- Speaker #0
Bienvenue dans Le Juste Rythme, le podcast qui explore le cœur, le corps et la tête. Je suis Marion Béchade, une femme, une mère, une entrepreneuse passionnée mais souvent débordée, en quête chaque jour d'un peu plus de sérénité. Un podcast pour se déculpabiliser et peut-être se donner une nouvelle impulsion. Cet épisode du podcast Le Juste Rythme est soutenu par l'Auberge Basque, un hôtel-restaurant, relais et châteaux, un lieu unique au cœur du Pays Basque qui invite à ralentir, à se reconnecter à ses cinq sens et à prendre un temps pour soi, l'endroit parfait pour retrouver son juste rythme. Dans cet épisode du podcast Le Juste Rythme, je reçois la psychologue Claire Dahan pour une conversation autour de la santé mentale des femmes, une réalité encore trop souvent banalisée ou incomprise. Pourquoi les femmes traversent-elles certaines périodes de fragilité émotionnelle plus intenses ? Existe-t-il des réalités biologiques, hormonales et sociales qui influencent leur équilibre intérieur ? Nous avons parlé de ces moments de vie que beaucoup vivent en silence. Le baby blues, le postpartum, la fragilité du cinquième trimestre après la naissance, les souffrances minimisées ou invisibles, le parcours de PMA et son impact sur l'estime de soi, la préménopause et la ménopause. Autant de passages où l'on peut se sentir fatigué, hypersensible, dépassé, ou différent de s'en comprendre pourquoi. Claire Dahan aide à mettre des mots sur ces états souvent culpabilisants et partage des repères concrets pour reconnaître les signaux d'alerte, mieux se comprendre et ne pas rester seul. face à ce qui se passe intérieurement. Un épisode pour comprendre que certains bouleversements ne sont pas des faiblesses, mais des étapes. Bonne écoute ! Bonjour Claire !
- Speaker #1
Bonjour !
- Speaker #0
Bienvenue ! Avant que nous commencions notre échange, je voulais savoir dans quelle énergie est-ce que tu étais ce matin ?
- Speaker #1
Oula ! Alors une énergie créatrice, et puis voilà, un plaisir de partager ce qui me passionne autour de la santé mentale et des femmes.
- Speaker #0
Donc, vaste sujet. Et avant qu'on commence, je voulais savoir, qu'est-ce qui t'a donné envie de travailler spécifiquement, toi, sur la santé mentale des femmes ?
- Speaker #1
Alors, peut-être qu'on va commencer par ce qui m'a donné envie d'être psychologue. Donc, ce n'est pas mon premier métier. Quand j'ai terminé mes études, j'avais très envie d'être psychologue, quand j'ai terminé ma scolarité, pardon. Et je ne me sentais pas légitime. Je trouvais que j'étais jeune et je trouvais que j'avais pas mal de casseroles. Donc j'ai commencé des études en sciences et co-gestion et puis j'ai fait différentes choses mais j'avais vraiment ce désir profond d'aider les autres et puis de faire un métier qui a du sens. Et donc quand j'ai eu ma fille, mon aînée à 28 ans, là je me suis dit, je l'avais attendue quelques années, je me suis dit si je suis capable d'être maman, je suis capable d'être psychologue. Et je me suis inscrite à l'université alors que j'avais un bébé, que j'allaitais, donc je sortais des cours. C'était une expérience dingue, mais pleine de passion et au bon moment, paradoxalement, même en étant jeune mère. C'était le bon moment. Après, travailler avec les femmes, c'est parce que je me suis spécialisée en psychotrova et en périnatalité. En fait, c'était mes deux passions. La périnatalité, pour rappel, c'est tout ce qui touche du désir d'enfant jusqu'aux trois ans de l'enfant. Selon le temps que ça met d'avoir un bébé, ça peut être plus ou moins long. Et les psychotraumas, c'est tout ce qui touche au traumatisme psychique. Alors j'hésitais beaucoup entre les deux. En Master 2, j'ai fait deux stages, alors que déjà un, c'était très chargé, mais parce que ça m'intéressait énormément. Et puis, je ne pensais pas qu'il y avait à ce point-là un lien entre le trauma et la périnatalité. Et en fait, je pensais faire du trauma, des annonces de mort, des attentats, accidents, aussi des violences sexuelles, mais pas que. En réalité, c'est quasiment ce que je fais tous les jours, c'est-à-dire beaucoup de violences sexuelles, mais aussi beaucoup de traumas intrinsèques à ce que peut vivre une femme autour de la grossesse, de l'accouchement, autour du harcèlement sexuel, autour de devenir mère, enfin toutes ces choses-là. Finalement, il y a énormément de liens entre le trauma et la périnatalité. Je me dis que j'ai bien fait de ne pas hésiter de faire les deux.
- Speaker #0
C'est fou. Et le constat clinique que tu peux faire, c'est lequel du coup ?
- Speaker #1
Alors, ce que je remarque, c'est que les femmes, elles ont quelque chose avec la santé mentale qui est intrinsèque à ce qu'elles sont. Alors d'abord, ce qu'elles sont dans leur corps. notre corps c'est notre interface avec le monde et les femmes vivent des choses compliquées avec leur corps depuis qu'elles sont jeunes filles, depuis leur première aigle jusqu'à la ménopause inclue, il se passe des tas de choses qui sont des facteurs de vulnérabilité et puis aussi des injonctions sociales et on parlera peut-être d'injonctions paradoxales on attend beaucoup des femmes dans la société du coup tout ça, ça les fragilise, alors contrairement à ce qu'on pense elles ne sont pas plus fragiles il n'y a pas de biologie de la femme plus fragile mais elles sont très exposées donc c'est ça qui m'intéresse travailler avec des femmes c'est travailler avec d'abord avec des futures mamans ce sont les mères de la génération de demain finalement et puis c'est de la prévention aussi pour la société et puis je trouve qu'on a des métiers engagés et engageants aussi donc la santé mentale des femmes c'est pour moi une priorité pour la société Merci. Et de facto, au cabinet, on a plus souvent des femmes qui consultent que des hommes. Même quand on n'est pas psychologue-femme. Ce sont plus les femmes qui vont, à un moment donné, se rendre compte qu'elles ont besoin de faire un travail sur elles et demander de l'aide. Et c'est une grande force de savoir demander de l'aide.
- Speaker #0
Je le répète absolument. Est-ce que tu dirais que la souffrance psychique n'est pas isolée ?
- Speaker #1
C'est-à-dire isolée.
- Speaker #0
Est-ce qu'elle est liée à... Quand t'as dit... corps, maternité, couple ?
- Speaker #1
Alors, corps, maternité, inégalité sociale. Je pense par exemple au monde du travail. Lorsqu'on est une maman, on a sans arrêt ce tiraillement entre carrière et maternité. Et ça, c'est quelque chose que les hommes expérimentent peu, ou pas. Et il y a quelque chose aussi chez la femme de l'ordre de la suradaptation. C'est-à-dire, j'ose pas me plaindre, si je suis maman, je vais travailler le double. dans mon entreprise parce que je ne veux pas qu'on pense que parce que je suis mère, je ne travaille pas sérieusement. Et donc, finalement, leur souffrance psychique, elle n'est pas isolée, ce n'est pas un phénomène en soi. Dans ce sens, ce n'est pas juste lié à ce qu'elles sont, mais c'est lié à leur place dans la société.
