- Speaker #0
Depuis 2017, j'accompagne et côtoie des entrepreneurs à succès. Chaque rencontre est unique et permet d'identifier ce qui crée la réussite. Je suis Alec Henry, l'initiateur du mouvement Entrepreneurs.com. Et dans ce podcast, j'ai l'opportunité d'échanger avec des personnalités inspirantes qui ont su créer la différence. Avec Le Déclic, je vous offre une perspective unique afin que vous puissiez,
- Speaker #1
à votre tour, faire la différence.
- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Le Déclic. Encore une fois, bien accompagné, je suis avec Com Fouque. Comment tu vas ?
- Speaker #1
Très bien et toi ? Enchanté.
- Speaker #0
En pleine forme, enchanté également. Je suis hyper content de t'avoir pour cet épisode parce que j'ai plein de questions à te poser. Rapidement, je te présente, tu es le fondateur de Indie, une plateforme de comptabilité des indépendants en France. Après des études en business à l'ESSEC, tu apprends à coder en autodidacte, une double compétence qui te permet de penser la tech et le produit autrement. Un voyage à Sikon Valley t'ouvre les yeux sur l'ampleur de la révolution IA notamment. particulièrement pertinente pour un secteur aussi ancien que celui de la comptabilité. À 28 ans, tu décides de résoudre ce problème de façon radicale, rendre la comptabilité simple, pédagogique et autonome pour les indépendants. Tu fondes alors George, le robot comptable, qui deviendra quelques années plus tard Indy, un éditeur logiciel majeur en France. Aujourd'hui, Indy compte plus de 200 000 utilisateurs, plus de 300 collaborateurs, dont 100 recrutés en 2025. Avec plus de 3 millions de factures générées indies, concentre sur une seule plateforme, compte pro, facturation, comptabilité, déclaration fiscale, une vraie boîte à outils, un couteau suisse si j'ose dire de l'indépendant, pensée pour les indépendants justement. Dans cet épisode, on va comprendre comment hacker la compta pour reprendre le pouvoir sur son argent et sa liberté grâce à l'humain, l'IA et une culture assumée. Bienvenue Com sur le Déclic.
- Speaker #1
Merci, ravi de pouvoir parler de tous ces sujets.
- Speaker #0
Eh bien écoutez, avec grand plaisir. On disait justement que tu as fait l'ESSEC, mais tu t'es enfermé pour apprendre à coder en autodidacte. Pourquoi ce choix ? À quel moment, finalement, peut-être un déclic et tu te dis absolument que j'apprenne à coder ?
- Speaker #1
Je pense qu'il y a un terreau plus ancien. Moi, j'ai toujours été très doueur. J'aime bien faire des choses de mes dix doigts. Et donc, j'ai fait beaucoup de petites aventures, que ce soit au collège, au lycée ou même pendant la prépa. J'avais monté une boîte de dépannage informatique. donc j'étais déjà tout de suite dans un côté mettre les mains dans le cambouis, ouvrir le capot, essayer de comprendre le fonctionnement des systèmes. Et dans le contexte spécifique de notre première startup, on était étudiants, on essayait de monter cette boîte, et il y avait beaucoup de frustrations qui s'accumulaient, parce qu'on voulait faire des choses qui nous paraissaient assez simples, et on n'y arrivait pas parce qu'on n'avait pas les bonnes compétences, pas les bonnes ressources autour de la table. Et donc, il y a un moment, je me suis remonté les manches, je me suis dit, je vais apprendre directement. Moi, j'ai un appétit pour le sujet. j'ai une sensibilité sur les sujets algorithmiques de façon générale j'en ai fait un tout petit peu dans les études avant et c'est ce que j'aimais beaucoup et voilà et donc du coup j'ai passé le cap de m'auto-former et du coup d'apprendre à coder en autodidacte à quel moment il y a cette justement
- Speaker #0
cette soif entrepreneuriale que tu sens chez toi que tu développes parce que c'est pas anodin là aussi ensuite tu te retrouves à la seconde vallée là non plus c'est pas anodin c'est un peu la mec de la start-up On a envie, quand on revient de là-bas, de lancer le prochain Facebook, de créer une IA révolutionnaire ou autre. Toi, tu t'attaques à la comptabilité française, un des trucs les plus archaïques, poussiéreux et anxiogènes qu'il soit peut-être pour certains qui nous écoutent. C'était quoi le pari à ce moment-là ?
- Speaker #1
Oui, alors moi, le moteur entrepreneurial, il vient de très loin. Comme je disais tout à l'heure, la première boîte que j'ai montée, même si c'était un espèce de brouillon tube à essai, J'étais en prépa et je faisais ça... en side business le soir, le week-end, ce qui n'est quand même pas anodin, vu qu'on a déjà des agendas assez chargés dans ces périodes-là. Je crois que j'avais besoin de ce bol d'oxygène au milieu des classes prépa qui sont très théoriques et très intenses et justement pas très les mains dans le concret. Assez tôt, je pense que cette expérience très concrète m'a donné ce goût un peu de faire des choses de mes dix doigts, être dans le concret, bâtir des choses. J'ai aussi fait les BDE, donc c'est en fait bureau des élèves. Donc en fait, ces expériences associatives, pour moi, elles sont assez structurantes aussi. Je l'ai fait en prépa, je l'ai fait en école aussi. Et tu as quand même un fonctionnement un peu de mini PME. On brasse du coup des entrées, des sorties d'argent, on organise des gros événements, il y a des enjeux marketing. Et donc en fait, tu es quand même à la tête d'une toute petite PME. Et voilà, moi, je trouve ça hyper excitant, hyper intéressant. Et j'ai tout de suite senti que c'était ça. qui m'animaient et qui me donnaient de l'énergie. Et donc, finalement, quand je sors de prépa, que j'arrive en école de commerce, je sais déjà que mon métier, ce sera entrepreneur. Et voilà, il y a plein de façons de le faire. Mais moi, je pense ma carrière. dans une logique d'être entrepreneur, du coup, d'être en capacité de monter des boîtes, et puis le gros de mon sujet, ce sera de monter des boîtes. Et du coup, à la fois, ça oriente ma scolarité, parce qu'à l'ESSEC, on avait des cours très à la carte, et donc moi, je me construis un parcours très généraliste, un peu touche-à-tout, pour me faire un vernis sur tout un tas de sujets, plutôt que de me spécialiser dans une verticale plutôt qu'une autre, et avec évidemment des cours d'entrepreneuriat. Et puis, c'est ce qui va aussi décider Mon premier job, une fois qu'on arrête notre aventure entrepreneuriale, quand on était étudiant, d'aller rejoindre une startup en tant que salarié, voir de l'intérieur comment ça tourne une startup en tant que salarié, qui va naturellement nourrir un peu mon envie de remonter une boîte. Et je pense que quand je suis salarié à ce moment-là, je sais qu'un jour ou l'autre, je remonterai une boîte, mais je ne sais pas exactement quand. Et en fait, grâce à cette opportunité, pour redonner le contexte, je suis salarié dans cette boîte française qui a une super technologie dans la vidéo. Et en fait, on gagne un