- Speaker #0
Les voix de l'écho,
- Speaker #1
Et oui, bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans les voix de l'écho du mercredi 24. 4 juin 2026. Aujourd'hui, je vous propose une émission qui nous emmène loin du bruit, loin de l'agitation, loin des agendas surchargés, des notifications permanentes et du rythme parfois étouffant du quotidien. Direction le désert. Le désert, c'est une image forte. On pense aux dunes, au sable, à l'horizon, à la chaleur, aux nuées toilées, au silence. Mais le désert, ce n'est pas seulement un paysage spectaculaire. C'est aussi une expérience, une rencontre, un territoire et peut-être surtout être avec les autres et soi-même. Et pour m'accompagner dans l'émission du jour, notre spécialiste de l'assertivité, Alexis Desjeux. Bonjour Alexis, de quoi allez-vous nous parler aujourd'hui ?
- Speaker #2
Bonjour Yves, bonjour chers auditeurs. On va parler de vacances et d'anticipation, un duo gagnant pour cultiver son assertivité.
- Speaker #1
Alexis, on vous retrouve d'ici 10 à 15 minutes pour votre chronique. Et également en studio avec nous, le chef Hervé Chéneau. Bonjour chef, de quoi allez-vous nous parler aujourd'hui ?
- Speaker #2
Bonjour Yves, bonjour à tous. Eh bien écoutez, aujourd'hui je vais vous parler d'un grand chef qui vient de fonder un...
- Speaker #3
Un bien beau programme, ça s'appelle The Chef dans votre cuisine.
- Speaker #1
On retrouve votre chronique en deuxième partie d'émission. Dans un monde où tout va vite, où l'on cherche souvent à remplir le vide, le désert nous invite à faire l'inverse. Ralentir, marcher, observer, écouter, accepter de perdre certains repères pour en retrouver d'autres. Mais pourquoi partir dans le désert aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'on va chercher dans ces grands espaces de l'aventure, du dépassement, une forme de déconnexion peut-être, une réponse à une période de vie ou simplement une autre manière de se sentir vivant ? Alors nous allons parler de voyage, d'aventure, de marche, de silence, de préparation, d'accompagnement, mais aussi de ce que le désert peut révéler chez celles et ceux qui acceptent de s'y confronter. Alors est-ce que le désert est un lieu que l'on traverse ou une expérience qui nous traverse ? Chers auditeurs et auditrices, en cette période de canicule, le sujet d'aujourd'hui tombe à point nommé. Bienvenue dans cette nouvelle émission des Voix de l'Echo.
- Speaker #4
Les voix de l'écho, une émission présentée par Yves Maguin.
- Speaker #1
Et donc pour parler de voyage dans le désert et pas que, j'ai le plaisir de recevoir aujourd'hui Stéphane Dadiens d'Aventurium. Bonjour Stéphane. Bonjour à tous. Merci beaucoup d'être ici dans le studio de Radio G. Alors Stéphane, avant de parler de désert, j'aimerais commencer par vous. Qui êtes-vous et comment vous présentez-vous ?
- Speaker #5
Merci pour l'invitation, c'est avec joie que je suis avec vous. Comment je me présente ? Comme un explorateur peut-être ? J'ai eu le plaisir de voir Réveil arriver,
- Speaker #1
peut-être un explorateur du cœur. Même si son cœur est de travers sur son joli t-shirt, le moment est venu pour remettre le cœur dans le bon endroit. Quel est votre parcours avant Adventurium ? Quel a été votre chemin avant cette création ?
- Speaker #5
Écoutez, avec ce premier sou sur cette vie... Comme chacun chemin faisant, j'ai d'abord été dans une vie professionnelle de salarié. Et puis à partir de 2005, j'ai créé une société dans le monde de l'informatique. Ça m'a permis de vivre le monde de l'entreprise, de l'économie, de le découvrir. C'est vrai que je n'ai pas de cette culture-là. Donc c'était une rencontre au travers de mes élans, de mes engagements, assez animés par le sport, les projets, c'est quelque chose qui m'a toujours animé. Et en même temps, le parcours m'a permis de rencontrer des personnes qui ont fait que j'ai été créateur. Puis en 2008, on a racheté une société en Vendée. J'ai découvert de nouveaux territoires. Et il y a une similitude, puisqu'en fait, la création, l'association professionnelle, s'est faite au travers d'une rencontre autour d'un mot, le désert. Je sortais d'une expérience en 2004. C'est ma première rencontre avec le désert. C'était une épreuve du championnat des rallyes raides en moto. Et je vais sortir cette expérience, évidemment. Bouleversé, oui, aussi, et en même temps hypnotisé. Et de retour, je rentre en clientèle et lors du rendez-vous, on prend conscience que mon interlocuteur est aussi passionné de désert et la magie va opérer ainsi. Ce qui fait que là, on va partir sur un projet, c'est de nourrir quelque chose. J'ose dire, et on y reviendra peut-être sur le désert, mais que ça a vraiment contribué à un regard différent sur la vie. Et donc après, le chemin a continué son oeuvre avec des expériences différentes, jusqu'en 2014, créer Adventurium au sein de ma société informatique. Puisque je passais pour un dirigeant en réseau un peu atypique, parce que je me formais à la sophrologie, à l'hypnose, à la PNL, aller chercher des outils pour peut-être mieux comprendre l'humain, manager autrement, intégrer de la vie, de l'élan. Et j'ai toujours cette soif, en fait. Peut-être l'appel du désert, c'est cette soif intérieure, d'aller trouver des clés, etc. Et aujourd'hui, on en reparlera aussi, mais j'ai peut-être un peu un regard différent sur ces soifs d'outils, puisque l'outil principal est peut-être d'une manière très simple et pas très loin.
- Speaker #1
Alors, Adventurium, c'est un nom qui évoque immédiatement l'aventure. Pourquoi vous avez choisi ce nom, en fait ?
- Speaker #5
C'est vraiment une composante autour de l'aventure et des hommes avec un grand H, puisqu'en fait, le féminin nous donne cette vie sur Terre, on peut lui rendre grâce. Hommes et Femmes, YUM, c'était vraiment l'association de l'aventure et de l'humain pour aller à la rencontre de soi, peut-être ses marches extérieures, mais ses marches intérieures. Aujourd'hui, ma proposition, c'est clair qu'elle s'adresse à des particuliers, à des professionnels, mais dans l'entreprise, je pense qu'on a, en tout cas moi j'ai à cœur, d'aller vers un management humaniste, porter un regard différent sur le management et mieux se connaître et mieux connaître les autres. C'est assurer une performance humaine, donc économique et un mindset inversé.
