- Speaker #0
Bonjour, vous écoutez Le Bruyant. Ici, on ne parle pas de l'œuvre, on parle de ce qu'il y a avant. Je m'appelle Claire et je ne suis pas artiste, mais j'ai eu envie de les comprendre. Alors je me suis lancée à la rencontre des artistes et des créateurs pour suivre leur chemin créatif, les décoptiquer et les rendre visibles. Parce que l'art ne se résume pas à une histoire de deux. Parce que créer est une pratique vivante, quelque chose qui se construit. se transforment et surtout se partagent. Alors pour comprendre avec moi où tout commence vraiment, bienvenue dans Le Bruit. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Clotilde, une artiste multiple, sensible, solaire, mais avant tout mon amie. Et si j'ai voulu commencer Le Bruit avec elle, ce n'est pas un hasard, c'était une évidence. C'est l'une des premières personnes que j'ai vu créer, bien avant qu'il soit question de se dire artiste. Je l'ai vue imaginer des vêtements, fabriquer des objets, danser, inventer des formes, des styles et des univers qui faisaient rêver nos journées d'enfants. J'ai toujours eu le sentiment que chez elle, la créativité était quelque chose de naturel, de spontané et presque une manière d'être au monde. Et pourtant, son parcours est fait de détours, de doutes, même si le besoin de créer, lui, a, semble-t-il, persisté malgré tout comme une idée fixe. Aujourd'hui, Clotilde développe son travail au sein du collectif d'artistes Omar Lion. Dans cet épisode, j'avais envie de revenir avec elle sur son parcours. cours sur l'espace de sa créativité et sur ce que signifie concrètement créer quand la créativité a toujours été là, mais que le cadre a mis du temps à se construire. Bonjour Clotilde. Salut Claire. Merci d'avoir accepté mon invitation à ce podcast.
- Speaker #1
Merci pour l'invitation, je suis flattée d'être la première invitée du brouillon.
- Speaker #0
Tout d'abord, peut-être que tu peux te présenter en quelques mots pour que nos auditeurs puissent te connaître et savoir un peu mieux ce que tu fais.
- Speaker #1
Ton introduction me décrit plutôt pas mal, donc en fait j'ai l'impression que t'as tout dit. Mais voilà, je m'appelle Flotile, on m'appelle Coco, mes œuvres sont signées des deux noms. En effet, je pense que je suis quelqu'un qui a une petite étincelle de créativité à l'intérieur de moi depuis toujours. Je pense qu'elle a essayé de briller de différentes manières. il y a eu la danse pendant des années je danse encore mais j'en ai fait vraiment qu'un un plaisir. Il y a eu la musique et on sait toutes les deux que le talent n'était pas là du tout. Après ça, il y a eu une petite curiosité, on va dire, pour les arts plastiques parce que je pense que c'est aussi, enfin quand on dit artiste entre guillemets, en tout cas de mon côté, c'est ce qui vient le plus facilement comme activité. Et puis il y a eu une longue période finalement de... de sécurité, où je pense que j'ai essayé de créer un cadre créatif mais stable, et j'ai essayé aussi de rassurer pas mal mes parents, je pense, en partant d'abord du côté du stylisme, de la mode, qui est un métier fascinant et merveilleux, mais un milieu dans lequel je ne me suis pas sentie bien du tout. Et puis après, plus tard... du coup le graphisme et la direction artistique, ce que j'ai fait pendant dix ans, on va dire entre 2013 et 2024, ça a été mon activité en freelance. Il se trouve qu'en 2024, par la force des choses, puisque les agences avec lesquelles je travaillais qui ont fermé, je me suis retrouvée à une intersection et ça a été finalement l'opportunité pour moi de me dire... En fait, il y a quelque chose qui grandit à l'intérieur de moi et peut-être que c'est le moment de tenter le coup et de vraiment être qui tu veux être et à savoir artiste plasticienne. Ça fait un an que je rentre dans ma deuxième année d'artiste à temps plein et ça va être top. En termes de ce que je fais, je me présente comme artiste plasticienne. C'est vrai que souvent quand on dit je suis artiste, la question c'est mais tu fais quoi de la peinture, de la sculpture, de l'écriture ? Ma réponse pour l'instant, c'est tout et le plus de choses possibles. Et comment est-ce que je canalise, on va dire, cette activité ? Ça s'est fait assez naturellement, mais j'ai créé un alphabet de formes, disons un registre de 35 formes que j'utilise de manière systématique. Et avec ces 35 formes, j'ai entre guillemets deux objectifs. Le premier, c'est d'essayer tous les médias du monde. En tout cas, tous ceux qui, quand je passe à côté d'un atelier, d'un endroit où je vois quelque chose, et je me dis « Ouh, j'ai pas essayé ça » , et bien c'est parti. Et de l'autre, c'est d'essayer de voir combien de vocabulaire visuel différent je peux développer à partir du même alphabet formel. Finalement, l'analogie, ce serait avec un même alphabet. de faberoman, ou bien de langage on peut parler on en est à 18, on cherche encore et on verra où tout ça,
- Speaker #0
ça nous mène c'est en perpétuelle évolution quand tu t'es présentée, donc t'as dit de toi que tu étais une artiste est-ce que ça a toujours été simple pour toi de te dire artiste et de dire aux autres que tu étais artiste ?
