- Speaker #0
Bienvenue dans le Moodboard, un podcast qui explore la créativité à travers celles et ceux qui la vivent, la cultivent, la cherchent et la ressentent. Je suis Charlotte et je vous accueille dans ce podcast pour parler de ce qui inspire, de ce qui émeut, de ce qui nous pousse à créer. Prenez place dans ce Moodboard sonore et laissez-vous inspirer. Il y a des métiers où la passion est tellement grande qu'on n'arrive plus à s'arrêter le soir, où les frontières entre le pro et le perso s'effacent complètement. Si, si, je vous jure que ça existe. Pour Laetitia, tricoter, crocheter et créer des pièces textiles est devenu bien plus qu'une passion. C'est une réelle addiction. Et elle en a fait son métier. Laetitia a appris le tricot comme beaucoup d'entre nous pendant l'enfance, transmis par sa nounou Tata Paulette. Ce qui est moins courant, c'est de garder ce savoir-faire précieusement, de le laisser mûrir, voire de l'oublier pendant quelques années, et de le voir revenir un jour sur le devant de la scène pour en faire son activité principale. Aujourd'hui, elle est artisane textile, elle crée ses propres designs de vêtements et d'accessoires, imagine des patrons qu'elle vend sous forme d'e-book, et partage son savoir-faire avec sa communauté sur Instagram. Elle réalise... elle-même toute la partie créative, les photos, le graphisme, la mise en page et en assure la vente, bien sûr. Compétence qu'elle a apprise dans ses expériences professionnelles passées. Que vous soyez amateur, débutant, expert ou très loin de cet univers, j'espère que cet épisode vous donnera envie de découvrir le travail de Laetitia et peut-être même de tester le tricot ou le crochet. Je vous laisse découvrir son parcours et je vous souhaite une très bonne écoute.
- Speaker #1
Bonjour Laetitia.
- Speaker #0
Bonjour Charlotte. Bienvenue dans le Moodboard.
- Speaker #1
Et merci de m'accueillir.
- Speaker #0
Et surtout merci toi de m'accueillir chez toi à Montpellier. Avec plaisir. J'ai fait toute cette route pour te retrouver. Ça fait des années qu'on s'est pas vues. C'est vrai. Mais on s'était rencontré à l'époque chez CQFD.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Dans la boutique où tu étais venue nous donner un atelier de crochet.
- Speaker #1
Exact.
- Speaker #0
Et puis ça date, je crois que c'était en 2018. Oui. Je commençais mon activité depuis
- Speaker #1
2019. C'était très récent.
- Speaker #0
Mais on s'est suivi de loin et on se retrouve là pour parler tricot, crochet.
- Speaker #1
Avec grand plaisir.
- Speaker #0
Mais avant d'en dire plus, j'ai une petite question. C'est la tradition dans le podcast. Pour démarrer, est-ce que tu peux me donner trois choses qu'on accrocherait sur ton moodboard du moment ?
- Speaker #1
Son moodboard du moment, ça va être du filet crochet. Parce que c'est la grosse tendance de l'été, donc c'est du crochet avec des motifs ajourés. Un peu vintage, comme les napperons,
- Speaker #0
comme c'est les grands-mères, tu vois.
- Speaker #1
Exactement, ou des bandanas, ou alors un noué autour de la taille, de la ceinture. Et parce que je pense aussi que ça peut être déclinable en version hiver, avec d'autres fils. Moi, j'ai toujours cette vision un peu... multifacettes, pas que une trend sur une saison, sur un moment et aussi déclinant la chose. Fil et crochet, qu'est-ce que j'accroche encore sur mon mood board ?
- Speaker #0
T'appelles ça une couleur.
- Speaker #1
Oui, il y aura du bandana, c'est sûr. Il y aura du bandana et il y aura de l'océan. Il y aura de la plage. Du bleu ? Oui, il y aura du bleu. C'est vrai que c'est plus ma couleur, de plus en plus je vais vers le bleu alors que c'était plutôt ma couleur. C'est plutôt couleur chaude. Initialement, exactement. Couleur de la terre, tu vois, terracotta, brun, beige. Mais là, le bleu, bizarrement, et beaucoup de rouge aussi. Bleu, rouge, bleu, blanc, rouge, en fait. Je suis assez patriote. Carrément. Ok,
- Speaker #0
super. Alors, on va revenir un petit peu en arrière pour comprendre tout ton parcours. Est-ce que tu te souviens à quoi tu aimais jouer quand tu étais enfant ? Je jouais à la poupée,
- Speaker #1
hyper classique pour les petites filles, mais je confectionnais des habits pour mes barbies. Alors peut-être comme plein, plein de filles un peu créatives. Mais ouais, je leur faisais des petites fringues, je découpais des tissus, j'assemblais, je collais, je ne sais pas comment je faisais. Mais en tout cas, oui, je voulais devenir styliste quand j'étais petite, comme ma grand-mère maternelle. Et du coup, j'avais une passion mode, une passion confection de fringues.
- Speaker #0
Tu avais appris à coudre pour les vêtements ? Non,
- Speaker #1
je n'avais pas appris à coudre. En revanche, j'avais appris à tricoter chez ma nounou. Et là, je commençais à faire des petits accessoires, des écharpes, des trucs assez simples. Mais ça, j'ai appris quand j'avais une dizaine d'années et ça ne m'a jamais quitté. Donc le tricot, pour le coup, c'est un truc comme j'ai appris à faire du vélo, j'ai appris à tricoter.
- Speaker #0
Oui, j'allais te demander, c'était dans mes questions évidemment, qui t'a appris ces sept nœuds ?
- Speaker #1
Oui, exactement, Tata Paulette. Ouais, c'est assez fou. Et du coup, quand je me suis remise à tricoter, quand j'étais enceinte de Mila, donc il y a 16 ans maintenant, c'est revenu. Mais instinctivement, après, je regardais un peu des vidéos, des trucs comme ça pour voir les techniques modernes, toutes les mises à jour. Mais sinon, ça s'est revenu direct.
- Speaker #0
Ok. Et est-ce que du coup, tu te sentais quand tu étais petite assez créative ? C'était quoi ton rapport ? à la créativité, peut-être à l'art aussi ? Est-ce que tu avais des références dans ton enfance ?
