- Speaker #0
Les voix de l'écho, les voix de l'écho, les voix de l'écho,
- Speaker #1
les voix de l'écho, go !
- Speaker #0
Et oui, bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans les voix de l'écho du mercredi 10 juin. 2026. Aujourd'hui, on va parler de musique, mais pas uniquement de musique, justement, on va parler de création, d'audace, de lieux partagés, de rencontres artistiques et d'une envie très forte, faire émerger une nouvelle dynamique musicale à Angers. Parce qu'avant qu'une chanson existe, avant qu'un titre soit publié, avant qu'un artiste monte sur scène, il y a souvent une idée fragile, une mélodie, une voix, une intention. Et pour m'accompagner dans l'émission du jour, nous avons notre thérapeute spirituelle Anne Texero. Bonjour Anne, de quoi allez-vous nous parler aujourd'hui ?
- Speaker #2
Bonjour à tous, aujourd'hui je vais vous parler de l'unique trait du pinceau, de calligraphie.
- Speaker #0
Ah, intéressant, on retrouve votre chronique d'ici 10 minutes à peu près. Également en studio avec nous, notre communicant assertif Alexis Desjeux. Bonjour Alexis, de quoi allez-vous nous parler ? Bonjour,
- Speaker #3
on va voir pourquoi diable emprunter le chemin de l'assertivité dans un monde qui est tellement apaisé.
- Speaker #0
Et ouais, on retrouve votre conique en deuxième partie d'émission. Et je reçois aujourd'hui donc les créateurs d'un lieu pensé pour enregistrer, composer, mixer, masteriser, mais aussi accompagner les artistes dans leur développement, leur choix, leur identité, et parfois même leur premier pas vers la scène. Aujourd'hui, nous allons parler de leur parcours, de leur rencontre, de la naissance de ce studio, de la scène musicale en juine, mais aussi de ce que signifie entreprendre quand on travaille dans la musique et la création. Chers auditeurs et auditrices ouvrez grand vos oreilles et entrez dans le monde enchanteur de la musique.
- Speaker #4
Les voix de l'écho, une émission présentée par Yves Maguin.
- Speaker #0
Bonjour et bienvenue donc Julien Malray et Aymeric Poupard dans le studio de Radio G.
- Speaker #5
Bonjour.
- Speaker #0
Bonjour, bonjour. Et vous êtes dans un studio et vous rentrez dans un autre studio, en fait c'est votre quotidien.
- Speaker #5
Exactement
- Speaker #0
Alors on va commencer par quelque chose d'assez simple J'aimerais d'abord savoir Comment vous êtes rentré dans la musique Tous les deux
- Speaker #5
Je vais commencer Le plus jeune on va dire Moi j'ai commencé à 7 ans Je sais pas pourquoi mais j'ai dit à mes parents J'ai envie de faire de la guitare Et ils m'ont inscrit à des cours Donc merci à eux Donc j'ai commencé la guitare à 7 ans Un peu plus tard je me suis dit je vais faire du piano Et après J'ai rencontré d'autres musiciens, j'ai fait un peu de batterie, tout ça. Donc ça me suit depuis 7 ans, cette histoire.
- Speaker #3
Ok.
- Speaker #0
Julien ?
- Speaker #3
Moi, c'est aussi grâce à mes parents. Je pense que les premiers souvenirs, c'est le spectacle des Enfoirés tous les ans.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #3
Qui m'a fait découvrir pas mal de chansons françaises, notamment. Et après, j'ai fait de la batterie à l'âge de 9-10 ans, je ne sais plus exactement. Pendant 9 ans.
- Speaker #0
Ok. Ouais, directement. Il faut bien penser à parler proche du micro également. Donc vous faites combien d'instruments tous les deux, à peu près ?
- Speaker #5
Alors pour ma part, moi c'est vraiment principalement la guitare. Après je bricole un petit peu piano, batterie, et j'essaye un petit peu d'autres instruments parce que j'adore ça. J'adore beaucoup jouer de la musique sur plein d'instruments, mais ça reste principalement la guitare.
- Speaker #0
Ok, et Julien ?
- Speaker #3
Moi du coup j'ai juste quelques bases de guitare et piano en autodidacte, mais pas plus.
- Speaker #0
Ok, c'est déjà pas mal. Il y en a qui ne jouent même pas d'un seul instrument. Donc, Alexis lève le bras, par exemple. Après, on a tous un très bel instrument, c'est notre voix. Donc, c'est déjà notre premier instrument. Qu'est-ce qu'il y a eu ? À quel moment précis vous vous êtes dit je veux que ma passion de la musique soit mon métier ?
- Speaker #5
C'est très dur à dire Je pense que ça se fait assez progressivement Mais il y a quand même une petite fracture de mon côté Ça a été durant le Covid Moi j'arrivais à la fin d'un master Et j'avais du mal à trouver du travail Donc pour l'instant je faisais de la musique Et ça a commencé à marcher un petit peu Donc je me suis dit allez on tente,
- Speaker #0
on essaye C'était un master en lien avec la musique ou pas du tout ?
- Speaker #5
Pas du tout Je voulais être agriculteur quand j'étais plus petit Reprendre l'exploitation de mon père
- Speaker #0
Ok. Et Julien ?
- Speaker #3
Moi, je n'ai pas non plus fait d'études en rapport avec la musique. C'est venu à moi, on va dire, dans le sens où, on en parlera peut-être tout à l'heure, mais j'ai commencé à créer des instrumentales que je postais sur Internet. Et j'étais prof des écoles pendant 4 ans, entre 2018 et 2022 à peu près. Et pendant ces années-là, la musique que je postais sur Internet a commencé à se vendre, à être demandée par des jeunes artistes. Et donc, c'est venu à moi dans ce sens-là, puisque je me suis dit qu'en faisant plus de musique, je vendrais plus de musique. Et donc, comme le métier de prof que j'avais imaginé parfait ne l'était pas pour moi, la transition s'est faite comme ça.
- Speaker #0
Ok. Et alors, comment vous définiriez tous les deux votre univers musical ? Grande question. C'est la grande question. Qui veut commencer ?