- Speaker #0
C'est une histoire d'injonction aussi ?
- Speaker #1
C'est une histoire d'injonction, bien sûr. Il y a beaucoup d'injonctions autour de la femme. Et puis, il y a des injonctions paradoxales, c'est-à-dire à la fois... faire une carrière, avoir un métier intéressant, s'épanouir professionnellement, mais aussi être le pilier de la maison. Et ça, c'est intéressant. On l'observe justement qu'on parle beaucoup de charge mentale. Et je pense que dans la charge mentale, on se trompe, on a cette image de to-do list. Ce n'est pas ça, la charge mentale. La charge mentale, c'est aussi penser à ce qu'on... Ce qu'on doit faire faire ou déléguer, donc c'est pas seulement faire. La charge mentale, c'est aussi une charge émotionnelle. On sait quand les enfants vont mal, ils appellent maman. Mais pas que les enfants. Les crèches, par exemple, quand un bébé est malade, elles vont appeler la mère. Quand un enfant bavarde en classe et qu'il a un souci, on va appeler la mère. Donc tout ça, ça pèse. Tout ça, c'est lourd et ça demande sans arrêt de l'ongler. C'est-à-dire d'être là et là-bas. On appelle ça, en psychologie, dissocier. C'est-à-dire être constamment là et là-bas. Je suis en train de faire quelque chose, mais en même temps, je me dis, j'ai aussi la responsabilité de comment vont mes enfants. Après, ce n'est pas seulement autour des enfants. Les injonctions, par exemple, autour de la femme, ça va être soit belle, mais soit naturelle. Occupe-toi de ton corps, mais écoute les experts te dire quoi faire avec ton corps. Voilà, c'est tout ça, en fait, ces injonctions qu'il faut déconstruire. C'est important.
- Speaker #0
En quoi la santé mentale féminine a des spécificités encore trop peu reconnues aujourd'hui ?
- Speaker #1
Je pense que justement, parler de charge mentale, c'est encore trop mal connu parce que c'est encore une histoire de faire et ce n'est pas ça. Ça va au-delà de ça. Je pense que dans le monde du travail, on ne se rend pas compte de tout ce que ça pèse lorsqu'une femme a des projets de carrière et en même temps qu'elle a des projets de famille. Dans la société, par exemple, c'est rare qu'un homme ait peur de rentrer seul à minuit à Paris en sortant du métro. Ça, c'est une peur que connaissent les femmes depuis qu'elles sont adolescentes. Cette peur qu'un homme nous fasse du mal. Je ne dis pas qu'il n'y a pas d'hommes qui sont agressés, les agressions sexuelles, il y en a des deux côtés, mais les chiffres sont là, les chiffres parlent. Donc finalement, il y a quelque chose qui est... qui est intrinsèque et qui va poursuivre la femme tout au long de son parcours.
- Speaker #0
On parle souvent du bonheur d'être mère, mais beaucoup moins du bouleversement psychique que cela entraîne. Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus ?
- Speaker #1
Alors ça, c'est un sujet qui me passionne parce que j'en sois beaucoup de jeunes mamans. La dépression postpartum, notamment, c'est bon nombre de mes patientes. Ça me fait penser à un film, un heureux événement, je ne sais pas si tu l'avais vu, avec Louise Bourgoin, que j'adore. Alors justement, il y a cette idée... Tu devrais être heureuse. Tu es maman, tu as voulu un enfant, tu devrais être heureuse. Encore une fois, une injonction. Tu parlais d'injonction. Hier, il y avait une patiente qui me disait, mais en fait, j'ai voulu cet enfant, mais jusqu'à l'accouchement, je n'étais pas prête. Et parfois, au début de la naissance de notre enfant, quand j'étais en voiture et que je le voyais dans le rétroviseur, je voyais le siège bébé, je me disais, mais qu'est-ce qu'on a fait en fait ? C'est énorme. C'est énorme. Donc, le bonheur d'être mère, bien sûr, il y a... Un bonheur très fort à donner la vie, à transmettre. Mais il y a aussi un poids des responsabilités. Je pense qu'une femme, elle comprend qu'elle en prend pour perpète, à ce moment-là. Et puis, en même temps que l'arrivée au monde d'un enfant, il y a l'arrivée de la culpabilité. C'est comme si une femme accouchait de deux choses, d'un enfant et de la culpabilité, qui ne la lâche pas. C'est-à-dire, quoi qu'est l'enfant, la femme va se dire, tiens, c'est peut-être de ma faute. J'ai reçu une patiente cette semaine aussi. son enfant a eu un problème de santé, eh bien, elle est persuadée que c'est parce qu'elle a fait un écart pendant la grossesse, parce qu'elle a chopé un virus et qu'elle ne s'est pas soignée, alors même que les médecins lui disent que non, a priori, non. Mais ce mot-là, a priori. Donc, culpabilité, bouleversement dans le corps, parce que le postpartum, on en parle beaucoup, mais ça peut durer des années, le postpartum. Parfois, ce n'est pas tout de suite. bouleversement dans le couple. Dans le couple, je pense à l'intimité, par exemple. La sexualité qui peut être compliquée par le fait que certains hommes même ont du mal à voir leur femme comme femme et mère. La complexité du retour au travail. Ça fait beaucoup de bouleversements, des bouleversements émotionnels qui sont aussi liés aux hormones. Donc ça fait beaucoup de choses qui, à la fois, en même temps qu'un heureux événement, fait un événement chargé.
- Speaker #0
C'est une période du coup à haut risque psychique, tu dirais ?
- Speaker #1
Oui, exactement. Et à bas niveau de vigilance. Pourquoi ? Parce que quand une femme est enceinte, on va beaucoup s'intéresser à elle. Mais une fois qu'elle accouche, on va beaucoup s'intéresser au bébé. Comment va le bébé ? Etc. Voilà, parfois c'est comment va le papa ? Avec ce bouleversement. Donc oui, c'est une période qui est...
- Speaker #0
On demande aux femmes d'aller bien précisément au moment où elles sont... le plus vulnérable.
- Speaker #1
C'est ça. On leur demande d'aller bien, de faire bonne figure, de reprendre le travail. Par exemple, le mode de garde, c'est quelque chose qui stresse beaucoup les femmes. Par qui je vais faire garder mon bébé ? Est-ce que ça va bien se passer ? Qu'est-ce qui existe comme mode de garde ? Ça, c'est un gros facteur de stress.
- Speaker #0
Et du coup, comment on fait la différence entre un baby blues normal et une dépression postpartum ?
- Speaker #1
Alors, c'est une très bonne question, surtout que la dépression postpartum, je ne sais pas si tu sais, c'est 16%. Et encore, c'est des chiffres qui, à mon avis, sont minorés.
- Speaker #0
Oui, sous-côté.
