- Speaker #0
Bienvenue dans Le Juste Rythme, le podcast qui explore le cœur, le corps et la tête. Je suis Marion Béchade, une femme, une mère, une entrepreneuse passionnée mais souvent débordée, en quête chaque jour d'un peu plus de sérénité. Un podcast pour se déculpabiliser et peut-être se donner une nouvelle impulsion. Cet épisode du podcast Le Juste Rythme est soutenu par l'Auberge Basque, un hôtel-restaurant, relais et châteaux. Un lieu unique au cœur du Pays Basque qui invite...
- Speaker #1
Ralentir, à se reconnecter à ses cinq sens et à prendre un temps pour soi, l'endroit parfait pour retrouver son juste rythme.
- Speaker #0
Hello Karine !
- Speaker #2
Salut !
- Speaker #0
Avant que nous commencions notre épisode, je voulais savoir dans quelle énergie est-ce que tu es ce matin ?
- Speaker #2
Dans quelle énergie ? Un peu de stress, c'est normal, et un petit peu de fatigue, mais sinon plutôt de la bonne humeur.
- Speaker #0
Génial. Et si tu devais me décrire ton rythme actuel en quelques mots, lesquels choisirais-tu ?
- Speaker #2
Oui, je dirais effréné entre les enfants, la montée de sa structure. C'est un rythme un peu effréné.
- Speaker #0
Ok. Est-ce que tu veux te présenter en quelques phrases ?
- Speaker #2
Oui. Alors, je suis Karine. J'ai bientôt 49 ans puisque mon anniversaire est au mois de mars. Je suis docteur en pharmacie, j'ai deux enfants qui ont 10 et 5 ans et trois beaux-enfants. Donc on a beaucoup de monde à la maison et je suis une grande passionnée des hormones. Donc ça c'est ce qu'on va voir aujourd'hui et je vis à Bordeaux, donc pas très loin de chez toi. Et voilà, là j'adore, je suis une fan du printemps et de l'été. parce que je trouve que c'est vraiment le renouveau.
- Speaker #0
Tu as hâte que ce soit le printemps. Tu es donc docteur en pharmacie. À quel moment est-ce que tu as pu constater et compris que ce que vivaient beaucoup de femmes n'était pas seulement du stress ?
- Speaker #2
Je l'ai compris par rapport à ce que j'ai vécu. parce que j'ai connu une énorme période de stress il y a quatre ans. Et en fait, je ne sais pas comment je suis tombée sur un livre qui s'appelle « Le bonheur est-il hormonal ? » . Et ce livre a été une vraie révélation de comprendre qu'il y avait beaucoup de choses qu'on vivait qui étaient peut-être plutôt physiologiques que psychologiques, comme on voulait bien nous le laisser croire, en mettant beaucoup de choses effectivement sur le stress.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a eu, du coup, à part ce livre, est-ce que tu as eu un déclic précis, toi personnellement, dans ton histoire qui t'a marqué au niveau hormonal ?
- Speaker #2
J'ai eu un déclic précis qui est plus intime que le livre. C'est un jour du mois de décembre, on était en vacances, je recommençais à regarder mon agenda de la rentrée à l'époque où j'étais encore salariée. Et je me suis vue fondre en l'arbre et dire à mon mari « je ne peux plus » . Et c'était vraiment, ce n'était pas le « je ne peux plus maintenant et ça ira mieux demain » . Ça a été vraiment le « je ne peux plus » et je ne veux plus fonctionner sur ce truc très intensif. Et j'ai compris que là, il y avait quelque chose de différent qui était en train de se jouer.
- Speaker #0
Parce que du coup, à l'époque, si tu veux juste raconter, tu avais un rythme effréné avec beaucoup de déplacements, c'est ça ?
- Speaker #2
Oui, j'avais un poste dans les affaires publiques et je me déplaçais deux ou trois fois par semaine. Et quand ça s'est produit, j'avais accouché il y a un an, donc j'avais 45 ans. Et je pense qu'en fait, le cumul de transport plus postpartum, plus cette fameuse périménopause, pour moi, ça a été vraiment le déclic de dire là, il faut que je passe à autre chose. Et c'est ce que je suis en train de faire.
- Speaker #0
C'est ce que tu es en train de faire du coup avec Balance tes hormones. Donc un compte Instagram, un podcast et un programme dont tu veux nous parler tout de suite ou un peu plus tard.
- Speaker #2
On en parlera plus tard, mais c'est un programme où effectivement, c'est deux programmes, donc on en parlera plus tard.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu vois revenir sans cesse dans les femmes que tu accompagnes autour de 40-50 ans ?
- Speaker #2
Ce que je vois revenir, c'est déjà qu'on a tendance à trop attendre et justement, ce que tu disais au début, à trop mettre sur le compte du stress. Et finalement, je vois des femmes qui sont souvent effondrées. Alors quand je dis effondrées, c'est effondrées aussi. hormonalement, avec un système nerveux qui n'est plus du tout régulé. Et ce que j'entends souvent dire, c'est « je ne me reconnais plus » . C'est la phrase qui fait souvent dire qu'on est en périménopause. C'est vraiment cette phrase, je ne me reconnais plus.
- Speaker #0
Et là d'ailleurs, tu vois, j'ai dit 40-50 ans, mais est-ce qu'au final la périménopause, elle ne peut même pas arriver avant 40 ans ?
- Speaker #2
Elle arrive avant 40 ans. En France, on a tendance à limiter cette périménopause à mon oestradiol baisse, donc une de nos hormones baisse. Malheureusement, le processus, il est beaucoup plus long. Et dès 35 ans, on a... cette baisse d'ovulation, cette baisse de fécondité finalement qui fait que notre progestérone commence déjà à être basse. Et ça, c'est l'entrée déjà dans la transition ménopausique ou la périménopause. Donc oui, ça peut commencer bien avant.
- Speaker #0
Beaucoup de femmes disent « j'ai rien changé à ma vie, mais je ne me sens plus comme avant » . Enfin, c'est ce que tu disais, « je ne me reconnais plus » . Qu'est-ce qui se passe réellement dans le corps ? quand, comme tu as dit, la progestérone commence à baisser, puis du coup, après, le stradiol ?
