir une flexibilité... De fait, c'est vraiment qu'elle soit conditionnée à « Ok, j'ai entendu, là on a une possibilité, par exemple cette semaine, je vais t'offrir la possibilité d'avoir la flexibilité, peut-être de partir plus tôt. » Ça, c'est quelque chose qui est extrêmement apprécié de la jeune génération, parce qu'en fait, ça leur donne le sentiment d'être... En fait, ils se disent « J'ai été écoutée » , parce qu'ils se rappellent que j'avais ce besoin-là. En plus, là, ils m'offrent la possibilité, et la fois d'après, quand toi, tu vas leur demander de faire une demi-heure de plus, là, ils vont le faire sans problème, parce que tu as ce côté donnant-donnant qui s'est installé.
- Speaker #0
Pour toi, cette jeune génération, elle a envie d'avoir un cadre différent de celui qui existe aujourd'hui ? Parce qu'il faut être honnête, on est dans un cadre qui est statique depuis des dizaines et des dizaines d'années. Ce fameux CDI fermé et tout, casé, même si on a rajouté un peu de télétravail pour certains, parce que le Covid est passé par là. D'autres le faisaient bien avant, nous on le faisait depuis, je crois, 2014 ou 2015. Le télétravail est devenu un... Mais in fine... Le cadre est toujours le même, tu vois, on a fait, et d'ailleurs c'était le sujet d'un podcast avec Frédéric Bézier. Aujourd'hui, on a différents modèles de contrats qui commencent à arriver, qui sont peu répandus. Est-ce que tu penses que cette jeune génération a besoin justement de ces différents modèles ? Est-ce qu'elle ne serait pas mieux justement dans un modèle de contrat différent ?
- Speaker #1
Alors,
- Speaker #0
il n'y a pas forcément type gigue économie, mais un modèle un petit peu plus... PDI ou de ces projets à durée indéterminée, un modèle un peu plus flexible ? Est-ce que tu penses qu'est-ce qu'on reconnaîtrait plus dans ce type de contrat ?
- Speaker #1
Alors je pense que pour une partie, la jeunesse, oui. Après, il y a aussi une tendance que nous, on voit dans nos études depuis on va dire environ un an et demi et qui commence aussi, enfin que tu vas retrouver là petit à petit dans d'autres études, c'est la volonté de revenir vers du CDI, des projections beaucoup plus longues en entreprise. Mais par contre, quand tu questionnes, parce que quand tu dis ça à des chefs d'entreprise, ils disent « Ah bah génial ! » Maintenant, on va avoir de nouveau des jeunes, ils vont revenir, ils vont rester 20 ans, ça va être super. Mais en fait, quand tu questionnes pourquoi est-ce qu'ils projettent plus longtemps, là encore, c'est par besoin de sécurité. En se disant bon, il y a un contexte, il y a un certain. Moi, finalement, je prends un CDI, je reste plus longtemps et je vais me sécuriser comme ça. Ça, ça soulève aussi un sujet, c'est de se dire, demain, il y a un sujet, je pense, qui va prendre encore plus d'ampleur, c'est le sujet de l'engagement. Parce que du coup, la vraie question, ce sera comment, dès le départ, t'engages vraiment tes collaborateurs pour accepter ou pas. Ça, ce sera le choix du dirigeant et du top management. C'est-à-dire, est-ce que tu acceptes cette posture passive ? Est-ce qu'elle te convient ou pas ? Mais c'est quelque chose, je pense, qui va se développer effectivement dans les années à venir. Et on le voit notamment sur les réseaux aussi. Là, il y a toute une traîne autour des boring jobs, des jeunes qui disent, en fait, moi, ça me va bien d'avoir un job vraiment où je suis très peu engagée.
- Speaker #0
et ça c'est aussi une manifestation de la tendance que je viens d'évoquer justement mais tu vois ce qui est bizarre parce qu'on a une génération qui est censée être en quête de sens et qui accepte en même temps tu vois c'est a boring job tu vois donc ça veut dire qu'il est peu engagé or le sens normalement amène à l'engagement tu vois dans la logique de choses donc je comprends tu vois mais j'ai
- Speaker #1
l'impression en fait qu'on est sur une génération qui veut plein de trucs mais qui se cherche aussi en même temps tu vois ah oui complètement c'est clairement une génération qui se cherche et justement ça c'est une de ses spécificités aussi c'est qu'elle a beaucoup de mal à se projeter en fait de seconde génération qui sait pas franchement où elle va, qui sait pas franchement où on va, mais même sociétalement, qui se pose beaucoup de questions et qui, enfin, si je dois un petit peu caricaturer, c'est comme si par moments j'avais envie de faire bouger les lignes, j'ai envie d'avancer, j'ai envie de faire plein de choses, et à d'autres moments, en fait, je prends peur et j'ai besoin de me rassurer. En fait, on a un peu cette double dynamique en permanence qui existe.
- Speaker #0
On avait mis le cadre, je t'ai dit, je serai l'avocat du diable aujourd'hui, tu le sais. Même si je ne suis pas forcément dedans, mais j'essaye de poser les questions que certaines personnes se posent, parce que c'est vraiment la réalité. Pour toi, tu es en train de nous dire qu'au final, les jeunes veulent bosser, les jeunes sont capables de bosser plus, ils veulent un peu de reconnaissance. Mais en même temps, comme je te l'ai dit, de l'autre côté, on a un discours qui est complètement antinomique. On a l'impression d'avoir deux générations. qui vivent au final à mille ans des cas. Tu vois ce que je veux dire ? C'est-à-dire qu'on a l'impression d'avoir eu un saut de génération au milieu de tout ça et que les gens ne se comprennent pas. C'est-à-dire que depuis toujours, on l'a depuis la nuit des temps, le « c'était mieux avant » existe, depuis la nuit des temps, les vieux sont les vieux cons des jeunes, qui sont les jeunes cons, enfin bon voilà, on le sait très bien. Comment t'expliques que... ces deux générations qui sont pourtant très proches, parce qu'on parle de personnes qui ont 45 ans et d'autres qui en ont 30, donc tu as 15 ans d'écart entre les deux, même des personnes de 40 ans, comment tu expliques qu'elles ne se comprennent absolument pas ?
