- Speaker #0
Bienvenue dans Le Juste Rythme, le podcast qui explore le cœur, le corps et la tête. Je suis Marion Béchade, une femme, une mère, une entrepreneuse passionnée mais souvent débordée, en quête chaque jour d'un peu plus de sérénité. Un podcast pour se déculpabiliser et peut-être se donner une nouvelle impulsion. Cet épisode du podcast Le Juste Rythme est soutenu par l'Auberge Basque, un hôtel-restaurant, relais et châteaux. Un lieu unique au cœur du Pays Basque qui invite...
- Speaker #1
ralentir, à se reconnecter à ses cinq sens et à prendre un temps pour soi, l'endroit parfait pour retrouver son juste rythme. Hello Charlotte,
- Speaker #0
bienvenue dans Le Juste Rythme. Avant que nous commencions notre épisode, je voulais te demander dans quelle énergie est-ce que tu es ce matin ?
- Speaker #1
J'étais au départ dans une énergie plutôt basse, mais de voir ton grand sourire, ça me remotive dans ma journée.
- Speaker #0
Bon, super. Alors,
- Speaker #1
je vais continuer de sourire. Si tu devais me décrire ton rythme actuel, ta vie, là, tu es en plein lancement de ton livre, comment est-ce que tu décrirais ton rythme en quelques mots ? J'ai un rythme extrêmement chargé. Vraiment, j'ai peu de temps pour moi. D'ailleurs, je suis même obligée de me faire des to-do list où j'écris tant pour moi. Et ensuite, je dois mettre OK si j'ai vraiment pris ce temps pour moi qui peut être… aller boire un café au soleil ou faire une petite sieste ou même bouffiner un petit peu. Et j'ai besoin de prévoir ça. Donc, j'avoue qu'en ce moment, l'emploi du temps est très chargé. Oui. Quand on lance un livre, tu fais de la télé, de la radio, des podcasts et plein d'autres choses. Du coup, oui, c'est très chargé. Oui, c'est très chargé dans le sens où, effectivement, il y a des interviews. D'ailleurs, hier matin, j'avais une interview pour la presse quotidienne régionale. J'enchaîne. pas mal aussi les communications sur les réseaux sociaux parce que il faut évidemment continuer à soutenir le message que je veux faire passer et faire aussi connaître le livre parce que le message que je veux faire passer est dans le livre donc c'est un espèce de cercle vertueux mais qui m'emmène sur toujours plus de communication autour de ces messages-là.
- Speaker #0
Si tu pouvais te présenter en quelques mots à des inconnus, qu'est-ce que tu nous partagerais ?
- Speaker #1
Bonjour, je m'appelle Charlotte, je suis une ancienne journaliste, mais je suis aussi une ancienne accro au shopping. J'ai été accro au shopping pendant 20 ans sans vraiment le réaliser et j'ai eu un déclic en janvier 2025. Et ça fait quasiment un an et demi que je travaille sur le sujet pour me libérer de cette addiction. Et j'ai mis les sous de côté. Tu vas nous partager tout ça, j'ai hâte. À quel moment est-ce que tu as commencé à questionner ton rapport au shopping, justement ? Quand mon fils a été malade, entre fin 2024 et début 2025, et là, en fait, j'ai eu un énorme choc émotionnel, donc qui a vraiment participé à ce déclic. Mais plus j'y réfléchis et plus je me dis, je savais que j'étais à pro-shopping, j'avais des comportements qui étaient très étranges, mais... Dès que la petite pensée venait dans mon esprit, je la laissais de côté et je me disais de toute façon, quoi qu'il arrive, j'ai besoin de cette béquille qui est le shopping pour avancer dans la vie. Donc, j'ai eu plusieurs petits déclics, mais un vrai gros déclic en janvier dernier. Et qu'est-ce que le shopping, tu penses que ça venait chercher chez toi à l'époque quand tu parles de béquilles, justement, qu'est-ce que ça venait compenser ? Ça venait qu'on pensait une image de moi qui était très mauvaise depuis que je suis toute petite. J'ai réalisé que j'avais eu un, comment te dire, une espèce de point de comparaison qui s'est créé à l'école primaire pour moi, parce que j'ai changé d'école, j'étais dans des quartiers populaires de Marseille, ça se passait tout à l'heure. Mon père a décidé de me changer d'école pour me rapprocher de son travail. C'était plus pratique pour lui. Je me suis retrouvée dans les quartiers sud. Et là, je me suis rendue compte que tout le monde avait plein de choses que je n'avais pas, que je n'avais pas réalisées, que je ne les avais pas avant ça. Donc, je me suis confrontée un peu à la réalité des classes sociales pour la première fois. Et en même temps, il y a quelque chose qui s'est passé, c'est que j'ai perdu ma maman. Et tout ça mélangé, ça a fait que j'ai eu une image de moi-même qui a été... comment te dire, très fragilisée. Très fragilisée à ce moment. Et en fait, cette image, je ne l'ai jamais récupérée. J'ai toujours été en lutte pour faire comme les autres, pour être comme les autres en me disant, mais j'ai le droit parce qu'après, j'ai perdu mon papa à 18 ans. Donc, je continue à être dans cette dynamique. Je peux être comme les autres. Moi aussi, je peux avoir de l'argent. Je peux avoir du succès. Il n'y a pas de raison. Ce n'est pas parce que j'ai vécu ça que je ne vais pas y arriver. Mais pour moi, y arriver, c'était par être riche. Mais pas forcément être.
- Speaker #0
Oui, pas être. Oui, c'est ça. Dans quel moment de ta vie au quotidien,
- Speaker #1
l'envie d'acheter, elle était la plus forte ? Elle était forte tout le temps, en fait. Je me suis rendue compte récemment qu'il y a les mauvais moments, les moments où tu es fatiguée, où tu es stressée, où tu es déprimée. Donc, ces moments-là, forcément, ils sont là pour aller chercher le shopping. Mais il y a aussi les moments où on s'ennuie. Moi, surtout ces dernières années, on s'ennuie, on prend son téléphone. Donc, je m'ennuyais, je prenais mon téléphone. Et là, j'occupais mon esprit en faisant du shopping. Il y a aussi les moments où on se sent bien, on veut se récompenser. Et ça, ça m'est arrivé aussi. Super nouvelle au boulot, j'ai une promotion. Ou alors, j'ai décroché, j'étais journaliste, j'ai décroché cet article dans ce magazine fabuleux. Je vais me récompenser, je vais m'acheter une paire de chaussures. En fait, tout était prétexte. C'est surtout ça, en fait. Ce n'est pas que les mauvais moments, ce n'est pas que la fragilité, c'est aussi... Même quand l'estime de soi est à fond, on a envie de la rebooster encore plus. Encore plus.