- Speaker #1
Non Pas du tout ! Et c'est quelque chose de très très très très récent et je dirais même que c'est pas... Enfin, mon choix de dire ok, je laisse le design et l'opportunité se présente maintenant, donc on l'attend et on verra, est arrivé bien avant que je ne me présente officiellement en disant bonjour pendant plusieurs mois. Je disais bonjour, je suis Clotilde. Jusqu'à présent, j'étais designer avant de dire bonjour, je suis Clotilde et je suis artiste. Je pense qu'il y a plusieurs raisons. La première, c'était, je pense, la question de la légitimité, parce que quand on change d'activité, il y a ce qu'on veut, mais l'impression de ne pas y être encore, probablement. Et je pense qu'il y a eu, parce que c'est assez récent, quand on me dit « mais pourquoi artiste ? » Pour moi, la réponse, elle est très, très claire, mais je pense que pendant longtemps, je ne l'ai pas « assumée » . Et la raison, justement, c'est qu'elle va...
- Speaker #0
Mais qu'est-ce qui a fait que tu l'as su ?
- Speaker #1
Qu'est-ce qui a fait que je l'assume ? C'est encore une autre question qui est intéressante. Il y a un moment où la force des choses, je pense que quand on veut quelque chose et qu'on veut, entre guillemets, prendre cette identité-là, il faut y aller et le dire. Sinon, ça reste un vœu et on ne prend pas vraiment les actions qui sont nécessaires pour vraiment devenir cette personne-là. Mais je pense que pendant longtemps, il y a eu vraiment un gap entre... Qui je voulais être et ce que j'assumais d'être. Et pour moi, être artiste, c'est jouer tous les jours de ma vie. Et je pense que c'est vraiment ça qui résonne. Il y a deux choses. Il y a un, ne pas faire de choix. Parce que quand on est artiste, on est plein de choses. On peut être peintre, on peut être sculpteur, on peut être photographe, on peut être créateur d'images, on peut être concepteur. Donc finalement, c'est le métier où on peut faire beaucoup de métiers. Mais c'est surtout pour moi. J'ai eu 24 heures par jour dans mes journées, un petit peu moins parce que je dors vachement. Et je veux en faire ce que je veux, et ce que je veux, c'est jouer. Et je pense que pendant longtemps, il y a eu quelque chose un peu de... De l'ordre de la honte, ou en tout cas de ne pas assumer ce truc-là, de dire, moi, tous les jours de ma vie, je veux jouer. Quelque part, je ne veux pas travailler, même si c'est vraiment tiré par les cheveux, parce qu'on travaille quand même beaucoup, je pense, pour les artistes. Mais ce n'est pas la même... Je n'ai pas l'impression de travailler. Enfin, là, ça fait deux ans que je me réveille. Et tous les matins, je fais ce que je veux faire. Alors oui, évidemment, il y a des contraintes, oui, il y a des conditions, oui, il y a des choses que je n'ai pas envie de faire, mais j'ai vraiment l'impression de jouer, de jouer tous les jours de ma vie. Et c'est quelque chose qui, ouais, qui a fallu longtemps pour assumer, pour assumer quelque part de ne pas sauver de vie, de ne pas vraiment directement... Enfin, évidemment, au sens sociétal du terme, oui, on sait que les artistes aident la société, on ne va pas remettre ce débat-là en question, mais je ne suis pas médecin, je ne suis pas avocat. Je ne sais pas, je ne rends pas un service direct à qui que ce soit et je pense que ça, ça a été difficile à assumer quelque part parce que peut-être je ne voyais pas ce que je pouvais faire pour les autres. Et c'est quelque chose qui arrive, je pense, en pratiquant aussi, de se rendre compte de ce qu'on crée, de ce qu'on produit, de ce qu'on peut inspirer aux autres aussi finalement et peut-être que notre rôle, il est là.