- Speaker #1
Parce que justement, les femmes se plaignent peu. Mais c'est complètement différent. Un baby blue, c'est hormonal et c'est à J3. Et là, on peut difficilement passer à côté parce que la femme, en plus, elle est à la maternité, en général. Et donc... On voit que ça s'effondre, qu'elle pleure beaucoup. Elle est rassurée aussi par le personnel soignant qui lui dit « Rassurez-vous, c'est OK. » C'est une chute d'hormones. C'est une chute d'hormones. Et puis c'est très transitoire, ça passe. La dépression postpartum, elle ne vient pas tout de suite. Elle vient dans les 3 à 6 semaines après. Et puis elle a des symptômes de la dépression. Je les rappelle, autodévalorisation, baisse d'estime de soi. Un des facteurs de la dépression, un des signes. qu'on fait une dépression, c'est la grosse fatigue. Or, la grosse fatigue, comment on sait si elle est liée à l'accouchement ou à une dépression, c'est pour ça qu'il y a une espèce d'errance médicale au début. Et puis après, ça va être les symptômes anxio-dépressifs classiques, donc anxiété, troubles du sommeil, l'idée « je ne vais pas y arriver, je ne suis pas capable » . Et puis, la culpabilité. Ce qui est intéressant, c'est que même des femmes qui attendent longtemps un enfant, et qui... galèrent un peu, on parlera de PMA, ces femmes-là aussi peuvent avoir des dépressions postpartum.
- Speaker #0
Le sentiment d'être une mauvaise mère aussi ?
- Speaker #1
Le sentiment de ne pas être à la hauteur, moi c'est ça que j'observe. Ça c'est quelque chose qui est aussi renforcé par les réseaux sociaux parce qu'on voit des mères qui semblent concrètement la mère parfaite. La mère parfaite, un bébé tout propre, tout beau, qui gazouille, la femme qui a repris le sport. qui mangent sains, équilibrés. Et on a beau savoir en tant qu'adultes que les réseaux sociaux montrent ce qu'ils ont envie, et puis une fraction, eh bien néanmoins...
- Speaker #0
Ça fait du mal quand même.
- Speaker #1
Ça fait du mal quand même. La comparaison, il y a cette idée de comparaison sociale. La comparaison sociale, elle est normale, elle est humaine. Mais à ce moment-là, elle peut faire du mal.
- Speaker #0
En ce qui concerne le retour au travail des mères, on parle du coup de fragilité du cinquième trimestre. Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus ?
- Speaker #1
Alors, la grossesse, c'est trois trimestres. On a ensuite le quatrième trimestre, qu'on appelle aussi le mois d'or, donc toute l'adaptation, l'allaitement, les relations mère-homme, le lien mère-bébé, etc. Et puis on a... Le cinquième trimestre, c'est une notion qui vient des États-Unis, d'une journaliste américaine. Le cinquième trimestre, c'est le retour au travail. Et là, on se rend compte que ce n'est pas juste le bébé, mais qu'il faut aussi reprendre son travail, ses responsabilités, avec l'anxiété du mode de garde, par exemple, avec la culpabilité de « est-ce que mon enfant est bien gardé ? » « Est-ce que je fais bien de reprendre le travail ? » C'est tout petit, quand même. Souvent, les mamans me disent « mais il est tout petit ! » Je reprends le travail. Et puis, une double culpabilité, parce qu'au travail, j'ai laissé tout le monde en plan, et quand même, ils m'attendent. Ils m'attendent, il faut que je revienne. Puis, j'ai des projets de carrière. Est-ce que ça va freiner ma carrière, cet enfant ? J'ai promis à mon boss que je travaillerais toujours autant, ou à ma boss. Et donc, il y a ce tiraillement, le retour au travail est compliqué. Et puis, il est aussi plein d'ambivalence. C'est-à-dire que... Les mamans me disent parfois, c'est super de s'occuper d'un nourrisson, mais c'est un peu répétitif. Et mine de rien, même si j'adore mon bébé, j'ai envie d'avoir des échanges avec des adultes, j'ai envie d'avoir du challenge professionnel. Donc il y a cette idée, c'est ça être dissocié. C'est ce que j'appelle dissocier. T'es là, mais t'es pas là. Et donc, quand la maman est avec son bébé, elle pense à son travail. Et quand elle est au travail, elle pense à son bébé. Donc c'est un processus, le cinquième trimestre. une adaptation. Ce n'est pas une question de performance, c'est une question de souplesse. Cette adaptation de « je fais ce que je peux » .
- Speaker #0
Souplesse, indulgence avec soi-même aussi.
- Speaker #1
Voilà, exactement. Indulgence, je fais ce que je peux, je ne vais pas pouvoir faire le même rythme qu'avant, je ne vais pas pouvoir faire les mêmes déplacements professionnels qu'avant. Et c'est OK, notre carrière n'est pas linéaire en tant que femme. Elle fluctue, elle aussi.
- Speaker #0
Et du coup, c'est quoi les conséquences si la souffrance de la maman est minimisée, voire ignorée par l'entourage ou l'entreprise ? Qu'est-ce qui peut se passer ?
- Speaker #1
Alors, ce qui peut se passer, c'est justement de se dire « je vais en faire plus en tant que femme » . Si ma souffrance est minimisée, c'est qu'elle n'a pas lieu d'être, si elle n'est pas reconnue. Donc, je vais en faire plus pour mériter ma place, par exemple, au travail. Là, il y a des risques de burn-out. Et on sait que le burn-out, s'il n'est pas repéré, traité, peut... basculer vers une dépression. Après, c'est des risques d'isolement, de culpabilité, on en a parlé. Des risques aussi, quand je me préoccupe de comment je vais, émotionnellement, c'est très chargé, mes capacités cognitives, elles sont moins bonnes aussi. Et ça, c'est un espèce de cercle vicieux, c'est-à-dire, je ne me sens pas capable. du coup, je vais réellement, on appelle ça l'effet Pygmalion, ce qu'on pense de nous-mêmes, ça nous fait réussir, ou ça nous ralentit. Et donc, il y a cette espèce de cercle vicieux. Je ne me sens pas capable, donc de facto, je suis moins capable parce que je pense que je ne suis pas capable. Et comme je vais rater deux ou deux trucs, ça va renforcer mon idée, etc. Donc, l'indulgence, elle est super importante. J'ai le droit de rater un truc, ça ne veut pas dire que je vais tout rater.
- Speaker #0
Si on change un petit peu de sujet, qu'on va vers la PMA, est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus sur les impacts émotionnels et la fragilisation que cela peut amener dans son estime de soi ?
- Speaker #1
Bien sûr, alors la PMA je connais bien, d'abord parce que je suis spécialisée en périnatalité, mais pas que, parce que je suis moi-même passée par un parcours PMA. Ma première fille, je l'ai attendue 4-5 ans. Alors, je n'étais pas allée jusqu'au FIV, mais j'avais fait pas mal de traitements. En revanche, la deuxième, je l'ai attendue longtemps, j'ai fait 7 FIV. Et donc, je connais bien ce parcours qui est aussi un parcours bouleversant et douloureux. Alors, la PMA, elle a beaucoup d'impact. Ce n'est pas juste suivre un traitement pour tomber enceinte. C'est accepter l'incertitude. C'est-à-dire qu'on sait qu'il y a peu de chances que ça marche finalement. Et en fait, on a, et ça c'est long à comprendre, ça, dans ce processus, que tu as une obligation de moyens mais pas de résultats. Tu fais ton max sans jamais être sûr que ça va marcher. Et puis, faire son max, ça veut dire aussi, ça a des répercussions, par exemple sur ta vie professionnelle. Je me souviens que j'avais beaucoup de mal à accepter des projets, parce que je me disais, si ça tombe en plein examen, en plein parcours, comment je vais faire ? Je vais devoir m'absenter. La PMA, c'est des impacts d'abord sur le corps. J'en ai pas parlé, mais les injections d'hormones, c'est pas anodin. Sur le corps, il y a des... Il va y avoir des effets secondaires sur les émotions aussi. On sait que les hormones qu'on ingère, elles influencent nos émotions. Sur notre vie sociale aussi, parce que bien souvent, les femmes qui sont en parcours PMA n'ont pas envie de raconter. Parce que si elles se mettent à raconter, qu'elles démarrent une five, elles risquent de devoir raconter que ça n'a pas marché.