- Speaker #2
En fait, c'est vraiment une transition où il se passe plein de choses dans notre corps. En fait, on a un axe qui est un axe hypothalamophys-ovarien qui, normalement, nos cycles hormonaux, il est contrôlé par notre cerveau. Et comme on va ovuler de moins en moins bien, La régulation entre le cerveau et les ovaires va se faire de moins en moins bien. En cascade, ça peut venir déréguler d'autres choses, comme notre système de gestion du stress. Ce qui fait qu'on ne se reconnaît plus. Ce qui se passe, c'est qu'on a une tolérance au stress qui n'est plus la même de cette dérégulation qui est en train de se mettre en marche.
- Speaker #0
Ok, et du coup... Une femme qui était active, très solide mentalement, peut potentiellement se mettre à douter d'elle-même sur cette période ?
- Speaker #2
Voire à ne plus douter d'elle-même. J'ai une petite anecdote à ce sujet. J'ai une psychiatre qui m'a dit qu'elle a dû faire interner une femme qui est rentrée dans cette période de périménopause, alors qu'elle n'avait jamais rien connu de psychologique avant. C'est quand même la preuve de la puissance des hormones. sur notre cerveau. Et puis, je pense aussi que ces femmes, où je peux dire que j'en ai fait partie, où on est un peu dans un système d'être toujours en performance, en fait, je pense que c'est surtout qu'on a compensé pendant longtemps grâce à notre système hormonal. Et en fait, notre système hormonal, comme il commence à, entre guillemets, à s'enrayer, en fait, on n'arrive plus à compenser. Et donc, c'est là, souvent, où effectivement, on a beaucoup de femmes qui... qui étaient « fortes » et qui ont tendance à plus s'écrouler. Il n'y a plus de compensation, en fait.
- Speaker #0
Il n'y a plus de compensation. Est-ce qu'on peut faire une aparté sur le cortisol ? Est-ce que c'est le bon moment ?
- Speaker #1
Si tu veux,
- Speaker #2
on la fait maintenant. Ce que j'aime bien dire, c'est que le corps, il n'aime pas le vide. Donc, quand on a une baisse d'hormones, on a notre système avec le cortisol qui prend le relais. Donc, oui. En périménopause, on a tendance à avoir un cortisol qui est plus haut. Et ce qui se passe, comme le cortisol est plus haut, on va réagir plus vite. Et comme on a plus notre système de compensation hormonale, on va avoir tendance à rester dans des phases de stress plus longtemps. Donc on a à la fois, je monte plus vite, et à la fois je mets plus de temps à redescendre. Donc c'est vraiment le cortisol qui prend le relais. Et malheureusement, si on a été active... Comme tu l'as dit et qu'on a déjà bien puisé sur nos glandes surrénales qui fabriquent notre cortisol, les glandes surrénales ne font pas le job de compenser. Et c'est là qu'on peut observer ce fameux burn-out.
- Speaker #0
Et pour réguler son cortisol,
- Speaker #2
qu'est-ce que tu recommandes ? Souvent on dit qu'il faut ralentir. Ce n'est pas tous les jours évident. Donc ce que je propose plutôt, c'est d'essayer de faire des micro-pauses dans la journée. de 5 minutes où on va respirer, où on va marcher, où on va juste prendre une pause. Et je pense qu'on manque de prendre ses pauses au quotidien. Et l'autre chose que je recommande, c'est d'avoir vraiment une routine le matin qui va venir justement cadrer le cortisol et une routine de soir pour vraiment dire au corps, on redescend. Donc c'est vraiment lui envoyer des signaux tout au long de la journée pour justement gérer ce cortisol. Et en fait, gérer son système nerveux.
- Speaker #0
Et quand tu veux dire routine du matin, routine du soir, c'est une routine propre à chacun ? Ou tu as des recommandations ? Est-ce que c'est des étirements ? Est-ce que c'est un sport doux ? Est-ce que c'est d'aller marcher ? Est-ce que c'est juste le temps de prendre son petit déjeuner ?
- Speaker #2
Je pense que là, effectivement, il y a plusieurs propositions qui vont être faites en fonction de comment on se sent. Et c'est là que je vais introduire une notion qui me semble importante en périménopause, c'est la notion du système nerveux. On commence à en parler en France, mais je trouve qu'on n'en parle pas assez. Et pour moi, c'est une des pièces du puzzle aussi en périménopause. C'est si je me lève dans un état fatigué, l'idée, ce n'est pas aller faire du sport et se mettre en mouvement, c'est comment je vais récupérer de l'énergie. Donc, ça va être plus des choses douces. Par contre, si je sens que je me lève très en stress, là, il faut décharger. Et donc, effectivement, ça peut être une marche, ça peut être je vais faire du sport. Donc, c'est vraiment adapté en fonction de l'état dans lequel on se sent.
- Speaker #0
On se sent. Et donc, en périménopause, si on a encore des cycles, est-ce qu'on adapte aussi l'activité physique en fonction du cycle ?
- Speaker #2
C'est hyper important. d'adapter en fonction du cycle. Pourquoi ? On va revenir à notre fameux cortisol.
- Speaker #0
En fait,
- Speaker #2
notre corps, il est bien fait. Il est fait soit pour se reproduire, soit pour survivre. Quand on est en stress, il faut savoir que le cortisol et la progestérone sont fabriqués à partir du même précurseur. Donc quand tu es stressé, ton corps va avoir plus tendance à fabriquer du cortisol que de la progestérone. Donc effectivement... L'objectif, ça va être d'adapter en fonction de son cycle, même si on est encore plus en périménopause. Et l'idée, c'est que quand on rentre dans notre phase après l'ovulation, donc notre phase luthéale, c'est d'aller faire des choses plus douces pour ne pas mettre le corps en stress, pour ne pas venir, on va dire, creuser ce déficit en progestérone.