- Speaker #1
En fait, ce qui est vraiment... Alors, moi, je ne dirais pas qu'elles se comprennent... Vraiment pas du tout. La communication, elle est possible. La compréhension, elle est possible. Je t'assure,
- Speaker #0
je t'assure. Excuse-moi de te couper, mais je t'assure, je te jure, j'ai fait des business meetings. Alors, j'en fais plus depuis quelques temps parce que je n'ai pas vraiment d'intérêt, mais je faisais des business meetings avec des chefs d'entreprise. Quand tu avais une table de chef d'entreprise, bon, déjà, le chef d'entreprise français, blanc, mal, 45 ans, tout ce que tu veux, enfin, voilà, c'est stéréotypé à mort. Malheureusement, j'en fais partie, mais bon, je joue sur le sujet, mais bon, voilà, c'est assez choquant. Mais ce type de table, quand tu parles des jeunes... C'est tous, clairement c'est tous. Les chefs d'entreprise ne comprennent pas la jeunesse, clairement.
- Speaker #1
Alors, qui ne la comprennent pas, oui, je suis d'accord avec toi. Et nous, tu vois, ça fait cinq ans qu'on traverse ce sujet, ça fait cinq ans qu'on se sensibilise. Et il y a encore beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses à faire. Et il n'y a pas tant que ça d'entreprises qui ont vraiment envie aussi de faire bouger leurs pratiques. Néanmoins, il faut quand même dire que c'est possible. C'est possible de le faire. Il y en a qui y arrivent. Donc, si certains y arrivent, je ne vois pas pourquoi d'autres n'y arriveront pas. C'est aussi, qu'est-ce qu'on est prêt à... à faire bouger ? Qu'est-ce qu'on est prêt peut-être à remettre en cause ? Qu'est-ce qu'on est prêt à réinterroger ? Voilà, ça aujourd'hui tous les chefs d'entreprise ne sont pas forcément prêts à ça. Par rapport à ce que tu disais tout à l'heure sur ces deux générations qui ne se comprennent pas, en fait ce qui est spécifique avec cette jeune génération c'est qu'elle a grandi dans un monde où tout est allé très vite. En fait, tout s'est accéléré vraiment de manière très marquée. Il suffit de regarder même les technologies disant tout a... fin. Tout a vraiment changé et du coup, parce qu'aujourd'hui, ils passent beaucoup de temps sur les réseaux sociaux, ils vont avoir des représentations du monde professionnel qui vont être différentes. Parce qu'ils ont grandi aussi avec ces réseaux, ils vont avoir un fonctionnement un peu plus communautaire. L'accélération qui s'est produite dans notre société, en fait, ça a un impact très fort sur la jeune génération et c'est beaucoup plus visible que sur les autres générations. Typiquement, on voit bien que cette jeune génération, son rapport au temps est différent. Ils sont vraiment dans un espèce de présent continuel. C'est très compliqué pour eux de se projeter. Des fois, tu travailles avec des managers, avec des dirigeants, ils te disent « Ouais, mais ils ne veulent pas se projeter. » Non, mais en fait, des fois, ils ne peuvent pas se projeter, ils n'y arrivent pas. Ils n'arrivent pas à comprendre que l'absence d'action A va produire l'action B. C'est vraiment complexe sur ce point-là. Et puis, on voit bien aussi qu'ils ont grandi dans un monde extrêmement digitalisé. C'est la première jeune génération qui a grandi dans un monde digitalisé. Et ça, ce n'est pas sans conséquences. Et je pense que c'est pour ça aussi qu'on a des difficultés à se rencontrer sur certains sujets.
- Speaker #0
Oui, je suis complètement en phase avec toi. C'est-à-dire que là, pour le coup, on est dans un monde qui a vu des changements brutaux. Mais vraiment brutaux. Tu dis rapide, moi, je dirais même vraiment brutal. c'est à dire qu'il y a un changement brutal qui fait que on a une génération qui a vécu Comme tu dis, qui est né digital, digital native, qui est même né avec les réseaux sociaux, parce qu'aujourd'hui, tu as des générations qui sont nées avec les réseaux sociaux. Aujourd'hui, la génération alpha, c'est quelle ?
- Speaker #1
C'est les jeunes qui sont nés après 2010.
- Speaker #0
Oui, tu vois, après 2010. Donc, Facebook, c'est 2005, je crois, 2006, un truc comme ça. C'est-à-dire que c'est des gens qui sont arrivés avec les réseaux sociaux. Tu en as certains qui vont arriver aussi pratiquement avec de l'IA, parce que l'IA, c'est 2022. Donc, si c'est après 2010, c'est-à-dire qu'ils avaient 12 ans quand l'IA est arrivée. Donc, c'est-à-dire que c'est vraiment des générations qui sont là et en plus qui ont vécu des changements brutaux de la société en elle-même. C'est-à-dire que l'impact du Covid, on en reparle souvent, mais mine de rien, cet impact du Covid est important parce que ce sont des gens qui ont vu leurs parents potentiellement ne pas être contents et découvrir au bout de 30, 35, 40 ans de leur vie qu'ils étaient malheureux dans leur job. Et ça, ils l'ont vu de leurs yeux.
