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Le bijou comme un bisou

Le bijou comme un bisou #78 la couronne de Louis le Pieux ressuscitée

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14min |05/09/2021
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Le bijou comme un bisou #78 la couronne de Louis le Pieux ressuscitée

14min |05/09/2021
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Description

 Parce que chaque semaine qui commence est un nouveau départ, j’avais envie de vous lire une histoire, alors je vous propose le bijou comme un bisou du dimanche soir. 

  

Il était une fois la couronne de Louis Le Pieux que le Maître artisan Béranger Poiron a ressuscité dans le secret de son atelier de joaillerie à la demande de Gilles Laville, le
président du Musée d’Autrefois, le musée d’Art et de Tradition populaire de
Chasseneuil du Poitou.  

  Et pourquoi Chasseneuil du Poitou ? Et bien parce que Louis Le Pieux y est né,
pardi !  Tout d’abord qui est donc ce Louis dans notre architecture du pouvoir royal ou impérial, en tout cas aristocratique, qui en comporte 18 ? Et bien c’est le 1er ! 

  

Louis le Pieux est un Carolingien. Tout commence en 732 quand Charles Martel arrive à stopper les invasions des musulmans Omeyyades. Le nom Caroligien vient de Carolus qui désigne donc « Charles » Martel et plus tard son petit-fils, « Charlemagne ».
En attendant c’est Pépin le Bref, fils de Charles Martel qui devient le 1er
monarque des Caroligiens. Et en 768 Le jeune prince Charles, fils de Pépin est
couronné roi des Francs. Il est alors appelé Charlemagne, ce qui veut dire Carolus Magnus ou Charles le Grand.  

Charlemagne a plusieurs enfants avec Hildegarde et Louis Le Pieux est son 3e fils. Il nait en 778, à Chasseneuil du Poitou, est créé par Charlemagne roi d’Aquitaine à 3 ans
puis empereur à Aix La Chapelle en septembre 813 avant d’en hériter en 814 à sa
mort de Charlemagne car il est le seul héritier mâle encore en vie. L’empire est gigantesque. Excepté la Bretagne irréductible, cet empire couvre la France actuelle
auquel s’ajoute au Sud les Marches de l’Espagne, au Nord la Saxe, à l’Ouest la Bavière et la Carinthie, et pour finir le royaume Lombard. 

  

Dans les 7 enfants que Louis le Pieux a avec son épouse Ermengerde de Hesbaye, il y a 3 fils. Comme l’époque est guerrière, Louis est blessé en 817 et décide d’organiser sa
succession. Il nomme Lothaire son aîné empereur, son cadet Louis roi de Bavière
et son puîné Pépin roi d’Aquitaine. Ce partage est établi dans l’Ordinatio Imperii. Puis quand Ermengerde décède il se remarie avec Judith de Bavière et a un 4e fils qu’il appellera Charles. Alors Louis 1er veut repartager son empire et c’est le début de guerres incessantes et particulièrement vindicatives.  

  

Finalement lors du partage de Verdun en 843, 3 ans après la mort de Louis le Pieux, le cadet Pépin est mort, l’ainé Lothaire est empereur d’Occident et obtient l’Italie et Aix la
Chapelle, Louis prend la Saxe, l’Austrasie, l’Alémanie et la Bavière, et Charles II conserve l’Ouest du royaume qui prendra le nom de Francia. L’origine du nom de notre pays. 

  

  

Les régalia 

  

Le couronnement d’un roi est un symbole fort de prise de pouvoir et les bijoux jouent un rôle important dans cette cérémonie. Les symboles de la royauté sont appelé regalia.


Les regalia évoluent selon les pays et les époques ce qui fait que ceux de France sont différents de ceux de l’Allemagne par exemple. Cependant comme l’histoire vient de nous le rappeler les racines sont communes depuis Charlemagne.  

  

En France les régalia sont la couronne, la fleur de lys, le sceptre, la main de justice, l’épée, les éperons et l’anneau.  

Ces insignes royaux, rescapés de l’histoire, sont conservés au Louvre et à Saint Denis. En effet, la basilique est la nécropole des rois en France depuis l’époque mérovingienne et Pépin Le Bref, le grand père de Louis Le Pieux, sera le premier roi à y être couronné, scellant ainsi l’alliance entre les rois francs et la Papauté et créant la tradition du sacre. Par la suite les rois de France seront sacrés à Reims et c’est justement Louis Le Pieux qui sera le premier à le faire le 5 octobre 816. Et dans cette cérémonie le joyau indispensable et qui est commun à tous les rois sera la couronne. 

Car la couronne symbolise par excellence le pouvoir royal et la domination.  

Mais pour être claire, il n’existe aujourd’hui aucune trace de la couronne de Charlemagne et encore moins de Louis le Pieux. 

  

  

La couronne 

  

Quand on parle des couronnes des Charlemagne on fait référence aux couronnes de Philippe Auguste et de son épouse Ingelburge de Danemark que le roi lègue par testament au trésor de Saint Denis. Cependant son fils Louis VIII décide de les racheter pour se faire couronner à Reims avec son épouse Blanche de Castille. Par la suite tous
les rois et reines jusqu'à Henri III seront couronnés de ces couronnes, à l'exception de Jean II et Charles VII.  

L’inventaire du trésor de 1534 décrit la couronne du roi qui pesait en totalité 4 kg. Elle était en or massif avec ses 48 pierres précieuses (rubis, émeraudes, saphirs et spinelles) sur le cercle et le fleuron, disposait de chaines en argent et d’une coiffe
intérieure surmontée d’un rubis de 200 carats. 

La couronne du roi sera fondue en 1590 par les ducs de Mayenne et de Nemours pour financer la Ligue catholique, alors c’est la couronne de la reine, quasi identique, qui
servira pour les autres sacres royaux. 

  

Dans le trésor de Saint Denis, il y avait aussi la Sainte Couronne, appelée aussi couronne de Saint Louis, avec laquelle Jean II se fera couronner. Elle était fleurdelisée,
en or, avec un spinelle de 278 carat qui abritait une épine de la couronne de Jésus Christ et serti de grenats, saphirs, émeraudes et perles. 

  

Mais il y avait aussi des couronnes qui ne servaient pas au sacre. Charles V a eu 21 couronnes ! Parfois elles n’avaient même pas de gemmes, elles pouvaient même être en vermeil pour être moins lourdes. La forme des couronnes évoluent également : à
partir de Louis XII, elles sont fermées par 8 arches. 

  

La convention nationale, à la Révolution, décidera de détruire les couronnes symbole d’un pouvoir honni.  

  

Quand Napoléon Ier décide de se faire sacrer empereur, il crée de nouveaux régalia et la pièce maitresse est évidemment la couronne. Alors il va en faire créer 2 ! La première est une couronne de laurier en or comme les empereurs romains et laseconde est une couronne à 8 arches qu’il va appeler « couronne de Charlemagne ».  