- Speaker #0
Il y aura des attentes.
- Speaker #1
Elles s'isolent. Répercussions sur le couple. parce que souvent une femme pense que c'est à cause d'elle. Et la société aussi, quand il y a infertilité, on commence à chercher du côté de la femme. Et puis, une dernière répercussion, mais qui n'est pas des moindres, financière. Répercussion financière parce que quand une femme est en parcours PMA, elle se donne toutes les chances que ça marche. Donc elle va aller consulter, par exemple, une ostéopathe, ou bien quelqu'un qui fait de l'acupuncture, ou bien une psy. Et tout ça, ce sont des coûts en plus. Donc ça fait... vraiment un éventail d'actions qui vont être, enfin de choses qui vont être modifiées dans notre quotidien. C'est important de le savoir, c'est pas juste suivre un traitement. C'est l'imprévisibilité, l'incertitude, c'est un agenda qui est rempli de rendez-vous qu'on sait à la dernière minute. Et puis c'est cette injonction aussi qui me fait toujours sourire, n'y pense pas et ça viendra. Je ne vois pas comment on peut ne pas penser quand on a des prises de sang tous les jours, des échographies tous les jours. Ça, c'est vraiment une injonction paradoxale très parlante.
- Speaker #0
Du coup, moi, j'ai une amie qui est en parcours PMA. C'est quoi le meilleur conseil ? Qu'est-ce qu'on peut faire pour cette personne en tant qu'amie ?
- Speaker #1
En tant qu'amie ? Eh bien, ne pas trop lui poser de questions. La laisser parler de ce qu'elle veut parler. Alors, le pire qu'on peut faire... C'est de ne pas annoncer à son amie qu'on est enceinte parce qu'elle est en parcours PMA et qu'on a peur qu'elle le prenne mal. Ça, c'est quelque chose qui fait énormément de peine aux femmes. C'est qu'elles me disent, ma meilleure amie, ma soeur, ma cousine ne me l'a pas dit parce qu'elle sait qu'on a du mal, ça ne vient pas. Et donc, je me sens mal avec ça. Qu'est-ce qu'on peut donner d'autre comme conseil ? Être à l'écoute, dire simplement, je suis là, si tu as envie de parler, je suis là. Puis si tu as envie d'aller prendre un café, de parler d'autre chose. d'aller voir un film, je suis là aussi. Parce que ça demande une adaptation à de l'incertitude. Et puis, beaucoup de temps aussi. Donc, par exemple, acceptez que ta copine qui soit en parcours PMA ait moins de temps pour toi à un moment, et c'est OK.
- Speaker #0
Et du coup, ce parcours PMA, il transforme aussi la relation de la femme avec son propre corps.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Est-ce qu'il est médicalisé, scruté, évalué ? Est-ce que pareil, tu peux nous donner ta vision ?
- Speaker #1
C'est comme si une femme se sentait une mauvaise élève à ce moment-là. Par exemple, une femme dit « j'ai pas réussi à tomber enceinte » , comme elle pourrait dire « j'ai pas réussi à un examen » . « J'ai pas réussi à avoir suffisamment de follicules qui arrivent à maturation, parce que c'est comme ça que ça se passe, la PMA » . Je peux expliquer peut-être, pour les personnes qui ne savent pas comment ça se passe. Dès le premier jour des règles, il faut prendre des hormones et puis des injections qu'on fait soi-même sous forme de stylo. Et puis ensuite, il va y avoir des prises de sang qui vont pouvoir vérifier quelles hormones montent et à quelle fréquence. Quand c'est bon, on bloque le cycle avec une piqûre. Et puis dans une fécondation in vitro, à ce moment-là, on va pouvoir, sous anesthésie générale, prélever, ponctionner. Ensuite, ce sont les ovocytes qu'on fonctionne, qu'on va... mettre dans une petite boîte avec les spermatozoïdes et qui vont donner un embryon ou plusieurs embryons ou pas du tout d'embryons. Donc ensuite, on suit pour savoir où ça en est. Et puis ensuite, on va réinjecter dans le corps de la femme, selon le type de fécondation in vitro. Alors après, bien sûr, il y a des variantes. Ça peut être un don d'olocytes, ça peut être un don de sperme. Mais globalement, il y a cette préparation en amont qui est très lourde. quand tu me poses la question par rapport au corps. On a l'impression d'être soumis, on appelle ça examen médical, mais c'est un peu comme si tu passais un contrôle de maths. Tu as une bonne note, tu as combien d'oestrogènes, tu as combien de progestérone, tu as combien de follicules. Et en fait, tu es un peu noté par rapport à ça. Donc, ton corps devient un lieu de stress et puis aussi un lieu de souffrance à cause des effets secondaires des hormones, à cause de différents examens gynécologiques qui peuvent être plus ou moins douloureux. la ponction elle se fait sous anesthésie générale donc il y a tout un tas de choses qui fait que je parlais de dissociation mais c'est aussi se dissocier par rapport à son corps c'est aussi se protéger c'est oula mon corps il me fait des sales coups donc je prends un peu de recul or faut faire la paix avec son corps justement ça c'est un bon conseil c'est pas parce que le corps n'arrive pas entre guillemets c'est pas parce que ça fonctionne pas que c'est mon ennemi mon corps c'est mon allié il faut qu'on avance ensemble en fait
- Speaker #0
Et du coup, le couple dans tout ça, parce qu'il peut avoir aussi une baisse de libido dans un parcours PMO, parce que du coup, le corps est complètement scruté, médicalisé. Et du coup, le couple, ça peut aussi créer des déséquilibres et des tensions.
- Speaker #1
Bien sûr, bien sûr, ça crée. Alors, pour plusieurs raisons. D'abord, parce que c'est la femme qui va faire ses prises de sang, ses échographies. De facto, elle a plus de rendez-vous dans son agenda. Donc, parfois, elle peut être en colère contre son homme. La sexualité, forcément, elle est impactée. et alors Dans certains parcours, avant d'arriver à la fécondation in vitro, il peut y avoir de la sexualité programmée. Donc, ce n'est pas très fun, tout ça. Et puis, quand le corps, justement, est malmené, et qu'on se dissocie de son corps, forcément, on a moins envie d'avoir des relations. Et ça, c'est compliqué pour les hommes qui ont besoin aussi d'être rassurés, qui ont besoin aussi de tendresse. C'est une période qui est compliquée, qui demande, par exemple, de consulter. Ça m'arrive de consulter des couples pour ça. Donc ça, et puis je parlais tout à l'heure de la femme mauvaise élève qui n'arrive pas à avoir suffisamment de follicules. Donc c'est une période qui demande beaucoup d'amour, de tendresse, beaucoup de dialogue, beaucoup de non-jugement et de compréhension.