concours pour accélérer aux US parce que notre techno est identifiée comme une techno au potentiel qui peut avoir des débouchés sur le marché américain. Et du coup, on est pris dans un programme de plusieurs mois pour aller développer le business aux US. Et donc, le contexte fait que moi, je n'ai pas d'attache en France. C'est assez facile pour moi d'y aller. Du coup, je pars à temps plein là-bas pour représenter l'entreprise en tant que salarié pour développer le marché US. à la fois signer des clients aux US, mais aussi construire des partenariats et un peu s'implanter dans cet écosystème. Et en fait, c'est un moment assez magique parce qu'en tant qu'entrepreneur, futur entrepreneur, être à plein temps dans la Silicon Valley, c'est un bouffé d'oxygène incroyable. La journée, tu travailles pour la boîte pour laquelle j'étais salarié. Le midi, on avait des conférences hyper inspirantes par un peu toute la French Mafia. qui est installé dans la Silicon Valley et qui venait nous faire des talks et nous expliquer comment ça marchait ici. Et le soir, il y a des meet-ups sans arrêt dans San Francisco. Donc, tu peux aller dans les logos que tu trouves les plus inspirants du moment, faire des meet-ups, rencontrer des gens qui travaillent là-bas, t'expliquer comment ça marche. Donc, voilà, avec moi, ça a été vraiment plusieurs mois hyper intensifs où je faisais quasiment que ça. Et j'ai adoré. J'étais hyper stimulé. Et du coup, en fait, dans l'avion retour de San Francisco, Je sais déjà qu'en fait, ce que j'ai envie, c'est repartir de la fleuve banche et essayer de recréer quelque chose un peu avec les standards de qualité que j'ai vus là-bas, avec le niveau d'ambition que j'ai vus là-bas. Et voilà. Et ensuite, il y a quelques mois de maturation, études de marché, réflexion, jusqu'à finalement assembler la copie et lancer ce qui va devenir Indie.
- Speaker #0
Ça a été lancé donc en 2016, c'est ça ?
- Speaker #1
Exactement, oui. Moi, je commence à travailler dessus en 2015 et on formalise et on crée la boîte en 2016.
- Speaker #0
Et justement, est-ce que tu peux nous raconter un peu l'évolution depuis 2015-2016, puis après les différentes étapes, parce que vous avez aussi levé des fonds. Aujourd'hui, c'est des centaines de milliers d'utilisateurs, d'indépendants que vous avez pu accompagner, aider. Vous avez aussi beaucoup de visibilité sur de la data. Je te poserai tout à l'heure des questions justement sur quelles sont peut-être les erreurs de pilotage que vous voyez chez certains entrepreneurs récurrents, chez certains indépendants pour aider ceux qui nous écoutent. Avant ça, de la création à aujourd'hui, long story short, si tu devais résumer 10 ans en 5 phrases, Indy, ces 10 dernières années, qu'est-ce que c'est ?
- Speaker #1
C'est trois grands chapitres. Le premier chapitre, c'est... On part d'une observation, d'une intuition que, pour les indépendants, donc des entreprises qui n'ont pas d'employés, à l'époque, on s'intéressait beaucoup aux professionnels de santé en libéral. L'expert comptable, ce n'est pas une solution. hyper adaptés pour eux parce qu'ils ont des besoins assez simples de comptabilité, de déclaration fiscale et qui sont assez largement automatisables avec de l'IA, à l'époque du machine learning. Et donc, on commence sur ce besoin et ça fait un carton. Très, très vite, en fait, on est capable d'automatiser la comptabilité et les déclarations fiscales de ces petits indépendants de bout en bout et donc de construire une alternative, un expert comptable traditionnel qui va être en moyenne cinq fois moins cher. Il y a une phase de conception mise au point de tout ça, mais très vite, on rentre dans un chapitre 2 qui est un stade d'hypercroissance où le bouche-à-oreille de la solution est tellement puissant qu'on va faire des croissances complètement folles pendant 3-4 ans, ce qui va du coup aussi nous amener à une structuration très rapide de la société puisqu'on va passer de 5 à 15, 60, 120, 180 salariés en 4 ans. Et avec trois levées de fonds successives espacées de 15 mois les unes des autres. Donc voilà, c'est une espèce de tourbillon de croissance très, très rapide et sensément drivé par le succès de ce produit, de cette approche, en fait, de construire une alternative à l'expert comptable. grâce à l'IA et grâce à l'automatisation. Et à partir de 2023, on entre dans un nouveau chapitre qui vient élargir l'ambition et aller au bout de notre mission. C'est-à-dire que notre approche a toujours été de simplifier la vie des indépendants et vraiment, on veut simplifier, fluidifier tout le parcours avec une intuition qui a quand même beaucoup de friction, justement, quand on passe d'un besoin à l'autre, entre créer sa boîte. avoir son compte bancaire, encaisser ses clients et ensuite faire sa comptabilité, et ensuite faire ses déclarations d'impôt, tout ça, il y a une continuité dans tout ça. Et on avait depuis le début l'ambition d'aller couvrir tous ces sujets, mais ça prend du temps et c'est costaud. Et du coup, grâce à la dernière levée de fonds qu'on a fait en 2023, on a les moyens de nos ambitions pour faire tout ça. Et du coup, en fait, on passe d'un outil qui va servir vraiment à faire la comptabilité et les déclarations fiscales, à une plateforme complète qui permet de gérer de A à Z. l'ensemble d'une entreprise qui n'a pas d'employé, c'est-à-dire la création d'entreprise, tout de suite le compte bancaire pour pouvoir encaisser, l'outil de facturation pour pouvoir facturer ses clients encaissés, avec la carte bancaire pour pouvoir payer ses dépenses courantes. Tout ça qui se déverse automatiquement dans la comptabilité, comptabilité qui elle-même alimente automatiquement les déclarations d'impôts, la déclaration sociale. Et donc en fait, c'est une plateforme unifiée où tout fonctionne de pair et qui permet de simplifier. tout l'administratif pour des entreprises qui n'ont pas d'employés. Et donc ça, c'est notre déploiement depuis 2023-2024 et qui nous a mis encore un braquet additionnel de croissance puisque désormais, on équipe vraiment des centaines de milliers d'utilisateurs en France et en très, très, très forte progression puisque ce positionnement qui permet d'avoir tous les outils au même endroit, il est vraiment super puissant et il résonne énormément pour tous ces entrepreneurs.
- Speaker #0
D'autant plus que je relève ici, tu l'as dit très rapidement, mais finalement, ça vient remplacer le comptable ou l'expert comptable. Donc finalement, une fois que tu es sur la plateforme, tu es unbordé, tu as mis en place tous les différents outils, tout est interconnecté, tu n'as même pas besoin de payer un comptable ou un expert comptable pour pouvoir faire tes démarches, tes déclarations et autres. Tout est automatisé et donc c'est aussi une économie de temps, une économie d'énergie, une économie d'argent in fine.