  

Aujourd’hui, les seules couronnes encore présentes dans les collections nationales sont celle de Louis XV, de Napoléon Ier et de l’impératrice Eugénie qui sont exposées au Louvre. 

  

  

La Couronne de Louis Le Pieux 

  

On comprend combien il est difficile de recréer d’une façon historique, la couronne de
louis Le Pieux sans véritable description ni représentation. Gilles Laville, le président du Musée d’Autrefois, choisit alors le tableau de Jean Joseph Dassy. Né le 27 décembre 1791 à Marseille, ce peintre est spécialiste des scènes de l'histoire de France et les thèmes religieux. Son tableau « Louis Ier dit le Pieux (778-840), empereur d'Occident » est exposé au Château de Versailles. Les régalia dont il pare le roi sont une interprétation de l’histoire. Le sceptre comporte une croix d’inspiration byzantine orthodoxe et dans sa main droite le roi porte l’orbe crucigère qui fait effectivement référence à Charlemagne mais l’existence de ce globe impérial date du XIIe siècle dans les regalia du saint empire germanique et n’existe en France qu’au sacre de
Napoléon Ier. 

La couronne comporte une seule arche transversale plantée de perles, surmontée d’une pomme de pin et jointe au bandeau par des feuilles d’acanthe. Le pourtour supérieur du bandeau est également planté de perles. Et sur le bandeau, des cabochons de formes ovales représentent des gemmes vertes et rouges alternées entourées de petites perles et chaque cabochon est séparé par 2 grosses perles positionnées l’une au dessus de l’autre comme une ponctuation. 

A la décharge du peintre il faut se souvenir qu’au XIXe siècle prédomine ce qu’en art on appelle la « couleur locale ». C’est-à-dire que les artistes représentent l’historique
avec les marqueurs de leur propre époque. La feuille d’acanthe est une référence à la culture grecque qui est très à la mode au XIXe. Quand à la pomme de pin c’est un symbole papal que Jean Joseph Dassy place en haut de la couronne « au sommet des choses » comme un 3e œil dont elle est le symbole païen en référence à la glande spinale.  

  

La commande de la réalisation de cette couronne de Louis Le Pieux arrive en novembre 2020 dans la boite mail du Maitre artisan Joaillier Béranger Poiron. Installé à Nantes, le
joaillier est connu par ses bijoux d’histoire notamment ses reproductions de bagues de templiers. Recréer la couronne de Louis Le Pieux, d’après le tableau de Jean Joseph Dassy lui apparait comme un délicieux challenge. Pas de plans techniques ! Il fait des épures. Pas de mesures ! Il prend celle de sa propre tête. Et commence par réaliser une maquette en carton.  

Puis méthodiquement, patiemment, il résout un à un les problèmes techniques inusités qui se posent malicieusement à chaque étape. La plaque de cuivre à découper excède la longueur de sa scie bocfils : il trouve le moyen de la découper par jet d’eau.
Pour la mettre en forme arrondie, aucun de ses triboulets servant habituellement pour les bagues ou les bracelets n’est à dimension : alors il crée une forme spéciale en contreplaqué.  

  

Il cherche des modèles de feuilles d’acanthe et dessine jusqu’au gabarit idéal. Puis les
découpent dans le métal et manie l’embouti et le contre embouti pour leur donner le joli mouvement renflé de la base, creusé au centre et saillant de la pointe.  

  

Quand à la pomme de pin, Béranger Poiron avait hâte de la réaliser ! Il avait tellement imaginé les étapes et visualisé cette création ! Il sculpte la cire à la main. Et la fonte, comme un baptême du feu, lui donne l’occasion d’utiliser le four datant de 1900 et provenant d’un atelier d’horloger qu’il venait de chiner. Ensuite c’est au burin qu’il réalise les détails sur le métal. 

  

Pour positionner les perles sur le pourtour de la couronne et de l’arche, il découpe des tiges de métal et les soude, à la volée, une à une, en positionnant la couronne sur un
plateau tournant actionné par un embrayage de 2 CV. 

  

Chaque étape aura soulevé des interrogations, et Béranger aura déjoué ces impossibles. Au final la couronne en laiton doré, cerclé de perles et orné de 15 cabochons d’époxy verts et rouges, pèse 700 grammes. Si elle avait été en or le poids aurait atteint 1,4 kg. Elle est démontable grâce à ses rivets. Réalisée en 6 mois elle a nécessité 300 heures de travail. 5 des étudiants de l’atelier ont pu mettre la main à la
cette couronne Aude Péguet de l’école Boulle, Ombeline Thomas de l’école Léonard de Vinci, Elona Mathé du Lycée Clément de Pémille, ont vécu les premières étapes. Puis Marion Frouin et Valentine Bourgeois du Lycée Jean Guéhenno ont réalisés les soudures, dérushés et les finitions au « cabron ». 

  

La couronne, trône aujourd’hui sous vitrine au Musée d’Autrefois, le musée d’Art et de Tradition populaire de Chasseneuil du Poitou à côté de la gravure du roi.  

  

  

Ainsi se termine cette histoire de la couronne de Louis Le Pieux ressuscité par le maitre
artisan joaillier Béranger Poiron.  

  

  

Je suis Anne Desmarest de Jotemps et je donne une voix aux bijoux chaque dimanche. Et si vous aussi vous avez envie de faire parler vos bijoux et votre Maison je serai
ravie de vous accompagner pour réaliser votre podcast joaillier. 

  

La semaine prochaine je vous donne rendez-vous sur le podcast sur « Il était une fois le bijou » le podcast thématique de la joaillerie, pour le 6e épisode de la saison consacrée aux joailliers du rap où nous entendrons Téhé Ouna fondateur de la Maison Goldaia nous parler, des nouveaux codes du luxe façon hip hop. 

  

Le dimanche suivant notre rdv sera sur Brillante, le podcast des femmes de la joaillerie où je recevrais Bernadette Pinet-Cuoq la présidente exécutive de l’union française BJOP.  

  

Et puis nous nous retrouverons le 26 septembre sur ce podcast pour un « le bijou comme un bisou » un peu particulier puisqu’avec Isabelle Sadoux la podcasteuse de
la voix du parfum nous vous parlerons à 2 voix, en parfum et en bijoux, des 100 ans du N°5 de Chanel. 

  

Pour ne manquez aucun de nos rendez-vous du dimanche autour du bijou, abonnez à chacun de ces 3 podcasts « Il était une fois le bijou », « le bijou comme un bisou » et « Brillante » sur votre plate-forme d’écoute préférée et encouragez-moi en partageant l’épisode sur vos réseaux sociaux. Si vous êtes sur Apple podcast ou sur You Tube mettez de jolis commentaires, c’est ce qui permet de référencer les podcasts !  