- Speaker #0
Et justement, là, tu parlais de ton travail. Donc, tu as travaillé ou tu travailles dans la mode. Est-ce que tu peux juste nous expliquer un petit peu ce que tu fais ?
- Speaker #1
Est-ce que tu veux que je te parle aussi de ce que je faisais avant ? Je vais passer un petit peu...
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
En fait, j'ai toujours travaillé dans la beauté et la mode. Et ça a vraiment été quelque chose qui me passionne depuis que je suis toute petite. J'ai été de cette génération biberonnée à jeune et jolie et 20 ans. C'est des magazines qu'on lisait dans les années 90. Oui,
- Speaker #0
oui. Tu n'hésites pas.
- Speaker #1
J'ai été fascinée par les pages beauté, par les pages mode. Et quand je suis entrée en école de journalisme, je ne savais pas que c'était mon objectif. Mais en fait, ça a fini par le devenir et j'ai intégré une rédaction. en beauté. J'étais journaliste de beauté. Ensuite, j'ai été journaliste mode, mais surtout photographe street style. Ce sont des gens qui photographient les gens qui sont bien habillés dans la rue. Et ça, c'était dans les années, je crois, je ne pourrais pas me tromper, dans les années 2010, il me semble. Puis, j'ai créé un blog mode. Donc, en fait, j'ai toujours baigné dans la mode depuis le début de ma carrière. Aujourd'hui, je n'ai pas quitté le secteur de la mode. Je travaillais pour une entreprise familiale qui est située à Marseille. et je suis social media stratégiste, c'est-à-dire que j'élabore la stratégie des réseaux sociaux et je crée du contenu pour les réseaux sociaux de cette manière.
- Speaker #0
C'est bien, super. Donc oui, tu as eu un passé où c'est vrai que photographier des looks, forcément, ça donne aussi envie d'acheter des choses.
- Speaker #1
Tu photographies, tu arrêtes des gens dans la rue, tu photographies leurs looks, c'est forcément que les nanas, elles sont sûres d'elles, elles ont du chien et elles ont des vêtements qu'elles portent très bien. Et c'est vrai qu'on a envie de s'identifier à ces personnes-là. Dans mon cas, et je pense dans le cas de pas mal de personnes qui me suivent sur les réseaux sociaux ou qui suivent cette aventure de l'addiction au shopping, ou plutôt de la libération de l'addiction au shopping, il y a ce point de comparaison aussi. Oui, quand tu mets une belle tenue, effectivement, tu peux te sentir plus forte. Il y a de ça aussi.
- Speaker #0
Il y a ça,
- Speaker #1
et puis si tu vois quelqu'un qui porte une tenue et qu'elle la porte très bien, tu vas te comparer en disant « mais moi aussi, je voudrais me sentir aussi bien » . Peut-être qu'il suffit juste d'acheter la même tenue. se sentir aussi bien qu'elle, et en fait pas du tout.
- Speaker #0
Pas du tout.
- Speaker #1
Comment est-ce que ça se manifeste, une spirale d'achat compulsif ? Chez moi, parce qu'on est tous très différents sur l'achat compulsif, et ça je m'en suis rendue compte en discutant avec tous les abonnés de mon compte Insta. Il y a quand même un mécanisme général, mais je vais décrire le mien, et puis je pense que certaines personnes pourront se reconnaître, tu as une espèce d'obsession ou d'attente de quelque chose. Je vais prendre l'exemple d'une parka que j'avais vue sur une fille, justement la fille qui, pour moi, correspondait à tous les critères de réussite, de beauté, de style. Je vois cette parka sur elle, donc je commence à être obsédante, en me disant « je vais la regarder » , je commence à regarder, à scroller. Je la trouve, elle est trop chère, donc je vais la chercher ailleurs pour voir si je ne peux pas avoir une promo. Je trouve une promo, puis je réfléchis, je fais mes comptes, est-ce que je peux me lâcher ? Et en fait, la pensée devient obsessionnelle. Là, j'étais dans une démarche. d'arrêter le shopping, donc je ne suis pas allée jusqu'au bout de l'achat. Mais si l'achat avait dû avoir lieu, je l'aurais commandé. Là, j'aurais commencé à sentir les gouttes en me disant « mais je n'ai pas 500 euros à mettre dans cette parka » . Je la reçois, je la cache parce que j'ai honte. Je finis par la sortir peut-être 20 jours après et dire à mon copain « tu ne l'avais pas vue ? Non, mais alors, je l'ai eue en solde, mais à un prix incroyable. » Ou alors dire « ah non, mais on me l'a donnée, je l'ai reçue en tant que blogueuse » , enfin mentir, voilà. Et puis finalement, peut-être même jamais la porter parce qu'en fait, elle ne correspond pas à mon style. Elle correspondait au style de la personne que j'admirais, mais pas au mien. Donc, tu passes par l'obsession, la mise en danger financière, la dopamine aussi, l'excitation d'abord. fait un acte d'achat et puis après une phase de culpabilité de 11, là je te raconte de façon drôle, mais qui peut être vraiment très très très pesante.
- Speaker #0
Touloureuse, oui, complètement. Absolument. Comment est-ce que l'achat, tu dirais que ça vient donner l'impression de résoudre quelque chose sur le moment, pas après du coup, mais sur le moment, qu'est-ce que ça vient résoudre ?
- Speaker #1
C'est un acte très facile. Tu sors ton téléphone, tu sors ta carte bleue et tu peux t'acheter une nouvelle vie quasiment. Tu peux t'acheter une nouvelle identité. Tu peux t'acheter du bien-être aussi, parce que je parle beaucoup des nettements, mais tu peux très bien aller dans une parquerie et te faire conseiller, t'acheter pour 400 euros de skincare en te disant « Non mais attends, là, c'est vrai que ça a pendouillé un peu, il y avait des rides, mais alors à partir de demain, c'est terminé, je prends soin de moi. » Donc ça résout tout en fait. C'est ça qui est... Et la société dans laquelle on vit est faite pour ça. C'est-à-dire que tu as... un besoin, quel qu'il soit, il peut être résolu par un achat, quel que soit le domaine de la vie. Tu sais, je suis tombée sur une publicité très récemment pour un nouvel aspirateur, tu sais, automatique, là, sur les sols, tu programmes. Et là, je me suis dit, pour le coup, ça répond à un besoin parce que justement, je venais de passer l'aspirateur et j'en avais jusque-là. Je me disais,
- Speaker #0
c'est génial.
- Speaker #1
Et ça correspondait au besoin. Je suis fatiguée de faire le ménage chez moi. et j'aurais envie d'aide. Et là, comme par hasard, l'aspirateur se met sur mon téléphone et je me dis, ah ouais, par contre, 800 euros. Donc, heureusement, il propose des 4 à 10 fois sans frais. Donc, en fait, c'est ça. C'est que le shopping, aujourd'hui, dans la société dans laquelle on vit, dans les pays occidentaux, évidemment, ça répond à tous tes besoins. Enfin, ça semble répondre à tous tes besoins parce que tes besoins qui sont à l'intérieur, par contre, ne sont pas du tout comme le...
