- Speaker #0
Bienvenue dans Le Juste Rythme, le podcast qui explore le cœur, le corps et la tête. Je suis Marion Béchade, une femme, une mère, une entrepreneuse passionnée mais souvent débordée, en quête chaque jour d'un peu plus de sérénité. Un podcast pour se déculpabiliser et peut-être se donner une nouvelle impulsion.
- Speaker #1
Cet épisode du podcast Le Juste Rythme est soutenu par l'Auberge Basque, un hôtel-restaurant, relais et châteaux, un lieu unique au cœur du Pays Basque qui invite
- Speaker #0
à ralentir, à se reconnecter à ses cinq sens et à prendre un temps pour soi, l'endroit parfait pour retrouver son juste rythme. Dans mon épisode avec Victoire Finaz, je vous laisse découvrir le juste rythme d'une chocologue engagée entre passion, exigence et alignement. On a parlé de chocolat évidemment, de la tablette, du goût, des différences entre chocolat et confiserie et de ce que raconte notre manière de déguster. Nous avons également parlé de parcours entrepreneurial, de choix, d'héritage et de ce que ça demande de construire sa voix sans se trahir. Comment trouver l'alignement dans un projet exigeant, comment relier le corps, le sens et le travail,
- Speaker #1
et comment le chocolat devient un langage bien au-delà du plaisir. Un épisode à la fois concret, inspirant et profondément sensoriel à écouter avec attention. Je vous laisse découvrir le juste rythme de Victoire.
- Speaker #0
Bonjour Victoire.
- Speaker #1
Bonjour Marion.
- Speaker #0
Bienvenue. Avant que nous commençons notre échange, je demande toujours cette petite question. Dans quelle énergie es-tu ? Avec ton paquet de Kleenex.
- Speaker #1
Là, je suis dans une énergie où je suis malade. Je suis tombée malade hier. Ça m'arrive presque jamais.
- Speaker #0
Rarement.
- Speaker #1
Ça m'arrive très rarement. Mais là, j'ai attrapé froid, donc je vais te parler avec une espèce de voix cassée, le nez bouché. Désolée pour les auditeurs.
- Speaker #0
C'est très mignon. Si tu devais décrire ton rythme actuel en quelques mots, lesquels choisirais-tu ?
- Speaker #1
Je suis plutôt une personne active, donc je suis toujours active. Et j'ai toujours plein de projets à faire avancer. J'ai toujours plein de clients qui me contactent pour des événements, pour des commandes de chocolat, des livraisons, souvent en dernière minute. Donc c'est vrai que je suis plutôt sur le qui-vive.
- Speaker #0
Quand on prononce le mot chocolat, qu'est-ce qui arrive en premier pour toi ?
- Speaker #1
chocolat. c'est devenu toute ma vie je pense que si jamais en tous les cas moi quand je le prononce je vois l'impact que ça a chez les personnes qui commencent à ouvrir leurs yeux, sourire on sent déjà l'émotion dans leurs yeux plutôt de joie, de souvenirs gays, gourmands il y a vraiment de plaisir il y a vraiment de plaisir en chocolat Est-ce que tu as un souvenir d'enfance qui t'a marqué ou qui est très précis par rapport à ce qui est lié au chocolat ? J'ai plein de souvenirs d'enfance. J'ai aussi bien le chocolat chaud de ma grand-mère à Noël, qui parfumait la maison et qu'on dégustait à la campagne près de trois. Ensuite, j'ai les mousses au chocolat que je faisais avec mon père. C'est vraiment lui qui m'a appris à pâtisser le chocolat. On faisait pas mal de gâteaux, de crêpes, de mousse. Et puis, j'ai ces fameuses tablettes de chocolat que j'ai achetées, je sais pas, lors de mon premier argent de poche, je devais être en sixième. Je devais recevoir 10 euros par mois, tu sais. Et j'allais acheter au supermarché ces grandes tablettes sans marque, où t'en avais cinq dans un essai de papier dans les parents. Et en fait, j'en avais tout le temps dans ma chambre et j'étais jeune, tu vois, vraiment. Ça a été mes premières courses.
- Speaker #0
Première argent de poche dans le chocolat. Et au-delà du goût, qu'est-ce que ça évoque chez toi,
- Speaker #1
le chocolat ? Pour moi, le chocolat aujourd'hui, ce qui résonne, c'est toutes les personnes que j'ai rencontrées dans la filière. Aujourd'hui, j'ai une vision tellement globale. Quand je dis chocolat, je pense aussi bien aux planteurs qu'aux sourceurs, aux chocolatiers qui vont transformer la matière, aux personnes qui vont déguster, découvrir des nouvelles sensations, des nouveaux goûts. Pour moi, le chocolat, c'est vraiment... J'en ai fait vraiment un terrain d'études, une science comme la chocologie, vraiment à l'instar de l'onologie. Donc, c'est vrai que j'ai cette vue globale de la terre, on va dire, jusqu'au produit final de gourmandise et de plaisir.
- Speaker #0
D'ailleurs, j'ai vu que tu faisais... des animations avec Ferrandi, là, dernièrement.
- Speaker #1
Des formations,
- Speaker #0
oui. Oui, des dégustations, je pense que tu as fait. Oui,
- Speaker #1
c'est toujours dans le cadre de formation.
- Speaker #0
Oui, de formation. Moi, j'ai fait l'Institut Paul Bocuse, pour le coup, à Lyon, et on avait des cours sur le café, sur le thé, sur le vin, mais on n'en avait pas sur le chocolat, à l'époque, il y a 20 ans. Est-ce que c'est des choses qui vont arriver, tu penses ? Oui, bien sûr.
- Speaker #1
On pourrait en parler avec beaucoup d'écoles, que ce soit le Cordon Bleu, l'Institut Bocuse, Ferrandi, avec qui je fais déjà pas mal de choses. En fait, il y a un vrai besoin. Aujourd'hui, c'est devenu... C'est une matière première qu'utilisent les chocolatiers et les pâtissiers. Mais je pense que les connaissances se sont beaucoup développées. Il y a plus de transparence ou de traçabilité. Et les professionnels ont besoin de ces informations sur l'origine, le goût, comment le travailler. La majeure partie des professionnels ne sont jamais dans une plantation de cacao. Ce n'est pas comme le vin où c'est facile d'aller à Bordeaux ou en Bourgogne. Donc, on sait qu'il reste un mystère. Et mes formations permettent justement de percer quelques secrets, permettent de découvrir le produit et de le comprendre dans sa globalité, de mettre les choses en perspective. Et je pense que ça éclaire énormément au niveau du goût.