- Speaker #1
J'ai toujours adoré dessiner. Donc ça, c'est un truc où il y avait toujours de la peinture, des crayons. À la maison, ça, c'est sûr. Et je me rappelle, ça, c'est le souvenir un peu drôle, il fallait illustrer les poésies. Et j'avais des cahiers de poésie hyper vintage, le souvenir old school. Les cahiers de poésie avec la page où tu écris ta poésie. En face, il y avait la page blanche où tu devais faire ton dessin.
- Speaker #0
Tu m'as rappelé la madeleine de Proust aussi.
- Speaker #1
Et bien voilà, ce dessin-là, c'était toujours un gros kiff. Et souvent, je me tapais un peu tous les dessins des autres de la classe. Ah oui ? Voilà. Sympa.
- Speaker #0
Tu te faisais plaisir en faisant ces dessins.
- Speaker #1
Oui, c'était pas déplaisant. Là, je profitais bien. Donc, il y avait ça. Et après, j'aimais bien bricoler. Et aussi, chez la nounou, il y avait un truc qu'à l'époque, c'était... pas du tout labellisées, donc c'était pas des capelas, mais on jouait avec ma soeur avec des petites briques de... des petites briques de bois. Je sais pas d'où ça sortait ces briques de bois. Mais on les assemblait, on faisait des monticules, des sculptures, des... Enfin voilà, quoi, des parcours, donc...
- Speaker #0
Donc déjà beaucoup de place pour la créativité. Ouais,
- Speaker #1
ça va, ça va. J'étais assez... une enfant assez timide, et bizarrement, il y avait ma soeur, mais j'étais quand même assez solitaire. Et du coup, je développais tout un monde créatif.
- Speaker #0
Vous aviez beaucoup d'écarts ?
- Speaker #1
Non, pas du tout. On a deux ans, deux ans et demi. Mais je ne sais pas. Tu sais, des fois, tu as des périodes dans ton enfance où tu es solo.
- Speaker #0
Tu es dans ton coin. Tu fais rentrer l'autre dans ton imaginaire.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Je vois bien. Et donc, tu as parlé d'idées de métier. C'était direct stigiste, toi ?
- Speaker #1
Oui. Je pense qu'il y avait toujours eu ce rapport à la mode, même après, dans mon adolescence. Par contre, là, je voulais coudre. Donc, est-ce que j'avais une machine ? Il y avait une vieille machine Singer chez mamie, à pédale, tu vois, le truc qui me paraissait insurmontable, à dompter, je ne comprenais pas bien, mais ma grand-mère m'avait un peu montré. Donc, je m'étais cousue une robe, une première robe. J'avais 14, 15 ans, un truc comme ça. Et j'adorais, quoi, en fait, aller... chercher la matière, tu vois. Choisir ton tissu. Oui, tout à fait. Exactement. Le patron. Souvent, c'était un peu du freestyle. Soit c'était une inspi. Je me rappelle, pour cette robe-là, c'était la mode des robes trapèzes. Donc, c'était vraiment assez ajusté sur le haut. Et après, ça partait trapèze, tu vois, années 70. Et donc, je m'étais cousue cette petite robe noire comme ça. Sans patron, je pense. Juste avec, je ne sais pas, en posant le tissu sur une pièce que j'avais. À l'intuition. Oui, carrément.
- Speaker #0
Ce truc de se dire, je le fais même si je n'ai pas les règles. Oui, c'est ça.
- Speaker #1
En fait, je ne suis pas très scolaire. Après, par contre, je suis rentrée plus dans la couture. Mais plus jeune adulte, on va dire. Et j'en ai fait un vrai loisir. Et là, je me suis intéressée à la couture japonaise. Romain, mon mari, allait m'acheter quand on habitait à Paris des livres dans la librairie Junko de couture japonaise. J'en ai plein. J'ai gardé, c'est tellement beau. Et donc, pareil, comme c'est du japonais, tu ne comprends pas les expliques. Je ne lis pas le japonais. Donc, du coup, je faisais tout un peu au feeling. Tu avais quand même pas mal d'illustrations. Tu voyais les étapes de couture du patron. C'était très, très cool, ça aussi. Et ta grand-mère justement, tu disais qu'elle était styliste, elle vous a parlé un peu de sa carrière, de son métier. Alors cette grand-mère-là, non, en plus elle est décédée, j'étais toute petite, donc je l'ai, pour ainsi dire, pas du tout connue. Mais c'est ma mère qui m'a un peu transmis l'histoire, tu vois, mais pas vraiment dans la technique et dans les anecdotes, ce genre de choses. Mais c'est resté quand même dans un coin de ta tête. Ouais, je pense que c'était ça. Et du côté de ma mère, la famille était quand même ultra dans l'art créatif, etc. Mon grand-père aussi. Et donc, voilà, je pense que ça a eu quand même de l'influence sur moi. Absolument.
- Speaker #0
Et après, donc, ton parcours, tes études, c'était quoi ?
- Speaker #1
J'ai fait un bac économique et social. Je suis partie en fac d'art plastique, passage éclair. Et j'ai découvert la photographie. Donc là, j'ai passé des diplômes de photographie. Mais je n'ai pas travaillé vraiment dans... Dans ce secteur-là, parce que ce qui m'a intéressée, c'était l'infographie. Donc pour le coup, je me suis formée en infographie. Je suis devenue graphiste en freelance, j'avais 20 ans. Donc voilà, et après, je trouvais que le boulot était quand même un peu solo, à la maison, j'étais assez isolée. Donc j'ai voulu ouvrir les perspectives et je suis partie dans un univers qui n'était pas du tout le mien, mais un peu pour de l'alimentaire au début. Puis finalement, ça m'a fait kiffer, je suis partie dans la vente de prêt-à-porter. Et je me suis découverte une passion pour vendre des produits aux gens, enfin vraiment un truc, le contact, créer du lien, fidéliser, etc. Donc là, j'ai travaillé. Mais toujours par contre... Sur le vêtement. Oui, tout à fait, le vêtement quand même, exactement. Oui, je ne vendais pas des téléviseurs ou de l'électroménager. Derrière, il y avait cette passion-là aussi. Oui, en fait, je me suis dit, je ne vais pas faire mon métier. Donc, je vais quand même aller vendre quelque chose que j'achète, dont je suis cliente, pour pouvoir le vendre bien. Je pense que, logiquement, je me suis dirigée vers des marques, des enseignes chez qui j'étais cliente. Donc, du coup, ça, c'était très cool. Et comme j'aime bien, derrière chaque aspect du métier, quand même, tout ce qui est technique, donc, ce qui m'intéressait, c'est de comprendre les techniques de vente, mais pas forcées, mais juste les stratégies. autant que le produit, la matière, comment il est fabriqué. Vraiment, il y avait tous ces aspects.