- Speaker #1
Et ça va même plus loin en fait, eux ce qu'ils te disent, alors ils vont pas forcément te le formuler comme ça directement, mais en fait si je dois résumer, c'est on m'avait garanti, enfin j'avais des repères, mes parents m'avaient garanti que la vie se passait comme ça, mon école m'avait garanti, mon éducation m'avait garanti ça, et en fait là je me rends compte que tout peut s'écrouler du jour au lendemain. Donc en fait tout ce qu'on m'a dit, tous les petits points de repère, toutes les sécurités qu'on m'a donné, bah tout peut s'effondrer du jour au lendemain. Donc comment est-ce que je fais face à cette situation, à cette prise de conscience, prise de conscience parfois qu'ils ont eu du coup très jeune et qui est extrêmement angoissante ? Et justement, tu vois, tu parles de génération alpha, alors comme j'ai dit, moi je ne suis pas trop concept, enfin pro concept de génération. ce qu'on voit chez les mineurs aujourd'hui, à la différence des personnes qui ont 18, 20 ou même plus c'est vraiment que c'est une génération qui est encore plus anxieuse, alors comment ça se transformera demain, j'ai pas de boule de cristal je ne sais pas, néanmoins ça c'est un signal faible et nous on va vraiment y prêter attention parce que demain quand ils vont arriver dans les entreprises ça me semblerait extrêmement surprenant que cette angoisse là disparaisse complètement du jour au lendemain oui je te rejoins,
- Speaker #0
c'est normal qu'elle soit beaucoup plus anxieuse t'as des personnes dont tu dis la génération alpha 2010 ils ont pratiquement vécu qu'avec des guerres avec le covid, avec des problématiques sociétales de ouf parce que 2008 c'était la crise ensuite T'as eu tout ça, en plus ils vivent, comme tu le dis, avec une brutalité aussi de la médiatisation des choses. T'en as parlé plusieurs fois, le côté social-média et le côté communautariste du social-média, les algorithmes qui tournent autour et qui font en sorte de renforcer ce que tu penses. Et donc du coup, il suffit que tu regardes un truc sur lequel les patrons sont des salauds et ils font tout pour s'engraisser sur le dos des... des collaborateurs, ça ils vont le voir une fois, deux fois et puis boum c'est parti, ils vont voir que ça à l'inverse t'as une vieille génération qui va faire la même chose parce qu'on a beau dire ce qu'on veut ils sont aussi sur les réseaux sociaux et ils fonctionnent tous de la même manière Facebook ou TikTok c'est la même manière de fonctionner donc effectivement ça accentue ce clivage et cette fracture qui est presque irréversible et
- Speaker #1
tu vois on avait réalisé une étude justement pour comprendre comment est-ce qu'ils percevaient ce contenu sur les réseaux sociaux et notamment ce contenu vidéo et nous ce qui nous avait alerté secondes. en synthèse ils nous avaient expliqué que donc ils allaient voir un contenu et puis ils allaient le revoir et le revoir et puis ils allaient voir le nombre de likes qui augmente et selon eux en fait plus le nombre de likes augmentait plus ça voulait dire qu'il y avait des gens qui avaient vécu cette situation sauf que tu n'as aucune idée du pourquoi est-ce que les gens like le contenu est-ce que c'est parce qu'on est d'accord par d'accord par soutien on
- Speaker #0
en a strictement aucune idée est-ce que c'est parce qu'il est ferme à like ?
- Speaker #1
oui oui exactement et du coup quand ils nous ont dit ça on s'est dit ah oui en fait ça c'est quand même inquiétant parce que Merci. là encore, quand t'as une situation par exemple d'abus dans mon professionnel, oui ça existe, oui c'est une réalité. Mais c'est pas la réalité, c'est pas ce qu'on retrouve au quotidien dans nos entreprises. Mais si j'ai le sentiment que enfin si je constate qu'il y a 20 000 personnes qui ont liké cette vidéo et que j'ai le sentiment qu'il y a 20 000 personnes qui ont vécu ça, bah je me dis oula, moi j'ai pas envie de le vivre donc ça me fait peur, donc quand je vais arriver dans l'entreprise, j'arrive déjà avec cette vision et je vais identifier mes propres points de repère, mes propres points d'alerte. Et dès que je me suis dit, par exemple, que quand j'observais ça, ça pouvait amener à cette situation, dès que j'observe la première étape, je peux me mettre en situation un petit peu de retrait. Donc ça, c'est important de l'avoir en tête, de se dire, ils vont arriver comme ça dans nos professionnels. Donc nous, notre objectif, c'est vraiment de réussir à les rassurer. Et puis aussi, tout à l'heure, tu évoquais le cadre. Le cadre, c'est hyper important. Et ce qui peut sembler surprenant, c'est que nous, on entend tout le temps, les jeunes, ils ne veulent pas de cadre, ils ne veulent pas d'autorité. Si, ils veulent du cadre. Nous, je peux t'assurer qu'on a des heures de vidéos issues d'entretiens où ils nous disent, mais en fait, on veut du cadre, on en a besoin. Par contre, c'est vrai que tu ne peux pas l'imposer comme tu le faisais par le passé.
- Speaker #0
C'est intéressant parce que là, c'est le sujet de ma prochaine question. Parce qu'on voit, on l'acte, je me suis fait l'avocat du diable, je t'ai dit que les jeunes ne voulaient plus bosser. Et je me suis fait l'avocat du diable parce que ce n'est pas le cas. J'ai des générations Z chez moi qui bossent très bien, qui en plus restent dans la boîte depuis longtemps. ils ont pratiquement fait... que ça, tu vois, j'en ai... qui ont fini leur alternance et qui sont chez moi depuis 9 ans, tu vois, donc du coup, ça veut dire qu'ils sont pas partis. Donc ça veut dire que ce côté engagement et tout, dont beaucoup d'entreprises pâtissent ou te disent que ça n'est plus le cas, c'est pas le cas, tu vois, je vis l'inverse de cette réalité-là. Mais quand tu te fais l'avocat du diable, c'est pour te dire que il y a beaucoup d'entreprises qui vivent ça de cette manière-là, il y a une vraie fracture sur la manière de voir. Et là, ce que t'es en train de me dire, et je le conçois, c'est qu'au final, les jeunes, c'est pas qu'ils ont pas envie, c'est que... principalement, ils ont peur et ils sont anxieux. Et tu le disais en faux-ci, et c'est vraiment ça, le premier des sentiments quand on leur parle d'entreprise, c'est la peur, c'est la crainte. Donc t'as des gens qui ont peur, qui ont envie de fonctionner différemment. De l'autre côté, t'as des gens qui ont toujours dit, bah tiens, mais si on a fait comme ça, pourquoi changer ? Parce que c'est le principe du vieux. Donc en gros, t'as deux aspects qui sont... T'as quand même l'impression d'avoir deux blocs, limite la guerre froide, quoi, tu vois, irréconciliables, quoi. C'est-à-dire que... Ils vivent ensemble chacun de leur côté, mais ils vivent ensemble chacun de leur côté. Donc la question que je te pose, c'est, on fait comment ? Parce que c'est la vraie question, on le fait comment ?