- Speaker #3
Moi c'est un mélange de toutes les références Il y a des références de variété française, il y a des références d'électro, il y a des références de rap Je dirais que c'est un mélange de tout ça Moi j'aime bien la musique qui est très mélodieuse Et qui va droit au but on va dire
- Speaker #0
De ce que j'ai lu en tout cas, vous êtes un peu au beatmaking, c'est ça ? Moi totalement beatmaking
- Speaker #3
Donc création de musique sur ordinateur
- Speaker #0
Plus que Barre instrument organique on va dire D'accord Et donc du coup Améric l'univers musical L'univers musical moi je dirais que
- Speaker #5
J'ai eu le rock Principalement qui est arrivé, le blues ou le rock par mon père Qui en écoutait beaucoup Qui m'a fait découvrir beaucoup de CD Les Guns notamment tout ça Et en fait aujourd'hui quand je rencontre des musiciens C'est principalement le blues ou le rock qui vient assez vite Hum Mais du côté avec ma mère, il y avait toujours la télé allumée sur les chaînes de musique un peu actuelles, un peu hip-hop. Et j'ai une grosse culture hip-hop, j'ai fait du breakdance pas mal de temps aussi. Donc j'ai un peu ces deux cultures-là et j'ai commencé un peu la musique par ordinateur avec un ami à moi à l'internat qui était DJ.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #5
Donc j'ai un peu ces trois inspirations.
- Speaker #0
Oui, vous êtes multi-instrumentiste, on l'a compris également. C'est quoi l'instrument du coup pour Emric par exemple ? Le meilleur pour composer entre les guitares, un peu le piano, un peu tout ça ?
- Speaker #5
Alors, quand je sais exactement quoi faire, c'est la guitare. Quand on me demande une émotion, quand on me demande... Je ne sais pas trop quoi. Quand je dois réfléchir à une progression d'accord, je sais où je vais, je prends ma guitare et je sais exactement, je me repère super bien sur mon manche. Par contre, le fait de connaître super bien la théorie musicale fait que parfois je me perds un petit peu. Et j'ai l'impression de faire un peu tout le temps la même chose. Donc à ce moment-là, je pose mes doigts sur un piano. et il y a des superbes idées qui en sortent et du coup je traduis ça derrière et j'utilise ma guitare après pour développer toute cette musique
- Speaker #0
Et au niveau du beatmaking, Julien comment ça se passe la partie création ?
- Speaker #3
En fait sur le logiciel il y a plusieurs écrans différents et notamment un qui s'appelle le piano roll et comme son nom l'indique, on a sur la gauche de la fenêtre un piano entier avec toutes les touches et donc suivant l'instrument qu'on affecte, ça peut être des synthés ou peu importe
- Speaker #0
On va reproduire les notes et les placer comme on veut sur cet écran. D'accord. Ok. Trop bien. Vous êtes aussi artistes tous les deux. Vous avez des pseudos June et Paré, si je ne me suis pas trompé. Qu'est-ce que ces identités artistiques racontent de vous ?
- Speaker #5
Très intéressant. Moi, il y avait une notion du paraître qui était hyper importante. Comme j'avais un peu trois inspirations différentes, comme je venais un peu du milieu agricole, que j'évoluais dans la ville, un peu côté banlieue au début, j'avais un peu ces trois casquettes, ces trois facettes. Et c'était dur d'évoluer de l'un à l'autre. Et donc, je cherchais quelque chose avec le paraître. En fait, paraît, c'est vraiment mon nom de famille, mon prénom. Quand ça se suive, ça fait paraît. Pour paraître, c'est compris dedans. Je me suis dit, allez, je teste ça. Voilà, j'ai gardé.
- Speaker #3
Moi, perso, il n'y a pas autant de signification. Comme je disais, j'ai commencé à poster mes musiques sur Internet et donc j'ai dû créer une chaîne YouTube. Et on va dire que les gens qui faisaient comme moi avaient tous un nom d'artiste. Donc j'ai créé mon propre nom d'artiste en prenant quelques lettres de mon prénom à l'ouverture de cette chaîne YouTube. C'est tout et c'est resté. Donc voilà, moi, je ne demande pas ce qu'on m'appelle June forcément, mais les gens m'appellent comme ça. Donc moi, ça ne me dérange pas, c'est moi qui l'ai choisi.
- Speaker #0
Carrément. Avant qu'on parle de The Main Studio, justement, à quel moment vos chemins se sont croisés pour vous dire, tiens, peut-être qu'on peut monter quelque chose ensemble ?
- Speaker #5
C'était en 2023 ? 2022 ? 2022. 2022, oui. Vas-y,
- Speaker #3
peut-être explique de ton côté. Oui, je commence. En fait, j'ai eu toute une période, la période où j'étais enseignant, j'ai voulu faire évoluer ma carrière dans la musique. Et donc pour ça, je suis allé beaucoup à Paris et à d'autres endroits. Et en fait, à tous les endroits que m'a amené ma chaîne YouTube, dans le sens où les gens qui me contactaient venaient d'un peu toute la France. Et j'ai commencé à me faire un petit réseau comme ça. Et à un moment donné, je me suis dit que c'était très dommage quand même de ne pas travailler autant avec des gens de chez moi. Et je ne connaissais personne à Angers dans la musique. Et en même temps, je n'avais pas vraiment cherché. Mais donc je me suis posé cette question de comment trouver des artistes avec qui travailler à Angers Et ce qui m'est venu très vite en fait c'est d'aller voir les studios de musique Parce que je me suis dit les studios de musique ils connaissent plein d'artistes Et ils vont pouvoir me guider, me renseigner Et donc je suis allé voir quelques studios à Angers Et il se trouve que je suis tombé sur un studio qui s'appelait Studio Paré Chords Donc comme son nom l'indique c'était le studio de Paré et c'est... Le seul avec qui ça a vraiment matché musicalement, au niveau de l'énergie aussi, de la dynamique qu'on voulait apporter. Et donc en fait on a commencé à se voir, à organiser des événements aussi au Shabada, qui rassemblaient d'autres compositeurs comme nous. Et puis on s'est rapprochés, donc on est devenus amis au fur et à mesure.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #3
Je te laisse continuer.