- Speaker #0
On change un petit peu de sujet, on va un petit peu plus loin dans l'âge de la femme. Si on parle de la préménopause, et de la ménopause d'ailleurs, certaines femmes... disent parfois ne plus se reconnaître à ce moment-là de leur vie. À quoi est-ce que c'est dû ? Alors, encore une fois, on va faire face aux fameuses hormones, mais pas que. Alors, ce qui se passe dans la ménopause, c'est qu'il y a une baisse d'oestrogènes. Et les oestrogènes sont, entre autres, elles ne servent pas seulement à la procréation, elles servent aussi à la régulation de l'humeur, elles sont impliquées dans la sérotonine, la dopamine. Du coup, cette chute d'hormones va créer des tas de choses. Alors, ça peut être sécheresse de la peau, ça peut être troubles intestinaux, mais ça peut être aussi troubles de l'humeur. Et c'est pour ça qu'il faut toujours lire, il y a des chiffres, mais dans quel contexte est-ce qu'ils s'inscrivent ? Donc ça c'est très déroutant parce qu'il peut y avoir ce qu'on appelle un brouillard cognitif, c'est-à-dire moins de concentration, moins d'attention, l'oestrogène ça aide aussi à tout ça. Et donc des femmes qui sont encore en pleine carrière, et on sait aujourd'hui que la pré-ménopause d'ailleurs intervient de plus en plus tôt.
- Speaker #1
Oui parce que j'ai entendu carrément qu'à partir de 30 ans finalement... presque la préparer.
- Speaker #0
Oui, donc la femme est très déroutée parce qu'elle est au top de sa forme. Elle a peut-être même un petit bébé. Parfois, ça peut arriver au début de la quarantaine. Donc, c'est déroutant, c'est déstabilisant et dans la société, c'est un peu tabou quand même la ménopause. On associe ménopause et vieillesse. Ménopause est moins sexy, alors que les femmes peuvent être très belles, très désirables à 40, 50, 60. Donc ce sont toutes ces choses-là qui viennent bouleverser à nouveau. J'ai parlé de l'apparition des règles, et encore, je n'ai pas parlé d'endométriose par exemple, mais les douleurs où le corps peut être malmené. On a parlé de grossesse, d'accouchement, de PMA, et encore la ménopause, c'est-à-dire encore ces bouleversements qui font qu'on peut être questionné par rapport à notre identité.
- Speaker #1
Du coup, s'il y en a des douleurs qui sont banalisées, Ou qu'on a une perte de repère, une image de soi qui est un petit peu modifiée. Là, on peut également avoir une souffrance psychique. Bien sûr.
- Speaker #0
Bien sûr. Parce que cette banalisation de « c'est rien, c'est la ménopause » , ce n'est pas un petit inconfort d'avoir des bouffées de chaleur, d'être dans le brouillard cognitif. C'est quelque chose qui a un réel impact. Et il faut consulter. Il n'y a pas beaucoup de femmes qui consultent beaucoup la grossesse, l'accouchement, etc. Mais la ménopause, elles se disent qu'il n'y a pas d'urgence. Ce n'est pas grave. C'est pas grave, mais c'est inconfortable. Et du coup, c'est inconfortable si je m'en occupe pas. Moi-même, j'ai pas de reconnaissance vis-à-vis de ce qui se passe à l'intérieur de moi. Et la société aussi, il faut consulter. Et je parle pas seulement de médecins et de gynécologues, mais ça peut être aussi dans la nutrition, ça peut être un psy qui va travailler sur l'image de soi, justement. On peut encore faire plein de choses, même quand cette période de la vie arrive.
- Speaker #1
Est-ce que tu as aussi des femmes qui ont besoin d'être accompagnées ? Sur le fait que notre corps devient inutile, on est sorti de la fonction procréatrice ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Enfin, une sorte de deuil, on ne pourra plus avoir de bébé ?
- Speaker #0
Oui, alors c'est très intéressant ce que tu dis, parce qu'il peut y avoir des femmes qui n'ont plus envie d'avoir d'enfant depuis quelques années, qui prennent la pilule, et malgré tout, le jour où elles n'ont plus de cycle, n'ont plus de règles, là où on pense qu'elles pourraient se dire « yes, génial, on va pouvoir » . être cool, elles se sentent « Ah bah tiens, la fonction procréative ne marche plus. Est-ce que je suis encore une femme si je ne suis plus en mesure d'être maman ? » C'est très intéressant comme questionnement. Et ça, c'est des choses qui sont archaïques, ancrées à l'intérieur de nous. Il y a un certain soulagement, il n'y a plus de cycle. Et en même temps, à quoi je sers ?
- Speaker #1
Une certaine nostalgie quand même.
- Speaker #0
Aussi.
- Speaker #1
Quel conseil tu donnes pour vivre avec un corps qui semble dysfonctionner pendant cette période de vie ?
- Speaker #0
Se rappeler que fonctionner autrement, ce n'est pas dysfonctionner. C'est différent, ce n'est ni mieux ni moins bien, c'est différent. Donc conseil, c'est adaptation, souplesse, indulgence. Une autre lecture de soi, ce sont des phases de vie qui sont autres, mais qui sont tout aussi intéressantes.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux nous parler un petit peu du SPM ?
- Speaker #0
Oui, alors on en parle de plus en plus. Tu vois, je parlais des réseaux sociaux tout à l'heure, de la comparaison, mais il y a aussi un côté très positif dans les réseaux sociaux, c'est justement la libération de la parole. Il y a de plus en plus de plateformes qui justement permettent d'expliquer un petit peu ce que c'est que ce syndrome prémenstruel. Eh bien, ça va être l'arrivée justement de douleurs, de grosses fatigues, parfois de maux de tête. de tête et puis d'irritabilité. Et là, il faut que la femme s'autorise à dire ça va pas trop. Sans qu'on la prenne pour une hystérique, entre guillemets. Tu sais, hystérique, ça vient du mot utérus. Donc, on la prenne au sérieux. Mais qu'elles-mêmes, elles se prennent au sérieux. Parce qu'il y a certaines femmes qui ne s'expriment pas parce qu'elles ne savent pas mettre les mots et puis parce qu'elles ont peur qu'on ne les croit pas ou qu'on ne les prenne pas au sérieux. Donc, toutes ces choses-là, le syndrome des ovaires polycystiques, l'endométriose, les syndromes, ce sont des choses où, réellement, la douleur est impactante. D'ailleurs, il y a des études qui montrent que les douleurs d'endométriose ou les douleurs d'accouchement, que certains hommes... Ils avaient cette intensité de douleur. Ils ne supporteraient pas. Il y a une femme qui me racontait « J'ai eu tellement mal quand j'ai accouché que j'ai cru que j'allais mourir. » Et juste après cette douleur intense, on m'a posé le bébé sur moi. Et puis je me suis dit « Mais je passe du pire moment de ma vie au plus beau moment de ma vie en une seconde. Il faut switcher. » Et c'est très déroutant.
- Speaker #1
Les injonctions sociales autour du corps féminin Pardon. c'est beaucoup de messages extérieurs qui finissent parfois par s'installer à l'intérieur. C'est quoi ta vision là-dessus ?