- Speaker #0
Quand on est une femme d'entre 40 et 50 ans, on a... Pas mal d'examens médicaux à faire et souvent ils apparaissent comme normaux. On fait une prise de sang, elle est normale, etc. Alors que le ressenti est complètement différent. C'est quoi ton regard là-dessus ?
- Speaker #2
Alors, c'est quoi mon regard là-dessus ? J'ai plusieurs choses à dire. Alors déjà, normal, ça ne veut pas dire optimal. D'accord ? Ça, c'est important. Les normes, on l'a vu, elles sont énormes. Et ce n'est pas parce que tu es dans la norme que ça veut dire que ça correspond à toi, à ta zone optimale de fonctionnement. Donc ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est ce que j'ai dit au départ, c'est qu'en France, on a tendance à limiter la périménopause aux deux années avant la ménopause, celle où le stradiol diminue. Donc, on va aller faire une prise de sang à J3 de notre cycle. Et là, on va regarder que le stradiol. On devrait plutôt la faire en fait en fin de cycle. Donc, 7 jours après l'ovulation, pour aller voir notre niveau d'ostradiol, mais aussi notre niveau de progestérone. Donc ça, c'est vraiment la deuxième chose. La troisième chose, c'est que, et ça c'est les recommandations américaines et anglaises au niveau médical, c'est qu'en théorie, la périménopause, elle se « diagnostique » , parce que ce n'est pas une maladie, pas sur une prise de sang, elle se diagnostique vraiment. sur les signes et les symptômes que la femme ressent.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #2
La prise de sang, elle est là pourquoi ? C'est ce que je dis, elle est là pour exclure que ça ne vient pas d'autre chose. Une thyroïde qui ne fonctionne pas, un diabète, des carences. C'est vraiment, on vient faire une prise de sang plutôt pour exclure et on peut venir s'aider d'une prise de sang à J21 pour voir où on en est au niveau hormonal. Mais ce n'est absolument pas ça qui va dire oui, tu es en périménopause. C'est vraiment les signes que tu vas ressentir. D'où l'importance, c'est ce que je dis souvent, notez comment vous vous sentez pendant deux mois pour voir si justement le schéma se répète en fonction de vos cycles.
- Speaker #0
Et là, tu penses que tous les gynécos sont hyper open et formés sur ce sujet par exemple ?
- Speaker #2
Je pense que c'est ce qui manque en France. On entend beaucoup plus parler de ménopause que de périménopause. Et je pense justement qu'il y a un manque de formation. Pour le coup, je peux le dire en tant que professionnelle de santé, alors pharmacienne, moi je n'ai pas vu la périménopause. J'ai été me former au Canada, mais clairement, je pense que non. Et c'est toujours pareil, c'est que, un, ce n'est pas une logique de diagnostic, parce que ce n'est pas une maladie. Et deuxièmement, comme ça prend une sphère... Ça vient vraiment toucher plein de domaines, en fait, la périménopause. Le système nerveux, la thyroïde, ils n'ont pas non plus forcément le temps pour venir voir tout ça et prendre tout ça en charge.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses qu'il peut y avoir des erreurs de diagnostic, par exemple, entre un burn-out et une périménopause ?
- Speaker #2
Je ne sais pas si je poserais ça comme ça. Je pense qu'il peut effectivement avoir des erreurs de diagnostic. Et dans ce livre, Le bonheur est-il hormonal ? Elle en parle très bien. Pourquoi ? Parce que quand on a cette baisse de progestérone, on dort moins bien. On a moins de sommeil profond. Donc, on récupère moins bien. Donc, au bout d'un moment, quand on dort moins bien, on peut se retrouver assez vite en burn-out. Et l'idée, c'est... Moi, je n'aime pas mettre des étiquettes. Burnout, périménopause, dépression parce qu'en fait on peut avoir tout qui coexiste ensemble et l'idée c'est plus vraiment d'aller dire ok, est-ce que mon système hormonal est équilibré ? Est-ce que je fais ce qu'il faut pour mon système nerveux ? Est-ce que mon métabolisme marche ? Et pas forcément coller une étiquette mais pour revenir à tes questions je dirais que oui souvent on peut confondre ce burnout avec ce début de périménopause Merci. Et ce n'est pas pour rien que les femmes font une majorité de burn-out entre 35 et 45 ans.
- Speaker #0
Voilà, c'est ce que j'allais dire. Ça arrive souvent à 40 ans. Il n'y a pas vraiment de hasard quand même à ça. Est-ce que certaines femmes ont tendance à cette période-là à devenir un peu hypochondriaques ?
- Speaker #2
Moi, je dirais qu'il y a de quoi. Pardon. Je dirais qu'il y a de quoi parce que le stradiol, il a 300 fonctions dans notre corps. Donc, le stradiol, c'est une hormone qu'on sécrète pendant tout le long du cycle. On a des récepteurs à stradiol partout dans notre corps. Donc, quand il fluctue, c'est ce qu'on voit en périménopause, puis quand il baisse, on va voir apparaître un cortège de symptômes qui peuvent être franchement différents. Des douleurs musculaires, des douleurs articulaires, des palpitations cardiaques, donc le sentiment que le cœur bat plus vite, on dort mal, on fait des crises d'angoisse qu'on ne faisait pas. Oui, il y a de quoi devenir hypochondriaque. Et c'est là où il faut essayer de se raisonner et d'essayer de comprendre. Et aujourd'hui, il y a des études qui montrent qu'en fait, on voit que les signes apparaissent par cluster, c'est-à-dire par groupe, par grappe. Donc, tu as la grappe corps, tu as la grappe un peu plus émotionnelle, etc.
- Speaker #0
Donc, c'est quand même important, si on sent qu'il y en a plusieurs... Plusieurs symptômes, peut-être d'aller faire un tour chez le cardiologue, chez d'autres spécialistes de santé ?
- Speaker #2
Je pense que si la prise de sang ne révèle rien, de toute façon, c'est toujours bien de faire un bilan vers 40 ans. Après, il faut savoir que, pareil dans les études, c'est plus aux États-Unis et au Canada qu'on voit ces études, mais une femme voit 10 spécialistes avant d'avoir le mot de périménopause. Donc, il va falloir trouver le juste milieu entre « je fais plein d'examens et tout revient normal » . Et en plus, quand on vit ça en tant que femme, qu'est-ce qu'on se dit ? C'est dans notre tête.