- Speaker #5
Moi c'est l'autre côté du coup, j'avais mon studio depuis le studio Paris-Corse depuis peut-être deux ans déjà maintenant. Et voilà, un jour, un message de ce fameux Julien Malaret. Et voilà, on s'est rencontrés, il est venu au studio et ça a super bien matché. Ça a très très bien matché et moi ça faisait longtemps que je voulais rassembler les artistes. Parce que comme je me suis lancé au moment du Covid, c'était dur. Chacun était chez soi et parfois je me baladais dans la rue et je voyais des gens à la fenêtre qui faisaient de la musique. Je me suis dit mince, on est à côté, on ne se connaît même pas. Donc de là, je voulais rassembler les gens, je ne savais pas comment faire. J'en parlais à quelques personnes mais on me disait que j'étais un peu trop naïf parfois. Et quand j'ai rencontré Julien qui avait un peu cette démarche-là, je me suis dit, super, il y a quelque chose à faire avec ce gars-là.
- Speaker #0
Exactement. On va reparler plus en détail de The Main Studio, mais avant, je vous propose un petit jeu. C'est parti. Alors pour ce premier jeu, nous allons faire ce qu'on appelle la boussole métier. Comme dirait un peu notre amie Anne, c'est des questions un peu coach que je pose. Mais justement je vous propose de ne pas partir. d'un métier unique, parce que vous faites quand même pas mal de choses, mais plutôt de la posture, celle du compositeur, du musicien, de l'ingé son, etc. Est-ce que vous êtes prêt ?
- Speaker #1
Oui, allez, c'est parti !
- Speaker #0
Alors, quand vous accompagnez un artiste au studio, quel est le cap que vous essayez de lui faire garder ? C'est la qualité sonore, l'identité artistique, la sincérité, un peu tout ça ?
- Speaker #5
Waouh, c'est très dur ! Je m'attendais à un jeu plus facile !
- Speaker #3
Ça dépend des artistes, honnêtement. Ça dépend des artistes, de leur univers, de leur niveau aussi, parce qu'on a des artistes qui sont tout débutants et d'autres qui ont déjà un peu d'expérience, donc c'est pas la même chose. Donc disons que peut-être sur les débutants, ça va être de garder la motivation, parce que c'est long, c'est dur, et c'est de l'investissement. Et pour des artistes un peu plus confirmés, ça va être de maintenir la qualité, de passer De continuer à être perfectionniste aussi,
- Speaker #0
même si des fois on se lasse de travailler sur un seul morceau par exemple. Moi je dirais ça.
- Speaker #5
Ouais, je t'en rejoins, je t'en rejoins totalement.
- Speaker #0
Ok, qu'est-ce qui dans votre parcours personnel de musicien ou de compositeur vous aide le plus aujourd'hui pour comprendre les artistes qui viennent travailler avec vous ?
- Speaker #5
L'instinct je dirais.
- Speaker #0
Ok, l'instinct, ouais c'est intéressant, carrément. Quand un jeune artiste pousse la porte... de The Main Studio pour la première fois. Quelle est la première chose que vous allez chercher à créer avec cette personne ? Un lien humain. On propose toujours, quoi qu'il arrive, de se rencontrer au studio. On paye le café, on discute,
- Speaker #3
on demande aux gens qui le peuvent ou qui le veulent de nous faire écouter des maquettes, des débuts de son ou des anciens morceaux, par exemple. Mais c'est vraiment créer ça, se rencontrer. Ça vient avec tout ce qu'on a dit juste avant, de la dynamique de... de rencontrer les gens, etc. Et donc, je pense que c'est ça, premièrement, qu'on fait. Exactement.
- Speaker #0
Et alors, dans un projet musical, qu'est-ce qui bloque le plus, souvent ? Ça dépend.
- Speaker #5
Ouais, ça dépend. Beaucoup de fausses pensées, je dirais. Beaucoup de doutes. Le doute, c'est... Bon, tout artiste connaît ça. Et je pense que beaucoup sont prêts à changer des choses à la dernière minute. Beaucoup sont très perfectionnistes. et beaucoup de doutes tout le temps. Ça bloque très souvent.
- Speaker #0
La confiance en soi peut-être. C'est peut-être un peu ça aussi. Merci beaucoup pour vos réponses. Alors les mains du pianiste sont à la mélodie, ce que le pinceau est à la calligraphie. En tout cas, c'est ce que je pense. C'est le moment d'écouter la chronique d'Anne Texerow.
- Speaker #4
Je s'aime donc je suis, une chronique de la coach Anne Texerow.
- Speaker #2
Samedi dernier, j'ai participé à un colloque sur le thème « L'unique trait du pinceau » . Pour illustrer ce thème, lors de cette rencontre, il a été question de l'avis de Fabienne Verdier, qui âgée d'une vingtaine d'années, est partie en Chine se former à la calligraphie chinoise. Elle y restera dix ans. Au début de son apprentissage, son maître exige d'elle qu'elle exécute le tracé suivant, un trait unique du pinceau. Elle s'y applique un peu plus chaque jour et son maître la renvoie systématiquement. Car son trait n'est pas parfait. Au bout de trois ans, elle craque. Et là, son maître lui dit, maintenant, on peut commencer le travail. Depuis, Fabienne Verdier arpente le monde pour dresser une cartographie des forces visibles et invisibles qui traversent l'univers et façonnent les paysages. La peinture devient un champ d'expérimentation. Gravité, flux, vibrations, ondes telluriques, lumineuses et sonores. Elle invente un langage pictural inédit, riche de savoirs et d'inventions techniques singulières. Pinceaux pendules, outils gravitationnels, alliages de glacis, esquisses filmiques. Ses recherches ouvrent un territoire neuf, sensible et visionnaire de l'énergie terrestre et de l'imaginaire dans l'art contemporain. Lors de ce colloque, le témoignage du parcours et de l'art de Fabienne Verdier m'ont parlé. Par son œuvre, cette artiste nous montre comment être dans un abandon et une foi totale pour créer. L'unique trait du calligraphe nous enseigne sûrement des clés pour mener et expérimenter notre vie dans la manière de façonner la création. Et cela est possible dans chaque acte qui rythme notre quotidien. Par exemple en cuisinant, en jardinant, en dessinant, en bricolant ou encore en réalisant une tâche au travail ou en échangeant avec une personne. Ce trait unique du pinceau parle de la présence, d'être dans l'ici et le maintenant et de savoir capter l'éternel présent. Je peux par exemple l'illustrer par la pratique du surf en mer, où le surfeur sait prendre la bonne vague au bon moment. D'ailleurs, je vous conseille de lire le livre de Joël de René qui s'intitule « Surfer la vie » . Ce trait unique parle aussi d'équilibre et de justesse dans l'acte posé qui tend vers une forme de perfection. Cela me fait penser aux joueurs de jazz, qui par son instrument sort un son unique, juste, parfait. Ce trait ou cette patte nécessite également un centrage en soi pour être à la fois agi et agissant. Car ce trait ou cet acte est en vérité inspiré par le souffle. Je pense à l'archer qui vient bander son arc pour toucher sa cible. Tout dernièrement, j'ai écouté une interview de la comédienne Juliette Binoche, qui vient de sortir un documentaire qui s'intitule En nous, dans ce film, l'actrice échange son rôle avec un danseur. Elle devient danseuse et lui, acteur. Pour arriver à cette prouesse, il lui a fallu d'abord descendre en elle, pour s'abandonner totalement. Et cela avec une grande confiance et beaucoup de courage. D'ailleurs, l'artiste, l'artisan, par son art, son attention, peut vivre une forme de trans légère, ou un état de conscience modifié, au cœur de son acte créatif. Là où le temps se suspend, il perce et touche alors le mystère de la création. Capter ce souffle ne vient pas du mental, non, mais d'une part plus grande que soi. L'art, la création en général, ouvre une porte entre l'esprit et la matière, entre le divin et l'humain. Cette percée est cette capacité à nous laisser inspirer et pénétrer par la vie. Vie, V-I-E-V pour vibration. I pour information et E pour énergie. En anglais, on parle de flow, c'est-à-dire littéralement le courant, courant de vie. J'ai une question pour vous, cher invité, Julien et Emric. J'imagine que vous avez déjà vécu cet état de flow, et si oui, à quel moment, dans quelles circonstances ?
