- Speaker #0
Chez les ados, ils sont tristes quand je leur annonce qu'en fait, ils sont arrivés à leur taille finale. Tout le monde dit « Ah, mais tu grandiras jusqu'à 18 ans » . Mais non, en fait, une fois que la puberté est finie, en fait, on ne grandit plus, les cartilages sont soudés. Et par contre, chez les plus jeunes, s'ils sont traités et qu'ils voient que le traitement fonctionne, ils sont plutôt contents et psychologiquement, ils vont bien. Et avant le traitement, ça dépend. Il y a vraiment des enfants qui se font harceler, d'autres pas du tout. Donc en fait, ça dépend vraiment des enfants. Et il ne voit pas ça du tout du même œil que l'adulte ou le médecin. qui parfois est inquiète pour la taille.
- Speaker #1
Hello et bienvenue dans Le Passage, le podcast qui parle d'adolescence autrement. Je suis Laure, médecin, maman et créatrice du média Le Coeur Net, dédié à la santé des ados et leur famille. Ici, on parle de beaucoup de sujets, mais j'avais envie qu'on parle aussi d'un sujet un petit peu tabou, surtout parce que ça a tendance à inquiéter les parents. Ce sujet, c'est la question de la puberté et de la croissance en taille de nos jeunes. Ça suscite en général beaucoup de questions qui sont souvent... Très légitime. Alors pour nous aider à y voir plus clair et surtout pour nous rassurer, je reçois aujourd'hui à mon micro le docteur Élodie Adler, qui est médecin endocrinologue, spécialiste des hormones. Élodie, elle est maman de deux petites filles, elle est aussi autrice du podcast PediaTime. Elle a écrit également un livre sur la santé des enfants au quotidien chez Hachette Parent. Et elle partage comme moi plein d'infos médicales fiables sur les réseaux sociaux sous le nom d'Octochou. Ensemble, vous allez voir, on va prendre le temps d'expliquer quels sont les vrais signes du début de la puberté. Et spoiler, c'est ni les poils, ni les premières règles. On va vous expliquer aussi comment lire et comprendre les fameuses courbes de croissance à la fin du carnet de santé, et surtout, quand consulter. Dans les notes de cet épisode, vous trouverez aussi un dossier santé gratuit, issu de ma newsletter intitulée « Grandir, taille, puberté, repères utiles » . Il complète parfaitement cet échange. Effet de la puberté sur la taille, repercussions, concrets sur les courbes de croissance, exemples de modèles pour savoir quand s'inquiéter et quoi faire au quotidien. Je remercie encore vraiment Élodie pour ses conseils et sa présence aujourd'hui. Je vous souhaite à tous une très bonne écoute. Élodie, merci beaucoup d'être parmi nous et de nous apporter ton expertise.
- Speaker #0
Merci pour l'invitation.
- Speaker #1
Alors, petite question récurrente. Quelle est la musique de ton adolescence ?
- Speaker #0
Moi, j'adorais plusieurs groupes. Muse, par exemple, et Simple Plan. Welcome to my life. On va dire que ça a un peu bercé mes années collège.
- Speaker #1
Alors, elle était comment l'adolescente qui écoutait Simple Plan ?
- Speaker #0
Je n'ai pas fait de crise d'ado, j'espère. En tout cas, ça n'avait pas été ressenti par ma famille comme ça. Mais non, plutôt bien. Le collège n'est pas facile à la fois sur la difficulté. je trouve, parce que je voulais déjà faire pédiatrie. Et c'est vrai que ce n'était pas facile au niveau des devoirs, parce qu'il y avait beaucoup de devoirs sur table. Donc, il y avait pas mal de pression. Et je trouve que tout le monde est un peu dans le jugement. Il y a quand même des clans qui se font selon, en fait, à quel niveau de la puberté on en est, quelle taille on fait. C'est très impactant, je trouve. En tout cas, moi, ça m'avait marquée, même si je n'étais pas persécutée, il n'y avait pas de harcèlement. Voilà, je trouve que les clans se font très vite. alors que plutôt... au lycée, tout s'enlève, toutes les barrières s'enlèvent. Finalement, quand t'es bon en classe, t'es plutôt admiré que plutôt mis de côté et tout le monde est mieux dans son corps et c'est plus agréable à vivre, je trouve.
- Speaker #1
C'est vrai que je te rejoins sur les années collège, il y avait ce côté pointé du doigt, les gens margent, on va dire, soit par leur physique ou soit par leurs notes, comme tu disais. Je te rejoins. Je suis d'accord avec toi. Je n'ai pas vécu très bien les années collège non plus.
- Speaker #0
Je ne les ai pas vécues mal, mais c'est vrai que je trouve que Merci. Pour le coup, ça m'a vraiment marqué la différence entre si tu es bon, tu es plutôt dit comme quelqu'un de faillot, alors qu'au lycée, tu es plutôt admiré. On te demande de l'aide pour ce temps des difficultés. Donc, c'est un peu différent et beaucoup plus agréable à partir du lycée.
- Speaker #1
Et justement, j'aimerais qu'on parte sur une rubrique que moi j'appelle « Sans filtre » pour comprendre un petit peu les ados d'aujourd'hui. Je suis allée à leur rencontre. Je voudrais que tu écoutes ce qu'ils me disent de leur puberté. de comment ils l'ont vécu.
- Speaker #2
Ce qui a été compliqué dans mon adolescence, c'est le fait que je grandis vite. Moi, j'avais plus de responsabilités, j'en avais plus. Et je ne voulais pas. Moi, d'un fait, je suis toujours petit. Mais sinon, c'était bien. Je pouvais faire tirer ça, mais plus tard, c'était bien.
- Speaker #3
Ce n'était pas trop compliqué. C'est juste que moi, j'étais très petit et j'ai grogé vite. C'est bien, j'ai découvert moi-même. C'est mieux quand t'es plus grand, ça va vraiment, ça va pas déranger. T'as plus de liberté.