- Speaker #0
Tu es curieuse de tout comprendre. Exactement, le process.
- Speaker #1
Du début jusqu'à la fin, comment il est fabriqué et comment je vais pouvoir le vendre au client et qu'il comprenne que quand il l'achète, ce ne sera pas juste un achat. Ce sera vraiment un truc réfléchi. Donc ça, c'était cool. Mais à ce moment-là, est-ce que tu as une idée en tête ?
- Speaker #0
tu disais... Je suis allée vers là parce que je ne voulais pas faire ce métier. Tu avais un objectif. Non,
- Speaker #1
pas du tout. Tu continuais.
- Speaker #0
On verra où ça me mène.
- Speaker #1
Oui, complètement. C'était vraiment pour... Parce que je n'avais pas complètement arrêté le graphisme. Je continuais à en faire un peu en freelance de temps en temps d'émission. Je faisais un peu de photos aussi pour mon plaisir. Je continuais à faire de la couture. En fait, j'avais tout gardé, toutes les cordes à mon arc. Et puis, je dégainais un peu celles qui m'intéressaient au bon moment. Et la couture, toujours en loisir. Et puis après... Et le tricot aussi. Oui, et le tricot. Oui, le tricot.
- Speaker #0
Tu disais que c'est revenu à ta première grossesse.
- Speaker #1
Exactement. Quand j'étais enceinte de Mila, le tricot, parce que j'avais envie du confectionner. Donc, je faisais la couture. J'avais envie du confectionner un petit trousseau de naissance. Évidemment, et là, on va parler des intemporels qui sont les bouquins que moi, j'avais d'Astrid Leprovo, je crois. Oui, j'ai demandé tes références, justement. Oui, c'était ça. C'était des bouquins que j'ai gardés tellement. Ils étaient tellement beaux que j'adorais. La droguerie, quoi, qui là, ferme ses portes, là. Donc la droguerie à Paris, qui est une enseigne, mais qui n'était pas qu'à Paris d'ailleurs, qui avait des boutiques...
- Speaker #0
Des franchises un peu partout. Ouais, en France,
- Speaker #1
il y en avait une à Montpellier, il y a très très longtemps, à Lyon, etc. Et là, au bout de 50 ans d'aventure, la droguerie ferme ses portes, qui était un peu triste. C'est un peu triste. Et moi, j'ai commencé mes premiers modèles de tricot pour ma fille avec des bouquins de la droguerie, des petits modèles, des brassières, ce genre de choses, c'était trop chou. Et très souvent, c'était décliné, que ce soit les accessoires ou les vêtements, de l'enfant à l'adulte. Donc, tu avais plusieurs tailles et tout, tu pouvais faire des matchis, c'était trop mignon. Et le tricot m'a fait découvrir le crochet avec tout l'univers des amigurumis. Et donc ces petits personnages, l'amigurumi.
- Speaker #0
Un peu comme Todoro et tout là ?
- Speaker #1
Oui, si, si, tu peux. En fait, amigurumi, c'est plus un petit personnage... C'est japonais ? Oui, exactement. Japonais dans l'univers du crochet japonais. Et donc c'est tout ce qui est mignon, tu vois, des petits persos. Il n'y en a plus autour de nous. mais j'ai l'idée en tête dans l'univers un peu Totoro mignon, kawaii et donc je crois que c'est le début où j'ai ouvert mon compte Instagram aussi comme je crochette des doudous pour ma fille j'ai envie de faire des doudous pour ma fille et le crochet ça n'a pas été une évidence du tout au début, j'ai galéré j'y arrivais pas, j'étais autodidacte alors je regardais des vidéos sur Youtube Merci. Et j'y allais,
- Speaker #0
C'est ça que j'allais te demander parce que là on est à plus de 10 ans j'imagine ?
- Speaker #1
Je fête les 10 ans d'activité cette année. Ouais.
- Speaker #0
C'était pas du tout les mêmes ressources qu'on a maintenant sur YouTube. Ah je pense que quand même. Parce que t'avais déjà de quoi faire pour apprendre toute seule dans ton coin.
- Speaker #1
Ouais, ouais, tout à fait. Bah moi j'ai appris le crochet comme ça. Clairement j'étais plus support vidéo que support papier par exemple. Je trouvais ça plus... ça me parlait plus de regarder une vidéo. Mais en revanche, je n'arrivais jamais à tenir mon fil, on va parler technique, à parler mon fil avec la bonne main. Je n'y arrivais pas, je ne sais pas si c'était trop lâche, ça ne me plaisait pas, le rendu ne me convenait pas. Donc du coup, j'ai un peu fait à ma sauce, j'ai adapté le process, la manière de faire à ma sauce. Et je me suis dit, je vais crocheter comme je tricote. Donc je suis droitière, je tiens mon outil de la main droite. Et je fais mes passages de fil de la main droite aussi, comme je tricoterai. Ça a marché. J'ai réussi à obtenir le même... Ouais, le même... Au final, le point, c'est le même, quoi. Donc, voilà.
- Speaker #0
Mais tu t'es accrochée parce que... Moi, j'ai... On en parle un peu parce que j'ai ouvert un club de tricot à Avignon. Voilà, pour que les gens se rencontrent. Pour justement que les personnes qui sont un peu bloquées chez elles et qui détestent apprendre même avec une vidéo, ou qui ont peur, tu vois, qui savent pas, se disent, si je fais une erreur, c'est la panique. Du coup, ça leur apporte ça. Mais toi, tu t'es accrochée et tu t'es dit quand je bloque sur un truc, j'y vais. Oui, parce que moi, je suis tenace, je suis comme ça. T'as de la détermination.