- Speaker #5
Oui, tout à fait. L'état de flow, moi je m'en suis rendu compte beaucoup en jouant avec d'autres musiciens. Quand on improvise, quand on se laisse aller, pas tellement sur scène, mais plutôt dans les salles de répète, chez les uns, chez les autres. L'état de flot arrive souvent, on le remarque et c'est trop bien.
- Speaker #2
Ça me parle, merci. Et Julien ?
- Speaker #3
Moi, ce n'est pas cet exemple-là de scène, c'est plus au studio. Je travaille beaucoup avec un artiste qui s'appelle Nelly Nettie, qui est auteur et chanteur. et on est comme un binôme vraiment je fais la musique, lui il fait les textes et en fait il m'aide parfois sur la musique je l'aide parfois sur les textes sur la mélodie des paroles etc et donc en fait ça nous arrive assez régulièrement de se mettre sur une création et d'arriver à cet état là et de ne plus savoir quelle heure il est, de travailler toute la nuit et c'est hyper agréable comme au moment où il n'y a plus rien qui existe autour il faut bien penser à se mettre en ne pas déranger fermer les portes etc pour le garder le plus longtemps possible
- Speaker #2
Merci
- Speaker #0
Merci beaucoup Anne pour votre chronique.
- Speaker #4
Les voix de l'écho, une émission présentée par Yves Maguin.
- Speaker #0
Alors pour cette deuxième partie, je voyais qu'on parle plus de The Main Studio, sa naissance. Donc le samedi 12 octobre 2024, vous ouvrez The Main Studio à Angers. Qu'est-ce que vous aviez en tête ce jour-là ?
- Speaker #3
Euh... Bon. Il faut peut-être remonter un petit peu le temps Pour en savoir
- Speaker #0
Allez, rembobinage
- Speaker #3
On rembobine de pas si longtemps que ça avant Quelques mois Au mois de mai 2024 On se retrouve chez Emric pour 3 jours de séminaire Ce qu'on appelle séminaire c'est de passer 3 jours ensemble Avec des artistes et faire de la musique ensemble Donc on va chez toi Emric Et finalement Le premier jour il m'a parlé De ce projet d'agrandir son studio Qu'il avait déjà Donc de choisir un autre endroit etc Alors... Et en fait, on n'a pas fait de musique pendant trois jours. On n'a parlé que de ça. Et moi, j'étais OK. En fait, j'étais chaud. Je pense que dans le projet que j'avais musicalement, etc., c'était le bon moment pour passer cette étape-là. Donc, le fait que je sois OK, ça a débloqué aussi financièrement les moyens de pouvoir trouver un local assez grand pour nous deux. Et on a trouvé très, très rapidement.
- Speaker #5
En tant que discussion, le moment où on a les clics, il se passe quatre mois.
- Speaker #3
C'est hyper rapide. C'est vraiment très rapide. C'était naturel en fait. On s'est dit ça, ok c'est bon, on le fait. Bon, on fait comment ? On passe par une agence, ok. On a visité trois locaux et on a choisi le deuxième qu'on a visité. Et en fait, voilà, en septembre on a signé et on a fait des travaux. et on a ouvert en octobre. Donc ce qu'on avait en tête ce jour-là du 12 octobre, c'était de la fierté je pense, et puis de la hâte de pouvoir commencer le travail.
- Speaker #5
Vraiment quelque chose de très très nouveau, on ne s'en rendait pas compte. On a un local de 4 mètres carrés en plein centre-ville. Tous les matins on arrivait, on se disait mais c'est vrai ? C'est vrai ou pas ? Et donc il se passe plein de choses dans notre tête. Ce jour-là c'est quand même assez fou.
- Speaker #0
Donc vous êtes 28 ans, rue Baudrière à Angers entre les Halles et la cathédrale on peut dire avant c'était un salon de tatouage si je ne me trompe pas est-ce que vous avez eu à faire beaucoup de travaux à l'intérieur ?
- Speaker #5
le salon de tatouage avait peint tous les murs en noir les plafonds en noir et avait laissé pas mal de choses à l'intérieur donc on a dû tout virer, tout nettoyer et retaper un petit peu les murs mettre beaucoup de peinture Merci. Sacré budget peinture,
- Speaker #3
ouais. Et on a aussi installé des portes, parce que la particularité, c'est qu'il n'y avait pas de porte. On a installé des portes et on a fait tout un travail sur l'acoustique aussi. Du coup, on a créé nos propres panneaux acoustiques, parce qu'on a besoin de conditions assez travaillées pour travailler correctement. Et vos voisins,
- Speaker #0
qu'est-ce qu'ils disent ? Parce que vous êtes quand même pas loin d'habitation.