- Speaker #1
Oui, et tu fais bien de poser cette question parce que même là-dessus, en fait, finalement, on a étoffé notre offre. Nous, on venait finalement d'une offre assez originelle qui disait, on a une alternative à l'expert comptable, c'est autre chose pour certains profils de clients qui cherchent ça. Et finalement, en étoffant la plateforme et en proposant tous les outils, en fait, on a tout un tas d'indépendants qui viennent nous rejoindre, qui ne sont pas forcément dans ce profil. Moi, je n'ai pas envie d'avoir d'expert comptable. Et donc, même là-dessus, on a étoffé la plateforme pour avoir tout au même endroit. et donc aujourd'hui Un indépendant qui est chez nous, il a le choix de faire lui-même sa déclaration fiscale en autonomie sans expert comptable ou de la déléguer à un de nos experts comptables partenaires. Donc en fait, l'idée, c'est vraiment d'avoir tout au même endroit et de pouvoir choisir les outils dont on a besoin, les solutions et les services et les conseils dont on a besoin. Et donc même là-dessus, finalement, on a élargi le positionnement et l'offre. Après, il se trouve qu'on a quand même une majorité de clients qui apprécient Indy parce qu'ils peuvent aller jusqu'aux déclarations fiscales. en autonomie tout seul, en se passant d'expert comptable, mais on a de plus en plus de clients qui s'équipent aussi d'un expert comptable partenaire d'Indy directement sur notre plateforme.
- Speaker #0
Très clair. Tu as évoqué tout à l'heure justement la croissance, les recrutements, etc. Là, en 2025, c'est 100 personnes qui ont été recrutées, c'est presque un nouveau collaborateur tous les 3 jours. Comment on fait pour garder une certaine culture d'entreprise quand on est face justement à cette hyper-croissance ? Comment on te fait pour la culture, notamment de la transparence, de la bienveillance, mais aussi de la vision de la boîte telle que tu l'as pensée, telle que tu l'as voulue au départ, reste. Ce n'est pas forcément facile déjà quand tu passes de « je suis tout seul » à « on est quatre » . Mais quand on recrute 100 sur une année et que vous êtes aujourd'hui 300, j'imagine que c'est une question que vous vous êtes posée à plusieurs et à plusieurs reprises. Quels seraient les conseils que tu pourrais partager aux entrepreneurs qui nous écoutent ?
- Speaker #1
carrément ça me parle énormément je pense qu'à tous les séminaires on s'est dit oh là là mais là on est 20 comment on va tenir la culture quand on sera 60 et quand on était 60 comment on va tenir la culture quand on sera 120 et quand on sera 120 comment on va tenir la culture quand on sera 300 et donc à chaque étage il y a des questions différentes qui se posent moi mes grands apprentissages je pense que au début dans la phase d'accélération la clé c'est le recrutement donc il faut être très très méthodique sur le processus de recrutement et notamment nous dans notre processus de recrutement Le dernier tour, c'est un entretien valeur. L'entretien valeur, il faut qu'il soit méthodique, structuré et surtout offensif. C'est-à-dire que prendre des décisions dures sur l'entretien valeur, c'est une décision qui coûte très cher pour l'entreprise. parce que tu as des candidats qui sont déjà qualifiés en termes de compétences, parcours. Il n'y a plus qu'à appuyer sur le bouton pour les recruter et se dire, non, mais il y a un problème de valeur et on ne va pas le recruter. C'est vraiment contre-intuitif. Souvent, si tu as besoin de recruter, c'est qu'il y a le feu un petit peu et qu'il y a vite besoin de staffer. Donc, il y a toute l'entreprise qui va pousser pour aller au bout du recrutement. Il faut quand même être très, très solide sur ses appuis pour se dire, là, cette personne, on ne la recrute pas pour des questions de cultural fit. Et donc, nous, depuis le début, on a une scorecard sur ce sujet. et sur lequel on précise vraiment les comportements types qui nous paraissent finalement inadéquats avec le mode de fonctionnement qu'on a. Et ça, on l'a posé très tôt et il n'a jamais bougé. Du coup, on a beaucoup étoffé, mais ça crée une forme de filtrage, de se dire qu'on fait rentrer des gens dans le creuset qui partagent quand même un socle de valeurs. Et en l'occurrence, du coup, ça donne surtout une espèce de grille de lecture très claire sur le type de personnalité. qu'on ne veut pas introduire dans notre collectif. Et ça, c'est des choix forts. Il faut être opinionnétique dessus, il faut être offensif dessus. Et c'est des convictions. Donc, en fait, il faut mettre des choses auxquelles on croit assez fort parce qu'il y a des moments où il y a des décisions assez dures à prendre sur ces sujets, il va falloir les assumer. Et donc, déjà, si tu as une mécanique de recrutement très robuste là-dessus, tu crées des gens, tu crées un collectif de gens qui partagent un socle de valeurs, tu élimines certains types de comportements. que tu n'as pas forcément envie de voir dans ton collectif. Et donc, ça, c'est très, très puissant. Et après, à partir d'un certain... Et le reste, la culture se fait assez naturellement jusqu'à une certaine taille, parce que les gens, ils se voient au déjeuner, ils boivent des coups ensemble, ils partagent des choses dans les routines. Nous, en tout cas, on n'a pas eu de rupture de culture jusqu'à 150, 180, 200. Et à partir de 200 personnes, là, tu dois institutionnaliser d'autres aspects dans la culture parce que finalement, tu fais rentrer tellement de... managers externes qui viennent chacun avec leur bagage, leur culture, leur mode de fonctionnement de ce qui est bien, ce qui n'est pas bien, ce qui est important, ce qui n'est pas important, que tu as un vrai risque de dilution et donc nous le deuxième levier le plus fort c'est que l'ensemble des collaborateurs de la boîte sont dans leur évaluation annuelle, il y a un tiers sur les valeurs et donc là en l'occurrence c'est pas les critères qu'on a au recrutement mais c'est le mode de fonctionnement qu'on veut avoir dans la boîte, donc nous c'est bienveillance, transparence, ownership en face de ces trois piliers il y a des comportements types il y a 6 ou 7 comportements types et chacun est évalué là-dessus, ça pèse pour un tiers de son évaluation et donc en fait du coup tu t'assures que mécaniquement tous les ans, le manager il a une discussion avec la personne si jamais il y a des écarts sur ses comportements types on s'en parle, on explicite les sujets on met le doigt dessus et souvent le fait de s'en parler ça permet de naturellement corriger et du coup tu garantis que à l'échelle de plusieurs centaines de personnes tout le monde a les mêmes comportements, adopte un peu les pratiques qu'on souhaite avoir au global de la boîte. Et après, le dernier truc, mais qui est sûrement le plus évident, mais qui est aussi souvent le plus dur, c'est que la culture, ce n'est pas des grandes