- Speaker #0
Bienvenue dans Le Juste Rythme, le podcast qui explore le cœur, le corps et la tête. Je suis Marion Béchade, une femme, une mère, une entrepreneuse passionnée mais souvent débordée, en quête chaque jour d'un peu plus de sérénité. Un podcast pour se déculpabiliser et peut-être se donner une nouvelle impulsion. Cet épisode du podcast Le Juste Rythme est soutenu par l'Auberge Basque, un hôtel-restaurant, relais et châteaux. Un lieu unique au cœur du Pays Basque qui invite... Ralentir, à se reconnecter à ses cinq sens et à prendre un temps pour soi, l'endroit parfait pour retrouver son juste rythme. Dans mon épisode avec Pauline Crussier-Mouline, nous parlons de la vie après la perte de son mari Jean-Charles. Pauline évoque sans tabou l'aide psychologique qu'elle a reçue, le soutien de ses proches et les gestes qui l'aident à prendre soin d'elle. Mais j'avais surtout envie de rencontrer la femme qu'elle est aujourd'hui. Nous parlons de sa place de mère, de son rapport à la féminité, de ces moments où la légèreté revient et de la difficulté parfois à s'autoriser à aller bien. Pauline partage aussi son engagement auprès de l'Institut du cerveau et le sens qu'elle donne à la soirée organisée en hommage à Jean-Charles. Une conversation sur le deuil bien sûr, mais aussi sur la possibilité de retrouver ses propres repères et d'avancer à son juste rythme. Je vous laisse découvrir mon épisode avec Pauline. Bonjour Pauline.
- Speaker #1
Bonjour Marion.
- Speaker #0
Merci d'avoir accepté mon invitation, merci pour ta confiance. Je voulais savoir dans quelle énergie tu arrives ce matin ?
- Speaker #1
Alors, pour être tout à fait honnête, un peu fatiguée. J'ai trouvé la rentrée très dure. Ma petite-fille Madeleine est rentrée à l'école en petite section maternelle. Donc, c'est un nouveau rythme à prendre puisqu'il faut qu'on soit toutes les deux prêtes à 8h20. Donc, un peu fatiguée. J'ai l'impression que les vacances sont déjà loin. On a eu le premier virus alors qu'on n'est même pas en octobre. Je risque de tousser un peu. Madeleine a eu sa première otite. Donc, ce n'est pas évident. Mais je suis contente de te parler. Et ce matin, c'était dur de me lever et d'emmener Madeleine à l'école, etc. Et là, d'avoir une personne souriante en face de moi, on sait que c'est contagieux. Déjà, ça remet un peu d'énergie dans la journée.
- Speaker #0
Alors, tant mieux. Et justement, si tu devais me décrire ton rythme actuel en quelques mots, lesquels tu choisirais ?
- Speaker #1
J'ai l'impression que je planifie une course permanente. Et que quand ça déborde, j'annule tout. Je remplis le vide. Et puis quand ça devient trop, je fais tout l'inverse. Je dis, bon, stop. Donc, c'est un peu... Je suis dans une sorte de contradiction permanente dans mon rythme. Où je remplis, Comme ça, il n'y a pas de vide. Ça enlève beaucoup d'angoisse. Et puis, tout d'un coup... Ça devient trop, ça me submerge. Bon, ça me submerge aussi parce que là, pendant trois nuits, je n'ai pas dormi à cause des petits virus. Et là, j'annule tout, je me mets au fond de mon lit, j'attends une journée et on repart un peu plus doucement.
- Speaker #0
On repart doucement. Tu as choisi de transformer une partie de ton épreuve, de votre épreuve avec Madeleine et toute la famille, en engagement auprès de l'Institut du cerveau. J'aimerais commencer du coup par ce que tu construis aujourd'hui et comment est né ton engagement auprès de l'Institut du cerveau ?
- Speaker #1
En fait, mon mari Jean-Charles est décédé le 30 juillet 2025 d'une tumeur au cerveau cancéreuse, qui n'était pas un glioblastome en l'occurrence pour lui, c'était un astrocytome, mais bon, peu importe, c'était un cancer du cerveau, il y a beaucoup de formes qui existent. JC avait 39 ans, sa maladie a été un peu particulière, parce que pendant 15 mois, il a été très bien soigné, et il répondait très bien au traitement, et il a été en rémission en mars 2025. Et en fait, il a eu une rechute quasi immédiate qui, là, a été foudroyante. Et en deux mois et demi, il est parti. Et ça a été très brutal, très violent. On a vraiment vécu une montagne russe très importante avec une très bonne nouvelle. Puis la dégringolade jusqu'à son décès. Et en fait, j'ai eu besoin, sans le conscientiser vraiment, mais pendant un an et demi avec JC, on a été dans un vrai combat. tous les deux, et un petit peu avec Madeleine, mais qui était vraiment toute petite. Et d'une minute à l'autre, moi, quand JC est mort dans mes bras, deux heures après, j'ai quitté la maison de soins palliatifs, je suis rentrée chez moi, puis il n'y avait plus rien. Il n'y avait plus de médecin, il n'y avait plus d'hôpital, il n'y avait plus d'infirmière gentille qui vienne te tenir la main et te réconforter. Et en fait, ce vide-là, il est très, très, très angoissant, parce que mine de rien, même si tu es en train d'affronter le... pire du pire, quand t'es dans l'hôpital ou dans la maison de soins palliatifs ou... Dans tout cet écosystème médical, tu es quand même dans un combat, tu es très entourée, tu as une sorte d'armée autour de toi, tu as même le lieu, etc. Puis là, tu te retrouves chez toi, il n'y a plus ton mari. Et en fait, je pense que la première raison de mon engagement, c'est que j'avais besoin de continuer à être dans un combat. J'avais besoin de mettre ma colère et ma tristesse quelque part. Je me souviens que ma psychiatre m'avait dit cette phrase en me disant... Moi, tant que vous êtes en colère, ça me rassure parce que la colère, c'est une énergie de vie. C'est une pulsion de vie. Tant que j'avais de la colère à revendre, j'avais un peu moins de pensées très sombres. Et j'en ai eu, des pensées très sombres. Mais la colère a été tellement forte que je pense qu'elle a pris le dessus. Et je me souviens que dans une interview, sans réfléchir... J'avais répondu à la journaliste, en fait, ce que je veux, c'est de buter la maladie qui a buté mon mari. Donc, il y a un peu ce truc de vengeance, d'aller venger JC, d'aller nous venger aussi, Madeleine et moi, d'avoir été privées de notre cru-cru, de son papa. Et encore, on m'a beaucoup dit ce que vous faites pour les autres, etc. Ça m'ira, mais je le répète systématiquement. En fait, honnêtement... Je pense que ça commence tout doucement à être pour les autres, mais ça ne l'a pas été. Ça a été avant tout cet engagement, une pulsion de survie même pas consciente. Et une manière aussi, je pense, pareil, mais ça je l'analyse vraiment a posteriori, tu vois Marion, de garder un lien avec ces médecins, avec cet environnement, avec l'hôpital. Il y a beaucoup de gens qui ne veulent pas y retourner. En fait, moi, ça m'a aidée de pouvoir y retourner assez rapidement. Non, je n'y vais plus beaucoup, mais de me dire qu'il y a toujours un endroit où quand même, on peut prendre aussi un peu soin de moi, finalement, même si ce n'était pas moi la patiente.
