Speaker #0Bienvenue à toi dans le fil de Floriane, un espace pour les personnes sensibles, hypersensibles, pour ressentir, ralentir et écouter ce que ta sensibilité essaye de te dire, à fleur de toi. Le fil de Floriane, le podcast des âmes sensibles pour t'aider à sortir du labyrinthe de tes émotions. Bonjour et bienvenue, je suis très heureuse de te retrouver pour ce nouvel épisode du fil de Floriane. Cette saison estivale sera un peu différente, j'ai eu envie de t'amener dans un voyage, pas un voyage pour devenir quelqu'un d'autre, mais un voyage pour revenir à toi. Parce que je crois qu'au fil de notre vie, beaucoup d'entre nous ont appris à être forts, à tenir, à faire face, à continuer. à être ceux sur qui l'on peut compter. Et sans même nous en rendre compte, nous nous sommes parfois éloignés de nous-mêmes. Alors cette saison estivale est une invitation à écouter autrement ce que tu vis, à regarder autrement tes réactions. Non par hasard, cette année, une, et durant cet été qui est marqué par plein d'énergie assez intense, et où l'été nous amène à finalement un rayonnement de soi. Alors... à comprendre que ton corps, finalement, tes émotions, ta colère, ta fatigue ou même ton impatience ne sont peut-être pas des problèmes, mais des messages. Et aujourd'hui, j'aimerais commencer par celui qui parle souvent avant tout le reste. Ton corps. Il y a quelques semaines, j'ai vécu quelque chose qui m'a profondément interrogée. Quelques jours après mon anniversaire, j'ai eu envie de faire plaisir, donc que tout soit beau et je me suis mise à jardiner. j'ai passé un an plusieurs heures d'affilée à couper, à nettoyer, à arracher des ronces, à tailler les rosiers. J'étais concentrée, déterminée, je voulais finir, je voulais que ce soit parfait et je voulais faire plaisir. Pourtant, il y avait ça quelques jours déjà que je sentais que mon corps m'envoyait des messages, que j'étais fatiguée, que j'avais vraiment besoin de poser. Mais comme souvent, je me suis dit ça ira après, je me reposerai plus tard, il faut juste que je termine. Et en jardinant, je me suis griffée avec des ronces, des épines. sur le moment j'y ai pas forcément prêté attention j'avais des gants, bon j'ai continué l'infirmière guerrière en moi, ancienne infirmière a vraiment eu se dire bon ça va tout va bien et finalement quelques jours plus tard une importante inflammation s'est installée et cette fois mon corps ne me demandait pas de ralentir mais il m'a obligé à m'arrêter, j'ai d'ailleurs été amenée à revoir mes collègues des urgences qui m'ont pris un en soins qui surtout ont été super adorables avec moi, ça m'a rappelé ma première vie et j'ai eu beaucoup de chance d'être prise en charge. Mais pendant longtemps je pense que j'aurais vécu cette histoire comme un simple accident et aujourd'hui je la regarde autrement. Et c'est exactement ce que j'ai envie de te partager avec toi dans cette nouvelle saison et dans ce nouvel épisode, c'est apprendre à regarder autrement ce que nous vivons parce que derrière cette blessure au doigt, Je n'ai pas seulement vu une épine, ou en tout cas même le doigt en question à m'a raconté quelque chose en tout cas, j'ai vu une manière de fonctionner, une vieille habitude, celle de continuer, de tenir, de vouloir faire plaisir, de croire que je pouvais encore donner un peu plus. Et finalement je me suis demandé, depuis quand ai-je appris à ne plus écouter mon corps ? Et cette question, je ne la suis pas posée seulement pour moi, je me la pose très souvent lorsque j'accompagne des personnes. Parce que lorsqu'elles arrivent en me disant... Je ne comprends pas ce qui m'arrive, je suis épuisée, je suis à bout, je n'ai plus d'énergie. Et très souvent, la question n'est pas pourquoi je suis fatiguée. La vraie question est, depuis combien de temps mon corps essaie-t-il de me parler ? Tu sais, pendant ces 15 années d'infirmière, j'ai souvent entendu ces phrases des centaines de fois. Je savais bien qu'il y avait quelque chose. Je sentais que je ne faisais pas comme d'habitude. J'aurais dû consulter plus tôt. Si tu savais le nombre de fois où j'ai entendu ces phrases. A l'époque, je pensais que cela concernait surtout la santé. Aujourd'hui, je crois que cela raconte quelque chose de beaucoup plus profond. Nous sommes nombreux à attendre, à repousser, à minimiser, à nous dire que ça va passer, comme si écouter notre corps était devenu secondaire, comme si prendre soin de nous pouvait attendre encore un peu. Et si cela te parle aujourd'hui, je voudrais déjà te dire une chose importante. Tu n'es pas faible, tu n'es pas trop sensible, tu es peut-être seulement une personne qui a appris à tenir très longtemps et parfois les personnes