- Speaker #1
C'est dans ma tête, oui, voilà, c'est ça.
- Speaker #2
Donc, je dirais, si on a un bilan sanguin qui est plutôt bon, avec pas de facteur de risque cardiovasculaire, est-ce que ça sert vraiment d'aller multiplier les rendez-vous de spécialistes ? Ou on va s'entendre dire ? Ce qu'on n'a pas envie d'entendre, c'est-à-dire c'est dans notre tête.
- Speaker #0
C'est vrai. À méditer. Qu'est-ce qui se passe dans le cerveau d'une femme en périménopause ?
- Speaker #2
Alors, dans le cerveau d'une femme, ça c'est le docteur Mosconi qui a super bien étudié le cerveau en périménopause. Et en fait, qu'est-ce qui se passe ? Il se passe plusieurs choses. On a des récepteurs à estradiol dans le cerveau. Or, l'estradiol joue sur la sécrétion de neurotransmetteurs, notamment la sérotonine, donc neurotransmetteur du bonheur, et la dopamine, neurotransmetteur de la motivation. Donc on a déjà une modulation de ces neurotransmetteurs. Ensuite, on a une deuxième chose, c'est qu'on vient toucher, la périménopause vient toucher à l'hippocampe. L'hippocampe, c'est une zone qu'on a dans le cerveau qui sert au travail et à la mémorisation. Et donc, on a beaucoup de trous de mémoire ou de brouillard cérébral ou de choses comme ça. C'est parce qu'il y a cette restructuration au niveau du cerveau qui se fait. Puis on a une troisième chose, c'est que ça vient toucher aussi à l'amidale. L'amidale, au niveau du cerveau, c'est tout ce qui est gestion de l'émotion. Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, c'est important de mettre ce mot-là, c'est qu'on parle de transition. neuro-endocrine. C'est-à-dire que le cerveau, il doit aussi faire une transition.
- Speaker #1
Avec le corps, quoi.
- Speaker #2
Il se passe autre chose aussi au niveau du cerveau que j'ai oublié, c'est qu'il arrive moins bien à servir de l'oxygène. et du glucose, donc du sucre. Donc, ils ont observé avec des imageries cérébrales qu'on a une baisse d'activité du cerveau en périménopause, qui revient après, mais on a vraiment cette baisse d'activité.
- Speaker #0
Donc, quand on arrive dans une pièce, on ne sait plus ce qu'on est venu chercher, c'est normal à cette période-là, mais ça reviendra.
- Speaker #2
Alors, c'est normal, mais il y a quand même des choses à faire. Il y a toujours des choses à faire. Déjà, vérifier qu'on n'est pas déshydraté. parce que la baisse de stradiol peut entraîner une déshydratation. Elle joue sur l'hydratation. Donc, hyper important de boire au minimum 1,5 litre d'eau par jour, de prendre des oméga-3 qui vont être utiles au niveau du cerveau et d'aller voir si on n'a pas des carences comme des carences en vitamine B12. Donc, on prend soin de son cerveau quand même pendant cette période.
- Speaker #0
Tout ce que tu viens de dire, la oméga-3, la vitamine B12, complément alimentaire ou dans la nourriture brute ?
- Speaker #2
Alors moi, je suis pour déjà bien manger. Et le nom de complément alimentaire porte bien son nom. Il complémente l'alimentation. Donc déjà, on revoit sa base alimentaire. Et ensuite, oui, on vient se complémenter si nécessaire. En oméga-3, si on ne mange pas trois fois du poisson gras, comme du saumon, des sardines, des macros dans la semaine, ça va être important de venir se complémenter.
- Speaker #0
Et la vitamine
- Speaker #2
B12 ? Honnêtement, je pense que si tu manges bien, en théorie, tu n'as pas besoin d'être complémenté.
- Speaker #0
D'accord. Est-ce que l'hypersensibilité, dont on entend énormément parler... pas en ce moment, mais depuis quelques années, hypersensibilité émotionnelle ou angoisse, c'est aussi des choses qui apparaissent à ce moment-là de notre vie.
- Speaker #2
Alors, soit ça apparaît, soit ça s'amplifie.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
D'accord ? Je vois les deux cas, c'est-à-dire des femmes qui n'ont jamais fait d'anxiété deviennent hyper anxieuses à ce moment-là. Et donc, ça développe cette hypersensibilité. Et je crois que surtout à cette période, notre corps, il nous parle. énormément. On n'a pas appris à l'écouter avant. Et là, il nous envoie plein de signaux, ce qui rend les choses encore plus émotionnelles. Et l'anxiété, elle apparaît pour trois raisons. On les a un peu vues. C'est déjà la baisse de progestérone pour certaines. Pourquoi ? Parce que la progestérone, elle va se transformer dans notre cerveau en alloprègnanolone, qui est quelque chose qui va venir jouer sur les récepteurs GABA qui sont le frein. Donc, moins de progestérone, moins de freins. Ça, c'est la première raison. La deuxième raison, c'est que les fluctuations de stradiol, on l'a vu, jouent sur tout ce qui est neurotransmetteur. Donc, ça, c'est la deuxième raison. Et la troisième chose, c'est ce qu'on a vu en début, c'est que si on a été dans un stress chronique à vouloir toujours être performante, on est venu légèrement abîmer notre système nerveux et notre fenêtre de tolérance. En général, avec les variations hormonales qu'on vit, On vient jouer sur cette fenêtre de tolérance du système nerveux. Et donc, ce qui se passe, c'est qu'on a une fenêtre qui est beaucoup moins large et on a plus la tendance à sortir de notre zone, entre guillemets, de tolérance. Ce qui peut aussi expliquer que des choses qui ne nous stressaient pas commencent à nous stresser et des choses qui nous stressaient déjà, on a l'impression que c'est insurmontable.
- Speaker #0
Est-ce que c'est intéressant à ce moment-là de notre vie de prendre du GABA ?
