- Speaker #0
Bienvenue dans le Lab oratoire de Dawila Salmi, le podcast qui ose déployer son leadership. C'est en prenant la parole que l'on prend sa place, et c'est dans le partage que l'on réussit la vie. Bonjour à toutes et à tous, bonjour Dawila, comment vas-tu ? Bienvenue dans le Lab oratoire de Dawila Salmi. Le podcast a été déployé pour son aval. C'est en prenant la parole que l'on prend sa place. Car aujourd'hui, c'est dans le salantage d'un mot que l'on réussit. Un mot chargé, un mot ancien, un mot qui, dans l'actualité et les médias, fait souvent peur avant même d'être compris. Je parle du mot « khalifa » . Selon ce que l'on regarde aux informations, il est souvent associé au pouvoir, à l'extrémisme, aux amalgames, parfois. fois même à la menace. Ce mot à l'origine parle de responsabilité, de présence, de conscience et surtout de leadership intérieur. Daouila, toi qui accompagne les femmes et les hommes à reprendre pleinement leur place, tu dis souvent qu'incarner son leadership, c'est incarner son khalifa sur terre. Non pas pour dominer, mais pour répondre de soi. Non pas pour imposer, mais pour assumer. Alors aujourd'hui... on va déconstruire, on va remettre du sens là où il a été abîmé, on va interroger pourquoi ce mot est devenu si péjoratif dans l'espace médiatique et pourquoi, dans ta vision, il n'a rien à voir avec ce que l'on croit. Que l'on soit arabophone ou non, croyant ou non, initié ou simplement curieux, cet épisode est une invitation à réconcilier les mots avec leur essence. Parce que parfois, reprendre son pouvoir commence simplement par reprendre le sens. Alors, Dawida, pour commencer, première question, j'aimerais que tu nous expliques, s'il te plaît, comment se produisent les détournements de sens ?
- Speaker #1
Oui, c'est un sujet super important parce qu'on parle de sémantique, on parle de sens, on parle de réappropriation des mots. Quand on se réapproprie les mots, on se réapproprie une parole, on se réapproprie une identité. Et donc là, c'est vrai que ce mot-là a été vidé de sa substance originelle. Avant de répondre à la question, parce qu'il y a eu plusieurs détournements, j'aimerais déjà qu'on revienne à cette notion de mot, c'est-à-dire Khalifa, d'où ça vient, où est-ce qu'on l'entend le plus souvent ? Moi, j'associe beaucoup le Khalifa au leadership conscient et à l'intelligence émotionnelle, spirituelle et relationnelle. Et c'est vraiment dans ce sens qu'on va essayer de parler de Khalifa, parce que le vrai Khalifa... Ce n'est pas celui qui va dominer, comme tu l'as dit, c'est celui qui va incarner un leadership déjà vis-à-vis de soi-même. Moi j'appelle ça le leadership spirituel. C'est un être qui va développer des appétences, des compétences, une intelligence pour se mettre au service de l'humanité et non pas pour se servir de l'humanité, pour servir son propre ego. Et aujourd'hui, le mot khalifa a été utilisé pour se servir de l'humanité. On l'entend. à différents niveaux et même au sein de notre communauté. Donc, si on revient sur l'étymologie déjà coranique, « khalifa » , on entend, déjà c'est un terme qu'on retrouve beaucoup dans le Coran, dans la sourate « bakara » , verset numéro 30 de mémoire, quand Dieu nous dit « j'ai établi sur terre un vicaire, un khalifa » . Très bien. Dieu s'adresse à qui ? Il s'adresse à ce moment-là à des anges. Si on revient sous le prisme spirituel, ce mot-là, il vient à ce moment-là. C'est-à-dire qu'il y a des anges qui vont lui dire, mais qui est cette nouvelle créature que tu as créée ? À quoi elle sert ? Alors, il y a une créature d'avant qui lui ressemblait un peu et cette créature a semé le désordre. Et là, Dieu lui dit, j'ai créé, il va leur dire, j'ai créé un khalifa sur terre. Qu'est-ce que ce khalifa va venir représenter sur terre ? Il va venir représenter les valeurs. Il est un peu comme le miroir de Dieu sur terre. Il va refléter la lumière de Dieu sur terre. Mais ce n'est pas parce que tu représentes quelqu'un que tu deviens ce quelqu'un. Tu ne peux pas t'approprier le pouvoir de celui qui t'invite à être ambassadeur de ses valeurs. C'est comme une entreprise. Il y a le chef d'entreprise, après il y a les closeurs, les ambassadeurs, les ingénieurs d'affaires. Un ingénieur d'affaires ne prend pas la place de celui qui a créé, qui a fondé la société. Il est là pour incarner les valeurs. Donc il n'est pas là pour dominer les autres. Il est juste là pour refléter les valeurs de celui qui a créé cette entreprise. C'est pareil pour l'humain.
- Speaker #0
Là où l'homme, dans certains courants, l'a détourné. au service de son égo.
- Speaker #1
Exactement. Il va se servir de l'humanité pour servir ses propres intérêts. Et quand on revient, tu vois par exemple le mot Khalifa, comme tu disais, dans certains médias, le mot Khalifa, c'est le califat. Ça fait allusion tout de suite à Daesh. Oui,
- Speaker #0
c'est l'État islamique.
- Speaker #1
L'État islamique qui a été associé à des personnes meurtrières. Donc, on va avoir une vision noire, mortifère, sombre.
- Speaker #0
Parce que c'est le message qui véhicule. C'est leur leitmotiv. c'est de dire qu'on va revivifier le khalifa.