- Speaker #0
Oui, c'est ça. C'est vraiment des besoins... qu'on estime superficielle, mais ça ne vient pas résoudre l'estime de soi. Tu travailles bien pour le coup. Là, tu viens de me parler, ta newsletter s'appelle 4 fois sans frais et je rebondis sur ce que tu viens de dire avant sur l'aspirateur qu'on peut acheter justement plusieurs fois. Qu'est-ce que tous les Alma, les Klarna, les 4 fois sans frais sur Paypal, tous ces trucs-là que j'utilise aussi, donc je ne vais vraiment pas cracher dessus.
- Speaker #1
qu'est-ce que ça vient aussi amplifier dans la diction shopping c'est une grande liberté c'est une grande liberté financière qui t'est offerte c'est-à-dire que que tu sois femme de sac que tu as envie d'un besoin d'un aspirateur que tu veuilles changer ton canapé que tu veuilles te prendre un voyage avant l'apparition de ces paiements fractionnés ça t'était impossible aujourd'hui c'est possible et franchement c'est fabuleux c'est fabuleux de se dire je voulais partir en Guadeloupe, aller voir mes enfants parce qu'ils habitent loin, je peux me le payer en plusieurs fois. Et ça, il n'y a pas de problème, en fait. Le problème, c'est la répétition. En fait, c'est comme dans tous les comportements humains, c'est quand tu répètes trop quelque chose et que ça finit par te mettre en danger que ça devient problématique. Quand tu achètes un sac d'ultra luxe, peut-être que je ne sais pas exactement les prix, mais on va dire, on va prendre un sac à 3 000 euros d'une marque très, très connue. Si je fais un effort... un gros effort budgétaire et je me dis je me le paye en 10 fois sans frais, je peux aujourd'hui le faire. Est-ce que par contre il va correspondre à mon quotidien et à ce que je suis ? Pas du tout. Est-ce qu'il m'aura mis dans la mouise pendant 10 mois ? Oui, complètement. Donc c'est bien quand c'est épisodique, quand c'est ponctuel, par contre quand c'est répété pour des choses dont on n'a pas besoin, ça nous met en danger financièrement et finalement ça nous plombe beaucoup plus que ça nous aide.
- Speaker #0
Tu dis que ça nous met en danger. Si on compare avec d'autres addictions, la drogue, l'alcool, les jeux, etc., on pourrait se dire que le shopping ne nous met pas en danger notre santé, mais au final, ça met quand même en danger notre santé mentale.
- Speaker #1
Il y a des addictions avec substances qu'on connaît, donc la drogue, l'alcool, etc. Les addictions sans substances dont tu as parlé, c'est le jeu. Effectivement, le shopping... De prime abord, ça ne nous met pas en danger physique. Évidemment, ça n'a rien à voir avec se droguer. En revanche, ça met, et là tu as raison de le dire, ça met en danger notre santé mentale, mais pas que. Ça met aussi en danger nos relations sociales et notre budget. Et en fait, quand tu commences à tirer les fumes de ces mises en danger-là, qui sont prises les unes avec les autres, ça peut commencer à faire beaucoup. La première, l'émotionnel, ça peut vraiment devenir une obsession, c'est-à-dire que tu vas faire du shopping, que ce soit sur ton téléphone ou ailleurs, et penser au shopping tout le temps au lieu de faire autre chose de ta vie, et donc rentrer dans un espèce de cercle mental qui ne va plus rien t'apporter, qui va te... couper de tes proches. Le mensonge, la culpabilité et les problèmes financiers peuvent aussi te couper de tes proches. Ça peut créer des grosses crises. D'ailleurs, j'ai des abonnés qui connaissent aussi des séparations à cause de ça, parce que les conjoints ne comprennent pas ce qui se passe et ne peuvent pas aider parce que les mots ne sont pas posés sur ce qui se passe. La mise en danger financière, et ça je pense que je n'en parle peut-être pas assez, c'est que toi... toi, pas toi, mais quand tu te retrouves à acheter compulsivement ou même intensivement tout le temps, que ton budget est à zéro, que tes économies sont à zéro, voire tu es endetté, tu n'as plus aucune liberté financière, tu n'as plus aucun choix dans la vie. Tu ne peux plus choisir où tu habites, tu es obligé. Imagine, tu te disputes avec ton compagnon, tu veux te séparer, tu ne peux pas. Tu n'as rien, tu ne peux même pas te payer une semaine de Airbnb. Tu ne peux plus choisir, tu es obligé de subir ton travail. Tu ne peux pas te dire, je vais prendre peut-être un mois pour réfléchir. Tu ne peux pas partir, ni en voyage, ni nulle part. Aller voir tes proches peut-être qui habitent en Espagne ou au Maroc, je n'en sais rien. Tu perds toute liberté. Alors effectivement, ce n'est pas comme quand tu es drogué et que d'un coup, tu te retrouves hospitalisé en maison de désintox, je ne sais quoi. Mais ça. a un vrai impact sur ta vie quotidienne. Oui, complètement. C'est important de le dire quand même. Comment est-ce que tu définirais la consommation mentale ? La consommation mentale, c'est acheter tout le temps, sans acheter tout le temps. Tu es toujours en position de te dire qu'est-ce que je pourrais acheter. C'est vraiment favorisé par la vie dans laquelle on est aujourd'hui avec le téléphone. C'est-à-dire que tu vas être à 5 minutes, tu vas aller scroller sur tes e-shop et tu vas mettre des articles dans tes paniers. Tu ne vas peut-être pas les acheter, mais par contre, tu auras passé un bon moment. De 5 minutes, ça passe à 10 minutes. Ensuite, c'est tous les soirs. Le soir, avant, tu lisais des livres. Maintenant, tu passes deux heures dans ton lit après avoir vu une série. Et puis tu scrolles, tu mets dans tes paniers, tu vas sur l'appli Intel, l'appli Intel, tu compares, ensuite tu vas sur les réseaux sociaux et tu dis « Ah oui, mais ce qu'elle porte, elle, c'est joli, je vais aller le voir. » Et en fait, tu passes ton temps libre, ton temps mental libre à consommer ou à vouloir consommer. Et c'est pour ça d'ailleurs que je suis tout à fait contre les wishlists que j'adorais avant, mais maintenant que j'ai banni de mon système de fonctionnement.