- Speaker #2
Moi, je ne suis pas pour ajouter ça, vraiment. Je suis plus pour venir travailler sur comment j'aide mon corps à fabriquer la progestérone. Et quand vraiment elle n'est plus là, venir en donner, c'est-à-dire prendre de la progestérone micronisée. Et puis venir vraiment travailler sur son système nerveux avec ce qu'on a dit tout à l'heure. Je fais des micro-pauses, je respire, je fais du breastwork. Il y a plein de techniques aujourd'hui qui sont mises en place. On sait les techniques. Le tout, c'est vraiment d'être un peu assidu, discipliné et d'aller les appliquer.
- Speaker #0
Est-ce que c'est intéressant, si on est sous pilule, de rajouter la progestérone ?
- Speaker #2
Alors, sous pilule, ça ne va pas servir à grand-chose. La pilule, elle est là pour... Qu'est-ce qui se passe quand on prend une pilule ? On met le système un peu en... Je n'arrive pas à trouver le mot, mais tu vois. Vive la périménopause. On a vu la ménopause ? On met le système un peu en stand-by.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #2
D'accord ? Et c'est pourquoi on donne la pilule souvent en périménopause, c'est justement pour éviter ces fluctuations. Donc, on ne va pas venir donner des hormones alors qu'on vient, tu vois... Mettre à plat le système, enfin mettre en silence le système. Là où je fais juste un aparté sur la pilule, parce que c'est ce que je vis en accompagnant des femmes, il y a des femmes à qui on donne la pilule parce qu'elles sont justement dans ces montagnes russes hormonales, et en fait elles se retrouvent encore moins bien. Pourquoi ? Parce qu'on a la pilule qui vient abaisser le taux circulant d'autres hormones, comme la testostérone, et donc si on avait déjà un taux bas, on a encore un taux plus bas. Et ce manque de testostérone, c'est un manque de motivation, un manque d'énergie, un manque de confiance en soi. Donc la pilule, elle peut être géniale pour certaines et elle peut être beaucoup moins bien pour d'autres.
- Speaker #0
Et ça, du coup, tu recommandes quoi ? De noter ses ressentis ?
- Speaker #2
De noter et vraiment de se faire confiance. Je crois que s'il y a un maître mot en périménopause, c'est un peu pour ça que... que j'ai voulu créer Balance tes hormones, c'est arrêtons de douter de nous, faisons-nous confiance sur ce qu'on ressent, arrêtons cette maltraitance hormonale chez la femme, parce que moi je trouve que, enfin j'ose le mot, c'est un peu la maltraitance hormonale, arrêtons ça, et notons, il faut vraiment se faire confiance sur ce qu'on ressent.
- Speaker #0
Je rebondis sur un autre sujet, le fameux réveil de 3-4 heures du matin chez les femmes. C'est aussi un rapport avec le cortisol.
- Speaker #2
Ça, tu as raison. Qu'est-ce qui se passe ? Notre cortisol, qui est notre hormone dite du stress, mais c'est notre hormone de survie surtout, elle est sécrétée selon un cycle de 24 heures. Elle est haute le matin, puis elle baisse pour remonter ensuite. 3-4 heures, c'est quoi ? C'est quand le cortisol commence à remonter. Une femme de 30 ans qui, hormonalement, fonctionne bien, elle a son tampon. Elle ne va pas sentir la montée à 3-4 heures. Nous, c'est ce qu'on a vu. On a vu qu'on n'a plus notre tampon de progestérone, on a le stradiol qui fait le yo-yo. Le corps a tendance à sécréter plus de cortisol. Donc, on va sentir ce début de pic, cette montée de cortisol. Et hop, on va être réveillé. Il y a autre chose que j'observe aussi, c'est qu'on peut aussi faire des hypoglycémies la nuit. Donc ça, c'est à vérifier. Si on fait une hypoglycémie, on met le corps en stress et on se réveille.
- Speaker #0
Ok, donc ça peut être l'un ou l'autre.
- Speaker #2
Ça peut être l'un ou l'autre, ou les deux.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #2
Si on est chanceux.
- Speaker #0
Oui, si on est chanceux. Et du coup, pour pallier à ce réveil de 3,15 heures du matin, tu as des tips ?
- Speaker #2
Les tips, c'est quelle routine. Moi, c'est ce que je dis. Le matin, on prépare la nuit. Le soir, on prépare le matin. Donc, c'est qu'est-ce que j'ai fait le matin. Donc, c'est ce dont on a parlé tout à l'heure. Qu'est-ce que j'ai mis en routine le matin pour m'aider ? Et l'autre tip, si on sent que ça peut être une hypoglycémie, alors même si ce n'est pas génial, c'est de prendre une petite collation avant d'aller dormir. Donc, ça peut être du skier avec un peu de miel dedans.
- Speaker #1
Des choses qui vont faire qu'on va venir aussi calmer le système.
- Speaker #0
D'accord. Ok, waouh. Je ne savais pas que c'était possible, ça aussi. J'enchaîne sur les trucs vraiment sympas. La prise de poids abdominale.
- Speaker #2
La prise de poids abdominale, je vois beaucoup de choses sur Insta. La prise de poids abdominale, elle est multifactorielle. Donc déjà, première chose, on a notre stradiol qui baisse. Ça, on l'a compris. Le corps, qu'est-ce qu'il fait ? Il va remplacer par une autre hormone qui s'appelle l'oestrone. L'oestrone, ça fait partie du groupe des oestrogènes. Mais l'oestrone, elle est beaucoup moins puissante que l'oestradiol. Et l'oestrone, elle est fabriquée par nos petites cellules adipeuses, nos petites cellules gréceuses.
- Speaker #1
Génial.
- Speaker #2
D'accord ? Plus de gras pour aller pallier au manque d'oestradiol avec de l'oestrone. Ça, c'est le premier facteur. Deuxième facteur, c'est qu'on a tendance à avoir une silhouette qui devient androgyne, c'est-à-dire comme un homme. Pourquoi ? Parce que nos taux d'hormones baissent. On a la testostérone qui est relativement plus haute, puisqu'on a moins des hôtes. Donc, on va avoir plus tendance à stocker au niveau du ventre qu'au niveau des hanches et des fesses. Donc, ça, c'est la deuxième chose. La troisième chose, c'est le cortisol.