  

A dimanche pour votre prochaine histoire de bijou ! 

  

  

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Description

 Parce que chaque semaine qui commence est un nouveau départ, j’avais envie de vous lire une histoire, alors je vous propose le bijou comme un bisou du dimanche soir. 

  

Il était une fois la couronne de Louis Le Pieux que le Maître artisan Béranger Poiron a ressuscité dans le secret de son atelier de joaillerie à la demande de Gilles Laville, le
président du Musée d’Autrefois, le musée d’Art et de Tradition populaire de
Chasseneuil du Poitou.  

  Et pourquoi Chasseneuil du Poitou ? Et bien parce que Louis Le Pieux y est né,
pardi !  Tout d’abord qui est donc ce Louis dans notre architecture du pouvoir royal ou impérial, en tout cas aristocratique, qui en comporte 18 ? Et bien c’est le 1er ! 

  

Louis le Pieux est un Carolingien. Tout commence en 732 quand Charles Martel arrive à stopper les invasions des musulmans Omeyyades. Le nom Caroligien vient de Carolus qui désigne donc « Charles » Martel et plus tard son petit-fils, « Charlemagne ».
En attendant c’est Pépin le Bref, fils de Charles Martel qui devient le 1er
monarque des Caroligiens. Et en 768 Le jeune prince Charles, fils de Pépin est
couronné roi des Francs. Il est alors appelé Charlemagne, ce qui veut dire Carolus Magnus ou Charles le Grand.  

Charlemagne a plusieurs enfants avec Hildegarde et Louis Le Pieux est son 3e fils. Il nait en 778, à Chasseneuil du Poitou, est créé par Charlemagne roi d’Aquitaine à 3 ans
puis empereur à Aix La Chapelle en septembre 813 avant d’en hériter en 814 à sa
mort de Charlemagne car il est le seul héritier mâle encore en vie. L’empire est gigantesque. Excepté la Bretagne irréductible, cet empire couvre la France actuelle
auquel s’ajoute au Sud les Marches de l’Espagne, au Nord la Saxe, à l’Ouest la Bavière et la Carinthie, et pour finir le royaume Lombard. 

  

Dans les 7 enfants que Louis le Pieux a avec son épouse Ermengerde de Hesbaye, il y a 3 fils. Comme l’époque est guerrière, Louis est blessé en 817 et décide d’organiser sa
succession. Il nomme Lothaire son aîné empereur, son cadet Louis roi de Bavière
et son puîné Pépin roi d’Aquitaine. Ce partage est établi dans l’Ordinatio Imperii. Puis quand Ermengerde décède il se remarie avec Judith de Bavière et a un 4e fils qu’il appellera Charles. Alors Louis 1er veut repartager son empire et c’est le début de guerres incessantes et particulièrement vindicatives.  

  

Finalement lors du partage de Verdun en 843, 3 ans après la mort de Louis le Pieux, le cadet Pépin est mort, l’ainé Lothaire est empereur d’Occident et obtient l’Italie et Aix la
Chapelle, Louis prend la Saxe, l’Austrasie, l’Alémanie et la Bavière, et Charles II conserve l’Ouest du royaume qui prendra le nom de Francia. L’origine du nom de notre pays. 

  

  

Les régalia 

  

Le couronnement d’un roi est un symbole fort de prise de pouvoir et les bijoux jouent un rôle important dans cette cérémonie. Les symboles de la royauté sont appelé regalia.


Les regalia évoluent selon les pays et les époques ce qui fait que ceux de France sont différents de ceux de l’Allemagne par exemple. Cependant comme l’histoire vient de nous le rappeler les racines sont communes depuis Charlemagne.  

  

En France les régalia sont la couronne, la fleur de lys, le sceptre, la main de justice, l’épée, les éperons et l’anneau.  

Ces insignes royaux, rescapés de l’histoire, sont conservés au Louvre et à Saint Denis. En effet, la basilique est la nécropole des rois en France depuis l’époque mérovingienne et Pépin Le Bref, le grand père de Louis Le Pieux, sera le premier roi à y être couronné, scellant ainsi l’alliance entre les rois francs et la Papauté et créant la tradition du sacre. Par la suite les rois de France seront sacrés à Reims et c’est justement Louis Le Pieux qui sera le premier à le faire le 5 octobre 816. Et dans cette cérémonie le joyau indispensable et qui est commun à tous les rois sera la couronne. 

Car la couronne symbolise par excellence le pouvoir royal et la domination.  

Mais pour être claire, il n’existe aujourd’hui aucune trace de la couronne de Charlemagne et encore moins de Louis le Pieux. 

  

  

La couronne 

  

Quand on parle des couronnes des Charlemagne on fait référence aux couronnes de Philippe Auguste et de son épouse Ingelburge de Danemark que le roi lègue par testament au trésor de Saint Denis. Cependant son fils Louis VIII décide de les racheter pour se faire couronner à Reims avec son épouse Blanche de Castille. Par la suite tous
les rois et reines jusqu'à Henri III seront couronnés de ces couronnes, à l'exception de Jean II et Charles VII.  

L’inventaire du trésor de 1534 décrit la couronne du roi qui pesait en totalité 4 kg. Elle était en or massif avec ses 48 pierres précieuses (rubis, émeraudes, saphirs et spinelles) sur le cercle et le fleuron, disposait de chaines en argent et d’une coiffe
intérieure surmontée d’un rubis de 200 carats. 

La couronne du roi sera fondue en 1590 par les ducs de Mayenne et de Nemours pour financer la Ligue catholique, alors c’est la couronne de la reine, quasi identique, qui
servira pour les autres sacres royaux. 

  

Dans le trésor de Saint Denis, il y avait aussi la Sainte Couronne, appelée aussi couronne de Saint Louis, avec laquelle Jean II se fera couronner. Elle était fleurdelisée,
en or, avec un spinelle de 278 carat qui abritait une épine de la couronne de Jésus Christ et serti de grenats, saphirs, émeraudes et perles. 

  

Mais il y avait aussi des couronnes qui ne servaient pas au sacre. Charles V a eu 21 couronnes ! Parfois elles n’avaient même pas de gemmes, elles pouvaient même être en vermeil pour être moins lourdes. La forme des couronnes évoluent également : à
partir de Louis XII, elles sont fermées par 8 arches. 

  

La convention nationale, à la Révolution, décidera de détruire les couronnes symbole d’un pouvoir honni.  

  

Quand Napoléon Ier décide de se faire sacrer empereur, il crée de nouveaux régalia et la pièce maitresse est évidemment la couronne. Alors il va en faire créer 2 ! La première est une couronne de laurier en or comme les empereurs romains et laseconde est une couronne à 8 arches qu’il va appeler « couronne de Charlemagne ».  