- Speaker #0
Oui, de l'apprécier même encore plus.
- Speaker #1
Et de l'apprécier encore plus, ça c'est la finalité.
- Speaker #0
Je change complètement de sujet, mais quel type d'enfant étais-tu ?
- Speaker #1
J'étais une enfant très timide, très discrète, très autonome, le syndrome de l'aîné. Et où il y a eu beaucoup de poids de l'éducation, des projections parentales pour que tout soit parfait. Donc ça, ça a été très lourd. Et j'étais très conforme à tout ça d'ailleurs.
- Speaker #0
Et c'est pour ça que tu as fait des études de psychologie ?
- Speaker #1
Ça revient. Pas spécialement pour me soigner, parce que j'étais bien dans ma tête. Mais j'ai fait des études de psycho, c'était presque par hasard. En fait, moi, je voulais travailler dans le marketing sensoriel. Ce qui me plaisait, c'était le parfum, c'était l'univers des odeurs, la sensorialité. Je collectionnais mes parfums, je lisais énormément. Aussi sur la sociologie, c'est marrant. J'aimais bien lire des bouquins sur la société, sur les tendances de consommation. toutes ces études qui sortaient un petit peu dans les années 70-80. Et en fait, pour faire ces études de marketing, je me suis renseignée. Soit j'avais la voie du business en faisant une école de commerce, soit je faisais psycho en faisant une majeure marketing dans une école qui s'appelait Psychoprat. Et donc du coup, j'ai passé les concours et les dossiers pour les deux voies. Et j'ai été prise dans les deux voies. Et donc du coup, j'ai vraiment eu le choix. Je me suis dit, tiens, je vais faire psycho parce que j'avais fait mon bac à Londres au lycée français. Je voyais tous mes collègues de classe partir dans des études originales, improbables. Ce n'est pas du tout comme en France. En Angleterre, on fait des études pour s'ouvrir à quelque chose, pas du tout pour se formater. Du coup, je me suis dit, tiens, je vais jouer la carte de l'originalité. Je vais faire psycho. Comme ça, j'aurai un profil plus intéressant, plus complémentaire qu'une école de commerce.
- Speaker #0
Différent.
- Speaker #1
Différent. Et en fait, ça m'a vraiment plu. Autant au début, j'ai flippé parce que quand j'entendais les profs en disant « Oui, cher futur collègue, attends, mais moi, je n'ai pas du tout la vocation pour être psychologue. »
- Speaker #0
Tu n'as jamais eu envie de devenir psychologue. Ah non, enfin,
- Speaker #1
je n'ai pas du tout même... Je ne suis pas câblée pour ça. Moi, je pleure devant un Walt Disney, donc je suis incapable d'aider les gens qui me malent. Non, ce qui était vraiment... D'ailleurs, je l'avais identifié très tôt. Je savais qu'il me fallait un métier sensoriel. Parce que j'étais très sensible à ça. que ça me parlait, que j'étais à l'aise. Donc oui, ça c'était plus quelque chose qui m'a guidée.
- Speaker #0
Donc tu as grandi dans une famille guillot-chocolat.
- Speaker #1
Écoute, j'ai grandi dans une famille parisienne, même si mes parents ne sont pas forcément parisiens de base. Enfin, même si mes parents ne sont pas forcément parisiens d'origine. Mais née à Paris, grandie à Paris. Après, j'ai un peu habité à New York, parce que mes parents se sont exprimés. expatriés. Après, ils sont expatriés à Londres, donc j'ai fait mon bac à Londres. J'ai toujours eu une éducation très ouverte à l'international parce que déjà, un, mes parents adoraient voyager, donc on faisait beaucoup de vacances à l'étranger. Et puis, on a toujours reçu à la maison tout un tas de gens de toutes les nationalités, de toutes les religions, de toutes les langues. C'était très cosmopolite et je crois que j'ai vraiment grandi dans cette ouverture d'esprit. Et que j'avais envie de retrouver d'ailleurs dans mes études. Parce que, tu vois, ma dernière année de psycho, je l'ai passée au Liban, en échange. Ensuite, j'ai fait un master de marketing à HEC. Après, j'ai fait mon stage de fin d'études à Madrid. J'ai fait des stages aussi à Londres. Donc, j'ai toujours voulu un peu travailler à l'étranger, mourir, voyager.
- Speaker #0
Et quand tu voyages maintenant, c'est toujours un lien avec le chocolat ?
- Speaker #1
Alors, soit le chocolat, soit le kite. Parce que je fais du kitesurf aussi, donc ça me fait voyager.
- Speaker #0
Est-ce que tu avais reçu une certaine pression liée à cet héritage du chocolat dans ta famille ? Pas du tout, non,
- Speaker #1
non. Cet héritage était vraiment du plaisir et de la gourmandise. Mon père est fan de chocolat et c'est lui qu'on achetait tous les week-ends. Donc parfois, il partait toujours en moto, parfois je sautais sur la moto avec lui pour faire les petits tours des artisans et on ramenait plein de tablettes. J'étais toujours initiée à ça, avec la cuisine dont je te parlais, parce que j'ai beaucoup pâtissé aussi avec mon père, qui adorait cuisiner. Et après, non, pourquoi le chocolat ? C'est parce que quand j'ai terminé psycho, il fallait que je fasse une thèse. Et moi, je ne me voyais pas du tout faire ma thèse sur le côté pathologique de la psycho. C'est-à-dire la schizophrénie, l'autisme, tous les problèmes, l'allaitement. Ce n'étaient pas des sujets vraiment qui y raisonnaient. Pour moi, j'avais plutôt envie de me trouver une thèse sur un produit sensoriel. Et en fait, le parfum, il y avait énormément d'écrits. Je me suis dit, tiens, j'adore le chocolat. En fait, l'idée de la thèse, c'est peut-être venu aussi d'un petit mensonge que j'avais fait. Parce que quand j'étais en troisième année de psycho, il y avait le salon du chocolat. Et en fait, à chaque fois, c'est en mois d'octobre. Et moi, je démarrais mes études le 15 octobre. Et comme le salon, c'est le fin octobre, je ne sais pas, je zappais un peu. Et un jour, quelqu'un me dit, mais attends, tu devrais aller au salon, toi qui adores le chocolat. J'ai dit, mais t'as raison. Et donc du coup, je me dis, je vais y aller, mais pas en tant que visiteuse, parce que je vais être frustrée de rester juste une demi-journée. Je vais y travailler. Et donc du coup, j'avais imprimé toute la liste des chocolatiers. Je les avais appelés un par un pour trouver un petit boulot. Et un chocolatier me dit, ok, j'ai besoin d'une vendeuse, mais il faudrait une convention de stage. Là, je le regarde, j'ai l'impression que je pensais sécher les cours. Et bon, j'ai pris mon courage à deux mains. Je suis quand même allée voir mon directeur en disant, voilà, j'aimerais faire cette expérience. Et puis là, je lui invente vraiment un gros mytho. Je lui dis, voilà, cherche déjà une idée pour ma thèse. Je me dis que le chocolat, ça peut vraiment être intéressant. Du coup, il y a le salon, là, et dans deux jours, ça tombe très bien. Est-ce que je peux aller là-bas pour étudier ma population ? Et en fait, il m'a accordé une convention de stage. Ça a marché et j'ai passé cinq jours incroyables à découvrir justement que le chocolat, ce n'était pas que ce qui était vendu en supermarché, mais c'était aussi des produits fabriqués par des artisans passionnés qui sourcent les ingrédients, qui travaillent comme un... Finalement, comme un oenologue, il compose des goûts, des saveurs, il y a des équilibres. Et j'ai eu la chance de tomber sur quelqu'un de passionné. Et ça, ça m'a vraiment fait accrocher au sujet. Et ça m'a donné envie du coup de faire ma thèse. C'est ça en fait.
