Description
Si vous êtes déjà allé en montagne au printemps, à la fonte des neiges, vous savez le bruit que ça fait. Le débit est considérable, on ne tiendrait pas debout là-dedans. Et au milieu de ce torrent, il y a une truite. Elle ne bouge pas. Un mouvement de nageoire de temps en temps, rien de plus. Quand on lui fait peur, elle ne part pas vers le bas : elle file vers l'amont, contre le courant, à toute vitesse.
Viktor Schauberger est né en 1885 en Haute-Autriche, cinquième de neuf enfants dans une famille de forestiers. Son père voulait l'envoyer à l'université, à Vienne. Il n'y est pas allé. Après la guerre de quatorze, on lui confie vingt et un mille hectares de forêt presque intacte, et il passe des années seul là-dedans, à regarder de l'eau.
La truite l'intrigue. Il cherche une explication, il n'en trouve pas. Alors il fait une expérience : cent litres d'eau chauffés, versés dans le torrent quelques centaines de mètres en amont, là où une grosse truite a l'habitude de se tenir. Cent litres dans plusieurs mètres cubes par seconde, la température ne bouge pas de façon mesurable. Et pourtant la truite s'agite, ne tient plus sa place qu'au prix d'un effort violent, puis se fait emporter vers le bas.
Ce qu'il en conclut ouvre toute la série : la qualité d'une eau ne se lit pas seulement dans ce qu'il y a dedans, elle tient aussi à son état, sa température, son mouvement, la façon dont elle a circulé.
L'épisode suit ensuite ce que cet homme en a fait. L'hiver 1918, à Linz, seize cents mètres cubes de bois descendus en une seule nuit par un ruisseau que les experts avaient jugé impropre. Ce qui, dans son récit, ne fait pas consensus, dit comme tel. Et 1941, puis 1943, la SS et le camp de Mauthausen, un travail contraint auquel un épisode entier sera consacré plus loin dans la série.
Le geste de la fin : la prochaine fois que vous passez sur un pont, arrêtez-vous, et ne regardez pas le courant principal. Cherchez ce qui, à l'intérieur, ne va pas dans le même sens. Trente secondes suffisent, et une fois qu'on l'a vue, on ne peut plus ne pas la voir.
Sources : Alexandersson, Living Water ; Bartholomew, Hidden Nature ; Schauberger, The Energy Evolution, chapitre « Explosion and Implosion », signé Linz, 16.01.1956, et Nature as a Teacher ; Cobbald, A Life of Learning from Nature. La distance de l'expérience diffère selon les sources, cinq cents mètres chez l'un, cent cinquante chez l'autre : d'où « quelques centaines de mètres ». Les cent litres, eux, sont corroborés par les deux.
La page de l'épisode, avec le texte intégral et les sources : https://yannick-mytae.fr/podcast/la-truite
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