- Speaker #5
Ouais, tout à fait. On a même des duplexes au-dessus de nous. Mais tout le monde s'inquiétait un petit peu au début. mais en fait on leur a dit on n'est pas une salle de concert on est un site d'enregistrement donc on ne s'inquiète pas du bruit qu'on va faire, on s'inquiète du bruit que vous allez faire et comme on est en pleine ville on avait peur tout simplement on a regardé vraiment le PLU pour ne pas qu'on s'attrape des travaux juste en face au bout de deux mois par exemple donc non nous on enregistre beaucoup oui et puis c'est en journée en plus peut-être exactement on travaille la journée et
- Speaker #3
de plus on revient aussi sur ce qu'on a dit tout à l'heure mais on est humain aussi avec les gens on est allé les voir et puis Et on leur a proposé de visiter, il y en a certains qui sont venus, donc en fait ça a démystifié aussi ce truc-là, est-ce qu'ils vont foutre le bordel toute la nuit ? Non, non, non,
- Speaker #0
c'est clair. Quand vous dites créer une dynamique autour de la musique sur Angers, concrètement ça veut dire quoi pour vous ?
- Speaker #5
Ça veut dire qu'il y a du monde partout, il y a des gens qui ont des envies, il y a plein d'artistes dans plein de domaines différents, et on est une ville assez grande, assez petite encore, à taille humaine comme on dit. Mais il y a quelques projets qui se font. Mais il y a beaucoup de gens encore qui partent sur Paris, malheureusement. On rencontre de superbes artistes avec le studio. Mais beaucoup de gens nous disent, allez, je pars sur Paris, je tente l'aventure. Et nous, on aimerait vraiment créer une dynamique assez forte pour faire rester les gens sur Angers. Parce que nous, c'est notre ville, on habite là, on adore cette ville. Et voilà, on aimerait pouvoir y travailler toute notre vie aussi.
- Speaker #0
Complètement. C'est vrai qu'en même temps, j'allais dire... plein de métiers, au final, artistiques. On part souvent à la capitale. Oui, Alexis, vous avez une question ?
- Speaker #3
Oui, j'ai une question très, très terre-à-terre. Ça me coûte combien si je suis artiste de bosser avec vous, et vous, vous gagnez combien ?
- Speaker #5
Ça, ça dépend vraiment de ton projet. En général, on va inviter l'artiste à venir justement pour qu'il nous explique son projet. Parce qu'on fait beaucoup de choses. On fait de l'enregistrement, on fait de la composition, on fait de l'arrangement, on fait de l'accompagnement, on fait de la formation depuis peu aussi. Donc chaque projet est très différent. C'est pour ça qu'on invite les artistes. C'est que tous les projets, tous les humains sont différents. On a besoin de comprendre au mieux. Donc on passe en général au moins une heure à discuter du projet pour être sûr de savoir quoi faire avec toi.
- Speaker #0
Est-ce que vous avez quand même quelques chiffres à donner ?
- Speaker #3
Oui, on peut donner les chiffres de base. Pour avoir une idée de la suite, on fait l'heure d'enregistrement à 35 euros et l'heure de composition ou arrangement à 30 euros. Et pour le reste, c'est sur deux vies, sachant qu'on a aussi une offre qu'on a mis en place depuis 2026, qui est une journée totale d'accompagnement. Donc là, on va pouvoir faire de la composition, aider à l'écriture. Si on a le temps, on peut faire de l'enregistrement. Et cette journée-là, elle est à 300 euros, sachant qu'on travaille tous les deux avec l'artiste et on a l'intégralité du studio, sans rendez-vous, etc. Pour se mettre dans cet état de flot dont on parlait.
- Speaker #5
Parce que l'objectif, c'est d'avoir une belle musique à la fin de la journée.
- Speaker #0
Et alors ça veut dire qu'en fonction du projet artistique... l'artiste va travailler soit avec l'un soit avec l'autre, pas forcément avec les deux soit avec les deux,
- Speaker #5
ça dépend l'agent d'accompagnement c'est vraiment nous deux l'enregistrement c'est plutôt moi, c'est vrai qu'on ne l'a pas précisé mais moi j'ai la casquette compositeur ainsi qu'un gesson, là où je viens elle est 100% compositeur donc tout ce qui est après la composition c'est avec moi et alors
- Speaker #0
The Main Studio est à la fois un lieu de travail un lieu de création donc vous avez dit tout à l'heure que vous avez fait pas mal de de travaux. Est-ce que quand vous avez fait les travaux, vous avez pensé un peu à l'ambiance ? globale du lieu, c'est-à-dire que quand on arrive, on doit ressentir une certaine émotion particulière.
- Speaker #1
Oui, totalement. Et puis ça se confirme avec les gens qui sont venus entre-temps. La plupart ont la même réflexion, on va dire, c'est lumineux, c'est chaleureux, c'est accueillant et c'est grand. Donc c'est tout ce qu'on voulait. On travaille la journée, on ne veut pas travailler la nuit non plus, parce qu'il y a pas mal de studios qui sont ouverts la nuit. ambiance murs foncés néons et c'est pas forcément ce qu'on voulait nous on voulait quelque chose de très lumineux c'est bien, on a la lumière qui rentre dans le studio on n'est pas dans la cave et il y a quelques plantes aussi c'est accueillant les gens le confirment alors comme on parle de musique et puis comme à chaque émission je vous propose de faire une petite pause musicale dans
- Speaker #0
l'émission nous allons écouter éphémère de Bécard. On reparle de ce choix musical avec vous juste après. Julien Malray et Aymeric Poupard, juste après. Bonne écoute sur Radio-G.
- Speaker #2
J'ai loupé trop d'épisodes.