- Speaker #0
Oui, c'est important aussi, effectivement. Est-ce que du coup, ce rôle d'ambassadrice, il t'oblige ou est-ce que, voilà, et tu ne veux pas être réduite à ça non plus, mais est-ce qu'il t'oblige parfois à rester très proche de la maladie ?
- Speaker #1
Ils ne m'obligent pas parce que les équipes, qu'elles soient administratives, mécénat, médicales, scientifiques de l'Institut du cerveau, ne m'obligent à rien. Ils sont très très respectueux, ils sont très empathiques. Donc c'est plutôt moi qui viens avec des propositions, avec une idée d'événement ou je ne sais quoi, et ils sont en soutien. Mais ils ne me demandent rien, ils sont très respectueux du rythme que je peux donner. En revanche, effectivement, ça a donné une dimension à mon combat, ça a donné une légitimité et ça m'a aussi permis de parler au nom de quelque chose. Moi, je ne veux pas monter d'association parce que je veux, à titre très personnel, ne pas m'enfermer là-dedans. Je ne veux pas non plus que l'association devienne ma cause, en fait. Donc, je ne veux pas me perdre. Et en levant des fonds directement pour une équipe de recherche au sein de l'Institut du cerveau, je sais que ça continuera de vivre après moi. Je ne veux pas entrer dans ce travers qui peut exister dans mon associatif et que moi, je me dis que je pourrais avoir, mais pas pour tout le monde. Je crée mon association et donc après, finalement, c'est l'association que je fais vivre plus que le combat ou la cause eux-mêmes. Ailleurs, il y a... Évidemment, besoin d'association de patients, c'est essentiel. Et moi, je ne suis pas capable de monter ça. Je serais tout à fait totalement incapable aujourd'hui de m'occuper d'autres patients, d'autres familles, d'accompagner des gens dans leur maladie, dans leur parcours. Je ne suis pas en état de porter le combat d'autres personnes en ce moment. Donc, c'est aussi, je pense, important de l'être lucide sur les combats qu'on peut mener. Moi, la levée de fonds... La médiatisation à titre personnel de l'histoire qu'on a vécue avec JC, de ma perception, de mon deuil, de comment je vis les choses, oui, là, je me sens légitime. Mais aller porter l'histoire d'autres personnes, aujourd'hui, je n'en serais pas capable.
- Speaker #0
Bien sûr. Du coup, ma question d'après, c'est justement, comment est-ce que tu protèges Pauline lorsque l'ambassadrice doit reprendre publiquement la parole sur le sujet ?
- Speaker #1
Alors, j'ai... Pas le sentiment d'avoir besoin de me protéger quand je prends la parole, par exemple dans les médias, etc. Parce qu'en fait, je suis trop contente de pouvoir parler de JC. Il y a eu deux, trois interviews sur les plateaux. Ils ont mis des photos. Ils m'ont demandé « Est-ce que ça vous embête ? » Je dis « Non, pas du tout, au contraire. » Et quand je découvre les photos de lui pendant que je parle en interview, je suis souvent très émue, évidemment. Mais je suis aussi très heureuse de le voir. Et je suis égoïstement très heureuse de me dire qu'il y a plein de gens qui le voient, qui ne l'ont pas forcément connu. qu'ils ne connaissaient pas forcément et qu'ils vont le connaître c'est très réconfortant pour moi en sortant de ces plateaux il y a des gens qui ne connaissaient pas et qui vont le connaître et d'une certaine manière ça le rend encore vivant là où je me protège plus c'est sur les réseaux sociaux j'avais jamais rien mis en public de ma vie J'étais plutôt très discrète. Je ne comprenais pas les gens qui racontaient leur vie sur les réseaux. Je me disais, mais quoi bon ? En fait, les gens font ce qu'ils veulent, comme ils veulent, comme ils peuvent. Moi, je me rends compte, dans 99% des messages que je reçois, que ça aide des personnes qui, soit ont vécu cette maladie, ou une autre maladie, ou un autre drame, qui ont vécu un deuil, et qui n'ont pas forcément, eux, cette liberté d'expression. Et d'avoir quelqu'un d'autre qui pose des mots sur ce qu'ils ressentent, ils me le disent, ça les aide. Donc, si au moins... mon côté paroles libérées, ça peut aider ne serait-ce qu'une personne. J'ai des personnes qui m'ont contacté en me disant, ça y est, grâce à tes posts, etc., j'ai sauté le pas, je vais voir un psy. Parce qu'en fait, je me suis dit que j'avais bien le droit de ne pas vivre seule avec ça. Honnêtement, rien qu'une personne qui me dit ça, je me dis que ça vaut complètement la peine. En revanche, il y a quand même eu aussi des messages très violents, très agressifs de personnes qui soit te donnent leur avis sur ta manière de gérer ton deuil, soit carrément te donne des injonctions à être plus forte, à faire plus si. Il y a eu des personnes qui m'ont attaquée sur mes valeurs, sur le fait que je communique sur l'horreur de cette maladie et que, selon elles, je ne protégeais pas du coup les patients atteints de la maladie. Moi, ça, je ne suis pas du tout d'accord. Moi, le côté, on met la tête dans le sable et on ne regarde pas en face et on se dit que les choses vont s'améliorer. Je n'y crois pas. En fait, il faut faire la lumière sur les choses. Moi, c'est une conviction. personnel, si on veut que des combats avancent, il faut faire la lumière dessus. Mais qu'ils ne soient pas d'accord, c'est une chose qui m'attaque sur mes valeurs, pour autant, c'en est une autre. Et ça, ça a été très, très violent pour moi, parce que moi, à l'inverse, les personnes qui font différemment de moi, qui ont un discours différent, etc., je les laisse faire. Je ne vais jamais mettre un commentaire, je ne vais jamais être désobligeante, je ne vais jamais leur écrire. chacun fait ce qu'il veut. Et je me suis rendue compte d'une chose, c'est que partout, dans toutes les sphères, même quand on est confronté à un drame, il y aura toujours des imbéciles pour te donner leur avis et pour être dans le jugement. Au début, ça me faisait beaucoup souffrir. Maintenant, j'arrive un peu plus à prendre du recul et à me dire, mais c'est qui cet idiot-là ? Pour qui il se prend ? Et surtout à me dire... Ils sont prêts à prendre ma place ? Ils sont prêts à prendre ma place ? À élever leur petite fille de 3 ans et demi seule, parce que son papa est mort ? Non. Bon, alors, ils passent leur chemin.
- Speaker #0
Oui, complètement. Hélas, oui, l'humanité, parfois, est décevante. Comment est née ton idée de soirée de gala qui va avoir lieu en novembre, en hommage à JC ?
