Speaker #0Bienvenue à toi dans le fil de Floriane, un espace pour les personnes sensibles, hypersensibles, pour ressentir, ralentir et écouter ce que ta sensibilité essaye de te dire à fleur de toi. Le fil de Floriane, le podcast des âmes sensibles pour t'aider à sortir du labyrinthe de tes émotions. Bonjour à toi et bienvenue, je suis heureuse de te retrouver pour ce nouvel épisode du Fil de Floriane. Lors des deux derniers épisodes, nous avons parlé du corps et des personnes qui ont appris à être fortes. Aujourd'hui, j'aimerais t'amener vers quelque chose qui me touche différemment, mais aussi beaucoup, parce que c'est une idée reçue que j'entends très souvent. Cette personne est froide, il est froid, il est distant. On ne sait jamais ce qu'il ressent. Il ou elle paraît insensible. Et chaque fois que j'entends ces phrases, je me demande si c'était exactement l'inverse. Je vais te raconter une scène. Pendant mes années d'infirmière, j'ai rencontré des personnes qui ne laissaient rien paraître. Même dans des situations très difficiles. Elles répondaient calmement, elles souriaient, ne pleuraient jamais à première vue. On aurait pu croire qu'elles géraient parfaitement et pourtant, je sentais que ce n'était pas vrai. Mes ressentis me disaient le contraire. Je sentais l'hypersensibilité derrière. Et en créant un climat de confiance, parfois quelques minutes après, parfois après plusieurs rendez-vous, ou plusieurs moments passés ensemble, lorsque la porte de la chambre se refermait, lorsque le médecin partait, ou lorsqu'elle se retrouvait seule avec moi, elles osaient s'effondrer. Cette scène, je ne l'ai pas vue une fois, je l'ai vue des dizaines de fois. Et aujourd'hui, je retrouve exactement la même chose dans mes accompagnements. Certaines personnes arrivent avec une image très contrôlée, très rationnelle, très forte en apparence. Elles me disent souvent, je ne comprends pas pourquoi avec toi, je libère mes émotions, je me mets à pleurer. Et tu sais, souvent, elles veulent contrôler et ne pas sortir des émotions. Et puis petit à petit, on voit que ces émotions qui remontent, elles aident à évacuer un trop-plein. Et elles arrêtent de retenir, enfin. Tu sais, je crois que beaucoup de personnes ne sont pas froides, elles sont prudentes. Elles ont appris très tôt que montrer leurs émotions, pouvaient être dangereux. Alors, elles ont construit une protection, une armure. Et avec le temps, elles ont fini par croire que cette armure était leur personnalité. Alors qu'en réalité, elle n'est qu'une stratégie de survie. Et tu sais, ce sujet me touche particulièrement parce que pendant longtemps, je crois que moi aussi, j'ai donné l'impression d'être une personne assez distante, assez froide. Pas parce que je ne ressentais rien, mais pour me protéger. Je ressentais énormément, mais j'avais mis cette barrière pour pas qu'on... En tout cas, pour me donner l'illusion qu'on ne pouvait pas me percer. Parce que très tôt, j'ai appris que montrer ce que je ressentais, ça pouvait être difficile. Et je pouvais avoir des réflexions, des remarques. Alors, sans même m'en rendre compte, de manière inconsciente, j'ai construit une carapace. Et je pouvais, ou je peux peut-être encore paraître distante, réservée, parfois même un peu froide. Pourtant, à l'intérieur, tout est vivant, tout est très intense. Et aujourd'hui encore, lorsque je ne connais pas quelqu'un, que je ne me sens pas complètement en sécurité, je sens que cette protection, elle peut revenir par moments. Mais elle ne raconte pas un manque de sensibilité. Elle raconte simplement une ancienne manière de me protéger. Je vais te raconter quelque chose d'assez personnel. Pendant longtemps, j'ai cru que mon père était quelqu'un de très dur, très froid. En tout cas, il était en apparence, où il montrait ça, et assez autoritaire. Aujourd'hui, il a 70 ans. Et je crois que beaucoup de personnes l'ont perçu comme ça, quelqu'un d'autoritaire, de peu démonstratif. parfois même froid. Et pourtant, avec le temps, je me suis rendue compte que ce n'était pas ce que je ressentais au fond de moi par rapport à lui. En découvrant la numérologie et en étudiant mon propre thème, puis celui de mon papa, et même celui de mon grand-père, et même de mon arrière-grand-père, j'ai réussi à aller jusque-là, quelque chose est devenu évident. J'ai commencé à voir un fil, et dans ce fil, il y avait une sensibilité immense qui traversait les générations. Mais une sensibilité pas forcément comprise quand c'était chez l'homme. Une sensibilité qui n'avait jamais vraiment eu le droit d'exister, à une époque où on apprenait aux hommes à être forts, à ne pas pleurer, à ne pas montrer leurs émotions, à travailler, à tenir, à protéger. Mais jamais à dire qu'ils avaient peur, qu'ils étaient blessés ou qu'ils avaient besoin d'être consolés. Alors beaucoup ont construit une carapace et cette carapace a fini par être prise pour une personnalité. Je crois profondément que certains