- Speaker #0
C'était pas un mensonge du coup.
- Speaker #1
Du coup, le mensonge est devenu réalité.
- Speaker #0
Pourquoi est-ce que tu as choisi l'entrepreneuriat plutôt qu'un chemin plus sécurisé ?
- Speaker #1
Déjà parce que je suis tombée dans l'entrepreneuriat un peu... Comment dire ? Pas par hasard. Mais quand j'ai terminé psycho, j'ai fait ma thèse sur l'expertise en chocolat. Et une des expertes que j'avais interrogée m'appelle un peu paniquée en me disant « Écoute, Victor, je suis très embêtée. Je dois partir dans les plantations de cacao. » Et je me suis engagée avec une agence événementielle pour animer un atelier. « Est-ce que tu peux me remplacer ? Je sais qu'avec tout ce que tu as appris, tu pourras en parler. » C'est un atelier qui durait deux heures et demie avec des commerciaux de chez Renault. Du coup, j'ai monté tout mon menu de dégustation. J'ai dit OK, très bien, mais j'étais un peu projetée sur le devant de la scène, alors que je t'ai dit, un peu timide. En fait, j'étais tellement passionnée par mon sujet que j'ai parlé à fond. Ça s'est très bien passé. L'agence a eu des très bons retours, donc elle a commencé à me faire travailler. Au début, je demandais à ma mère, qui est experte en porcelaine, de facturer. Au bout de trois dégustations, j'étais à HEC, je faisais mes allers-retours à Paris. Elle m'a dit, non, mais là, il faut que tu crées ta boîte. C'est comme ça que j'ai créé mon ASRL, parce qu'il n'y avait pas autant d'entrepreneurs à l'époque. Donc j'ai dû créer une vraie boîte. Donc là, si tu veux, tu te prêtes au jeu assez facilement, enfin assez rapidement, parce que tu reçois les papiers de l'URSS, tu es récif, etc. Donc tu te dis, ah ouais, j'ai déjà des factures à payer. Donc en fait, tu te dis, même si j'ai une petite boîte en parallèle de mes études et d'un vrai boulot, il faut quand même que ça se fasse sérieusement. Du coup, j'ai commencé à faire un site, une carte de visite, envoyer des mails en disant si vous voulez une dégustation, je suis là. C'est un peu comme ça que j'ai créé mon activité d'entrepreneur. Mais je me rassurais en disant, après HEC, je vais me trouver un vrai boulot dans une grande boîte. J'aurais ça en parallèle. Je ne me suis pas jetée. C'est vraiment après mon stage de fin d'études que j'ai fait un stage de chocolaterie à Ferrandi, justement très encouragé par Pierre Hermé. qui m'a dit, écoute, tu parles du chocolat, c'est top, mais il faut vraiment que tu apprennes à le fabriquer, parce que ça va t'apporter quand même des informations assez importantes, comprendre un peu les contraintes. Et donc du coup, j'ai fait ce stage de chocolat de smi, et en sortant de ce stage, j'avais dit... Je me suis dit vraiment, j'ai envie de créer mes chocolats comme un parfum, comme un nez, choisir mes ingrédients, mes couvertures. Et donc là, je me suis lancée dans ce projet de créer une marque. Et qu'est-ce qui a été le plus difficile dans le lancement d'une activité ? C'est que tu es obligée d'apprendre tout. C'est-à-dire que moi, j'ai fait des études passionnantes, mais ça ne m'a pas appris à créer une boîte, à parler avec un avocat. écrire des statuts, décider de ton business plan. Tu fais un business plan, tu n'en sais rien, qui tu vends, combien ? Donc, ça a été tout ça. Mais en fait, tu vois, moi, j'ai toujours été une bosseuse. Donc, je ne me suis jamais dit c'est impossible. Je me suis dit, ah, je ne sais pas, je ne sais pas, je vais lire, je vais me renseigner, je vais faire. Donc, cette insouciance, cette envie, cette motivation a fait que je me suis vraiment sentie à l'aise. J'adore les challenges. Du coup, ça m'amusait. Et en plus de ça, tu vois, le fait d'avoir fait des bonnes études, je me suis dit, je pourrais toujours retomber sur mes pattes. Donc au final, je donne tout, je me lance. Et puis si ça ne marche pas, c'est pas grave.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a un moment dans ton parcours où tu as douté de ta légitimité ?
- Speaker #1
Écoute... Oui et non. J'ai envie de te dire non parce qu'en fait, j'étais tellement... Tu vois, dans l'univers du chocolat, j'étais un peu un ovni. Je suis une femme, j'ai fait psycho. Mon point fort, c'était la sensorialité. Donc en fait, j'étais très complémentaire de toutes les personnes que je rencontrais. Aussi bien des chocolatiers, des journalistes.
- Speaker #0
Tu faisais de l'ombre à personne.
- Speaker #1
Voilà, exactement. Je faisais de l'ombre à personne. Je traçais ma voix. C'était très original. Parfois, on se demandait un petit peu si c'était sérieux. Moi, si tu veux, on m'a aussi toujours appris, je pense, à entreprendre. Mes deux parents sont entrepreneurs. Et puis, croquer la vie. Quand tout va bien, il faut y aller.
- Speaker #0
Et tes parents, qu'est-ce qu'ils t'ont transmis de plus précieux, justement, par rapport à se lancer ?