- Speaker #1
Voilà, mais le khalifa lequel ? Celui où Dieu parle aux anges en disant j'ai créé un khalifa, il va venir gérer mes bienfaits sur terre pour mieux servir l'humanité à travers des règles, à travers des lois. Ou le khalifa de l'Empire ottoman qui décapitait des têtes. Ou le khalifa, il y en a eu énormément en Occident, il y en a encore actuellement. Lequel ? Donc là, l'idée, c'est de revenir. Moi, je veux juste revenir à l'essence, à la substance, au sens originel. Donc déjà, le mot khalifa porte trois lettres. Quand on rentre dans les racines, je crois que c'est comme ça qu'on dit, tritilaire ou les triptiques. Les mots en arabe sont toujours composés de trois variantes. Il y a la lettre kha, la lettre lem et la lettre fe. Tu vois, la lettre kha, c'est une lettre qui est profonde, qui vient de la gorge. Donc déjà, il y a une notion, c'est un son. qui vient de l'intérieur de soi, qui invite aussi à plonger dans ses profondeurs. La lettre LEM, dans la symbolique, elle part du ciel, elle s'enracine au niveau de la ligne, quand tu l'écris, et elle se relie à d'autres lettres. C'est une lettre qui part du ciel, qui passe par la terre et qui se relie aux gens. C'est un peu la lettre du lien. Il y a une profondeur vis-à-vis de soi-même. Pour moi, c'est une invitation déjà à venir construire. son propre leadership intérieur. Comment est-ce que je me mets en lien avec moi ? Comment est-ce que j'apprends à rentrer dans mes propres profondeurs ? Je ne peux pas, comment dire, leader un peuple, leader une entreprise, leader une communauté, leader des êtres humains, si je n'arrive même pas déjà, moi, à leader ce que j'ai à l'intérieur de moi. Mes pensées, mes émotions, à leader mes décisions, à faire la différence entre la voix diabolique et la voix angélique qui est à l'intérieur de moi, si je n'arrive même pas à prendre position. et être un leader spirituel à l'intérieur de mon intériorité, je serai un piètre leader à l'extérieur. Je serai un piètre manager, je serai un piètre dirigeant, conquérant, etc. Il y a eu des très bons conquérants dans toutes les civilisations. Il y a eu des conquérants et des dirigeants qui sont extrêmement malveillants. On en a encore aujourd'hui, je ne le citerai pas. Du coup, c'est que le mot khalifa aujourd'hui, il faut déjà revenir juste à la sonorité et se dire Ça n'a strictement rien à voir avec la notion de dureté, avec la notion de domination, avec la notion d'obscurantisme et avec la notion de séparatisme.
- Speaker #0
Donc là, toi, tu refais un lien avec l'encodage. Tu en as déjà parlé dans les précédentes saisons. Tu parlais des codes du Coran,
- Speaker #1
du son.
- Speaker #0
Et donc, toi, à travers ce mot-là, tu viens décortiquer les racines parce que selon toi, chaque lettre porte un code. Là, tu le disais, la lettre KHA, c'est comme ça qu'on va dire.
- Speaker #1
Tu n'as jamais de l'auditoire à le répéter, mais KHA, il y a quand même une invitation à sortir un son par la gorge. C'est quand même quelque chose qui, ce n'est pas la lettre FAI, la lettre FAI, c'est un souffle. La lettre FAI, on la retrouve dans le mot SAITIHA, on la retrouve dans l'ouverture, on la retrouve dans plein de mots qui invitent à. C'est un mot, clairement, qui t'invite à aller dans tes profondeurs et à t'ouvrir et à créer du lien.
- Speaker #0
Est-ce que tu irais même plus loin ? Là, je vais faire un lien avec ce que tu as partagé dans un autre épisode sur le cycle féminin. Tu disais que le larynx est connecté à la matrice, l'utérus. Est-ce qu'il y a aussi une notion d'amour quintessentiel à travers la notion de Khalifa ?
- Speaker #1
De toute façon, tu ne peux pas être le vicaire, l'ambassadeur de Dieu sur Terre, si tu n'as pas un minimum d'amour, pour celui qui t'a créé, mais aussi pour l'être que tu es. et forcément, si tu t'aimes suffisamment, tu as de l'amour pour l'autre.
- Speaker #0
Donc, tu ne peux pas virer dans l'extrémisme comme aujourd'hui s'est incarné.
- Speaker #1
Mais déjà, même le mot khalifa, si tu rentres dans l'étymologie, je ne suis pas une experte, mais je me suis quand même renseignée et j'apprends quand même l'arabe coranique, j'apprends quand même ce que je récite. Il y a la notion de préserver, mandater, être une présence. Il y a la notion, comment dire ? de responsabilité, de fédérer, de protéger. À quelle heure il y a le mot « dominer » ? À un moment donné, même dans la traduction, dans la sémantique, dans l'étymologie pure du mot, il n'y a pas cette notion de domination, il n'y a pas cette notion de profiter, il n'y a pas cette notion d'abuser. On est vraiment dans... Je suis là pour représenter le divin, c'est pas n'importe quoi quand même, c'est pas n'importe quoi, on est quand même sur, je représente sur terre les valeurs, donc la partie divine que Dieu a mis en moi. Et dans la partie divine que Dieu a mis en moi, il y a la fraternité, il y a l'amour, il y a la sororité entre femmes, il y a le respect, il y a la générosité. Il n'y a pas le séparatisme, que tu sois chrétien, que tu sois juif, que tu sois athée, que tu sois différent de moi, mais tu es moi. Parce que Dieu, on vient tous de la même source, on a été façonnés par les mains d'Allah. L'unique. D'ailleurs, même le mot Allah, qui est tellement doux, qui est tellement apaisant quand on le dit, même ça, ça a été vidé de sa substance.
- Speaker #0
Oui, aujourd'hui,
- Speaker #1
ça fait peur.
- Speaker #0
Ça fait peur, mais là, tu viens de dire quelque chose pour moi qui est clé et qui est très subtil. Tu viens de faire la distinction entre représentant, représentant de Dieu et représentant de la partie divine.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ça n'a rien à voir.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Tu ne peux pas représenter, être ambassadeur. Être un agent de paix, Khalifa, si on devait se rapprocher au plus des termes français, c'est être un agent de paix. D'accord ? Parce que la paix, la sakhina, SLM, c'est un attribut de Dieu. Mais ce n'est pas juste avec des mots. C'est-à-dire qu'on n'est pas là pour remplacer le divin sur terre avec ce qui nous arrange, mais on est là pour carner un reflet vivant du divin d'Allah, de lui. Mais comment ? Dans la matière. Et comment ? La meilleure manière d'incarner... Ce que je raconte, c'est comment je me comporte avec mon alter ego, l'autre, dans les relations. Parce que le monde est fait d'émotions et de relations. Donc c'est dans la relation avec celui qui ne me ressemble pas, qui ne pense pas comme moi, qui n'a pas été conditionné par moi, qui n'a pas été conditionné par les mêmes codes, par la même éducation, qui n'a pas la même histoire que moi. Comment, face à cette différence, je vais trouver un point commun ? Le mot « un » . Comment est-ce que dans cette relation... Je vais incarner celui qui nous a créés tous les deux. C'est ça un khalifa. Un khalifa ne s'auto-proclame pas. Je suis khalifa. C'est celui qui incarne le mieux. Donc les khalifas, on les voit, c'est des leaders religieux. Mais qu'est-ce qu'on fait Jésus ? Qu'est-ce qu'on fait Moïse ? Qu'est-ce qu'on fait tous ces prophètes ? Suleiman ? Qu'est-ce qu'on fait Mohamed Fadi Moussaneb ? Tous ces prophètes-là, ils ont transmis le même message. Le message de, on revient à ce qui nous rassemble. Et un khalifa, il n'est pas là pour diviser. Il est là pour protéger, réparer, soutenir, renforcer, préserver et refléter la bonté. Toutes les valeurs divines, à aucun moment, il est là pour refléter sa partie égotique, sa partie humaine, ses blessures. Parce que quand tu diriges un peuple avec tes blessures, bonjour, au revoir. Parce que tu vas vouloir dominer, parce que tu es en insécurité. D'ailleurs, un khalifa, il est en sécurité. C'est pourquoi il est en sécurité, parce qu'il fait ce travail intérieur. Il va aller vérifier, explorer ce qui le met en insécurité. Il va plonger dedans, il va s'en libérer. Donc, il est stable.