- Speaker #1
Oui, complètement. Il fallait que j'y arrive. Parce que d'une, c'était bien trop mignon pour que j'y arrive pas. De deux, j'étais enceinte de ma fille. J'avais vraiment du temps à tuer, on va dire. Et j'avais trop envie qu'elle ait son doudou. Et en plus, il y avait un autre aspect du crochet qui me plaisait. C'est que c'est du crochet en volume. Donc, ça c'est mon esprit aussi graphiste, 3D, toute ma formation passée qui me disait, c'est génial, ça rejoint quand même tout cet univers que tu as eu avant et il faut persévérer sur ce domaine-là. Donc après, j'ai réussi, j'ai vaincu la technique et après, ça m'a permis de me dire, je peux créer mes propres patrons toute seule parce que j'ai compris comment ça fonctionnait. les augmentations, les diminutions, les volumes, les formes qu'on peut donner avec cette technique-là. Donc, j'ai commencé à créer mes propres patrons de doudous, à rentrer dans un univers qui me plaisait, moi. Et moi, c'était quoi ? C'était mon enfance, mon père agriculteur. Et donc, c'était les fruits et légumes et les dînettes. Et voilà. Et là, je pense que c'était...
- Speaker #0
Tu as fait une dînette immense en crochet. Tu as fait tout un livre autour de ça. Tout à fait, oui. Deux livres même,
- Speaker #1
deux ouvrages de dînettes.
- Speaker #0
Est-ce que c'est à ce moment-là, donc tu ouvres le compte Instagram, tu as toujours ton boulot à côté ?
- Speaker #1
J'ai ouvert le compte Instagram. Je bossais aussi. Je bossais encore en boutique. Et je commence à partager mes photos de dinettes. Et là, je vois qu'il y a un engouement. Ça plaît. Donc là, je vends le produit fini.
- Speaker #0
Donc, je vends les dinettes.
- Speaker #1
Je vends les dînettes. Et alors, j'avais une cliente qui était sur Nantes, Julie, et qui, elle, m'achetait au fur et à mesure quelques pièces. Et elle complétait. C'est ça qui était hyper chouette. C'était pas obligé de prendre. Le set complet de dîner, tu peux compléter au fur et à mesure. Et elle, elle me challengeait parce qu'elle me disait, moi, je suis dans cette région, je voudrais le yaourt malot parce que mes parents habitent en Bretagne. Donc, du coup, je faisais des créas hyper personnalisés, sans mesure et tout comme ça. Donc, ça, c'était trop cool. Moi, j'adore qu'on me propose des choses qui sortent du cadre et que je n'ai pas l'habitude de faire. Donc, ça, c'était cool. Et puis après, la maison d'édition, Erol, avec qui j'ai fait ces deux ouvrages. Et puis, il y avait donc... Pas tellement des classiques, j'ai envie de dire, dans ces ouvrages de dinette, parce que les classiques étaient déjà dans d'autres ouvrages, donc je n'avais pas envie de refaire ce qui avait déjà été fait. Donc, il y avait une partie légumes, une partie fruits, et dans le premier, c'est une partie gourmandise. Et ce que j'aimais là-dedans, c'était... Alors déjà, je travaille avec du coton, et j'aimais que ça soit vraiment très ressemblant, autant au vrai, quoi, autant en termes d'échelle. Donc un poireau, il faut qu'il soit grand parce que le poireau c'est grand. Il fallait que tu mettes un vrai poireau à côté du poireau crocheté, avec ce qu'on se ressemble, le plus possible. Donc il y avait tout un dégradé de couleurs. Moi j'aimais travailler justement à peaufiner ma technique, faire des feuillages, que ce soit hyper parlant et que l'enfant qui va jouer avec ou découvrir, il puisse initier non seulement le côté hyper ludo-éducatif, de dire tiens. On est en hiver, c'est la saison des poireaux, allons acheter et tu vas t'amuser avec ta mère et tu vas faire des recettes en cuisine. Voilà, ça c'était le côté cool aussi des dinettes.
- Speaker #0
Et donc tu vendais le livre où il y avait les patrons pour que d'autres puissent acheter ça.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Alors je me demande si les livres, le premier livre c'était 2019 mais c'était du Punch Needle avec Errol. Et les livres de dinettes sont arrivés après. et parce que quand il y a eu le Covid, le confinement, j'ai changé ma manière de travailler. Avant, je vendais beaucoup de produits finis. Et c'est comme ça qu'on s'est connus d'ailleurs. Je faisais le festival Kids etc. où là j'amenais mes dîners, mes créages. C'était trop mignon. Voilà. C'était comme un marché. Ouais, tout à fait. Ce stand-là, il était super beau avec une bâche rayée et tout. Et après, j'ai pas complètement arrêté, mais petit à petit, j'ai compris que les gens voulaient faire par eux-mêmes. Et donc j'ai laissé la place belle au patron. parce que je trouvais que c'était bien de partager aussi et de vendre les patrons et les explications. Et aussi, j'aimais bien, toujours ce côté un peu décalé, délirant, décliner les petites fraises, les petites poires, les petites pommes en immense, en XL. Donc, j'ai commencé à créer en grand les grosses fraises. Oui, tout à fait. Parce que je trouvais que pour moi, ça ne pouvait pas se cantonner à l'univers de l'enfant. Il fallait que ce soit aussi déclinable. Là, si tu veux de la déco dans ta maison, tu peux mettre une grosse poire en cale-porte, j'en sais rien, une grosse fraise sur une étagère, que ce soit dans la chambre de ton enfant ou dans ton salon. Voilà, tu as voulu ouvrir l'univers adulte. Oui, tout à fait. Et puis, ma fille grandissait, donc il y avait de moins en moins de jouets, on va dire, ou de doudous, et de plus en plus envie d'accessoires. Alors, c'est un peu plus inspirant sur l'hiver parce que tu as des bonnets, des écharpes et tout. Un peu plus de prêt-à-porter, un peu plus de... Je mettais ma technique au service d'autres envies, d'autres goûts, d'autres... Voilà. OK. Donc, comme on l'a dit, tu as été l'autrice de plusieurs livres. Oui.
- Speaker #0
Tu as fait un moment des ateliers de tricot et crochet. Oui. Punch Needle, on redira ce que c'est.
- Speaker #1
Oui. Punch Needle, oui.
- Speaker #0
Et donc, création de tes propres patrons. Tout à fait. Tu fais aussi des e-books.
- Speaker #1
Oui, des livres numériques exacts.
- Speaker #0
Depuis quand ? C'est plus récent peut-être. En gros, ma question c'est à quel moment tu as décidé de te lancer à plein temps dans ce projet-là et de lâcher justement les jobs dans la vente ?