- Speaker #1
Écoute, moi, quand j'étais chez Craft dans mon stage de fin d'études, j'ai reçu une proposition d'embauche. Et je t'avoue que vraiment, j'étais très heureuse à Madrid. Je me voyais bien m'installer et puis au final, je me suis dit non, allez, je vais quand même rentrer à Paris, faire ma formation à Ferrandi. Je crois que j'ai envie de monter quelque chose dans le chocolat. On verra bien où est-ce que ça me mènera. Et quand je l'ai annoncé à mes parents, tu sais, j'attendais un peu leur approbation. On va voir si ça passe ou si ça casse. En fait, ils ont tous les deux réagi en disant, écoute, si jamais tu sens que c'est Créer une marque qui te branche, te lancer dans l'entrepreneuriat, pourquoi pas. Mais il faut vraiment que tu sois la meilleure dans ce que tu fais. plutôt encouragés. Ils n'étaient pas inquiets. Ils m'ont plutôt aussi encouragée à faire bien. Ce n'était pas oui, oui, ok, puis on verra bien. Non, si tu le fais, tu le fais bien.
- Speaker #0
Aujourd'hui, qu'est-ce qui fait que tu te sens super solide en tant que femme, chef d'entreprise, légitime dans le chocolat ?
- Speaker #1
Je me sens très alignée avec ce que je fais. Je ne me vois pas faire un autre métier, je me sens tellement entière. Je me donne entièrement à ce que je fais. Lors des animations, quand il y a un projet, je veux que tout soit parfait. Et j'adore le sens que j'apporte à ces métiers, soit de confection de chocolat ou de personnalisation de coffret ou d'événements sur mesure. En fait, je suis vraiment spécialisée dans le sur mesure. Donc quand j'ai une demande, j'étudie. Ok, cette demande, elle vient d'où ? C'est pour qui ? C'est quel client ? Qu'est-ce qu'on veut faire ? passer dans cet événement ou dans cette boîte de chocolat qu'on va personnaliser. Je réfléchis à tout ça de façon très globale et j'adore donner du sens. Et ce sens, il se travaille. On se pose des questions, c'est dans les détails aussi.
- Speaker #0
Est-ce que c'est la partie que tu préfères ?
- Speaker #1
Moi, j'adore créer.
- Speaker #0
Faire le sur mesure.
- Speaker #1
C'est ce qui m'amuse. Répéter ou vendre du standard, ça m'amuse un peu moins. J'adore... J'adore l'émotion que ça crée aussi autour de ça. Parce qu'en fait, quand tu crées un événement qui a du sens, où tu réfléchis vraiment de la première minute où la personne rentre dans la salle, elle va goûter quoi, elle va voir quoi, on va lui dire quoi. Rien que ça. J'adore réfléchir à ça. Et parfois, je vais à des événements où tu sens que ce n'est pas du tout pensé. Et c'est trop dommage, parce que pour moi, ça me semble tellement simple. Ou évident, exactement, en disant, mais c'est tellement important, en fait. Et donc, du coup, j'adore imaginer pour des clients. et au final... c'est le client qui va briller. C'est la personne qui aura commandé l'événement au chocolat qui va être bien vue par sa boîte et son supérieur, etc. Je l'aurai aidée à briller et ça, pour moi, c'est une satisfaction énorme. J'adore les émotions que ça crée, que ce soit aussi bien de fierté que de confiance, que... Oui, exactement. De partage, de joie. C'est vraiment des émotions positives. J'ai vraiment la chance de faire un métier où je suis baignée par les émotions positives. Donc, tu vois, oui, je travaille beaucoup. Parfois, je rentre tard. Parfois, mes journées sont longues parce que j'enchaîne une journée avec un événement le soir. Je suis contente d'aller dormir. Mais qu'est-ce que je suis contente aussi de ce que j'ai fait.
- Speaker #0
Lequel de tes cinq sens tu utilises le plus, du coup ?
- Speaker #1
Tous. D'ailleurs, beaucoup l'intuition. C'est sûr que quand j'arrive dans un endroit, je vais être très sensible à l'énergie. Ça va être un mélange de musique, d'ondes, comment les gens marchent, comment ils nous regardent, comment ils nous accueillent. Je suis très sensible à ça.
- Speaker #0
C'est de la sociologie.
- Speaker #1
Oui, exactement. Je suis sensible à ça.
- Speaker #0
À ton avis, pourquoi est-ce que le chocolat est si... intimement liés aux émotions ?
- Speaker #1
Parce que je pense qu'il procure un plaisir unique, parce qu'il est associé dans notre culture, c'est pas forcément le cas ailleurs, mais en France, le chocolat est très associé aux émotions positives, aux moments de partage, aux moments de famille, de joie, de chaleur humaine, d'amour. Le chocolat, c'est très présent à Pâques, à Noël, dans tous ces moments où on se rassemble, où c'est la fête, finalement. Et donc, du coup, il y a un côté très réconfortant. La mangue n'a pas cette représentation sociale. Ou le kiwi, ou la pomme. Donc, dans le chocolat, tu vois, et puis il y a une texture dans le chocolat qui est unique, parce qu'elle enveloppe, elle enrobe, elle est en même temps grasse, c'est sucré, c'est tout ce qu'on aime. Le gras est sucré, on est paramétré dès qu'on est bébé, dès qu'on est pour apprécier ces sensations. Donc, si tu veux, ça fait appel. à notre cerveau reptilien, presque. Tu vois, aux émotions les plus primitives qui font qu'on est être vivant, être humain et qu'on se nourrit. Donc ça, je crois que c'est très très fort.
- Speaker #0
Est-ce que tu dirais que c'est plus féminin que masculin ?
- Speaker #1
Non, je pense qu'il y a des chocolats plus masculins et des chocolats plus féminins, dans leur façon d'être, que ce soit la texture, que ce soit les arômes. Parce qu'il y a des personnalités plus féminines ou masculines. Même s'il ne faut pas faire de généralité, je suis psychologue, je suis bien placée pour le savoir. Mais quand même, il y a des tendances. Et puis aussi, je remarque que les hommes adorent le chocolat. Je ne peux pas te dire que le chocolat est le plus apprécié. Il n'y a pas de cliché. Ça fait plaisir à tout le monde. Au contraire, c'est unanime.
- Speaker #0
C'est unanime. Donc ce chocolat, il déclenche beaucoup de plaisir. Mais est-ce qu'on peut dire aussi que parfois, il déclenche de la culpabilité ?