- Speaker #0
Le Khalifa n'est pas censé faire de bruit. Là où aujourd'hui, les porteurs de ce message-là portent des drapeaux, font des dégâts auprès de ceux qui agissent avec paix, avec amour.
- Speaker #1
C'est une présence, c'est une présence intérieure, c'est une présence qui évoque beaucoup de séquinades de sécurité. Normalement, un khalifa, un calife, ça peut être un président, c'est aussi un chef de famille, c'est une mère avec ses enfants. Le khalifa, ce n'est pas juste une autorité, c'est un concept.
- Speaker #0
Pourquoi ça a été autant déformé selon toi ?
- Speaker #1
Parce qu'on veut toucher à une communauté qui œuvre pour l'humain. C'est-à-dire que c'est un terme qu'on retrouve où déjà de base. C'est un mot qu'on retrouve dans le Coran qui a été utilisé. pendant une période presque de 800 ans par l'Empire ottoman, par les Omeyades, les batailles. Il n'y a pas eu que des bons sultans. Il y a eu aussi des sultans qui ont utilisé ce mot-là pour asservir des peuples, il faut le dire. Oui, il y a eu des conquêtes, mais à quel prix ? Il y a eu des conquêtes à travers le concept de khalifa, mais à quel prix ? Si c'est au prix de mort, de violence, de... de sacrifice, est-ce que c'est nécessaire ? En tout cas, là où il y a du sang, il n'y a pas d'islam. Là où il y a du sang, il n'y a pas de paix. Là où il y a du sang, il n'y a pas de khalifa. Il y a de la domination. Et le problème, c'est que dans nos communautés, en tout cas dans nos communautés, que ce soit là où on utilise beaucoup ce mot-là, c'est qu'on ne s'autorise pas à remettre en question ce qu'on nous a mis dans la tête. Oui,
- Speaker #0
parce qu'ils ne font pas partie de notre communauté. ces gens qui portent ce message là ne font pas partie de la communauté non parce qu'un khalifa c'est un gardien
- Speaker #1
Normalement, c'est censé être le gardien d'une communauté de biens. Excusez-moi, à un moment donné, quand tu utilises ce mot-là pour diviser, pour récupérer des parties du globe parce qu'il y a de l'eau, de l'or bleu ou du pétrole ou que sais-je, on n'est pas du tout dans cet aspect de protéger, de protection et d'allocation. Le but d'un khalifa, c'est aussi d'avoir des grandes responsabilités. La responsabilité, c'est aussi la rente. redistribution équitable des ressources que Dieu a mis en faveur de l'humain. Il y a énormément de ressources sur Terre. Les khalifas aujourd'hui qui se proclament être khalifas, est-ce qu'ils sont disposés à dire qu'ils ont une juste allocation des ressources auprès des peuples ? On voit bien qu'avec l'Afrique, il y a des disparités qui sont énormes. Tu regardes un peu la géopolitique à droite et à gauche, non. Bien sûr que non. Moi, je pense qu'à un moment donné... Toute manipulation sémantique se retournera contre nous. C'est-à-dire que tant qu'on ne comprendra pas l'essence de ce que l'on dit, tant qu'on n'incarne pas la pureté du mot, c'est quand même un mot qui est dans le Coran, qui a été choisi, qui a été utilisé par le divin. À partir du moment où on le vit de sa substance et qu'on l'utilise au service d'intérêts personnels, dans tous les cas, ça reviendra comme un boomerang auprès de celui qui le manipule. J'aimerais citer par exemple Ibn Arabi, qui va définir le R. Khalifa comme le miroir de tous les noms divins capables de contempler Dieu à travers lui. C'est-à-dire que c'est un être humain qui, lorsque tu te mets en face de lui, à côté de lui, ou lorsque tu es proche de cet individu-là, tu ressens toute la rahma. Parce que tous les noms divins découlent de la rahma, du mot rahma.
- Speaker #0
Retraduit quand même.
- Speaker #1
Rahma, c'est l'amour inconditionnel, quintessentiel, intarissable. de Dieu. C'est un amour qui est gratuit, qui vient de la source vers toi. Donc, il n'y a pas de condition, il n'y a pas de pour être aimé, je dois être parfaite. Il t'aime et la relation que tu as avec Dieu, elle est la plus pure parce que tu n'as pas besoin d'être quelqu'un d'autre. Tu es, il t'aime. Point. Il t'a créé comme ça. Il t'a façonné dans l'amour par amour. Et donc, le khalifa, moi qui le définis comme ça, mais Ibn Arabi et d'autres érudits le définissent comme étant celui qui va refléter les attributs divins comme un miroir. C'est magnifique. En fait, c'est ça le point. Ce n'est pas moi qui le dis. Dans le Coran, c'est ainsi qu'il est mentionné. Maintenant, il y a des hadiths, authentifiés ou pas, qui vont venir apporter des corrections, des complémentarités sur cette notion de khalifa qui est arrivée 200 ans, voire bien après la mort du prophète, sallallahu alayhi wa sallam, qui parfois sont authentifiés, parfois sont douteux. Il faut faire aussi une recherche. vérifier si la chaîne est correctement transmise, mais quand on regarde de plus près, quand il y a une petite recherche historique, on voit que ça sert quand même beaucoup la géopolitique. Voilà. Ça va en contre-sens,
- Speaker #0
voire avec le vestage de paix.
- Speaker #1
Avec la lumière qui est sans ce qu'il est sans plus refléter. Tu ne peux pas avoir peur d'un dirigeant. Tu ne peux pas avoir peur d'un homme qui a une autorité sur toi. Un homme, une femme. Si tu as peur, de l'autorité qu'elle porte, on est très loin du khalifa, parce que généralement, c'est le peuple, pour moi, c'est les personnes qui vont entourer ce khalifa, cette personne qui est ambassadeur d'une autorité, qui ressent si oui ou non elle est en sécurité, si elle le voit comme un gardien, c'est une question de ressenti aussi. Donc bon, on peut se proclamer khalifa, mais c'est comme le leadership, tu sais, le leader, c'est jamais la personne qui va venir te dire, je suis le leader de la salle. C'est souvent la salle, C'est souvent un collectif qui va identifier quelqu'un pour dire cette personne-là, elle a les compétences, elle a les appétences, elle a les qualités humaines, des qualités comportementales, des qualités douces pour pouvoir honorer telle mission. C'est rarement la personne qui s'auto-proclame khalifa. Aujourd'hui, il y a beaucoup de personnes qui s'auto-proclament, même dans nos propres communautés, être détenteurs d'une vérité. Pourquoi ? Parce qu'ils ont inventé une espèce de matrice, tu vois, où cette autorité est validée par des personnes. qui eux-mêmes font partie de la matrice qu'ils ont créée.