- Speaker #1
C'est arrivé rapidement en fait. C'est arrivé même, je me suis même un peu lâchée des deux mains. Dès le début en fait, dès que j'ai créé. Parce que ça ne s'est pas très bien terminé mon expérience, mon dernier boulot dans la vente. Ça a été le déclic pour toi ? Ça a été le déclic et j'ai été vraiment soutenue et époulée par mon mari qui m'a dit « Ok, vas-y, lance-toi, fais de ta passion ton métier » . Et en fait, j'avais quand même tout ce back-office dans la photo, dans le graphisme et dans la vente qui était une force et qui ont fait que j'ai transformé pas de manière folle. Je l'ai fait de manière très réfléchie, posée. En me disant, je ne pars pas dans le vide. Je vais construire quelque chose.
- Speaker #0
Tu as tous les outils dans ton sac à dos. Exact. En fait, je suis capable de construire toute ma marque. Oui, exact. Vu que j'ai tout ça. C'est ça. Et puis,
- Speaker #1
c'était, tu vois, j'avais, ça fait 10 ans. Donc, j'avais 39 ans. Donc, quand même, je ne partais pas sur un coup de folie comme je l'ai fait à 20 ans quand j'ai créé mon activité de graphisme. Il fallait que ce soit pérenne. Il fallait que j'aille à la rencontre des gens qui me faisaient kiffer. Enfin. J'ai poussé les portes, je ne me suis pas posée de questions, j'avais plus de maturité, j'étais assise sur mes deux pieds, je me disais j'ai envie de faire ci, hop j'ai plus envie de faire ça, j'ai envie de bosser avec lui, non ça je refuse, en fait voilà, je disais oui et je disais non. Tu t'es écoutée. Ouais, je m'écoutais, je m'écoutais, j'allais vraiment vers ce que j'avais envie de faire, donc les ouvrages, c'est une expérience qui est relativement cool mais qui est très plus créative en fait on va dire, c'est juste vraiment ce qui te fait plaisir. C'est dans l'édition,
- Speaker #0
c'est de la com on va dire plus plus.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
C'est pas ça qui te rapporte de l'argent.
- Speaker #1
Non, non, t'ouvres ton nom, tu te fais connaître, les gens t'associent à un univers, mais c'est pas ça qui rapporte de l'argent. Mais bon, après, le fait d'orienter mon activité plus sur les patrons, ça me permet de rester tout le temps super créative, de jamais m'ennuyer, de pas refaire sans cesse et sans cesse le même objet, la même technique, la même couleur, le même point, la même... parfois ça m'arrive de décliner dans plusieurs couleurs parce que quand j'aime, j'aime bien décliner souvent j'aime trop les couleurs pour garder juste une pièce dans une seule couleur un peu plus compliqué en tricot parce que souvent les ouvrages sont plus gros mais voilà je me suis lancée de manière réfléchie alors pas en me disant j'ai un plan d'action sur 5 ans ça va évoluer comme ci comme ça il y a toujours des petites phases, c'est la création donc ça tâtonne un peu et Mais quand même, je me suis dit, je ne pars pas pour rien. Je ne lâche pas tout pour rien. Si j'y vais, j'y vais à fond. Oui, j'y vais à fond. Je vais me donner tous les moyens d'aller là où j'ai envie d'aller.
- Speaker #0
Trop bien. Hyper inspirant. J'en suis à peu près là. Ah, trop bien. Bientôt 39. Je me relance dans mon activité. Donc, c'est super inspirant. Ça y est, en fait, j'ai mes armes. Il faut y aller maintenant.
- Speaker #1
Exact. Et puis, je pense que tu fais bien. que ce que tu as envie de faire avec le cœur. Le matin, quand tu te lèves, souvent les gens, ils n'ont pas de vision de mon boulot, d'ailleurs.
- Speaker #0
Moi, je n'aime pas forcément dire ce que tu fais, même si finalement dans les descriptions, je dis un petit peu peut-être designer trick de crochet pour résumer, mais en fait, tu fais tellement de choses.
- Speaker #1
En fait, moi, je me définis comme artisan textile. Alors, textile, ça fait souvent penser auprès de ta portée, tu vois, aux vêtements, mais Oui. Il y a une partie quand même qui est associée au fil. Moi, c'est ma passion, acheter du fil, vivre dans le fil, dans l'émail, les matières, les textures, le coton, le mohair, la laine, tout ce que tu veux. Et artisan, pourquoi ? Parce qu'il y a l'art. qui est quand même là dans le côté créatif. Mais dans l'artisanat, il y a la technique. Et comme je te le disais tout à l'heure, moi, c'est ce qui m'anime aussi la technique. Comprendre, élaborer, chercher. Voilà, tout ce cheminement qui me fait vibrer, en fait. C'est ce qu'on se disait au Club Tricot, où on a accueilli quelqu'un qui a pas mal d'expérience,
- Speaker #0
qui a une trentaine d'années, je crois, d'expérience de tricot. Elle nous a dit une phrase qui a marqué, c'est « il faut savoir lire son tricot » . et en fait c'est vraiment ça, moi j'adore aussi comprendre les choses que je fais,
- Speaker #1
c'est pareil je fais de la danse à côté, le prof nous dit toujours il faut comprendre ce que vous faites, pourquoi vous le faites bien sûr et je te rejoins sur ce côté technique ça devient limpide c'est pas que tes styles après tu peux avoir des projets en freestyle franchement tu pars sur un truc et t'improvises et ça se passe super bien et c'est cool, ou pas donc c'est vrai qu'il y a des parties dans mon boulot mais... En même temps, aller chercher une nouvelle technique, que ce soit dans le crochet ou dans le tricot. S'intéresser à la laine feutrée, comme j'ai découvert il y a peu, ou le crochet intarsia pour créer des motifs qui existent aussi intarsia au tricot, tu vois. Le jacquard. Franchement, c'est des trucs que moi, ça me passionne.
- Speaker #0
J'ai vraiment envie.
- Speaker #1
Le punch needle, c'est de la tapisserie, en fait. En anglais, c'est rug hooking. Donc, tu... Perfort, tu poinçonnes une toile avec une aiguille.