- Speaker #0
Ça m'amène tout droit à une question que je voulais te poser. Tu as parlé de plaisir un peu en te présentant en introduction, en disant que tu avais gardé d'autres formes d'art. Pour le plaisir, j'entends là dans ta réponse beaucoup de références au fait de jouer, de s'amuser et peut-être de ne pas ressentir ta création comme un travail. Néanmoins, ça reste quand même un travail, il y a quelque chose que tu fais tous les jours. Et donc comme tout travail, il doit forcément y avoir des moments où tu as moins envie, où tu y arrives moins. Quelle est la place du plaisir dans ta créativité ? Comment tu fais pour surmonter ce moment où le plaisir est un peu moins là ? Je pense que c'est quelque chose que je suis activement en train de mettre en place et je dirais même consciemment en train de mettre en place et je pense que c'est quelque chose de très récent. Donc quand je dis ça fait, j'entre dans ma deuxième année on va dire active en tant qu'artiste et je pense que pendant plus des deux tiers, trois quarts de l'année dernière, j'ai envisagé et commencé à construire cette activité. pas vraiment dans ce... Si, évidemment, il y avait quelque chose de l'ordre, bien sûr, à partir de maintenant, je m'amuse et compagnie, mais je pense que pendant longtemps, j'ai calqué l'image du vrai métier, entre guillemets, sur mon activité, et je me suis empêchée de beaucoup de choses, autant en termes de production qu'en termes de manière de travailler. Honnêtement, je peux... Je pense vraiment pas pouvoir dire qu'il y a des moments où j'ai pas envie de créer. Je... Je vois pas. de moments où ça m'est déjà arrivé, où la création était lourde. En revanche, je pense que je me suis mis des barrières ou des pressions qui ont fait que j'ai fait reculer cette action de créer et compagnie. Alors c'était plus du coup de l'ordre de la procrastination, de plus... Parce qu'évidemment, il y a des moments, il y a des choses que je n'ai pas envie de faire, mais elles sont plus de l'ordre de la comptabilité, les demandes de devis, chercher les partenaires, mettre en place les plannings, parfois faire les photoshooting qui sont, entre guillemets, pour moi, la côté de la création des pièces. c'est plus tous ces trucs là entre guillemets qui me font traîner la patte en termes de création pure je dirais pas qu'il y a des moments enfin en tout cas pour moi très personnellement je pense pas qu'il y ait des moments où les choses sont... Il n'y a jamais de moment où je n'ai pas envie de créer, il n'y a jamais de moment où je n'ai pas d'idée, je touche du bois et j'espère que ça durera toujours. Par contre, je pense qu'il y a des moments où je veux aller trop vite au résultat et ça bloque la création ou des moments où... Ouais, je pense que c'est vraiment ça en fait. C'est une question d'aller trop vite ou de pas laisser le temps aux choses de décanter, de poser et d'évoluer d'elles-mêmes parce que je pense que finalement, dans la créativité, il y a évidemment l'inspiration il y a évidemment le passage à l'action parce que l'inspiration sans action ça donne jamais rien mais en tout cas pour ma part et ça c'est quelque chose que j'ai vraiment réalisé récemment il y a un grand besoin d'un grand temps de laisser les idées évoluer et se poser en fait d'elles-mêmes parce que forcément enfin En tout cas, comme ça fonctionne dans ma tête, pour moi l'inspiration elle arrive très très facilement, c'est-à-dire qu'il ne faut rien, je vois quelque chose, je sens quelque chose, je ressens quelque chose et bim, il y a une idée. Mais les premières idées là, c'est l'espèce des charges magiques qui tombent un peu du ciel finalement. Elles sont parfois que des portes et parfois vouloir en faire des objets trop vite, peut-être qu'il y a un blocage par là en fait. Alors que quand on se laisse vraiment le temps, de manière... encore magique en fait, c'est toujours magique la création les choses finalement et très très souvent en tout cas pour moi prennent leur place d'elles-mêmes et je pense que la plus grosse friction que moi j'ai trouvé c'est dans justement essayer de compresser cette étape-là de la création, c'est-à-dire j'ai une idée il faut qu'elle arrive tout de suite finalement on parle toujours que c'est de cette décharge on va dire décharge créative et le reste, et cette décharge c'est pareil quelque part elle est Merci. elle est nourrie. Je veux dire, moi, j'ai ces idées visuellement et tout, mais ça fait 15 ans que je bouffe de l'image et que quand je regarde des choses, enfin maintenant, et ça, c'est pour... Enfin, typiquement, c'est scientifique. Je sais que c'est parce que mon subconscient est activé et il est activé de cette manière-là. C'est pas juste magique. C'est littéralement mon cerveau cherche des idées en continu. Et parce que je le nourris d'images, du coup, j'obtiens des images en retour. Mais il n'y a rien de...
- Speaker #1
Il n'y a rien de magique.
- Speaker #0
Il n'y a rien de magique. Il y a un truc magique dans le sens où mon cerveau fonctionne comme ça et il pourrait fonctionner autrement. Mais il y a aussi quelque chose de l'ordre, juste d'entraînement en fait.
- Speaker #1
Et comment tu arrives à savoir quand cette idée, cette intuition va se transformer en quelque chose ? Tu arrives à savoir le moment où tu vas passer à l'action sur une idée ?
- Speaker #0
Je pense que le ressenti, il n'est pas le même. La création, c'est quelque chose qui a toujours été complètement naturel pour moi et que je n'ai jamais théorisé, que je n'ai jamais réfléchi. Pendant très longtemps, j'ai pensé que tout le monde Merci. avait le cerveau qui fonctionnait comme ça, et que voilà, tout le monde a des idées, tout le monde voit des choses et a envie de créer, après d'une manière ou d'une autre. Je me rends compte que non, ce n'est pas forcément le cas. Du coup, la théorisation de cette pratique, elle arrive vraiment en temps réel, là, maintenant, pour moi. Mais j'aurais tendance à dire que c'est un sentiment. Plus que vraiment...
- Speaker #1
Ça fait partie de l'invitation.