- Speaker #1
Oui. Vous vous présentez comme un révélateur de potentiel humain. Qu'est-ce que ça signifie concrètement ?
- Speaker #5
Peut-être ambitieux avec leur cul. Cette carte a été faite. Le temps va venir Yves de la refaire. Puisque c'était 2016 quand la société est née officiellement. En tout cas, au-delà du mot, parce que c'est toujours le même sujet, c'est qu'on peut venir poser une sémantique, on peut venir poser un référentiel. Mais je crois, pour être vraiment sincère, qu'à un moment donné, c'est d'aller toucher en soi ses ressources dans les différents centres. C'est vrai que cette approche autour de la préparation mentale, par exemple on va parler d'un centre mental, d'un centre émotionnel, d'un centre corporel, et bien lorsqu'on va aller dans une lecture transversale, on va se découvrir avec ses propres ressources. Et donc derrière cette phrase qui vraiment me fait sourire aujourd'hui, je me dis que c'est peut-être ça que j'allais proposer, c'était de faire découvrir et de révéler. évidemment en soi. Moi, je ne suis pas un magicien. Je dis toujours que les clés, c'est la personne qui les a. En revanche, au travers de protocoles, de techniques, etc., qui ne sont pas l'essentiel, mais on va aller faire cheminer la personne pour qu'elle assure des déblocages. Et à partir du moment où elle prend conscience de son amplitude, consciemment ou inconsciemment, et bien là, où frein, croyance limitante, blocage, etc., on va libérer quelque chose. Et il n'y a rien d'autre de plus extraordinaire que la personne puisse rayonner qui elle est. de ce puits, son centre intérieur, ce cœur.
- Speaker #1
Carrément. Et alors du coup, justement, la création d'Adventurium, ce n'est pas simplement une création d'entreprise, on pourrait dire que c'est carrément une mission de vie finalement ?
- Speaker #5
Oui, je l'entends. Oui, ça me parle. Non, mais je n'ai rien à ajouter là-dessus. En fait, je pense que c'est un peu comme... Les Africains ont un proverbe en fait, la vie c'est comme des chemins entremêlés de vaches. Mais derrière ça, il faut y entendre différentes choses. Et peut-être que jusqu'à maintenant, en tout cas mon envie, mon élan, c'est de vraiment pouvoir moi-même découvrir de nouvelles choses, de grandir, de s'élever. Et qu'à un moment donné, le chemin de la vie nous a amené à vivre des choses. Et qu'est-ce que j'en fais ? Et comment je rebondis ? Et comment je vais développer autre chose ? Et en ce sens-là, je trouve ça dynamisant pour... apporter un nouveau regard, un nouveau éclairage. Et on voit bien entre un flot qui peut nous emmener vers des basses énergies et qu'à un moment donné, si on va chercher autre chose, quelque chose qui nous anime, qui donne beaucoup de foi. J'ai trois jeunes stagiaires ici que j'encourage à vivre pleinement leur vie dans leur élan. J'ai aussi, je suis un papa de trois filles. Et c'est de leur dire, mais c'est possible, il faut regarder, il faut aller chercher en vous ce qui vous anime, vibrez votre vie et ça va y aller.
- Speaker #1
Oui, j'adore. Je vous propose de faire un premier jeu dans l'émission Stéphane, arrive ! Alors pour ce premier jeu nous allons faire votre boussole métier. L'idée est très simple, en fait j'ai pris les points cardinaux pour essayer de mieux comprendre votre métier, votre posture, votre matière d'accompagné finalement. Peut-être aussi ce qui vous guide dans le désert ou en tout cas dans votre parcours professionnel. Est-ce que vous êtes prêt ? Prêt ! C'est parti. Alors dans votre activité, quelle est votre étoile polaire ?
- Speaker #5
L'étoile polaire ?
- Speaker #1
Qu'est-ce qui vous guide ?
- Speaker #5
Ah, la question...
- Speaker #1
Alors on y va fort là.
- Speaker #5
Oui, ça démarre très fort.
- Speaker #3
Stéphane, c'est vraiment dur, c'est vraiment difficile à répondre parce qu'Yves est un champion de la question.
- Speaker #5
Je m'y emploie. Aujourd'hui, encore une fois, je pense qu'il y a un chemin. Si je reviens là sur le côté intuitif, le cœur en fait.
- Speaker #1
Oui, ok. Quand on part dans le désert, on perd beaucoup de repères, enfin j'imagine en tout cas, mais vous qu'est-ce qui vous permet de rester ancré et stable justement avec les personnes que vous accompagnez ?
- Speaker #5
C'est un peu comme un archer en fait, dans cette voie de l'archer où en fait on va avoir l'outil en main. On va avoir la flèche, on va avoir la cible, et c'est de garder le cap. Et cette métaphore, je la trouve excellente, parce que le désert, en fait, c'est fait pour se perdre. Se perdre, c'est pour mieux se retrouver. C'est quelque chose que j'expérimente, puisque, encore une fois, l'échelle de chiffres dans ce monde égotique ou d'Excel n'a aucun intérêt. Je lamine moi-même mon égo, et qui peut se manifester sur d'autres plans. Mais j'ai expérimenté 44 déserts, donc ça me donne une expérience. Ce que je dis toujours en sortant de ces déserts-là, ça nous rend encore plus humbles et plus... comment dire, plus modeste, parce que c'est lui qui nous laisse passer. Et en acceptant de se perdre dans ces lieux, on se retrouve. C'est tout le paradoxe. Et là où on a l'impression qu'il n'y a rien, on touche le tout. Et peut-être une dimension supérieure.
- Speaker #1
L'Est, c'est un peu le lever du soleil, le commencement. Qu'est-ce que vous voyez émerger aujourd'hui chez les personnes qui viennent vers vous à la suite d'une partie dans le désert ?