- Speaker #0
C'est comme quand on a regardé tout le reportage sur Victoria Beckham sur Netflix et qu'après, on voulait toutes aller acheter une robe ou une ceinture. Même le maquillage est trop cher. Pourquoi est-ce que c'est si difficile de sortir de cet addiction au shopping dans notre société actuelle ?
- Speaker #1
Parce que déjà, ce n'est pas très connu comme type d'addiction. Je t'avoue que je l'ai découverte en me posant des questions sur ma propre consommation. Donc déjà, ce n'est pas très connu. Ensuite, on est dans une société qui nous incite tout le temps à consommer. Donc en fait, on ne voit pas le problème. Au contraire, on est presque un bon citoyen quand on consomme, on fait marcher la société. On est une bonne collègue quand on adopte le dress code de son entreprise. On est une chouette amie quand on arrive un peu pimpé au brunch. Donc c'est très difficile de se dire, ben non, et là tu vois ce matin, j'ai posté une vidéo sur… le fait que je n'ai pas à racheter de nouvelles tenues pour me remettre au yoga ou au pilates. Et en fait, c'est vrai que tu as l'impression que tu vas moins t'intégrer si tu n'as pas les dernières tendances. On ne va pas te féliciter pour ça, en tout cas. Si j'arrive au travail avec un nouveau sac, on va me dire « Ah, il est beau ton sac, tu l'as eu » , etc. Par contre, si je viens toujours avec mes vieilles affaires, c'est vrai que je n'aurai rien. Donc la société et notre mode de fonctionnement fait que c'est très valorisé le shopping.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. On s'est encouragé, oui, parce que quand on arrive quelque part, parce que toi, tu t'es acheté la dernière par cas Balzac ou un truc comme ça, et quand on te le fait remarquer, ça flatte un peu ton égo, quoi.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Là, tu as fait une expérience dernièrement sur, enfin, tu l'as partagée sur Instagram ou dans une newsletter, je ne sais plus, l'expérience de 7 jours sans acheter,
- Speaker #1
mais de noter, si je n'ai pas de bêtise. Est-ce que tu peux juste nous en dire un petit peu plus sur ce que cette expérience peut apporter ? Alors, l'idée, c'est de se dire… En fait, c'est parti d'un constat. C'est que j'ai une abonnée qui m'a dit « C'est super ton défi. Je fais un défi, un achat par mois sur toute l'année 2026. » Que je fais aussi. Que je fais aussi. Et elle m'a dit « C'est vrai qu'il est un petit peu dur ce défi et je n'y arrive pas. » Parce que, et ça je réalisais que... Pour arriver à ce défi, moi j'en ai fait énormément en 2025 et début 2026, dont notamment porter un short pendant 30 jours l'été dernier. Et ça, c'était quelque chose de très difficile, et je crois beaucoup plus difficile que de ne pas acheter. Et donc je me suis dit, c'est vrai que c'est bien d'avoir des défis un petit peu plus doux, et surtout des défis qui nous permettent de réaliser qu'on est tout le temps dans la consommation, la consommation mentale. Donc c'est un jour après l'autre se dire, je vais juste observer ce que j'ai envie d'acheter et le noter. Au lieu de les acheter, évidemment, c'est une semaine sans achat quand même. Donc, au premier jour, tu notes, voilà, j'ai la part de Balzac, je l'ai vue sur tel collègue, j'ai envie de l'acheter. Là, je suis passée chez Monoprix après le travail. J'ai vraiment envie de m'acheter ce petit shampoing. Là, j'ai vu la pub sur TikTok. Et toute la journée, en fait, ça se passe comme ça. On est surstimulé. Même quand on n'est pas chaudeuse compulsive, on est surstimulé par les envies d'achat. Donc tu le notes et déjà tu te dis, aujourd'hui, je n'ai rien acheté, mais en fait, j'ai économisé 300 euros. Et l'argent. Il y a aussi un jour où je propose de se dire, on passe une soirée sans téléphone. Alors, je ne dis pas la journée parce que c'est très rude, mais une soirée sans téléphone. Alors, ça peut se faire aussi en famille parce qu'on a des ados, toi et moi, on le sait. Le téléphone peut être vraiment source de... On se replie sur soi, on fait autre chose. Alors, on peut le poser à l'entrée, dans un panier, et se dire, ce soir, c'est le soir et son téléphone. Alors, pour nous, les shoppeuses addicts, c'est super, parce que ça veut dire, une soirée, pendant qu'on prépare le repas, on ne va pas aller regarder les réseaux sociaux et se faire envie de quelque chose. Devant le film qu'on regarde en famille ou pas, on ne va pas scroller non plus sur les e-shop pour voir les dernières nouveautés. Et le soir, on va prendre un livre ou lire un magazine ou même discuter, ça peut arriver. discuter de sa journée au lieu d'être sur son téléphone. Et ça change énormément de choses. Par contre, c'est vrai que c'est un défi qui est hyper difficile. Parce qu'on est branché tout le temps. En tout cas, je suis branchée tout le temps à mon téléphone et ça a été très compliqué. Poser ce téléphone dans une pièce et le faire sans famille, soit seul.