- Speaker #0
Une aiguille particulière, une aiguille de punch needle. Donc punch, puncher, tu donnes un coup. Oui, exactement. Mais pour moi, en tout cas, dans cette technique-là, c'est fait à la main. Ce n'est pas fait avec le pistolet, en fait, le tufting gun, comme on l'appelle. Les gens qui font ça vraiment mécanique. Moi, c'est manuel. J'en fais plus maintenant, mais j'ai encore tout ce qu'il faut. Et puis, oui, j'avais écrit un ouvrage dessus. Donc, tu perfores une toile avec une aiguille. dont la tête est plus ou moins grosse, on va dire. Donc, selon la toile, selon le support que tu choisis, tu utilises une aiguille plutôt fine ou plutôt grosse et dans laquelle tu glisses un brin de coton, de laine, ce que tu veux. Et donc, tu colories. En fait, l'image, c'était colorier une toile avec une aiguille et du fil.
- Speaker #1
Ok, c'est une belle image. J'en avais fait un petit peu avec toi en atelier.
- Speaker #0
Exact.
- Speaker #1
Ouais, ouais, c'est ça. Tu vois ?
- Speaker #0
C'est remplir...
- Speaker #1
Tu as ton dessin et tu remplis avec la matière que tu veux.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
OK. Et comment et où est-ce que tu trouves ton inspiration ? J'ai l'impression que tu prends pas mal de photos quand tu vas notamment voyager un petit peu. Est-ce qu'après, tu essaies de retrouver des laines, des matières qui sont inspirées de ces couleurs ? Comment ça marche pour toi, le côté inspiration ?
- Speaker #0
Alors, il y a deux types. d'inspire, il y a vraiment l'inspire de tous les jours. Ça peut être dans un plat au resto, l'assiette, les couleurs. Très souvent, c'est quand même les couleurs, le fil conducteur. Et ça, c'est arrivé avec l'âge, avec la maturité. Parce que dans mon ancienne vie de responsable de boutique, je m'habillais très souvent en monochrome et très souvent en gris, en beige, jamais en noir, jamais en couleur sombre. Mais mais... Très souvent en monochrome. On m'a appelée en beige mom. Ouais, non mais c'était vraiment ça. Léthie était tout le temps habillée en beige, en grillée. Mais je trouvais ça bien, c'était naturel. Je ne me posais pas de questions. Et puis la couleur a fait son apparition dans ma vie. Je ne sais pas à quel moment, je ne me rappelle plus. Mais je me suis dit, tiens, c'est cool. Tout ce que ça permet comme possibilité. Et surtout, associer les couleurs. Je suis... incapable de m'arrêter, de me contraindre à une seule couleur. Il faut que j'associe les couleurs, que je fasse des accords, des contrastes, des nuances, des camaïeux. Enfin, tu vois, tout le champ lexical, ça me régale. Et donc, ça match ou ça match pas, ou c'est fort ou c'est pas fort. Mais c'est vraiment un truc, ça m'éclate. Alors, souvent, ouais, les couleurs m'inspirent. Les voyages, oui. Les ambiances, je sais pas. La plage, l'océan, parce qu'on y est souvent et que du coup, il y a quand même une vibe, un état d'esprit qui va avec. Ça, ça va m'appeler plus des matières. Et en même temps, on aurait tendance à dire que la laine et par exemple le mohair, parce que c'est une matière que je travaille pas mal, c'est vraiment une matière d'hiver. Mais non, parce que quand tu es au bord de l'océan, l'été, tu es un peu frais, tu enfiles un pull en mohair, c'est léger, c'est respirant, ça te réchauffe. Plutôt que le coton qui va être lourd et qui va te... peser, tu vois, et qui va vite imprégner l'humidité. Donc, tu vois, bizarrement, t'apprends aussi, il y a encore cette part de technique, il y a aussi cette part d'inspire, quoi, en fait. Ouais, c'est assez... Donc, l'inspire, pour clôturer le truc, c'est vraiment partout, tout le temps, tout ce qui m'entoure, les gens, je sais pas, un marché opus, le grenier, une pièce vintage que j'aurais découvert dans un grenier, Pinterest, plus, L'histoire de la mode, du fil, les vieux catalogues de tricots de l'époque. Enfin, tout, franchement, vraiment tout. Tout,
- Speaker #1
et ton process d'inspire qui est tout le temps en route.
- Speaker #0
Ouais, ou alors je prends des notes souvent. Je prends des notes, je fais des listes, en fait, de ce que j'aimerais bien faire, des projets que j'aimerais bien faire. et pour rejoindre l'univers du graphisme je vais tout le temps regarder les trends des couleurs des pantones les pantones dans la mode sur l'hiver prochain l'été prochain, quelles vont être les couleurs qui vont être trends et ça ça va m'inspirer, je vais quand même travailler avec des couleurs qui vont être tendance parce que les modèles vont être aussi peut-être plus appréciés c'est pas le côté que commercial de la chose mais quand même si tu travailles à un modèle de pull dans une couleur que les gens vont reconnaître, ça va plus leur parler que s'ils travaillent un truc complètement... Et justement, ton expérience dans la vente textile,
- Speaker #1
elle se retrouve dans ce que tu fais maintenant ?
- Speaker #0
Alors, elle peut se retrouver, carrément, dans ma manière de communiquer sur le patron que je vais sortir, comment l'associer, faire des silhouettes avec, si c'est un access. En fait... Tout ce que je fais sur mon compte Insta, que ce soit les vidéos ou les photos que je vais publier, c'est assez inspiré de l'univers de la mode, de plus en plus en fait. L'univers de l'enfant un peu disparu quasiment, même complètement disparu, au profit de cette tendance, finalement de mes premiers amours vers le stylisme, de vraiment de la mode, c'est revenu. Malgré moi, je pense que je ne m'en suis pas du tout aperçue. Mais avec des envies plus affirmées. Et sans trop me soucier de... Est-ce que les looks que je fais vont plaire ou pas ? Tant qu'ils me plaisent à moi, j'adore les mix and match. Mélanger les fleurs et les rayures et les carreaux. C'est vraiment signature. Souvent, ma fille te dira qu'il y en a trop.
- Speaker #1
Ça fait mal aux yeux.
- Speaker #0
Ah ouais, ça fait mal aux yeux. Et que surtout, limite, il ne faut pas qu'on me boit avec toi. Voilà, mais moi, en tout cas, je l'assume complètement. Et voilà, j'ose, en fait, sans me poser de questions. Et je pense que ça plaît, quoi.
- Speaker #1
C'est mon université,
- Speaker #0
c'est sûr. Donc,
- Speaker #1
c'est aligné avec ce que t'aimes, en fait.
- Speaker #0
C'est OK. Exactement.
- Speaker #1
C'est un bon conseil.