- Speaker #0
Oui, je dirais qu'il y a des idées. Comme je vois mon processus d'inspiration, on va dire plus que de création, je vois des choses, il y a des choses qui pétillent un petit peu plus que d'autres dans ma tête. Du coup, forcément, je m'oriente plus là-dedans. Et parfois, elles sont très nettes tout de suite et on peut passer à l'action tout de suite. Il y a des fois des idées qui n'ont pas besoin d'être posées pendant... pendant longtemps. Et il y a des fois des choses auxquelles on repense ou qui se combinent quelque part un petit peu. Il y avait quelque chose un peu dans l'arrière de ma tête et puis je vais voir autre chose, je vais découvrir un média, je vais découvrir un support, je vais découvrir une... ou je vais me dire où, mais une opportunité même des fois. Et du coup, l'idée qui était là, elle trouve justement sa place. Moi, j'aurais tendance à dire que quand l'envie d'agir sur cette idée vient naturellement, qu'elle ne donne pas, c'est-à-dire, mais comment je vais faire, et où est-ce que je vais le faire, et est-ce que ça va se passer, du coup c'est que c'est le moment. Quand on se dit, même sans savoir faire, se dire, bah oui, effectivement, en fait, je vais le tenter, là, je vais faire une table, et puis on verra si ça va, c'est que c'est prêt. Si on commence à se dire, oh là oui, mais je sais pas, et pour les pieds, et pour le plateau, et pour la charge, peut-être que c'est pas le moment.
- Speaker #1
Et est-ce que tu penses dans ce sens que les conditions matérielles dans lesquelles tu te trouves sont importantes dans ton processus de création, c'est-à-dire qu'ils nourrissent le processus de création, ou est-ce que tu vas avoir l'idée et puis te mettre en marche pour avoir cet espace matériel de faire les choses ?
- Speaker #0
Je pense que c'est difficile de faire une généralisation parce que ça dépend aussi beaucoup des projets, du contexte et des opportunités. Mais j'aurais tendance à dire, si vraiment je dois généraliser ma pratique, que les idées, elles sont là, c'est un flux constant pour moi. Je veux dire, j'ai des listes et des listes et des listes, que ce soit dans les carnets, dans ma tête. Les idées, elles tombent, je dirais, en continu, toute la journée, 8 heures par jour, en tout cas de manière consciente quand je suis éveillée. C'est vrai que forcément, du coup, obtenir les conditions matérielles, que ce soit un lieu, que ce soit... un projet, un contrat, un incubateur, une opportunité, du coup, aident beaucoup à matérialiser les idées. Après, ça dépend où vous les utilisez. Il y a des idées qui sont tellement précieuses, entre guillemets, qu'elles doivent sortir. Et du coup, on va chercher les moyens au moment où l'idée arrive parce qu'il faut absolument qu'elle se réalise. Il y en a d'autres qui restent un petit peu en sommeil, je dirais, pendant quelque temps. jusqu'à ce que les conditions entre guillemets parfaites se matérialisent et que du coup les choses se rendent compte.
- Speaker #1
Et est-ce qu'entre ton idée de départ et ce à quoi tu arrives à la fin, il y a une vraie évolution ? Je pense que c'est très différent en fonction des artistes. Je pense qu'il y en a qui, dès le début, projettent une version finale qui va évoluer très peu, qui va évoluer toujours mais très peu, et d'autres qui en fait se laissent porter par l'évolution. Tu travailles comment là-dessus toi ?
- Speaker #0
C'est hyper intéressant comme question et j'ai réalisé, pas plus loin que la semaine dernière, j'ai eu cette discussion avec mon amoureux. C'est très très drôle parce que pour moi c'était le choc. Moi je suis quelqu'un de très très très très visuel, donc de manière générale quand j'ai une idée, je sais à quoi elle ressemble, je sais à quoi ressemble le projet final. Et je dirais même que j'ai besoin d'avoir cette image en amont pour pouvoir... faire exister l'idée dans le monde réel. Donc, de mon côté, j'aurais tendance à dire que, d'autant plus que je suis quelqu'un d'un petit peu... Donc, quand j'ai une idée, il faut qu'on arrive au résultat. Là, je suis en train de préparer une exposition, par exemple, pour avril. On peut prendre ça comme un cas pratique. Cette exposition, je sais que je dois la préparer depuis juin l'année dernière, quand j'ai été sélectionnée pour pour Omar et on connaissait la galerie où les choses se faisaient donc j'avais un visuel du lieu et du coup j'avais mis en place quelque chose dans ma tête de très très clair et finalement la galerie a changé, le concept a changé et on nous a proposé un autre espace et une autre manière de montrer nos idées et pour moi tout de suite quand on nous a dit ça va être cet espace là ça va être dans ce lieu là L'idée a complètement changé et ça a été très très clair. C'est-à-dire que je suis partie sur une piste, je n'ai pas de plan B, je dois valider la semaine prochaine le concept de l'exposition. J'espère que ce sera validé parce que c'est très très clair pour moi où je vais. Et du coup, la semaine dernière, je travaillais sur cette exposition et j'ai fait un petit croquis de mon lieu avec ce que je voulais accrocher où, ce que je voulais fabriquer et le poser où. J'étais en train de faire ça et mon copain passe derrière moi et il me dit « Ah mais en fait, t'as déjà le visuel hyper clair de ce que tu vas faire. » Et vraiment, la question m'a choquée. J'étais là « Bah oui, si j'ai pas le visuel, comment est-ce que je suis censée produire mon idée ? Si je peux pas la voir dans ma tête, si je peux pas la coucher sur le papier ? » comment est-ce que je peux déjà communiquer mes idées pour les rendre réelles ? Et littéralement, comment est-ce que je peux faire un pas dans cette direction ? Donc c'est très drôle, parce que de mon point de vue, et je me rends compte qu'en fait c'est hyper fermé pour quelqu'un de créatif, parfois je manque de créativité. C'est un besoin de visualisation. J'étais là, mais comment est-ce qu'on peut créer une idée si on ne peut pas la voir ? dans sa tête si on ne peut pas la décrire parce que la voir après chacun a un cerveau qui fonctionne différemment j'imagine que certaines personnes l'entendent certaines personnes la ressentent mais quelque part si tu ne peux pas décrire ton idée comment est-ce que tu peux la rendre réelle ?