- Speaker #4
Moi, perso, j'ai grandi un peu trop tôt pour mon âge. J'ai commencé à grandir à 9 ans. J'étais beaucoup trop grande pour les autres de ma classe. Du coup, c'était un peu dur. Je me suis un peu harcelée, on va dire ça comme ça. Mais après, j'ai appris à aimer ma taille. Maintenant, je me trouve belle. C'est au collège que ça a été dur. Après, en quatrième, troisième, j'ai commencé à m'aimer. Est-ce que tu en parles avec tes amis ? Non. On est toutes grandes. Franchement, aimez-vous comme vous êtes et vraiment.
- Speaker #5
Moi ça a été facile parce que j'ai bien vécu la puberté, j'ai pas eu de problème en particulier. Parce que aussi au niveau au collège, il y avait beaucoup de sensibilisation. Il y avait des professeurs qui étaient venus, chacun est combiné, chacun à son rythme. Dans ma famille, tout le monde accepte. qu'on soit tous différents. Et si leurs enfants, ça ne va pas bien dans leur adolescence, il va les soutenir.
- Speaker #4
Ça a été un peu dur, puisque du coup, j'ai été formée assez jeune. En primaire, j'avais déjà des formes. Donc après, les remarques des garçons et tout ça, j'ai un peu mal vécu. Mais sinon, ça allait. Franchement, de toute façon, il ne faut pas se fier au regard des autres.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu aurais pu avoir, qui t'aurait fait du bien, qui t'aurait aidé ?
- Speaker #4
À l'école, que les personnes soient plus attentives, je trouve. Les professeurs, notamment, ou même le directeur, qu'ils soient plus attentifs. J'aimerais donner au conseil aux parents de faire attention au bien de l'aide de leur enfant et de ne pas forcément se fier à comment ils vont, mais vraiment leur poser des questions quand ils rentrent des cours ou des trucs comme ça. Et pour les autres, franchement, ne pas faire attention au regard des gens parce qu'en tous les cas, ça ne sert à rien et ils trouvent toujours quelque chose à dire.
- Speaker #0
C'est assez marrant parce que dans l'échantillon recueilli, on parle plutôt de la grande taille ou de la puberté peut-être précoce. J'ai l'impression que c'est plutôt des filles qui ont été formées tôt. Moi, ce que j'ai souvent au cabinet, c'est plutôt des enfants qui viennent parce qu'ils sont plus petits. Et en fait, c'est l'adolescence dans son ensemble. C'est qu'on est stigmatisé assez vite, qu'on ne soit pas dans les normes, dans les courbes en tout cas, de taille. Et c'est ce qui se remarque en premier lieu, le physique et surtout la taille. parce que déjà au collège, il y a 4 ans, différents, quatre années différentes. Et c'est vrai qu'entre quelqu'un de 11 ans et de 14 ans, entre les filles qui sont formées souvent plus tôt, donc qui poussent beaucoup plus vite, beaucoup plus tôt, et les garçons, il y a un énorme gap. Et même entre eux, en fait, il y a la variabilité du début de la puberté et du pic de croissance, montre que finalement, dans une même classe, on peut avoir des enfants de 1m25 ou 1m30 à 1m60. Et ça fait toute la difficulté des relations, des échanges. Et à la fois, il y a la partie aussi psychologique de la puberté qui joue et dans son état, dans l'état d'esprit, comment on est. Est-ce qu'il y a tout un jeu de découvertes, de relations, même amitié fille-garçon, des choses comme ça qui se jouent à ce moment-là ? Et même, je pense que les profs, ils n'ont pas forcément la même conversation avec des ados qui ont une grande taille. En fait, c'est assez marrant parce que les sociologues, quand ils écrivent des livres sur la taille, ils disent que, par exemple, quelqu'un... qui est plutôt grand, si il est grand pour son âge, on a l'impression qu'il est un petit peu moins intelligent. Parce qu'en fait, on pense qu'il a 14 ans au lieu de 11 ans, par exemple. Et du coup, on a l'impression que s'il ne sait pas faire ça, ça, ça ou ça, c'est comme s'il avait 14 ans. Alors que c'est le contraire. En fait, les petits sont un peu plutôt traités comme des petits génies, assez facilement. Parce qu'en fait, ils ont finalement psychologiquement et mentalement, et dans l'apprentissage, ils ont l'âge, par exemple, de 9 ans. Mais s'ils font petit, on dirait qu'ils ont 7 ans. Et finalement, on les traite comme s'ils avaient l'intelligence de 9 ans au lieu de 7 ans. Et en fait, du coup, ça change toute la dimension.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Et puis, il y a le développement psycho-émotionnel qu'on ne peut pas percevoir tant qu'on ne connaît pas l'enfant. C'est hyper dur, je trouve, à cet âge-là, au même âge. Les enfants ont des parcours et des sensibilisations aussi qui sont vraiment différentes entre un aîné et un cadet. Dans la famille, typiquement, l'approche n'est pas la même. Quand on a une grande sœur qui a déjà eu ses règles, par exemple, si on en a parlé dans la famille, ce n'est pas du tout la même chose qu'une aînée qui débarque et qui découvre peut-être un peu tout.
- Speaker #0
C'est vrai qu'au niveau de la prévention, selon la place dans la famille, et puis selon aussi un peu l'ouverture et des discussions à table avec la famille, il y a des sujets tabous dans certaines familles. C'est vrai qu'on n'est pas tous égaux de ce côté-là. Et je pense que pour la partie adolescente, comment on a été élevé, la culture, la place dans la famille, et puis ses caractéristiques physiques, dont la taille et le moment de la puberté, jouent énormément sur son ressenti et son bien-être pendant l'adolescence.
- Speaker #1
Clairement. Et j'ai trouvé intéressante cette dernière remarque du jeune qui dit, attendez pas grosso modo que l'ado vienne vous dire, je m'aime pas ou j'aime pas ma taille aussi ou ça. Venez chercher les questions, poser les questions, chercher les réponses. Je trouve ça vraiment important parce qu'on a tendance à se dire des fois, les devoirs sont faits, entre guillemets, il a des potes, tout va bien. Alors peut-être il faut poser des questions.