- Speaker #1
Bien sûr. D'ailleurs, tu as l'impression que c'est devenu une réplique de BD. C'est-à-dire que tu proposes un chocolat, je ne sais pas si je peux me permettre. Comme si c'était une boutade. Tu as l'impression que c'est vraiment quelque chose de société. Moi, je ne sais pas. En fait, j'ai écrit un livre avec un médecin sur les bienfaits du cacao et du chocolat qui s'appelle « Chocolat du plaisir à la santé » . Et pour répondre à cette fameuse question, tu as raison que tout le monde se pose, en tout cas tout le monde peut éprouver de la culpabilité en mangeant du chocolat, je redéfinis c'est quoi le chocolat. Et en fait, le bon chocolat, celui qui est vraiment bon pour ta santé, c'est la tablette, éventuellement le chocolat noir, et tout le reste c'est de la confismer. Donc tu vois, une ganache, un praliné, une barre chocolatée, tout ce que tu trouves en supermarché c'est de la confiserie. Donc tu as presque plus de sucre que de chocolat. Si tu prends la tablette 70% avec 30% de sucre, pour moi, c'est le produit idéal qui t'apporte tous les bienfaits, les nutriments, parce que c'est quand même un super aliment. Et puis, t'apporte du plaisir et t'apporte des antioxydants, du goût. Pour moi, c'est vraiment le combo parfait. Pour moi, la tablette, c'est vraiment l'allié santé-bonheur qui ne te fait pas peur, qui ne doit pas se faire peur en tous les cas, et qui ne doit pas se faire culpabiliser. Mais il faut comprendre... Cette notion de quelle est la définition qu'on met derrière le mot chocolat et quelles sont les recettes aussi qu'on met derrière. Tablette, on y va sans risque. Et les autres, oui, il faut faire attention. Si tu manges des pralinés tous les jours, ce n'est pas super régime.
- Speaker #0
Du coup, c'est des confiseries et ce n'est pas spécial.
- Speaker #1
Oui, ça doit être de temps en temps, à Noël, pour l'anniversaire.
- Speaker #0
Est-ce que tu dirais qu'il y a à choisir, par exemple, si je te dis je mange tel chocolat, est-ce que ça révèle quelque chose de notre personnalité ou pas ?
- Speaker #1
Quand même. Je ne sais pas si c'est la personnalité. Aussi, c'est l'éducation du goût. Tu vois, c'est-à-dire que... En fait, je te donne un exemple, la saveur amère. C'est une saveur qui s'acquiert. On apprend à aimer l'amertume. Donc, c'est sûr que quand je vois des personnes qui apprécient l'amertume et qui apprécient le chocolat noir et qui apprécient les nuances de goût, je me dis, tiens, cette personne, elle a avancé dans son cheminement du goût. Une personne qui ne veut manger que du lait, quelque chose de très sucré, qui... n'a même pas connaissance ou conscience du goût cacao. C'est quelqu'un qui est resté vraiment dans ses saveurs primaires, on va dire. Oui, d'enfant. Donc, pour moi, il y a une maturité, une évolution qui se fait ou pas. Sans jugement.
- Speaker #0
Sans jugement, bien sûr.
- Speaker #1
Mais en tous les cas, c'est plus ça que j'observe. Et après, tu as des personnes qui adorent découvrir des nouvelles saveurs, qui aiment être surprises. Puis tu as des puristes. Donc là, je les appelle les aventuriers. Et puis après, tu as les puristes qui veulent vraiment que ce soit noir, le goût cacao. Sans artifices.
- Speaker #0
Sans nourriture.
- Speaker #1
Exactement. Comment est-ce qu'on apprend à manger du chocolat autrement ? Déjà,
- Speaker #0
est-ce qu'on dit manger du chocolat ou est-ce qu'on dit déguster du chocolat ?
- Speaker #1
T'écouterais mes filles qui ont 6 et 9, elles te disent déguster le chocolat. Elles ne prononcent pas le mot manger. Je me dis tiens, que je dois ne pas le prononcer. Je trouve que manger du chocolat, étant donné que c'est sucré, que ça apporte des caries, que ça te fait grossir potentiellement, ça n'a pas beaucoup d'intérêt. Autant le déguster et savourer. Quand tu achètes du bon chocolat, c'est quand même un peu cher. C'est un acte où tu vas dans une boutique spécialisée, tu as un conseil, tu vas réfléchir un peu à ce qui te fait plaisir. Donc ça, ça fait trop dommage de le déguster sans y réfléchir et sans le ressentir. Donc c'est sûr que rien que la prise de conscience est importante. Et après, c'est sûr que moi, c'est ce que je fais dans mes dégustations, dans mes ateliers, c'est que j'apprends à stimuler ces cinq sens. Parce que plus tu vas stimuler tes sens, plus tu vas être dans une approche globale du produit, plus tu vas avoir de vibrations et du coup de sensations et du coup de plaisir. C'est plus pour ça, c'est pas pour... intellectualiser les choses ou les rendre compliquées. Au contraire, c'est se dire voilà on a de la chance d'avoir cinq sens, on est quand même un animal avant tout, un mammifère, on a plein de facultés. Autant, et pas que l'intellect, tu vois, autant utiliser tous ces sens. Et pour moi, tu vois, cette notion de vibration est très importante. On n'en parle pas souvent, mais tu vois, je me compare souvent, enfin je fais beaucoup de parallèles avec la musique. C'est vrai que notre corps... vibrent énormément et il y a plein de choses qui nous font vibrer la musique l'alimentation Le cinéma enfin tu as il y a plein d'arts comme ça qui nous laisse pas indemne ou même tu vois le théâtre parfois tu peux avoir des pincements de coeur des émotions des rires des pleurs et tout ça j'assieds ça à des vibrations et je trouve que la beauté de la vie c'est de se laisser s'autoriser à vibrer et tu as des personnes qui n'osent pas qui resteraient stoïque Je pense que c'est aussi un apprentissage, se laisser aller, s'écouter. Et je trouve que le chocolat, c'est très accessible, c'est très simple. Ça permet à tous d'expérimenter ça.
- Speaker #0
Peut-être une entrée en matière.
- Speaker #1
Oui, complètement.
- Speaker #0
Je crois même qu'il y a une heure particulière où tu recommandes aussi de déguster le chocolat.
- Speaker #1
Ça dépend si tu fais une analyse sensorielle très poussée ou si tu te fais plaisir. Moi, je ne sais pas, j'aime bien le chocolat après un repas, le soir. Si oui, si jamais je dois faire une analyse sensorielle et rendre une petite description d'un produit, je vais plutôt déguster le chocolat vers 11h, les papilles vierges, avec un petit verre d'eau chaude. Voilà, donc soit tu es dans la technique, soit tu es dans le plaisir. Je dissocie aussi ça, tu vois.