- Speaker #0
Et puis la quatrième chose, ça peut être ce qu'on a commencé à dire avec les hypoglycémies la nuit, c'est que 80% des femmes arrivent en périménopause avec une résistance à l'insuline. C'est quoi une résistance à l'insuline ? C'est qu'on gère moins bien le sucre et qu'on va avoir une glycémie qui n'est pas tout à fait stable. Et ça, ça peut aussi participer à cette prise de poids. Donc quand j'entends beaucoup parler du cortisol, bélie et tout ça, alors oui, mais en périménopause et en ménopause, c'est loin d'être. seulement le cortisol.
- Speaker #1
Et pour réguler son insuffisance ?
- Speaker #0
Sur la glycémie ? Oui,
- Speaker #1
sur la glycémie.
- Speaker #0
Là, il y a plein de choses à faire et c'est tout ce que j'explique quand j'accompagne les femmes. C'est ce que je dis, si on ne devait faire qu'une chose en périménopause, c'est stabiliser sa glycémie, donc stabiliser son taux de sucre dans le sang. Comment on fait ? On évite l'alcool, on évite les sucres transformés, on évite les sucres raffinés. Et puis, on stabilise en mettant des protéines à chaque repas dans son assiette.
- Speaker #1
Ok. Et du coup, j'enchaîne sur la musculation, qui est très importante à cette période de notre vie. Je sais que tu t'y es mis activement. Je te vois, je te suis. Est-ce que tu peux nous donner des moyens pour se motiver et surtout pour être régulier et être rigoureux avec ça ?
- Speaker #0
Alors, je vais déjà donner des moyens. c'est des clés de compréhension, c'est de comprendre pourquoi on dit de se muscler parce que je pense que quand on comprend pourquoi on le fait on n'arrive plus à s'y mettre alors déjà, pourquoi on se muscle ? pourquoi la musculation ? déjà parce qu'on perd du muscle, à partir de 35 ans on perd du muscle et ça s'accélère en fait en périménopause et en ménopause donc l'idée c'est je viens maintenir ma masse musculaire la deuxième chose c'est qu'on a tendance à grossir, pourquoi on a tendance à grossir ? c'est parce qu'on a moins de muscles comme on a moins de muscles, on se dépense Merci. on dépense moins de calories. Donc, si on n'a pas envie de trop prendre du poids à la périménopause, je rappelle juste ici que c'est 1 à 2 kilos de poids pris par année de périménopause. L'idée, c'est de venir justement, je viens de muscler. La troisième chose, c'est que quand on se muscle, le corps s'écrète des myokines qui vont agir comme des hormones et ça va venir aider à la stabilité hormonale. La quatrième chose, c'est que quand on est anxieuse, C'est un des meilleurs sports pour essayer de calmer notre anxiété.
- Speaker #1
La musculation.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Et l'idée, ce n'est pas de s'y mettre en mode bourrin. D'accord ? Parce que justement, c'est comme ça qu'après, on ne veut pas le faire. On peut commencer par des vidéos de 10 minutes, d'en faire 10 minutes trois fois par semaine, de prendre des poids légers. et puis après on augmente le temps et puis on va augmenter l'intensité.
- Speaker #1
Et si on ne fait pas ça, qu'est-ce qui va se passer ? Ça, ça peut être le meilleur.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui ne fait pas ça ? On risque de prendre du poids, on risque d'être diabétique parce qu'on n'aura pas de muscles qui vont venir utiliser notre sucre et surtout on risque de perdre notre force et notre mobilité. Donc si on veut vieillir en bonne santé et en pleine forme... l'idée c'est vraiment la musculation elle a un rôle qui est très important de rester autonome jusqu'à la fin de sa vie oui,
- Speaker #1
ça c'est quand même des super arguments concernant des douleurs articulaires et l'inflammation dans le corps qu'aurais-tu à nous partager ?
- Speaker #0
alors je prends toujours la côté théorique d'abord, pourquoi on a une inflammation qui augmente en périménopause et en ménopause Baisse de progestérone. La progestérone, c'est une hormone anti-inflammatoire. Elle a un rôle aussi dans le système immunitaire. Et en fait, quand on a cette baisse de progestérone, on va moins bien récupérer. C'est ce qui va expliquer qu'entre 35 et 40-42 ans, on va observer beaucoup de tendinite. Donc ça, c'est plutôt lié à la baisse de progestérone. Puis, quand on a le stradiol qui fluctue et qui diminue, lui, le stradiol, il vient jouer sur le cartilage, il vient jouer sur la lubrification des articulations, et il vient jouer aussi sur ce qu'on appelle les cytokines, qui sont des petites molécules qui jouent un rôle dans l'inflammation. Et en fait, c'est comme pour le stress. En gros, on a notre seuil de douleur qui diminue. Donc, on va plus ressentir les choses, notamment ces douleurs articulaires.
- Speaker #1
Et est-ce qu'il est intéressant, du coup, de mettre en place une alimentation anti-inflammatoire ?
- Speaker #0
C'est hyper important.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Je pense que c'est important pour plein de choses.
- Speaker #1
Donc les éléments inflammatoires, c'est alcool, café, sucre,
- Speaker #0
viande rouge ? Oui, mais la viande rouge, il faut la conserver. Pourquoi ? Parce que ce qu'on observe en périménopause, on passe par une phase d'hyper-œstrogénie. C'est hyper-œstrogénie relative. Ça ne veut pas dire que je fabrique trop. Ça veut dire que j'ai plus la progestérone pour compenser. Donc on va observer des... des règles très très abondantes moi je l'ai vécu ça où tu te mets à saigner t'es au milieu de la rue, tu te dis qu'est-ce qui se passe et donc là, on va le fer va être important donc on garde la viande rouge au moins une fois par semaine pendant cette période là parce que toutes les femmes que j'accompagne qui sont plutôt je te dis vers 35-45 elles ont vraiment un taux de fer qui est hyper bas et donc on vient amplifier la fatigue
- Speaker #1
Ok, donc du coup, on enlève plutôt l'alcool, le café, le sucre ?