- Speaker #0
C'est-à-dire que, par exemple, les messages extérieurs, ça va être des trucs tout bêtes, comme tu passes dans la rue, tu vois un kiosque à jour, alors en gros, il y a marqué « Retrouvez votre corps d'avant la grossesse. » « Retrouvez votre sexualité d'avant la grossesse. » Donc ça, ce sont des petits messages qui veulent dire tacitement que tu peux et que tu dois. Or, on parlait tout à l'heure de dysfonctionnement, non, c'est fonctionner autrement. C'est pareil. Après un accouchement, tu fonctionnes autrement et donc il y a un certain nombre de domaines de ta vie qui fonctionnent autrement. Et ces messages extérieurs, ils finissent par rentrer à l'intérieur. Tiens, si dans tous les magazines, il y a marqué « Retrouvez votre corps d'avant la grossesse » , c'est que normalement, je devrais. Je devrais et donc si je n'y arrive pas, c'est que je ne suis pas une bonne élève.
- Speaker #1
Et injonction paradoxale ?
- Speaker #0
L'injonction paradoxale, c'est quand on demande à une femme une chose et son contraire, comme j'en parlais tout à l'heure, c'est-à-dire, par exemple, réussir au travail et occupe-toi de tes enfants.
- Speaker #1
Et c'est là où ça peut déclencher une culpabilité chronique.
- Speaker #0
C'est ça, c'est-à-dire que l'injonction paradoxale, c'est typiquement quoi que je fasse, j'ai tort. Par exemple, dans le couple, c'est très rigolo quand une femme dit à son homme, dis-moi que tu m'aimes, mais spontanément. et bien l'homme se retrouve si je dis je t'aime, je vais me faire gronder parce que c'est pas spontané, si je dis pas je t'aime donc c'est ça une injonction paradoxale c'est à dire quoi que je fasse c'est pas bon donc ces injonctions paradoxales finalement, puisque si je maigris c'est parce qu'on me demande de maigrir ça vient pas de moi et parce que je me fais violence et c'est pas bien de se faire violence et si je maigris pas c'est que je prends pas soin de moi de toutes les manières je finis par culpabiliser c'est pour ça qu'il faut déconstruire Merci. Ces genres d'inventions, pas pour prendre pour argent comptant.
- Speaker #1
Est-ce qu'on peut déconstruire tout seul ou est-ce que vraiment venir faire un travail chez un psychologue, ça accélère, ça aide le processus ?
- Speaker #0
Alors, ça aide, mais il y a d'autres choses qui aident. Par exemple, le fait d'écouter un podcast, comme ça dit-il, le fait d'échanger avec d'autres femmes, d'aller à des groupes de parole, le fait de lire. Il y a des tas d'ouvrages là-dessus. Une psychothérapie, ça se fait bien quand on est motivé, quand on cherche à changer quelque chose, quand on est en... souffrance, mais c'est pareil, ça ne doit pas devenir une injonction. Par exemple, si une femme vient me voir en me disant « je viens parce que... »
- Speaker #1
Mon mari me l'a demandé.
- Speaker #0
Mon mari m'a dit « ça ne fonctionnera pas cette thérapie. J'ai besoin de faire un travail avec elle au début pour... Mais qu'est-ce que ça va vous apporter, vraiment ? »
- Speaker #1
Et est-ce que le sport, l'alimentation, ce sont des choses qui aident aussi à tout ça ?
- Speaker #0
Complètement. Et le sport, la mise en mouvement physique,
- Speaker #1
Amen.
- Speaker #0
Elle met en mouvement psychiquement aussi. C'est très important, tu fais bien d'en parler, parce que faire du sport, ce n'est pas juste pour mincir et pour avoir l'air bien. C'est aussi pour mettre en mouvement. Il y a une métaphore aussi. Elle est bien psychologiquement, c'est aussi accepter d'être en mouvement. C'est-à-dire, on est en chemin, on n'est pas parfaite, personne n'est parfait, on est perfectible ou pas. Et le fait d'être en mouvement... D'ailleurs, même sur les enfants, on sait que des enfants, par exemple, qui vont réviser en faisant des mouvements, ils vont mieux intégrer. Donc, le fait d'initier un mouvement, c'est libérateur, ça ouvre des perspectives.
- Speaker #1
C'est hyper important pour sa santé mentale de faire du sport. Pourquoi est-ce que... Tant de femmes se sentent-elles coupables de ne pas gérer toutes ces étapes dont on vient de parler avec le sourire ?
- Speaker #0
Parce que depuis qu'elles sont petites, on leur dit « Dis bonjour à la dame, souris, sois gentille, fais plaisir ! » C'est un truc de femme, ça, sourire. Il y a des études qui montrent que les femmes sourient plus. Et puis, sourire, ça veut dire « je suis d'accord » . Sourire, ça veut dire « je m'adapte, je suis gentille, je ne fais pas d'histoire » . Les femmes me disent « par exemple, je suis allée chez le gynéco et puis... » Il m'a demandé, puis je n'ai pas osé lui dire. Alors, il m'a posé une question sur comment s'était passé tel traitement. Puis j'ai souri bêtement, parce que je n'ai pas osé. Et sourire, quand tu n'as pas envie de sourire, mais quand tu te forces, c'est une forme de violence, en fait. C'est une douce violence. Je mets un masque, on appelle ça un faux self en psychologie. C'est tout à bien.
- Speaker #1
Il y a beaucoup de masques dans notre société. Quels impacts ces difficultés peuvent-elles avoir sur la vie sociale, professionnelle et conjugale d'une femme ?
- Speaker #0
Les impacts, c'est justement le fait d'avoir beaucoup d'attentes vis-à-vis des femmes, font qu'elles ne se sentent jamais suffisamment à la hauteur. Jamais assez. Jamais assez. Et donc, elles vont ce qu'on appelle prendre sur elles. C'est un truc de femme, ça. Je prends sur moi. Et donc, prendre sur soi, ça fait qu'on est tiraillé entre ce qu'on... ce qu'on peut vraiment faire et nos limites. Et au bout d'un moment, ce tiraillement, il craque. On parlait de burn-out tout à l'heure, c'est ça. Le burn-out, c'est quand j'ai une perception de ce qu'une situation exige de moi et de ce que je suis capable de faire. Je suis capable de faire ça, la situation, elle attend ça. Donc au bout d'un moment, ça craque.
- Speaker #1
Et comment expliquer à son partenaire ce qu'on traverse quand nous-mêmes, on ne trouve pas nos mots, en fait ?
- Speaker #0
Alors, on n'a pas besoin d'avoir les mots parfaits. Ne pas trouver les mots, c'est parce qu'on imagine qu'il faut le dire d'une certaine manière. Je pense qu'il faut... Si on se fait confiance, on fait confiance aussi à l'autre, il faut laisser les choses sortir comme elles sortent. Il y a cette idée de neurone miroir en psychologie. Si je me fais confiance, l'autre me fait confiance aussi. Donc, ça sort comme ça sort, avec les mots qui sont dits. Ça peut sortir avec des pleurs, ça peut sortir... On peut aller consulter un psy, on peut écrire quand c'est difficile de dire.
- Speaker #1
Et je rebondis là-dessus, du coup,
- Speaker #0
l'écriture,
- Speaker #1
il y a une mode de journaling, etc. Qu'est-ce que tu en penses ?