- Speaker #1
C'est l'associé de JC qui a eu l'idée, Valentin. En fait, je pense que c'était une double idée. Quand il m'a écrit il y a un an en me disant « Je pense qu'on devrait organiser une soirée en mémoire de JC » , il m'a dit « Ce serait l'occasion d'avoir un beau moment pour penser à lui » . Il m'a écrit tout de suite, je n'ai même pas eu le temps de répondre « Oui, je sais ce que tu vas dire, tu n'as pas besoin d'une belle soirée pour penser à lui, tu y penses tout le temps » . Je n'ai toujours pas eu le temps de répondre et il a ajouté Merci. Ce que je te dis, c'est que ce serait vraiment beau d'avoir un moment où on est tous réunis pour penser à lui. J'ai répondu, oui, tu as raison, ce serait très beau. C'était aussi une manière détournée, pas tout à fait détournée, de me remettre au travail gentiment. Il m'a dit très généreusement, tu organises tout. Dans leur profession en finance, ils bossent comme des dingues. Tu organises tout et je te remplis le gala. Les invités, je te les trouve. Les gens qui vont payer les places, je te les trouve dans la profession, dans tout le réseau professionnel de JC qui était adoré. Toi, tu organises tout. Mais moi, je te remplis le gala. Et en fait, il m'a remise au boulot gentiment. D'abord, j'ai visité des lieux. Ensuite, il y a eu des petites actions. Ça a mis plus d'un an d'organisation, tu vois. Mais en fait, c'est la première chose où je me suis remise un tout petit peu en mouvement. Et c'était son arrière-pensée qui m'a avouée un peu plus tard.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que, du coup, tu aimerais que cette soirée fasse naître au-delà de la collecte de fonds ?
- Speaker #1
C'est une soirée privée, donc ce n'est pas quelque chose que je vais beaucoup médiatiser ou quoi. Je vais sans doute montrer des photos, des choses comme ça, mais ça reste un événement privé avec des amis, des proches, beaucoup, beaucoup de monde de la profession de JC. Et... que ce dont on a besoin tous, outre les fonds qu'on va lever, c'est effectivement d'un moment où on se retrouve, et ce n'est pas l'enterrement. À l'enterrement de Jissé, l'église immense était pleine à craquer. Il y avait des centaines de personnes. Pourtant, c'était un 2 août. Mais c'était... Voilà, c'était... Même dans le cimetière, les gens qui marchaient, c'était... Je crois que... quelqu'un a dit à ma belle-mère, c'est une célébrité. Et elle a répondu oui, c'est mon fils. Tellement il y avait de monde. Je crois que là, on a besoin d'un moment où cette fois, on n'est pas uniquement dans la peine, mais on est aussi dans le souvenir heureux de J.C., de qui il était, d'à quel point il a marqué les esprits. Moi, je suis bluffée par... Les messages que je continue de recevoir aujourd'hui de gens qu'il a croisés il y a 5, 10, 15 ans dans sa vie et qui me disent tous la même chose, qui me parlent de son sourire, qui me parlent de sa bonne humeur permanente, qui me parlent de son humour, de sa joie de vivre, de son professionnalisme, de son sérieux. Donc il avait à la fois ce côté toujours joyeux, toujours heureux et en même temps hyper sérieux, quelqu'un de très respecté dans son job, de connu dans la profession. Et je pense qu'on a besoin d'un moment pour ça. On ne peut pas le faire quand c'est trop tôt, mais pour avoir un moment de joie autour de lui. Et d'ailleurs, cette soirée, ça va être une grande fête. Ça va être un très beau dîner de gala. Ça se finit à 3h. On va danser. On veut que ce soit son image. J'y sais, c'était un tough-er. C'était celui qui mettait l'ambiance dans les mariages, etc. On a envie de ça pour... pour l'honorer et pour penser à lui, pas seulement en pleurant.
- Speaker #0
Et après le gala, qu'est-ce que tu aimerais ressentir du coup ?
- Speaker #1
J'ai un peu peur du post-gala. J'ai un peu peur de ressentir à nouveau un vide et puis quand même un deuxième au revoir. Ça, je l'ai en tête, je m'y prépare. Cela étant, en fait, là, j'ai trois projets, on va dire, en parallèle. Il y a le Gala, il y a toute la partie lobbying politique parce qu'on est en plein dans les débuts des travaux sur le budget de l'État. Donc là, jusqu'à fin d'année, je travaille énormément avec des députés, des parlementaires pour faire passer une ligne budgétaire sur la recherche clinique sur les cancers du cerveau. Vu l'état du budget, vu la situation politique, ce n'est pas du tout évident, mais en tout cas, je travaille dessus, donc ça m'occupe beaucoup. Et le troisième projet, c'est un projet de livre que j'ai initié il y a longtemps déjà, fin d'année dernière, et je voudrais aller au bout. Donc je voudrais raconter à la fois la rechute de JC, comment on a traversé ça, et puis moi, comment je m'en sors depuis. Et pour moi, c'est un livre témoignage que je veux pouvoir transmettre à Madeleine, qui n'aura pas de souvenirs conscients de cette période. Donc voilà, je me dis qu'il y a le gala. Mais j'essaie de ne pas me dire qu'il n'y a que ça, parce que je sais que sinon, il peut y avoir un peu le « bon, bah, et maintenant ? »
- Speaker #0
Et lorsque tu prononces le prénom de Jean-Charles aujourd'hui, qu'est-ce que tu aimerais que les autres comprennent de l'homme qu'il était au-delà de la maladie ?
- Speaker #1
Alors, Jean-Charles, je dirais qu'il était tout sauf la maladie, parce que déjà pendant 15 mois, jusqu'à la rechute qui a été, elle, foudroyante. Il parlait très peu de sa maladie. Il a continué à bosser tout du long. Pendant ses séances de radiothérapie, il était, je crois, le premier tout le temps sur le planning. 7h45, il était à la pitié salpêtrière, radiothérapie. À 8h30, il repartait, il prenait le métro, il allait au bureau. Il a été d'une force de caractère absolument exceptionnelle. Quand on lui demandait de ses nouvelles, quand on lui disait comment ça va, il disait « Ah, c'est bon, allez, on n'en parle pas, ça va, on passe à autre chose. » Le déni, ça a été un de nos sujets parfois de désaccord, mais d'incompréhension parce que... Parce qu'on avait chacun notre manière de gérer la maladie. Et puis on avait chacun notre classe. Lui était le malade. Moi, je n'étais que la personne à côté. Mais donc, on ne vit pas les choses de la même manière. On n'a pas les mêmes peurs. On n'a pas les mêmes réflexes aussi psychiques de protection, etc. Donc, il a été tout sauf la maladie. J.C. c'était quelqu'un d'incroyablement positif, avec un humour à toute épreuve. Moi, je dis toujours que c'était ma personne préférée sur Terre. Et je lui disais souvent, je lui disais, il y a des moments où je ne supporte plus rien, je ne supporte plus personne, j'en ai trop marre, mais toi, je te supporte encore. Et je pouvais partir un week-end de copine et rentrer, il me disait alors, et je lui disais, ben, c'était moins bien parce que toi, tu n'étais pas là. Mais vraiment, c'est-à-dire que j'ai eu d'autres amoureux, etc. Et avant, et j'y sais... J'y sais, c'était le seul que je voulais épouser. J'ai jamais eu ce truc de petite fille, de je rêve de me marier, de faire des enfants. Moi, j'étais pas du tout comme ça. Et j'y sais, le jour où je me suis mariée avec lui, c'était vraiment le plus beau jour de ma vie jusqu'à la naissance de Madeleine. Et le soir, quand il rentrait à la maison et qu'on dîna tous les deux à table avant l'arrivée de Madeleine ou une fois Madeleine couchée et qu'ensuite, on regardait une série sur Netflix. Moi, j'étais à plusieurs mondes et vraiment, c'était ma prière. Et d'ailleurs, j'ai un gros sujet avec ma foi depuis. J'avais une prière, c'était s'il vous plaît, faites que Madeleine soit épargnée des grands malheurs de la vie. Faites qu'on ait juste ça. Moi, ça me va, ça. Mon mari, Madeleine, peut-être un ou deux autres enfants. C'est tout ce que je vous demande. Et j'y sais, c'était quelqu'un qui faisait l'unanimité. Il était adoré par tout le monde, partout où il allait. Moi, d'ailleurs, c'était une blague. Chaque fois qu'on allait quelque part en vacances, il croisait quelqu'un qu'il connaissait, j'en pouvais plus. Et même, on allait chez Castorama un dimanche, il croisait un partenaire de travail. Il connaissait tout le temps plein de monde, mais parce qu'il avait ce côté...
