Speaker #1Si je ne fais pas X exercices ou si je ne fais pas X choix, alors je ne vais pas aller mieux, je ne vais pas avancer. Alors encore une fois, ça, ça vient du fait qu'il y a une destination à atteindre. Et c'est bien cette destination à atteindre qui flingue l'humanité. On part du principe qu'il y a un état d'être, un Graal, on va rencontrer un jour. On part du principe qu'un jour tout ira bien, ou qu'un jour tout ira mieux comme les autres, parce que nous on est anormales et que les autres sont normaux. Et en fait, c'est toute cette histoire, en fait, qui n'est rien d'autre qu'une histoire qui nous flingue. Ce qui fait qu'on avance, entre guillemets, et on avance toujours, l'univers est en expansion, nous aussi. Ce qui fait qu'on... On va mieux vivre les expériences que la vie nous propose. Ça n'a rien à voir avec les choix que l'on va faire. Ça n'a rien à voir avec les exercices pratiqués. Ça a à voir avec la posture intérieure depuis laquelle je fais l'exercice. Et il est important d'avoir à l'esprit que chaque exercice, chaque outil thérapeutique, chaque thérapie peut être apprivoisée, peut être vécue depuis deux espaces à l'intérieur de nous. Un premier espace qui est l'espace de l'amour. l'espace de l'âme, l'espace du divin. Et un deuxième espace qui est l'espace de la peur, l'espace du contrôle, l'espace de l'ego. Si je pratique un exercice pour un résultat donné, parce que j'estime avec ma tête que ce serait mieux que les choses se passent comme ça, alors l'exercice devient contre-productif, parce que je suis en résistance avec l'expérience de la vie. Si je pratique un exercice avec curiosité, parce que je n'ai rien d'autre à faire que vivre l'expérience, pour mieux vivre l'expérience inconfortable qui m'est proposée et accueillir cette expérience, alors l'exercice devient salvateur. Et bien souvent, on croit que, je vois beaucoup quand je suis curieuse et que je vais sur certains forums pour les troubles alimentaires, etc. Je vois beaucoup de « j'ai essayé tel outil, j'ai essayé l'hypnose, est-ce que ça marche ou est-ce que ça ne marche pas ? » Et ça, c'est vraiment le signe qu'on a donné tout son pouvoir à l'extérieur, tout son pouvoir à l'apparence, tout son pouvoir aux exercices, tout son pouvoir à l'extérieur, en fait. Et en fait, ce qui fait qu'un exercice va fonctionner, ce qui fait qu'un exercice va faire éclore cet espace d'accueil envers la vie, c'est un écosystème. C'est comme ce qui fait qu'une tomate va pousser. Ce qui fait qu'une tomate va pousser, c'est la graine, la qualité de la graine, la qualité du sol, l'eau, les rayons du soleil. C'est l'écosystème autour de la tomate qui va faire que la tomate pousse. Et c'est exactement pareil avec l'humain et l'environnement des outils et l'environnement des exercices. Si je fais un exercice pour... poussé dans la direction que je me suis mis en tête avec ma tête en me disant qu'il fallait que je prenne cette direction pour être quelqu'un de bien, pour réussir ma vie, pour être joyeux, pour profiter de la vie, pour construire, pour je sais pas quoi, si je fais les choses dans ce but-là, alors toutes mes thérapies deviennent involutives, en fait, puisque je suis en résistance contre ce que la vie propose. Et à l'inverse, si j'utilise les outils depuis un espace d'amour et de curiosité pour expérimenter et peut-être mieux vivre ce qui est proposé, alors, dans ce cas, je guéris intérieurement. Et la meilleure recette pour guérir, c'est se foutre la paix, justement. Se foutre la paix avec le faire ou le pas faire, le dire ou le pas dire. On n'en a rien à cirer des exercices qui sont faits. On n'en a rien à cirer de ce qui est dit à vos proches ou ce qui ne l'est pas. Par contre, ce qui compte, c'est depuis quel espace est-ce que je me tais ? Depuis quel espace est-ce que je dis les choses ? Depuis quel espace est-ce que je fais cet exercice ? Ou au contraire, depuis quel espace est-ce que je ne le fais pas ? Est-ce que je ne pratique pas cet exercice parce que ça ne m'appelle pas intérieurement ? Ou est-ce que je ne le pratique pas parce que j'ai peur ? observez-vous avec curiosité. Lorsque vous ne faites pas d'exercice, c'est probablement qu'il y a des choses qui sont encore plus importantes pour vous. Et que ces choses soient plus importantes pour vous, ça peut venir d'un espace de peur ou d'un espace d'accueil, mais en tout cas, ça vaut le coup de l'observer pour apprendre à vous connaître, plutôt que de se blâmer et de se juger, et vouloir pousser dans une direction. Si naturellement, vous n'allez pas dans cette direction, c'est bien qu'il y a une raison, c'est bien qu'inconsciemment, il y a une part de vous, qui est la plus grande part aux commandes, qui freine des cas de fer. Et si elle freine des cas de fer, c'est pour... plusieurs raisons. Ça peut être pour des raisons inhérentes à la souffrance, ça peut aussi être pour des raisons intrinsèques à votre être et à votre évolution. Peut-être que ces exercices ne vous appellent pas intérieurement.