- Speaker #0
Mais ça permet vraiment de se reconnecter, moi je vais dire, à son juste rythme, mais vraiment à l'instant présent, à se reconnecter à soi. Comme un plat en fait. Moi ça me fait penser à ça. C'est-à-dire à vraiment... éveiller tous ses sens avant de manger et du coup moi le shopping j'essaye de le voir d'une autre façon voilà vraiment est-ce que je le veux vraiment est-ce que vraiment ça va m'aller est-ce que voilà grâce à toi grâce à tous ces petits challenges que tu as fait donc je vais du coup rebondir sur le défi d'acheter un seul vêtement par mois pendant un an alors déjà d'où est venue cette idée et comment est-ce que ça se passe
- Speaker #1
d'où m'est venue cette idée je crois que je l'ai vu passer sur les réseaux sociaux parce que en fait tu vois mon compte il fait partie quand même d'une tendance que j'ai repéré parce que maintenant l'algorithme a compris que je voulais moins acheter donc il me branche ses comptes et j'ai dû tomber sur ce challenge là sur un compte anglo-saxon et je me suis dit mais quelle bonne idée d'essayer de réduire à ce point ses achats et même je pense que j'ai vu des contenus où les filles n'achetaient pas pendant un an, rien du tout et je me suis dit je suis pas capable clairement je suis pas capable ça fait un an et quelques mois que je travaille dessus alors c'est vrai que j'ai énormément avancé maintenant est-ce que je peux ne pas acheter d'un an je ne crois pas le premier mois donc c'était janvier 2026 je t'avoue que j'avais hâte tellement hâte d'acheter mon premier achat que je l'ai fait genre le 31 du mois précédent un truc comme ça en vente privée c'était une très belle parka assez chère mais que j'ai pris en vente privée en promotion donc j'étais très contente donc voilà Deuxième mois, je crois que j'ai acheté un pull sur Vinted qui me plaisait, qui n'était pas du tout indispensable ni essentiel, mais qui me semblait me manquer. Mais là déjà, deuxième mois, tu te dis, est-ce que vraiment ce pull n'était pas superficiel ? Et là, troisième mois, je suis allée dans une boutique, un dépôt vente. Vraiment, je n'y allais pas pour acheter mon achat du mois. mais j'ai trouvé une robe pour le mariage de ma cousine. Et en fait, je t'explique ces achats que j'ai fait ces trois mois parce qu'en fait, il y a une vraie évolution et presque une routine mentale qui fait qu'au début, en janvier, je continuais à aller sur les e-shops, à me dire qu'est-ce que je peux m'acheter pour ce mois-ci. Là, il faut que je fasse attention, j'ai le droit qu'à un achat. Deuxième mois, en fait, comme tu sais que tu ne peux rien acheter, tu m'as pu. Je me suis même retrouvée à Paris. Oui, c'est ça que je racontais aussi dans une newsletter. Je me suis retrouvée à Paris, dans le Marais. Et je pense que c'était un mois où j'avais acheté ma parka. Donc, ça devait être en janvier. Et j'y vais avec mon compagnon. Et là, le Marais, alors, ça faisait longtemps que je n'y étais pas allée. Mais alors, toutes les boutiques, tu vois, quand tu es pointue dans la mode, dans la déco, la beauté, elles sont là. Elles sont dans une rue. Elles sont toutes là. J'ai dit, mais je n'ai pas le droit d'acheter. J'ai fait mon achat du mois. Je n'ai pas le droit. Donc, j'étais comme ça. Non, non, tu regardes, mais tu n'achètes pas. Tu regardes, tu n'achètes pas. Bon, j'en suis ressortie. Je me suis sentie très victorieuse. Je suis trop forte. Et rien ne m'a manqué, surtout après. Je n'ai pas dit, mais pourquoi j'ai raté cette jupe ? Pourquoi j'ai raté ce jean ? Mais tout ça pour te dire qu'en fait, tu sais qu'on parle des habitudes et du fait de reprogrammer son cerveau par le pouvoir des habitudes. Je crois que c'est un livre qui avait été écrit sur... aux 21 jours, tu vois, pour que ton cerveau comprenne une nouvelle habitude. En fait, je suis dedans. C'est-à-dire que là, on est à la mi-mars et je me dis, peut-être qu'en avril, j'ai envie de rien, en fait. Je n'ai pas envie d'acheter. Déjà, j'ai appris à ne pas me sursolliciter, c'est-à-dire que je ne vais quasiment plus sur les e-shops. Vraiment, je dois y aller peut-être une ou deux fois par semaine et encore cinq minutes parce que de toute façon, j'ai fait mon achat du mois de mars. donc c'est bon et ton cerveau comprend vite quand tu lui dis non de toute façon tu peux rien acheter donc laisse tomber et je me rends compte que j'ai quand même beaucoup de choses dans mon dressing alors on va enchaîner sur le shopping d'un peu sauf les accessoires, ça a été un gros problème mais je me rends compte que j'ai assez, en fait le défi il est dur au début, c'est comme tous les défis que j'ai fait depuis 2025 très très dur au début et puis ton cerveau s'y fait Et tu trouves ton rythme. Tu parles de juste rythme, mais en fait, tu trouves ton rythme dans une nouvelle habitude.
- Speaker #0
Est-ce que tu pourrais comparer ça à un régime, un truc un peu comme ça ou pas ? Ça me fait cette sensation de…
- Speaker #1
Oui, je pense qu'on peut comparer ça à un régime, sauf que je trouve que le régime est plus difficile. Je ne sais pas si c'est moi, mais par exemple, moi, j'ai déjà fait. Forcément, j'ai 47 ans, je viens des années 90. Les régimes, on a été… C'est aussi sûr, voilà. C'est quoi ? être indique au shopping, je comparerais ça à manger des gâteaux et manger des pizzas tous les jours et ne manger que ça. Et puis d'un coup, te dire, il va falloir arrêter. Et au fur et à mesure, tu gardes une pizza par jour, mais le soir, tu manges une salade, etc. Donc oui, ça peut être comparé à un régime dans ce sens-là. Puis à la fin, tu finis par manger des carottes toute la journée.
- Speaker #0
Justement, un rééquilibrage alimentaire, ça me fait vraiment cette sens-là.
- Speaker #1
Sauf que c'est plus un rééquilibrage alimentaire qu'un régime, parce qu'un régime où tu manges des carottes toute la journée, en fait, tu ne le tiens pas. Oui,
- Speaker #0
et c'est ça, et après, tu craques.
- Speaker #1
et tu te crois que c'est trop fort alors que le rééquilibrage alimentaire en effet, paraît-il,
- Speaker #0
j'ai jamais réussi à en faire mais apparemment ça marche très très bien mais moi ça fait cette sensation justement c'est pas trop raide de faire un achat par mois mais je trouve ça très chouette et le principe du shopping dans mon dressing moi j'adore j'en ai fait mon mantra de
- Speaker #1
2026 en tout cas Merci à toi. Je veux bien que tu réexpliques aussi shopping dans mon dressing, même si ça parle de soi-même. En fait, je voulais aussi un peu tromper mon cerveau quand j'ai cessé ou réduit mon shopping en me disant, maintenant, tu as quand même beaucoup d'affaires. J'avais énormément de freins, des accessoires. Je me suis dit, tu as quand même assez, peut-être, pour t'habiller tous les jours. Et l'idée de Shopping dans son dressing, c'est de se dire je... Je regarde mon dressing comme si j'étais dans une boutique et je vais réexplorer mes vêtements comme si ils étaient nouveaux et comme si je leur laissais vraiment une chance de résister. Parce que parfois, tu te dis, ce pantalon, je ne l'ai jamais mis. Je n'ai pas envie de le mettre. Tu l'as acheté, tu l'as choisi. Il y a quand même quelque chose qui s'est passé avec ce pantalon. Même les pantalons un peu festifs. Récemment, qu'est-ce que j'ai porté ? J'ai porté un blazer pailleté que j'avais acheté pour les fêtes de Noël. Je me suis dit, tiens, allez, aujourd'hui, je te donne ta chance et je l'ai porté avec une tenue blanche. C'était un peu excentrique, tu vois, entre le mois de mars, mais ça passait quand même et moi, je ne me suis plus avec. Donc, l'idée du shopping dans son dressage, c'est retrouver de l'envie et de la créativité avec ce qu'on possède déjà, sans aller chercher à l'extérieur.