- Speaker #0
Solaire aussi, un peu.
- Speaker #1
Solaire, le mec un peu école de commerce, mais le bon gars d'école de commerce, sympa. avec toujours un mot sympa, avec toujours une petite blague, avec toujours quelqu'un de sportif, il aimait bien le dépassement de soi. Il avait des belles valeurs. Il n'était pas du tout parfait, il n'organisait pas ses surprises, il travaillait trop et j'avais des sujets de charge mentale, comme toutes les petites femmes dans les couples. Mais foncièrement, c'était quelqu'un de bon, de bien et de super drôle. Donc la vie avec lui, c'était... C'était un bonheur.
- Speaker #0
Et je rebondis juste sur une des choses que tu viens de dire. Est-ce que, du coup, tu as foi ? Est-ce que tu es OK de parler de ce sujet ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Je continue de faire la prière avec Madeleine tous les soirs. Je suis très partagée. Je suis très déçue, je suis très en colère. Le prêtre qui nous a accompagnés à la fin de la vie de JC et qui a célébré la messe d'intermins m'a quand même beaucoup aidée. J'ai cette image, je ne sais plus qui me l'a dite, mais ils imaginent que Dieu, c'est comme un papa pour tout le monde. Toi, tu voudrais épargner toutes les souffrances de ta fille. Tu voudrais que Madeleine ne souffre jamais et tu ne peux pas. Tu peux être là pour la réconforter, pour la consoler, pour l'aider, pour la rendre forte, pour lui donner des conseils. Mais tu ne peux pas empêcher ses chagrins d'amour futurs, tu ne peux pas empêcher qu'elle se fasse un bobo au genou, tu ne peux pas empêcher ses choix, tu ne peux pas empêcher les risques de risque. Cette métaphore qui est sans doute très naïve et très enfantine, c'est la seule qui m'aide un peu. En me disant effectivement, peut-être que Dieu, étonnamment, n'est pas tout puissant et qu'il ne peut pas empêcher beaucoup de choses, mais qu'il peut être là dans la... dans le fait de nous accompagner, dans la consolation, etc. Je m'accroche quand même à une chose, c'est de me dire que je retrouverai J.C. un jour. Ouais, ça, je m'y accroche.
- Speaker #0
Là, ça fait un petit peu plus d'un an que j'y sais, il est parti. Le deuil, le mot veuve, je sais que c'est un mot que tu n'aimes pas non plus. Est-ce qu'il y a des... Dans ton entourage, tu dirais qu'il y a des gens qui ne comprennent pas exactement où tu en es dans ton deuil ?
- Speaker #1
Je dirais plutôt... Carrément l'inverse Marion,
- Speaker #0
il y a quelques personnes qui comprennent. Il y a beaucoup de gens qui sont de bonne volonté,
- Speaker #1
qui sont gentils et qui viennent d'un bon endroit et c'est ça le principal. Il y a malheureusement aussi des gens qui n'ont pas la moindre idée de ce que c'est et qui comparent avec des choses qui ne sont pas comparables. Et en fait il y a quand même un truc, c'est qu'on se retrouve beaucoup entre... entre personnes qui ont vécu des drames. C'est-à-dire qu'on sait qu'on n'a pas vécu la même chose, mais du coup, on a cette empathie et ce respect des limites. C'est-à-dire qu'on sait qu'on n'a pas vécu les mêmes choses, mais on sait qu'on comprend quand même un peu ce que l'autre vit. Moi, je me souviens que deux ou trois mois après la mort de JC, on m'a posé la question de où j'en étais dans les étapes du deuil. Comme si j'étais en train de suivre un process en entreprise. Ça ne marche pas comme ça, en fait. Alors oui, les étapes du deuil, c'est important de les connaître. Je ne sais même pas lesquelles c'est. Il y a la colère. Je ne les connais même pas. Je ne vis pas juste un deuil. Le deuil du conjoint, alors ça, pour le coup, si on veut entrer dans des trucs de théorie, de bouquins, de machins, le deuil du conjoint, c'est considéré comme un des plus grands traumatismes parce que ce n'est pas... Le deuil précoce, ce n'est pas dans l'ordre des choses. Et ce n'est pas seulement une personne qui meurt. Moi, c'est toute ma vie. C'est tout ce que j'avais imaginé.
- Speaker #0
Tes projets.
- Speaker #1
Mes autres enfants, que je n'aurais pas. C'est tout ce qu'on avait imaginé avec JC. La maison qu'on avait achetée dans le Gard et dans laquelle je ne vais plus jamais mettre les pieds. C'est élever Madeleine ensemble. On avait un projet d'enfant ensemble. Je n'ai jamais eu le projet de devenir maman seule. Ce que comprennent très bien mes très bonnes amies, ma grande sœur, qui sont très importantes pour moi, c'est qu'un choc comme celui-là, une perte comme celle de JC, ça détruit tout, ça fout tout en l'air. C'est une explosion monumentale. Et ensuite, la survie, la reconstruction, je ne sais pas comment on peut appeler ça, ça dépend de chacun et il n'y a pas de mode d'emploi.
- Speaker #0
Il n'y a pas de mode d'emploi, bien sûr.
- Speaker #1
Et il y en a qui vont se noyer dans le boulot. Il y en a qui vont tout quitter, prendre leur enfant sous le bras, partir au bout du monde. Il y en a qui vont peut-être sombrer complètement. Il y en a qui vont se lancer dans le combat plutôt associatif. Et il y en a... Et en fait, il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Chacun fait comme il peut. Et c'est ce que j'avais répondu une fois sur Instagram en disant, en fait, les donneurs de leçons, ce que je t'ai dit un peu plus tôt, ils n'ont qu'à prendre notre place.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Moi, j'ai eu et j'ai ma manière de traverser cette épreuve et ça change toutes les semaines, ça change toutes les heures. Il y a des semaines où j'ai envie de sortir à fond, il y a des semaines où j'ai envie d'être au fond de mon lit et je me force à ne pas trop l'être. Il y a des semaines où je me dis « Allez, remets-toi au sport » . Il y a des semaines où je me dis « En fait, j'en ai marre d'avoir des injonctions tout le temps. J'en ai marre de m'obliger à faire du sport alors que je n'aime pas ça. » Je suis une contradiction permanente. Mais parce qu'aujourd'hui, à 35 ans, je dois réimaginer qui je vais être, quelle place je vais avoir dans le monde. Moi, ma place, je ne dis pas du tout ça dans le sens que je ne vivais que par agisser.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Ma place dans l'onde, c'était que je m'appelais Pauline Mouline, épouse crucisse. J'étais la femme de Jean-Charles, la maman de Madeleine, directrice dans un cabinet de conseil. Et cette définition-là, moi, m'allait et me rendait heureuse. Et j'avais l'impression d'être à ma place dans l'onde. Aujourd'hui, je suis censée être Pauline Mouline, veuve crucisse. Je vais être crevée en entendant ça. Je suis Pauline Crussy, je suis la maman de Madeleine. Mon mari est mort. Et qui je suis et quel est ma place dans l'homme ? Ça demande beaucoup d'inventivité, beaucoup de temps, beaucoup de patience aussi, parce qu'en fait, on a envie de répondre à des questions, on ne sait pas.