qui tiennent le plus souvent sont aussi celles qui s'écoute le moins. Tu sais, je dois t'avouer, pendant très longtemps, j'ai cru que j'étais quelqu'un de solide, de forte. D'une certaine manière, c'est assez vrai. J'étais infirmière pendant plus de 15 ans et quand tu travailles dans le soin, tu apprends très vite à mettre certaines choses de côté. Tu apprends à continuer même lorsque tu es fatigué. Tu apprends à finir ton service avant de penser à toi. Tu apprends à repousser le moment où tu dois aller manger, tu dois aller aux toilettes. Tu apprends à répondre aux besoins des autres avant de regarder les tiens. Et je crois que ce métier a renforcé quelque chose qui était déjà en moi. Cette petite voix qui disait « tu peux encore tenir, encore un effort, tu te reposeras plus tard » . Puis je suis devenue entrepreneuse. Et tu sais quoi, cette petite voix était toujours là. Simplement, elle avait changé de vêtement. Elle disait « encore un patient, encore un atelier, encore un podcast, encore un projet » . Comme si la valeur que je m'accordais dépendait de tout ce que j'étais capable de faire. Et je me rends compte que beaucoup de personnes que j'accompagne fonctionnent exactement comme cela. Elles ne se décrivent pas comme hypersensibles, au contraire, elles me disent souvent « je suis quelqu'un de fort, je gère, je n'aime pas me plaindre, je peux encaisser » . Et lorsque je les écoute, je ne vois pas des personnes fortes, je vois souvent des personnes qui ont appris très tôt qu'il valait mieux tenir que ressentir. Il y a une idée reçue qui m'interpelle beaucoup. On imagine souvent que les personnes hypersensibles pleurent facilement. qu'elles sont débordées par leurs émotions. Il peut y en avoir, oui, mais dans la réalité, celles que je rencontre sont souvent tout l'inverse. Elles encaissent énormément. D'ailleurs, elles ont souvent un vécu très lourd. Elles ont perdu des proches très tôt. Elles supportent des situations très difficiles. D'ailleurs, ce sont souvent des vieilles âmes. Elles continuent malgré la fatigue, malgré les tensions, malgré les douleurs, malgré les nuits où elles ne dorment pas, où elles dorment très mal. Et elles deviennent incroyablement résistantes. Et c'est justement cette résistance qui finit parfois par les éloigner d'elle-même. Parce qu'à force de repousser les limites, on finit par ne plus les sentir. Alors j'aimerais te poser une question. Et prends vraiment quelques secondes pour y répondre. Quand, pour la dernière fois, as-tu senti que ton corps te demandait de ralentir ? Et tu as continué malgré tout. Peut-être que c'était une douleur, une fatigue, une boule au ventre, des maux de tête, des réveils à 3h du mat, une irritabilité inhabituelle, une impatience que tu ne connaissais pas. ou simplement cette sensation de ne plus avoir envie. Et pourtant, tu as continué, parce qu'il fallait bien, parce qu'on comptait sur toi, parce que tu ne voulais pas décevoir, parce que tu pensais que cela passerait. Tu sais ce que je crois aujourd'hui ? Je ne crois plus que notre corps nous trahisse, je crois qu'il nous protège. Il commence toujours par murmurer, une fatigue, une tension, un inconfort. Puis, si nous ne l'écoutons pas, il parle un peu plus fort. Et parfois il finit par crier, non pas pour nous punir, mais parce qu'il n'a plus d'autres moyens de se faire... entendre. Et c'est précisément ce que j'aimerais t'inviter à regarder autrement. Et si ton corps n'était pas ton ennemi, s'il était au contraire ton meilleur allié. Et si cette fatigue, cette colère, cette impatience, ces douleurs ne venaient pas te compliquer la vie, mais te montraient le chemin du retour vers toi. Dans mes accompagnements, il y a une phrase que je répète souvent. Nous ne cherchons pas à faire disparaître le symptôme, nous cherchons à comprendre ce qu'il vient raconter. Parce que derrière une fatigue, il y a parfois une personne qui ne s'autorise jamais à se reposer. Derrière une colère, une personne qui n'a jamais appris à poser des limites, derrière un besoin de tout contrôler, quelqu'un qui n'a jamais vraiment connu la sécurité intérieure. Tu vois, je ne cherche pas à changer les personnes que j'accompagne, je les accompagne à changer de regard sur ce qu'elles vivent. Et souvent, rien que cela commence déjà à transformer beaucoup de choses. Tu sais, il y a quelque chose qui me touche profondément. dans les personnes que j'accompagne. Très souvent, ces personnes arrivent en pensant connaître leurs problèmes. Elles me disent « je suis trop stressée, je suis trop en colère, je suis épuisée, je suis trop émotive » . Et je la réponds souvent avec beaucoup de douceur et si ce n'était pas le problème, mais la