- Speaker #0
Non, c'est vrai que je pense que dans tous les cas, mais même pour les plus petits, certes, l'adolescence, c'est une période un peu plus fragile, mais en fait, le harcèlement, ça peut arriver dès le plus jeune âge. Et les enfants, ils ont peur de parler, ils ont honte ou des fois, ils passent à autre chose. Mais finalement, il faut quand même creuser ce qui se passe lors des récréations. Déjà, un bon moyen, c'est déjà de poser la question, de dîner aussi en famille, tous ensemble, pas devant des écrans, pour avoir des discussions un peu plus à la fois légères et un peu plus sérieuses. Mais en tout cas, que l'enfant ou l'adolescent sache que la famille s'intéresse à lui et ça c'est hyper important et qu'il reste présent même s'il parle pas il sait que à tout moment il peut parler de ce qui va pas au moment où il a décidé et ça c'est hyper important de dire au moins bas on n'en parle pas mais je reste là et ma porte est ouverte ce que font aussi pas mal de profs ou de cpe et ça c'est quand même bien d'avoir des adultes de confiance qui n'est pas forcément ses parents ni son frère sa soeur ça peut être une oncle un oncle une tante son prof de sport, n'importe quelqu'un de confiance. Et ce qui est pas mal aussi, c'est au moment de coucher, les enfants, même les ados, de ne pas juste dire bonne nuit et fermer la porte et d'avoir un peu un temps d'échange avec eux parce que c'est là où les langues se délient.
- Speaker #1
T'as pas quelque chose à me dire là ?
- Speaker #0
Et voilà, les parents sentent aussi quand ça va pas. Envoyer quelqu'un d'autre de confiance si les enfants ne veulent pas parler directement aux parents, je pense que c'est hyper important.
- Speaker #1
Ouais, moi j'ajouterais plusieurs choses. La première, c'est que pas mal de médecins quand même pense maintenant à parler davantage du harcèlement. Moi, je sais que quand j'ai un jeune qui vient, je le fais systématiquement quand il y a du surpoids, quand il y a une très petite taille, une très grande taille. Est-ce qu'on t'embête ? Je pose la question. Je vais sur le sujet. Et le deuxième point, je dirais, si on ne se sent pas en tant que parent apte à parler de certains sujets, parce que nous-mêmes, peut-être qu'on n'est pas réconciliés ou que ce n'est pas la période qu'on ne va pas très bien aussi, pour X raisons, peu importe si on n'est pas bien. On peut très bien dire aussi à notre enfant, tu sais, maintenant tu as l'âge peut-être de voir ta pédiatre tout seul. Si tu veux, je t'emmène chez le médecin. Je sens que tu as peut-être des choses à dire que tu ne veux pas me dire. Sache que je serai là pour faire le trajet, t'accompagner, te laisser la carte vitale. Je pense que c'est aussi une preuve de présence finalement, que de laisser ce moment en plus qui touche à l'intimité.
- Speaker #0
Exactement. C'est vrai que moi, dans mes templates de consultation, il y a toujours une question, même pour les petits, sur le harcèlement. Et je fais toujours... avec l'accord évidemment de tout le monde je fais de sortir toujours les parents lorsque je vois des adolescents, déjà pour examiner la puberté et puis surtout pour vérifier qu'il n'y ait pas de choses qu'ils n'ont pas voulu dire devant les parents et que moi je recueille. Heureusement souvent ça se passe bien mais c'est vrai que on creuse les questions, j'ai des questions que vraiment j'accentue en fait sur tel ou tel détail parce que je sens en fait pendant les consultes aussi des fois si l'adolescent est un peu refermé et c'est le moment où je pose Merci. Quand ils ne me connaissent pas, ils n'osent pas forcément, mais ils savent que j'ai un doute. Et du coup, ça permet, moi j'aurais toujours dit, parlez-en à quelqu'un. Parce qu'il faut absolument que, même si tu n'en parles pas à moi ni à tes parents, il faut quand même le dire à quelqu'un pour que ça aille mieux et pour qu'il y ait des solutions.
- Speaker #1
Alors, quel est le profil des patients qui consultent et qui viennent voir un endocrinopédiatre, justement ?
- Speaker #0
Donc, endocrinopédiatre, ce qu'on voit en ville est différent quand même de l'hôpital, mais on voit les patients de 0 à 16 ans, voire plus. et ce qui est vrai, on voit surtout soit petite taille, grande taille, retard pubertaire, avance pubertaire, tout ce qui est aussi obésité, on doit éliminer les maladies endocriniennes et aussi parfois les troubles thyroïdiens.
- Speaker #1
Et justement, quand est-ce qu'il faut consulter ? Alors c'est délicat justement, un peu au cas par cas. Tu parlais de retard pubertaire, d'avance pubertaire. Est-ce que tu as des critères à nous donner ?
- Speaker #0
Alors c'est assez simple. Pour la puberté, en fait la puberté des filles, donc c'est l'apparition des seins, c'est entre 8 et 13 ans. Donc c'est vrai que si c'est avant, il faut consulter. si ça n'arrive pas. Après 13 ans, il faut consulter. Pour les garçons, c'est plus difficile à diagnostiquer. C'est pour ça qu'il faut quand même voir un médecin au moins une fois par an pour qu'il check la puberté. Et ça, c'est la taille des testicules qui augmente. Et donc, c'est vrai que c'est plus difficile pour les parents de vérifier ça. Et c'est entre 9 et 14 ans. Donc, c'est en dehors de ces périodes qu'il faut consulter. Et pour tout ce qui est la taille, c'est si on sort des courbes de croissance. Donc il faut quand même qu'il y ait des mesures de taille qui soient faites au moins par la famille ou chez le médecin, s'il y a un infléchissement statural et si on est très loin de la taille de ses parents.