- Speaker #0
C'est-à-dire ?
- Speaker #1
C'est comme un film. Je vais créer un directeur, un manager, un n plus 1, un n plus 2. Et donc, pour être Khalifa, il faut être validé par le n plus 1. Sauf que le n plus 1, il est lui-même validé par un n plus 2 qui a créé la matrice.
- Speaker #0
C'est le clergé, ça.
- Speaker #1
C'est le clergé, bien évidemment. C'est un système d'idole. Donc, en fait, au final, si on te dit, lui, il est Khalifa, pourquoi ? Parce que tel... savant l'a dit parce que telle autorité religieuse l'a dit et notre responsabilité réside dans le fait de ne jamais remettre en question juste les compétences. Parce que tu sais, il y a aussi, dans la sphère religieuse, il y a aussi des hadiths qui disent que, oui, apparemment, dans le Coran, il serait écrit que quand il y a un homme au pouvoir, qu'importe s'il est bon ou qu'il est mauvais, tu dois suivre la guidance. Mais ce n'est pas ce qui est dit. Ce n'est pas ce qui est dit du tout. C'est que, de base, l'être humain qui est censé diriger un peuple, Il est censé être dans la définition du khalifa, être le miroir qui reflète les valeurs divines de base. Donc, on ne peut pas utiliser ce verset-là en mettant n'importe qui sur le trône, sur la chair.
- Speaker #0
Donc là, tous ces amalgames reposent sur un problème de définition.
- Speaker #1
Je pense que les personnes connaissent très bien ce que veut dire khalifa, mais que la problématique est plutôt collective et qu'on est devenu déféné en intellectuel.
- Speaker #0
La place de l'ego dans tout ça, tu peux nous en parler ?
- Speaker #1
Tu sais, l'ego, on dit, il y a une très belle citation qui dit que l'enfer, pardon, je reprends, que l'enfer est fait de très bonnes intentions. Il y a des gouvernements où le gouverneur, il n'est pas éthique, mais parce que c'est un roi, mais parce qu'il fait partie d'une monarchie, et parce qu'il a toujours été là, et parce qu'il ferait partie d'une certaine descendance, et parce que ça a toujours été comme ça. Tu dois te taire parce que si tu parles, tu risques la prison. Il y a encore des états monarchiques, il y en a beaucoup. Si tu parles, tu risques de te faire arrêter. Il y a une censure. Après, il y a le conditionnement. Je te donne juste l'exemple d'une famille. Quand pendant des années, 20 ans, 30 ans, 40 ans, on t'a matrixé l'esprit pour te taire, pour faire plaisir, tu mets ça à l'échelle macroéconomique dans une population. 1 plus C'est la manière dont tu vas gouverner ton peuple. Si tu le gouvernes avec la peur, avec le bâton, avec la carotte, tu les manipules. Parce qu'on manque aussi de verticalité, on manque de sécurité. Pour moi, c'est mon avis, c'est mon expérience, remettant en question ce que je dis, mais j'ai la croyance ferme, très très forte, que tous les problèmes, tous les maux de la société manquent d'une sécurité intérieure. Si nous étions certains... est certaine de dépendre de l'abondance et des bienfaits de Dieu, si notre relation avec celui qui a créé toute cette planète, toutes ces planètes, tous ces univers, si nous étions convaincus, mais vraiment dans la chair, et que ça venait de notre tripe que c'est lui qui nous soutient, on n'aurait pas peur de dépendre de quelqu'un d'autre et on ne serait pas dans cette dépendance constante vers l'horizontalité, donc c'est-à-dire vers nos gouverneurs et les personnes qui nous dirigent. On s'autoriserait plus de risques, on s'autoriserait à se tromper, on s'autoriserait à ne plus avoir peur. Mais aujourd'hui, comme on est dans une société où il y a la carotte et le bâton, et puis en plus, intérieurement, tu fais quelque chose, tu vas en enfer, en fait, on ne s'autorise plus à rien. Je suis bloquée, déjà à tort de moi, je suis bloquée, je suis fermée. Quoi que je fasse, je risque d'être exclue d'une communauté, exclue de mon clan. En fait, on ne peut rien faire. Comment est-ce que tu veux explorer ta propre vie ? Explorer la puissance de tout ce que Dieu a mis en toi, c'est déjà à l'intérieur de toi, tu as des œillères, tu es cadré, tu es fermé, le cadre il est énorme, mais toi tu te fermes. Eh bien, on a certaines communautés dans certains pays, moi je vais parler de la France parce que voilà, je suis française, et je te disais, en France, il y a quand même énormément de restrictions. Tu pars, tu voyages en Asie, tu reviens en France, tu sens quand même qu'il y a une énergie. On n'est pas du tout dans la même dynamique, que ce soit avec les gens. entre le chômage, ce qu'on nous bassine à la télé, les médias. Tu veux manipuler un peuple, Sophia, tu utilises la peur. C'est vite fait bien fait, cette histoire. Donc, la peur est un excellent levier d'autorité qui peut être utilisé par une personne qui se prétend être un khalifa, être un roi, etc. Et le peuple, parfois, est tellement habitué à vivre dans la peur que c'est ce qu'il a toujours connu. Parfois, tu vas donner trop de liberté à quelqu'un. Il retournera vers son bourreau. Au-delà de la personne, c'est plus les lois, les décisions, les comportements. Parce que l'être humain, les bancales, toi comme moi, on est dans un chemin de vie. On a des blessures, etc. Après, moi, ce dont je parle, c'est l'incarnation. Entre ce que tu prônes, avec ta voix, avec ta parole, et ce que tu vis au quotidien. Ce n'est pas évident d'être dans l'alignement. Ça fait partie de la vie.
- Speaker #0
C'est le travail d'une vie.