- Speaker #1
ça va avec le fait que ton image finale soit très claire dans ta tête dès le début de ton processus créatif alors après évidemment il y a les conditions il y a ce qu'on peut mettre en place il y a ce qu'on peut trouver Merci.
- Speaker #0
Et forcément, il y a des petites choses qui changent. Je ne sais pas si les couleurs seront celles qu'elles sont dans ma tête maintenant. Quand j'imagine qu'il y aura, je ne sais pas, une chaise par là, peut-être que finalement, ce sera un fauteuil ou peut-être que ce sera un tabouret ou peut-être qu'il ne sera pas là et il sera de l'autre côté parce que visuellement, pour arranger les choses, il faut que ça évolue. Mais du coup, je suis curieuse. J'ai hâte d'entendre les autres épisodes du brouillon pour savoir comment les gens... Parce que vraiment, maintenant, oui, je comprends. Je me dis va.
- Speaker #1
ouais en effet peut-être que mais vraiment quand il m'a posé la question j'étais là bah évidemment je sais ce que je veux faire sinon comment est-ce que je vais le faire il y a peut-être quelque chose de très lié aussi au fait que ta pratique artistique soit visuelle, il y a peut-être moins de place pour l'évolution puisque dès le début toi tu as quelque chose de visuel.
- Speaker #0
Dès le début en effet je fonctionne en images, c'est vrai que c'est pas du tout mon domaine et du coup c'est très difficile pour moi de projeter mais potentiellement si j'écrivais un livre les choses fonctionneraient différemment. Encore que là, en le disant, je me dis, si je devais écrire un livre... Quelque part, t'écris un film dans ta tête. Et du coup, j'ai les images, en fait. Pas les images de l'écriture du livre, mais les images de l'histoire. Et je pense que si je devais écrire un livre, ce serait ça, en fait. Dans ma tête, ce serait littéralement visualiser l'histoire et la décrire. En tout cas, c'est comme ça que, de mon point de vue, je fantasme le métier d'auteur.
- Speaker #1
Oui. Là-dessus, justement, sur l'évaluation de ton idée, l'intuition dont tu parlais tout à l'heure, de dire « en fait, quand j'ai l'idée, c'est que soit c'est le bon moment et j'ai l'intuition que c'est le moment de la sortir » , est-ce que tu as ressenti parfois que le regard des gens ou les avis extérieurs pouvaient avoir un effet positif ou négatif, mais un effet en tout cas influé sur, un, ton idée, et deux, la manière dont tu vas la concrétiser derrière ?
- Speaker #0
Absolument. absolument je vais reprendre du coup l'année dernière parce que vraiment enfin ouais c'est ça pour moi c'est un début d'activité et je suis vraiment dans cette construction et j'apprends à connaître mon identité d'artiste finalement j'ai envie d'utiliser le passé parce que c'est pas qui j'ai envie d'être et j'ai envie de changer ce regard mais pendant très longtemps j'ai eu besoin que mes idées soient validées Même pas au sens, enfin c'était même pas une question ni de marketing ni d'assuré, c'est j'avais besoin d'entendre que oui mon idée était bonne et elle pouvait être réalisée je pense. Maintenant je pense que je suis en train d'apprendre à reconnaître ce que je vais appeler le sentiment de la bonne idée ou l'impression de la bonne idée, c'est-à-dire qu'il y a des choses qui provoquent une telle envie, une telle excitation à la réalisation. que du coup ces idées-là forcément elles n'ont pas besoin de la validation de quelqu'un d'autre et je pense que je suis en train d'essayer d'apprendre à reconnaître ce sentiment-là qui du coup m'incite je dirais plus à protéger peut-être et à ne pas forcément parler de ces idées-là pour pas justement que l'influence extérieure de quelqu'un d'autre ou de quelque chose d'autre les modifie et les fois où en effet parce que bon... On n'a pas la science infuse et des fois, on a besoin d'un conseil ou d'un point de vue ou d'une compagnie. Mais je pense que l'important, c'est d'essayer d'arriver à ça en disant, ok, là, j'ai besoin d'un deuxième point de vue. J'ai envie, en tout cas, que quelqu'un me dise ce qu'il en pense, mais sans laisser la place au si cette personne-là ne voit pas la vision ou n'a pas la même. Enfin, ce n'est pas définitif. Parce que sinon, l'idée, ça reste... Mais il y a certains moments où je suis là, genre non, ça j'en suis tellement sûre que je préfère ne pas en parler, comme ça ce ne sera pas remis en question.