- Speaker #1
Après déjà ce qui est intéressant, c'est de se dire, parce que souvent quand tu vas voir des personnes de par exemple 50 ans, qui en ont marre des jeunes, qui sont fatiguées des attentes, des aspirations qu'ils peuvent avoir, ils vont te dire oui mais quand même, ils devraient savoir que ce n'est pas nos pratiques en interne, ils devraient savoir que ce n'est pas comme ça qu'on se comporte. En fait le problème, déjà les jeunes n'en ont pas du tout conscience. ils n'ont pas conscience que leur comportement peut être problématique, encore une fois parce qu'ils connaissent que cette réalité et du coup comme c'est ce qu'ils peuvent percevoir sur les réseaux et à d'autres endroits ou ce qu'on peut leur dire aussi dans certaines écoles, ouais quand tu vas sortir tu vas gagner tant, du coup quand ils arrivent dans l'entreprise ils demandent tant, c'est extrêmement logique ça ne veut pas dire encore une fois qu'il faut être d'accord mais déjà il faut se dire que si vous avez un problème avec eux il faut leur faire prendre conscience qu'il y a un problème parce qu'eux ils n'en ont pas conscience du tout et ce qui va être Merci. indispensable pour recréer du lien, il y a deux choses, il y a la communication, et les deux sont liés, comment est-ce que tu remets des repères collectifs ? Ça, c'est fondamental. Et derrière ce concept qui peut sembler peut-être un peu abstrait, concrètement, il faut répondre à trois questions. C'est d'où on vient ? Pour, par exemple, un collaborateur qui a visité toi, lui expliquer d'où tu viens, mais pas avec un livret d'accueil et avec 172 chiffres à l'intérieur. Raconte-lui, elle était comment ton entreprise hier ? D'où vous partez ? où vous allez... Qu'est-ce que vous avez peut-être déjà fait ? Ouais, c'est pas parfait, mais il y a cinq ans, vous étiez comme ça, il y a un an, vous étiez comme ça, et là, aujourd'hui, vous avez quand même avancé, donc ça, il faut le raconter. Donc d'où on vient ? Qu'est-ce que tu veux ? C'est quoi tes attentes et c'est quoi tes non négociables ? Les choses sur lesquelles vraiment tu ne cèderas pas, c'est pas possible d'expliquer pourquoi. Et puis, où tu vas ? Là encore, je l'évoquais tout à l'heure, il y a une vraie difficulté à la projection, donc ça, il va falloir... l'expliquer et l'expliquer de manière claire. Et quand je dis claire, j'insiste sur ce terme parce que les équipes avec lesquelles je travaille, je pense que la phrase qu'elles m'entendent répéter le plus c'est le bon sens universel n'existe pas. Donc ce qui est du bon sens pour toi n'est pas forcément du bon sens pour moi. Donc si, c'est comme si on fait un parallèle, si on faisait une recette de gâteau, tu m'appelles, tu me dis c'est quoi la recette ? Je te dis bah écoute, tu prends deux gros oeufs, trois poignées de farine euh Un soupçon de lait et une bonne dose de beurre, tu ne vas peut-être pas avoir le même résultat que ce que moi j'avais en tête. Et moi qui suis bretonne, peut-être que quand je vais voir ce qui est pour toi la bonne dose de beurre, ne sera pas ma référence.
- Speaker #0
Déjà tu auras du beurre salé.
- Speaker #1
Exactement, forcément, et la plaquette entière. Donc ça c'est hyper important d'être super clair sur ce qu'on se dit, sur ce qu'on attend, et vraiment avoir des repères qui soient sans équivoque. Aujourd'hui, il y a beaucoup de flou et il faut se dire que... À partir du moment où vous laissez du flou, les personnes vont raisonner d'abord par rapport à elles, ce qui leur semble juste, ce qui leur semble bien. Donc si on veut éviter les dérives, si on veut éviter les écarts, je pense qu'il faut vraiment être très clair sur ce qu'on attend, avoir un cadre qui soit très ferme, parce qu'il vient rassurer ce cadre, et après c'est d'être souple sur les relations. Quand tu disais tout à l'heure que tu as des collaborateurs qui sont là depuis des années chez toi, je pense que s'ils sont depuis des années chez toi, c'est parce qu'il y a aussi une bonne ambiance, parce qu'ils prennent du plaisir à venir. travailler chaque jour à tes côtés. Et aujourd'hui, là, on le voit, c'est une tendance qui prend de l'ampleur et je pense qu'il va continuer à prendre de l'ampleur. C'est que si je dois simplifier, ils nous disent en fait aujourd'hui, limite je m'en fiche de l'entreprise pour laquelle je travaille. Moi, je veux savoir avec qui je travaille au quotidien. Le relationnel, il est central.
- Speaker #0
C'est très intéressant ce que tu dis. J'aime beaucoup ce côté bon sens universel. Il n'existe pas. Je trouve ça assez cool et c'est la vérité parce qu'effectivement, j'étais en train de réfléchir pendant que tu parlais. mais même des choses extrêmes, en fait, tu ne pourras pas l'avoir avec une universalité parce que tu auras toujours des gens qui seront là pour contrer ces trucs extrêmes. Donc effectivement, c'est une réalité. Mais quand tu dis qu'il faut savoir communiquer, est-ce que tu penses que les jeunes sont capables d'écouter ? Ça, c'est la première question que je vais te poser et je te poserai l'autre après. Est-ce que tu penses vraiment qu'ils sont capables d'écouter si tu communiques avec eux ?
- Speaker #1
Oui, je pense qu'ils sont capables d'écouter. Mais du coup, je me demande pourquoi est-ce que tu poses cette question. Non, non, non,
- Speaker #0
mais je te pose cette question parce qu'en fait, tu dis qu'il faut leur expliquer qu'est-ce que tu attends ? Et tu vois, par exemple, tu prenais l'exemple du salaire. L'exemple du salaire, c'est ces fameuses écoles qui me sortent par les yeux, qui déjà n'apprennent rien aux étudiants, parce qu'elles n'apprennent rien pour la plupart aux étudiants. C'est les boîtes qui leur apprennent tout, clairement. Nous, on le fait, on le sait, on le fait. Les écoles de graphisme, elles n'apprennent presque rien aux étudiants. C'est nous, comment dire, en alternance, qui leur apprenons. Les écoles de communication et de commerce, c'est pire que ça. Je ne les mets pas toutes dans le même panier, mais il y a une grosse partie qui sont comme ça. Donc elles apprennent rien, mais par contre, elles disent aux étudiants, tu vas sortir, tu vas toucher 3500 euros par mois. 3500 euros, mais c'est pas mon salaire, donc comment tu veux que je te donne 3500 euros par mois ? Est-ce que tu penses qu'ils sont capables de comprendre ça ? Alors qu'on leur a martelé pendant des années ?
- Speaker #1
Alors je pense qu'ils sont capables de l'entendre. Je ne te dis pas qu'ils vont l'apprécier.
- Speaker #0
Vous avez dit pas du tout.