- Speaker #5
ils peuvent reconnecter comme une flamme intérieure qu'ils auraient oublié d'observer, de voir, mais qui est là. Et peut-être qui, sur certains plans, a besoin d'être ravivée. Et je suis convaincu que si on est... On le voit partout dans l'expérience de la cuisine ou du sport. Si à un moment donné, on a un entraîneur national comme Deschamps qui emmène un groupe, il est porté par une flamme. Après, on adhère, on n'est pas. On est tous meilleurs entraîneurs que lui, mais en même temps, lui, son parcours, il y a du résultat. Et on voit bien qu'il est animé par une flamme intérieure. Et je pense que cette flamme intérieure, c'est celle sur laquelle on peut se poser, respirer avec des trois S, seul, en silence, pour donner du sens.
- Speaker #1
Ok. Qu'est-ce que les participants viennent le plus souvent chercher et qu'ils laissent surtout derrière eux ? C'est plutôt de la fatigue, de la pression, de la peur, une ancienne version d'eux-mêmes ?
- Speaker #5
Un petit préalable, c'est qu'en fait déjà lorsque je fais des propositions de l'analyse de l'expédition, que ce soit ici ou ailleurs, ça peut être sur les Bordelois, tout proche d'ici, ou dans des communautés religieuses, ou dans des écuries, dans le monde du cheval, moi ce que j'ai à cœur c'est de ne pas ouvrir des parenthèses pour refermer. C'est-à-dire que je viens semer quelque chose et qu'il va prendre la temporalité nécessaire, puisqu'on a des rythmes différents, mais que dans ce rythme, la personne puisse repartir avec quelque chose qui est planté et qui va fleurir comme une jolie fleur dans ce désert où il peut y avoir un peu d'arrédité. Et en fait, dans le cheminement ou dans les raisons qui motivent les personnes à venir, il y a vraiment une grande, grande, grande diversité. Par contre, ce que j'observe là d'une manière un peu plus temporelle, Depuis 12 ans que je fais cela, c'est que là, je reprends de ma casquette de mathématicien ou de conteur, pas dans le bon sens du terme pour raconter de belles histoires, mais c'est que là ce qui ressort c'est que je rencontre, j'ai encore démarré deux coachings hier, des gens qui sont perdus en fait. perdu. Et c'est ça qui m'interpelle aujourd'hui. Et en fait, le message que j'ai envie de passer, c'est, mais si tu ne vas pas à la rencontre de toi-même, comment veux-tu te retrouver ? Ce n'est pas la société, ce n'est pas l'extérieur qui va te ramener. Donc, trouve ta boussole avec tes codes à toi. Et évidemment que ça peut parfois être difficile. Je suis le premier à avoir été traversé face contre terre. Et en même temps, dans cette émotion-là, c'est là où on a la capacité de se dépasser.
- Speaker #1
Et au fond, quand on enlève finalement le décor, le sable, les kilomètres, l'aventure, les mots, Est-ce que ce n'est pas quelque chose qui peut être fait près de chez nous, en Anjou, sur les bords de Loire, par exemple ?
- Speaker #5
C'est le cas. Encore une fois, je l'ai expérimenté à Notre-Dame-des-Gardes à Chemillé. La moitié de mes coachings se font en marche parce que je suis convaincu qu'on va travailler au-delà des outils. C'est le fait d'être à côté de quelqu'un, de cheminer. Évidemment, on est dans le corps. Alors en fait, c'est juste du bon sens. Mais je le rappelle, c'est que votre première nourriture, ma première nourriture, notre première nourriture, c'est la respiration. Si je respire, je vais déjà à la rencontre de moi-même. encore faut-il se poser, et là on va avoir tous les bénéfices dans le corps. On va avoir un diaphragme qui va se détendre, on va avoir un rééquilibrage sympathique-parasympathique, et donc proposer, et dans le monde entier, je ne vais pas dire que je le prêche, mais j'y vais un peu quand même fort, puisque je l'expérimente avec les dirigeants, les comités de direction, les équipes-projets que je peux avoir, et j'inclus toujours, toujours, toujours de la marche, comme Sophie hier soir, puisque la température était assez élevée, on s'est retrouvés dans le cercle un peu plus, mais en même temps on a voyagé, et donc autour. En fait, le sujet n'est pas... Il y a un bénéfice à aller dans le désert parce qu'on va prendre un avion et que du coup, à un moment donné, même si on veut sortir son téléphone et ouvrir le canal, eh bien, on n'aura pas de réseau. Donc moi, j'arrive à trouver des solutions et je le propose évidemment d'une manière constructive. Mais en même temps, je suis quelqu'un de dynamique et un peu leader. Donc ça m'arrive de créer des espaces et des gens me font confiance et ça marche très très bien. Ou pendant un, deux ou trois jours, on va prendre les téléphones, on les met dans une boîte et on les laisse. Donc je crois plus... en cette qualité de présence, et après que ce soit à côté de chez soi, dans son jardin, ou un peu plus loin, il n'y a pas de différence.
- Speaker #1
Merci beaucoup Stéphane pour ces très très belles réponses. Alors pour beaucoup, c'est bientôt les vacances estivales et leurs préparations peuvent être compliquées dans notre monde qui va vite et parfois anxiogène pour certains. Cela peut tendre les relations humaines, mais comment faire en sorte de bien communiquer ensemble et d'anticiper nos vacances ? C'est le moment d'écouter la chronique d'Alexis Desjeux.
- Speaker #4
Mieux vivre ensemble avec assertivité. Une chronique d'Alexis Desjeux.