conséquence. Parce que la colère n'est pas toujours le problème, la fatigue non plus, l'anxiété non plus. Très souvent, elles sont simplement la façon dont notre corps essaie de nous dire « tu t'es oubliée » . Et je crois que nous avons appris à regarder nos réactions comme des défauts, comme quelque chose qu'il faudrait corriger. alors que j'aimerais te proposer une autre manière de voir ces choses-là. Et si au lieu de te demander « qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? » , tu te demandais « qu'est-ce que cette réaction vient raconter de moi ? » Tu vois, ce n'est plus du tout la même question. Dans mes accompagnements, nous passons beaucoup de temps à faire cela. Nous n'essayons pas de supprimer une émotion, nous allons à sa rencontre. Nous la regardons en face, nous lui donnons une place, et très souvent, lorsqu'une émotion est enfin entendue, elle n'a plus besoin de crier. J'aimerais te partager une image. Imagine un petit enfant qui essaie d'attirer l'attention de son parent. Au début, il parle doucement, puis il insiste, puis il osse la voix, et si la personne ne l'écoute pas, il finit par crier. Je crois que notre corps fonctionne exactement de cette manière. Il commence par un murmure, une fatigue inhabituelle, une tension dans les épaules, des réveils nocturnes, une respiration plus courte. Puis viennent les douleurs, les inflammations, l'épuisement. Ce n'est pas parce qu'il est contre nous, c'est parce qu'il cherche désespérément à être entendu. Et si je te raconte cela aujourd'hui, c'est parce que j'aurais aimé le comprendre plus tôt. J'aurais aimé comprendre que je n'avais pas besoin d'attendre que mon corps m'oblige à ralentir, que je pouvais choisir de le faire avant. Je pense aussi à toutes ces personnes qui me disent « je suis quelqu'un de très impatient » ou encore « je m'énerve pour un rien » . Et si ce n'était pas un trait de caractère ? Et si c'était simplement un système nerveux qui fonctionne depuis tellement longtemps en mode survie qu'il ne sait plus reconnaître le calme comme un endroit sûr ? Je crois que beaucoup de personnes ne sont pas impatientes, elles sont épuisées. Beaucoup ne sont pas froides, elles se protègent. Beaucoup ne manquent pas de courage. Elles en ont tellement qu'elles ont oublié qu'elles avaient aussi le droit d'être vulnérables. Pour finir, j'aimerais te proposer une petite expérience. Pas un exercice à réussir, simplement une rencontre avec toi. Aujourd'hui ou demain, accorde-toi 5 minutes. Assieds-toi, sans téléphone, sans musique, sans rien faire. Puis, pose doucement une main sur ton cœur et une autre sur ton ventre. Ferme les yeux. Et demande-toi simplement, comment va mon corps aujourd'hui ? Pas comment il devrait aller, pas comment j'aimerais qu'il aille, juste comment va-t-il ? Puis laisse venir une sensation, une image, un mot, une émotion. Il n'y a rien à réussir, seulement à écouter. Tu peux même terminer en écrivant cette phrase. Aujourd'hui, mon corps essaie peut-être de me dire, et tu laisses les mots arriver. Tu seras peut-être surprise, ou surpris. Tu sais, je ne crois pas que notre plus grande force soit de continuer malgré tout. Je crois que notre plus grande force, c'est d'oser nous écouter avant qu'il ne soit trop tard. Et si en écoutant cet épisode, tu t'es reconnu, si tu as senti que quelque chose faisait écho en toi, ne laisse pas cette prise de conscience repartir avec le quotidien. Parce que comprendre est une première étape, mais comprendre ne transforme pas toujours une vie. C'est précisément pour cela que j'ai créé mes accompagnements, que ce soit lors d'une séance individuelle, ou dans l'accompagnement à fleurs de soie sur plusieurs mois, ou même dans mes retraites sur la sensibilité, ou ma prochaine retraite dans le désert, qui s'intitule « Corps libre, âme vivante » que je co-crée avec Anthony, un ostéopathe depuis plus de 20 ans, qui était kiné avant. Le temps d'écouter, le temps de comprendre, le temps de regarder autrement ce qui se joue en toi, sans jugement, sans chercher à te réparer, parce que je ne crois pas que tu sois cassé, Je crois simplement qu'une partie de toi attend depuis longtemps d'être entendue. J'aimerais te laisser avec cette question, peut-être la plus importante de cet épisode. Et si ton corps n'était pas en train de te freiner, et s'il essayait simplement de te ramener vers toi ? Je ne t'accompagne pas à devenir quelqu'un d'autre, je t'accompagne à retrouver la personne que tu as dû quitter pour t'adapter. Alors prends soin de toi, avec autant de douceur que tu en offres aux autres. Je te retrouve très bientôt dans un nouvel épisode du Fil de Floriane. Et d'ici là, reviens à toi en douceur. A bientôt !