- Speaker #1
Mais ils sont capables de l'entendre si tu leur donnes des points de repère. En général, ce qui se passe, des situations qui sont relatées souvent sur le terrain, c'est, là aussi je caricature, un lundi matin, t'as un junior qui arrive et qui d'un coup a décidé qu'il voulait gagner plus. Souvent, il va arriver, il va te formuler une demande, toi ce que tu fais, c'est que tu vas répondre à la demande. Mais tu ne vas pas questionner d'où ça vient, ça te demande pourquoi, là, ce lundi matin, tout d'un coup, il a décidé qu'il gagnait plus. Et souvent, quand tu approfondis, on va dire qu'on a 2-3 situations qui reviennent très souvent, et ce qui revient souvent, c'est pendant le week-end, j'ai vu des amis, j'ai échangé avec eux, cette question du salaire est revenue dans les échanges, et j'ai constaté que mes amis gagnaient plus que moi. Et puis j'ai constaté que le gars qui était dans ma classe, lui aussi, il gagnait plus. Donc,
- Speaker #0
Je ressens un sentiment d'injustice, je m'arrête là-dessus et du coup je me dis moi aussi je dois gagner plus. Mais en fait la question qu'ils ne se sont pas posé c'est est-ce que je compare des choses qui sont réellement comparables ? Et bien souvent dans ces moments-là, déjà l'objectif numéro un c'est de leur faire se poser des questions pour qu'ils arrivent eux-mêmes à la conclusion de ben en fait j'ai en train de comparer des trucs qui ne sont pas franchement comparables. Donc ça peut être de leur donner des points de repère avec des tendances du marché, ça peut être de leur donner des points de repère aussi en interne. Et après, si vraiment la rémunération ne leur convient pas et qu'ils veulent 3000 euros de plus et que vous ne pouvez pas leur donner, là, on ne pourra pas y faire grand-chose. Mais je pense que c'est important de, encore une fois, donner des points de repère. Parce qu'aujourd'hui, on a, tu parlais des écoles qui peuvent leur dire, tu vas gagner tant. Et des fois, c'est quand même un petit peu gonflé, les salaires qu'ils vont leur donner. C'est toujours gonflé. Et puis, il y a aussi ce côté méritocratique qu'on retrouve sur les réseaux, où on leur fait croire que tu peux gagner plus, tu peux développer... Très vite, avoir une rémunération qui est de plus en plus importante au fil des années. Tu peux entreprendre un petit peu là où tu veux, dans ce que tu veux, et tu vas devenir riche du jour au lendemain. Tout ça, c'est en toile de fond. Donc là encore, l'objectif, c'est de remettre un peu plus de réalité, de se dire, OK, voilà la réalité dont on parle aujourd'hui. Je comprends ce que tu veux, mais en gros, est-ce que tu t'es posé les bonnes questions ? Voilà les points de repère. Et maintenant qu'on s'est dit ça, est-ce que ça semble cohérent ? la demande.
- Speaker #1
Je suis d'accord. Le salaire, c'est un point de vue global, parce que tu l'as dit à juste titre, les réseaux sociaux sont aussi une catastrophe pour ça, parce que forcément, les jeunes ne voient que des gens qui font soit pas grand-chose et qui gagnent beaucoup d'argent en tant qu'influenceurs, certains influenceurs qui font ça, soit les fameux, ceux qui arrivent sur LinkedIn, sur le monde professionnel, le fameux salaire minimum de LinkedIn qui est à 10 000 euros par mois, tout en travaillant deux jours par semaine et en restant le reste du temps au bord de la piscine. Ce qui est complètement faux. Je le précise, il y a des jeunes qui nous écoutent, c'est faux, ça n'existe pas. Ça existe, mais c'est très rare. Comme les footballeurs professionnels d'ailleurs, qui sont aussi une autre source de catastrophes. Parce que tu vois des gens qui gagnent des millions d'euros à jouer au football, et en plus les jeunes ne voient que ce qu'ils voient à la télé. C'est-à-dire, le moment où ils jouent, ils ne voient pas tout l'investissement qu'il y a derrière. Et le sportif de haut niveau, c'est encore un autre truc. Sur le côté salaire, je suis d'accord avec toi, il y a un truc qui est global. Mais je vais aller te poser la deuxième question. Comment tu construis ces repères ? Parce que tu parles d'expliquer, et je comprends l'explication, mais tu parles de repères collectifs. Donc ces repères collectifs, est-ce qu'il faut qu'ils soient purement issus de l'entreprise ? Parce que dans ce que tu disais tout à l'heure, tu disais, écoute, le jeune arrive, tu dois lui expliquer d'où tu viens, comment ta boîte s'est construite, qu'est-ce qu'il en est. Et ça, je suis complètement d'accord, c'est de la transparence. C'est de la transparence plus-plus, parce que tu ne vas pas le dire en entretien, mais tu vas le dire plutôt en fast-onboarding, tu vas expliquer un peu tout ça. C'est aussi de l'honnêteté, de faire comprendre, de développer, de comprendre pourquoi on a cet ADN-là, pourquoi on a cette culture-là. Donc expliquer tout ça, je suis d'accord. Expliquer beaucoup, je suis d'accord aussi. Dans ce sens-là, par exemple, sur le côté rémunération, le BSI est un sujet qui est hyper intéressant. Nous, on l'a mis en place depuis quelques années. Du coup, ça permet aux gens de comprendre réellement ce qu'il en est. Je trouve ça plutôt très cool. Mais tout ça, c'est des repères qui proviennent de l'entreprise en elle-même. Est-ce que... Tu penses que ces repères doivent venir purement de l'entreprise ? Est-ce que tu penses qu'ils doivent venir de l'entreprise et des collaborateurs, et donc du coup, de la jeune génération ? Est-ce que tu penses qu'ils doivent être dynamiques ? Est-ce que tu penses qu'ils doivent bouger ? Comment on les met en place ?