- Speaker #2
Bonjour chers auditeurs, quel que soit votre genre, obédience et autres croyances toutes personnelles. Alors, vacances et anticipation, un duo gagnant pour cultiver son assertivité. En fait, je vous ai déjà parlé de ce sujet le 4 septembre 2024, rappelez-vous. A peu près à la même heure, bah oui, ça commence à dater, mais je vous confie un secret. Les vacances, c'est pas du luxe, c'est du carburant. On se recharge, on s'apaise. Et on revient plus serein pour défendre ses idées sans écraser personne. Alors, vacances égale assertivité, même si vous êtes un hyperactif ou un accro au taf, j'avais donné des clés, vous réécouterez la séance du 4 septembre, même pour les accros au taf, je vous avais donné 2-3 clés. Sauf que j'ai zappé un truc, le plus dur c'est pas de se reposer, le plus dur c'est de partir. Mais quand je dis partir, c'est vraiment partir, exactement comme l'évoque Stéphane. Fermez les yeux deux secondes avec moi. On est jeudi soir, la valise est presque bouclée. Et là, le mail qui tombe, ou le SMS. Désolé de te déranger, mais ce serait possible juste un petit dossier avant ton départ ? Et votre cœur se serre. Vous le sentez là, ce petit pincement ? Moi, je le connais par cœur. Et avant je disais, tout en serrant les dents, oui oui, je vais le faire ce petit dossier avant de partir. Aujourd'hui j'ai un réflexe un peu différent. Je pose une question. C'est quoi ta contrainte exactement ? C'est pour quand et pourquoi cette date-là ? Parce que soyons honnêtes, en général, on ne sauve pas des vies. Surtout moi, je suis dans la com, je ne sauve aucune vie. Donc 9 fois sur 10, en creusant un petit peu, quelques minutes avec son interlocuteur, on découvre que ça peut très très bien attendre votre retour.
- Speaker #1
Oui mais Alexis, refuser comme ça, ce n'est pas risqué non ? On ne peut pas passer pour quelqu'un qui ne s'investit pas ou perdre un contrat ?
- Speaker #2
Oui, c'est sûr Yves, c'est ça le mot, le risque. Oui, mais en fait, le vrai risque, moi je vais vous le dire, c'est quoi le vrai risque ? En fait, vous êtes cramé. Donc comme vous êtes cramé, vous allez produire de la... Ça démarre par un M, parce qu'on est à l'antenne, et ça finit par un E. Vous allez être plus irritable. Vous allez bâcler tout ce que vous auriez soigné d'habitude. Alors si financièrement, vous n'aviez pas le choix, ben oui, je peux comprendre la contrainte. Ne jouez pas les héros. Proposer un compromis, bon ok, on se voit demain pour poser les bases du projet et caler un planning serein. Ce sera le dossier prioritaire à mon retour de congé. Voilà, là vous êtes assertif, vous ne fuyez pas, vous ne vous sacrifiez pas, vous négociez. Alors mon exercice de la semaine, si ça vous branche en deux temps. D'abord vous pouvez anticiper, vous envoyer un mail à vos clients, je ne serai pas là. Entre telle date et telle date. Alors pensez à anticiper vos demandes. Sinon ça sera à mon retour de vacances et je vous répondrai bronzé et plein de bonne humeur. Ensuite, posez un planning clair. Parce que comme le dit si bien un vieux proverbe persange, dont je n'ai pas retrouvé l'auteur mais ce n'est pas très grave. Le sage réfléchit avant d'agir. Anticiper, dans notre société du tout tout de suite, immédiatement, voire vraiment c'était pour hier. C'est pas de la science-fiction. C'est juste prendre le temps de poser les choses pour partir l'esprit léger. Et croyez-moi, la sérénité, c'est le plus beau des leviers de bien-être et de réussite. Alors parce qu'une vraie déconnexion, ça ne se mendie pas, ça se décide. Allez, prenez soin de vous et de vos proches, faites les choses avec plaisir, audace et envie, si ça vous branche. Belle journée à vous. Et à notre invité, Stéphane, est-ce que tu peux me dire la dernière fois que t'es parti ? Est-ce que tu as vraiment coupé ou est-ce que tu as gardé un oeil sur tes mails quand tu pars en vacances ?
- Speaker #5
Je peux véritablement couper. C'est le cas. Et d'une manière assez facile.
- Speaker #1
Je le mets vraiment en mode avion et je coupe. Chapeau. Merci beaucoup Alexis pour votre chronique.
- Speaker #2
Les voix de l'écho.
- Speaker #4
Une émission présentée par Yves Maguin.
- Speaker #1
Alors quand on dit voyage dans le désert, chacun projette beaucoup d'images. Pour vous Stéphane, c'est quoi le premier mot qui vous vient ?
- Speaker #5
Sable. Premier mot.
- Speaker #1
Ok, et alors pourquoi ?
- Speaker #5
Parce que je pense que ça fait partie justement de ces traillés, c'est pas pour reparler la méthode, mais entre conscients et inconscients, inconsciemment en fait on a cette image des dunes, etc. Alors que les déserts en fait ils vont prendre mille formes, j'ai eu la chance de pouvoir marcher dans différents déserts sur cette planète, et on l'évoquait un petit peu en préambule, il y a des déserts évidemment de sable avec les dunes magnifiques, mais aussi des déserts de pierre, mais aussi des déserts blancs, on va retrouver des températures... importantes mais dans les négatifs et qui font vivre une autre expérience. Donc il y a souvent ce... c'est très relié finalement à nos sens, ce fameux vacogue qu'on évoque en PNL où on va avoir les cinq sens qui sont déployés et en fonction de nos sens, on va se faire une image ou une projection par rapport à un lieu. Donc ça, c'est toute une construction intérieure. Et en même temps, moi, ce qui m'intéresse, c'est l'expérience. C'est-à-dire que quand je vais expérimenter quelque chose de nouveau dans le Hogar ou le Tassili en Algérie, là où je n'ai pas encore emmené des personnes, mais j'ai fait mes repérages et je suis en mesure de le réaliser aujourd'hui, eh bien, on y va à nu, on va découvrir des espaces, on va avoir des codes différents. Parce qu'évidemment, le désert d'Algérie, ce n'est pas les mêmes modalités déjà réglementaires par rapport à un Maroc où on est en plus en fluidité. Mais c'est aussi d'autres accès, c'est des Touaregs, c'est une autre culture. Cette immersion est importante. Si je suis en train d'échanger dans cette rencontre, pour piéger Christiane Saint-Ger, cette richesse de la rencontre, quand je rencontre des berbères, ce ne sont pas des toirels. Quand je vais en Tunisie ou en Libye, ce ne sont pas les mêmes environnements. Plein d'indicateurs en fait.
- Speaker #1
Est-ce qu'il faut être sportif, aventurier ou déjà habitué au grand voyage pour vivre ce type d'expérience ?