  

Aujourd’hui, les seules couronnes encore présentes dans les collections nationales sont celle de Louis XV, de Napoléon Ier et de l’impératrice Eugénie qui sont exposées au Louvre. 

  

  

La Couronne de Louis Le Pieux 

  

On comprend combien il est difficile de recréer d’une façon historique, la couronne de
louis Le Pieux sans véritable description ni représentation. Gilles Laville, le président du Musée d’Autrefois, choisit alors le tableau de Jean Joseph Dassy. Né le 27 décembre 1791 à Marseille, ce peintre est spécialiste des scènes de l'histoire de France et les thèmes religieux. Son tableau « Louis Ier dit le Pieux (778-840), empereur d'Occident » est exposé au Château de Versailles. Les régalia dont il pare le roi sont une interprétation de l’histoire. Le sceptre comporte une croix d’inspiration byzantine orthodoxe et dans sa main droite le roi porte l’orbe crucigère qui fait effectivement référence à Charlemagne mais l’existence de ce globe impérial date du XIIe siècle dans les regalia du saint empire germanique et n’existe en France qu’au sacre de
Napoléon Ier. 

La couronne comporte une seule arche transversale plantée de perles, surmontée d’une pomme de pin et jointe au bandeau par des feuilles d’acanthe. Le pourtour supérieur du bandeau est également planté de perles. Et sur le bandeau, des cabochons de formes ovales représentent des gemmes vertes et rouges alternées entourées de petites perles et chaque cabochon est séparé par 2 grosses perles positionnées l’une au dessus de l’autre comme une ponctuation. 

A la décharge du peintre il faut se souvenir qu’au XIXe siècle prédomine ce qu’en art on appelle la « couleur locale ». C’est-à-dire que les artistes représentent l’historique
avec les marqueurs de leur propre époque. La feuille d’acanthe est une référence à la culture grecque qui est très à la mode au XIXe. Quand à la pomme de pin c’est un symbole papal que Jean Joseph Dassy place en haut de la couronne « au sommet des choses » comme un 3e œil dont elle est le symbole païen en référence à la glande spinale.  

  

La commande de la réalisation de cette couronne de Louis Le Pieux arrive en novembre 2020 dans la boite mail du Maitre artisan Joaillier Béranger Poiron. Installé à Nantes, le
joaillier est connu par ses bijoux d’histoire notamment ses reproductions de bagues de templiers. Recréer la couronne de Louis Le Pieux, d’après le tableau de Jean Joseph Dassy lui apparait comme un délicieux challenge. Pas de plans techniques ! Il fait des épures. Pas de mesures ! Il prend celle de sa propre tête. Et commence par réaliser une maquette en carton.  

Puis méthodiquement, patiemment, il résout un à un les problèmes techniques inusités qui se posent malicieusement à chaque étape. La plaque de cuivre à découper excède la longueur de sa scie bocfils : il trouve le moyen de la découper par jet d’eau.
Pour la mettre en forme arrondie, aucun de ses triboulets servant habituellement pour les bagues ou les bracelets n’est à dimension : alors il crée une forme spéciale en contreplaqué.  

  

Il cherche des modèles de feuilles d’acanthe et dessine jusqu’au gabarit idéal. Puis les
découpent dans le métal et manie l’embouti et le contre embouti pour leur donner le joli mouvement renflé de la base, creusé au centre et saillant de la pointe.  

  

Quand à la pomme de pin, Béranger Poiron avait hâte de la réaliser ! Il avait tellement imaginé les étapes et visualisé cette création ! Il sculpte la cire à la main. Et la fonte, comme un baptême du feu, lui donne l’occasion d’utiliser le four datant de 1900 et provenant d’un atelier d’horloger qu’il venait de chiner. Ensuite c’est au burin qu’il réalise les détails sur le métal. 

  

Pour positionner les perles sur le pourtour de la couronne et de l’arche, il découpe des tiges de métal et les soude, à la volée, une à une, en positionnant la couronne sur un
plateau tournant actionné par un embrayage de 2 CV. 

  

Chaque étape aura soulevé des interrogations, et Béranger aura déjoué ces impossibles. Au final la couronne en laiton doré, cerclé de perles et orné de 15 cabochons d’époxy verts et rouges, pèse 700 grammes. Si elle avait été en or le poids aurait atteint 1,4 kg. Elle est démontable grâce à ses rivets. Réalisée en 6 mois elle a nécessité 300 heures de travail. 5 des étudiants de l’atelier ont pu mettre la main à la
cette couronne Aude Péguet de l’école Boulle, Ombeline Thomas de l’école Léonard de Vinci, Elona Mathé du Lycée Clément de Pémille, ont vécu les premières étapes. Puis Marion Frouin et Valentine Bourgeois du Lycée Jean Guéhenno ont réalisés les soudures, dérushés et les finitions au « cabron ». 

  

La couronne, trône aujourd’hui sous vitrine au Musée d’Autrefois, le musée d’Art et de Tradition populaire de Chasseneuil du Poitou à côté de la gravure du roi.  

  

  

Ainsi se termine cette histoire de la couronne de Louis Le Pieux ressuscité par le maitre
artisan joaillier Béranger Poiron.  

  

  

Je suis Anne Desmarest de Jotemps et je donne une voix aux bijoux chaque dimanche. Et si vous aussi vous avez envie de faire parler vos bijoux et votre Maison je serai
ravie de vous accompagner pour réaliser votre podcast joaillier. 

  

La semaine prochaine je vous donne rendez-vous sur le podcast sur « Il était une fois le bijou » le podcast thématique de la joaillerie, pour le 6e épisode de la saison consacrée aux joailliers du rap où nous entendrons Téhé Ouna fondateur de la Maison Goldaia nous parler, des nouveaux codes du luxe façon hip hop. 

  

Le dimanche suivant notre rdv sera sur Brillante, le podcast des femmes de la joaillerie où je recevrais Bernadette Pinet-Cuoq la présidente exécutive de l’union française BJOP.  

  

Et puis nous nous retrouverons le 26 septembre sur ce podcast pour un « le bijou comme un bisou » un peu particulier puisqu’avec Isabelle Sadoux la podcasteuse de
la voix du parfum nous vous parlerons à 2 voix, en parfum et en bijoux, des 100 ans du N°5 de Chanel. 

  

Pour ne manquez aucun de nos rendez-vous du dimanche autour du bijou, abonnez à chacun de ces 3 podcasts « Il était une fois le bijou », « le bijou comme un bisou » et « Brillante » sur votre plate-forme d’écoute préférée et encouragez-moi en partageant l’épisode sur vos réseaux sociaux. Si vous êtes sur Apple podcast ou sur You Tube mettez de jolis commentaires, c’est ce qui permet de référencer les podcasts !  