- Speaker #1
C'est le travail d'une vie. Maintenant, quand tu décides... de porter cette responsabilité de chef d'État, de ralentir, etc. Le travail sur soi doit être décuplé par 100 000. C'est-à-dire que le « ha, ha » , tu vois, cette notion de profondeur, de rentrer à l'intérieur de ton larynx, de ton ventre, de ton obscurité, ça doit être fois 100 000. Tu dois être un exemple, un modèle de « tesquia » , « tesquia » qui est le dépouillement intérieur. Tu dois être un modèle d'examen de conscience. Tu dois être un modèle, un champion du monde, un champion de l'univers, de connaissance de soi-même, d'introspection. Pour moi, tu t'es. t'es expert dans tes démons, tu sais comment on peut te manipuler, parce que t'évolues dans un système où il y a de la stratégie, il y a de la manipulation, voilà, c'est pas évident d'être un chef d'État aussi, c'est pas n'importe qui, bien évidemment, c'est pas par hasard que Poutine est là où il est, à un moment donné, les trajectoires sont pas toutes blanches, il faut arrêter, d'accord ? Bon, ben voilà, ok, c'est ok, y'a pas de problème, et pour tous les hommes d'État, ils font des décisions, ils prennent des décisions qui sont pas forcément tout le temps alignées, tout le temps, ils peuvent se tromper aussi, mais, justement. Quand on est dans ces postes-là, et déjà c'est être au poste de sa propre vie, ça demande quand même beaucoup de sincérité. Et quand on merde, on le dit, on peut se tromper, un chef d'État peut se tromper, et il n'est pas infaillible.
- Speaker #0
Il peut être vulnérable, le chef d'État ?
- Speaker #1
Évidemment, il peut être vulnérable. D'ailleurs, s'il ne se pense pas vulnérable, il se prend pour Dieu, forcément. Quelqu'un qui se pense être... infaillible, n'est plus le représentant. Là, il se prend pour l'être suprême qui n'a aucun défaut. Donc, un khalifa, il a besoin d'être accompagné, d'être conseillé, de se mettre régulièrement à jour. Parce que pour incarner des valeurs divines dans une société où ce ne sont pas les valeurs divines qui sont mises en avant, on ne fait pas la promotion du un, on fait plutôt la promotion du racisme. Oui, de la traduction. Bon, ça demande quand même beaucoup de courage, beaucoup d'audace. Mais après, ça nous dépasse. Les sujets géopolitiques, ça nous dépasse parfois. Et puis, il y a des choses qui nous échappent dans les décisions. Nous, on va voir une partie de la réalité, mais tu sais, c'est comme un système de poupées russes. Parfois, on peut prendre une décision qui a l'air comme ça, négative. Et en réalité, il y a un bien derrière, beaucoup plus grand que la décision que nous, on voit à prime abord. Une décision d'un chef d'État, je ne sais pas moi, de documenter, par exemple, des impôts. derrière, ça peut permettre de réduire une dette, je ne sais pas, je dis n'importe quoi, mais de l'Afrique, ou de permettre l'assainissement de quelque chose de sain. Et parfois, c'est le contraire. Tu vois, ça ne favorise pas. Donc, on n'est pas là pour juger, mais on est juste là pour revenir à la sémantique des mots et se dire pourquoi, à un moment donné, des mots doux, des mots qui ne sont pas là pour gouverner, pourquoi est-ce qu'ils, aujourd'hui, sont perçus comme une entité dangereuse presque ?
- Speaker #0
Oui, la connotation.
- Speaker #1
Tu vois ? Pourquoi est-ce qu'on va carrément utiliser ce mot-là, Khalifa, comme étant au service du mal ? Pourquoi les médias qui sont censés nous représenter, aujourd'hui, vont détourner ce terme-là pour cibler, stigmatiser une communauté ? Et il est là le vrai sujet. Parce que derrière la manipulation sémantique, on vit des humains. Ben oui, il y a qui derrière le mot Khalifa ? Il y a toute une communauté. Et oui, donc il est là le vrai sujet. Il n'est pas dans le mot. C'est un moyen de stigmatiser, d'identifier, de mettre la lumière ou l'ombre sur un ensemble d'individus repérables, physiquement et spirituellement. Il est là, le problème.
- Speaker #0
Et toi, à travers tes programmes, que ce soit dans l'Arche, dans le 360, dans tous tes programmes de formation, tu utilises le mot Khalifa sans tabou.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tu fais du lien avec le leadership. Explique-nous comment.
- Speaker #1
Clairement, moi j'ai des... personnes qui sont de toute confession dans les formations. J'ai des personnes qui sont monothéistes, qui sont bouddhistes, qui sont parfois athées, qui ne croient en rien. Par contre, moi, quand je les ai en appel, je leur explique clairement que la vision, elle est bien évidemment universelle, que je tire mes propos et mes sources de sagesse ancestrales, universelles, bien évidemment, mais aussi du Coran. Pourquoi ? Parce que moi, c'est ma croyance, je porte la croyance que le Coran va venir rassembler tout un ensemble de vérités qui ont déjà été dites par tous les prophètes d'avant et que ça vient juste mettre à jour des vérités qui ont déjà été dites mais de manière plus métaphysique plus subtil plus symbolique faut vraiment rentrer c'est j'aime beaucoup ce que dirait dacadri dit le coran c'est comme un trésor sur lequel on est assis on est assis sur des diamants un trésor mais on se rend pas compte voilà donc moi c'est une richesse à partir du moment où on s'intéresse et on s'autorise à remettre en question l'enseignement
- Speaker #0
Comment t'expliques, Dawila, que quand toi tu parles de Dieu et du Coran en France ? Tu attires et tu ne fais pas peur. Parce que je n'ai pas peur de Dieu. Parce que c'est aussi simple que ça. Je n'ai pas peur de Dieu dans le sens où la peur selon les personnes qui disent qu'on devrait avoir peur de Dieu, moi je n'ai pas peur de cet être extraordinaire qui a créé cet univers, cette planète qui est juste extraordinaire. Moi je m'émerveille tous les matins d'une coccinelle, d'un rayon de soleil, je m'émerveille du son. de ma voix, je m'émerveille de la respiration, je me dis « Waouh ! » On respire sans réfléchir, je suis vivante, mais je suis un miracle ! Pour moi, je suis un miracle, je m'émerveille, je me dis « C'est impossible que Dieu soit quelqu'un qui nous regarde comme ça, sur un trône, en mode barbu, Père Noël, avec une djellaba blanche, désolé, ça peut choquer. » Voilà, moi, je ne suis pas du tout dans la vision d'un être humain, non, non, non, non, de toute façon, je ne peux pas me soumettre à cette vision d'un Dieu humain. Moi, je suis en soumission. Et j'honore ce terme d'ailleurs, parce qu'on va parler aussi de mot, la soumission à Dieu. En fait, moi, j'aime bien décortiquer le mot sous, plus loin, mission. Je suis en mission sous l'autorité de l'extraordinaire, du parfait, du céleste, de waouh ! Nous sommes d'une planète, il y en a plein d'autres. On est un petit caillou, nous.
- Speaker #1
La voie lactée.
- Speaker #0
Donc déjà, laissez-moi tranquille, j'ai le privilège, je peux me relier à lui. Vous n'allez pas me ramèter des idoles humaines entre moi et mon Seigneur. Ça se sent, Sophia, ça se ressent. La foi, ce n'est pas quelque chose que tu apprends dans les livres. C'est quelque chose d'inné, c'est quelque chose que Dieu t'a mis, t'a insufflé. Tu fermes les yeux, tu n'es pas bien, tu entends une voix diabolique, tu es nulle, et quand vraiment tu plonges en toi,
- Speaker #1
tu sens une voix qui te dit que tu peux y arriver.