- Speaker #0
Le sucre, tout ce qui est alimentation transformée. Et en fait, le mieux, c'est le régime méditerranéen, en gros, quand on est dans cette phase de périménopause. Donc, du poisson, des céréales, de la viande blanche, c'est très bien aussi, et beaucoup de fibres.
- Speaker #1
Oui. Et ton regard sur le gluten et le lactose ?
- Speaker #0
On a... Alors, mon regard, c'est de voir que là, c'est plus dans ce que j'ai lu et dans ce que les Américaines partagent, c'est qu'on a cette intolérance un petit peu au gluten et au lactose. Donc, tant bien que mal, essayer de le diminuer. Je ne dis pas éliminer, mais essayer de le diminuer. Et le lactose aussi, parce que finalement, dans tout ce qui est inflammation, tout ce qui est produits laitiers, ce n'est pas génial. Tout le monde me dit que le calcium est important, mais on l'a dans les légumes verts, dans les amandes.
- Speaker #1
Il y a beaucoup de femmes sportives qui font plein de sports, notamment la course à pied. Est-ce que ça peut devenir contre-productif ?
- Speaker #0
J'ai beaucoup de femmes qui ont été ultra-sportives qui m'appellent à ce moment-là.
- Speaker #1
J'ai arrêté ma course grâce à toi.
- Speaker #0
la course à pied oui elle peut devenir contre-productive pourquoi ? quand on court on est souvent en intensité cardiaque élevée en fréquence cardiaque élevée ce qui fait que notre corps va se mettre en stress on va se mettre ce qu'on appelle en système nerveux en mode sympathique donc on va venir encore puiser sur nos surrénales Donc... L'idée, ce n'est pas ce qu'on veut pendant cette période en périménopause. On va en prendre soin. Donc, il ne vaut mieux pas… Enfin, si on court, il faut vraiment beaucoup de récupération derrière.
- Speaker #1
Il ne faut pas enchaîner tous les jours.
- Speaker #0
Je te coupe. Je pense que ce qui est important, c'est vraiment d'inverser. C'est-à-dire qu'entre 25 et 35, on va faire plus de cardio que de résistance, travail en musculation. À partir de 35, l'idée, c'est que je fais plus de résistance et de musculation que je ne fais de cardio.
- Speaker #1
La marche rapide, par contre, c'est idéal.
- Speaker #0
La marche rapide, mais même la marche tout court.
- Speaker #1
Oui, ça, c'est top. Et ce n'est pas grave si le cœur, on ne le fait pas fonctionner en haute intensité.
- Speaker #0
Si tu veux vraiment faire fonctionner ton cœur et ce qui marche bien, c'est de faire des sprints. Tu marches et puis tu fais un sprint.
- Speaker #1
Génial. Ok, je prends. Est-ce que tu peux nous expliquer ce qu'est le syndrome génitourinaire et pourquoi on en parle si peu ?
- Speaker #0
Le syndrome génitourinaire de la ménopause, parce que c'est comme ça qu'il s'appelle, ce qui est un peu énervant parce que ça arrive en périménopause aussi. Son petit nom, c'est le SGM.
- Speaker #1
On a appris tellement de mots aujourd'hui.
- Speaker #0
Le SGM, c'est quoi ? Notre stradiol, il a donc... On l'a vu, on a des récepteurs à estradiol partout. Et on en a au niveau urogénital. L'estradiol vient jouer sur les tissus, notamment en termes de lubrification, en termes de pH. Et ce qui se passe, c'est que quand il baisse, on peut observer des modifications. C'est quoi ces modifications ? C'est des douleurs pendant les rapports. Ça peut être des envies d'uriner fréquentes. Ça peut être moins de lubrification. au niveau vaginal. Ça peut être des, je ne sais plus si je l'ai dit, des infections urinaires à répétition. Et ça peut aller, enfin ça peut être grave, ça peut aller jusqu'à l'atrophie du vagin. Pourquoi on en parle très peu ? Je ne sais pas si c'est une honte. Je ne sais pas si... Pour le coup, là, je ne sais pas, mais je suis d'accord avec toi. Et même dans les études, on dit que les femmes ont un problème à ce niveau-là. Et les stats, ça va de 20 à 70 %. Donc, autant dire qu'effectivement, on ne sait pas trop, parce que finalement, on en parle peu. Et c'est dommage de peu en parler, parce qu'il y a des solutions qui fonctionnent vraiment très bien. Comme par exemple, il y a des crèmes ou des ovules à base de striole, qui est... Ça fait partie des oestrogènes. Et ça, ça peut aider, par exemple, sur tout ce qui est envie d'uriner fréquente, tout ce qui est lubrification. Donc oui, c'est hyper important que les femmes en parlent.
- Speaker #1
Et ça, ça se diagnostique chez un gynéco ou c'est juste que tu as des symptômes et...
- Speaker #0
Tu as des symptômes et tu en parles. Et le médecin généraliste, il peut aussi prescrire ce genre de crème au dos.
- Speaker #1
Oui. OK. Mais il faut en parler. Il faut en parler. Il faut en parler. Pourquoi est-ce que la fatigue dans cette période de vie enfin non c'est plus tôt est-ce que la fatigue à ce moment-là de notre vie elle devient plus différente ? Est-ce qu'elle devient plus nerveuse ou plus physique ?
- Speaker #0
Moi j'aurais tendance à dire les deux Moi aussi J'aurais tendance à dire les deux parce que physiquement on l'a vu, on peut avoir ces douleurs articulaires ces douleurs musculaires le stradiol c'est quand même un protecteur de notre cœur. Et puis, aussi nerveuse, parce qu'on l'a vu, on l'a dit, notre seuil de tolérance, il a baissé. Surtout si on n'avait pas venu travailler avant sur notre système nerveux. Donc, on démarre plus facilement. On démarre, entre guillemets, un peu au quart de tour. Moi, je dirais que c'est les deux.