  

A dimanche pour votre prochaine histoire de bijou ! 

  

  

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 Parce que chaque semaine qui commence est un nouveau départ, j’avais envie de vous lire une histoire, alors je vous propose le bijou comme un bisou du dimanche soir. 

  

Il était une fois la couronne de Louis Le Pieux que le Maître artisan Béranger Poiron a ressuscité dans le secret de son atelier de joaillerie à la demande de Gilles Laville, le
président du Musée d’Autrefois, le musée d’Art et de Tradition populaire de
Chasseneuil du Poitou.  

  Et pourquoi Chasseneuil du Poitou ? Et bien parce que Louis Le Pieux y est né,
pardi !  Tout d’abord qui est donc ce Louis dans notre architecture du pouvoir royal ou impérial, en tout cas aristocratique, qui en comporte 18 ? Et bien c’est le 1er ! 

  

Louis le Pieux est un Carolingien. Tout commence en 732 quand Charles Martel arrive à stopper les invasions des musulmans Omeyyades. Le nom Caroligien vient de Carolus qui désigne donc « Charles » Martel et plus tard son petit-fils, « Charlemagne ».
En attendant c’est Pépin le Bref, fils de Charles Martel qui devient le 1er
monarque des Caroligiens. Et en 768 Le jeune prince Charles, fils de Pépin est
couronné roi des Francs. Il est alors appelé Charlemagne, ce qui veut dire Carolus Magnus ou Charles le Grand.  

Charlemagne a plusieurs enfants avec Hildegarde et Louis Le Pieux est son 3e fils. Il nait en 778, à Chasseneuil du Poitou, est créé par Charlemagne roi d’Aquitaine à 3 ans
puis empereur à Aix La Chapelle en septembre 813 avant d’en hériter en 814 à sa
mort de Charlemagne car il est le seul héritier mâle encore en vie. L’empire est gigantesque. Excepté la Bretagne irréductible, cet empire couvre la France actuelle
auquel s’ajoute au Sud les Marches de l’Espagne, au Nord la Saxe, à l’Ouest la Bavière et la Carinthie, et pour finir le royaume Lombard. 

  

Dans les 7 enfants que Louis le Pieux a avec son épouse Ermengerde de Hesbaye, il y a 3 fils. Comme l’époque est guerrière, Louis est blessé en 817 et décide d’organiser sa
succession. Il nomme Lothaire son aîné empereur, son cadet Louis roi de Bavière
et son puîné Pépin roi d’Aquitaine. Ce partage est établi dans l’Ordinatio Imperii. Puis quand Ermengerde décède il se remarie avec Judith de Bavière et a un 4e fils qu’il appellera Charles. Alors Louis 1er veut repartager son empire et c’est le début de guerres incessantes et particulièrement vindicatives.  

  

Finalement lors du partage de Verdun en 843, 3 ans après la mort de Louis le Pieux, le cadet Pépin est mort, l’ainé Lothaire est empereur d’Occident et obtient l’Italie et Aix la
Chapelle, Louis prend la Saxe, l’Austrasie, l’Alémanie et la Bavière, et Charles II conserve l’Ouest du royaume qui prendra le nom de Francia. L’origine du nom de notre pays. 

  

  

Les régalia 

  

Le couronnement d’un roi est un symbole fort de prise de pouvoir et les bijoux jouent un rôle important dans cette cérémonie. Les symboles de la royauté sont appelé regalia.


Les regalia évoluent selon les pays et les époques ce qui fait que ceux de France sont différents de ceux de l’Allemagne par exemple. Cependant comme l’histoire vient de nous le rappeler les racines sont communes depuis Charlemagne.  

  

En France les régalia sont la couronne, la fleur de lys, le sceptre, la main de justice, l’épée, les éperons et l’anneau.  

Ces insignes royaux, rescapés de l’histoire, sont conservés au Louvre et à Saint Denis. En effet, la basilique est la nécropole des rois en France depuis l’époque mérovingienne et Pépin Le Bref, le grand père de Louis Le Pieux, sera le premier roi à y être couronné, scellant ainsi l’alliance entre les rois francs et la Papauté et créant la tradition du sacre. Par la suite les rois de France seront sacrés à Reims et c’est justement Louis Le Pieux qui sera le premier à le faire le 5 octobre 816. Et dans cette cérémonie le joyau indispensable et qui est commun à tous les rois sera la couronne. 

Car la couronne symbolise par excellence le pouvoir royal et la domination.  

Mais pour être claire, il n’existe aujourd’hui aucune trace de la couronne de Charlemagne et encore moins de Louis le Pieux. 

  

  

La couronne 

  

Quand on parle des couronnes des Charlemagne on fait référence aux couronnes de Philippe Auguste et de son épouse Ingelburge de Danemark que le roi lègue par testament au trésor de Saint Denis. Cependant son fils Louis VIII décide de les racheter pour se faire couronner à Reims avec son épouse Blanche de Castille. Par la suite tous
les rois et reines jusqu'à Henri III seront couronnés de ces couronnes, à l'exception de Jean II et Charles VII.  

L’inventaire du trésor de 1534 décrit la couronne du roi qui pesait en totalité 4 kg. Elle était en or massif avec ses 48 pierres précieuses (rubis, émeraudes, saphirs et spinelles) sur le cercle et le fleuron, disposait de chaines en argent et d’une coiffe
intérieure surmontée d’un rubis de 200 carats. 

La couronne du roi sera fondue en 1590 par les ducs de Mayenne et de Nemours pour financer la Ligue catholique, alors c’est la couronne de la reine, quasi identique, qui
servira pour les autres sacres royaux. 

  

Dans le trésor de Saint Denis, il y avait aussi la Sainte Couronne, appelée aussi couronne de Saint Louis, avec laquelle Jean II se fera couronner. Elle était fleurdelisée,
en or, avec un spinelle de 278 carat qui abritait une épine de la couronne de Jésus Christ et serti de grenats, saphirs, émeraudes et perles. 

  

Mais il y avait aussi des couronnes qui ne servaient pas au sacre. Charles V a eu 21 couronnes ! Parfois elles n’avaient même pas de gemmes, elles pouvaient même être en vermeil pour être moins lourdes. La forme des couronnes évoluent également : à
partir de Louis XII, elles sont fermées par 8 arches. 

  

La convention nationale, à la Révolution, décidera de détruire les couronnes symbole d’un pouvoir honni.  

  

Quand Napoléon Ier décide de se faire sacrer empereur, il crée de nouveaux régalia et la pièce maitresse est évidemment la couronne. Alors il va en faire créer 2 ! La première est une couronne de laurier en or comme les empereurs romains et laseconde est une couronne à 8 arches qu’il va appeler « couronne de Charlemagne ».  