- Speaker #0
C'est ça, pour moi, c'est ce soutien. Et la prière est un accélérateur de cette relation qui existe, de cette connexion qui a toujours existé. par contre quand tu me dis Dieu châtieur moi je ne sais pas de qui tu parles En tout cas, moi, je ne pose pas mon front plusieurs fois par jour. Ça, on ne prie pas le même Dieu. D'ailleurs, je le dis souvent en formation. Je ne sais pas à qui tu pries, mais on ne prie pas le même Dieu. Quand je vois qu'une femme, elle est apeurée, elle a peur de tout. Mon Dieu, j'ai peur d'entreprendre parce que si j'entreprends et que je me trompe, qu'est-ce qu'on va penser de moi ? J'ai peur de prendre la parole parce que quand je prends la parole, je le prends en tant que femme, mais bon, en tant que femme musulmane, si je me trompe et que je dis ça, je vais me retrouver avec la brigade des musulmans qui vont venir me dire que j'ai pas le droit. Mais on s'en fout. Ce qui compte, c'est que Dieu connaisse ton intention. Tu as le droit de te tromper. Encore heureux que tu te trompes. Tu es un humain, ce n'est pas grave. Ce que tu dis est ta propre vérité. Tu le dis en tant que tel. Personne n'a porté tes chaussures. Personne n'a porté ta vie. Ce que tu partages en tant qu'expérience, en tant qu'histoire, c'est ta vie. Donc, c'est la vérité. C'est ta vérité. Et tu le dis. moi tout ce que je partage dans ce podcast là ça a été vécu, ça a été incarné je l'ai vécu dans ma chair, dans mon sang j'en parle mais Une personne qui vit la même expérience que moi la vivra d'une certaine manière, mais ça sera sa vérité. Et pourquoi ma vérité sera supérieure à la sienne ? Ben non, t'as raison, j'ai raison. C'est tout. Donc pour moi, Dieu, c'est Allah. Je ne voudrais pas parler de Dieu parce que Dieu, c'est Zeus, tu vois. Mais quand tu dis Allah, c'est le un. C'est-à-dire qu'il n'y a même pas d'article. Tu ne peux pas le définir, il n'est pas genré. C'est une entité qui te soutient, qui te porte. Regarde juste une coccinelle. Je ne sais pas si tu te rends compte, mais... Dans cette pièce-là, il y a plus de vide que de matière. Régible. Je respire, je te parle, j'ai mon cœur qui bat. C'est un outil extraordinaire qui te permet d'évacuer du sang partout. Ça ne te demande aucun effort. Il y a des gens qui pensent que c'est normal. C'est un dû. Non, ce n'est pas un dû. Va dans les hôpitaux, tu verras que ce n'est pas un dû. Le fait de se lever le matin et d'avoir de l'eau, le fait de se lever le matin, d'avoir de l'eau chaude, le fait de se lever... d'avoir chaud, d'avoir du chauffage. Excuse-moi, pour moi, je suis un miracle. J'ai de la chance de vivre cette expérience humaine. Déjà, je rends grâce à cela. Donc, vous n'allez pas commencer à me raconter que Dieu, en plus, il est mauvais. Il se venge, il te fait des pièges. Non, non, non. L'opinion que tu as de Dieu va influencer la manière dont tu vas vivre cette expérience humaine. Voilà. Et ça, ça peut enquiquiner beaucoup de personnes qui utilisent la vision de Dieu. Pour manipuler. Je te parlais de sécurité. Quand tu sais qu'il te porte, quand tu sais qu'il est bon, il y a un cadre, bien évidemment. Attention, les valeurs divines, c'est le respect, c'est l'amour de soi. On ne devrait même pas s'intéresser à la religion de quelqu'un. Tu vois, quand tu me disais comment tu fais avec les personnes qui viennent, etc. Moi, je leur dis, on est tous musulmans. Au début, ça choque. Et quand je reviens sur la sémantique, muslimine, c'est être un agent de paix. Vous qui êtes ici, je leur pose la question. Est-ce que vous êtes là pour servir l'humanité avec votre message. On va apprendre à le structurer. on va créer des structures narratives, on va créer votre pitch, on va rentrer dans votre storytelling. Vous allez avoir tous les outils d'art oratoire. Aux petites oignons ! Mais surtout, ce que je vais vous apprendre à vivre, c'est à incarner, à transpirer votre message pour qu'il soit entendu, vu, reçu de la meilleure des manières et pour qu'il puisse faire passer votre auditoire à l'action. Donc, vous êtes tous des acteurs de paix ? Oui. Vous êtes tous musulmines ? Qui ne l'est pas ? Personne ne l'est vraiment. On l'est tous. Donc, on est tous d'accord. Et je reviens systématiquement, quand j'utilise un mot, je reviens sur le sens, sur sa substance originelle. Et la substance originelle, c'est la même pour toi, c'est la même pour une Sophie. C'est la même pour une Sophia, c'est la même pour une personne qui vient d'Asie, c'est la même substance. Donc quand tu reviens au sens sacré des termes, tu crées le 1. D'ailleurs dans le mot communication, il y a le mot commun. Donc tu ne peux pas communiquer avec le monde si déjà avec toi-même, tu n'arrives même pas à unifier toutes les parts d'ombre qui sont à l'intérieur de toi. Donc la meilleure manière en tout cas d'inviter les personnes à rester dans cette dynamique du 1, c'est toi déjà d'être ok avec qui tu es pleinement sans te brider. Moi, je ne vais pas m'inventer une vie. Je viens, je fais ma prière, je mange à l'âle, je leur propose ce qu'elles veulent manger, mais je ne vais pas ramener du porc, je ne vais pas ramener de l'alcool chez moi. Elles le savent très bien. Mais parce que j'attire des gens qui me ressemblent. Moi, ça m'étonne beaucoup, mais énormément, que l'on puisse être dérangé par le un, par la source d'amour, par celui qui nous... enveloppes de chaleur et de protection. Je trouve ça étrange de ne pas oser en parler. Mais encore une fois, il y a... Je parlais avec une de mes clientes qui me disait « Mais pour moi, prier, se soumettre, c'est vraiment l'Église. C'est le concept d'Église, le concept du prêtre. C'est vraiment me soumettre à des hommes. » Donc, c'est-à-dire que ce fléau-là, il est dans toutes les...
- Speaker #1
C'est même pas que la soumission. Il y a... Beaucoup vont te dire, oui, mais les religions n'ont créé que des guerres. C'est beaucoup de sang, beaucoup de division.