- Speaker #0
Je n'ai pas encore répondu. Je suis devenue blonde.
- Speaker #1
Oui, on va en parler de ça. Si tu rencontres des inconnus, comment est-ce que tu te présentes actuellement ?
- Speaker #0
Ah, ça. La question est une très bonne question parce que ce soir, je vais à une soirée de l'entreprise d'un copain de copain et j'ai dit au copain intermédiaire qui m'invite, attends, mais comment je me présente ? Franchement, c'est la galère. Donc, ça dépend. Parfois, j'assume complètement. Je viens du... l'anniversaire d'une de mes amies, Marie. C'était en janvier, je crois. Et je lui ai dit, Marie, je ne connais personne. Comment je fais, quoi ? Et elle m'avait dit, ouais, ça va être un peu chiant. Dès le moment où tu es dans l'ascenseur, tu te mets en condition. Et une fois que tu franchis la porte, je vais entendre toutes les 30 secondes, salut, je m'appelle Pauline, je connais Marie parce qu'elle a perdu sa meilleure amie de la même maladie que mon mari. Voilà, maintenant, on trinque et on passe à autre chose. Et en fait... il y a un moment ça arrive les gens ont super bien réagi ils ont été gentils il y en a un qui était complètement gaga, gueu gueu mais du coup ça m'a fait rire et je me suis un peu moquée de lui et on est passé à autre chose il y a des gens qui ont été beaucoup plus dans l'empathie qui ont été très enveloppants il y a des moments où j'ai pas envie parfois je sors avec mes copines et je leur dis dans ces cas là je m'appelle Jeanne on me donne un autre prénom pendant la soirée je m'appelle Jeanne Merci. mes copines elles changent de prénom aussi on s'invente des nouveaux jobs etc etc ça dépend, donc là ce soir je sais pas encore quelle stratégie je vais utiliser si ça se trouve je vais dire à tout le monde que je suis pilote de chaste et pourquoi pas j'adapte en fonction des moments et de comment je me sens et de si j'ai envie de si je me sens d'être confrontée à ma propre histoire ou s'il faut que je trouve un petit contournement Oui.
- Speaker #1
Dans un autre épisode de podcast, tu as parlé sans tabou que dans ton malheur, tu avais de la chance d'être aidée par un psychiatre, un psychologue et que tu avais pris des antidépresseurs. Je ne sais pas si tu en prends toujours. Est-ce que tu es OK de parler de ça aussi, de ces soutiens qui ne doivent pas être tabous justement, parce que c'est une vraie béquille dans un passage de vie ?
- Speaker #0
Bien sûr. Non, c'est hyper important au contraire. C'est marrant parce que ce truc de... des antidépresseurs. C'est vraiment... J'ai l'impression que les gens ont une sorte d'image où j'ai 15 pilules...
- Speaker #1
Un pilulier rempli.
- Speaker #0
Où je me bourre de trucs et t'imagines... Je sais pas, moi j'ai cette vision dans des films ou dans des trucs où la nana, elle se réveille complètement buée parce qu'elle a pris 14 somnifères et puis le matin, elle prend d'autres pilules pour se réveiller. Donc déjà, des antidépresseurs, ça n'existe pas. On en prend un. Un,
- Speaker #1
c'est ça.
- Speaker #0
on n'en prend qu'un, c'est un cachet c'est comme la pilule, on prend le soir et puis voilà, à l'heure fixe à peu près il y a des doses qui changent complètement j'ai vu Léa de l'appli 4 février qui travaille sur l'accompagnement autour du cancer elle a eu un cancer elle aussi qui est une anasupère et qui a mis une photo de sa plaquette d'antidépresseur avec le dosage je lui ai répondu petite joueuse un dosage minuscule, c'est homéopathique ton truc et je lui disais bravo t'es trop forte donc moi ça a été compliqué d'en prendre parce que je me disais parce que j'avais cette vision je vais être une loque je vais me retrouver addict à un truc je ne vais plus pouvoir jamais m'en passer c'est ma grande soeur qui m'a beaucoup aidée à passer le cas elle en a pris à un moment dans une période de vie difficile et elle m'a dit je ne prends plus rien Pauline Euh... Elle m'avait donné ces dosages, ces trucs pour me rassurer. Regarde combien je prenais. Parce qu'il y a antidépresseur et puis il y a anxiolytique. Anxiolytique. Xanax, etc. Moi, au début, je prenais beaucoup d'anxiolytique en plus de l'antidépresseur pour passer les angoisses. Moi, j'avais des angoisses où, si tu veux, je me réveillais le matin, il fallait que je pense à l'heure d'après. Comment j'arrive au petit-déjeuner ? Comment j'arrive au déjeuner ? Comment j'arrive à la sieste de Madeleine ? Comment je tiens jusqu'au bain ? Comment je tiens jusqu'au coucher de Madeleine ? Comment je passe la nuit ? Parce que la nuit, les images étaient épouvantables et me mentaient. Donc je prenais à ce moment-là, pendant quelques semaines, quelques mois après la mort de JC, j'ai pris, et avant, pendant la rechute et après, j'ai pris beaucoup d'anxiolithique. Et ma grande sœur me disait, si toi t'en prends pas, déjà qui en prend ? Dans quelle situation de vie on a besoin de renfort sur cet aspect-là psychiatrique ? sur les émotions, sur la stabilisation d'humeur, sur les angoisses. Si toi, à 34 ans, tu perds ton mari, ta petite-fille à 2 ans et demi, t'en prends pas. qui en a besoin. Déjà, ça, ça m'a un peu aidée. Et puis, elle m'a donné son exemple en me disant, moi, j'ai pris, etc. Ça m'a aidée à aller mieux. Aujourd'hui, je ne prends plus rien. Et elle m'a dit, je te jure, Pauline, qu'un jour, t'arrêteras. Aujourd'hui, je prends toujours mon antidépresseur. Je suis toujours à la même dose depuis quasiment un an. Je prends quasiment plus d'anxiolithique. J'en prends une fois de temps en temps. J'ai toujours une plaquette de Xanax sur moi en cas de prise d'angoisse, de bouffée. Ça m'arrive de temps en temps. Je suis très accompagnée par ma psychiatre, par ma psy de toujours, ma psychologue qui m'accompagne depuis très longtemps, et par un thérapeute spécialiste du trauma. Donc, il travaille avec une méthode assez spécifique qui s'appelle TLMR. C'est un peu comme le MDR, c'est avec le mouvement des yeux. Et moi, j'ai tout ça. J'ai tout cet attirail. Je suis allée voir aussi un ostéopathe magnétiseur à un moment qui m'avait fait beaucoup de bien. Ça dépend un peu des gens. Moi, l'acupuncture, ça marche très bien. En tout cas, moi, ça, je le dis, je le répète, je ne crois pas qu'on puisse traverser ce genre d'épreuve seul. Avant, on vivait en groupe, en collectivité. On avait l'église, l'église ou le culte. On avait quelque chose, on avait un soutien spirituel ou religieux. On avait des très grandes familles, on vivait beaucoup plus ensemble, etc. Aujourd'hui... on est, ça c'est pas moi qui le dit, on est dans des sociétés beaucoup plus individualistes, on est dans nos appart, on est tout seul, etc. On n'a plus tout ce support système qu'on avait avant. Donc, de croire qu'il faut être fort et se relever tout seul des preuves comme ça, c'est complètement hallucinant, en fait. En tout cas, sur le soutien psy, c'est hyper important. Moi, je tiens aussi à dire que c'est un problème aujourd'hui, parce que moi, j'ai cette culture-là. Je suis à Paris, donc il y a quand même beaucoup de spécialistes, même si, par exemple, pour les pédopsychiatres, c'est très très long