- Speaker #3
Est-ce qu'on peut revenir en arrière ? J'ai loupé trop d'épisodes. On est jeunes, on se fait mal. On vient commettre le pire par peur de finir pauvre Le crime ça fait nourrir des mifs, ça en fait souffrir d'autres Jeunesse décidée à fracturer chaque porte On n'écoute plus les histoires qu'on nous radote On se met plus les conseils qu'on nous rapporte Pour qu'on s'entende faudra qu'il y ait des désaccords Entre nous c'est limite mort, deux trois sentiments que j'interdis d'éclore Avant de partir à tout jamais, j'aurais peut-être dû lui sortir un truc du genre Viens en oublie, viens en scène, viens en oublie, viens en scène La cliente qu'on a mis en scène, on n'a jamais subi en scène J'ai quelques regrets, c'est un fait, j'ai quelques regrets, c'est un fait J'y passe Suivis ce que Lunatic disait aux petits que j'étais avant Est-ce que ça fait de moi un faible ? Je pense pas Est-ce qu'on peut fuir comme dans mes rêves ? Est-ce qu'on peut fuir comme dans les tiens ? Qu'est-ce qu'on peut faire quand le temps défile ? Est-ce qu'on peut faire comme dans les films ? Je pense pas Est-ce qu'on peut revenir en arrière ? J'ai loupé trop d'épices On est jeunes, on se met des barres Moi j'en connais qui se taillent J'ai un colis qui s'installe On peut revenir par la fenêtre du salon Je perds les étoiles qui brillent le plus J'ai l'air de sentir tirer presque des avions Laisse une trace Éphémère
- Speaker #2
J'ai laissé une trace dans mon passage Une étoile de plus dans le ciel Le temps qui défile fait des siennes La mort c'était beau avant qu'on s'attache Il va que jouer les cow-boys C'est nous les Jews c'est nous les apaches J'ai rangé les soucis dans le sac à dos J'ai caché les bobos dans le bag-tache Tous les miens essaient d'être entiers Du coup, nos relations sont de vrais chantiers C'est impossible de refaire l'histoire Je viens de commencer le tableau de jour Non, juste avant que vous descendiez Est-ce qu'on me verra ? Revenir en arrière J'ai loupé trop d'épisodes On est jeunes,
- Speaker #3
on se met des barrières Moi j'en connais qui se tarient L'encolique qui s'installe En regardant par la fenêtre du salon Je perds les étoiles qui brillent le plus Elles sentirent dire presque des avions
- Speaker #4
« Les voix de l'écho » , une émission présentée par Yves Maguin.
- Speaker #0
Vous êtes toujours en direct sur Radio-G à l'écoute de l'émission « Les voix de l'écho » et je suis toujours en compagnie de Julien Malray et Emeric Poupard de The Main Studio A. Angers. Nous venons d'écouter Éphémère de Bécard. Alors, je vous avoue, ce n'est pas du tout ma cam, moi, perso, d'un point de vue musical, mais merci beaucoup pour cette découverte de moi, parce que j'aime bien découvrir de nouvelles choses. Pourquoi avoir choisi ce titre musical ?
- Speaker #1
Emric et Julien ? Tu nous as demandé de te donner un titre pour cette émission et en fait je suis allé voir Emric et je lui ai dit on prend un titre de l'album de Beccar de 2023 C'est une évidence pour nous deux C'est ça en fait cet album c'est notre plus gros point commun on est 100% d'accord sur ce qu'on pense de cet album, de sa qualité et de ce qu'il nous fait à nous en tant qu'artiste et en tant qu'auditeur Et donc on a choisi ce titre-là parce qu'on l'adore tous les deux, mais ça aurait pu être un autre titre de cet album. Mais voilà, il y a le vinyle qui trône au studio, qu'on voit tous les jours, et puis voilà, ça nous plaît.
- Speaker #5
C'est pas l'artiste ou notre musique préférée non plus. On a aussi d'autres artistes qu'on préfère, d'autres musiques qu'on préfère. Mais voilà, cet album, cet artiste, c'est celui qui nous rassemble aussi. On a pris quelque chose qui nous rassemblait tous les deux, qui nous parlait tous les deux. Et puis ce morceau-là, pourquoi ? Parce que là, on a écouté qu'une seule partie du morceau. mais il est en deux parties, il dure un peu plus de 6 minutes le morceau et je sais que de mon côté moi j'aime beaucoup en fait c'est quand même un artiste très actuel mais qui a des prises de risque parfois un petit peu et moi je félicite ça pardon,
- Speaker #0
6 minutes pour un morceau en deux parties c'est très fort c'est pas tous les jours c'est plus trop dans l'air du temps on va dire, de faire ce type de choses qu'est-ce que ça change pour vous au studio par rapport, enfin comment dire je recommence quand vous accompagnez des artistes vous dites à un moment donné sur votre site web de la première idée jusqu'à la prestation scénique qu'est-ce que ça change justement pour l'artiste de venir au studio et de refaire ce que vous avez fait au studio avec les arrangements et tout ça sur une scène, c'est quoi un peu la différence entre les deux, parce que le live est quand même souvent différent monde. de ce qu'on fait au studio.
- Speaker #5
Oui, tout à fait. C'est deux métiers différents. Le studio et la scène, c'est quand même deux métiers très différents. On a une expérience sous les deux dedans. On encourage les artistes à aller sur scène. Beaucoup ne le font pas trop. Et on n'a pas envie, justement, que ça reste un peu des artistes d'Instagram, comme on entend dire souvent. Et beaucoup aussi réfléchissent à se rémunérer. En fait, la scène, c'est la première chose à faire.
- Speaker #3
mais...
- Speaker #5
Donc en fait, on encourage à le faire. On n'est pas les plus expérimentés. Il y a des coachs scéniques qui font ce travail super bien. Mais nous, on ne propose pas ça à tout le monde, mais c'est vraiment avec des artistes de confiance, avec lesquels on travaille sur le long terme. Au bout d'un moment, on est capable de les accompagner sur scène et de jouer avec eux.
- Speaker #0
Oui, parce qu'il faut le repréciser, les artistes gagnent surtout leur vie en faisant de la scène plutôt que... aux plateformes d'écoute qu'on a au Youtube. Surtout au début. Surtout au début, oui, en plus. Exactement. Je vous propose de faire maintenant un deuxième jeu dans l'émission. C'est parti. Musique Musique Here we go ! Alors vous allez voir c'est beaucoup plus simple que la première, là cette fois-ci c'est un vrai faux express Je vous fais une affirmation et vous me dites simplement vrai ou faux Voilà, sans plus d'explication Des fois ça peut être un peu... Allez, on y va Aujourd'hui on peut produire une chanson de qualité pro depuis sa chambre
- Speaker #5
Vrai
- Speaker #0
Un bon studio ce n'est pas seulement du matériel, c'est surtout une ambiance
- Speaker #1
Vrai
- Speaker #0
Beaucoup d'artistes arrivent en studio sans savoir précisément ce qu'ils veulent. Vrai. Le rôle d'un compositeur ou d'un beatmaker, ce n'est pas d'imposer sa patte, mais de révéler celle de l'artiste.