  

Aujourd’hui, les seules couronnes encore présentes dans les collections nationales sont celle de Louis XV, de Napoléon Ier et de l’impératrice Eugénie qui sont exposées au Louvre. 

  

  

La Couronne de Louis Le Pieux 

  

On comprend combien il est difficile de recréer d’une façon historique, la couronne de
louis Le Pieux sans véritable description ni représentation. Gilles Laville, le président du Musée d’Autrefois, choisit alors le tableau de Jean Joseph Dassy. Né le 27 décembre 1791 à Marseille, ce peintre est spécialiste des scènes de l'histoire de France et les thèmes religieux. Son tableau « Louis Ier dit le Pieux (778-840), empereur d'Occident » est exposé au Château de Versailles. Les régalia dont il pare le roi sont une interprétation de l’histoire. Le sceptre comporte une croix d’inspiration byzantine orthodoxe et dans sa main droite le roi porte l’orbe crucigère qui fait effectivement référence à Charlemagne mais l’existence de ce globe impérial date du XIIe siècle dans les regalia du saint empire germanique et n’existe en France qu’au sacre de
Napoléon Ier. 

La couronne comporte une seule arche transversale plantée de perles, surmontée d’une pomme de pin et jointe au bandeau par des feuilles d’acanthe. Le pourtour supérieur du bandeau est également planté de perles. Et sur le bandeau, des cabochons de formes ovales représentent des gemmes vertes et rouges alternées entourées de petites perles et chaque cabochon est séparé par 2 grosses perles positionnées l’une au dessus de l’autre comme une ponctuation. 

A la décharge du peintre il faut se souvenir qu’au XIXe siècle prédomine ce qu’en art on appelle la « couleur locale ». C’est-à-dire que les artistes représentent l’historique
avec les marqueurs de leur propre époque. La feuille d’acanthe est une référence à la culture grecque qui est très à la mode au XIXe. Quand à la pomme de pin c’est un symbole papal que Jean Joseph Dassy place en haut de la couronne « au sommet des choses » comme un 3e œil dont elle est le symbole païen en référence à la glande spinale.  

  

La commande de la réalisation de cette couronne de Louis Le Pieux arrive en novembre 2020 dans la boite mail du Maitre artisan Joaillier Béranger Poiron. Installé à Nantes, le
joaillier est connu par ses bijoux d’histoire notamment ses reproductions de bagues de templiers. Recréer la couronne de Louis Le Pieux, d’après le tableau de Jean Joseph Dassy lui apparait comme un délicieux challenge. Pas de plans techniques ! Il fait des épures. Pas de mesures ! Il prend celle de sa propre tête. Et commence par réaliser une maquette en carton.  

Puis méthodiquement, patiemment, il résout un à un les problèmes techniques inusités qui se posent malicieusement à chaque étape. La plaque de cuivre à découper excède la longueur de sa scie bocfils : il trouve le moyen de la découper par jet d’eau.
Pour la mettre en forme arrondie, aucun de ses triboulets servant habituellement pour les bagues ou les bracelets n’est à dimension : alors il crée une forme spéciale en contreplaqué.  

  

Il cherche des modèles de feuilles d’acanthe et dessine jusqu’au gabarit idéal. Puis les
découpent dans le métal et manie l’embouti et le contre embouti pour leur donner le joli mouvement renflé de la base, creusé au centre et saillant de la pointe.  

  

Quand à la pomme de pin, Béranger Poiron avait hâte de la réaliser ! Il avait tellement imaginé les étapes et visualisé cette création ! Il sculpte la cire à la main. Et la fonte, comme un baptême du feu, lui donne l’occasion d’utiliser le four datant de 1900 et provenant d’un atelier d’horloger qu’il venait de chiner. Ensuite c’est au burin qu’il réalise les détails sur le métal. 

  

Pour positionner les perles sur le pourtour de la couronne et de l’arche, il découpe des tiges de métal et les soude, à la volée, une à une, en positionnant la couronne sur un
plateau tournant actionné par un embrayage de 2 CV. 

  

Chaque étape aura soulevé des interrogations, et Béranger aura déjoué ces impossibles. Au final la couronne en laiton doré, cerclé de perles et orné de 15 cabochons d’époxy verts et rouges, pèse 700 grammes. Si elle avait été en or le poids aurait atteint 1,4 kg. Elle est démontable grâce à ses rivets. Réalisée en 6 mois elle a nécessité 300 heures de travail. 5 des étudiants de l’atelier ont pu mettre la main à la
cette couronne Aude Péguet de l’école Boulle, Ombeline Thomas de l’école Léonard de Vinci, Elona Mathé du Lycée Clément de Pémille, ont vécu les premières étapes. Puis Marion Frouin et Valentine Bourgeois du Lycée Jean Guéhenno ont réalisés les soudures, dérushés et les finitions au « cabron ». 

  

La couronne, trône aujourd’hui sous vitrine au Musée d’Autrefois, le musée d’Art et de Tradition populaire de Chasseneuil du Poitou à côté de la gravure du roi.  

  

  

Ainsi se termine cette histoire de la couronne de Louis Le Pieux ressuscité par le maitre
artisan joaillier Béranger Poiron.  

  

  

Je suis Anne Desmarest de Jotemps et je donne une voix aux bijoux chaque dimanche. Et si vous aussi vous avez envie de faire parler vos bijoux et votre Maison je serai
ravie de vous accompagner pour réaliser votre podcast joaillier. 

  

La semaine prochaine je vous donne rendez-vous sur le podcast sur « Il était une fois le bijou » le podcast thématique de la joaillerie, pour le 6e épisode de la saison consacrée aux joailliers du rap où nous entendrons Téhé Ouna fondateur de la Maison Goldaia nous parler, des nouveaux codes du luxe façon hip hop. 

  

Le dimanche suivant notre rdv sera sur Brillante, le podcast des femmes de la joaillerie où je recevrais Bernadette Pinet-Cuoq la présidente exécutive de l’union française BJOP.  

  

Et puis nous nous retrouverons le 26 septembre sur ce podcast pour un « le bijou comme un bisou » un peu particulier puisqu’avec Isabelle Sadoux la podcasteuse de
la voix du parfum nous vous parlerons à 2 voix, en parfum et en bijoux, des 100 ans du N°5 de Chanel. 

  

Pour ne manquez aucun de nos rendez-vous du dimanche autour du bijou, abonnez à chacun de ces 3 podcasts « Il était une fois le bijou », « le bijou comme un bisou » et « Brillante » sur votre plate-forme d’écoute préférée et encouragez-moi en partageant l’épisode sur vos réseaux sociaux. Si vous êtes sur Apple podcast ou sur You Tube mettez de jolis commentaires, c’est ce qui permet de référencer les podcasts !  