- Speaker #0
Les deux, bien sûr. Est-ce que tu dirais que le chocolat peut devenir un... Je pense que tu vas me dire oui, mais... Peut-il devenir un outil de reconnexion à soi ?
- Speaker #1
Ça, je dirais que c'est même un puissant moyen de reconnexion à soi. C'est-à-dire que... Tu vois, je l'observe même dans mes ateliers. Parfois, les personnes tout de suite me disent « Ah, je suis nulle en dégustation, je ne ressens rien. De toute façon, je vais me tromper, etc. » Et j'écoutais, ça tombe bien, il n'y a pas d'examen, donc toutes les réponses sont bonnes. Moi, je vous propose juste d'être créatif. Et donc du coup, déjà, je commence par expliquer un petit peu comment on déguste le chocolat et tout ce qu'on peut y trouver. Et donc du coup, ça m'amuse de passer en revue les différentes familles aromatiques parce que les personnes ne s'imaginent pas qu'on puisse trouver par exemple des notes de brioche. de pain de mie, de végétaux, de fleurs, d'épices douces, de tonka, les gens me regardent à bon, mais oui !
- Speaker #0
Quand on apprend un peu toutes ces familles aromatiques, ça autorise le cerveau à se reconnecter à plein d'éléments, plein d'idées. Déjà, ces idées sont pas mal intégrées. Et du coup, quand ils déguisent du chocolat, évidemment qu'ils ressentent. Ils ont des sens, on ne peut pas aller contre cette sensation. Ce qui est dur, c'est de mettre des mots sur ce que tu ressens. Ça, c'est difficile.
- Speaker #1
Et ça, tu accompagnes ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr, j'accompagne. On va en entonnoir, je donne des associations, des associations de couleurs. sensation, c'est chaud, c'est froid, c'est bleu, c'est rouge, c'est agréable, c'est pas agréable, c'est comment, ça picote, est-ce qu'il y a une sensation tactile en bouche, c'est frais ? Donc évidemment que je pose plein de questions et j'accompagne, et finalement les personnes disent plein de choses, avec leurs mots d'ailleurs. Et ce qui est intéressant, c'est que quand tu es dans une dégustation avec plusieurs, tu partages, et parfois on est plusieurs à ressentir la même chose, mais on va mettre des mots un tout petit peu différents, mais finalement qui se rejoignent. Et tu vois, par exemple, je ne sais pas, un chocolat qui est très acide, un petit peu agressif. T'en as qui vont dire, c'est très acide. T'en as qui vont dire, mais ça picote. Tiens, c'est très poivré. Et c'est toujours ces mêmes sensations de force, de puissance, de picotement. Et c'est pour dire la même chose. Donc, c'est assez intéressant de regrouper, de faire ce jeu de miroir entre nous. Et je l'invite même, j'invite les personnes à le faire chez eux ou dans leur vie quotidienne. Tu vois, moi, souvent, j'ai du chocolat dans mon sac. du coup je vais déguster avec une copine, avec mes collègues. Et même si on n'a pas le même niveau d'expertise, en tout cas, on ressent tous. C'est ça qui est intéressant. Et donc, chacun va en parler. Et c'est ce jeu de miroir qui fait qu'on progresse.
- Speaker #1
Ça aussi, c'est de la sociologie, du coup.
- Speaker #0
Non, je pense que c'est vraiment plus une prise de conscience de nos sens et de les faire travailler un peu comme dans la salle de sport où tu te dis, voilà, j'ai envie de me muscler pour être tonique. Là, j'ai envie d'être forte dans mes sensations, dans ma capacité à ressentir. Donc, je vais muscler mes sens et je vais me forcer à les activer. C'est-à-dire regarder, comparer, mettre des mots sur les nuances de couleurs. Est-ce que c'est brun avec des reflets rougeâtres, jaunâtres ? Est-ce que c'est très noir, très torréfié, sombre, terne ? Tu as plein de termes qui sont hyper simples. C'est-à-dire que tout un chacun a accès à ce vocabulaire, mais tu ne penses pas forcément les utiliser pour le chocolat. Et donc du coup c'est pour ça que j'engage souvent les personnes à comparer. Parce que le fait de comparer, du coup tu mets en perspective et tu parles des nuances. Parce que celui-là il est plus que ou moins que... Et donc du coup ça te permet d'être plus prolifique. Si jamais tu dois juste décrire un petit morceau de chocolat comme ça, c'est plus compliqué, mais moi j'ai du mal. Donc quand je dois faire une analyse, je vais toujours prendre une ou deux tablettes à côté, ou un ou deux produits comparatifs pour être plus dense dans mon analyse.
- Speaker #1
Est-ce que tu as déjà eu des personnes qui étaient complètement bloquées, qui n'arrivaient rien à dire ? Ou alors, au contraire, des gens qui se sont mis à pleurer en mangeant du chocolat ?
- Speaker #0
Alors, pleurer, non.
- Speaker #1
Peut-être qu'on dérange chez eux. Non, mais très émus, que ça leur rappelle quelque chose. Ils se sont reconnectés à un souvenir lointain.
- Speaker #0
C'est ça qui est magique, c'est que quand tu dégustes du chocolat et que tu dois parler d'un produit, tu es forcément connecté à ta mémoire. Parce que tu vois, le sens le plus connecté à la mémoire, c'est l'odorat. Donc en fait, le chocolat le permet, parce qu'on le sent avant, on le sent pendant. Quand tu le dégustes, tu fais la rétro-faction. Donc tu vois, j'engage les personnes à respirer, à expirer par le nez. Du coup, tu vois, tout de suite, tu es dans l'odeur, les effluves. Et donc, pour reconnaître, il faut bien stimuler notre mémoire. Sinon, tu ne pourrais pas me dire que ça n'est des notes de fraises, par exemple. Donc la mémoire, elle est ultra présente. Et d'ailleurs, tout un chacun y va un peu de son anecdote, finalement. Et ce qui est génial, c'est que du coup, tout le monde ressent. Tout le monde trouve quelque chose et ça rend très fier les personnes. Quand tu disais, est-ce que ça permet la reconnexion au sens, c'est carrément, c'est un moment où tu dois t'écouter, donc un peu te recentrer comme ça, écouter ce qui se passe. C'est très personnel. Tu es dans ton univers avec ta mémoire, ton ressenti, tes émotions. Donc tu es dans ta bulle. Et après, tu partages que du positif. Est-ce que c'est thérapeutique ? Ce serait une bonne question, ça. En tout cas, moi, je sens que ça fait vraiment du bien.