pour l'attente. Ça reste un vrai sujet. Les psychologues, par exemple, qui sont... Moi, j'ai deux séances remboursées par an par ma mutuelle. Bon, quand c'est une séance par semaine, en fait, moi, j'ai la chance de pouvoir financer ça, que ce soit pour Madeleine ou pour moi. Et ça, je trouve que c'est un vrai manque. C'est qu'aujourd'hui, moi, j'y sais, il est mort. Du jour au lendemain, on est toutes seules. Il n'y a aucun suivi, il n'y a aucun accompagnement. de la part des structures médicales ou quoi que ce soit, si on ne demande pas, on n'est pas pris en charge. Que ce soit pour les petits-enfants, pour les mamans, les personnes en deuil, en deuil précoce, etc., c'est des situations d'extrême vulnérabilité pour lesquelles rien n'est prévu. Ça fait plusieurs années qu'on entend parler de santé mentale. Moi, je suis quand même sidérée de me dire que j'ai tout mis en place. toute seule, avec l'aide de copines médecins, etc. Avec l'aide de l'associé de JC qui connaissait une pédopsychiatre à Paris. Encore une fois, c'est hallucinant sur l'égalité de l'accès aux soins, sur le remboursement, parce qu'à part les psychiatres, les psychologues, les thérapeutes ne sont pas remboursés. Ça, c'est un vrai sujet, parce qu'on parle de santé mentale, mais pour ma fille ou pour moi, rien n'était prévu.
- Speaker #1
Tu consacres encore beaucoup d'énergie et tu as consacré beaucoup d'énergie à accompagner et à protéger JC jusqu'à la fin de sa vie. Comment est-ce que toi, tu apprends doucement à te protéger et à te consacrer du temps ?
- Speaker #0
J'ai des super copines et une super grande sœur qui ont pris et qui continuent de prendre beaucoup soin de moi. C'est ce que je te disais, mais grâce à elle, j'ai le droit de sortir, j'ai le droit de faire des dîners de copines, on a le droit de parler d'autres choses. J'ai le droit de dire, là, j'ai envie de danser. Ça me fait beaucoup de bien parfois avec une de mes amies, grâce de mettre de la musique. Elle me dit, on rage dance. Et là, on danse notre rage, quoi. Comme Christina et Mérédith dans Grey's Anatomy, pour celles qui ont un rage. J'ai des copines qui m'ont beaucoup emmenée courir au moment où je disais en fait là, il faut que je fasse du sport, il faut que je sorte ces trucs-là. Et on venait me chercher en bas de la maison et on m'emmenait courir et on ne me laissait pas le choix et on m'accompagnait, on me parlait pendant ce temps. J'ai des amis qui m'emmènent en week-end, en vacances. Mon amie Anna-Léna qui vit en Suisse qui m'a emmenée dans l'Est de la France. Elle avait tout réservé, elle avait tout organisé, je n'avais qu'à me pointer. J'ai été très, très, très aidée, très aimée, très accompagnée. Et ça, voilà, pareil, j'ai la chance d'avoir cette tribu que je me suis constituée. Tribu très féminine, à une ou deux exceptions près. Je pense à mon ami Jean, mon ami Jean qui, lui, a passé... tous ces lundis pendant je pense six mois au moins à la maison pour m'aider dans toute la paperasse administrative de la succession. C'est quand même hyper chiant. C'était hyper dur parce que c'était des moments où j'étais très mal. Donc il a eu beaucoup à me gérer en étant très malheureuse, dépassée, angoissée, en colère face aux organismes qui sont absolument épouvantables quant à gérer ces trucs-là. Et il était là, au rendez-vous. tous les lundis, fidèles, sans que j'aie à demander, sans que j'aie à redemander systématiquement qu'on m'aide, les gens ont été là. Elles ont aussi, toutes ces copines et ce copain, été très compréhensifs parce que il y en a certains, j'ai pas répondu à deux WhatsApp, c'était terminé. Mais on n'imagine pas ce que c'est quand je reçois parfois 15 WhatsApp dans la même journée et que déjà de m'être douchée, d'avoir géré Madeleine, de... M'être occupée d'elle, c'était plus que ce que j'étais capable de donner. Donc, il y a des gens, à l'inverse, de WhatsApp, ils disent « c'est bon, j'ai fait ma part » .
- Speaker #1
Les meilleurs restent.
- Speaker #0
Mais les meilleurs restent et j'ai vraiment que des numéros 10 dans ma team.
- Speaker #1
C'est top. Là, tu as mis du blond dans tes cheveux, je crois du rose dans ta nouvelle chambre, si on peut dire ça. Est-ce que ça t'aide à très approprier ton corps, ta féminité, qui tu es ?
- Speaker #0
Il faut savoir que quand JC est mort, je pesais à peine 40 kilos. Je n'ai jamais été un gros gabarit, mais là, j'étais vraiment squelettique. Quand on est parti dans la foulée avec ma grande sœur, elle a pris quelques vêtements de ma nièce qui avait 12 ans à ce moment-là. Et je portais le maillot de peintre de ma nièce, le short en jean de ma nièce. J'ai repris 7-8 kilos depuis. J'ai repris forme humaine. Le blond, le rose et tout ça, et aussi quelques changements dans mes vêtements. Oui, ça m'aide. Ça peut paraître très superficiel, mais déjà, c'est s'autoriser à nouveau un peu de légèreté. C'est s'autoriser à être d'autres versions de soi-même. Se dire, je ne sais plus qui je suis. J'ai toujours été brune, pourquoi je ne serais pas blonde ? La chambre, c'était là où je suis, c'était la chambre d'amis, bureau d'appoint, c'était cette pièce qu'on n'avait jamais vraiment amenée. C'est là aussi où Jissé a été hospitalisé à domicile, alors que nous, on avait une très jolie chambre tous les deux. Et bien là, j'ai mis des draps en lin rose, j'ai mis une sorte de grand panneau en tissu avec des palmiers. qui fait un peu exotique, qui donne l'impression de voyager. J'ai une petite boîte toute rose, des lampes roses, etc. Oui, il faut imaginer maintenant que Madeleine et moi, on vit toutes les deux. Maintenant, on est deux filles. Il y a beaucoup de filles autour de nous aussi. Il a fallu que je nous rachète des valises. Pareil, je m'étais dit, on est deux filles maintenant, donc je vais nous acheter des valises roses. C'est des tentatives de... À la fois d'être un peu dans la vie et dans ce que la vie a de léger, de doux, de superficiel parfois. Quelle personnalité je veux avoir ? Qu'est-ce qui est important pour moi dans la vie ? C'est un exercice aussi que je fais avec mon psy. Qu'est-ce qui me donne du plaisir ? Qu'est-ce qui me donne de l'intérêt ? Qu'est-ce qui me donne de la satisfaction ? Qu'est-ce qui me donne de l'énergie ? Et ce qui est dingue, et ça je ne sais pas si c'est le cas pour d'autres gens, mais qui ont vécu des deuils comme le mien ou des deuils un peu traumatiques, il y a plein de trucs. qui me plaisaient avant, qui ne me plaisent plus, et un peu l'inverse. Par exemple, je pense que j'ai beaucoup plus besoin d'être active, j'ai beaucoup plus besoin de remplir. La lecture, en revanche, je m'y suis remise. Ça m'a beaucoup aidée. J'ai beaucoup besoin de mes copines, j'en ai toujours eu besoin, mais là, c'est différent. Je ne peux plus être avec des couples en ce moment. Je ne peux plus. Je ne peux pas aller à un dîner avec trois couples. Et moi, c'est au-dessus de mes forces. Par exemple, j'ai fait ma première semaine de vacances en montagne. J'ai adoré, alors que pour moi, ça a toujours été la plage. C'est des petites choses, mais en fait, ça bouge.