- Speaker #1
Justement, on entend souvent parler de... Taille cible théorique, parce que forcément, les chiens ne font pas des Ausha. Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus ?
- Speaker #0
En fait, c'est très simple. La taille cible, c'est la taille de la maman plus la taille du papa divisé par deux. On rajoute 6,5 quand c'est un garçon et on enlève 6,5 si c'est une fille. Mais ça, c'est la théorie parce qu'en pratique, s'il y a un parent qui est très grand et l'autre très petit, l'enfant peut prendre de l'un ou de l'autre. Donc, on fait une moyenne pour être sûr qu'on soit à peu près dans les clous, mais que si les parents sont appareillés sur la taille.
- Speaker #1
Et les patients qui viennent te voir, c'est souvent des plaintes de l'enfant ? Ou au contraire, c'est des parents qui sont inquiets pour l'enfant. C'est vrai que ça me paraît jeune, quand même. 7, 8, 9 ans, on parle des âges avant le collège, même. C'est des plaintes de qui, en fait ?
- Speaker #0
Ça dépend. Le problème, c'est que quand c'est la plainte de l'enfant, globalement, c'est que c'est trop tard. Parce qu'en fait, c'est des adolescents, par exemple, de 15, 16 ans, qui ont fini leur puberté. Il ne reste plus de cartilage de croissance. Et ils viennent me voir en disant « je suis trop petit » . Et je regarde avec une radio de la main. Et en fait, c'est trop tard. Il n'y a plus rien à faire. Il n'y a plus de cartilage de croissance. ne peut plus traiter. Et par contre, du coup, chez les plus jeunes, c'est souvent les parents ou le médecin qui nous les adressent. Et ça, parce qu'ils regardent, ils voient par rapport aux autres copains de l'école, la différence de taille et du coup, ils sont inquiets.
- Speaker #1
Et ces jeunes-là, psychologiquement, ils vont comment ?
- Speaker #0
Chez les ados, ils sont tristes quand je leur annonce qu'en fait, ils sont arrivés à leur taille finale. Ils ne s'y attendaient pas. Tout le monde dit « Ah, mais tu grandiras jusqu'à 18 ans » . Mais non, en fait, une fois que la puberté est finie, en fait, on ne grandit plus, les cartilages sont soudés. Et donc ça, ils ne vont pas très bien. Il y a des solutions qui existent, de la chirurgie d'allongement de jambes, selon la taille finale de l'adolescent. Et par contre, chez les plus jeunes, s'ils sont traités et qu'ils voient que le traitement fonctionne, ils sont plutôt contents et psychologiquement, ils vont bien. Et avant le traitement, ça dépend. Il y a vraiment des enfants qui se font harceler, d'autres pas du tout, par exemple, ils sont trop petits, ils sont un peu le chouchou, c'est le petit copain que tout le monde adore. Donc en fait, ça dépend vraiment des enfants et ils ne voient pas ça du tout du même œil que l'adulte ou le médecin qui parfois est inquiet pour la taille.
- Speaker #1
C'est hyper intéressant parce que c'est toujours du cas par cas.
- Speaker #0
C'est exactement ça.
- Speaker #1
Nous, les médecins, on doit s'adapter aussi à la demande. Il peut y avoir quelque part un retard de croissance qui finalement, si l'enfant va bien psychologiquement, qu'il n'y a aucune gêne, que tous les organes du corps fonctionnent bien.
- Speaker #0
Exactement. En fait, ce que j'explique aux parents, c'est très simple pour donner un traitement par hormone de croissance. Il faut avoir soit un déficit en hormone de croissance, soit une maladie particulière qui fait qu'il y a une défaillance dans la croissance générale, soit le syndrome de Turner chez les filles qui est quand même assez présent. Après, il y a d'autres maladies génétiques plus larges. On peut, selon les cas, s'adapter s'il y a des maladies osseuses qui font qu'ils ont des os qui répondent moins bien et donc qui grandissent moins bien. Ça, c'est un peu horoco, donc c'est un peu médecin dépendant. et un peu à la demande du patient. Mais ça, malheureusement, ça ne marche pas forcément très bien. Et puis, il faut les prévenir que c'est qu'une question non vitale pour 99,9%.
- Speaker #1
Esthétique.
- Speaker #0
Et que c'est qu'esthétique. Et qu'au final, l'esthétisme, il faut que les enfants soient OK, que les parents soient OK, pour avoir un traitement qui est quand même très lourd, parce que ça peut être soit une fois par semaine, mais il y a aussi des traitements six jours sur sept en injection sous-cutanée. Donc, on ne distribue pas l'hormone de croissance comme ça. Il faut vraiment qu'il y ait un bilan qui soit fait, une cause retrouvée et l'accord de tout le monde et une volonté que ce soit que sur l'esthétisme, mais qui peut être plus problématique plus tard sur le plan psychologique.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Donc, il faut bien comprendre aussi que c'est un engagement du jeune qui, plusieurs années, va avoir des injections. Et des fois, j'imagine qu'il y a des patients qui lâchent en route. Oui.
- Speaker #0
Alors malheureusement, moi, je leur explique que si on part là-dedans, c'est qu'en fait, il faut faire bien le traitement. Maintenant, il y a un peu des technologies où on peut avoir le suivi. Mais c'est vrai que s'il loupe sur la semaine une ou deux injections, en fait, le traitement, il ne sert à rien. Et ça se voit en fait en consultation. Donc, si ça ne marche pas, en général, c'est que le traitement, il n'est pas fait. Et il y en a qui abandonnent. Mais voilà, après, faire tout ça pour juste gagner un centimètre sur la taille finale, c'est à la fois du gâchis dans tous les sens.
- Speaker #1
Donc là, on parle des hormones de croissance. Donc, pour gagner en taille, il y a, on va dire, le traitement inverse, qui est un freinateur de puberté. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ?