- Speaker #1
Les gens sortent déjà fiers.
- Speaker #0
Déjà, ce sentiment de fierté qu'ils ressentent, c'est hallucinant.
- Speaker #1
Quand tu es en salle de sport, tu es fière d'y avoir été, mais du coup, c'est encore autre chose. Est-ce que tu dirais qu'apprendre à déguster, c'est aussi s'autoriser à ralentir dans cette société qui va s'enfuir ?
- Speaker #0
Déjà, oui. La première déconnexion, c'est déjà avec son cerveau et la rationalisation. Parce que c'est vrai que, tu vois, quand je propose une dégustation, la première chose que je fais dans les premières minutes, je me présente rapidement, mais je leur dis tout de suite, on va partir dans les plantations de cacao. Je leur diffuse un film qui dure deux minutes, qui court, mais qui montre d'où ça vient, les plantations avec les petits bruits d'oiseaux, de singes, etc. Et puis vraiment, on voit tous les process parce que j'ai envie de les déconnecter. T'es plus dans ton bureau à la Défense,
- Speaker #1
t'es dans une plantation au Mexique ou au Pérou.
- Speaker #0
Voici ce qui s'y passe. Et tu vois, le fait de voyager, c'est un peu comme de la sophrologie ou de la méditation. Tu vois, je les prends là où ils sont et je les emmène au Pérou. Et bien ça, déjà, ça permet... de couper court à l'Excel, à la Réunion, qui ne s'est pas super bien passé, etc. Et c'est hyper important que tu déconnectes ton cerveau et que tu puisses te mettre dans l'univers du chocolat et aller découvrir tout ça. Tu es aventurier, tu pars en réplantation, et après on déroule tout l'atelier. Et je vois que vraiment, c'est primordial de déconnecter avec le cerveau et de stimuler ses sens, parce qu'on ne le fait pas au bureau vraiment. Et on le fait de moins en moins, tu as raison, dans cette société où tout est très digitalisé. Tu vois, pour moi, cette société moderne, c'est vraiment la société de l'envoi des signaux dans les yeux. J'ai l'impression qu'on est tout le temps... que tout passe par la vue et...
- Speaker #1
Et toi, justement, on passe peut-être par la vue avec ce film que tu dis. Par la vue et puis on regarde les autres. Voilà, et après,
- Speaker #0
tu ne goûtes pas. D'ailleurs, l'IA est incapable de te décrire un plat.
- Speaker #1
Heureusement, d'ailleurs.
- Speaker #0
Donc, du coup... En effet, écouter, goûter, je pense que c'est hyper important pour notre équilibre énergétique et de bien-être.
- Speaker #1
Donc le chocolat, c'est bon pour la santé mentale, on peut faire un raccourci comme ça.
- Speaker #0
Je te dis mille fois oui !
- Speaker #1
De quoi est-ce que tu es la plus fière dans ce parcours ?
- Speaker #0
Alors peut-être d'être bien. Tu vois, 40 ans passés, je me sens, comme je te disais, alignée avec ce que je fais. Et puis, avec ma personne, mon physique, ma façon de mener ma vie, ma famille. Ça y est, tu vois, autant il y a 20 ans, je devais tout construire. Là, maintenant, ça y est, j'ai mon mari, mes enfants, mon boulot. Donc, il y a un côté apaisé où maintenant, je profite de ce que j'ai, j'en prends soin. Et puis... Après, tu as une responsabilité aussi où tu essaies de donner le meilleur de toi-même, que ce soit pour l'équipe ou la famille. C'est sûr que si j'ai un sentiment de fierté, c'est de voir tout ce que j'ai construit. D'ailleurs, je me dis que c'est fou, il y a 20 ans, je ne savais pas ce qui allait m'arriver. Maintenant que les choses sont là, c'est cool, je suis contente.
- Speaker #1
Est-ce que tu dirais que tu es à ton juste rythme ?
- Speaker #0
J'ai la chance, en étant chef d'entreprise, entrepreneur, de l'eau. d'avoir toujours été à mon rythme, même dans le développement des choses. Tu sais, parfois, t'as des injonctions, t'aimerais que ça aille plus vite, et en fait, je fais comme je peux, et je fais aussi comme mon énergie est. C'est sûr que les années où j'étais enceinte, les années où j'étais confinée, où j'accouchais, tout, t'as pas la même énergie, le même temps à allouer. Aujourd'hui, j'ai deux fois moins de temps que... Tu vois, j'ai eu ma première fille à 33 ans, de 25 à 33 ans, j'ai travaillé... comme une malade, presque jour et nuit. C'est sûr que quand tu as un enfant, tu ne peux plus le faire. Déjà, tu ne dors plus au début. Après, tu cherches ton sommeil. Donc, tu fais attention au sommeil. Alors qu'avant, je me déglinguais mes nuits, pas pour un bébé, mais pour mon boulot. Donc, ça te remet un peu en perspective tes priorités, ton rythme, tes besoins. Je pense que j'ai beaucoup pris conscience de mes besoins vitaux. Parce que ce n'est pas agréable d'être fatiguée, d'être irritée, de crier. Je me rends compte, si il y a quelque chose qui me fait péter un câble, parce que c'est une contrariété. En fait, l'énergie que je dépense à m'emporter, ça ne vaut pas le coup, j'ai besoin de cette énergie pour continuer et préparer ma journée de demain. Donc en fait, je fais vachement attention à ça. Comment je dépense mon énergie. Et comme quoi aussi, on peut faire les choses à son rythme, en douceur. Et puis, comme quoi, les choses sont... C'est un marathon, tu vois. Parfois, je me dis, là, je ne fais pas assez. Tu te compares un peu, tu regardes les gens qui bossent vachement, qui produisent beaucoup de contenu ou qui font des choses extraordinaires. Et tu apprends quelques mois après qu'ils ont fait des burn-out, qu'ils ont laissé tomber leurs projets. Donc, j'ai dit, OK, je vais faire ça à mon rythme. C'est important. Et d'ailleurs, on m'a souvent dit ce conseil-là quand j'ai monté ma boîte. Tu verras, l'entrepreneuriat c'est un marathon, c'est pas une course. Donc si tu veux aller loin, il faut que tu chemines.
- Speaker #1
Un jour là, un jour là...
- Speaker #0
Ouais, il faut faire attention en fait.
- Speaker #1
Quel est ton péché mignon,
- Speaker #0
mis à part le chocolat ? Mon petit péché mignon, c'est forcément de la bouffe ou ça peut être autre chose ?
- Speaker #1
Ah bah oui, autre chose alors !
