Speaker #1Je suis toujours dans l'action pour terminer ma tout doux et je ne fais pas de choses qui me feraient du bien. Alors, quand on souffre de troubles alimentaires et quand on est justement dans ce perfectionnisme de ce que l'on devrait faire ou de ce que l'on devrait être pour être quelqu'un de bien et être quelqu'un de sécure et être quelqu'un de normal quelque part, on va se créer tout un tas d'injonctions de choses à faire pour se faire du bien. Comme aller se faire masser, comme il faut que je fasse de la méditation tous les matins, il faut que je fasse du yoga. Je vais paramétrer ma vie avec une tout douce liste à rallonge pour faire des choses qui me font du bien alors même que probablement ces choses que l'on s'impose de réaliser sont des choses... qui rajoute une dose d'anxiété à réaliser pour être une bonne personne. Pourquoi on est toujours dans sa to-do liste pour se décharger de la pression, pour se libérer de la pression ? Ça vient du fait qu'on a la perception immédiate que l'on va se soulager en passant à l'action. Sauf qu'on se rend vite compte que la to-do liste, il y a des milliers de bullet points, et qu'en fait, dès qu'on en supprime, il y en a d'autres qui se rajoutent. Et donc, qu'on n'a jamais fini de faire. Le paradoxe, et ce qui fait qu'on n'y arrive pas, c'est que comme l'état d'être que l'on va rencontrer lorsqu'on est face à rien est insupportable, il y a une part de nous qui préfère fuir dans l'action plutôt que prendre possession de ce qui se passe à l'intérieur d'elle-même dans ces moments de rien, dans ces moments de vide, dans ces moments d'ennui. Le problème, ce n'est pas l'ennui, c'est l'état que l'on trouve face à l'ennui. Et cette to-do liste, elle part d'une quête de perfection, Quelque part, j'attends que si je fais tous ces points de ma to-do, je reçoive la paix intérieure par des événements extérieurs. C'est-à-dire que si je vais au bout de ma to-do liste, alors je vais me sentir en paix. Sauf que la paix que je recherche à travers ma to-do liste, elle ne peut émaner que depuis l'intérieur. Et pour rencontrer cette paix, je n'ai pas d'autre choix que de me confronter par l'expérience à être face à moi-même. Mais me confronter par l'expérience à être face à moi-même, ce n'est pas en faisant du yoga. Ce n'est pas en lisant un livre de développement personnel, c'est en apprivoisant par l'expérience cet état d'être. Et comment ? En appuyant sur pause à plusieurs reprises dans sa journée pour revenir à un état de présence, pour revenir à une concentration vers ce qui se passe dans le corps physique. Je me concentre sur mes ressentis. Et je ne fais pas une activité parce que je crois que cette activité va me faire du bien depuis l'extérieur. La posture est extrêmement importante. C'est, j'appuie sur pause dans ma journée, je me reconcentre sur mes ressentis corporels, non pas parce que ça va me faire du bien, mais parce que je n'ai pas d'autre choix que de vivre ce qui est présenté dans mon corps. Je suis incarnée dans un corps, je n'ai pas d'autre choix que de vivre dans ce corps. Le choix que j'ai fait par défaut depuis de nombreuses années d'aller dans la fuite en avant et dans la désincarnation quelque part, de ne plus être incarnée dans le corps, c'est un choix par défaut mais qui est vain puisque je vis une expérience incarnée sur Terre. Donc, l'idée ici, ça va être d'apprendre à changer sa posture et l'espace depuis lequel je fais les choses. Est-ce que je fais une activité pour me faire du bien parce que je crois qu'en faisant cette activité, je vais recevoir l'apaisement que j'attends ? Est-ce que je crois qu'il faut que je fasse du yoga pour me sentir en paix ? Est-ce que je crois qu'il faut que je médite X minutes par jour pour me sentir en paix ? Est-ce que je crois que si je mange tel type d'alimentation, je vais me sentir en paix ? Est-ce que je crois que si je fais tel exercice, Je vais libérer tel blocage et vivre enfin la vie de mes rêves pour me sentir en paix ? Ou est-ce que simplement j'utilise les outils et les expertises thérapeutiques telles qu'elles existent pour mieux vivre l'expérience qui m'est proposée ? En sortant du contrôle de si je fais ça, alors ça va m'apporter ça et je vais pouvoir ressentir l'état de bien-être que j'attends Ce point, il est extrêmement subtil mais hyper important. Depuis quel espace est-ce que j'œuvre ? Depuis quel espace est-ce que je veux guérir ? Est-ce que je veux guérir parce que je n'ai pas d'autre choix que de vivre avec mon corps incarné sur Terre ? Et est-ce que je veux apprendre à dealer avec les lois de l'expérience terrestre ? Ou est-ce que je veux mettre en place des actions pour supprimer le symptôme et poursuivre la vie qui me rend malade ? Donc peut-être que là, l'idée, c'est de sortir de l'idée qu'il y a des choses qui nous feraient du bien et simplement peut-être d'appuyer sur pause à plusieurs reprises dans la journée pour revenir au ressenti corporel. Qu'est-ce que je ressens là, ici et maintenant ? Même si je suis dans l'action, observez le personnage qui fuit dans l'action, le personnage que vous jouez pour vous protéger de la souffrance dans l'action, et faites le jeu d'appuyer sur pause à certains moments. pour regarder ce qui se passe à l'intérieur lorsque ce personnage est à l'œuvre. Et ce personnage qui est à l'œuvre, il est à l'œuvre parce que l'insécurité intérieure est tellement grande, est tellement immense qu'on ne peut pas ressentir spontanément ce qui se passe sans avoir besoin de le fuir. Donc ça va demander encore une fois un effort de concentration, de revenir dans le corps pour regarder ce qui se passe. Et si vous n'arrivez pas à revenir dans le corps pour regarder ce qui se passe, l'idée ça va être de se désidentifier de ce personnage qui est hyperactif. de sortir de l'addiction à l'action, à la performance, à l'hyperactivité pour être quelqu'un d'actif et quelqu'un de bien, en allant voir en quoi est-ce que c'est probablement cette addiction à l'activité qui crée ces cycles de pression, des compressions, et qui fait que l'on souffre énormément. Et en allant voir en quoi, en étant hyperactif, on est nuisible pour nous-mêmes et pour les autres. Et cette pression que l'on ressent, elle peut se dissoudre. C'est-à-dire que... Si je ne réponds pas à une tâche immédiatement, mais que j'apprends à être présente dans mon corps au moment où la pression monte, j'évacue la pression d'un point de vue physique, et pas mentale, d'un point de vue physique dans le corps, et je vais pouvoir faire la tâche plus tard, en différend la tâche. D'ailleurs, je vais faire la tâche dans un espace beaucoup plus juste que l'espace de précipitation qui est à l'œuvre lorsque je le fais par peur de ressentir l'inconfort. Toute action gagnerait à être impulsée, depuis un espace où on peut ne pas faire l'action. Donc la question que vous pouvez vous poser, c'est Je dois faire ça, comment je me sentirais si je ne le faisais pas ? Oh, je me sentirais bien. Bon, je peux faire l'action. Ah, je me sentirais mal. Peut-être que je vais appuyer sur pause et observer ce qui se passe dans mon corps pour évacuer la pression de mon corps physique.