- Speaker #5
Absolument pas. dans ma proposition, et pour une raison très simple, puisque, en fait, comme c'est un chemin pour aller à la rencontre de soi, aujourd'hui, vous voyez, j'entendais Alexis qui disait, pourquoi aller vite avec un gros point d'interrogation ? C'est ça, en fait, qu'est-ce qui m'impose d'aller vite ? derrière ça en fait on va connecter la notion de rythme et donc moi aujourd'hui dans mes propositions si je suis avec mes amis sur l'Arnéschoise, une cyclo qu'on a fait la semaine dernière évidemment là on va être dans une dynamique parce qu'on est dans un champ sportif et en même temps moi quand je propose des cheminements dans le désert c'est chacun son rythme et la vie est assez étonnante voire même curieuse parce que parmi les participants ceux qui allaient le plus lentement il s'avère que le dernier jour c'est ceux qui sont les plus rapides j'ai même la mémoire d'une famille que que j'ai emmené pour aller à l'ascension du... M'Goun à 4067 mètres où parmi le panel, ils se reconnaîtront de participants, il y a un jeune homme de 27 ans qui se forme en école de cascade donc autant vous dire qu'un physique affûté, un cardio qui va bien et bien parmi ceux qui n'ont pas pu accéder, lui n'a pas accédé donc on est bourré de croyances de conditionnement etc. et comment je vais gérer en fait le projet Merci. pour partir d'un point A à un point B. Et à partir du moment où on est dans une logique d'activité et qu'on accepte de respecter son rythme, mais on passe partout. Je peux y faire un clin d'œil, parce que ma mère a aujourd'hui un âge honorable de 86 ans, mais il y a 5 ans, je lui ai proposé de participer à une route du soi. Elle était inscrite et l'avis fait que son compagnon est parti à ce moment-là, donc elle n'a pas pu venir. Mais à 81 ans, elle était en mesure de faire un parcours avec moi.
- Speaker #1
Je vous propose Stéphane maintenant de faire une pause musicale. dans l'émission. Nous allons écouter paradoxalement Speed de Zazie. On reparle de ce choix musical justement avec vous après Stéphane Haddien. Bonne écoute sur Radio-G.
- Speaker #0
Depuis le temps que tu dors ça fait des mois des mois que tu hibernes que tu sors pas de ta caverne T'as beau tout faire pour le cacher Sous tes airs douces, mal léchés Tu vibres encore Tu vibres encore Aller debout, aller sort Je te sens battre au fond de moi T'es pas tout neuf, mais pas si vieux Non, tu flambes en rire Et tu spiyes encore Oui, tu spiyes encore Réveille-toi L'univers ne s'arrête pas Parce qu'on a pu rouler les trois Allez hop Tu es libre alors Oui libre encore Allez, kick ce corsage Va plus vite que ton âge Saut de ta gueule Aïe hop, spin encore Spin encore par mon cœur comme une sorte de secours allez hop speed encore speed encore Par mon cœur Et je sors De ce corps Allez hop Sprit dans mon corps Mon cœur Sors Sors De ce corps Allez hop Aïe, je suis encore Aïe,
- Speaker #4
« Les voix de l'écho » , une émission présentée par Yves Maguin.
- Speaker #1
Vous êtes toujours en direct sur Radio-G à l'écoute de l'émission « Les voix de l'écho » . Je suis toujours en compagnie de mon invité Stéphane Daguin d'Adventurium. Nous venons d'écouter « Speed » de Zazie. Stéphane, pourquoi avoir choisi ce titre musical ?
- Speaker #5
J'ai choisi ce titre en fait par rapport à l'ordre speed. Je vois la dissonance en fait entre la volonté de connexion et de déconnexion. C'est assez rigolo à observer. En même temps, je maintiens que si on accepte de se déconnecter, on va se reconnecter à soi-même et que du coup, dans son propre équilibre, on trouvera le rythme qui nous convient. Ça, c'est le préalable. En fait, le désert, moi, puisque c'était l'élan que tu m'as proposé pour cette présence ici, en fait. En 2004, quand je croise les déserts, je suis touché en plein cœur. Mais je vais être le témoin clair d'une situation. Je suis avec ma 450 WRF, il y en a toutes préparées. Et à un moment donné, je suis touché. J'arrête ma moto alors qu'on est en course. Et je fais des photos, je vois, je contemple. Je suis touché en plein cœur.
- Speaker #0
Là, il y a un quad qui arrive, il m'a articulé 28 et qui me dit, mais qu'est-ce que tu fais ? Tu es en panne, tu as besoin d'aide ? Non, je faisais partie des poireaux, c'est-à-dire qu'on avait notre mal et on se débrouillait. Donc, il y a une sorte de solidarité humaine et c'était beau à voir. Et je dis, non, je ne suis pas en panne, je trouve ça beau. Et sa phrase est limpide, il me dit, mais tu es un touriste. Évidemment, il y a ce décalage entre je suis sur une course et on est vraiment au chrono, il n'y a pas d'autre sujet, et de cet arrêt. Mais le désert m'a touché en plein cœur. Et dans Speed, c'est ça que j'allais chercher, parce que je vous invite à relire les paroles de cette chanson, parce qu'en fait, ça touche un peu, peut-être même beaucoup, ce qu'on évoquait tout à l'heure sur le fait que les gens soient perdus. Mais où cours-tu comme ça ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ? Encore Christiane. C'est-à-dire qu'à un moment donné, c'est dans cette écoute-là, à l'intérieur de toi. Donc, libère cet enchaînement que tu as dans ton cœur pour être qui tu es. Ça prendra quelle forme ? J'en sais rien. Et ça ne va pas répondre à des pourquoi, des comment. Hier, parmi les dirigeants, il y en a un, je reste d'une manière anonyme, mais qui porte des projets d'entreprise et qui va chercher de la performance et qui, au travers de ses activités sportives, sur lesquelles je peux aussi être connecté, va passer beaucoup de temps sur la performance, etc. Mais on voit bien qu'il y a une quête, mais elle est dans le mental. Et qu'à un moment donné, il y a une alliance à faire entre notre volonté, notre mental qui pousse à pourquoi, comment, etc. et qui veut tout expliquer. Vous voyez bien que dans la vie, il y a des choses qu'on n'expliquait pas et qui se font. Donc ça veut dire qu'on est invité à une corrélation, une connexion entre tête et cœur. Est-ce que je laisse la main ? On pourrait reprendre Teilhard en fait. Est-ce que je suis un être incarné qui vit une spiritualité ? Ou est-ce que je suis un être spirituel qui vit une vie incarnée ? C'est une vraie question sur laquelle j'invite vraiment à réfléchir. Et le désert en tout cas m'a fait beaucoup réfléchir sur ça. Donc Speed, c'est ça, c'est cette ouverture de cœur. C'est ce que ça a venu toucher en moi jusqu'à couper cette moto et d'être... en transcendance face à ce spectacle.