  

A dimanche pour votre prochaine histoire de bijou ! 

  

  

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Description

 Parce que chaque semaine qui commence est un nouveau départ, j’avais envie de vous lire une histoire, alors je vous propose le bijou comme un bisou du dimanche soir. 

  

Il était une fois la couronne de Louis Le Pieux que le Maître artisan Béranger Poiron a ressuscité dans le secret de son atelier de joaillerie à la demande de Gilles Laville, le
président du Musée d’Autrefois, le musée d’Art et de Tradition populaire de
Chasseneuil du Poitou.  

  Et pourquoi Chasseneuil du Poitou ? Et bien parce que Louis Le Pieux y est né,
pardi !  Tout d’abord qui est donc ce Louis dans notre architecture du pouvoir royal ou impérial, en tout cas aristocratique, qui en comporte 18 ? Et bien c’est le 1er ! 

  

Louis le Pieux est un Carolingien. Tout commence en 732 quand Charles Martel arrive à stopper les invasions des musulmans Omeyyades. Le nom Caroligien vient de Carolus qui désigne donc « Charles » Martel et plus tard son petit-fils, « Charlemagne ».
En attendant c’est Pépin le Bref, fils de Charles Martel qui devient le 1er
monarque des Caroligiens. Et en 768 Le jeune prince Charles, fils de Pépin est
couronné roi des Francs. Il est alors appelé Charlemagne, ce qui veut dire Carolus Magnus ou Charles le Grand.  

Charlemagne a plusieurs enfants avec Hildegarde et Louis Le Pieux est son 3e fils. Il nait en 778, à Chasseneuil du Poitou, est créé par Charlemagne roi d’Aquitaine à 3 ans
puis empereur à Aix La Chapelle en septembre 813 avant d’en hériter en 814 à sa
mort de Charlemagne car il est le seul héritier mâle encore en vie. L’empire est gigantesque. Excepté la Bretagne irréductible, cet empire couvre la France actuelle
auquel s’ajoute au Sud les Marches de l’Espagne, au Nord la Saxe, à l’Ouest la Bavière et la Carinthie, et pour finir le royaume Lombard. 

  

Dans les 7 enfants que Louis le Pieux a avec son épouse Ermengerde de Hesbaye, il y a 3 fils. Comme l’époque est guerrière, Louis est blessé en 817 et décide d’organiser sa
succession. Il nomme Lothaire son aîné empereur, son cadet Louis roi de Bavière
et son puîné Pépin roi d’Aquitaine. Ce partage est établi dans l’Ordinatio Imperii. Puis quand Ermengerde décède il se remarie avec Judith de Bavière et a un 4e fils qu’il appellera Charles. Alors Louis 1er veut repartager son empire et c’est le début de guerres incessantes et particulièrement vindicatives.  

  

Finalement lors du partage de Verdun en 843, 3 ans après la mort de Louis le Pieux, le cadet Pépin est mort, l’ainé Lothaire est empereur d’Occident et obtient l’Italie et Aix la
Chapelle, Louis prend la Saxe, l’Austrasie, l’Alémanie et la Bavière, et Charles II conserve l’Ouest du royaume qui prendra le nom de Francia. L’origine du nom de notre pays. 

  

  

Les régalia 

  

Le couronnement d’un roi est un symbole fort de prise de pouvoir et les bijoux jouent un rôle important dans cette cérémonie. Les symboles de la royauté sont appelé regalia.


Les regalia évoluent selon les pays et les époques ce qui fait que ceux de France sont différents de ceux de l’Allemagne par exemple. Cependant comme l’histoire vient de nous le rappeler les racines sont communes depuis Charlemagne.  

  

En France les régalia sont la couronne, la fleur de lys, le sceptre, la main de justice, l’épée, les éperons et l’anneau.  

Ces insignes royaux, rescapés de l’histoire, sont conservés au Louvre et à Saint Denis. En effet, la basilique est la nécropole des rois en France depuis l’époque mérovingienne et Pépin Le Bref, le grand père de Louis Le Pieux, sera le premier roi à y être couronné, scellant ainsi l’alliance entre les rois francs et la Papauté et créant la tradition du sacre. Par la suite les rois de France seront sacrés à Reims et c’est justement Louis Le Pieux qui sera le premier à le faire le 5 octobre 816. Et dans cette cérémonie le joyau indispensable et qui est commun à tous les rois sera la couronne. 

Car la couronne symbolise par excellence le pouvoir royal et la domination.  

Mais pour être claire, il n’existe aujourd’hui aucune trace de la couronne de Charlemagne et encore moins de Louis le Pieux. 

  

  

La couronne 

  

Quand on parle des couronnes des Charlemagne on fait référence aux couronnes de Philippe Auguste et de son épouse Ingelburge de Danemark que le roi lègue par testament au trésor de Saint Denis. Cependant son fils Louis VIII décide de les racheter pour se faire couronner à Reims avec son épouse Blanche de Castille. Par la suite tous
les rois et reines jusqu'à Henri III seront couronnés de ces couronnes, à l'exception de Jean II et Charles VII.  

L’inventaire du trésor de 1534 décrit la couronne du roi qui pesait en totalité 4 kg. Elle était en or massif avec ses 48 pierres précieuses (rubis, émeraudes, saphirs et spinelles) sur le cercle et le fleuron, disposait de chaines en argent et d’une coiffe
intérieure surmontée d’un rubis de 200 carats. 

La couronne du roi sera fondue en 1590 par les ducs de Mayenne et de Nemours pour financer la Ligue catholique, alors c’est la couronne de la reine, quasi identique, qui
servira pour les autres sacres royaux. 

  

Dans le trésor de Saint Denis, il y avait aussi la Sainte Couronne, appelée aussi couronne de Saint Louis, avec laquelle Jean II se fera couronner. Elle était fleurdelisée,
en or, avec un spinelle de 278 carat qui abritait une épine de la couronne de Jésus Christ et serti de grenats, saphirs, émeraudes et perles. 

  

Mais il y avait aussi des couronnes qui ne servaient pas au sacre. Charles V a eu 21 couronnes ! Parfois elles n’avaient même pas de gemmes, elles pouvaient même être en vermeil pour être moins lourdes. La forme des couronnes évoluent également : à
partir de Louis XII, elles sont fermées par 8 arches. 

  

La convention nationale, à la Révolution, décidera de détruire les couronnes symbole d’un pouvoir honni.  

  

Quand Napoléon Ier décide de se faire sacrer empereur, il crée de nouveaux régalia et la pièce maitresse est évidemment la couronne. Alors il va en faire créer 2 ! La première est une couronne de laurier en or comme les empereurs romains et laseconde est une couronne à 8 arches qu’il va appeler « couronne de Charlemagne ».  