- Speaker #0
Et là, il y a le rôle des accessoires, du coup, je pense qui est très important, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, en tout cas pour moi et pour mon style. Donc, il y a quelqu'un qui m'a dit sur Instagram, oui, en fait, vous êtes toujours à propos du shopping. ça se voit dans vos tenues parce que vos tenues elles sont Elles ne sont pas simples, elles ne sont pas minimalistes. Et en fait, quand on n'est plus accro du shopping, on est minimaliste. Et tu vois, j'ai trouvé ce commentaire un peu étrange quand même, mais très intéressant en me disant qu'on confond le fait de moins acheter avec le dressing minimaliste, le dressing capsule qu'on voit partout. En fait, on a tous un style différent, on a tous des vêtements qui nous vont différemment, on a toutes des silhouettes différentes et des envies très éloignées les unes des autres. J'ai essayé le dressing minimaliste. Je pense que si tu me suis, tu sais que j'ai tout essayé. Le dressing minimaliste, noir, blanc, beige, voilà. Et en fait, avec le temps, ça ne me correspond pas. Ça me plombe, ça ne me met pas en valeur. Je n'aime pas.
- Speaker #0
donc j'achète peu mais j'ai gardé mes vêtements un petit peu colorés, parfois avec des imprimés parfois avec des des formes un peu oversize j'aime bien ça,
- Speaker #1
mais c'est mon style ça te met en joie quand même je me sens bien dedans,
- Speaker #0
je me sens moi-même il y a aussi une abonnée qui m'a dit, mais vous portez beaucoup d'oversize et moi je trouve pas ça joli vous trouvez pas ça joli, mais moi j'aime bien sur moi donc c'est ça le plus important Et donc les accessoires pour mon dressing à moi, je me suis rendu compte qu'ils étaient indispensables. Parce que quand tu as peu, soyons raisonnables, je n'ai pas peu de vêtements, mais quand tu as moins de vêtements, en tout cas que tu ne t'autorises pas à en acheter tous les mois ou toutes les semaines, il faut pouvoir changer cette veste. Je peux la mettre comme ça, mais je peux aussi rajouter un foulard un peu orangé, avec un bonou orange, n'importe quoi. Mais tu vois, l'idée, c'est de se dire avec une pièce, on peut avoir des looks différents. Et c'est ça aussi, s'amuser avec la mode. C'est de se dire qu'une pièce, on peut la porter de dix façons différentes. Et dans mon envie de simplifier ma consommation et mon dressing, j'ai fait beaucoup de treat dressing. Et j'ai fait beaucoup d'erreurs de treat dressing, à savoir tout virer. Ou la plupart des choses. Et j'ai viré une grande partie des accessoires, ce que je n'aurais jamais dû faire. Et donc, c'est ce que je recommande de ne pas faire. C'est oui, gardez-vous trois t-shirts et un jean, ok. Mais par contre, gardez tous vos foulards et vos bijoux parce que... vous allez vraiment regretter de ne pas les avoir gardées. Et quelle est la part de désir qui te reste aujourd'hui quand tu achètes maintenant ? Comment est-ce que tu analyserais ça ? C'est une question très intéressante parce que le désir, c'est quelque chose qui se nourrit. Et moi, je ne le nourris plus du tout pour les vêtements. J'ai vraiment mis mon cerveau en mode on-off. Mais ce qui me permet aussi de tenir, tu vois, et parce que j'ai d'autres priorités, je me suis constituée un matelas de secours financier, j'ai moins peur de l'avenir aussi pour mon fils, pour ses études, donc ça, ça m'a apporté une sérénité. En revanche, au niveau du désir, tu vois, là, j'avais envie d'une petite... Tu sais, ces petits tops à dentelles qu'on voit un petit peu, que tu mets en superposition, tu vois, j'avais envie, puis là, le désir est déjà reparti en me disant, bon, à quoi bon, ça va durer une saison. Donc, je le place ailleurs maintenant que dans les vêtements et dans la consommation de vêtements parce que je n'arrive plus à le retrouver et j'espère le retrouver. J'espère que dans mon travail personnel d'arrêter de surconsommer, je vais retrouver un jour le plaisir de désirer des vêtements pour m'habiller. Mais ça, ce n'est pas encore revenu et je pense que c'est un autre travail aussi. En revanche... Je ne parle pas de désir, mais je parle de plaisir d'être dans certains moments. J'ai redécouvert des moments que j'avais complètement perdus et ça va paraître fou. J'ai réalisé très récemment qu'avec mon fils, on partageait des moments différents.
- Speaker #1
Et je me dis,
- Speaker #0
mais pourquoi je ressens ce bien-être, cette connexion et tout ? Et en fait, c'est qu'il vient à côté de moi, on parle, on échange sur le canapé. Par exemple, j'étais en train de regarder une série, j'arrête la série, il vient, il me parle et puis on échange. On se regarde dans les yeux et ça fait des moments très riches. Et je me dis, mais qu'est-ce qui a changé ? C'est qu'en fait, mon cerveau, il n'est pas avec l'onglet ouvert, mon Dieu, je voudrais cette parka. Il n'est pas avec mon téléphone à regarder, attends, je suis en train de faire autre chose, je ne peux pas te parler maintenant, même si ce autre chose n'était pas important. Donc, je me suis reconnectée à la vraie vie. Je me suis reconnectée à mon cerveau à la vraie vie. Et ça, ça me surprend. Vraiment. Ce plaisir et cette sérénité, ce calme mental que j'ai récupéré, je ne savais même plus que je l'avais en moi.
- Speaker #1
Tu l'avais, oui, que c'était possible.
- Speaker #0
Je pense que je ne l'ai pas eu depuis, je ne sais pas, 15 ans,
- Speaker #1
10 ans, 20 ans. Et est-ce que le fait d'avoir fait ce matelas financier aussi pour les études de ton fils, d'avoir, admettons, 6 mois d'avance de salaire, etc. Est-ce que ça a reboosté ton estime de toi ? Non.
- Speaker #0
Ce n'est pas ça qui a reboosté mon estime de soi, mais de moi-même, on pourra en reparler. En revanche, ça m'a donné un point d'ancrage. Je me sens moins fragile, j'ai moins peur. J'étais tout le temps, je vivais un peu dans l'urgence et dans la peur, en me disant, mon Dieu, comment je vais faire pour payer la prochaine facture ? Et je pense que même mon cerveau était un peu accro à ce sentiment d'urgence, de se dire « mais comment je vais faire vite ? Il faut que je récupère un contrat parce que je suis freelance. » Et du coup, je me mettais dans un espèce de cercle vicieux où je devais toujours récupérer de l'argent parce que je n'en avais pas. Donc ça, je ne l'ai plus et j'ai calmé mon cerveau sur ça et je ne suis plus ancrée. Je n'ai même pas peur de quelque chose qui pourrait m'arriver et que je ne pourrais pas assurer. C'est quand même tout bête, mais je me dis, là, dans le monde dans lequel on vit, qui est très anxiogène, avec les guerres, les bombardements, et de plus en plus, on a l'impression que ça arrive de plus en plus, je me dis, bon, ce n'est pas grave, on peut tenir un petit peu, même si c'est 15 jours, un mois, on peut tenir si jamais je perds mon travail, si jamais il y a une crise, je peux peut-être payer un billet d'avion pour nous trois. C'est idiot comme raisonnement, mais ça m'est quand même venu à l'esprit de me dire. On peut fuir, quoi. C'est horrible. Mais tu te mets un peu en mode survie, quoi. Et ce mode survie et cette peur, je l'ai beaucoup moins.