- Speaker #1
Ouais, je vois. Et quel est ton rapport à l'abandon ? Parce que parfois, je suppose, alors peut-être pas du tout, que tu as eu une vision, que tu as commencé à te mettre en marche, que tu as commencé à mettre en œuvre une idée. Et puis, à un moment donné, soit les conditions n'étaient pas bonnes, soit tu as bloqué sur quelque chose, soit voilà. Tu arrives à lâcher un projet à un moment donné parce que ce n'est pas le moment ou je ne sais pas pour quelle raison d'ailleurs tu pourrais abandonner. Ou est-ce que vraiment c'est quelque chose qui te coûte ? Comment ça se passe pour toi de décider d'arrêter un projet ?
- Speaker #0
Je suis en train d'essayer de trouver dans ma tête des exemples de projets que j'ai. Parce que quand tu poses ces questions-là, j'entends... Enfin, j'entends ce qui résonne dans ma tête, c'est j'ai des projets. Par exemple, j'ai un projet que j'ai depuis plusieurs années qui est dans ma tête, qui est encore flou. Il a un côté très, très précis. Je sais de quoi je veux parler. Je sais un petit peu comment je veux en parler. Mais il n'a pas encore trouvé son cadre, je veux dire. Et ça fait des années que ça dure. Ça fait des années que je prends des notes pour ce projet, que je garde des visuels pour ce projet. J'ai des dossiers d'images enregistrées qui concernent ce projet. Mais ce projet n'existe pas. Dans ma tête, c'est un peu ça qui vient. Alors du coup, ce n'est pas un abandon. Parce qu'en fait, c'est juste qu'il n'est pas encore né. Il est en gestation. Donc ça ne correspond pas vraiment. Honnêtement, c'est assez rare que j'ai vraiment abandonné un projet que j'avais commencé à mettre en place, je veux dire, dans le monde physique. Parce que j'ai des projets qui sont en sommeil. en fait ou en attente dans le monde physique et dans ma tête après moi je suis quelqu'un qui est du genre à vouloir toujours plus qui a parfois du mal à prendre des décisions et dans ce sens là j'ai abandonné des parties de projet soit parce que le timing ne permettait plus soit parce qu'il n'y avait pas les moyens mais je dirais que du coup je le vois plus plus comme une sélection naturelle. Il y a un moment où il faut faire des choix. Les choix ne sont pas toujours faciles à faire. Parfois, c'est le timing. Parfois, c'est les moyens qui font que certaines idées sont laissées de côté ou pas mises en place. Abandonner. De vrai, je ne sais pas. Quelque part, ces idées, elles restent et elles peuvent être réutilisées plus tard ou autrement. Il y a eu des questions de rejet aussi. Typiquement, par exemple, avec des appels à projets où je mets en place un projet, je ne suis pas sélectionnée. Mais je ne considère pas vraiment un abandon, parce que ce projet-là, potentiellement, il peut refleurir plus tard. Donc c'est plus comme ça que je vois les choses. J'ai des listes et des listes, mais de kilomètres d'idées qui... Par exemple, je ne sais pas, je dis n'importe quoi, l'année dernière, je voulais faire une collection de skateboards. Ce n'est pas arrivé parce que pas le temps, pas les moyens, je n'ai pas trouvé le bon fournisseur. Ce n'est pas vraiment abandonné. Ça arrivera probablement à un prochain projet et compagnie, donc c'est plus. en attente. Et je pense que du coup, de faire ce truc-là, de se dire c'est là et ça peut être pioché, c'est pas un abandon actif. Il y a des idées qui finalement finissent par disparaître ou s'évaporer parce que forcément la pratique évolue, les envies évoluent et du coup on n'en reparle jamais. Mais c'est pas vraiment une décision proactive de se dire ça, non, ça n'existera pas. C'est intéressant du coup, parce que en fait, t'as jamais rien abandonné.
- Speaker #1
Oui, en fait, chaque fois que tu arrêtes un projet, que tu l'interromps en tout cas, tu ne te dis pas que c'est pour l'abandonner, c'est pour le reprendre dans de meilleures circonstances, au moment où il sera peut-être un peu plus... Ou alors qu'il se mixera avec un autre projet.
- Speaker #0
Ou alors il peut évoluer, il peut prendre une autre forme. Il peut être abandonné, mais entre guillemets, c'est plus comme un objet oublié, un petit peu, qui est dans un tiroir. Et forcément, si on ne réouvre pas le tiroir, il restera où il est. Mais potentiellement, un jour, en cherchant autre chose, tu réouvres le tiroir et t'es là, mais c'est le porte-clés qu'il me fallait, ça ! Donc je dirais, c'est plus comme ça que je vois. Vraiment, je suis en train de chercher, est-ce qu'il y a un projet que t'as complètement abandonné ? Ou alors, après, si, c'est une idée où on se dit, ben non, ça ne résonne plus, quoi. Mais dans le sens où, je veux dire, comme finalement, en allant faire du shopping, tu trouves une robe merveilleuse, puis tes pattes t'a fait sûre, et puis tu te dis, j'attends de voir la journée, et finalement, elle ne te plaît plus, et tu ne la jettes pas.
