Speaker #0Bonjour et bienvenue sur le podcast Bully Miracle. Je suis Kitri et je t'aide à te rappeler que la relation que tu entretiens avec l'alimentation est le reflet de la relation que tu entretiens avec toi-même, avec les autres et avec le monde. J'ai tout le temps peur de décevoir, d'être jugée, d'être regardée et donc je me réprime sans cesse. Comment sortir de ce schéma, de ce mécanisme ? Il y a une analogie que j'aime bien faire, qui est que, par exemple, si on prend le cas du trouble alimentaire, on va focaliser sur la forme de son corps et on peut, par exemple, se mettre à se blâmer le matin parce qu'on n'a pas perdu le poids escompté sur la balance. Et à l'inverse, dans ce cas de figure, on ne va pas être en train de se juger parce qu'on n'a pas grandi pendant la nuit. Et la différence entre ces deux possibilités, elle vient du fait qu'on considère que c'est acté. et que c'est une évidence qu'on ne grandira pas pendant la nuit. À l'inverse du poids, où on nous a mis dans la tête et puis on croit fermement qu'en fonction de ce qu'on mange et de ce qu'on brûle, on va pouvoir modifier la forme de son corps. Et du coup, ce qui fait qu'on va avoir une attention particulière sur le poids et non sur la taille, c'est le fait qu'on se dise que dans un des deux cas, il y a une marge de manœuvre et dans l'autre cas, il n'y en a pas. Pour ce qui est des jugements, d'être validés, ou de ce que vont penser les autres de nous, on n'a pas... pas conscience en tant qu'humain, naturellement, on n'a pas conscience qu'on est toujours soutenu et challengé au même degré. Et que quoi qu'on fasse, quoi qu'on dise, quoi qu'on s'autorise à vivre, ça ne fera jamais l'unanimité. Et à chaque fois qu'on va chercher à être validé par quelqu'un, à faire les choses que l'on perçoit être le chemin le plus élevé pour être validé, pour être aimé, ce qu'on ne voit pas, c'est qu'en faisant ça, on sera toujours... soutenus et jugés au même degré. On sera soutenus par les personnes qui partagent notre système de valeurs, qui sont d'accord finalement avec nos actions, et puis on sera challengés par des personnes qui ne pensent pas comme nous et qui ne sont pas d'accord avec ce que l'on fait. Et en fait, cette peur du regard des autres, elle vient quelque part de l'illusion dans laquelle on vit que l'on pourrait être accepté et validé de tous. Or, si, à l'instar de la taille, on se met en tête que quoi qu'on fasse, quoi qu'on dise, ça ne sera pas validé de tous. Et que quoi que l'on fasse, quoi que l'on dise, on sera critiqué et jugé. Quoi qu'on fasse. Ça devient quelque chose d'évident, en fait. Ça devient quelque chose d'acclé comme le fait qu'on ne grandit pas pendant la nuit. Et c'est pas qu'on en a plus peur, parce que c'est jamais confortable de se faire critiquer, c'est jamais confortable d'avoir des personnes qui ne sont pas d'accord avec nous. C'est jamais confortable, encore une fois, pour qui ? Pour l'ego. C'est notre ego qui souffre de ça parce que lui veut être reconnu, être unique au sein du groupe et être valorisé au sein du groupe. Mais dès lors qu'on sait que de toute façon c'est inévitable, c'est pas que ça va plus susciter de peur, parce que ce sera toujours présent. Je crois, c'est humain, profondément humain, de ne pas aimer être rejeté, de ne pas aimer d'être en résistance lorsqu'on n'est pas d'accord avec nous. Mais ça deviendra quelque chose d'acté. Quelqu'un qui peut être à une taille qui ne lui convient pas. Ça ne va pas forcément être confortable pour lui de ne pas avoir grandi chaque matin. Pour autant, il sait que c'est comme ça en fait, que c'est acté, que c'est quelque chose contre lequel il n'a pas la main. Et en fait, quand on sait qu'on n'a pas le pouvoir sur quelque chose, quand on sait qu'on n'a pas le pouvoir pour modifier l'extérieur, en l'occurrence ici, quand on sait qu'on n'a pas le pouvoir sur le fait qu'on va être validé ou jugé par quelqu'un, et du coup, on n'a plus au même moment la prétention d'être une bonne personne. On n'a plus la prétention d'être aimé de tous, on n'a plus la prétention d'être validé de tous. Il y a comme un espace en nous qui lâche. Ça ne veut pas dire que ce sera toujours confortable, pas du tout. On sera toujours en résistance quand quelqu'un va contre nous. On sera toujours en résistance quand quelqu'un ne pense pas comme nous. Ça ne sera pas confortable, mais il y a un espace en nous qui lâche sur le fait que nous n'avons pas la main. Et que comme nous n'avons pas la main, la seule chose qui nous est demandée de faire, c'est de vivre en adéquation avec ce qui est le plus élevé pour nous à chaque instant. Sans se soucier finalement de ce regard des autres, puisque quoi qu'on fasse, qu'on