phrases, ce n'est pas des grands discours, c'est essentiellement tes actes. Et surtout toi, en tant que CEO, les gens te jugent sur les actes. Et donc, en fait, si tu prends certaines décisions qui sont dissonantes par rapport à la culture, les gens le voient tout de suite et ça casse, en fait, la... la croyance, la foi dans le système. Et donc, en fait, c'est important que tes principes culturels, ils soient vraiment très ancrés, très profonds chez toi, pour que ce soit un réflexe assez naturel. En fait, ça transpire que la façon dont on se comporte, la façon dont la boîte se comporte, la façon dont tu prends les décisions sur les décisions structurantes de la boîte, ce soit en harmonie, en cohérence avec le système de valeurs qu'on a défini. Et donc, voilà. Nous, je pense qu'on a fait un travail Merci. assez exigeant au début de définition de la culture. Ça a été assez compliqué. Mais la grosse vertu de ça, c'est qu'à la fin, on a sorti un système de valeurs auquel on a totale confiance, foi, qui reflète exactement ce qu'on veut faire. Et du coup, on a beaucoup de conviction et d'authenticité dans la façon dont on le défend et dont on l'anime. Et du coup, c'est ressenti à fond dans les équipes. Et on sent que ce n'est pas du bullshit. On a mis un peu notre rythme dedans. Et en plus, la culture, les valeurs. que nous, on a construit, c'est une culture centrée sur la collaboration et l'autonomie des équipes. Et donc, du coup, c'est un mode de fonctionnement qui décrit, en gros, un mode d'innovation très startup. En gros, le fil rouge de ce qu'on a construit, c'est de garder une capacité d'innovation, garder un mode de fonctionnement startup à grosse échelle. Et donc, en fait, ça devient un sujet majeur à partir du moment où tu dépasses 200, 300 personnes, ton plus gros risque. C'est que ta boîte, ça devient une espèce de grosse boîte, très lourde, qui ne fonctionne pas, qui n'arrive plus à innover et qui devient un peu obsolète. Et donc, ça me donne un très, très haut niveau de confiance, d'offensivité pour défendre la culture. Parce qu'aujourd'hui, c'est ça qui garantit notre capacité d'innovation, notre capacité à sortir des nouveaux produits tous les six mois et à continuer à faire de la très, très haut niveau de croissance. Donc, tout se tient. La culture, aujourd'hui, c'est presque notre principal facilitateur de croissance dans le mode de fonctionnement. Et du coup, c'est une part significative de mon boulot de garantir qu'à l'échelle de la boîte, on respecte bien ces principes de mode de fonctionnement. Et du coup, on a bien un mode startup, mais à l'échelle de 350 personnes maintenant.
- Speaker #0
Alors justement, tu as dit, c'est une partie de mon boulot de réussir à maintenir, préserver cette culture, garantir le fait qu'elle perdure. Tu as commencé en condamnant le... en codant le produit. Aujourd'hui, vous êtes 300 personnes. Quelle partie de ton rôle tu as gardé ? Quelle partie de ton rôle a évolué ? Quelle partie de ton rôle aujourd'hui te pèse le plus peut-être ? Il y a des choses peut-être que tu as dû abandonner aussi à contre-cœur. Je te pose cette question parce que beaucoup d'entrepreneurs qui nous écoutent, qui n'ont pas encore 300 collaborateurs, mais peut-être qu'ils en ont 1, 2, 3, 10, 15, 20, ont parfois de la peine à lâcher certaines tâches, faire confiance. Tu as parlé aussi d'autonomie des équipes. Comment ton rôle a évolué, justement ? Qu'est-ce que tu fais encore ? Qu'est-ce que tu ne fais plus ?
- Speaker #1
Oui, c'est une excellente question. Alors, je pense que ça dépend beaucoup des fondateurs et de leur approche. Moi, j'ai une approche opposée, c'est-à-dire que pour moi, ma mission, c'est de me rendre dispensable. C'est-à-dire que je dois petit à petit faire fonctionner l'entreprise sans moi. Et c'est un combat permanent puisque plus l'entreprise grossit, plus le CEO, il redevient indispensable sur certains processus, il redevient indispensable pour d'autres missions qu'il n'y avait pas quand tu étais plus. petit, la prise de parole dans les médias, la représentation auprès de la presse, la représentation auprès des gros partenaires, etc. Donc, il y a des choses que tu ne peux pas déléguer. Et donc, moi, j'ai construit mon parcours de CEO comme un espèce de projet fil rouge de déléguer au fur et à mesure tout ce que j'étais capable de déléguer le plus vite possible pour ne jamais être le goulet d'étranglement de la croissance de la boîte. Et ça s'est fait assez naturellement puisque, comme je t'ai dit, on a fait une croissance très... violente sur quelques années. Moi, dans l'équipe de direction, aujourd'hui, je suis le seul des fondateurs au COMEX. Et donc, très vite, j'aurais pu être le goulet d'étranglement de la croissance et du fonctionnement de la boîte. Et donc, finalement, ce serait trop long de refaire toutes les étapes parce que ce n'est pas le même job de CEO quand tu es 15, quand tu es 60, quand tu es 120, quand tu es 200. Le job se transforme énormément à chaque fois. Mais le fil rouge, au fond, c'est de regarder ce qui occupe ton temps. d'identifier les plus grosses poches et de trouver la bonne solution pour se dire comment je délègue ça demain à quelqu'un qui sera meilleur que moi pour le faire parce que les autres poches qui sont encore petites, elles vont être amenées à grossir et donc sinon à un moment je vais exploser j'aurai pas la bande passante pour pouvoir tout rentrer et donc c'est un mécanisme permanent de délégation, moi je suis très confortable intellectuellement avec l'idée de dire il faut que je délègue tout et à la fin la boîte doit fonctionner sans moi, pour moi c'est la vision normale de la boîte je dois rester de Merci. À la fin, un joker, quelqu'un qu'on peut déployer sur un sujet ou un autre, qui peut ouvrir une nouvelle frontière qu'on n'avait pas envisagée jusque-là. Donc, dans le monde idéal, je suis un joker et je ne suis pas utile pour faire tourner l'organisation. Du coup, ça a été plutôt mon moteur d'arriver à déléguer. Et du coup, le principal enjeu, très vite, c'est de bien comprendre c'est quoi les enjeux d'une fonction, pour être capable de bien comprendre c'est quoi les compétences clés que tu recherches. et ensuite recruter. Le recrutement, c'est un rôle essentiel dans ces phases d'hypercroissance. C'est peut-être le sujet sur lequel j'ai le plus appris, je pense, sur ces dernières années, c'est comment très bien recruter. À partir du moment où tu recrutes très bien, tu recrutes des gens qui sont juste bien meilleurs que toi sur chacun des sujets et du coup, ça te donne aussi beaucoup de confort pour déléguer les sujets à des gens qui sont meilleurs que toi. Ça paraît évident que c'est l'intérêt de la société, c'est ton intérêt aussi à toi de te redevoir de l'oxygène et de passer la main à des gens qui sont meilleurs que toi sur tous les sujets.