- Speaker #5
Plutôt vrai, ouais.
- Speaker #0
Le mixage peut complètement transformer la perception d'un morceau.
- Speaker #5
Vrai, vrai.
- Speaker #0
Les jeunes artistes ont parfois... plus besoin d'accompagnement humain que de technique.
- Speaker #5
Vrai, totalement.
- Speaker #0
À Angers, il existe une vraie scène musicale quand même, émergente, mais elle mérite d'être davantage structurée.
- Speaker #5
Vrai, 100%.
- Speaker #0
Il y a beaucoup de vrai quand même. Publier un titre aujourd'hui est devenu facile. Le faire exister dans la durée, par contre, est beaucoup plus difficile. Un artiste doit apprendre à penser Merci. comme un entrepreneur.
- Speaker #5
Plutôt vrai, surtout au début.
- Speaker #0
Oui, surtout au début, c'est ça. La musique actuelle demande autant de compétences techniques que de sensibilité artistique.
- Speaker #5
Oui, c'est moins facile, mais on va dire plutôt vrai.
- Speaker #0
La meilleure prise vocale n'est pas toujours la plus parfaite techniquement. C'est vrai.
- Speaker #5
Ouais, vrai.
- Speaker #0
Et enfin, pour créer une dynamique musicale locale, il faut autant des lieux que des personnes capables de faire le lien entre les artistes. Bien sûr.
- Speaker #5
Bah, vrai.
- Speaker #0
Beaucoup d'affirmations au final sur ce. Beaucoup de vrai. Merci beaucoup pour vos réponses.
- Speaker #4
Les voix de l'écho, une émission présentée par Yves Maguin.
- Speaker #0
Alors s'écouter les uns les autres et faire preuve d'écoute, n'est-ce pas un peu une vertu importante en musique comme en communication entre chacun de nous ? Pourquoi donc faut-il faire preuve d'assertivité au quotidien ? C'est le moment d'écouter la chronique d'Alexis Desjeux.
- Speaker #4
Mieux vivre ensemble avec assertivité. Une chronique d'Alexis Desjeux.
- Speaker #6
Bonjour chers auditeurs, quel que soit votre genre, obédience et autres croyances toutes personnelles. Aujourd'hui, j'ai une question existentielle à vous poser. Mais pourquoi diable emprunter le chemin de l'assertivité ? Franchement, regardez autour de vous, tout va tellement bien dans nos échanges au quotidien. Tenez, il y a 15 jours, une grande chaîne d'infos en continue, un débat sur l'immigration. Au bout de quelques minutes, plus personne ne s'écoute, les interruptions pleuvent et les invités se lèvent en lançant soit c'est un débat, soit je me casse. Et en fait, il se casse, en direct. Magnifique démonstration de dialogue, non ? Quelques jours plus tard, sur la chaîne parlementaire, deux femmes politiques s'écharpent sur l'éducation. Les observateurs parlent d'un échange d'une rare violence. Pas d'une rare intelligence, hein. Une rare violence. Et ce n'est même plus réservé au plateau. Cet hiver, un ancien ministre et un maire d'une grande ville du Sud... en sont presque venus aux mains dans un restaurant, entre l'entrée et le plat. Bon appétit. Bon alors vous me direz, ça c'est tout le cirque médiatique, chez les gens comme vous et moi, dans les entreprises c'est différent. Bah non, non, je vais vous prendre le témoignage d'un chef de projet, en pleine réunion de direction, son responsable commercial lui balance, j'ai besoin que tu accélères là, six semaines, c'est non négociable. Alors le chef de projet répond avec dépit. « Ok, ok, je vois ce que je peux faire. » Et puis il rentre chez lui avec une boule au ventre. Il sait qu'il ne pourra pas tenir les délais. En fait, aucun des deux ne connaît les contraintes de l'autre. Ils jouent tous les deux en aveugle. On est dans le monde de l'entreprise. Et puis dans la famille, pas beaucoup mieux. Ma fille m'appelle. Oui, je parle de moi. Elle vient de se faire percuter par un vélo, par une voiture. Moi, je suis fatigué. J'ai une grosse journée de taf dans les pattes. Je suis inquiet pour elle. Et en fait... Je l'engueule parce qu'elle n'est pas encore aux urgences. Elle m'appelle pour me dire qu'elle a eu un accident. Au lieu de la consoler, au lieu de faire preuve d'empathie, je suis humain.
- Speaker #0
Mais dites-moi Alexis, à vous entendre, c'est plutôt malpartinent pour nos relations humaines. Alors pourquoi s'embêter à emprunter ce chemin de l'assertivité si tout le monde autour de nous fait exactement l'inverse ?
- Speaker #6
Oui, c'est une bonne question Saïf, c'est même une excellente question. Si vous vous la posez encore, chers auditeurs, chères auditrices, et quel que soit votre genre, regardez l'actualité de notre monde. La réponse, elle est là, sous nos yeux, à peu près tous les jours. C'est précisément parce que notre monde part en sucette que je vous invite à emprunter ce chemin. Enfin, l'explorer tout du moins. Si vous avez un truc à faire avec l'autre, ça me semble un chemin de crête entre agressivité ou passivité, plutôt chouette à cultiver au quotidien. Alors oui, certains me trouveront sûrement utopiste, voire bisounours, mais j'assume à 2000%. Moi j'ai vu ce que ça change à l'assertivité, cette capacité à défendre son point de vue, tout en respectant l'autre dans sa différence. Être ni hérisson, ni paillasson, comme l'écrit Eric Schuller. Cela permet de maintenir ce pont, peut-être précaire, parce que vous avez peut-être un différent avec l'autre, mais vous avez un truc à faire ensemble. Alors maintenir cette passerelle branlante, c'est maintenir le lien qui permet d'avancer pour finaliser ce projet commun. Même dans le désaccord, on peut rester bienveillant.
- Speaker #0
Alors d'accord Alexis pour la théorie, mais concrètement comment on cultive cette assertivité au quotidien ? On ne va quand même pas tous partir en stage de méditation dans le Larzac, si ?