- Speaker #0
En fait, on rajoute, selon l'âge de l'enfant, selon sa taille, un freinateur de puberté. Pareil, c'est en fait s'il y a la puberté avant 8 ans, 8 ans et demi chez la fille, ou une puberté, pareil, précoce chez le garçon, avant 9 ans, 9 ans et demi.
- Speaker #1
Alors, je reviens sur les signes. On disait une poussée mammaire avant 8 ans, une petite fille de 6, 7, jusqu'à ses 8 ans, qui commence à avoir des seins. On peut consulter, avoir quelque chose qui va freiner la puberté, si je comprends bien. Parce qu'eux aussi s'enclenchent derrière un risque de petite taille, entre autres.
- Speaker #0
Exactement. Et les garçons, ça se voit moins facilement. Surtout que la voix qui mue, c'est vraiment à la fin de la puberté. Donc souvent, les gens viennent me voir, ils ont fini la puberté parce que la voix a mué, mais c'est trop tard. Et en fait, on peut bloquer la puberté. En plus, des fois, mettre l'hormone de croissance pour essayer qu'il atteigne une taille cible, qui est la taille familiale.
- Speaker #1
On peut associer les deux traitements.
- Speaker #0
Souvent, c'est associé. Sauf s'il n'y a pas de problème de taille et que... l'enfant est déjà grand et qui a une puberté précoce, on ne rajoute pas l'hormone de croissance.
- Speaker #1
C'est vraiment tout un cocktail pendant cette période qui est déjà pas simple en plus. Après, justement, tu reçois ces jeunes, c'est quoi les questions que tu leur poses ?
- Speaker #0
Déjà, il faut vérifier dans la famille un peu les antécédents. Le but, moi, c'est quand même déjà de trouver une cause avant de traiter. Est-ce qu'il y a des signes qui font que possiblement il a une maladie générale ? Est-ce qu'il a un crânio-pharyngeum ? des problèmes de déficit en hormones de croissance ? Est-ce que l'hypophyse, qui est la glande qui sécrète les hormones, marche bien ? Donc déjà, c'est la cause. Après, les questions que je leur pose, c'est est-ce qu'ils sont embêtés justement de leur taille ? Est-ce que ça pose problème ? Parce que si dans toute la famille, ils ne sont tous pas très grands, des fois, ils se rendent compte que ça peut poser problème ou pas du tout. Et le contraire pour la grande taille. C'est vrai que quand je leur annonce à peu près une estimation de taille finale vraiment faible, c'est surtout chez les garçons, ils veulent vraiment être traités. Par contre, les filles qui sont très grandes, justement, elles veulent des fois des traitements, ce qui malheureusement est quand même très compliqué chez la fille pour arrêter la croissance, pour essayer de limiter, parce qu'une fille de plus d'1m85, ça peut être problématique dans la vie de tous les jours. En tout cas, c'est ce qui est rapporté sur le plan des sociologues.
- Speaker #4
Oui,
- Speaker #1
et puis peut-être qu'il peut y avoir aussi des douleurs ou d'autres contraintes.
- Speaker #0
Oui, pas tant. Comme tous les enfants, ils peuvent avoir des douleurs de croissance, ils grandissent très vite, mais non, parfois, il peut y avoir des scolioses aussi à checker. Donc ça, à chaque consultation, c'est important. Mais le but, c'est quand même de trouver une cause, parce qu'il y a des maladies qui donnent des retards ou des grandes tailles. Et du coup, c'est ça qu'il faut dépister en premier avant de traiter.
- Speaker #1
Bien sûr. Par contre, peut-être qu'on peut se dire quand même que la plupart des enfants qui ont un retard de croissance, un retard pubertaire ou alors à l'inverse, qui sont en avance, c'est juste la nature qui fait ça. Exactement.
- Speaker #0
C'est des variantes de la normale. Il y a rarement une vraie pathologie sous-jacente. Donc finalement, c'est que du confort. le traitement par hormone de croissance, mais il faut qu'il soit mis dans une indication particulière.
- Speaker #1
Ce que je trouve chouette, c'est quand même de pouvoir accompagner l'enfant et de l'inclure. Alors, j'entends qu'on n'a pas tous le même niveau de maturité en fonction de ces âges-là, qui sont compliqués, mais de les inclure vraiment dans les décisions.
- Speaker #0
Ah oui, vraiment, à part si l'enfant a vraiment besoin, parce qu'il a un gros déficit en hormones de croissance et qu'il a moins de deux ans, évidemment, lui, il ne choisit pas, mais c'est pour le traiter, parce que ça joue sur la glycémie, par exemple. Donc, c'est important de traiter pour les bébés. Mais par contre, le traitement, on ne commence pas avant l'âge de quatre ans, de toute façon, s'il n'y a pas de maladie derrière. Donc, de toute façon, à partir de quatre ans, il faut qu'il soit compliant pour faire les injections, même si c'est les parents. Et en fait, quand ils se rendent compte qu'ils grandissent bien, ils sont trop contents. Et c'est vrai que souvent, sur le plan familial, ça doit être une cohésion. Parce que s'il n'y a pas d'adhésion de groupe, ça ne marche pas du tout. Et il y a des loupés, ça ne marche pas, ils ne grandissent pas. Donc, en fait, c'est un cercle vicieux au lieu de faire un cercle vertueux.
- Speaker #1
Et ces jeunes, ils ont parfois un accompagnement psy ?
- Speaker #0
Non, franchement, a priori non. Sauf s'ils en ont besoin, si on le décèle. S'ils n'ont pas de pathologie grave de base, a priori non. Et en fait, ils sont tellement contents de voir qu'ils grandissent avec l'hormone de croissance. qu'en fait, ils n'ont pas besoin. Et ce qui est très bien, c'est que c'est des traitements qui ne sont pas visibles par les autres. Donc, en fait, il y a plein d'enfants traités par hormone de croissance dont l'école n'est pas du tout au courant. Les copains ne sont pas du tout au courant parce qu'on peut même faire des pauses et ils vont en colo. On peut faire une pause d'une semaine. Donc, ils n'amènent pas leur matos. Après, il n'y a pas le petit copain qui dit « Ah, mais pourquoi tu t'es piqué ? C'est quoi ça ? Mais tu es diabétique ? Non, tu n'es pas diabétique. » Donc, du coup, au moins, là, c'est clair. Genre, ça peut être un. secrets sans en être un, mais en tout cas, pour les copains, ils ne sont pas au courant. Donc, ils grandissent sans le dire aux autres, donc ils sont au top de leur forme.