- Speaker #0
Parce que derrière la guerre, c'est des quêtes de pouvoir. Derrière les guerres sous couvert de religion, c'est souvent des territoires, du pouvoir et de l'argent. On est toujours là-dedans. Mais encore une fois, on revient à l'essentiel. Une religion construite par un homme n'a rien à voir avec le créateur. En fait, le créateur, quand tu te connectes à Dieu, ça se ressent, c'est un sentiment. Ça n'a rien à voir avec une religion quelconque. Il y a des personnes qui ne savent même pas ce que c'est que l'islam, qui ne savent même pas ce que c'est que le judaïsme, qui ne savent même pas ce que c'est que le christianisme. Ils ne savent même pas. Mais ils croient en Dieu. Donc tu vois, une foi, c'est quelque chose qui est inné, qui te prend en tripe. Et c'est vrai que c'est souvent quand tu es au plus bas, quand tu es rejeté, c'est souvent quand tu es seul que tu te rends compte que tu ne l'as jamais été. Souvent, quand tu es seule dans les moments les plus difficiles, tu vas te raccrocher à ça. Tu vas te raccrocher. Quand je dis à ça, c'est à cette force supérieure qui te permet vraiment de garder le cap. Quand on arrive au suicide, à la dépression, c'est qu'il n'y a même plus de lien. Tu es dépendant des relations horizontales. Mais toute cette notion de s'éloigner de Dieu, il y a une responsabilité, il y a une triple déformation. Bien évidemment, il y a les médias, la presse. On est dans une société moderne, très capitaliste, où malheureusement... On a besoin de créer des épouvantails, des figures de peur, encore une fois pour contrôler l'opinion publique. Les médias sont censés nous représenter. C'est pour ça que j'ai créé ce média-là, le laboratoire, pour permettre à tout un chacun de venir exprimer son propre khalifa, c'est-à-dire sa valeur divine, et la réfléchir sur la caméra pour qu'elle soit entendue par l'auditoire. Parce qu'aujourd'hui, on ne peut plus faire confiance aux médias mainstream. Il est important et c'est pour ça que les médias fonctionnent, les médias personnels. Les podcasts fonctionnent parce qu'on a bien compris, l'humain a bien compris. On est quand même dans un moment d'éveil où on comprend que ce qu'on nous vend à la téloche,
- Speaker #1
c'est à ses limites,
- Speaker #0
c'est à ses grosses limites. Donc, ils ont construit un narratif en défaveur d'une certaine population, comme je te l'avais dit, pour créer la dissociation, pour créer la séparation. Ensuite, il y a aussi des mouvements qui s'approprient des termes, parce que ça les arrange. Ils vont les sortir de leurs essences pour créer. des conflits. Il y en a plein. Donc, c'est des politiques. Ça les arrange. On a bien vu, à un moment donné, Emmanuel Valls, il était ami avec certaines communautés, puis tout d'un coup, il n'était plus du tout ami. Donc, il y a les médias, mais il y a la sphère politique qui joue avec aussi ces termes-là. On le voit bien. Il faut juste renseigner sur les campagnes, écouter les mots qui sont utilisés par Le Pen parfois, pour venir attirer un certain électorat. D'accord ? Mais, et là, c'est le plus douloureux pour moi de le dire, c'est aussi utilisé par notre propre communauté. Voilà.
- Speaker #1
Donc là, l'OP un petit peu ?
- Speaker #0
Consciemment ou inconsciemment, bon gré, mal gré, on va alimenter la définition perverse du khalifa pour, encore une fois, aller s'octroyer un pouvoir, aller s'octroyer des faveurs en utilisant cet exemple de khalifa qui part en djihad, guersaint, tous ces mots-là, en réalité, sont souvent utilisés par la communauté qui est censée représenter le bien. en tout cas, et ce n'est pas forcément le cas. Donc, on voit bien qu'aujourd'hui, inventé ou pas, on dit que l'État islamique a été inventé, on dit que Daesh, c'est aussi un parti qui a été inventé, je ne sais pas. D'accord ? Ça a existé, ça n'a pas existé, je ne sais pas, je ne vais pas me prononcer sur le fait, mais, d'accord, c'est quand même les hommes qui ont utilisé ce terme-là, ce n'était pas pour refléter la lumière divine. Et malheureusement, dans certaines strates de la communauté parfois musulmane, ces mots-là vont être réutilisés, d'accord ? À des fins, encore une fois, de manipulation pour faire peur. Je suis votre khalifa, faut suivre le khalifa. Dans la religion, on dit que, bon, c'est quand même dommage. Maintenant, moi, pourquoi est-ce que j'ai voulu faire cet épisode ? C'est parce que je l'utilise beaucoup. C'est un mot qu'on va beaucoup entendre dans le podcast. Et je voulais vraiment revenir et le remplir de son essence originelle. qui est être un ambassadeur, un agent de paix, qui va refléter, une, deux, trois, le maximum de valeurs divines. Parce que quand on fait ça, vis-à-vis de soi-même, on n'a même plus besoin de le dire, on rayonne. Et que ça passe par une relation verticale, pleine, remplie, sans idole, pour enfin offrir ce qu'on est censé offrir à l'humanité. Et si chaque individu pouvait comprendre le mot khalifa comme étant déjà une... posture vis-à-vis de soi-même, c'est-à-dire de leader intérieur, et bien évidemment, un, on pourrait revenir à une pleine éducation de soi. D'ailleurs, c'est comme le mot djihad. Je ne sais pas pourquoi on raconte que ça veut dire une guerre sainte. C'est surtout éduquer son égo à se soumettre, à se mettre sous l'autorité de l'amour de Dieu en soi. Quand tu soumets tes petits besoins égotiques de plaire aux gens, tu te dis, mais non en fait, soumets-toi. Arrête, apprends à dire non. C'est terminé. Arrête de chercher la faveur des gens. Arrête de te taire pour plaire à maman, papa, alors qu'ils sont injustes. Tu vois, ça c'est soumettre ton égo à ta verticalité, à ta relation divine, en disant, même si tu es rejeté, tu es un ambassadeur de la vérité. Tu dois dire la vérité, même si c'est au risque de déplaire, même si tu risques de te retrouver sans frère, sans soeur, sans fratrie, même si tu es seul, même si tu te retrouves complètement désarmé, tu es le khalifa. Et ton djihad, à ce moment-là, la véritable guerre sainte, L'éducation saine, c'est venir dire à ton égo, hé, on n'est pas tout seul, on est au service de la vérité, et ce n'est pas parce que j'aime cette personne, qu'elle remplit mon petit confort, qu'elle me fait du bien, qu'elle me paye, qu'elle me permet d'avoir certains bienfaits dans ma vie, que je vais me détourner de ce pourquoi Dieu m'a créé, d'être un khalifa. Et là, je passe par un djihad neuf. C'est ça le diable, c'est pas la guerre sainte vis-à-vis d'autrui.