- Speaker #0
Et donc, on a compris que tricoter, style crochet, c'est vraiment une passion depuis des années.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a des moments où tu te lasses de tricoter, de crocheter ?
- Speaker #0
Alors, non. Et c'est même peut-être un peu l'inverse le problème, c'est qu'il a fallu que je cloisonne. C'est encore en phase de test, c'est pas tout à fait bien déterminé, mais que je cloisonne la semaine avec le boulot, le week-end avec ma famille, mes loisirs.
- Speaker #1
C'est ça, parce que c'est quelque chose que je pratique aussi, mais dès qu'on a un trajet en voiture, je prends un tricot. J'imagine que pour toi, t'as jamais... de pause en fait. Moi, c'est un travail passion. Voilà,
- Speaker #0
mais c'est ça. C'est ce que j'ai dû expliquer à mon mari, à ma fille, c'est que c'est un travail passion. Donc, ce que j'ai bien réussi à mettre de côté, c'est tout l'aspect téléphone, réseaux sociaux. Il y a des plages qui sont dédiées à ça, création de contenu, etc. C'est vraiment un truc, même si tu sais, quand tu es sur Instagram, il faut vraiment être là pour ta communauté, etc. Mais ça, ça a été plus facile. d'arriver à me détacher de l'aspect, d'en faire vraiment un outil de communication, de vente, etc. Après, par contre, le taf, j'adore tricoter, j'adore crocheter, c'est vraiment... Mais j'adore, quoi. Je peux pas te dire différemment. T'as pas de moment où t'es dégoûtée et t'en peux plus. C'est vraiment une vraie, vraie passion, addiction. Complètement. C'est une drogue. Non,
- Speaker #1
mais tu n'es pas seule.
- Speaker #0
Non, mais en même temps,
- Speaker #1
c'est une drogue assez... C'est plutôt sain. D'ailleurs, j'allais te demander, pour toi, même s'il y en a de nombreux, c'est quoi les bienfaits de toutes ces techniques-là ?
- Speaker #0
Déjà, le premier aspect, c'est que ça te vide la tête, même si quand même, au crochet en tout cas plus qu'au tricot, mais tu comptes quand même beaucoup. Donc, tu as besoin d'une concentration, je pense, peut-être qui est plus grande qu'au tricot. Le tricot, quand t'es lancée et que t'en fais depuis des années, ça file, j'en suis pas au point de regarder la télé et tricoter en même temps ou regarder une série, parce que moi j'ai besoin d'avoir les yeux sur mon ouvrage. Mais quand même, tu peux complètement te vider la tête facilement. Après, il y a quand même tout l'aspect social du tricot, du crochet, où tu peux te rencontrer comme tu disais ton club tricot. Donc, de partager ta passion, tes questions, tes envies, tes projets. Tu aimes bien,
- Speaker #1
tu l'aimes. Ça crée un lien physiquement.
- Speaker #0
Humain, social, tu peux facilement rencontrer des gens. Si tu es un peu isolé, tu es dans une ville, tu arrives, tu ne connais pas, tu te renseignes sur ce côté, qu'est-ce qui se passe dans ma ville au niveau du tricot, la communauté. C'est vraiment très communautaire, je trouve. Et après... Et en plus,
- Speaker #1
ça mélange vraiment plein d'âges maintenant.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Qui revient, on appelle ça un tricot moderne. Mais bon, je pense que tout le monde a toujours un peu tricoté dans l'enfance. Mais il y a un côté qui revient et que plein de jeunes tricotent. En fait, c'est ça. Avant, c'était associé...
- Speaker #0
Ouais, aux grands-mères, à l'activité, le petit trousseau pour ton bébé. Ouais, carrément, c'était exactement ça. Il y a eu un dépoussiérage de ces deux activités manuelles. Moi, le crochet, plus encore au tout début, où je me disais, mais j'ai vraiment envie d'enlever cette image. Ouais, carrément, dater des mémés, là, tu vois, des dessus de lit qui sont sublimes. Mais que vraiment, les gens, tu fais quoi ? Déjà, le crochet, c'est plus compliqué à comprendre parce que tu as un seul outil, tu vois. Tout le monde te dit, ah, tu tricotes. Ben non, je crochet. C'est pas grave. Je vais t'expliquer. Mais après, le tricot, ouais, il y a eu une espèce d'élan. de l'envie de se confectionner par soi-même. Mais j'ai fait une publication il n'y a pas très longtemps où il y avait un hook comme ça qui disait le vrai luxe, ce n'est pas d'acheter, c'est de faire par soi-même. Et c'est vraiment ça. Tu vois, de dire, tu le vois parce que tu tricotes, mais t'as une pièce que t'as tricotée toi-même, tu la portes, il est hyper beau ton pull. Ah ouais, c'est moi qui l'ai fait. Ah bon, c'est toi qui l'as fait ? Voilà.
- Speaker #1
Fierté maximale.
- Speaker #0
Mais grave, là le curseur, il est au top level. Donc ça, c'est cool. Et ouais, je sais pas, c'est toujours hyper satisfaisant, je trouve. Aussi, d'avoir la pièce, de connaître tout le process d'élaboration de la pièce et d'avoir la pièce finie après, de pouvoir kiffer avec. C'est très, très cool.
- Speaker #1
OK. Donc, c'est quoi tes projets pour le futur, éventuellement ton plus grand rêve autour de tout ça ?
- Speaker #0
Je ne sais pas. Moi, j'aimerais vraiment embarquer les gens avec moi. Alors, il y a plusieurs trucs. Si, je sais en vrai. Il y a un projet. Mais c'est un projet un peu fou, tu sais, c'est à l'échelle de la ville, de cette ville-là ou d'une autre d'ailleurs, mais c'est un projet qu'on voit souvent dans les villes du sud d'Espagne et du Portugal. Ce sont les ciels de rue. Je ne sais pas si tu vois ça, c'est souvent...
- Speaker #1
Je vois ça en parapluie, c'est ça un peu des fois.
- Speaker #0
Alors en parapluie pour les événements Octobre Rose, etc., Gay Pride et compagnie. Mais là, c'est carrément des tentures, des couvertures, soit en granny squares, parce que c'est... vraiment plus visuel. Et il me semble qu'il y a un projet, on m'a fait part d'un projet qui avait été élaboré comme ça dans un village à côté, je ne sais plus si c'était Saint-Jean-de-Védas ou à côté de Montpellier, donc là, il y a eu toute une communauté de femmes ou de personnes qui ont crocheté autour de ce même projet de faire des grandes tentures d'ombrage que tu vois t'accroche.