- Speaker #1
Tu vas t'aimler. Et du coup, l'estime de toi, elle a retrouvé grâce à quoi exactement ?
- Speaker #0
Je pense que c'est tout un chemin qui s'est fait où déjà, le fait de ne plus acheter de tendance, de ne plus... Carpenter les magasins à la recherche de mon moi futur ou fantasmé, ça m'a remis dans mon moi présent. Tu vois, tu n'es plus en train de te projeter tout le temps dans d'autres vêtements. Maintenant, je suis moi, j'ai mes vêtements et je m'habille moi. Pas une fille qui serait... Moi, j'étais vraiment très... Je veux être une nana comme dans le diable, ça m'éloigne. Tu vois, ça, c'était mon fantasme dans lequel je me projetais tout le temps. Finalement, je me dis non, je suis Charlotte. je travaille à Marseille, je suis maman, j'ai fermé Cochelydol, tu vois, et ça va quand même. Tu vois, j'ai plus besoin, et parce que je me compare aussi beaucoup moins. Et il y a aussi, je pense, il n'y a pas que l'addiction au shopping, il y a aussi toute cette réflexion que j'ai faite sur moi-même, et qui est aussi dans mon livre, tu vois, où on se dit, il faut aller chercher aussi. Il faut aller se chercher soi, parce que parfois, on se perd dans la consommation et dans le monde extérieur sans aller se chercher soi.
- Speaker #1
Pour ne pas y aller.
- Speaker #0
C'est un thérapeute aussi.
- Speaker #1
Oui, mais c'est ça, pour ne pas y aller peut-être. Tu vois, on n'a pas envie d'aller vraiment se regarder.
- Speaker #0
Oui, tout à fait.
- Speaker #1
Est-ce que tu dirais quand même le fait, moi je vais avoir 45 ans, est-ce que tu dirais quand même que voilà, à 40, 45 ans, on passe quand même des caps avec tout ça et que ça aide aussi à rebooster un peu l'estime de soi ?
- Speaker #0
Oui, on passe des caps. Alors moi, j'ai 47 ans et je suis en train de passer le cap de « t'es plus une jeune fille, tu peux plus porter les mêmes fringues » . Mais alors, c'est pas forcément parce que j'ai grossi, mais le corps est différent. Puis t'as pas envie de le présenter de la même manière aussi parce que t'as pas envie de te sentir ou engoncée ou serrée, t'as juste envie d'être à l'aise. donc il y a de ça et il y a aussi que la vie t'a appris beaucoup de choses au cours de toutes ces années, c'est à dire que tu as déjà vécu ta vingtaine où tu portais des fringues de telle façon, puis tu as trentaine, puis tu as quarantaine, et là, tu arrives sur une période de ta vie où tu as moins envie de prouver des choses aux autres.
- Speaker #1
Je ne sais pas comment toi,
- Speaker #0
tu le vis, mais moi, je suis moins dans la démonstration et je pense que ça m'a aidée dans ma réflexion.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Moi, je suis plus aussi dans le confort des fringues plutôt que dans la démonstration. Mais c'est intéressant de lier les deux, je trouve. Ça arrive à ce moment-là de ta vie. Quel conseil, quelle question tu dirais à quelqu'un qui est, on va dire, accro au shopping, mais quelle question se poser avant de craquer ?
- Speaker #0
C'est dur. C'est dur parce que tu sais, on parle souvent des méthodes, la méthode bisous pour la cité, où on doit s'interroger sur est-ce que j'en ai besoin ?
- Speaker #1
Et en fait,
- Speaker #0
le problème des accros au shopping, c'est qu'en fait, elles n'ont jamais besoin. Donc, ce n'est pas une question que tu vas te poser. Je pense qu'il ne faut pas se poser forcément de questions avant d'acheter quelque chose. Je pense qu'il faut, si tu es toujours dans cette compulsion, dans cette addiction très forte au shopping, je pense qu'il faut partir et il faut arrêter. C'est-à-dire qu'il ne faut pas que tu te dises... où tu commences à trouver des... à te créer un besoin. Parce que si, par exemple, la parka de janvier que j'ai achetée, je n'en avais pas besoin en vrai. Si je m'étais posé la question est-ce que j'en ai besoin, je me serais dit, oui, il fait de plus en plus froid à cause du réchauffement climatique, crois-le ou pas, il fait de plus en plus froid à Marseille l'hiver. Donc j'en ai besoin. Peut-être qu'on va partir à la neige un week-end, donc je pourrais la mettre. Je me suis même dit, et tu vas halluciner, je me suis même dit, j'avais une collègue qui partait à New York, je me suis dit, il fait très froid, peut-être que moi aussi, si un jour je pars à New York, je prendrai cette parquin, ça sera la parquin qui va avec tout et qui résout tous les problèmes. Donc en fait, quand tu es addict au shopping, quand tu réponds à la question « est-ce que j'en ai besoin ? » « Oui, j'en ai besoin ! » Pour des tas de raisons, j'en ai besoin. Donc moi, vraiment, le conseil que je donnerais à quelqu'un qui sent qu'il a une confusion qui vient ou qui va actionner, valider son panier alors que ce n'est vraiment pas le moment financièrement ou émotionnellement. ou même socialement, parce que des tas de choses ont été achetées et ça se voit dans le contexte familial et ça provoque des tensions, c'est d'arrêter. Je ferme l'appli, j'éteins mon téléphone, je sors du magasin. Moi, ça m'est arrivé de sortir en panique de chez Zara, en me disant « Stop, j'arrête ! » Et d'ailleurs, je ne mets plus un pied chez Zara. Depuis, j'étais très accro. Je pense qu'en un an et demi, j'ai mis le pied une fois, c'était pour acheter une robe pour un mariage précédent. Donc, c'est fuir. Et il n'y a pas de honte à finir, c'est juste que tu coupes. Tu coupes le cerveau, tu dis au cerveau stop, tu t'arrêtes tout de suite et tu fais autre chose. Et alors, tu vas cuisiner un gâteau, tu vas marcher, vraiment tu fais autre chose.