- Speaker #0
Oui. complètement. J'aimerais te poser une question un petit peu sur le produit l'expérience client, parce qu'on l'a pas évoqué, mais aujourd'hui vous avez plus de 11 000 avis sur Trustpilot, avec une note moyenne de 4,8 sur 5 ce qui est énorme d'autant plus dans un secteur qui est pas forcément les plus appréciés par souvent les utilisateurs est-ce qu'il y a une méthode justement pour rendre un produit sexy quand le sujet est quand même super chiant, super complexe parce que je pense que la question a dû être posé à de nombreuses reprises de comment on simplifie à mort les process, comment on rend l'expérience utilisateur la plus ludique, la plus friendly possible et comment on arrive à augmenter notre NPS, la recommandation, la rétention, parce que tout est un sujet d'acquisition et de rétention, j'imagine, sur une plateforme comme la vôtre. Est-ce qu'il y aurait quelques partages, conseils, anecdotes ? que tu pourrais partager à ceux qui nous écoutent par rapport à ces avis et cette capacité à rendre un produit qui pourrait clairement ne pas l'être être super sexy
- Speaker #1
Je pense que l'étage 1, qui est assez évident, mais ça me paraît toujours important de le dire et de le mettre en 1, servir de façon exceptionnelle tes clients. Et donc, en fait, être centré sur le client, l'expérience du client, très bien servir les clients. Et c'est des choses toutes bêtes, mais nous, toutes les présentations, town hall où on parle à toute la boîte, ça commence par la satisfaction client. On commence par célébrer les succès auprès des clients, célébrer cette note sur Trustpilot, célébrer... le travail qui est fait par notre service client pour bien accompagner nos clients. C'est au cœur de la culture du mode de fonctionnement de la boîte. C'est mon driver numéro un, d'être utile à grande échelle et de résoudre un problème sociétal à grande échelle, comme ça, très bien servir tous ses utilisateurs. Et donc ça, ça infuse partout. Et ça, je pense, cette culture orientée client, c'est un peu les fondations. Si tu n'as pas ça, c'est très compliqué de construire. Et ensuite... Au-delà de cette orientation client, moi, je suis un grand fan des approches Lean, pas forcément by the book, mais on va dire de toute cette logique d'amélioration continue. Donc, en fait, je te décrivais un mode de fonctionnement, une culture chez nous, où on a un fonctionnement très décentralisé, très collaboratif. C'est très inspiré des méthodes Lean, Toyota, et aussi un peu de la méthode au produit. Moi, à la base, je suis un product manager. il y a aussi tous ces mécanismes un peu dans le mode de fonctionnement du produit qui est une logique très centrée sur l'amélioration continue il y a des problèmes, on se dit les problèmes quand on regarde les problèmes on analyse les routes causes, on comprend à la fin c'est quoi qui génère les problèmes si on les regarde de façon factuelle, froide avec une sorte de caméra extérieure et on y terre et on essaye des choses jusqu'à serrer les boulons et les équipes ont énormément d'ownership pour résoudre ces problèmes c'est à dire que la personne qui fait le diagnostic du problème Merci. la personne qui à la fin tranche sur les idées qu'on va essayer pour les améliorer et qui à un moment peut dire ça on arrête, c'est la personne qui est sur le terrain en train de faire les choses parce que c'est lui qui connaît très bien le sujet. C'est ça ce mode de fonctionnement très décentralisé. Je pense que pour donner des exemples plus concrets, l'endroit où c'est le plus marqué chez nous, c'est au service client. Au service client, on a plus de 150 personnes qui opèrent sur des tas de zones de jeu complètement différentes depuis les fonctionnalités bancaires sur le compte pro, jusqu'à la comptabilité, la création d'entreprise. Il y a énormément de sujets. Et en fait, il y a une expertise locale qui se développe à chaque fois avec tout le monde dans l'équipe peut lever la main pour décrire des problèmes. On a des rituels qui permettent de se mettre autour de la table pour se dire, tiens, qu'est-ce qui se passe sur ce problème ? À la base, c'est quoi le problème ? Tiens, est-ce qu'on ne pourrait pas faire ça, Essayons. Et comme ça, par itération successive, en fait, tu sers des boulons, tu innoves, tu fais de la créativité locale. Et moi, je trouve ça toujours fascinant. à quel point ça m'arrive parfois de descendre dans certains rouages un peu profonds dans l'organisation, des sujets que je ne connais pas très bien, et de voir le niveau d'ingéniosité, de créativité, et la façon dont on est capable de résoudre des problèmes de façon hyper sophistiquée, parce que les gens se sont appropriés leurs problématiques, et par itérations successives, ils ont inventé les bonnes solutions. Et donc voilà, le fil rouge de tout ce qu'on fait, c'est un fil rouge amélioration continue, où on dit aux gens qui sont chez nous, Vous êtes les patrons de votre zone de jeu. C'est vous qui savez c'est quoi les problèmes. Et donc, prenez des initiatives, regardez les problèmes, levez les problèmes que vous voyez, discutez-en entre vous, trouvez des solutions. Et on ne va pas attendre d'avoir des validations dans des étages hiérarchiques. La prise d'initiative, elle est locale. Les essais-erreurs, ils sont locaux. Et ça va beaucoup plus vite, en fait, de tester quelque chose, de se rendre compte qu'au bout de deux semaines, ça ne marche pas très bien. Ce n'est pas grave, on va essayer autrement. Ah tiens, ça, ça marche bien. Ça, on va le garder. Par contre, ça soulève un autre problème. C'est pas grave, on va retrouver une autre solution. Et petit à petit, comme ça, par essai-erreur, l'organisation est capable de résoudre des problèmes extrêmement complexes. Et donc, quand je regarde Indy aujourd'hui, je me dis, c'est fascinant parce que c'est 350 personnes qui travaillent toutes dans la même direction. Et en même temps, c'est une complexité assez dingue de toute cette machine. Ou même moi, depuis mon poste d'observation tout en haut, j'ai du mal à appréhender toute la complexité de cette machine. Mais parce qu'il y a cet ownership local des gens qui ont pris en main leur sujet. et qui ont trouvé les bonnes solutions à leurs problèmes. Et tous les jours, il y a de l'innovation. Et c'est frappant, déjà, les gens qui nous rejoignent dans des positions de leaders et qui avaient des expériences de direction dans d'autres boîtes avant. C'est un peu troublant. Au début, tu arrives et tu as l'impression que toutes les semaines, il y a 10 ou 15 décisions un peu importantes qui sont prises sans que tu sois même consulté. Tu n'as pas trop de grippe sur la machine. Et en même temps, il faut accepter ce laisser-faire, accepter le fait que l'organisation, toute seule, elle prend en main les sujets, elle les corrige, elle trouve les solutions. Parce qu'en fait, c'est comme ça qu'on innove sur tout un tas de petits sujets et qu'à la fin, on a une expérience hyper quali. Parce qu'à la fin, dans l'entreprise...