  

Aujourd’hui, les seules couronnes encore présentes dans les collections nationales sont celle de Louis XV, de Napoléon Ier et de l’impératrice Eugénie qui sont exposées au Louvre. 

  

  

La Couronne de Louis Le Pieux 

  

On comprend combien il est difficile de recréer d’une façon historique, la couronne de
louis Le Pieux sans véritable description ni représentation. Gilles Laville, le président du Musée d’Autrefois, choisit alors le tableau de Jean Joseph Dassy. Né le 27 décembre 1791 à Marseille, ce peintre est spécialiste des scènes de l'histoire de France et les thèmes religieux. Son tableau « Louis Ier dit le Pieux (778-840), empereur d'Occident » est exposé au Château de Versailles. Les régalia dont il pare le roi sont une interprétation de l’histoire. Le sceptre comporte une croix d’inspiration byzantine orthodoxe et dans sa main droite le roi porte l’orbe crucigère qui fait effectivement référence à Charlemagne mais l’existence de ce globe impérial date du XIIe siècle dans les regalia du saint empire germanique et n’existe en France qu’au sacre de
Napoléon Ier. 

La couronne comporte une seule arche transversale plantée de perles, surmontée d’une pomme de pin et jointe au bandeau par des feuilles d’acanthe. Le pourtour supérieur du bandeau est également planté de perles. Et sur le bandeau, des cabochons de formes ovales représentent des gemmes vertes et rouges alternées entourées de petites perles et chaque cabochon est séparé par 2 grosses perles positionnées l’une au dessus de l’autre comme une ponctuation. 

A la décharge du peintre il faut se souvenir qu’au XIXe siècle prédomine ce qu’en art on appelle la « couleur locale ». C’est-à-dire que les artistes représentent l’historique
avec les marqueurs de leur propre époque. La feuille d’acanthe est une référence à la culture grecque qui est très à la mode au XIXe. Quand à la pomme de pin c’est un symbole papal que Jean Joseph Dassy place en haut de la couronne « au sommet des choses » comme un 3e œil dont elle est le symbole païen en référence à la glande spinale.  

  

La commande de la réalisation de cette couronne de Louis Le Pieux arrive en novembre 2020 dans la boite mail du Maitre artisan Joaillier Béranger Poiron. Installé à Nantes, le
joaillier est connu par ses bijoux d’histoire notamment ses reproductions de bagues de templiers. Recréer la couronne de Louis Le Pieux, d’après le tableau de Jean Joseph Dassy lui apparait comme un délicieux challenge. Pas de plans techniques ! Il fait des épures. Pas de mesures ! Il prend celle de sa propre tête. Et commence par réaliser une maquette en carton.  

Puis méthodiquement, patiemment, il résout un à un les problèmes techniques inusités qui se posent malicieusement à chaque étape. La plaque de cuivre à découper excède la longueur de sa scie bocfils : il trouve le moyen de la découper par jet d’eau.
Pour la mettre en forme arrondie, aucun de ses triboulets servant habituellement pour les bagues ou les bracelets n’est à dimension : alors il crée une forme spéciale en contreplaqué.  

  

Il cherche des modèles de feuilles d’acanthe et dessine jusqu’au gabarit idéal. Puis les
découpent dans le métal et manie l’embouti et le contre embouti pour leur donner le joli mouvement renflé de la base, creusé au centre et saillant de la pointe.  

  

Quand à la pomme de pin, Béranger Poiron avait hâte de la réaliser ! Il avait tellement imaginé les étapes et visualisé cette création ! Il sculpte la cire à la main. Et la fonte, comme un baptême du feu, lui donne l’occasion d’utiliser le four datant de 1900 et provenant d’un atelier d’horloger qu’il venait de chiner. Ensuite c’est au burin qu’il réalise les détails sur le métal. 

  

Pour positionner les perles sur le pourtour de la couronne et de l’arche, il découpe des tiges de métal et les soude, à la volée, une à une, en positionnant la couronne sur un
plateau tournant actionné par un embrayage de 2 CV. 

  

Chaque étape aura soulevé des interrogations, et Béranger aura déjoué ces impossibles. Au final la couronne en laiton doré, cerclé de perles et orné de 15 cabochons d’époxy verts et rouges, pèse 700 grammes. Si elle avait été en or le poids aurait atteint 1,4 kg. Elle est démontable grâce à ses rivets. Réalisée en 6 mois elle a nécessité 300 heures de travail. 5 des étudiants de l’atelier ont pu mettre la main à la
cette couronne Aude Péguet de l’école Boulle, Ombeline Thomas de l’école Léonard de Vinci, Elona Mathé du Lycée Clément de Pémille, ont vécu les premières étapes. Puis Marion Frouin et Valentine Bourgeois du Lycée Jean Guéhenno ont réalisés les soudures, dérushés et les finitions au « cabron ». 

  

La couronne, trône aujourd’hui sous vitrine au Musée d’Autrefois, le musée d’Art et de Tradition populaire de Chasseneuil du Poitou à côté de la gravure du roi.  

  

  

Ainsi se termine cette histoire de la couronne de Louis Le Pieux ressuscité par le maitre
artisan joaillier Béranger Poiron.  

  

  

Je suis Anne Desmarest de Jotemps et je donne une voix aux bijoux chaque dimanche. Et si vous aussi vous avez envie de faire parler vos bijoux et votre Maison je serai
ravie de vous accompagner pour réaliser votre podcast joaillier. 

  

La semaine prochaine je vous donne rendez-vous sur le podcast sur « Il était une fois le bijou » le podcast thématique de la joaillerie, pour le 6e épisode de la saison consacrée aux joailliers du rap où nous entendrons Téhé Ouna fondateur de la Maison Goldaia nous parler, des nouveaux codes du luxe façon hip hop. 

  

Le dimanche suivant notre rdv sera sur Brillante, le podcast des femmes de la joaillerie où je recevrais Bernadette Pinet-Cuoq la présidente exécutive de l’union française BJOP.  

  

Et puis nous nous retrouverons le 26 septembre sur ce podcast pour un « le bijou comme un bisou » un peu particulier puisqu’avec Isabelle Sadoux la podcasteuse de
la voix du parfum nous vous parlerons à 2 voix, en parfum et en bijoux, des 100 ans du N°5 de Chanel. 

  

Pour ne manquez aucun de nos rendez-vous du dimanche autour du bijou, abonnez à chacun de ces 3 podcasts « Il était une fois le bijou », « le bijou comme un bisou » et « Brillante » sur votre plate-forme d’écoute préférée et encouragez-moi en partageant l’épisode sur vos réseaux sociaux. Si vous êtes sur Apple podcast ou sur You Tube mettez de jolis commentaires, c’est ce qui permet de référencer les podcasts !  

  

A dimanche pour votre prochaine histoire de bijou ! 

  

  

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