- Speaker #6
Allez, rassurez-vous, on n'a pas besoin d'aller jusque dans le Larzac, mais la méditation ça a du bon pour les relations humaines apaisées. Allez-y, même sans aller dans le narzac. Ma méthode à moi, c'est le jeu. Le jeu, quand je parle de jeu, je parle de jeu de société, J-E-U. Fin mai, à Paris, devant une centaine de professionnels Elevate 2026, organisés par l'Association Française des Conférenciers Professionnels, que je remercie pour leur confiance sur cette antenne, je fais jouer la salle. Une moitié devient ce commercial sous pression, l'autre ce chef de projet débordé. Et quand chacun découvre enfin les contraintes de l'autre, agit sur ce qu'il maîtrise, pose son intention, écoute son état d'esprit intérieur et ses émotions, là, il se passe quelque chose. Chacun explore la rive de l'autre sans s'oublier soi-même. Et puis ensemble, ils trouvent un chemin de crête. L'un lâche un délai, l'autre livre une version bêta du projet, imparfaite mais solide. Parce qu'il vaut mieux un pont de singe imparfait que pas de pont du tout quand on a un truc à faire ensemble. Alors je vous invite à un jeu tout simple, tout à l'heure au déjeuner en famille ou à la machine à café avec vos collègues. Le jeu des 3 secondes. 3 secondes avant de répondre à quelqu'un qui vous agace. Imaginez, durant ces 3 secondes, peut-être a-t-il vécu quelque chose de difficile. 3 secondes de silence. C'est le temps de l'assertivité. pour écouter l'autre avec empathie. Allez, prenez soin de vous et de vos proches, faites les choses avec plaisir, envie et audace si ça vous branche. Belle journée et à nos invités. Avez-vous un exemple ou un moment où vous êtes sortis de vos gonds avec un artiste ou entre vous deux ?
- Speaker #0
Alors, Emmerich, Julien...
- Speaker #5
Les trois secondes, ce n'est pas parce qu'on a agacé. Non, je pense qu'on a la chance que ça ne soit pas arrivé au studio, je pense.
- Speaker #1
Oui, je n'ai pas de souvenirs non plus comme ça. Je pense qu'il y a quand même une raison qui s'explique par l'expérience aussi, à force de... On rencontre énormément de monde. Et je pense que, comment dire, on sait avec qui ça va bien se passer. On peut se douter de... des personnes avec qui ça a moins bien passé,
- Speaker #0
ce qui fait qu'on réduit ce risque, tout simplement.
- Speaker #6
Bravo pour cette assertivité au quotidien.
- Speaker #0
Merci beaucoup Alexis pour votre chronique.
- Speaker #4
Les voix de l'écho, une émission présentée par Yves Maguin.
- Speaker #0
Je vois que l'heure tourne, j'ai encore plein de questions mais on va faire rapide. Vous accompagnez actuellement une jeune artiste qui s'appelle Emma. Comment vous l'avez sélectionnée et quel est ce programme que vous avez créé pour l'accompagner ?
- Speaker #5
Pour le contexte, on a créé un dispositif d'accompagnement qui s'appelle Confluence. En gros, on accompagne un artiste sur une année entière. Et le but c'est de le faire passer de amateur à professionnel C'est de professionnaliser son projet musical Et donc en fait on a fait un appel à candidature Principalement par les réseaux sociaux et la presse aussi Et voilà on a eu 67 candidatures On a sélectionné Candide pour le nom d'artiste parmi les 67 personnes
- Speaker #1
C'est énorme Oui c'est énorme, franchement on ne s'attendait à rien Puisque c'était la première fois qu'on faisait ce dispositif Et cet appel à candidature Et on se disait, si on a 20-25 candidatures, c'est déjà beaucoup. Bon, trois fois plus finalement. Donc, on était surpris et contents. On a mis beaucoup plus de temps que prévu à choisir, du coup, forcément. Mais on a rencontré une sélection de finalistes, entre guillemets. Et on a choisi Candide. Et donc, depuis janvier, on est avec elle sur tous les aspects dont on a pu parler aujourd'hui. Composition, écriture, arrangement, enregistrement, mixage, mastering. Et on sort un premier morceau, du coup, le 19 juin. suivie tout près par une première scène à la fête de la musique donc ça sera place de la préfecture à 18h30 pour ceux qui sont intéressés et on joue avec elle du coup guitare pour Aymeric et moi synthé super
- Speaker #0
c'est génial allez tous sur la scène pour la fête de la musique ou en tout cas allez voir cette scène place de la préfecture est-ce que vous avez Des envies de création justement d'un petit festival pour fédérer un peu tous ces liens sur Angers parce qu'on connait le Shabada, le Jokers, etc. et d'autres lieux. Est-ce que vous avez déjà des idées en tête par rapport à ça ?
- Speaker #5
Un festival à proprement parler, c'est peut-être pas exactement ça. Il faut qu'on trouve la forme, mais en fait on y a déjà réfléchi et on a déjà fait une première étape de ça. Pour la Fédération de la Musique, l'an dernier, on a... Invité sur scène, 4 artistes avec qui on travaille. Et donc, c'est à peu près ça, ouais.
- Speaker #0
Eh bien, super. Merci beaucoup Julien-Marie et Aymeric Poupard d'être venus nous parler de votre parcours, de votre passion pour la musique, de cette belle aventure qu'est The Main Studio. Je rappelle, The Main Studio ouvert en octobre 2024 avec une envie forte de créer un lieu de composition, d'enregistrement, de mixage, de mastering, mais aussi d'accompagnement pour les artistes qui veulent donner forme, tout simplement, à leur idée et aller plus loin de leur projet musical, un projet Projet pour fédérer. Si vous êtes musicien, chanteur, rappeur, compositeur, porteur d'un projet musical ou simplement curieux de découvrir leur univers, vous pouvez retrouver Julien et Aymeric du côté de The Main Studio au 28 rue Baudrière à Angers. ainsi que sur leurs réseaux sociaux et sur Internet. N'oubliez pas le projet Confluence également. Merci à Alexis et Anne pour vos chroniques. Retrouvez dès maintenant Fabien Bertrand pour l'émission Les Métiers de l'Ombre. Il reçoit Nicolas Ausha qui est designer produit industriel. On se retrouve le mercredi 24 juin 2026 de midi 10 à 13h. Pour la dernière de la saison, nous allons parler de voyages dans le désert. Merci d'écouter Radio G et d'ici là, prenez soin de vous !