- Speaker #1
Vous avez développé la route du soi. Comment vous définiriez cette approche pour ceux qui ne la connaissent pas ?
- Speaker #0
Adventurium, aujourd'hui, c'est formation, learning, expédition. Je suis formateur pour le CJD France, par exemple. J'ai du feedback par rapport à des formations de dirigeants. Et puis, le troisième axe, les learnings, où pour les particuliers, j'ai nommé ça la route du soi. Les deux premières formations ou coachings, c'était vraiment quelque chose que j'ai construit dans ma tête. La route du soi, c'est un dimanche, je me réveille et je vois la route du soi. Je l'ai eu comme un message clair. Ce n'est pas quelque chose de réfléchi, structuré. Donc ça arrive comme ça, c'est un cadeau, je le prends. Et derrière la déclinaison, évidemment je fais avec ce que j'ai et ce que je suis dans cet instant-là. En tout cas, la volonté et la proposition, c'est d'aller sur la route du soi pour travailler sa confiance en soi, l'estime de soi et l'amour de soi. Et donc au travers d'un chemin... d'un lieu, de nos berbères qu'on va rencontrer, parce que ce sont de vrais berbères qui vivent sous les tentres, et qui vont nous montrer la simplicité, qui vont nous montrer l'authenticité, qui vont nous montrer la joie dans cet instant, pas celui que... Je suis toujours surpris à la sortie du Djebel d'arriver, de voir des écoles où les enfants sont dégages. De la joie, tout simplement. Et moi, quand je vois mon école le lundi matin, où les petits, mes enfants, ils sont passés, je vois des visages fermés, etc. Le clash entre les deux versions que je vois, ça vient frapper fort, en fait.
- Speaker #1
Comment vous arrivez à trouver la bonne distance, justement, entre guider les personnes, mais en même temps, finalement, les soutenir et les laisser chacun vivre leur propre chemin ?
- Speaker #0
Moi, je suis un fan d'un petit book qui s'appelle Le Maître Intérieur sur Chemin de Sagesse, édition Chemin de Sagesse. Et je suis convaincu que le Maître Intérieur est en chacun. Donc, je ne sais pas. C'est la position basse de Milton Erickson. Moi, je ne peux pas savoir pour les autres. Et donc, c'est de laisser la personne. Et qu'est-ce qui va aider ? C'est peut-être un questionnement. C'est peut-être des silences. Il n'y a plus de silence aujourd'hui. Sinon, s'il n'y a pas de silence, tu n'as pas d'écoute. C'est la présence. C'est des choses aussi simples que ça. En retour, en feedback, j'avais eu Claudie Antoine, que j'avais emmené des transports Antoine en Vendée, qui me disait, en fait, c'est le questionnement, une forme de questionnement. Après, pour être clair avec vous, c'est-à-dire que dans ce moment-là, ou quand je suis en présence, c'est comme si à un moment donné, je ressentais la personne, par quoi elle peut être traversée, que ce soit sur un plan mental, émotionnel, et que du coup, dans dire à la personne, mais je sentais traversée, je les ai peut-être moi-même traversées, c'est peut-être pour ça que Je... J'ai été livré pour faire ça aujourd'hui. Et c'est de se dire, en confiant, je marche à tes côtés et puis on va découvrir. Et le champ des possibles va s'ouvrir.
- Speaker #1
Je vous propose de faire un deuxième jeu dans l'émission. C'est parti ! Pour ce deuxième jeu, nous allons faire un vrai-faux express. Vous devez simplement répondre par vrai ou faux. Est-ce que vous êtes prêts ? Ready ! Le désert est un lieu vide. Il faut être un grand sportif pour partir marcher dans le désert Dans le désert, le plus difficile n'est pas toujours la chaleur Le silence du désert peut parfois être plus impressionnant que le paysage On part souvent dans le désert pour se couper du monde Mais on y trouve surtout du lien Bye Un voyage dans le désert se prépare autant mentalement que physiquement. Vrai. Le désert oblige à ralentir. Vrai. Dans un groupe, le désert révèle très vite les personnalités.
- Speaker #0
Je ne joue pas, mais oui et non, parce qu'en fait, révèle des personnalités. On voit bien qu'en fait, ce n'est pas le sujet. Je suis connecté à cette... Je dois répondre vite, mais ce n'est pas possible. Donc je prends... En fait, personnalité, qui dit personnalité, dit personnage, dit... Ego, dis quelque chose qui se manifeste. Mais est-ce que j'ai des masques ? Est-ce que j'ai des armures ? Donc cette personnalité, est-ce que c'est moi-même ? Donc je ne peux pas répondre à cette question. Est-ce que ce que tu vis est vraiment l'être profond que tu es ?
- Speaker #1
L'aventure commence vraiment quand on accepte de perdre ses repères.
- Speaker #0
Vrai.
- Speaker #1
Le désert ne donne pas forcément des réponses, mais il pose les bonnes questions. Vrai. On peut vivre une expérience forte dans le désert sans chercher une transformation personnelle. Vrai. Et enfin, revenir du désert est parfois plus difficile que d'y partir. Faux. Merci beaucoup pour ces réponses Stéphane. Est-ce que vous aimez manger et cuisiner Stéphane ?
- Speaker #0
J'adore chanier piquerien.
- Speaker #1
Ah bah justement. Si je vous propose à un chef à domicile par exemple, pour vous concocter une expérience culinaire et conviviale. incroyable, j'imagine que ça peut vous plaire.
- Speaker #0
On va prendre rendez-vous.
- Speaker #1
Et bien justement, c'est le moment d'écouter la chronique du chef Hervé Chéneau.
- Speaker #2
De la fourche à la fourchette, une chronique du chef Hervé Chéneau.