- Speaker #1
Ça bouge doucement, mais ça bouge.
- Speaker #0
Il y a tout qui bouge. Il y a tout qui est à réinventer. Il y a des bouts de moi. Je ne sais pas comment dire, c'est comme si je suis toujours moi. Je suis celle que j'ai été, mais je suis aussi une autre personne. qui est une personne sans son mari chéri vivant, avec un mari chéri mort. Et cette personne-là, il faut l'inventer.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a des parts de toi que tu as oubliées pendant la période de la maladie et que tu redécouvres maintenant ?
- Speaker #0
Pendant la période de la maladie de JC, j'ai beaucoup plus été concentrée sur lui, sur ses cercles aussi, sur ses amis. J'ai organisé beaucoup de dîners avec ses amis. Mais il ne me demandait pas, c'est moi qui faisais ça. Oui, bien sûr,
- Speaker #1
c'est toi qui voulais.
- Speaker #0
inconsciemment aussi, je pense. Et puis, ça prenait un temps fou quand même, les rendez-vous, les médecins, etc. Je bossais, lui aussi, on travaillait beaucoup. Moi, je viens de quitter mon job. Je l'ai annoncé il y a dix jours. Je pense que ce que je retrouve, c'est moi, moi. Donc, moi avec mes copines, Pauline. Je dirais, enfin, comment dire ? J'y trouve rien de positif. Je ne suis pas... Il n'y a pas le truc de, bon, elle se retrouve elle-même, machin. Non, c'est pourri, ça. J'étais bien plus contente, et mes copines le savent, et elles entendront ça sans être vexées. J'étais bien plus contente quand je les voyais moins et que j'avais mon mari. Et je n'avais pas besoin de les voir autant parce que, comme je te le disais tout à l'heure, j'y sais, c'était ma personne préférée sur Terre.
- Speaker #1
Préférée sur Terre, oui.
- Speaker #0
Et il me suffisait entièrement. Et j'étais très casanière parce qu'en fait, mon bonheur, c'était d'être à la maison avec lui.
- Speaker #1
Avec lui.
- Speaker #0
Donc là, il faut trouver d'autres choses. Mais ça ne remplace pas. C'est pour ça, encore une fois, que j'insiste sur ce truc de... Je ne sais pas comment expliquer, c'est très dur, mais j'ai l'impression qu'il y a deux mois qui coexistent. La mois d'avant et tout ce qu'elle a vécu, avec à quel point j'ai eu la chance d'être aimée par quelqu'un d'exceptionnel. Et je pense qu'il m'a donné de l'amour en neuf ans qui va me faire tenir toute une vie. Et j'ai eu une chance inouïe pour ça. Et en même temps, le manque viscéral de sa présence dans ma vie. Et puis, la personne qui, de toute façon, n'a pas le choix. J'ai une petite fille à élever. Je n'ai pas le choix. Je dois en faire quelque chose. Et je me suis promis un truc. C'est que Madeleine, elle n'allait pas grandir avec un papa mort et avec une maman au fond du lit. Donc, il faut qu'elle ait une maman vivante et une maman pas que survivante. Une maman dans la vie. Une maman qui lui montre qu'on peut créer de la joie, on peut créer des beaux moments, même si le manque et la tristesse seront toujours là, mais il faut au moins qu'elle ait ça.
- Speaker #1
Et qu'est-ce que tu aimerais lui transmettre à Madeleine en tant que femme ?
- Speaker #0
Moi, j'étais trop contente d'avoir une petite fille.
- Speaker #1
J'ai dit,
- Speaker #0
il aurait bien voulu avoir un garçon, mais parce qu'il disait qu'il connaissait mieux les garçons, il aurait trouvé ça... C'était le côté... Moi, c'était exactement pareil dans l'autre sens. Moi, je voulais absolument une petite fille parce que je me disais, je sais comment faire. Et puis aussi, je ne sais pas, je rêvais d'une petite fille. Et on a gardé la surprise, nous. Et quand Madeleine, quand le bébé est sorti, on m'a posé le bébé sur moi. Puis au bout, je ne sais pas, de deux ou trois minutes, Jissé a dit, mais au fait, c'est quoi ? Et le gynéco lui a répondu, ben regardez, monsieur. Et donc, il a regardé. Et c'est lui qui m'a dit « c'est une petite fille » . Et ça, je m'en souviens comme si c'était hier. Et je me souviens de mon émotion d'avoir pleuré en me disant « oh, c'est une petite fille, c'est ma petite fille, c'est notre petite fille » . Et on savait qu'on allait l'appeler Madeleine. Pour le prénom du garçon, je n'étais pas encore sûre. Sur le trajet, je disais « attends, attends, attends, en fait, je ne suis pas sûre, tu ne décides pas tout seul » . Donc, comme quoi, il fallait vraiment « c'est une petite fille » . Et qu'est-ce que je veux lui transmettre ? C'est dur de répondre à cette question. Je crois qu'un des trucs que je veux lui transmettre, c'est qu'il faut toujours se battre. La vie, je ne vais pas lui faire croire à des contes de fées, puis de toute façon, il ne croira pas. Elle a quand même vécu la mort de son papa à deux ans et demi. J.C. disait souvent ça, il disait la vie est dure, c'est pour ça qu'on a besoin d'être deux. Parce que tout seul, c'est quand même hyper compliqué. Et lui dire qu'il faut toujours se battre, qu'il faut choisir les personnes qui font partie de notre... tribus, de nos béquilles, qu'on a le droit de les choisir, que ce n'est pas forcément celles qui nous sont données, etc. Et que quoi qu'il arrive dans la vie, on a le droit d'aller chercher un peu de bonheur. Surtout elle, son papa il l'a aimée. Ce que je veux lui faire comprendre, c'est que son papa il l'a aimée avant qu'elle naisse, avant qu'elle soit là, avant qu'elle soit conçue. Et si je suis convaincue d'une chose, c'est que qu'on croit ou pas en Dieu, à une vie après la mort ou pas, moi je suis quand même convaincue que son amour continue d'infuser. Que c'est un amour tellement fort, que même s'il n'est plus là physiquement, son amour continue d'infuser. et que la seule chose qu'il voulait, sa seule inquiétude, c'était pour Madeleine et moi. Sa seule peur, c'était nous deux. La seule chose qu'il voudrait, c'est qu'elle soit heureuse et que quoi qu'il arrive dans sa vie, elle mérite ça. Elle mérite d'aller chercher du bonheur partout où il y en a parce qu'il n'y a pas le bonheur. Il n'y a pas une vie heureuse. Ça n'existe pas. Mais il y a des petits bouts de bonheur. Il y a des petits morceaux à aller chercher partout. Et plus on en collecte, plus ça aide quand même, je pense. Avec un voyage, avec une copine, avec un sport qu'on aime bien, avec une activité artistique qu'on aime bien. Je ne sais pas ce qui lui plaira dans la vie, peu importe, mais il faut aller créer son puzzle de plein de morceaux de bonheur pour gérer tout le reste.