- Speaker #0
Mon péché mignon, je sais pas, il y a plein de choses qui me font plaisir. Hier soir j'étais au théâtre, j'ai vu la pièce de Patrick Bruel. Au Théâtre Édouard VII, ça m'a fait trop du bien. J'adore le théâtre, j'adore la musique, j'adore les dîners avec les bons potes où c'est juste tu refais la vie, tu te marres. J'adore les petites escapades en amoureux où c'est chill, tu peux enfin parler tranquille, tu n'as pas des petits doutes à qui tu interrompes toutes les heures. Il y a plein de petites choses qui me font plaisir. Voyager, découvrir des nouvelles terres, faire des rencontres.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a, là du coup c'est de la bouffe, un aliment que tu détestes vraiment ?
- Speaker #0
Il y a des choses que j'aime un peu moins manger. Genre la cervelle, le foie. Mais c'est presque plus une question de texture. Ou les escargots, je ne suis pas fan. J'adore les cuisses de grenouilles. Il y a des petites choses, peut-être que c'est un peu moins fan, mais comme j'ai été éduquée à tout manger, je t'avoue que si je suis invitée,
- Speaker #1
je le mangerai. Et justement, le dîner de tes rêves, tu invites qui autour de la table ?
- Speaker #0
Dîner de mes rêves ? Je ne sais pas, tu peux avoir plusieurs rêves. Parfois, je me dis que ce serait marrant de faire un dîner avec des gens qui ne sont plus de ce monde, pour qu'ils te racontent un peu comment ils ont réussi, leurs exploits. Ça peut être de Jésus-Christ à un navigateur ou un homme politique. Et puis, je ne sais pas, ça me fait penser à cette question au club où je suis vice-présidente, qui s'appelle Féminin Pluriel. En fait, on se retrouve tous les mois et on invite justement un invité. On invite une personne, une personnalité qui va nous parler de son parcours, de ses engagements, parce que c'est toujours des gens engagés aussi qu'on invite. et homme ou femme, et en fait, ça me fait des petites bouffées d'oxygène. C'est génial d'avoir cette personne qui a l'honneur, et puis c'est top pour réfléchir, pour être inspirée, pour avoir un autre modèle.
- Speaker #1
C'est important quand on est entrepreneur, justement ça.
- Speaker #0
Oui, et puis quand tu te poses des questions, que tu as envie d'avancer, je trouve que c'est toujours enrichissant.
- Speaker #1
Qu'est-ce qu'il y a sur ta table de nuit ?
- Speaker #0
Alors, il y a mes boules qui est, mon masque. Parce que j'aime bien dormir dans le noir et sans bruit. J'ai une pile de livres, là, que je dois lire. Donc, il y en a un que je suis en train de lire, c'est le livre de Ducasse. Sur sa vie, j'ai mes belles envies... Mes belles... Je ne sais plus, là... Un prix Goncourt que ma soeur m'a offert, mais que je n'ai pas encore démarré. Je pense que ça fait quelques mois qu'il est là, mais il est sur mon... Je l'ai envoyé ce matin sur ma table de nuit. J'ai un magazine Elle. J'ai une petite bouteille d'eau. J'ai des mouchoirs parce que je suis malade en ce moment. Enfin, voilà.
- Speaker #1
Quelles sont les odeurs de ton enfance ?
- Speaker #0
Les odeurs de mon enfance ? Écoute, je passais toutes mes vacances à la campagne. Donc, je pense que j'ai pas mal d'odeurs liées à l'herbe, aux foins, aux herbes, aux pommiers. Ce qu'il y avait en tout en avait tout un verger. La boue aussi, parce qu'on faisait pas mal de marches ou de vélos. Et puis les embruns l'été, c'est vrai que c'est quelque chose qui me marque aussi.
- Speaker #1
Est-ce que tu portes un parfum ?
- Speaker #0
Alors oui, j'ai porté pendant des années Chancelisé de Guerlain. Et là, ça fait trois ans que je ne veux plus le porter parce que je ne sais plus. C'est pas que je l'aime un peu moins, mais je n'ai plus envie de le porter. Donc du coup, là, je m'essaye à plein de choses. Là, j'ai porté cette année, parce qu'on m'a offert un parfum à la fleur d'oranger qui s'appelle Escapade à Portofino de Dior, que j'ai adoré. Et voilà, là, j'ai une petite fiole que je termine. Je suis en pleine exploration d'un parfum.
- Speaker #1
Je fais de parcours.
- Speaker #0
Oui, parce qu'en fait, ce n'est pas anodin. Non,
- Speaker #1
non. À 40 ans, c'est souvent enchanté par fin. Ça y est, c'est un cap. Une femme qui t'a inspirée quand tu étais enfant ?
- Speaker #0
Ma mère.
- Speaker #1
Un mantra qui t'accompagne ?
- Speaker #0
Donne le meilleur de toi-même, sois toi-même aussi, je trouve que c'est pas mal. Et puis surtout, ne fais pas attention au regard des autres. C'est tellement bloquant, ça peut être tellement bloquant.
- Speaker #1
Paralysant même.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Un objet ou un bijou qui te reconnecte à ta féminité ?
- Speaker #0
Je sais pas, une petite boucle d'oreille. J'aime bien avoir une petite boucle d'oreille, ouais.
- Speaker #1
Un objet ou un rituel qui te reconnecte à ton juste rythme ?
- Speaker #0
Le piano. J'adore jouer au piano. Je joue depuis que j'ai l'âge de 11 ans. J'ai toujours beaucoup joué. J'ai pris des cours jusqu'à 20-25 ans. Et depuis, je suis en mode... Je fais des arrangements, je fais de la variété, je chantonne, on fait des piafs à la maison. C'est cool.
- Speaker #1
D'où les vibrations.
- Speaker #0
Oui, tu vois, ça c'est exactement...
- Speaker #1
Merci beaucoup Victoire pour ce moment partagé.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
Merci d'avoir partagé ce moment avec nous dans Le Juste Rythme. J'espère que cet épisode vous a offert un souffle, un sourire ou une idée à glisser dans votre quotidien pour avancer un peu plus à votre rythme. Si cet échange vous a plu, parlez-en autour de vous et abonnez-vous à votre plateforme préférée. Laissez un commentaire, c'est ce qui permet au podcast de rayonner. Pour découvrir d'autres épisodes ou me contacter, rendez-vous sur Le Juste Rythme. Et si une femme inspirante vous vient à l'esprit, écrivez-moi. Vous pourrez être ma prochaine invitée. A très bientôt, et d'ici là, prenez soin de votre cœur, de votre corps et de votre tête.