- Speaker #1
Pour terminer, tu as déjà un petit peu répondu, mais qu'est-ce qui te procure aujourd'hui du plaisir en dehors de l'achat ?
- Speaker #0
J'ai retrouvé vraiment, tu sais, les sensations analogiques. C'est un peu la mode en ce moment de dire, 2026, c'est l'année analogique. Je l'expérimente vraiment un peu. C'est très étrange. Le plaisir que je me suis retrouvée, c'est boire un café au soleil, lire un bouquin, cuisiner. Je me suis remise à cuisiner alors que j'allais vraiment un peu abandonner ce champ-là. Je cuisinais un peu sur les mêmes choses. On s'ennuyait un peu. Et discuter vraiment avec les gens. Maintenant, je mets un point d'honneur qu'on me parle à ne plus regarder. Tu sais, on fait souvent ça. Oui, oui. Oui, et on fait comme ça. Oui, oui. Donc, vraiment, à poser mon téléphone, à regarder la personne dans les yeux. Et ça, ça a changé énormément de choses, en fait, dans ma façon d'être au quotidien, mais en moi-même. C'est-à-dire que je me sens vraiment plus... Je ne comprenais pas les gens qui disent je me sens ancrée, je me sens présente à moi-même. Et c'est ce que je ressens maintenant. Donc, c'est très difficile de l'expliquer, mais c'est une sensation qui est extraordinaire.
- Speaker #1
Et... Qu'est-ce que le juste rythme, du coup, ça signifierait pour toi aujourd'hui, en termes de shopping et en termes de vie tout court ?
- Speaker #0
Le juste rythme, ce serait de trouver un équilibre entre cette addiction, cette obsession qui a été mienne pendant plus de 20 ans, et le rythme que j'ai trouvé aujourd'hui, qui est encore un rythme qui, je pense, est temporaire, où je me suis interdit énormément de choses, où je me lance des défis, et où je retrouve tout doucement la vraie vie avec mes proches. et je n'ai plus une vie mentale fantasmée. Et ça serait trouver l'équilibre entre les deux. Ça serait pouvoir se dire, une fois, un samedi, je peux aller faire les magasins et je peux repartir avec quelques sacs de shopping sans que ce soit un drame, sans que ça me fasse trop plonger. Je peux continuer à faire de la cuisine, à faire des balades avec mon fils et sans me prendre la tête à réfléchir à mon shopping. Donc, ça serait trouver un équilibre entre les deux. Entre les deux.
- Speaker #1
Super.
- Speaker #0
Si, on va passer au portrait chinois du juste rythme. Est-ce que si tu étais une odeur de ton enfance ? Une odeur de mon enfance ? Alors écoute, je l'ai retrouvée, c'est ça qui est fou. C'est l'odeur un peu de vanille plastique, des poupées, on a eu des poupons à l'époque.
- Speaker #1
Poupées corolles ?
- Speaker #0
C'était avant, je crois qu'elles s'appelaient Tini ou un truc comme ça.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Elles étaient très connues ces poupées, j'en avais eu une et j'ai trouvé un parfum qui... qui reproduit complètement ça. C'est de la vanille, en fait.
- Speaker #1
Si tu étais un objet ou un rituel qui te reconnecte à ton juste rythme ?
- Speaker #0
Un objet ou quoi ?
- Speaker #1
Ou un rituel ?
- Speaker #0
Qui me reconnecte à mon juste... Mon fils. Ce n'est pas un objet, c'est une personne. Mais en tout cas, ce moment-là que je passe avec lui à discuter de ses petites histoires ou des miennes, c'est très, très précieux. C'est ça qui me reconnecte vraiment. Et même dans les moments où je ne me sens pas bien, c'est toujours ça qui me tire vers le haut.
- Speaker #1
Si tu étais un objet ou un rituel qui te reconnecte à ta féminité ?
- Speaker #0
Un rituel qui me reconnecte à ma féminité ou à un objet ? Je ne sais pas, parce que la féminité, c'est quelque chose qui est un peu... Un peu abstrait pour moi, je dirais aller chez ma coiffeuse. Ça irait, ça ? Aller chez ma coiffeuse parce qu'elle prend vraiment soin de moi. C'est une copine, elle est top. Et c'est vrai que je me sens toujours très, très belle et très féminine quand je sors de chez elle. Donc, on va dire ça tout simplement.
- Speaker #1
Du coup, je rebondis. Tu ne te sens pas féminine en général ?
- Speaker #0
C'est très compliqué parce que je n'ai pas eu de maman qui m'a appris la féminité. Donc, je l'ai appris moi avec les objets. Et ce n'est pas une notion que je... Ni que je connais, ni que j'essaie de mettre en avant. tu vois, être femme c'est très j'aime, je suis coquette est-ce que ma féminité elle se place là peut-être la féminité pour moi c'est être coquette et je ne sais pas comment l'envisager autrement peut-être qu'il faudrait que je fasse des recherches sur ça aussi moi aussi je suis
- Speaker #1
coquette et j'estime aussi que la féminité ça passe par ça mais ça peut être je pense de plein de façons différentes mais c'est intéressant à creuser effectivement si tu étais un lieu, refuge ?
- Speaker #0
la mer,
- Speaker #1
le bord de mer à Marseille sans aucun doute c'est ça qui me ressource et enfin si tu étais un plat qui te reconnecte à toi un plat qui me reconnecte à moi la
- Speaker #0
brandade de morue la brandade de morue que je mangeais quand j'étais petite c'était un des plats que tu sais dans les pots là il faut vraiment que tu viennes au Pays Basque pour le coup il y en a plein Exactement. et je suis fan de ça je pourrais manger des pots et des pots entiers sous tartine sur du pain trop bien merci beaucoup Charlotte c'était un épisode très riche de plein d'expériences et plein de conseils donc merci beaucoup à toi et si tu veux rappeler la référence de ton livre oui bien sûr ça s'appelle la méthode 4 fois sans frais pour se libérer de l'addiction au shopping et c'est disponible en ligne ou en libre à l'éteinte génial merci beaucoup à bientôt merci beaucoup Marion
- Speaker #2
Merci d'avoir partagé ce moment avec nous dans le juste rythme. J'espère que cet épisode vous a offert un souffle, un sourire ou une idée à glisser dans votre quotidien pour avancer un peu plus à votre rythme. Si cet échange vous a plu, parlez-en autour de vous et abonnez-vous à votre plateforme préférée. Laissez un commentaire, c'est ce qui permet au podcast de rayonner. Pour découvrir d'autres épisodes ou me contacter, rendez-vous sur le juste rythme. Et si une femme inspirante vous vient à l'esprit, écrivez-moi. vous pourrez être ma prochaine invitée. A très bientôt, et d'ici là, prenez soin de votre cœur, de votre corps et de votre tête.