- Speaker #1
Et t'as dit que t'étais en pleine évolution, construction de ton identité d'artiste ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Est-ce que le fait d'avoir intégré cette année un collectif, donc Omar Lyon, est venu apporter un changement significatif dans cette évolution ? Est-ce que ça t'a enrichi ? Qu'est-ce que t'en attends ? Est-ce que ça va vraiment avoir un impact sur ta pratique artistique ?
- Speaker #0
Oui. Déjà, et je pense sincèrement que ma vision de ce que c'est d'être artiste et la manière dont je me présente au monde, mais que ce soit vraiment, enfin, dont je me présente au public, mais aussi dont juste, enfin, les... Les petits choix du quotidien que je fais, ce matin, je me lève et j'agis de cette manière-là, vraiment mon identité de personne, je pense qu'elle a pris un bond de confiance et de légitimisation, c'est comme ça qu'on dit ? Légitimité, en étant acceptée chez Omar. Je pense que ça a été vraiment le déclencheur. C'est assez récent puisque ça date de septembre. l'acceptation officielle, mais je pense que c'est depuis septembre, du coup, où je me considère et je me sens honnête quand je dis je suis artiste, parce que d'avoir été sélectionnée par cet incubateur, de rentrer finalement dans la lignée d'autres artistes que je connais, que j'admire, qui ont eu cette place-là l'année dernière, les gens qu'il y a dans la promo aussi, enfin je veux dire, dans la promo, il y a des artistes que moi je suis et j'admire depuis des années, du coup, de faire... partie de ce microcosme là m'a fait finalement valider à moi-même cette identité là accepter quelque part que c'est réel et oui je suis légitime et oui je suis artiste et je suis pas juste ancienne designer ou créative non en fait c'est ma vie c'est tous les jours et depuis on va dire depuis que c'est assumé depuis septembre 2025 je suis artiste Donc ouais, ça a été finalement de manière très abstraite, mais très mentale. Ça a été un très très gros changement pour moi. Et puis forcément, les opportunités qui s'en suivent. L'année dernière, j'ai tout fait moi-même, j'ai démarché moi-même. Ça a été un très grand bond, parce que je me suis dit, ok, vas-y, maintenant t'es artiste, agis comme une artiste. Mais il y avait quelque chose vraiment de l'ordre du jeu de rôle. là de faire partie de cette structure d'être entourée et d'être présentée du coup avec des opportunités qui sont vraiment professionnelles, qui sont des opportunités pour des artistes professionnels émergents certes, mais entre guillemets des vrais artistes ça aide vachement finalement à enfiler ces petites bottes d'artistes le matin qu'est-ce que j'en attends ? des opportunités clairement, on va dire, qui arrivent de manière un petit peu plus organique, parce que finalement, quand on est artiste, on crée, mais pas que. Moi, je travaille toute seule, je suis toute seule chez moi, donc je suis aussi comptable, comme je le disais tout à l'heure, photographe, mais je suis aussi mon propre agent, et ce n'est pas un rôle pour lequel je suis hyper douée. Donc principalement, du coup, le fait de faire partie de cette structure, pour moi, cette année, c'est un cadre. ce que je n'ai pas besoin de construire. Donc ça, en termes de poids, en termes de temps, en termes de qualité des opportunités aussi, c'est un très très très grand changement. Donc je compte un petit peu là-dessus pour continuer de légitimiser, pour continuer de professionnaliser et que ce soit vraiment, d'un côté vraiment dans le physique, je veux dire plus d'opportunités, plus d'argent, plus de projets, plus de création, mais aussi du côté mental de la situation. Enfin, c'est un entraînement finalement cette année. à vraiment devenir qui je suis.
- Speaker #1
Alors c'est super intéressant là-dessus, parce que c'est intéressant de voir cette phase dans la construction artistique de professionnalisation, qui dit professionnalisation, dit aussi pouvoir en vivre en fait. Il y a une logique, j'ai pas envie de dire marchande pour de l'art, mais en tout cas, si tu es arrivé à gagner sa vie avec son art, est-ce que tu as senti toi dans cette phase-là ? Une influence justement sur tes idées, sur l'orientation que tu donnais. Est-ce que la petite question que tu ne te posais peut-être pas avant de « est-ce que ça va pouvoir se vendre ? » ça vient influer ta pratique ou pas du tout ?
- Speaker #0
Alors, je ne peux pas dire pas du tout parce que ce ne serait pas complètement honnête parce que forcément, du coup, c'est une question qui se pose et il y a un moment où il faut bouffer. Je pense que c'est plus dans la structuration. de ma pratique et de mon business, entre guillemets, que ça prend de la place plutôt qu'au niveau de ma création. En termes de création, j'ai beaucoup de mal, moi, à faire des compromis. Donc, en termes de création, j'ai envie de dire... C'est très compliqué pour moi. Enfin, même quand on me dit... Des fois, j'ai mon copain qui fait ça. Il est dans la vente, il est dans le business. Il est très, très, très doué pour ce qu'il fait. Des fois, il me dit « Ah ouais, il faut que tu fasses ça parce que c'est ça qui marche, tu vois, tu l'as vendu, les gens en veulent. » Et c'est vraiment le truc qui me hérisse un petit peu. D'un côté, je suis là genre « Non, j'ai pas envie de faire ça, j'ai envie de faire ce que je veux. »
- Speaker #1
C'est pas incompatible avec ta libération.