- Speaker #1
En tout cas, ils ont le choix. Ils ont le choix d'en parler ou pas. Exactement.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Ils font ce qu'ils veulent. Moi, je leur explique juste que les autres ne le savent pas et que ce n'est pas écrit sur leur tête. Oui,
- Speaker #1
c'est bien. J'ai parlé aussi du secret médical. On parlait du moment où tu es seule avec eux. Il y a le secret médical. Ah oui ? Il y a aussi ces trucs où il y a des choses qu'on peut dire à son petit patient ou qu'il va nous révéler peut-être, qu'on ne va pas forcément dire aux parents. à part s'il est en danger.
- Speaker #0
Exactement. Ça dépend vraiment de ce qui ressort. Si on pense qu'il y a un danger immédiat, sans le dire comme ça. Après, c'est les parents qui restent responsables. Donc, ça dépend quel est le problème initial. Mais on fait hyper attention à ça.
- Speaker #1
Nous, on embête beaucoup les patients avec les courbes de croissance. Emmenez vos carnets, etc. Toi, tu les analyses beaucoup ces courbes. Est-ce qu'il y a peut-être des messages à faire passer ? Qu'est-ce qu'on doit regarder exactement sur ces courbes ? Qu'est-ce qui peut nous poser des soucis ?
- Speaker #0
Déjà, un, il faut que les... parents emmènent leurs enfants une fois par an chez les médecins pour faire le poids, la taille, il faut dire si le médecin... Alors, les médecins ne font pas les courbes, ça, ce n'est pas grave. Il faut qu'ils notent au moins dans le carnet de santé. Souvent, maintenant, ils ont des logiciels, donc ils rapportent. Les parents n'ont pas la courbe. Ils disent, il n'y a pas de poids. Mais non, en fait, s'il y a le poids, la taille, par date, on peut refaire les courbes sans problème quand on va voir un autre médecin ou chez le spécialiste. Donc, il faut vraiment faire mesurer le patient une fois par an. Il faut que les médecins fassent les courbes d'une manière ou d'une autre. et doit les adresser, comme je disais, si c'est en dehors des courbes, loin de la taille cible ou s'il y a un infléchissement statural.
- Speaker #1
Et justement, je vais donner quelques chiffres. Tu vas me dire ce que tu en penses. Alors, les filles connaissent généralement une poussée de croissance entre 10 et 14 ans avec un pic souvent autour de 12 ans et elles prennent en moyenne 20 cm à la puberté. Les garçons, en revanche, ils connaissent leur poussée de croissance un peu plus tard, généralement entre 12 et 16 ans, avec un pic vers 14 ans. Ils prennent en moyenne 25 cm. C'est énorme, c'est entre 7 et... 11 cm par an, des fois, nous, les parents, on n'est pas tout à fait. Et les règles, donc, chez les filles, elles signent aussi un arrêt progressif de la croissance avec en moyenne 5 cm par an pendant environ deux ans.
- Speaker #0
Oui, donc déjà, ce qu'il faut savoir, c'est qu'entre les filles et les garçons, le début de la puberté n'est pas le même. Et en fait, les garçons, entre le début de la puberté... la taille des testicules qui augmente et la poussée de croissance, il y a au moins plus de six mois, parce que c'est la testostérone qui fait grandir, donc il y a un délai de six mois à peu près, alors que les filles, elles grandissent tout de suite. Et les moyennes, c'est ça, mais ça reste des moyennes. À l'échelle individuelle, quand je parle avec les patients, je leur dis que c'est la moyenne, mais tu peux faire moins, surtout si on pense qu'il y a un parent petit, donc il y a peut-être quelque chose de génétique qui se trame derrière tout ça. Et les règles, en fait, les filles, elles ont en moyenne les règles deux ans après le début des seins et elles grandissent encore de quelques centimètres, donc on va dire entre deux et cinq selon les filles, après les règles.
- Speaker #1
Donc ça permet tout ça d'avoir un petit peu une idée,
- Speaker #0
une estimation locale,
- Speaker #1
une estimation. Une fois qu'on a entendu ces petites chiffres, ces variables, peut-être d'aller en parler avec son médecin en fonction de notre histoire perso aussi, de la taille du père, etc. Je pense que c'est vraiment un tout, en fait.
- Speaker #0
Exactement, et ce qui est important s'il y a des médecins qui nous écoutent, c'est qu'en fait, s'il y a des enfants qui sont sur la courbe basse régulier, ils restent quand même dans la courbe moins de DS. Il faut absolument faire quand même un bilan sanguin, dont les filles, checker avec le Turner, faire un cariotype. Et l'histoire, c'est que moi, j'ai plein de patients qui viennent me voir, mais beaucoup trop tard, c'est fini. Et on me dit, on m'a dit qu'il allait grandir plus tard. Il faut savoir que si on est en bas de la courbe dans l'enfance, on ne saute pas des couloirs. En fait, les courbes sont faites pour que la puberté suit la courbe. Enfin, la croissance de la puberté, elle est incluse dans la courbe. Donc, on ne saute pas des couloirs. Il n'y a aucune raison, après l'âge de 4 ans, de sauter des couloirs. Donc, il faut tout de suite les adresser quand on est en bas des courbes pour éliminer les maladies et traiter s'il y a besoin.