- Speaker #0
Alors du coup, il y a plusieurs choses. C'est-à-dire que quand tu as un collaborateur, parce que là tu dis le jeune, mais en fait ça vaut pour n'importe quel collaborateur, c'est quand ils arrivent dans l'entreprise, ces nouveaux collaborateurs, Les premiers repères qu'on doit leur donner, ça part de l'entreprise. Parce qu'encore une fois, eux, ils ont d'autres points de comparaison. Ils n'ont peut-être jamais eu d'expérience pro ou ils en ont eu dans d'autres entreprises. Donc, ces premiers repères, c'est à l'entreprise de les donner. Pour toi, ça te semble peut-être évident. Tu dis, oui, ça se fait durant l'onboarding. Mais aujourd'hui, tu as quand même des entreprises et tu n'en as pas qu'une poignée. L'onboarding, c'est quoi ? C'est, bonjour, on te présente les locaux. On fait un petit tour. On te présente... Dans la matinée, tu vas rencontrer tous les collaborateurs de l'entreprise, on file une gourde, une tasse, et voilà, onboarding terminé. Là encore, ce qui est intéressant, c'est de se dire, c'est quoi vraiment l'intérêt de cet onboarding ? Ça va être de, oui, de faire prendre conscience de l'univers dans lequel tu mets les pieds, mais aussi d'instaurer une relation de confiance. Et donc pour ça, il va falloir ritualiser des temps d'échange. Donc là, oui, ça part de l'entreprise. Après, et on l'a dit tout à l'heure, on est dans une société où tout bouge très vite. Et ça va continuer. a bougé très rapidement, ça va continuer à s'accélérer. Donc on a des repères qui vont bouger. Et je pense que ce qui est nécessaire aujourd'hui, c'est de dédier et de ritualiser vraiment des temps d'échange à la co-création de ces repères. Donc concrètement, ça peut être, tu as un projet ou tu as une ambition, eh bien tu vas mobiliser ton équipe pour se dire « Ok, qu'est-ce qu'on fait ? » « C'est quoi le cadre qu'on donne à ce projet-là ? » Et des fois, on travaille avec des équipes Ou on travaille même sur, ok, qu'est-ce qui se passe si, par exemple, on se met d'accord sur ce cadre-là, qu'est-ce qui se passe si on ne respecte pas le cadre ? C'est quoi les conséquences ? Et ça, c'est les collaborateurs qui décident des conséquences. Donc je pense que c'est important vraiment de le co-construire, de le faire ensemble, c'est quoi nos repères, vers où on va, comment on le fait. Et parfois, et là, c'est vrai que dans ces moments-là, tu peux avoir des tensions entre les générations, où tu vas avoir... Les plus jeunes qui peuvent avoir une manière de voir les choses, des personnes qui sont dans l'entreprise depuis longtemps qui vont avoir une autre manière de voir les choses. Et en fait, nous, ce qu'on propose toujours, c'est de passer par des phases d'expérimentation. Ça peut sembler très basique ce que je dis là, mais il y a une nuance qui fait que ça va fonctionner ou pas fonctionner, c'est la temporalité que tu vas donner à ces expérimentations. Par exemple, si dans ton équipe, tu as trois manières de voir les choses, et bien te dire, ok, on va tester les trois. Et en fait, on va tester la méthode numéro un, puis on va faire un point, donc feedback. objectivement, par rapport à notre mission, est-ce que ça marche, est-ce que ça ne marche pas, expérimentation 2, feedback, expérimentation 3, feedback, et on décide ensemble. Et en fait, en faisant ça, tu te rends compte que tout le monde se focalise sur la réussite de la mission, et du coup, on n'est plus sur toi t'es jeune, toi t'es vieux, on est juste sur est-ce que cette option-là marche ou pas. Et du coup, ça évite d'avoir ces tensions, ces clivages entre les générations, et ça mobilise tout le monde. vers la réussite de la mission ?
- Speaker #1
Je suis assez fan du management collaboratif. Je suis assez fan et je le conçois très bien dans sa globalité. La co-construction, le co-développement, pour moi, c'est l'humain qui doit... C'est les personnes qui font l'entreprise qui peuvent développer l'entreprise. Un chef d'entreprise ou une chef d'entreprise, ça doit apporter une vision, ça doit dire on veut aller là-bas et apporter les premières briques et le premier cadre. l'encadrement un peu plus générique, et ensuite c'est les équipes qui doivent aussi construire leur métier, leur job, leur avenir et le développement de la boîte. Maintenant, le problème, c'est qu'on est quand même sur une génération d'entrepreneurs, enfin de chefs d'entreprise, qui ne prennent pas le temps de s'occuper des RH. Comment tu penses que ça peut être possible d'évoluer ensemble et de manière collaborative quand tu as des commandes à des chefs d'entreprise, des entreprises qui ne prennent déjà pas le temps, alors qu'ils devraient ? de s'occuper des RH et de faire du collaboratif, alors que la génération, les jeunes générations dont tu parles, auraient besoin d'une sure attention, justement, du point de vue RH ?
- Speaker #0
En fait, je pense que la question à se poser, c'est est-ce que tu es prêt à aller voir partir ? Est-ce que tu es prêt à aller voir se désengager ? Si la réponse est non, l'une des clés, elle est là. Donc, en fait, c'est de te dire, moi, ma priorité, parce que je sais que le relationnel est fondamental pour les jeunes et pas que, parce que je sais qu'ils sont en perte de repère et qu'ils en ont besoin, parce que je n'en peux plus d'avoir certaines dérives et j'ai besoin qu'on ait un cadre ferme, il va falloir que je dédie du temps. Il va falloir que je fasse du feedback. Il n'y a pas d'autre option. Donc après, je peux faire le choix de ne pas le faire, mais je ne pourrais pas venir me plaindre des conséquences.
- Speaker #1
Dernière question, avant dernière question, parce que le temps avance, on n'a pas l'impression, mais le temps avance, ça passe vite. Est-ce que tu penses que c'est une génération qui est perdue ? Est-ce que tu penses que ce clivage est définitif ? Est-ce que tu penses qu'on va pouvoir avancer, toi qui bosses ? Alors, essaye de prendre... Tu le fais depuis le début, mais prends du recul, parce que je pense que, toi, les boîtes avec lesquelles tu bosses sont engagées dans ce sens-là. Si tu prends d'une manière... Alors, peut-être pas. Très bien, alors c'est très bien. Du coup, très bien. Donc, si tu prends d'une manière un peu plus générique, est-ce que tu penses, en fait, donc pas que la génération est perdue, parce qu'au final, cette génération-là, quoi qu'il se passe, demain, c'est elle qui sera... dans le monde du travail, demain c'est elle qui sera la tête des entreprises, demain c'est tout ça. Est-ce que tu penses que cette relation entre les deux est définitivement foutue ? Ou est-ce qu'on peut avoir quand même un avenir commun ? Parce qu'on a quand même une dernière... La retraite va de plus en plus loin, donc la génération qui a 45 ans aujourd'hui, qui ne comprend pas la génération des jeunes, elle a encore une vingtaine d'années à bosser. Est-ce que tu penses que ça va être possible ? Oui,
- Speaker #0
je pense que ça va être possible. Par contre... Par moments, je me dis, mais je me demande si nos organisations ne vont pas être complètement perdues si on ne remet pas de la communication et si on ne prend pas le temps de créer ces repères collectifs. J'y reviens, mais parce que c'est fondamental. Pour moi, la relation, elle est possible. La collaboration, elle est possible. Nous, notre quotidien, on le voit tous les jours. Mais il y a une vraie différence entre les entreprises qui investissent du temps et celles qui ne l'investissent pas. Et souvent, on a envie de croire que... On va débloquer un budget supplémentaire. On va faire des vidéos pour parler aux jeunes. On va faire je ne sais quoi. Parce qu'il y a sa fourmi d'idées. Mais en fait, on ne prend pas le temps de faire ça. Et je pense que vraiment, la clé, elle est là. donc non cette collaboration intergénérationnelle n'est pas perdue c'est possible mais il faut se mobiliser et il faut se mobiliser maintenant parce que j'avais entendu dans un épisode que tu avais réalisé avec Léo Bernard lui il parlait de l'IA mais il disait qu'il avait été à un événement où on avait demandé aux entreprises bon en gros est-ce que vous je ne sais plus si c'était un vote à main levée ou quoi que ce soit mais est-ce que vous qu'est-ce qui fait partie de vos priorités ? et tout le monde a dit c'est l'IA qu'est-ce que vous faites aujourd'hui ? Vous ne faites pas grand-chose. En fait, avec l'intergénérationnel, c'est un petit peu la même. C'est que, de toute façon, en 2030, cette génération va représenter 30% de la population active. Ce sera la population proportionnellement la plus présente dans le monde professionnel. Donc, cette vague de nouvelle génération, dans tous les cas, on va se la prendre. Donc, si on a envie d'anticiper, si on a envie que ça se passe bien demain, c'est dès à présent qu'il faut jouer sur le temps qu'on investit dans la... dans cette recherche d'une bonne collaboration intergénérationnelle.