- Speaker #0
Mais d'un autre côté, on peut se dire aussi, enfin voir les choses différemment, se dire « Bah voilà, sur ce que j'appelle les grosses pièces, il y a une espèce de... il y a quelque chose qui est intouchable. » et qui fera, c'est ce qui doit sortir, qui doit sortir et qui se fera. Mais après, on peut voir aussi des choses différemment. Sur de l'art, on va dire, je pense par exemple à des toiles, à des sculptures, à des installations. De mon point de vue, je pense que ce serait une erreur d'essayer de créer quelque chose qui peut plaire parce que je pense que je perdrais une honnêteté. finalement, de qui je suis en tant que créateur et qu'est-ce qui sort de moi naturellement, on va dire. Mais après, la pratique peut se faire différemment. Est-ce que ce n'est pas super excitant de se dire « Ok, je fais des grosses pièces comme ça et puis je fais aussi n'importe quoi, des pièces plus design, des pièces plus accessibles, des pièces qui... » Donc, du coup, on part sur ce côté-là de vente. Et du coup, dans ce cadre-là, de choses entre guillemets qui se vendent la création est libre j'espère parce que j'y suis pas tout à fait encore et donc je peux pas enfin je peux pas arriver en donnant des conseils mais je pense que la question de la vente en tant qu'artiste ou de la marchandisation des pièces elle se fait peut-être plus dans la manière dont on raconte notre art que ce soit la manière dont on la montre, les lieux où on la montre comment on en parle où on en parle plus que sur le fond de la création pure, peut-être. J'espère.
- Speaker #1
Tout le marketing qu'il y a autour.
- Speaker #0
Oui, j'espère vraiment parce qu'en fait, je pense que c'est clair. Du coup, dans mon discours, non, je ne veux pas compromettre sur ce que je fabrique. Après, on peut voir les choses de différentes manières aussi. Par exemple, je dis, moi, je travaille parfois sur commande. Donc, quelque part, c'est bien créer une pièce pour quelqu'un comme il la veut. Alors... bien évidemment dans un cadre, c'est-à-dire que moi je travaille avec mes 35 formes, si on me dit écoute je veux des fleurs hyper réalistes, je te dirais chouette, tu as très bon goût, c'est génial pour toi, par contre je ne suis pas l'artiste qu'il te faut. En revanche si on me dit bah voilà moi j'adore ce que tu fais, j'adore tes formes et tout, mais je voudrais quelque chose plutôt dans ces matériaux-là ou plutôt dans ces formes-là, je pense qu'on peut le voir comme une entrée, c'est un jeu de créativité aussi. c'est comme se dire je vais écrire un texte sans eux, je vais écrire ça il y a ce truc là de la contrainte qui finalement apporte d'autres idées alors est-ce que du coup c'est essayer d'en faire un endroit marchand quelque part c'est une pièce marchande on peut y trouver, je pense qu'on peut mettre sa créativité un petit peu partout c'est un exercice,
- Speaker #1
un service d'autre chose Je vais terminer avec une dernière question un peu pour l'avenir. Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter dans ton chemin de créativité pour le futur ?
- Speaker #0
Des tas de choses. Concrètement, mon envie pour cette année, c'est évidemment plus de projets, plus d'expositions. J'adorerais collaborer avec des marques. Je pense par exemple à du motif pour du textile, je pense à du mobilier. Je rêve de faire des vitrines. Pour Vodafone Art, de l'installation comme ça, évidemment plus d'exposition, évidemment plus de visibilité. Après, de manière moins concrète, peut-être une sorte de stabilité, parce qu'évidemment que la création, ce n'est pas toujours stable, ce n'est pas toujours pérenne, on va dire, et que dans ce grand tourbillon de liberté et d'envie, c'est quand même rassurant, même pour nous les artistes, d'avoir... une stabilité et qui finalement crée aussi un cadre privilégié de création parce que forcément quand on a moins à se soucier du financier ou moins à se soucier de où on crée ou de pour qui on crée il y a plus de place pour les idées et pour la création
- Speaker #1
Merci Clotilde, merci pour ta présence dans ce premier épisode si vous voulez en savoir plus sur le travail de Clotilde et je vous y invite vous pouvez la retrouver sur son Instagram ici.coco c'est ça dont le lien figurera en description de cet épisode et également venir la voir en vrai pour son exposition solo dont elle vous a parlé dont le vernissage se tiendra le 7 avril et qui démarre donc le 8 à l'Aumarterie XXL sur les toits de Perrache à Lyon c'est ça merci Clotilde merci à toi Merci d'avoir écouté le brouillon. Si cet épisode vous a plu et qu'il vous a fait regarder la création autrement, vous pouvez suivre les colis sur Instagram et soutenir le podcast très simplement en vous abonnant, en laissant une note ou un commentaire. Pour ma part, je vous dis à bientôt pour le prochain épisode et pour explorer ensemble un nouveau brouillon.