Speaker #1J'attends une guérison spectaculaire qui ne vient pas, comment faire ? Ça c'est vraiment quelque chose que j'observe beaucoup, notamment pendant les stages, pendant les retraites. Ou pour certaines personnes, il y a des libérations émotionnelles extrêmement fortes, des prises de conscience extrêmement fortes. Et pour d'autres, le processus est beaucoup plus doux. Et je vois que celle pour qui c'est plus doux, souvent il y a je passe à côté de quelque chose parce qu'il y a des grosses libérations chez mon voisin. Et je vois que pour moi, c'est plus nuancé, c'est plus subtil. Et du coup, j'ai l'impression de passer à côté de quelque chose. J'ai l'impression de rater quelque part mon chemin de guérison. Et l'image que j'aime bien donner, c'est si vous vous baladez avec des amis au bord d'une plage, peut-être que vous allez tous voir le même paysage, par exemple le même coucher de soleil, et puis parmi les amis, il y a certaines personnes qui vont dire Oh mon Dieu, qu'il est beau ce coucher de soleil ! Et puis il y en a d'autres qui vont à peine le regarder, et puis il y en a d'autres qui vont peut-être dire C'est vrai que c'est joli ! Et chacun va avoir des nuances qui lui sont propres au sujet d'un même événement. Et au niveau de la guérison, on ne peut pas tellement savoir ce qui se passe chez les uns et chez les autres, et peut-être que des picotements dans le ventre pour une personne, ça va être vécu de manière... extrêmement fort, où il va y avoir de la respiration extrêmement forte, des cris, des hurlements. Et puis peut-être que pour une autre personne, les petits picotements, elle va dire ah tiens, ça picote dans mon ventre C'est exactement pareil, on est tous différents dans l'appréciation d'un même événement. Donc on peut absolument pas se comparer les uns les autres en se disant bah elle, il y a eu plus d'émotions en apparence, donc ce qu'elle a vécu et ce qu'elle a ressenti est plus fort que moi Ça n'a aucun sens de le voir comme ça. Ensuite, Ça, c'est de manière plus spécifique, mais de manière plus générale, la guérison au sens auquel je l'entends, la guérison au sens de Bouliracle, c'est l'appréciation et l'acceptation de ce qui est. L'acceptation de nous-mêmes, des autres, de la vie, telle qu'elle est présentée, telle qu'elle est. Et ça, c'est un chemin. Il n'y a pas un jour où, en une fraction de seconde, on va se mettre à tout accepter. On va se mettre à être dans l'accueil inconditionnel et la gratitude de chaque événement que la vie place sur notre route. Il n'y a pas un jour où ça va arriver ça. Du coup, la guérison, c'est un chemin. Et justement, je vous invite à sortir de cette quête d'idéal de un jour, tout ira bien Ce n'est pas vrai. Tant qu'on est humain sur Terre, la vie sur Terre, elle est agréable et désagréable. Donc, en avançant sur le chemin, bien sûr, un jour, il n'y aura plus besoin des symptômes parce qu'on saura se laisser traverser par l'inconfort. Mais cet idéal de un jour, tout ira bien fait qu'on a le sentiment qu'un jour, il n'y aura plus du tout d'inconfort. En réalité, l'inconfort persiste. La peur persiste. Il y a simplement un jour où on sait le traverser, où on a davantage appris à le vivre pour ne plus en avoir peur. Et paradoxalement, on arrive à vivre cet inconfort, on arrive à ne plus en avoir peur lorsqu'on sait qu'il existera toujours. Et donc lorsqu'on sort de cette posture de un jour tout ira bien un jour je saurai où je vais sans le remettre en question un jour tout sera fluide ça, ça n'arrive à personne en fait. Même une personne qui sait où elle va à un instant T. A T plus 1, elle peut tout remettre en question. Et heureusement, ça fait partie du cheminement de la vie. Ce serait triste si tout était infini, constant. Ce qui définit la vie, c'est l'impermanence des choses. Ce n'est pas qu'un jour, on est sûr de quelque chose, pour toujours. On peut être sûr à un instant T et puis remettre en question cette chose-là à T plus 1. Donc, tu n'auras jamais de guérison spectaculaire, au sens de un jour, j'accepte inconditionnellement tout ce qui est. Et un jour, je suis sûre de moi et je sais où je vais. Et d'ailleurs, ce serait dangereux parce qu'on ne remettrait pas en question les choses si on était comme ça. Et ça va un petit peu avec le fait de ce qui fait qu'on apprécie autant la vie, c'est aussi qu'on sait qu'elle peut s'arrêter. Si on était infinie, si cette vie-là, en tout cas matérielle, celle qu'on la connaît, ne pouvait pas s'arrêter, on apprécierait peut-être moins chaque expérience de la vie. Et c'est le fait de savoir que tout est impermanent, c'est le fait de savoir que quand on se lance dans un projet, il peut s'arrêter, qu'on peut apprécier aussi le projet. Donc la guérison spectaculaire telle que souvent je la vois, enfin je l'entends, de bah ouais, mais moi je crois qu'à un moment donné, je serai sûre de moi, j'aurai ce que je veux ça serait triste en fait d'avoir tout ce qu'on veut consciemment, parce que ça voudrait dire nier tout l'inconscient, toutes les subtilités de ce que l'on est qui initient l'expérience de chaque instant. Ce qu'on appelle blocage, bien souvent, c'est simplement notre inconscient qui s'exprime, donc une part de nous qui s'exprime et qui mérite d'être écoutée, d'être entendue, d'être regardée. Ce qu'on croit être un blocage, souvent, c'est une information cruciale nous concernant. Et donc, s'il y avait cette guérison spectaculaire et qu'il n'y avait plus aucun blocage, ça voudrait dire que, tel qu'on l'entend, ça voudrait dire que notre inconscient ne s'exprime plus, qu'il n'existe pas. Ça serait triste.