aille dans le sens de notre propre direction ou qu'on aille dans le sens de la direction des autres, il y aura des insatisfaits. Et il y aura des personnes qui jugeront. Parce que c'est humain, en fait. Donc pour sortir de ce schéma, c'est de prendre conscience profondément, par l'expérience, en observant dans son quotidien à quel point, à chaque instant de sa vie, on a été jugé, challengé et soutenu au même degré. Et en fait, souvent, quand on souffre d'un trouble alimentaire, ce qui fait qu'on n'a pas conscience que de toute façon, on est jugé. que de toute façon on est critiqué, c'est que souvent on est averse à la critique. On ne supporte pas l'idée qu'on puisse nous critiquer. Et donc on n'est pas ouvert aux critiques. On n'est pas ouvert aux reproches. On n'est pas ouvert. Et on vit dans une illusion. où on met les choses sous le tapis inconsciemment, et on n'a même pas conscience que peut-être parfois notre comportement dérange. Et on est parfois tellement addict au fait d'être une bonne personne, on est parfois tellement addict au fait d'être quelqu'un de bien, de validé par les autres, qu'on ne prend même pas la peine de voir où est-ce qu'on ne l'est pas. Et donc la première chose à faire, pour le coup, c'est de s'ouvrir en fait, de prendre conscience par l'expérience que... Quoi qu'on fasse, on est critiqué et que c'est quelque chose contre lequel on ne peut pas lutter pour baisser les armes vis-à-vis de ça. Et ensuite, ça va être de, plutôt que d'avoir des critiques qui nous pètent à la figure malgré nous, parce qu'on ne supporte pas l'idée d'être critiqué, ça va être peut-être de développer par l'expérience sa faculté intérieure à recevoir des critiques. Et ça, comment est-ce qu'on œuvre là-dessus concrètement ? On va se tourner vers des personnes de confiance, quelque part où on sait au fond de nous qu'on est inconditionnellement aimé par ces personnes-là, et que quoi qu'elles nous reprochent, elles nous aiment, et on leur demande de nous faire des critiques sur des choses qu'elles perçoivent de nous, pour petit à petit pouvoir s'ouvrir dans un cadre sécure à la critique et pouvoir être en mesure de les recevoir. Une critique qui est soigneusement accueillie et placée sur notre chemin va être une critique qui nous permet d'évoluer, qui nous permet de grandir, qui nous permet de croître, puisque dans chaque critique, Il y a toujours une partie juste, en fait. Et parfois, ce qui fait mal dans la critique, c'est l'illusion que l'on avait de ne pas être ce que la personne nous propose, enfin, nous donne, en fait, nous dit. Et si on est critiqué sur quelque chose sur lequel on sait qu'on est mauvais, ça ne va pas nous toucher intérieurement. Parce qu'on sait qu'on est mauvais. Donc, quelque part, on n'est pas touché. Et quand on est touché par une critique, c'est quelque part que la critique vient appuyer à un endroit où on refusait de regarder cette part de nous. Et c'est une invitation aussi à se réapproprier cette part de nous, à apprendre à l'observer, à mieux la diriger. Il n'y a aucun mal à être mauvais à certains endroits. On est plein d'humains sur Terre, et c'est ça qui est extraordinaire, c'est qu'on peut s'appuyer sur les uns et sur les autres, en fonction de nos domaines de compétences, d'expertise, pour venir pallier grâce aux autres à là où on est moins bon. Au lieu de vouloir avoir la prétention d'être bon partout et d'être validé et aimé de tous partout, tout le temps. Donc concrètement, la... L'art de sortir de cette posture, ça va être de prendre conscience que quoi qu'il arrive, on sera critiqué et jugé. Quoi qu'on fasse, que ce soit en adéquation avec nous-mêmes ou pour se fondre dans l'autre. Quoi qu'il en soit, on sera critiqué et donc ça vaut le coup peut-être de vivre en fonction de soi. Et concrètement, ça va être de s'ouvrir à la critique, demander de manière proactive à recevoir des critiques à des personnes au moins cadre sécure. pour être de plus en plus à même d'utiliser les critiques de manière constructive. Et je crois que s'il y avait une seule raison et une seule racine du trouble alimentaire, ce serait celle-là. Celle de vouloir être normal, validé par les autres, alors même qu'à chaque instant, parmi les autres, il y aura toujours une proportion qui nous valide et une proportion qui nous invalide, au même degré pour nous permettre de croître et de grandir. On ne pourrait pas se remettre en question si on était validé de tous tout le temps. On ne pourrait pas... Progresser, on ne pourrait pas évoluer si on était toujours validé sur tout, tout le temps. Ça serait triste, ça serait profondément fade. Une vie où on n'est plus challengé par les autres, c'est une vie où on meurt.