- Speaker #0
Alors en réalité, je pense que ce n'est pas une mode. Il faut savoir que par exemple, le journal de gratitude, c'est une tâche thérapeutique à l'origine, qui provient des thérapies orientées solutions. Ça fait perpète, ça ne date pas de... La mode,
- Speaker #1
c'est qu'on le voit sur les réseaux, mais effectivement, c'est très ancien, même les journaux intimes quand on était petit.
- Speaker #0
Mais le journal de gratitude, moi je l'ai pratiqué avec ma fille quand je la mettais au lit le soir on écrivait comme ça les trois moments par jour en fait l'idée c'est quoi ? c'est de réorienter notre attention sur ce qui fonctionne quand on va mal, on ne voit que ce qui ne fonctionne pas l'idée c'est de comme si je te dessine un 6 là moi je vois un 6, toi tu vois un 9 on a toutes les deux réglages on change de curseur et donc on se dit qu'est-ce qui a fonctionné aujourd'hui et qu'est-ce que ça implique ? c'est qu'au bout d'un moment tu vas chercher ce qui marche dans ta vie puisque tu es habitué à noter, puisque tu as ton petit devoir du soir, tu vas focaliser sur ce qui marche. C'est un peu comme quelqu'un qui veut acheter une voiture rouge, il va rentrer le soir et dire à son conjoint « C'est dingue le nombre de voitures rouges qu'il y a en ce moment ! » C'est simplement parce qu'il cherche les voitures rouges. Donc, l'idée, on appelle ça de faire du recadrage, et c'est hyper intéressant. D'ailleurs... ça implique aussi une écriture. Je sais qu'on peut le faire sur smartphone, il y a des applications, mais ce n'est pas pareil. Il y a une virtue à l'écriture. Écrire, ce qui nous a fait du bien, c'est l'identifier. Puis après, on se relie et on se dit « Ah, c'est marrant, moi qui pense que tout va mal en ce moment, c'est drôle, j'ai eu telle et telle et telle source de satisfaction. » Et puis parfois, ce sont des choses très simples. Ça peut être « J'ai fait un gâteau avec ma fille. » J'avais rendez-vous à la banque, d'habitude il y a une heure d'attente, là on m'a pris en cinq minutes. Voilà, ça peut être des toutes petites choses.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu observes le plus souvent dans ton cabinet comme malentendu dans les couples, suite à tous ces bouleversements hormonaux chez la femme ?
- Speaker #0
Alors, j'observe... D'abord un malentendu autour de la charge mentale, un malentendu aussi autour de... Tu as des symptômes, prends un médicament par exemple à la même pause. Mais ce n'est pas si simple que ça. Et puis les traitements ne marchent pas toujours. En fait, c'est un peu pour beaucoup d'hommes, pas tous bien entendu, mais pour beaucoup d'hommes, il y a ce côté problème-solution. Mais c'est très complexe. L'errance... médicales qu'il y a autour. Par exemple, on parlait d'endométriose, ça peut prendre des années. Moi, l'endométriose que j'ai eue, peut-être que ça a mis une dizaine d'années jusqu'à ce qu'il y ait le diagnostic. Donc, ce n'est pas toujours problème-solution. Les problèmes de femmes sont complexes. On parlait, par exemple, un des symptômes de la dépression, c'est la fatigue. Alors, si à chaque fois qu'une femme est fatiguée, on se dit qu'elle fait une dépression, ce n'est pas ça. Donc, il y a quelque chose de complexe chez la femme. Les malentendus, ils proviennent de là. Ils proviennent aussi d'un manque de confiance mutuelle et puis d'injonction. Par exemple, je pense à tout ce qui touche la sphère sexuelle, intime. Peur de dialogue autour de ce sujet-là, alors que beaucoup de choses peuvent s'arranger avec la communication.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu encourages les femmes à faire ?
- Speaker #0
On parle beaucoup de résilience. C'est un mot qui est très à la mode. mais c'est un mot qui est un petit peu à double tranche. C'est devenu un peu une aptitude, encore une fois, une question de performance. La résilience, c'est quelque chose qui doit être doux. Ce n'est pas la même chose que l'endurance. Ce n'est pas je serre les dents et tout va bien. Certaines femmes viennent me dire, non mais ça va, je suis très résiliente. Et derrière, j'entends, je suis au bout de ma vie en fait, et genre tout va bien. Donc, ce que j'encourage vraiment les femmes à faire, c'est à faire un travail sur elles, à mieux se connaître, à mieux s'accepter. En fait, connaître ses limites, c'est aussi connaître ses forces. Être no limit, ça nous amène à l'épuisement, que ce soit avec nos enfants, que ce soit avec le travail. Donc, avoir de l'indulgence à l'égard de soi-même et se connaître, ça c'est quelque chose qui est hyper important pour aller bien.
- Speaker #1
Et cette fameuse résilience, est-ce qu'elle est transmise de génération en génération, justement ?
- Speaker #0
Ce qui est transmis de génération en génération, généralement, c'est justement la capacité d'endurance. On a une fausse idée de ce qu'est la résilience. Par exemple, on entend beaucoup de coachs en ce moment dire « sois la meilleure version de toi-même » .
- Speaker #1
Ça,
- Speaker #0
ce n'est pas de la résilience, c'est de la violence. Donc, la résilience, ce qui est transmis de génération en génération, c'est l'exemple. En fait, ce n'est pas tellement ce qui se dit. Ce qui reste de ce que nos mères... ont fait, c'est pas ce qu'elles nous ont dit, c'est ce qu'elles nous ont montré, ce qu'elles ont fait elles-mêmes. Donc, quand on prend sur soi, il faut aussi se dire, attends là, est-ce que je rends un service à ma fille ou pas, de serrer les dents. C'est pas ça.
- Speaker #1
Ou à nos fils aussi.
- Speaker #0
Je parle beaucoup des filles, mais je ne sais plus.
- Speaker #1
C'est important de montrer aussi à... Moi, j'ai un fils également, mais justement, il faut prendre soin des femmes.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Comment est-ce que la reconnaissance sociale peut alléger la charge mentale et émotionnelle qui est portée par les femmes ?
- Speaker #0
Lorsqu'il y a reconnaissance sociale, il y a légitimité. À partir du moment où ce sont des choses dont on parle, la femme se sent comprise, elle se dit « ok, c'est légitime » . Donc la reconnaissance sociale, je pense à toutes les prises de parole qu'il y a autour de la santé mentale des femmes ces dernières années. Ce sont des prises de parole qui sont super importantes. Parce qu'elles permettent de dire aux femmes, t'as pas rêvé, tu n'inventes pas. Il y a de facto des choses qui sont difficiles. La reconnaissance sociale, elle est essentielle. Ça peut être, par exemple, dans le monde du travail, être un peu plus attentif aux signes lorsqu'une femme reprend son activité professionnelle après un congé mat. Mais ça peut être être plus attentif si une femme est en parcours PMA, sans forcément lui poser de questions, mais expliquer un petit peu à la société qu'est-ce que ça implique. Donc tout... toutes ces choses-là, par exemple, en crèche, former un peu mieux le personnel au fait que c'est dur de confier son enfant et qu'il y a une certaine ambivalence. Ça, c'est de la reconnaissance sociale. Ce n'est pas facile ce que les femmes traversent si on en parle. À ce moment-là, elles se sentent reconnues et donc légitimes.