- Speaker #1
Tu me fais une parfaite transition parce que justement, tu as parlé de ce Khalifa à l'échelle sociétale. Tu as parlé des médias, du fait qu'il fallait aussi à nous-mêmes de refaire un travail. Il faut qu'on ait une honnêteté intellectuelle par rapport à tout ce qu'on consomme, même quand c'est culturel, même quand ça vient de notre propre « patrie » . Et je veux que là, on aille en entonnoir et qu'on aille cette fois-ci dans le cœur. la famille et souvent tu invites à reprendre notre leadership au sein des nôtres au sein de notre foyer comment on reprend, je vais utiliser ton terme comment on reprend notre Khedifa avec nos parents, avec notre conjoint, nos enfants quand on les aime comment on reprend notre leadership parce que c'est ce vers quoi tu accompagnes toutes les femmes qui intègrent tes programmes On commence par le petit foyer, proche de chez nous. Est-ce que tu peux nous donner quelques tips, parce que j'aime bien qu'on finisse toujours nos épisodes comme ça, avec quelques tips sur comment reprendre un petit peu les pleins pouvoirs, parce que parfois on ne s'en rend pas compte, on est pris dans la vague, et on ne prend pas conscience qu'on est encore dans du mimétisme. On a ce fameux clergé dont on a parlé, avec les nôtres.
- Speaker #0
Il y a plein d'outils, il faut venir à l'arche. C'est quand même... Je vais revenir déjà au mot. Être un khalifa, c'est revenir... à notre éducation, à notre éducateur, à celui qui nous a formés. C'est repasser en formation, c'est nous déformater de ceux qui nous ont formatés. Il y a tout ce travail-là. Mais qui a envie de le faire ? Moi, je dis souvent, je n'ai pas de père, je n'ai pas de mère. Au sens spirituel, je n'ai qu'un repère, c'est mon Seigneur de l'univers. Maintenant, bien évidemment que j'ai une mère biologique que j'adore, j'ai un papa biologique que j'adore, qui m'ont inculqué des sagesses. des leçons extraordinaires, mais il y a une partie de ce qu'ils m'ont inculqué qui est venue créer des couches, des voiles, très épais parfois, entre mon caractère originel. Oui, j'ai des appétences originelles. J'ai, comment dire, une préciosité à l'intérieur de moi. En fait, l'être humain, il a des traits de caractère céleste. Il a des traits de caractère qui sont intimement reliés au créateur. Moi, je vois ça comme une ligne de temps. C'est-à-dire qu'on est là et Dieu est tout proche. Mais si tu veux, entre moi et mon essence, mon identité originelle, il y a des couches. Donc, mon travail, ce n'est pas de me rapprocher de mon Seigneur, parce que c'est le très proche, c'est écrit partout, c'est le très proche. Moi, mon travail consiste à retirer tous ces voiles qui m'empêchent de ressentir mon identité originelle. Et cette identité originelle, elle demande de la liberté. D'ailleurs, c'est une petite clé, c'est très subtil. En fait, c'est tellement simple que parfois, on ne comprend pas que c'est une clé hyper puissante. Plus c'est simple, plus les gens veulent des choses compliquées. Dans quel espace de votre vie vous vous empêchez d'être vous ? Dans quel espace de votre vie vous vous forcez à être plus ? Dans quel espace de votre vie vous vous sentez petite ? Vous ne vous sentez pas assez ? Vous vous sentez diminuée ? Juste ces phrases-là, si vous vous les posez, si vous les écrivez, si vous y répondez, vous allez avoir toutes les réponses. Vous allez tomber dans le bal des faux culs. Vous allez voir que vous mettez beaucoup de masques avec beaucoup de personnes et souvent avec ceux que vous aimez. Parce que vous avez peur de les perdre, parce que perdre quelqu'un, perdre la reconnaissance. Parce qu'un être humain, il est social, il est émotionnel, il a besoin d'être en lien. Et la peur la plus profonde d'un être humain, c'est d'être seul. Mais en réalité, il n'est pas seul. Il n'est jamais seul. Et je peux te garantir que lorsque tu t'autorises à avoir des discussions inconfortables avec des gens que tu aimes, là, tu te rapproches. de ton essence divine. Parce que tu n'as plus peur que la vérité t'échappe. Parce que ce que tu cherches, te cherche. Parce que quand les bonnes personnes sont censées te rencontrer, quand les bonnes personnes sont censées rester dans ta vie, jamais tu ne peux perdre quelqu'un dont Dieu t'a destiné de partager un bout de ta vie. Mais quand tu as peur de perdre des personnes, ce ne sont pas les personnes que tu as peur de perdre, c'est le... confort, c'est l'illusion qu'ils te font ressentir quand tu es avec eux. C'est l'illusion de la stabilité, c'est l'illusion du confort. Alors que normalement, ce confort et cette sécurité intérieure, tu n'es pas censé le vivre grâce à eux. Je ne me sens pas en sécurité parce que tu es là. Je ne me sens pas solide parce que tu es là. Je me sens solide parce que je suis soutenue par lui et c'est cette solidité que j'offre à l'humanité.
- Speaker #1
Excellent tips, je n'en attendais pas autant. Là, c'est des vraies pépites que tu viens de délivrer aux personnes qui nous écoutent. L'épisode touche à sa fin. Merci infiniment, Dawila, pour cet échange, pour tes partages riches et authentiques, au risque de déplaire. Aujourd'hui, on comprend que derrière certains mots qui font peur, il y a parfois des vérités qui libèrent. Que le khalifa, le califat, ce n'est ni un fantasme de pouvoir, ni une idéologie. mais une invitation profonde à la responsabilité, à la conscience et à la cohérence intérieure. Alors peut-être que la vraie révolution ne commence pas dans les institutions, mais dans l'intimité de nos décisions quotidiennes. Merci de nous avoir rappelé que le leadership le plus puissant est souvent celui qui ne fait pas de bruit. Merci à toutes et à tous de nous avoir écoutés. N'hésitez pas à nous partager en commentaire vos ressentis. Et on se retrouve très vite.
- Speaker #0
Merci Sophia, et je voudrais quand même... Terminez avec quelque chose de très important pour moi et pour toi. Remettez absolument en question tout ce qui a été dit. Allez vous renseigner. Autorisez-vous à utiliser votre volonté libre. Pour moi, cet épisode était une révolution contre l'aliénation d'un système qui déforme des mots pour créer la séparation chez l'humain. Cet épisode est là pour nous réunir et non pas pour nous diviser. Je vous confie à Dieu dans les dépôts confiés.
- Speaker #1
Ne se perde jamais. et je vous dis... À la semaine prochaine. C'est l'air ! No limit pour le partage. Alors si vous avez apprécié cet épisode, n'hésitez pas à le diffuser autour de vous. Abonnez-vous pour ne rien louper.