- Speaker #3
Alors, pour vous parler de moi, de moi et de moi, Yves et puis notre cher invité Stéphane, le fondateur de The Chef dans votre cuisine, c'est moi. Quand la cuisine redevient une fête ? 40 ans de cuisine, 20 ans de formation, une retraite que je n'ai pas acceptée ou supportée plus que quelques mois. Donc j'ai tout plaqué pour lancer The Chef dans votre cuisine, une expérience immersive, joyeuse et profondément humaine qui réinvente l'art de se retrouver autour d'un plat. Du tablier de prof au tablier de chef chez vous. J'ai jamais vraiment quitté la cuisine et la cuisine ne m'a jamais vraiment quitté. 40 ans de métier, dont plus de 30 ans passés à la CCI de Maine-et-Loire, l'une des plus importantes structures d'apprentissage des pays de la Loire, avec près de 4000 apprentis par an. Un parcours entier consacré à transmettre, à accompagner, à créer du lien entre les jeunes et leurs futurs métiers. Puis vient 2024 et la retraite. Mon Dieu, une descente aux enfers. C'est ce que je dis sans détour. Moi qui avais toujours du monde dans mon bureau, dont le quotidien était tissé de rencontres, d'élèves à orienter, d'entreprises à accompagner, se retrouvais soudainement sans ce flux humain qui me nourrissait. Trois mois, voire plus, d'évidence s'impose, aller, faire de la cuisine là où il y a le plus de sens, chez les gens, dans leur cuisine, avec eux. Donc le chef dans votre cuisine est né de cette conviction simple et lumineuse. La meilleure cuisine n'est pas celle des grands restaurants, c'est celle que l'on prépare ensemble avec la recette de votre grand-mère, les mains dans le bouillon et des rires plein la pièce. J'incite bien sur les rires plein la pièce. 6 à 8 heures pour cuisiner ensemble une recette de famille, vous allez me dire une recette mon dieu. L'expérience The Chef dans votre cuisine commence bien avant le jour J, une à deux semaines à l'avance. Et bien je passe dans votre cuisine, pas pour vous juger mais pour comprendre. Organisation du réfrigérateur, état du congélateur, agencement des plans de travail, autant de petits détails du quotidien sur lesquels j'apporterai des conseils concrets, pratiques, bienveillants. L'idée c'est de proposer des choses plus simples dans le quotidien, jamais de critiquer. Le jour de l'atelier, cinq convives sont réunis chez l'habitant. L'idée est de réaliser une seule recette, le plat chaud avec garniture, le repas signature de votre grand-mère par exemple, celui qui vous tient à cœur et qui évoque un souvenir fort, j'insiste bien sur le souvenir fort. Les invités apportent les entrées et les desserts, moi avec le groupe je me consacre entièrement au plat principal. Mais avant de s'atteler au fourneau, cap sur le marché ou le supermarché du quartier. pour choisir ensemble les bons produits de saison locaux. J'explique, je commente, je transmets. Et parce qu'on peut vite se retrouver saturé d'informations, une pause café ou un petit verre de vin blanc, un petit chardonnay en terrasse s'impose pour souffler, pour se retrouver déjà un peu. De retour en cuisine, j'offre un tablier à chacun des participants, de couleurs différentes parce que c'est très lumineux et que j'ai été beaucoup inspiré par les jardins de Majorelle à Marrakech. Le temps est précisément ce que j'attends, cherche également à faire savourer. Je remets de la conscience dans les taillages, les cuissons, les odeurs qui montent. Vous les sentez déjà les odeurs Yves ? Pendant les temps de cuisson, je révèle deux autres dimensions de ma personnalité, le comédien et le mélomane. Depuis dix ans, je pratique le théâtre d'improvisation. Je mets délibérément ce talent au service de l'atelier pour créer une atmosphère décalée, joyeuse, inattendue. La musique vient compléter le tableau. Un morceau de piano, un rythme entraînant, un truc bien fun, David Guetta par exemple, pourquoi pas, et le chef qui commence à danser autour de la table. J'ai mis des poches kangourous sur les tabliers que j'offre à la fin de la journée. Pas pour les recettes, mais pour les mouchoirs. On rigole toujours beaucoup pour déconnecter. Quand vient l'heure de la table, de passer à table, l'expérience prend une nouvelle dimension. Une belle table est dressée ensemble. Un caviste arrive. Accorde le vin au plat et mange avec le groupe. Un fleuriste compose une pièce florale sur mesure et s'assoit lui aussi. Huit convives se retrouvent autour de la table après le repas, vaisselle comprise, faite en commun parce que ce moment-là fait aussi partie de l'expérience. Je repars en laissant derrière moi un tablier floqué, The chef dans votre cuisine et de bons souvenirs donc. Mais ça ne s'arrête pas là mon chéri. La cuisine comme antidote à une société qui ne prend plus le temps. Derrière le concept, il y a une conviction profonde qui dépasse largement la gastronomie. On est en train de perdre la valeur de la table. L'ado mange dans sa chambre, le portable à portée de main, on ne se retrouve plus vraiment. Ce n'est pas de la nostalgie, c'est un besoin réel. Ce que je veux recréer, c'est cet espace rare où les générations se mélangent, où les langues se délient naturellement autour d'une préparation, où l'on partage quelque chose de vrai. Mes propres petits-enfants me confirment à chaque marché, quand on prépare ensemble, on mange ensemble. Dans les cuisines des restaurants, je pourrais aussi venir. Fort de 20 ans de formation et du réseau de près de 1000 anciens élèves que j'ai accompagnés au fil des années, j'ai développé une seconde offre, investir le jour de fermeture les cuisines professionnelles de restaurants tenues par d'anciens apprentis. Des équipes d'entreprise, des commerciaux, des collaborateurs pourront y être une expérience. pour une autre expérience sur mesure, dans un espace qu'il n'aurait jamais eu l'occasion de découvrir autrement. Et pour créer l'événement, une grande table dressée en salle, toute lumière allumée pour attirer la curiosité des passants. Et bientôt sur scène à Angers, il est fou ce mec. Mais le rêve le plus fou quand même reste à venir. Je veux monter sur scène un show culinaire et théâtral au centre des congrès d'Angers, c'est précis en plus, qui peut accueillir jusqu'à 1200 personnes. Alors ça c'est un rêve Yves. Sur scène sera installé un plateau de cuisine, 12 participants, des caméras pour suivre la recette en direct de la musique, de l'improvisation, sous les yeux du public et une belle table dressée pour le repas final des participants. Pas l'ensemble du public, pensez donc à 1200 personnes, on ne ferait pas manger pour tout le monde. J'ai déjà approché le maire d'Angers et espère le convaincre lui-même de prendre le tablier comme commis d'un soir. Un rêve un peu fou, peut-être, mais de ceux qui semblent m'animer et me pousser à créer des expériences hors normes. Stéphane, j'ai une petite question pour vous. Que pensez-vous de cette question majeure, retrouver le sens de la joie à table en famille ou entre amis ?