- Speaker #0
tous les gens veulent bien servir les clients. Donc en fait, si on a tous le même but et qu'on laisse faire un peu cette intelligence collective, à la fin, on sert très bien nos clients.
- Speaker #1
Et justement, vous avez des centaines de milliers d'utilisateurs cumulés sur la plateforme, plein de data. Tu parlais d'IA aussi. Au-delà des chiffres que vous pouvez voir, avoir, parce que c'est aussi ça, quand tu es sur une plateforme de comptabilité globale, vous avez énormément de data sur chacun des business de tous vos clients, même si elle est... protégé et confidentiel. Au-delà des chiffres, est-ce que vous avez identifié un ou plusieurs blocages chez certains indépendants qui empêchent des entrepreneurs de pouvoir grossir, de pouvoir bien gérer leurs finances au niveau peut-être de leur prise de décision ou autre ? Je profite de l'opportunité de t'avoir ici pour te poser cette question parce que la quasi-intégralité de ceux qui écoutent le Déclic sont des entrepreneurs. Rares sont ceux qui ont autant de data à si grande échelle sur les entrepreneurs. Est-ce que vous avez identifié des points peut-être en interne et peut-être même que c'est comme ça que vous développez vos nouvelles features, vos nouveaux produits pour pouvoir les aider encore mieux par rapport à certains sujets de façon à pouvoir les faire grandir et ainsi aussi augmenter votre rétention. Ça peut être intéressant.
- Speaker #0
Moi, ce qui me paraît le plus évident, c'est qu'il y a eu une transformation sur... majeur depuis quelques années sur la profondeur et la puissance des outils 100% en ligne. Aujourd'hui, sur une plateforme comme Indie, tu peux gérer un nombre de sujets administratifs, financiers, comptables, immenses. Du coup, la marche est devenue énorme par rapport aux solutions traditionnelles qui étaient utilisées encore il y a dix ans et qui étaient un peu les... standard de ce qu'on faisait il y a dix ans. Et moi, je suis toujours surpris à quel point il y a une différence entre ce que les outils en ligne sont capables de faire et leur niveau d'adoption. Moi, je vois encore aujourd'hui des centaines de milliers de gens qui créent leur entreprise de façon non digitale, qui ne vont pas chercher un conseil en ligne, qui vont aller ouvrir leur compte bancaire dans la banque du coin avec un conseiller qui ne connaît pas très bien les sujets des pros, des indépendants. qui va lui faire faire des erreurs, etc. Donc en fait, mon premier conseil, ce serait de dire, quand vous vous lancez, regardez les plateformes en ligne, prenez des rendez-vous pour juste avoir des premiers échanges. Nous, on a des gens dans nos équipes, c'est leur job, quoi. Tu vas sur notre site internet, tu fais prendre rendez-vous, tu peux discuter avec des gens qui vont t'aider dans ton projet de création d'entreprise, réfléchir aux grands sujets qui vont structurer ton administratif. Et en fait, juste cet échange et ce conseil... Ça a une valeur dingue parce qu'en fait, les sujets ne sont pas non plus immenses. Nous, on les connaît, les 10 ou 15 grands sujets qui sont importants quand tu te lances. Mais le problème, c'est qu'ils sont noyés dans énormément de contenus sur Internet, un peu diffus dans différents prestataires, différents outils. Et donc, du coup, tu as du mal à avoir une vue un peu synthétique de tout ce dont tu as besoin. Et en plus, c'est très spécifique. Les besoins d'un kiné ne sont pas les mêmes que les besoins d'un freelance, qui ne sont pas les mêmes que les besoins d'un artisan. Il y a un peu de subtilité, il faut faire un peu de sur-mesure. Et donc, mon intuition, c'est qu'aujourd'hui, il y a encore trop de personnes qui se passent de tout ce qu'on peut avoir quand on s'adresse à des acteurs 100% digitaux qui, vraiment, ont mis la barre beaucoup plus haut en termes d'accompagnement que ce qu'on pouvait trouver jusque-là. Et déjà, particulièrement pour des entreprises sans salariés. Je trouve qu'un dirigeant de PME, aujourd'hui, il est gloirement assez bien accompagné. Il a une taille critique qui lui permet d'avoir les bons conseils, de pouvoir appeler un cabinet d'avocats sur un sujet, un expert comptable sur un autre sujet, etc. Mais la réalité des entreprises, c'est que plus de 9 entreprises sur 10 en France, quand elles se lancent, ce sont des gens qui n'ont pas d'employés. Ce sont des gens qui vont globalement rester souvent sans employés pendant assez longtemps, parce que c'est OK. Il y a plein de gens qui sont dans le travail indépendant. Et quand tu es dans cette catégorie, ce n'est pas facile de trouver c'est qui ton bon interlocuteur pour t'aider sur toutes ces problématiques un peu générales. Et nous, c'est évidemment une partie de notre ambition de se dire c'est juste entreprises sans employés qui ont besoin de ce conseil, qui ont besoin de cette accompagnance, que c'est des gens qui ne sont aujourd'hui pas forcément hyper bien servis. Mais voilà, je pense que toutes les semaines, je rencontre des gens qui ont dit « Ah oui, j'ai découvert Indy, c'était super, mais j'aurais aimé l'avoir découvert avant. » Parce que forcément, quand on se lance en tant qu'indépendant, au début, on commence à mettre les premières marches et puis en fait, on découvre les choses 6 mois, 12 mois plus tard. Et souvent, les gens disent aussi, quand c'est la deuxième ou la troisième boîte qu'ils créent, tout va beaucoup plus vite et c'est beaucoup plus balisé. Donc voilà, l'enjeu, c'est sur la première boîte. d'être tout de suite un peu en contact avec les bonnes solutions, les bons outils, les bons conseils. Et il y a Indy, il y en a d'autres. Moi, je ne prête pas forcément pour ma paroisse, mais je pense qu'aujourd'hui, en tout cas, il y a un niveau d'accompagnement qui est possible. sur Internet qu'il n'y avait pas du tout avant quoi.