- Speaker #1
Oui, c'est important de bilanter. Je pense qu'aussi, ça peut rassurer. Souvent, comme on le disait tout à l'heure, la plupart du temps, c'est juste lié à la génétique, à la taille des parents, etc. Mais au moins, on a évalué, on a recherché et puis on peut avancer tranquillement après pour être sûr que ça ne pose pas de problème plus tard.
- Speaker #0
Et surtout, traiter avant la puberté, sinon ça ne marche pas.
- Speaker #1
Alors, si tu es OK, Elodie, j'aimerais te proposer un petit vrai-faux.
- Speaker #0
Let's go !
- Speaker #1
Vrai-faux numéro 1. Un enfant grand. sera forcément un adulte grand.
- Speaker #0
Alors ça, justement, c'est faux, parce que ça dépend de quel moment il fait sa puberté, et ça dépend aussi de la taille de ses parents, donc non.
- Speaker #1
C'est totalement faux. Alors moi, je peux donner mon exemple personnel. J'étais la plus grande, mais vraiment la plus grande, jusqu'à ma puberté, on va dire. Jusqu'en sixième, cinquième, et là, tout le monde a fait sa poussée de croissance, et moi, je suis restée qu'éblo. Mais c'était très dur à vivre aussi. Parce que quand on a vécu finalement ça, on ose imaginer que ça va se continuer. Mais en fait, non. Et ouais, donc moi, ma taille cible était basse parce que j'ai des parents petits, entre autres. Mais pas que. Mais les chiens ne font pas des Ausha. Voilà, je suis le cas d'école. Deuxième bref, l'alimentation n'a pas d'impact sur la croissance.
- Speaker #0
Alors, c'est faux. Et surtout encore. plus avant l'âge de 4 ans parce qu'on grandit entre autres avec l'IGF1, qui est une hormone, qui est l'hormone après l'hormone de croissance qui est entre autres métabolisée par le foie. Mais du coup, c'est vraiment l'alimentation qui joue aussi sur l'IGF1. Donc en fait, les enfants qui ne mangent pas, qui ne grossissent pas, ne grandissent pas. Exactement. Est-ce qu'il y a des conseils à donner au niveau de l'alimentation des tout-petits pour favoriser une bonne croissance ?
- Speaker #1
Non, mais il faut qu'ils mangent équilibrés, leurs calories à priori par âge et données. Par contre, il ne faut surtout pas gaver les enfants, ni enfants ni d'ailleurs proches du début de la puberté, parce qu'on se rend compte que si tout d'un coup on grossit beaucoup, ça déclenche la puberté plutôt que prévue. Et là, hop, ça casse la taille. Donc, grosse erreur. À un moment donné, il faut vraiment que l'enfant, s'il est harmonieux en dehors des maladies, il faut vérifier qu'il mange correctement. Mais les enfants qui ne mangent rien ne grandissent pas, ça c'est sûr.
- Speaker #0
Oui, parce qu'il y a un lien entre le tissu adipeux et aussi les hormones.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Oui, intéressant, intéressant. Alors, prochain vrai faux. On arrête forcément de grandir à 18 ans.
- Speaker #1
Non, ça peut être clairement plus tôt, rarement plus tard, sauf si on a une pathologie qui fait qu'on a un retard pubertaire extrême. Ça arrive. Mais c'est souvent plus tôt. Les filles, ça peut être 14-15 ans. Ça dépend quand elles ont eu leur règle. Les garçons, c'est peut-être 15-16 ans. Il faut faire l'âge osseux pour se rendre compte quand c'est fusionné et qu'il ne reste plus rien.
- Speaker #0
Et donc, l'âge osseux, c'est une radiographie de la main, gauche-gauche, isolée en fait. Et en fonction des soudures qu'on va avoir à la radio, on détermine l'âge de nos os. Donc, quelque part, ça va aider parce qu'on va le comparer à l'âge réel de l'enfant.
- Speaker #1
Donc, ça permet d'estimer plus facilement la taille finale.
- Speaker #0
Vraifo, le stress peut avoir un impact ? sur la croissance ?
- Speaker #1
Ce qui a été dit, c'est à un moment donné le nanisme psychosocial, je mets des gros guillemets, on ne dit plus du tout ça. Mais en fait, on peut savoir que s'il y a une maltraitance, ça joue énormément sur l'impact de la croissance parce qu'en fait, c'est un tout, les hormones sont liées également à ça. Donc, ce n'est pas juste un petit stress comme ça. Il faut que ce soit des conditions très graves d'isolement, de maltraitance de l'enfant qui fait que ça joue sur sa croissance dans le sens négatif.
- Speaker #0
Et à l'inverse, un enfant hyper... épanoui, hyper heureux, il va grandir mieux ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
C'est faux. Autre vrai faux, c'est important que nos ados consomment du calcium pour la croissance.
- Speaker #1
Vrai et surtout, donc au moins 3 produits laitiers par jour et surtout de la vitamine D, on continue jusqu'à 18 ans une ampoule tous les 3 mois.
- Speaker #0
Et vraiment, ça c'est des recos qui sont officiels, notés partout. Votre médecin traitant est censé vous en prescrire. Pas que les endos. Autre vrai faux, un enfant de plus grande taille va forcément mieux que les autres.
- Speaker #1
Non, parce qu'être trop grand, on est aussi parfois malheureusement stigmatisés par les autres. Donc, le mieux, c'est d'être dans les courbes. Pour les enfants, en tout cas, ils se trouvent très, très bien quand ils sont dans les courbes, dans les moyennes des courbes. Ils sont le plus heureux dans ces moyennes-là.
- Speaker #0
Oui, c'est sûr. Après, on ne choisit pas. Et je pense qu'il y a vraiment un truc autour. C'est toujours très sociétal, tout ça, malheureusement. Mais je pense qu'il y a un truc à faire au niveau de l'enseignement aussi. Voilà, du regard des autres, laisser les autres tranquilles. Les jeunes nous l'ont dit un petit peu au début de ce podcast, de laisser les autres tranquilles et de se concentrer sur soi, c'est prendre du recul.