- Speaker #0
Se nourrir soi-même, c'est ce que je retiens. Donc se nourrir soi-même, c'est aller vers soi pour ensuite le partager avec des gens qui se sont nourris eux-mêmes. Donc, je suis le premier, je cuisine, j'aime cuisiner avec les gens que j'aime, donc c'est quelque chose qui m'anime et j'aurais même pu imaginer passer un CAP cuisine pour la petite histoire, je peux le dire publiquement, mais j'en ai même parlé à mes enfants, donc c'était quelque chose de très concret. Mais derrière ça, la résonance que j'ai, qui est très en lien avec les personnes que j'accompagne, soit dans un désert ou... dans des salles de formation, c'est qu'en fait, la retraite a été, le mot que tu poses, c'est enfer. Je trouve ça fort, je suis extrêmement respectueux et bienveillant de ça, et je me dis, mais la vie n'est pas faite de cases. Ça veut dire qu'à un moment donné, si je vais me nourrir moi-même dans tous mes plans de conscience, conscience mentale, corporelle, émotionnelle et spirituelle, j'ai pas de vide parce que j'ai pas de cases. Et je suis à la rencontre de moi. C'est comme si cette société, d'un moment, on était... si ça, ça, et à un moment donné on sort, et quand on sort du système, tout s'écroule mais c'est pas comme ça que ça marche, et c'est ça le message que j'ai envie de passer aussi aux gens que je rencontre aux jeunes, etc, c'est nourris-toi toi-même Annick Sousnel l'a fait encore mieux que moi, l'aide Rochefort c'est va vers toi, ce titre est merveilleux, c'est un livre à découvrir à déguster, mais se nourrir soi-même, mais pas que sur nos plans mentaux pas que dans nos égos, dans tous nos plans et là en fait, il n'y a plus de case je suis, je vibre, et j'incarne ma vie
- Speaker #1
Merci beaucoup, chef, pour votre chronique et beaucoup de réussite dans ce nouveau projet, surtout.
- Speaker #2
Les voix de l'écho, une émission présentée par Yves Maguin.
- Speaker #1
Il nous reste encore 4 minutes, le temps de poser encore une question, peut-être deux. Quand les participants reviennent, est-ce que ce n'est pas un peu brutal ? On a pas mal évoqué entre les mails, les obligations du quotidien, tout ça. Comment on peut faire pour ne pas perdre trop vite ce que le voyage nous a révélé ou apporté ?
- Speaker #0
Le voyage commence au moment où on décide de faire le voyage. C'est le projet, c'est un peu comme en cuisine. On va aller faire le marché, récupérer des aliments et mettre en scène. Donc là, on est exactement sur la même métaphore, c'est qu'il y a un cheminement avant le départ. Après, on va arriver, évidemment, si je prends l'exemple du Maroc sur Marrakech, on va aller rejoindre un espace qui va être l'Atlas, les dunes ou le Djebel Sarou. Et là, on va faire un cheminement, on va tranquillement s'éloigner petit à petit de la société. Et ça fait partie du chemin. Il y a déjà quelque chose qui est sur la route, avec des paysages, avec des couleurs, avec des codes qui changent. ça va déjà cheminer. Et après, on a la marche en tant que telle, qui elle se terminera aussi, nous fera revenir tranquillement en sortie de désert pour retrouver la ville au Caron de Casbah, puis tranquillement reprendre la route pour revenir à Marrakech. Donc moi j'ai à cœur en tout cas d'accompagner en douceur le cheminement. Et donc c'est comme un peu ce sachet de thé qui va donner sa meilleure saveur quand c'est le maître du thé, parce qu'on va le mettre à infuser et on va le consommer quand ça sera prêt. Si ce n'est pas une parenthèse, et si c'est porté par quelque chose qui vient accueillir la personne comme elle est, ça se fait en complète douceur.
- Speaker #1
Merci beaucoup Stéphane Degain Et oui nous arrivons à la fin de l'émission Merci d'être venu nous parler D'Adventurium dans les voies de l'écho Merci beaucoup Hervé
- Speaker #3
Stéphane vient clôturer en fait notre saison
- Speaker #1
Oui oui C'est la fin Yves C'est la fin de la saison effectivement Merci d'être venu nous parler D'aventure D'expérience si particulière Qu'est le désert On retiendra effectivement que le désert n'est pas seulement un lieu de sable, de chaleur et d'horizon lointain. C'est aussi un espace où l'on ralentit, où l'on marche, où l'on l'écoute autrement et où l'on s'écoute autrement. Un espace qui enlève le superflu, qui bouscule parfois, mais qui peut permettre aussi de retrouver une forme de présence à soi, aux autres et au monde. Si vous avez envie d'en savoir plus sur les propositions de Stéphane Daguin, sur ses voyages, ses accompagnements, et la démarche d'Adventurium. Je vous invite à retrouver toutes les informations sur adventurium.fr. Merci à vous, chers auditeurs, d'avoir voyagé avec nous aujourd'hui. Merci à Alexis, des Jeux et Hervé chez nous pour vos chroniques. Un petit coucou à Anne Texero, qui n'a pas pu être avec nous ce matin, enfin ce midi. Merci à l'association Champs contre Champs pour la production de cette émission. Retrouvez dès maintenant Fabien Bertrand pour l'émission Les métiers de l'ombre. Il reçoit Eva Camus, sociologue chargée de projet en santé communautaire. Retrouvez début juillet une émission spéciale sur les douleurs chroniques que vous pourrez retrouver directement en ligne et en podcast sur les plateformes d'écoute favorites. Bel été à toutes et à tous. Restez au frais, hydratez-vous. Merci d'écouter Radio G et surtout, prenez soin de vous !