- Speaker #1
Ça a du sens. Mais carrément.
- Speaker #0
écologique, exactement. Tu retrouves l'ombre, tu n'as pas besoin de... Ça tempère la chaleur de l'été, tu passes à l'ombre de la rue, c'est hyper beau, c'est super visuel, et ça met en rapport, en lien, l'artisanat, le savoir-faire, vraiment, je trouve ça hyper... hyper cool.
- Speaker #1
C'est une trop chouette idée. J'essaierai de trouver des photos pour illustrer. Carrément,
- Speaker #0
je t'en partagerai. Le granny square, c'est des petits carrés en crochet que tu assembles ensuite. Littéralement, le crochet de grand-mère. Granny square, le crochet de... Le carré de grand-mère, pardon. Littéralement. Et c'était très... Année 70, donc on faisait des couvertures avec ça, plein d'applications diverses et variées. Et ça, ça a été aussi... Vachement à la mode depuis 4-5 ans, dans le prêt-à-porter, chez les grandes enseignes. Les gilets sans manches, on les voit beaucoup. Plein, des pulls, des shorts, tout ce que tu veux, des robes. Et ça, ça serait un projet très cool. Un autre projet, ça serait peut-être, mais là, sur du beaucoup plus long terme, ça serait comme toi, d'arriver dans un village. Pour le coup, même peut-être pas en France, mais là, je n'ai pas envie d'en dire plus, mais d'arriver à créer du lien et de faire perdurer cet artisanat autour du crochet, de rassembler un projet intergénérationnel, comme tu disais, des mamies, des jeunes, et de donner des cours, de transmettre et de partager. Toujours, ça m'anime un peu cette transmission du savoir-faire, du savoir, de l'envie.
- Speaker #1
De toutes les belles valeurs qu'il peut y avoir autour de ça. Voilà,
- Speaker #0
de tout ce qui m'anime, tout ce qui me passionne au quotidien. Parce que transmettre, c'est pas très compliqué. La technique, que ce soit dans le tricot ou dans le crochet, ça peut paraître complètement dingue. Et une fois que t'as compris, que t'as eu le déclic, si t'es bien entourée, rien n'est insurmontable. Et puis après, à plus court terme, on va dire, c'est de continuer à faire mes e-books, mes livres numériques. Parce que ça, c'est quand même très cool. J'ai une grosse liberté, puisque je fais tout moi-même. Donc, pour le coup, une grosse liberté de...
- Speaker #1
De didouette sur les didailles. De DA, ouais, carrément. Tu prenais tes photos. Tout à fait, tout à fait.
- Speaker #0
Ouais, exactement.
- Speaker #1
Tu bossais avec des marques ? Ouais. Tu bosses déjà avec des marques de laine ? Tout à fait, oui. Est-ce que, par exemple, avec des marques de fringues ?
- Speaker #0
Mais carrément, faire des collabs. Oui, oui, oui, j'avais fait il y a des années une collab avec Cyrilus Maison. J'avais fait des designs de coussins avec des fruits puisque c'était l'univers de l'époque. Donc, j'avais fait trois coussins fruits. Carrément, ce qui m'anime vraiment au quotidien, c'est d'aller chercher, d'aller rencontrer des gens qui ne sont peut-être pas nécessairement de mon univers, d'aller sur un terrain. ou on ne m'attend pas. En fait, c'est ça qui me plaît, c'est de surprendre et de me dire, tiens, pourquoi pas mélanger mon univers avec, je dis n'importe quoi, mais un univers culinaire, un univers d'illustration, tu vois, mettre... Ça, c'était un projet que j'aimerais bien qu'il prenne vie dans très court terme aussi, mais travailler avec des illustratrices et mettre, retranscrire. leur dessin sur des pièces tricotées. Donc là, pour le coup, y aller sur du jacquard, en plus, ça serait trop cool, tu vois, ou de l'intarsia. Alors, je ne sais pas encore sous quelle forme, est-ce que ça serait une housse de coussin, est-ce que ça serait un motif sur un pull ? Je ne sais pas du tout comment donner vie à ça, matérialiser. Mais en tout cas, partir sur ce délire-là, parce que j'adore le dessin, j'adore tout cet univers créatif de l'illustration. Donc, voilà. Ok, on te souhaite plein de réussites dans tous ces beaux projets. Merci, merci. Avant de se quitter,
- Speaker #1
il y a une autre tradition dans le podcast. Comme on a parlé un peu d'enfance, moi, je t'ai ramené ma madeleine de Proust, qui est, t'as un suspense, le Michoko. Oh,
- Speaker #0
mais je l'adore, le Michoko.
- Speaker #1
Voilà, et comme il fait du bruit, voilà. Ah,
- Speaker #0
t'as le genre.
- Speaker #1
C'était le bonbon chez mes grands-parents. Eh bien, voilà, c'est vraiment pour ça. Et ma grand-mère, je suis tricotée. Devant la télé, et puis on avait le droit d'aller chercher le Michoco dans la petite boîte en métal.
- Speaker #0
Ça va coller, mais c'est trop bon.
- Speaker #1
Je ne demande pas forcément de faire une réponse dans la bouche. Merci. On va se couper là-dessus. En tout cas, merci beaucoup pour cet échange. C'était passionnant et j'espère que même ceux ou celles qui ne tricotent pas...
- Speaker #0
Ça leur aura donné envie.
- Speaker #1
Exactement. Ou au moins de comprendre un peu tout cet univers autour de la laine et du fil.
- Speaker #0
La bouche pleine de Michoco. Je vous dis au revoir.
- Speaker #1
à bientôt salut c'est la fin de cet épisode merci beaucoup de l'avoir écouté j'espère qu'il vous a inspiré questionné ou peut-être donné envie d'explorer votre propre chemin créatif si cet épisode vous a plu vous pouvez le partager autour de vous ou lui laisser une note sur votre plateforme d'écoute ça aide vraiment le podcast à se faire connaître Et pour ne rien manquer, vous pouvez vous abonner sur votre plateforme préférée et me retrouver sur Instagram, arrobase lemoodboard.podcast. Continuez à observer, à ressentir, à créer, parce que chaque jour est une nouvelle planche d'inspiration. A très vite pour un nouvel épisode.