- Speaker #1
Et puis, c'est très pays dépendant. Très, très pays dépendant. C'est fou parce que moi, j'ai parfois des patients qui ont des origines différentes de la France. Et franchement, dans leur pays, ce n'est pas du tout vu comme ça. Mais c'est parce qu'ils sont en France qu'il y a une stigmatisation.
- Speaker #0
Et justement, c'est quoi les pays où on se prend moins la tête ?
- Speaker #1
Par exemple... au Pakistan, il y a les patients qui sont beaucoup plus petits, mais globalement ils sont tous en bas des courbes. Pareil, par exemple, les pays norvégiens où tout le monde est très grand, à moins d'être vraiment très décalé, il y a moins de disparités.
- Speaker #0
Cette disparité-là serait assez propre à notre pays.
- Speaker #1
En tout cas, à l'Europe centrale.
- Speaker #0
Hyper intéressant, je trouve. En tout cas, je peux te dire que moi, j'ai eu du mal avec ma petite taille pendant un petit moment. Et un jour, j'ai rencontré une chef de clinique dans un hôpital incroyable qui avait une tête de moins que moi. Donc vraiment, c'est dire qu'elle était petite. Ça arrive, c'est possible. Elle nageait dans sa blouse, mais elle était incroyable. Et tu vois, des fois, en fait, il suffit aussi d'une rencontre. Et pourtant, moi, c'était sur le tas. Mais je trouve ça chouette aussi d'avoir des exemples de personnes qui sont immenses et hyper bien dans sa peau. Et à l'inverse, tout petit, qui ont beaucoup de charisme et qui arrivent aussi à faire... de belles choses et je pense que c'est peut-être ça la difficulté finalement d'enseigner ça en fait.
- Speaker #1
Oui et puis c'est vrai que c'est quand même aujourd'hui dans la société actuelle plus difficile d'être un garçon petit qu'une fille petite parce qu'il y a quand même d'autres moyens si on n'est pas très bien à certains moments, il y a les talons, des choses comme ça. Et nous c'est très normé, la femme doit être plus petite que l'homme, malheureusement ce qui n'est pas le cas dans d'autres pays et puis ça dépend des gens. Mais heureusement maintenant avec les réseaux sociaux, tout est... vraiment plus mélangées, on voit plein de différences, mais qui sont justement magnifiques, en fait, c'est ce qui fait la population en général.
- Speaker #0
Bon, après, avec les réseaux, on ne voit pas la taille des gens. Tu sais, il y a eu un avant après, quand on te voit sur les réseaux, après, les gens te rencontrent et ils te font... J'en parle par expérience. Les gens vont finir par dire... Ah ouais, en fait, t'es petite !
- Speaker #1
Il faudra peut-être l'annoncer. Non, il y avait une traîne où on annonçait un moment donné la taille, le signe astrologique, etc.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. Je vous préviens, en fait.
- Speaker #1
En fait, je suis petite. Oui, on ne voit pas, mais on en parle. On voit moins, mais on en parle. Et c'est vrai que ça dépend vraiment... En fait, ça dépend des périodes et de qui on rencontre. Mais c'est vrai qu'en consultation, moi, je vois globalement plus de garçons qui viennent pour la taille que pour les filles. C'est ce qui est démontré dans les études aussi. Et par contre, la vie n'est quand même pas faite pour les... les personnes de moins d'un mètre cinquante. C'est quand même très compliqué, même au niveau des placards. Il y a des choses un peu fonctionnelles qui font que c'est vrai que ce n'est pas adapté pour toutes les tailles.
- Speaker #0
Ce qu'on peut se dire aussi, c'est que la société devrait un petit peu évoluer et s'adapter peut-être à tous les modèles de taille et de voie de corpulence, j'ai envie de dire. Tu parles de placard, mais en fait, c'est vrai.
- Speaker #1
Même pour conduire à moins d'un mètre cinquante, c'est très dur de conduire. Avant d'avoir une voiture spécialisée.
- Speaker #0
T'es collée au volant.
- Speaker #1
C'est pas du tout easy.
- Speaker #0
Il y a un truc à faire s'il y a des fabricants de bagnoles. C'est ça qui nous écoute. En tout cas, merci beaucoup. Je trouve ça super chouette de terminer ce podcast aussi sur peut-être une réflexion qu'on devrait tous avoir justement sur ce regard-là des gens de petite ou de grande taille. Merci pour tes éclairages. On a abordé la croissance, les raisons pour lesquelles on devrait ou pas s'inquiéter. et consulter. En tout cas, je suis sûre que ça va aider plein, plein, plein de gens. Alors, est-ce que, Élodie, tu peux nous dire où on peut te retrouver, retrouver ton travail et peut-être ton actu ?
- Speaker #1
Du coup, sur les réseaux, toujours Doctochou, TikTok, Instagram, YouTube. Bientôt, un podcast qui sort en septembre 2025. Et ce sera sur j'interview des parents qui parlent de la maladie au sens très large de leurs enfants avec des témoignages assez forts, assez émouvants et à la fois très positifs et très engageants. J'ai écrit un livre aussi qui sort avec une nouvelle édition en septembre. Bonne lecture. Bonne visionnage. Bonne audite. Bonne oui.
- Speaker #0
En tout cas, je vais noter tout ça dans les descriptions du podcast. Merci beaucoup. Merci d'avoir écouté cet épisode. Si vous êtes arrivé jusque-là, c'est peut-être qu'il vous a plu. Alors, n'hésitez pas à vous abonner à ce podcast, à lui laisser un avis 5 étoiles et un commentaire pour qu'il voyage davantage. Retrouvez-moi sur lecoeur.net, posez vos questions, partagez votre expérience et échangez avec une communauté franchement bienveillante. Et si vous voulez du concret, du précis, du vraiment utile au quotidien, inscrivez-vous à ma newsletter santé dans les notes de cet épisode, au programme des tips, des docs, des recommandations médicales et psy pour vous éclairer et surtout vous aider vraiment.