- Speaker #1
Totalement. Il y a aussi beaucoup plus de contenu, il y a plein d'informations et tu le dis très justement, aller sur une plateforme comme celle-ci, réserver un call, échanger, discuter, ce sera du conseil de qualité gratuite de gens qui font ça toute la journée et au moins comme ça, ça permet de vous orienter. En plus, aujourd'hui maintenant, il y a aussi ChatGPT qui peut vous apporter plein de réponses et tout ce qu'on peut voir sur YouTube mais c'est important d'identifier l'information de qualité par en avoir trop mais la bonne. Un autre point, c'est quand on se lance, et souvent, moi, je l'ai beaucoup vu à l'époque où on s'adressait à beaucoup d'entrepreneurs qui se lançaient ou voulaient se lancer, qui est beaucoup moins le cas aujourd'hui où on est plus sur le scaling des entrepreneurs avec entrepreneurs.com. Ceci étant, j'entendais souvent des gens qui me disaient non, mais moi, je ne veux pas me lancer parce qu'on paie trop d'impôts. De toute façon, si je me lance, il ne va plus rien me rester, etc. C'est peut-être des sujets que tu as pu voir, revoir, entendre et reentendre. On peut tous payer moins d'impôts. Où situe la ligne rouge ? Quels sont les différents leviers d'optimisation légaux que 80% des entrepreneurs indépendants qui se lancent oublient peut-être d'activer par ignorance lorsqu'ils veulent démarrer et qui peut-être pourraient leur permettre d'avoir une sorte de rampe de lancement légale, petite poche d'oxygène pour au moins limiter la casse, faire quelques économies. et construire quelque chose de plus solide derrière.
- Speaker #0
Oui, moi, je pense, j'ai vraiment envie de tailler en brèche cette idée parce que je trouve que quand on regarde en France la façon dont on peut se lancer, on est dans un contexte qui est quand même très favorable. Le premier outil qui finance la plupart des entrepreneurs en France, c'est que notre dispositif chômage, il est compatible avec la création d'entreprises. Donc, tu peux aller voir France Travail et leur dire je suis en train de créer mon entreprise et ils adaptent la façon de faire dont ils te versent les indemnités et finalement, ils t'accompagnent via ces financements. Ils financent d'une certaine façon ta création d'entreprise, ce qui est un truc dingue. Je veux dire, quand tu es aux US, tu vois quand les gens dansent des boîtes, ils n'ont pas du tout ce filet de sécurité. C'est sans filet. Donc en France, grâce au chômage, on a quand même un filet de sécurité pour amorcer la pompe sur les premiers mois, premières années. C'est quand même un confort pour se lancer qu'on ne mesure pas et qui existe dans très peu de pays. Et puis ensuite... Le régime auto-entrepreneur, c'est aussi un dispositif qui est hyper favorable pour se lancer. Donc, ce qu'il faut savoir, c'est qu'en tant qu'auto-entrepreneur, tu payes beaucoup moins de cotisations sociales et d'impôts que si tu étais dans une entreprise traditionnelle ou que si tu étais salarié. J'ai beaucoup moins. C'est vraiment dans des proportions assez dingues. Donc, aujourd'hui, se lancer en tant qu'auto-entrepreneur… C'est une première marche assez facile. Administrativement, c'est assez facile. Ça permet tout de suite de facturer, d'encaisser. Il y a très peu de déclarations. Il y a une espèce de demi-marche de départ qui permet de commencer. Pour tout un tas d'activités, franchement, c'est une bénédiction d'avoir ce mode de fonctionnement qui permet déjà de tester à petite échelle sans trop s'impliquer. Et puis ensuite, on peut passer à la vitesse supérieure. Évidemment, ce n'est pas éligible à tous les projets. Il y a des projets qui ont besoin d'investissement. de pouvoir associer des gens au capital et monter des startups, là, tout de suite, on va créer des vraies sociétés. C'est autre chose. Mais la réalité de l'entrepreneuriat en France, c'est qu'il y a plus d'un million d'entreprises qui sont créées chaque année, dont entre 70 et 80 % qui sont créées en auto-entreprise. Donc, c'est ça l'immense majorité du tissu entrepreneurial en France. Et c'est des indépendants. Et donc, ça, c'est aussi un dispositif génial qui est en réalité très peu taxé. Il y a même, parmi les astuces les plus utilisées, Il y a différentes astuces pour finalement arriver à rester dans le statut auto-entrepreneur, micro-entrepreneur le maximum d'années. Parce qu'à partir du moment où on quitte cette zone micro-entrepreneur, d'un coup, on est fiscalisé normalement. Et donc, du coup, on ne bénéficie plus un peu de cette niche de l'auto-entrepreneur, mais qu'on peut tenir jusqu'à certains seuils de chiffre d'affaires. Donc, à partir d'un certain chiffre d'affaires, on n'y a plus le droit. mais du coup ça donne quand même une zone pour se lancer qui est quand même assez confortable en termes de frottement fiscale, sociale. Donc je trouve qu'en France, on est plutôt bien lotis sur tout ça. Et après, la difficulté, c'est plutôt tout le parcours un peu administratif. Nous, c'est là où on a mis beaucoup d'efforts. C'est vraiment tout le parcours de création d'entreprise, immatriculation, statut, déposer, faire une annonce légale. En fait, il y a tout un enchaînement d'étapes administratives lors de la création d'entreprise. qu'on crée une société aussi avec le dépôt de capital, etc. Et donc, c'est là où, en fait, si tu multiplies les interlocuteurs… tu te retrouves avec une expérience qui est quand même assez poussive. Alors que du coup, dans une approche où tout est au même endroit, c'est beaucoup plus fluide. Nous, on peut en même temps créer la société, générer les statuts, faire le dépôt de capital, récupérer son compte en banque et faire l'annonce légale sans quitter Indie. Bon, là, tu as une espèce de continuité que moi, j'aurais rêvé d'avoir il y a 10 ans quand j'ai créé ma boîte, qui est un niveau de simplicité dont on rêvait encore il y a quelques années et qui maintenant est possible vu la maturité des outils digitaux. Et derrière nous, c'est beaucoup là-dessus qu'on s'est battus. Il y a une stat un peu étonnante, c'est de se dire, quand tu demandes aux jeunes générations qu'est-ce qu'ils ont envie de faire, depuis toujours, les gens disent, moi, un jour, j'ai invité ta mon compte. Et quand tu regardes la réalité statistique du monde du travail, en fait, il n'y a pas tant de gens que ça qui passent le cap. Et donc, tu te dis, mais qu'est-ce qui se passe ? Et on peut interviewer les gens, mais qu'est-ce qui fait que... C'est quoi le principal frein, là ? Est-ce que tu te lances et que tu crées ta boîte ? Et les gens disent... Mais en fait, j'ai peur de l'administrative. Est-ce que je vais vraiment y arriver ? Est-ce que ça ne va pas être une espèce de charge mentale administrative permanente ? Et finalement, je ne suis peut-être pas si mal que ça en salarié. Et donc, moi, j'ai l'impression que ce déclic de se dire « je vais passer de salarié à indépendant, je vais me mettre à mon compte » , c'est cette capacité à digérer l'admin et me dire « ok, tout ça, c'est géré, tous les sujets sont pris en charge » . Et donc, du coup, j'ai quasiment le même niveau de confort, de charge mentale qu'un salarié. Mes impôts, ils tombent tout seuls. les cotisations sociales, ça tourne bien. Et je n'ai pas des trucs à faire le week-end pour essayer de m'assurer qu'administrativement, je suis en conformité. Et voilà, qui est un peu le cœur de notre mission.