- Speaker #1
Comment est-ce que tu reconnais aujourd'hui les petits moments ? Tu as parlé que tu avais plusieurs rythmes, que tu étais même presque deux personnes que tu cherchais. Mais comment est-ce que tu reconnais que tu es à ton juste rythme parfois ?
- Speaker #0
Il y a des jours où je suis hyper occupée, où je fais mille trucs dans la journée, etc. Et puis le lendemain, je suis vidée, je scrolle sur Instagram, je m'endors, je somnole, je m'occupe un tout petit peu de Madeleine le matin ou le soir, etc. Je grignote comme une souris dans la cuisine, un poudrin biscuit par-ci, un yogourt par-là, et voilà. Et en fait... Que ce soit l'un ou l'autre, là où je vois que je suis à mon juste rythme, c'est quand quand même je me sens bien avec moi-même. Il y a eu des moments ces 15 derniers mois où j'ai vraiment touché le fond, où j'ai eu des pensées très sombres, où j'étais dans des états de désespoir très importants. Aujourd'hui, j'en ai quasiment plus. Et ça, déjà, je me dis que c'est énorme. Aujourd'hui, j'écoute un peu plus aussi. Quand je n'arrive pas, je n'arrive pas. Et j'arrive un peu plus à me dire « Attends, JC est mort. » Donc, en fait, si la personne en face se vexe parce que je ne sais pas quoi, parce que j'annule ou parce que truc, je ne peux pas. En fait, je ne peux pas me forcer tout le temps. Je ne peux pas. Je sais aussi, aujourd'hui, je suis consciente que je suis limitée dans certains trucs. Je ne suis pas forte, beaucoup de gens me disent ça. Je ne suis pas superwoman, je suis humaine, je suis très fatiguée. Je suis toujours en choc post-traumatique avec beaucoup de symptômes, avec beaucoup de symptômes de dépression qu'on appelle dépression réactionnelle, de post-trauma. J'ai toujours des mauvaises nuits, j'ai toujours des moments où c'est dur, j'ai toujours des moments où je suis triste. Et là où je suis à mon juste rythme, c'est quand je m'écoute et quand j'essaie de composer avec tout ça et quand même un tout petit peu de continuer à avancer. Et il y a une amie qui, quand j'ai fait mon urticaire géant à la rentrée, que j'étais défigurée aux urgences, etc. Elle m'a dit « bon, il y a quand même une petite dimension stress, non ? » Je lui ai bougé un petit peu sans doute. Elle m'a dit « mais il marche ton antidépresseur ? » Et je me suis marrée, je lui ai dit « bah, écoute ! » Je ne me suis pas suicidée, je suis toujours là. Oui, il marche. En fait, je reviens de très loin. Je reviens de très loin. Les personnes intelligentes et empathiques, et qui même, elles le savent, et elles comprennent que mon rythme, il est bordélique. Qu'un jour, je suis à fond, parce que je suis capable d'être à fond. Et que parfois, je ne suis pas à fond. Que je suis une loque, que c'est dur. Et que juste de passer la journée, c'est déjà un accomplissement.
- Speaker #1
Un accomplissement, oui. Je sais que l'humour, c'était super présent dans votre relation avec JC et je voulais juste te partager que t'en as beaucoup aussi.
- Speaker #0
Il était beaucoup plus drôle. Il était très, très drôle.
- Speaker #1
Pour terminer notre épisode, on va faire un portrait chinois léger, comme je sais que du coup, ça te fait du bien aussi. L'odeur de ton enfance.
- Speaker #0
Le Nutella.
- Speaker #1
Un objet qui te reconnecte à ta féminité ?
- Speaker #0
Le rouge à lèvres.
- Speaker #1
J'ai répondu à la question. Rouge à lèvres rouge.
- Speaker #0
J'ai l'impression que je peux avoir mauvaise mine, je peux avoir pas dormi, machin. Rouge à lèvres rouge, bam, ça met de la couleur, on voit plus que ça.
- Speaker #1
Une musique qui te redonne de l'énergie ?
- Speaker #0
Perra. Comment s'appelle ? Perra de Rigoberta Bandini. Ça, c'est mon ami Grasse qui me l'a fait découvrir. C'est notre Rage Dance. Quand on est dans un bar, toutes les deux, on la met à fond. Et parfois aussi, à la maison, quand je suis toute seule, je la mets à fond. Je ferme les rideaux pour que mes voisins ne me prennent pas pour une folle. Et je danse dessus et ça me fait un bien.
- Speaker #1
Un bien fou. Un plat ou une saveur qui te réconforte ?
- Speaker #0
Les pâtes, toujours les pâtes. Et j'y sais, quand ils savaient que j'avais un coup de mou, ils me disaient, on va te faire un bon gros plat de pâtes, maman, mou, et c'est la vie.
- Speaker #1
Un endroit où tu te sens pleinement toi-même ?
- Speaker #0
Dans beaucoup d'endroits, pas à Paris. À l'étranger. J'ai beaucoup vécu à l'étranger et je me retrouve quand je suis en voyage. À l'île Maurice, à Londres, en Italie, dans les endroits où j'ai vécu à d'autres moments.
- Speaker #1
Et enfin, une couleur qui raconte la Pauline d'aujourd'hui ?
- Speaker #0
Je vais en dire deux. On va dire le rose et le blond.
- Speaker #1
On finit là-dessus. Merci beaucoup, Pauline. Merci à toi, Marion. Voilà, tu es une femme inspirante, émouvante et très touchante.
- Speaker #0
Merci Marion, merci beaucoup de ton écoute et toutes tes questions et ta gentillesse.
- Speaker #1
Merci d'avoir partagé ce moment avec nous dans le juste rythme. J'espère que cet épisode vous a offert un souffle, un sourire ou une idée à glisser dans votre quotidien pour avancer un peu plus à votre rythme. Si cet échange vous a plu, parlez-en autour de vous et abonnez-vous à votre plateforme préférée. Laissez un commentaire, c'est ce qui permet au podcast de rayonner. Pour découvrir d'autres épisodes ou me contacter, rendez-vous sur le juste rythme. Et si une femme inspirante vous vient à l'esprit, écrivez-moi, elle pourrait être ma prochaine invitée. A très bientôt, et d'ici là, prenez soin de votre cœur, de votre corps et de votre tête.