- Speaker #1
Comment est-ce qu'on travaille son système nerveux ? Je suis curieuse, quand même.
- Speaker #0
Comment on travaille sur son système nerveux ? C'est ce qu'on a dit, c'est le micropos.
- Speaker #1
Et du coup, comment est-ce qu'on trouve son juste rythme sans épuiser son système nerveux ? Si on récapitule, qu'on donne trois pistes.
- Speaker #0
Moi, j'ai envie de dire que c'est hyper dur de trouver son juste rythme.
- Speaker #1
Oui, c'est comme les vélos.
- Speaker #0
Pourquoi c'est dur ? Parce que pour peu qu'on ait fait des enfants tard. On a des enfants jeunes à gérer. Moi, je sais que c'est mon cas et ce n'est pas forcément évident. On est en plein essor dans notre carrière, souvent. Se rajoutent des parents qui sont vieillissants, qu'il faut aider. Donc, trouver son juste rythme, je pense que c'est marquer ses limites. Vraiment, l'importance de savoir dire non pendant cette période. Et c'est avoir, ce qu'on a vu, ces micro-pauses dans la journée. Et je ne sais pas si toi, tu observes ça, mais moi, je l'observe de plus en plus sur moi aussi. C'est que je sens que j'ai moins de batterie sociale. Même si je suis avec des amis et que je passe un bon moment. On met plus de temps à s'en remettre,
- Speaker #1
en fait.
- Speaker #0
Voilà, je mets plus de temps à m'en remettre. Et je pense que l'idée, c'est vraiment d'essayer d'avoir des moments où on est seul dans le silence pour recharger nos batteries.
- Speaker #1
Oui, complètement. Je suis bien d'accord avec ça. et cette période de périménopause est-ce qu'elle peut bouleverser le couple et notre tolérance aux situations habituelles ?
- Speaker #0
je pense que oui, elle va bouleverser le couple pourquoi ? parce que je pense qu'on est dans une période où on n'a plus envie de porter autant qu'avant et qu'on le dit au revoir Donc ça peut créer quelques frictions parce que ce qu'on faisait avant, on va dire non. Et puis c'est ce qu'on a vu, on est plus fatigué, on a besoin de moments de faire comprendre à l'autre qu'on a plus besoin de moments en solitaire. Donc oui, ça peut venir bouleverser. Il faut retrouver un autre équilibre.
- Speaker #1
Complètement, oui. Est-ce qu'enfin tu peux nous présenter tes deux programmes et nous dire comment les rejoindre ?
- Speaker #0
Alors, j'ai deux programmes. J'ai un programme qui s'adresse aux femmes qui sont en périménopause ou en ménopause. Alors là, je suis en train de tout le restructurer, mais l'idée, c'est que je vais accompagner les femmes en groupe et en individuel. Donc, faire un liste sur huit séances où on va revoir, c'est ce que je dis, il y a une base à avoir. Donc, on va revoir la base de notre pyramide, alimentation, sport, sommeil. Puis deuxième pyramide, gestion du stress, gestion du système nerveux, complément alimentaire et si besoin, voir si le traitement hormonal va être utile ou pas. Donc ça, c'est comment j'accompagne les femmes. Et là, je suis en train de développer une formation pour les professionnels de santé. autour de la périménopause et de la ménopause et du traitement hormonal.
- Speaker #1
Génial, trop bien. Donc on te retrouve sur Balance tes hormones, Instagram, le podcast qui est super bien fait. Tu fais des épisodes super courts et du coup on apprend plein d'infos. Parce que là aujourd'hui c'était super riche, moi j'ai appris plein de nouveaux mots. Et j'aimerais conclure. Sur quel message est-ce que toi t'aimerais transmettre aux femmes qui entrent dans cette période de vie qui ne comprennent pas ce qui leur arrive et comment est-ce que tu pourrais les rassurer ?
- Speaker #0
Alors déjà, moi ce que je leur dirais, c'est n'attendez pas. N'attendez pas d'être dans le mur pour dire, il faut que je fasse quelque chose pour moi. Donc je pense que c'est vraiment le moment de se remettre au centre de sa propre vie. La deuxième chose, notez. Notez vraiment ce qui arrive. Je pense qu'il y a un côté rassurant de voir qu'il y a un schéma qui se met en place. place et que ça se répète. Et la troisième phrase, c'est faites-vous confiance. Si vous tombez sur des personnes qui vous disent non, c'est pas ça, trouvez quelqu'un d'autre. Franchement, l'idée, c'est de se faire confiance sur ce qu'on ressent. C'est vraiment important. Et puis, j'aime bien dire cette phrase parce que c'est un peu ma phrase mantra maintenant, c'est de... En périménopause, on stabilise. En ménopause, on optimise. Ne cherchez pas en périménopause à faire 10 séances de sport, à vous priver pour ne pas grossir. L'idée, c'est vraiment d'apporter de la stabilité et de vraiment venir prendre soin de son corps, de bien nourrir son corps. En ménopause, on pourra venir vraiment optimiser. Mais en périménopause, c'est vraiment l'idée de stabiliser.
- Speaker #1
Génial. Merci beaucoup Karine pour toutes ces infos ultra précieuses, pour ton partage et puis à bientôt.
- Speaker #0
Merci à toi pour cet accueil et avec plaisir.
- Speaker #1
Merci d'avoir partagé ce moment avec nous dans le juste rythme. J'espère que cet épisode vous a offert un souffle, un sourire ou une idée à glisser dans votre quotidien pour avancer un peu plus à votre rythme. Si cet échange vous a plu... Parlez-en autour de vous et abonnez-vous à votre plateforme préférée. Laissez un commentaire, c'est ce qui permet au podcast de rayonner. Pour découvrir d'autres épisodes ou me contacter, rendez-vous sur le juste rythme. Et si une femme inspirante vous vient à l'esprit, écrivez-moi, elle pourrait être ma prochaine invitée. A très bientôt, et d'ici là, prenez soin de votre cœur, de votre corps et de votre tête.