- Speaker #1
Clairement. Aujourd'hui, avec la facturation électronique, l'IA qui est arrivée en force en 2024-2025, encore plus en 2026 qu'aujourd'hui, les automatisations, on a parlé pas mal d'IA aussi, et je sais que c'est un peu le fer de lance de ce que vous faites chez Indy, un automatisé simple. simplifier, processer, intégrer de l'IA, rendre tout beaucoup plus simple et beaucoup plus fluide. À quoi ressemblera la vie d'un entrepreneur dans deux ans, dans cinq ans ? Comment est-ce que vous, vous utilisez l'IA dans tous vos process ? J'imagine qu'il y a de la visibilité aussi sur ça parce qu'il y a une projection de croissance, d'impact encore plus grande que vous n'êtes déjà. Ça peut être intéressant d'avoir ton point de vue sur ce sujet.
- Speaker #0
Oui, carrément. Je ne vais pas forcément développer les cas d'usage interne parce que là, pour le coup, ça intéresse peut-être moins les entrepreneurs de savoir qu'est-ce qu'on a un peu dans notre cuisine et dans notre back-office pour savoir comment on automatise en utilisant l'IA. Sur ce qui concerne vraiment les entrepreneurs et dans leur expérience, on va quand même dans un monde où la simplicité administrative, elle est quand même super enthousiasmante. Donc, tu l'as cité, la réforme de la facture électronique, même si elle rajoute une obligation réglementaire puisque tout le monde va être obligé d'être équipé d'un outil d'émission, réception de facture électronique. C'est aussi une promesse de simplicité qui est assez dingue. Donc une fois qu'on aura passé ce changement, qui n'est quand même pas si compliqué que ça a passé, derrière on va être dans un monde où en fait tous les flux vont être automatisés. C'est-à-dire qu'en fait à chaque fois que je facture un client, à chaque fois qu'un client me paye, à chaque fois que je paye une dépense, le justificatif... il est déjà en comptabilité parce que nos systèmes sont interconnectés les uns avec les autres. Et donc, je paye un restaurant, je lui donne mon numéro de sirène, la facture, elle est directement déversée dans le logiciel de comptabilité. J'ai un client qui me paye, c'est directement déversé dans la comptabilité. Donc, en fait, on va atteindre quand même un niveau d'automatisation et de fluidité du système qui est assez dingue. C'est une énorme marche parce que du coup, ça revient à dire... Avant, chaque entreprise facturait une autre entreprise et puis ensuite, ils déclaraient ce qu'ils avaient fait entre eux. Alors que là, on va avoir un espèce de système centralisé où tous les flux de factures vont à un moment être en copie d'un gigantesque système. Donc, ça va faire des milliards de flux de factures qui vont devoir circuler dans nos systèmes informatiques. Mais in fine, tout ça, c'est une simplicité assez dingue pour les entrepreneurs. C'est la gestion du quotidien. qui vient alimenter automatiquement la comptabilité. Il n'y aura plus besoin d'aller sur les plateformes à droite à gauche récupérer ses justificatifs. Il n'y aura pas besoin de faire sa comptabilité, entre guillemets. Tout va déjà être renseigné. Et ça va permettre de pré-remplir les déclarations fiscales. C'est-à-dire que de la même façon qu'aujourd'hui, ma déclaration d'impôt sur le revenu, elle est déjà pré-remplie, en tant que particulier, là, en tant qu'entreprise, ma déclaration de TVA, elle va déjà être pré-remplie. C'est un monde assez fou. Je crois qu'on a du mal encore à s'imaginer ce que ça peut vouloir dire d'un point de vue administratif. Donc on va vers vraiment un système très fluide et l'IA rajoute une couche d'interaction qui est vraiment très chouette. Comme tu disais, nous on a vraiment énormément de données structurées sur les entreprises de nos clients, c'est qui leur fournisseur, qu'est-ce qui fait que leurs charges ont augmenté ou pas. Mais pour un indépendant... on n'a pas forcément le temps d'aller fouiller, regarder ces graphiques, analyser les variations, etc. Et du coup, avec ces interfaces conversationnelles permises par l'IA, tu pourras beaucoup plus exploiter tout le potentiel de cette donnée. C'est beaucoup plus facile de demander à une interface conversationnelle « Tiens, qu'est-ce qui fait que cette année, j'ai eu 20% de charge en plus, qu'est-ce qui s'est passé ? » L'IA est capable d'analyser tes chiffres et de te répondre. Et donc, on va pouvoir extraire beaucoup plus de valeur.
- Speaker #1
de la comptabilité donc ça je trouve ça aussi hyper excitant merci Com pour tout ce que t'as partagé merci pour cet épisode d'ailleurs si vous avez apprécié écouter cet épisode autant que j'ai eu plaisir à l'animer faites le nous savoir comme à chaque fois en partageant cet épisode également en interagissant sur le post LinkedIn lié à cet épisode on mettra également les liens pour aller regarder tout ça et voir concrètement ce qu'est Indie et puis mettez 5 étoiles sur votre plateforme de streaming préféré que ce soit Apple Podcasts ou Spotify. Comme est-ce que tu peux nous partager le déclic qui a fait toute la différence chez toi ? Ça peut être une simple phrase, une situation, une frustration, une anecdote, quelque chose de positif, point positif, peu importe, tu as carte blanche pour le mot de la fin.
- Speaker #0
Moi, ce qui a vraiment déclenché mon envie entrepreneuriale, c'était vraiment d'être dans un meet-up à San Francisco, d'aller dans les entreprises qui me faisaient rêver. discuter avec des gens qui m'inspiraient et me rendre compte que finalement c'était des gens comme toi et moi et qu'il n'y a pas de magic sauce, il n'y a pas de pouvoirs spéciaux, ces gens ne sont pas des surhommes et donc il y a quelque chose qui permet vraiment de lever un peu cette inhibition et de se dire en fait tout est possible et donc moi ça m'a beaucoup aidé d'interagir avec des pairs. pour me rendre compte qu'ils ont fait des choses extraordinaires et c'est des gens normaux et donc tout est possible. Et donc voilà, moi j'encourage beaucoup les jeunes entrepreneurs à aller échanger avec leurs pairs, se confronter avec d'autres, se rendre compte que quand on va de l'intérieur, finalement des choses qui paraissent dingues, c'est juste des gens qui ont mis un pied devant l'autre et qui ont créé des choses incroyables. Et je trouve que c'est un booster incroyable d'énergie, d'ambition. Et l'ambition, si je devais te faire finir par une citation, moi, je trouve que l'ambition est très autoréalisatrice pour tout un tas de raisons. Plus tu penses grand, plus tu as envie de faire quelque chose de grand, plus, en fait, les choses s'alignent naturellement pour te permettre de réussir. Et donc, il y a vraiment un premier étage de se fixer une ambition folle et ensuite, tout va s'aligner naturellement.
- Speaker #1
Merci, Com.