- Speaker #1
J'avais justement, on n'avait pas prévu la question, mais je te la pose par rapport à l'intergénérationnelle. Est-ce que les jeunes sont prêts à bosser avec des vieux ? Parce que là, on parle des vieux qui ne veulent pas bosser avec les jeunes. Est-ce que les jeunes sont prêts à bosser avec des vieux ? Parce qu'on a ce problème de jeunes, certes, mais on a aussi le même problème sur le côté des seniors. Tu sais, ces seniors qui... Les entreprises aujourd'hui, elles aimeraient, je ne sais pas, je pense qu'elles aimeraient une personne de 35 ans. entre 35 et 40 ans qui soit dans la force de l'âge, super expérimenté et tout et quand elle a 45 ans, être trop vieille c'est plus intéressant, quand elle est trop jeune il faut la former et en plus ils sont chiants, ils rentrent pas dans le cadre est-ce que les jeunes par contre eux ont envie de bosser avec les vieux ?
- Speaker #0
Oui complètement mais en fait tu vois quand on travaille avec des équipes, forcément c'est des équipes intergénérationnelles et ce qui revient le plus c'est en fait limite je m'en fiche de ton âge, moi je veux juste que t'aies le sourire que tu sois content d'être là et qu'on puisse communiquer, qu'on puisse échanger et à partir du moment où il y a ça L'âge, c'est complètement secondaire. Donc vraiment, c'est ça qui prime.
- Speaker #1
On a une jeune génération qui est plus ouverte que la vieille génération.
- Speaker #0
En tout cas, elle, elle n'a pas, comme je disais tout à l'heure, elle n'a pas conscience qu'il y a des problèmes. Donc en fait, il y a un côté un petit peu naïf aussi sur ce sujet-là. Là où des personnes plus expérimentées ont peut-être eu quelques problématiques avec la jeune génération, en ont parfois un peu marre. Et du coup, et ce qui peut se comprendre, mais du coup, qui, je pense, parfois dans la communication, peuvent être un petit peu distants.
- Speaker #1
Je vais te poser la dernière question, mais avant, juste pour faire le point, on a parlé de ce clivage initial entre vieux et jeunes qui ne se comprennent pas, en fait. Les jeunes ne veulent plus bosser, les vieux le pensent. On a parlé de cette anxiété, de cette brutalité du monde moderne qui a amené réellement à ce clivage, parce que c'est ça, c'est cette brutalité qui a amené à ce clivage. Tu nous as apporté une réponse. Sur les repères collectifs qu'on doit créer, vraiment une double réponse, c'est-à-dire le fait de communiquer, d'expliquer, de montrer l'envers du décor, qui en plus me va très bien, parce que ça correspond vraiment à tout ce qu'on prône, la transparence la plus totale, qui amène justement à une compréhension différente du monde du travail, donc qui amènera à une acceptation ou pas, mais au moins qui amènera à une relation de confiance et qui permettra derrière de créer ces fameux repères communs, ces repères communs qui peuvent aussi se co-créer, si jamais je reprends tes termes, en mode... collaboratifs, c'est-à-dire qu'on crée ces repères communs en développant l'entreprise de manière collaborative et que cette jeune génération finalement n'est pas foutue. Et là, je ferai le parallèle et tu le sais, on en a parlé avant de mon point de vue. De toute façon, c'est l'histoire qui se répète. C'est-à-dire que on a tous été les jeunes contre quelqu'un et on a tous ou on sera tous les vieux contre quelqu'un d'autre.
- Speaker #0
C'est l'histoire qui se répète mais le monde qui change.
- Speaker #1
C'est ça, l'histoire qui se répète mais le monde qui change. J'aime beaucoup ça. C'est dommage que ça ne soit pas la fin. J'ai encore une question à te poser. On aurait pu finir le podcast par là-dessus. C'est l'histoire qui se répète mais le monde qui change. Mais c'est la réalité. Tu l'as dans les écrits grecs, tu l'as dans les écrits romains. Socrate pensait que les jeunes étaient absolument nuls, ne servaient à rien. Tu vois, tu as des sujets comme ça qui perdurent et ça sera toujours le cas. Et j'ai envie de te dire, c'est tant mieux. Parce que sinon, ça voudrait dire qu'on serait dans un monde statique qui se sclérose. C'est-à-dire que les jeunes générations sont là pour faire bouger les choses. Et ça a toujours été le cas, dans le bien comme dans le mal, mais ça a toujours été le cas. Maintenant, je vais te poser la dernière question. C'était juste pour faire un petit résumé. Ma dernière question, c'est toi qui vois un petit peu tout ça, qui étudies, qui analyses les jeunes et tout. Dans 30 ans, quand il n'y aura plus que... Enfin, du coup, il y aura des nouveaux jeunes, mais quand il n'y aura plus que cette génération Z et Alpha, tu le vois comment, le monde du travail ?