hommes que l'on qualifie de froids, de durs, de fermes, parfois de colériques, sont parfois des hommes qui n'ont simplement jamais appris qu'ils avaient le droit de ressentir et d'exprimer leur sensibilité. Cette sensibilité, lorsqu'elle ne peut pas s'exprimer, Elles ne disparaissent pas, elles cherchent un autre chemin. Et bien souvent, elles se manifestent par de la colère, de l'impatience, un besoin de contrôle, une difficulté à montrer sa vulnérabilité. Aujourd'hui, lorsque j'accompagne des hommes et des femmes qui me disent « mon père était très dur » ou « mon conjoint ne montre jamais ses émotions » , je garde toujours cette question en tête. Et si ce que tu prends pour de la froideur était en réalité une... immense sensibilité qu'il n'a jamais trouvé le droit d'exister. C'est aussi cela que la numérologie m'a appris. Elle ne met pas les personnes dans des cases. Elle m'aide à comprendre leur histoire, leur mécanisme de protection et ce qui se transmet parfois de génération en génération. Et ce changement de regard transforme profondément notre manière de nous regarder, mais aussi de regarder ce que nous aimons. J'aimerais te poser une question. Lorsque quelqu'un te paraît fermé, à quoi penses-tu immédiatement ? Qu'il ne ressent rien ? Ou qu'il a peut-être appris à ne plus montrer ce qu'il ressent ? Je crois que cette question peut changer beaucoup de choses. Parce qu'elle change notre regard. Et c'est exactement ce qui me passionne aujourd'hui. Changer le regard que nous portons sur nous-mêmes, mais aussi sur les autres. Parce que souvent, nous projetons nos blessures, des choses que nous n'avons pas réglées à l'intérieur de nous. Si je n'accepte pas que je suis sensible, hypersensible, alors je projette et je fuis toute personne qui a une sensibilité forte. Certaines personnes en séance me disent « je ne pleure jamais » ou « ça fait très longtemps que je n'ai pas pleuré » . Et je souris toujours un petit peu parce que je sais que ce n'est pas l'absence d'émotion, c'est souvent l'absence d'autorisation. Pendant des années, ces personnes ont peut-être appris à être raisonnables, à être courageuses, à être discrètes, à être fortes. Alors les émotions, elles les ont rangées très profondément jusqu'au jour où une séparation, un burn-out, une maladie, une naissance, une mort, Parfois, un simple podcast vient réouvrir doucement cette petite porte. Dans mon accompagnement à Fleur de Soie, il y a souvent un moment très particulier. Souvent, c'est au début, durant les premières séances, les personnes arrivent en pensant qu'elles ont perdu leurs émotions. Puis, au fil des premières séances qui sont assez remuantes, ça vient bouleverser peut-être des choses intérieures. Elles découvrent qu'elles ne les avaient jamais perdues. Elles les avaient... simplement protégée. Et je crois que cette nuance est immense. Tu n'es peut-être pas devenu froid. Tu t'es peut-être simplement habitué à ne plus montrer ce que tu ressentais. Et j'aimerais te proposer une expérience. Pendant les prochains jours, observe les personnes autour de toi. Celles qui parlent peu, celles qui semblent distantes, celles qui paraissent toujours maîtriser leurs émotions. Et demande de toi simplement, qu'est-ce que je ne vois pas ? Puis fais exactement la même chose avec toi lorsque tu te sens fermé, lorsque tu réponds ça va ? Lorsque tu minimises, lorsque tu changes de sujet, demande-toi avec beaucoup de douceur qu'est-ce que j'essaie de protéger ? Je ne te demande pas de corriger, ni d'analyser, mais simplement d'observer. Je crois profondément que nous avons tous construit des protections. Le problème n'est pas d'en avoir. Le problème, c'est lorsque nous oublions qu'elles sont des protections, et que nous finissons par croire qu'elles sont notre identité. Alors si cet épisode a résonné en toi, j'aimerais simplement te dire ceci. Tu n'as pas besoin d'enlever ton armure d'un seul coup, tu peux commencer par la regarder, comprendre pourquoi elle est arrivée et remercier cette partie de toi qui a fait tout ce que tu as pu pour te protéger. C'est exactement ce chemin que je t'invite à faire en t'accompagnant. Pas enlever tes protections, mais comprendre ce qu'elles racontent. Et petit à petit, retrouver la personne qui se cache derrière. J'aimerais te laisser avec cette phrase. Les personnes les plus sensibles ne sont pas toujours celles qui pleurent le plus. Ce sont parfois celles qui ont appris à ne plus rien montrer. Et si aujourd'hui tu t'autorises simplement à baisser un peu l'armure, pas avec tout le monde, pas d'un seul coup, mais avec toi, je te remercie d'avoir partagé ce moment avec moi et de m'écouter. Si ce podcast peut aider une personne, n'hésite pas à le partager. Tu n'as pas besoin de devenir quelqu'un d'autre. Tu as simplement besoin de retrouver la personne que tu as dû quitter. pour t'adapter. Alors prends soin de toi et reviens à toi en douceur. Je te dis à très bientôt sur le fil de Floriane.