- Speaker #1
Et crues, surtout.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
exactement.
- Speaker #0
Je te crois, c'est quelque chose qu'on peut dire à quelqu'un qui ne va pas bien et ça suffit.
- Speaker #1
Oui, ça suffit déjà. C'est un grand pas. Et que changerait une meilleure éducation au corps féminin dans la construction de l'estime de soi, tu penses ?
- Speaker #0
Ah ça c'est une bonne question parce que et ça d'ailleurs ça commence jeune le corps féminin, la connaissance du corps féminin, il y a encore beaucoup de tabous donc expliquer à quelqu'un ce qui se passe dans son corps avec des mots simples mais des mots vrais ça aide justement à s'accepter il y a encore beaucoup d'ignorance les femmes pensent connaître leur corps mais finalement à chaque fois elles ont un nouveau truc il faut qu'elles se disent tiens Je ne savais pas que ça se passait comme ça. On le fait autour de la grossesse, mais ça ne doit pas être fait que...
- Speaker #1
Et l'estime de soi, elle se construit avec le corps et pas contre le corps ?
- Speaker #0
Oui. L'estime de soi, elle se construit tout au long de notre vie. Elle prend racine, on connaît les théories de l'attachement, elle prend racine dans l'enfance, d'où la responsabilité des mamans. Mais elle se construit aussi. au cours du temps. Et l'estime de soi, c'est lié, c'est pas tout à fait pareil, mais c'est lié à l'image qu'on a de soi. Alors l'estime, c'est comme estimer un bien, qu'est-ce que je pense que je vaux ? Mais l'image de soi, c'est aussi une des composantes de l'estime de soi. Comment je me vois ? Comment je me perçois ?
- Speaker #1
Il y a beaucoup de gens qui font l'amalgame entre confiance en soi et estime de soi.
- Speaker #0
Oui. Alors, la confiance en soi, elle a une dimension comportementale. C'est-à-dire, je fais. Il y a des gens, c'est très intéressant ta question, il y a des gens qui ont une très haute estime d'eux-mêmes, mais qui n'ont pas de confiance en eux, qui ne font pas, ils ne se mouillent pas, parce qu'ils ont tellement peur de l'échec qu'ils se disent, oh là, je ne fais pas. Inversement, il y a des gens qui ont une estime de bof-bof, mais qui y vont, ils ont confiance en eux. Donc ce sont deux notions qui sont souvent confondues, mais qui sont liées, mais pas du tout identiques. Et la confiance en soi, en fait, elle est en lien avec accepter d'échouer. En fait, quelqu'un qui se lance dans la piscine et qui n'est pas sûr de nager correctement, il se dit « je me lance et puis allez, je vais apprendre » , etc. Donc c'est l'idée de « c'est ok si je me plante, c'est pas grave, c'est comme ça qu'on apprend aussi » . C'est Charles Pépin qui parle des vertus de l'échec.
- Speaker #1
Mais l'estime de soi, on est d'accord, ça se bosse que chez le psy quand même ?
- Speaker #0
Ça se bosse avec un travail sur soi, effectivement. C'est beaucoup plus facile avec un psy parce qu'on a un regard très biaisé sur nous-mêmes. On est très dur avec nous-mêmes. C'est valable même pour les hommes. Il faut que ce soit quelqu'un d'extérieur qui puisse te dire « Mais vous vous rendez compte, tout ce que vous faites, c'est formidable. Vous vous rendez compte, vous êtes là, vous demandez de l'aide, vous êtes en remise en question alors que vous me décrivez toutes ces difficultés. »
- Speaker #1
Pour terminer, je voudrais te poser une dernière question sur ce que tu penses, ton regard sur la suradaptation des femmes.
- Speaker #0
Je pense que cette suradaptation est très intrinsèque aux femmes, qu'elle dure depuis un certain temps. Par exemple, très intéressant, les troubles nés à la neurodiversité. Tu sais, tout ce qui est TDAH, troubles d'isthèse, troubles d'espèce autistique, etc. Elles sont détectées plus tard chez la femme parce qu'elles se suradaptent. La suradaptation, c'est encore cette idée de je tire, Et puis, à un moment donné, ça craque. Donc, cette suradaptation, elle est structurelle, mais elle est très néfaste, très très néfaste.
- Speaker #1
Dans ton métier, lequel de tes cinq sens tu utilises le plus ?
- Speaker #0
Ah, c'est intéressant. Alors, j'observe beaucoup parce que le corps dit quelque chose, le corps parle, le non-verbal. Mais dans ma vie, je suis très olfactive. Ah oui ? J'ai vraiment... Quand je dis je sens les choses, c'est vraiment...
- Speaker #1
Ce qu'on pourrait se dire, c'est l'oreille, parce que tu écoutes les gens, mais finalement, tu les utilises tous.
- Speaker #0
Je les utilise tous. Il se passe quelque chose. On travaille beaucoup en vidéo depuis le Covid, mais on perd quelque chose. Je crois justement, en vidéo, ça nécessite encore plus d'efforts pour décoder l'autre.
- Speaker #1
Oui, super. Merci beaucoup, Claire, pour toutes ces infos ultra intéressantes. Comment est-ce que tu as envie de conclure notre épisode ?
- Speaker #0
Euh... Je souhaite aux femmes de trouver leur juste rythme.
- Speaker #1
Alors du coup, je rebondis. Est-ce que toi, tu as des rituels pour retrouver quand tu perds ton juste rythme ?
- Speaker #0
Alors, j'ai découvert il n'y a pas très longtemps, et pourtant je ne suis pas toute jeune, que la nature faisait un bien fou. Alors, j'habite Paris, on ne peut pas toujours aller en vacances aux quatre coins de la planète, mais dès que je peux aller dans un endroit où il y a du vert, je suis très sensible aussi à la mer. Donc ça m'arrive d'aller même pour une journée à la Baie de Somme, par exemple. La Baie de Somme, tu as une heure de Paris, une heure et quart. Je trouve que c'est très ressourçant. La nature, elle nous dit quelque chose. En tout cas, moi, c'est mérituel. Marcher, déconnecter vraiment. Ça fait du bien de temps en temps de se mettre en mode avion et de pouvoir juste se reconnecter à soi. Ça, c'est quelque chose que je fais depuis quelques années. Je me rends compte à quel point c'est important, la perspective géographique qu'elle nous offre, la perspective psychique aussi.
- Speaker #1
On va terminer là-dessus. C'est très chouette. Merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci Marion.
- Speaker #1
Merci d'avoir partagé ce moment avec nous dans le juste rythme. J'espère que cet épisode vous a offert un souffle, un sourire ou une idée à glisser dans votre quotidien pour avancer un peu plus à votre rythme. Si cet échange vous a plu, parlez-en autour de vous et abonnez-vous à votre plateforme préférée. Laissez un commentaire, c'est ce qui permet au podcast de rayonner. Pour découvrir d'autres épisodes ou me contacter, rendez-vous sur le juste rythme. Et si une femme inspirante vous vient à l'esprit, écrivez-moi, vous pourrez être ma prochaine invitée. A très bientôt, et d'ici là, prenez soin de votre cœur, de votre corps et de votre tête.