- Speaker #0
Je pense que le futur, il sera beaucoup plus collectif. Je pense qu'on va revenir... Tu vois, on a vraiment cette recherche de lien qui prend de l'ampleur. On voit aussi qu'on a un sentiment d'isolement qui est grandissant. On a beaucoup de jeunes qui sont vraiment en situation de détresse psychologique et qui commencent à prendre conscience qu'il va falloir recréer du lien. Donc je pense que le monde sera plus collectif. Et en parallèle, ce qu'on voit aussi, c'est une très forte tendance à la pluriactivité. On en a parlé un petit peu tout à l'heure. Alors parfois par contrainte, parfois par choix. Mais je pense que du coup, demain, on aura des générations qui vont se mobiliser autour de projets, qui vont travailler vraiment sur des compétences. C'est une génération, moi je la trouve bluffante là-dessus, vraiment dans sa... capacité à se former, à s'auto-former. Et quand nous, on les met en situation, parce que des fois, on réalise des études où on va leur demander de réaliser des missions. En fait, on prend tout un ensemble de jeunes. Par exemple, ils vont être 50. Et puis, on va leur donner des missions. Et puis, ce qui nous intéresse aussi, c'est de voir comment est-ce qu'ils vont collaborer, qu'est-ce qu'ils vont mettre en place. Et en fait, tu vois que leur manière de faire, c'est genre, ok, c'est quoi tes compétences ? Toi, t'es hyper bonne là-dessus ? Très bien. Moi, je suis hyper bonne là-dessus. Lui, il sait très bien faire ça. On se met ensemble et chacun va faire ce qu'il fait très bien. Et on va collaborer. Après, on va venir fonctionner avec les autres. Donc je pense que demain, cette tendance-là, elle va se développer dans le monde professionnel. Nous, en tout cas, c'est vraiment ce qu'on peut observer et ce que tu observes aussi un petit peu dans l'entreprenariat. C'est-à-dire qu'avant, j'ai le sentiment qu'on avait des personnes qui se lançaient dans l'entreprenariat et j'en fais aussi partie, en se disant, allez, go, j'y vais. Et puis en fait, je dois avoir des notions sur un petit peu tout. Et puis je vais avancer et je vais apprendre comme ça. Et puis après, je vais m'entourer avec une équipe qui va avoir de vraies compétences. Mais ça partait un petit peu de cette idée de je dois un peu tout avoir. Aujourd'hui, il n'y a pas vraiment ce fonctionnement-là. C'est tout de suite, je vais m'associer avec quelqu'un. Donc je pense qu'ils peuvent impulser ce côté collectif, collaboratif. Après, la dérive. Parce qu'il y a une dérive possible, c'est de créer ces communautés qu'on voit aujourd'hui sur les réseaux sociaux, de les créer dans la vie réelle. C'est-à-dire que je vais faire ça, mais je vais le faire qu'avec des gens qui me ressemblent. Donc ça pourrait créer des distances entre les différentes communautés. Donc c'est pour ça qu'aujourd'hui, je pense qu'on est à un moment où c'est vraiment hyper important de recréer de la communication, de recréer du lien. de se dire qu'on est dans une société où... L'avenir nous angoisse un petit peu tous, je pense. Et qu'aujourd'hui, on ne sait peut-être pas exactement où on va, mais on a besoin de savoir avec qui on y va. Et c'est pour ça que la communication et le lien, je pense que c'est central. Ça le sera encore plus demain. Donc les entreprises qui investissent là-dessus, je pense qu'elles sauront se distinguer des autres dans quelques années.
- Speaker #1
J'aime beaucoup cet aspect collectif dont tu parles, cette volonté de bosser ensemble. qui change, parce que tu l'as dit à juste titre, nous, le mindset qu'on a, c'est que de toute façon, un chef d'entreprise, il doit savoir tout faire dans sa boîte. S'il y a un problème, il doit savoir tout faire. J'aime bien aussi quelque part ce côté-là, parce que le fait de savoir tout faire, entre guillemets, pas forcément bien, c'est aussi savoir ce que vivent les personnes qui sont chez toi. Donc je trouve ça plutôt cool. Mais ce côté collectif dont tu parles, je le trouve aussi intéressant. Maintenant, il me vient une question, tu vois, sur ce côté collectif, c'est est-ce qu'ils sont prêts à être dirigés, cette jeune génération, à ton avis ? Parce que dans tout bateau, il faut un capitaine. Quoi qu'il se passe, t'as beau dire tout ce que tu veux, c'est nécessaire. Ça peut prendre plein de formes. Ça peut prendre une forme de, comment dire, de gestion, de capitana, comment dire, à multiple, c'est-à-dire tournant, tu vois, ça peut prendre plein de formes. Est-ce qu'ils sont prêts à être dirigés ?
- Speaker #0
Oui, mais là, c'est pareil, c'est une tendance que l'on voit, c'est dans le sens, oui, je veux bien être dirigée, mais par contre, je veux être le propre chef de ma propre mission.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Donc ça va plutôt être ce fonctionnement-là. Et moi, je trouve ça plutôt intéressant parce que c'est plus facile de les recadrer aussi. Du coup, ils se responsabilisent de cette manière. Donc, si tu as donné un cadre qui est très ferme, très clair, c'est plus facile de recadrer.
- Speaker #1
Plus de cadres ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Des gens qui travaillent en collectif ? Je trouve ça plutôt intéressant. Ça va, moi, j'achète. Ce monde-là, ce monde-là, j'achète. Merci beaucoup, Marlène.
- Speaker #0
Merci, Nicolas. Ça a été ? Oui, c'était un plaisir d'échanger avec toi.
- Speaker #1
Trop cool. J'ai trouvé ça trop, trop cool. Et je pense qu'on refera aussi d'autres choses ensemble parce qu'il y a beaucoup à dire sur cette génération. et repartir sur certains sujets. Donc, je trouve ça très bien. Merci beaucoup à toutes et à tous. J'espère que cet épisode vous aura plu. Merci encore une fois, Marlène. C'était vraiment génial. Et moi, je vous dis à très vite pour évoquer un nouveau sujet RH. Bonne journée. Félicitations ! Vous avez encore écouté un épisode du Barbu jusqu'au bout. Le Barbu vous donne des clés pour décortiquer le monde du RH d'aujourd'hui et de demain. C'est gratuit et surtout, c'est fait avec le cœur. Le meilleur moyen de nous aider ? Vous avez juste à mettre un avis 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée. Je compte sur vous et à très vite !