- Speaker #0
Bonjour Henri.
- Speaker #1
Bonjour Lilou.
- Speaker #0
Je suis ravie de pouvoir te recevoir aujourd'hui.
- Speaker #1
Moi aussi.
- Speaker #0
Tu es l'auteur de Balle Neuve qui est sorti il y a quelques années mais ton histoire m'intéresse beaucoup. Je ne veux pas interviewer aujourd'hui le joueur de tennis qui a été cinquième joueur mondial ou parler de tous tes exploits sportifs mais là je suis bien là pour pouvoir t'interviewer sur l'homme que tu es parce que ton parcours je le trouve fascinant parce que t'es un homme de cœur. Tu as une générosité. On voit toutes les remises en question que tu as dû faire au cours de ton parcours. Et tu as vécu cette NDE, qui c'est vrai, est un petit sujet bien croustillant. Quand Henri Lecomte parle de la lumière blanche qu'il a vue, moi, je veux en savoir plus. Donc, merci Henri d'accepter de faire cette interview. Merci,
- Speaker #1
avec plaisir.
- Speaker #0
Tu as vécu une expérience de mort imminente en 2001 à la suite d'une méningite foudroyante. C'est ça, à Dublin. Qu'est-ce qui s'est passé ce jour-là ?
- Speaker #1
Ah ben, ce jour-là... je venais de faire un match contre Jacob Lassek, un match sur le Seigneur Tour un match très difficile je suis en train de manger tranquillement et puis tout d'un coup j'ai l'impression qu'il y a quelqu'un qui me vide une bouteille d'eau d'un litre et demi sur la tête je me mets à transpirer, je me mets à évacuer toute l'eau à avoir un petit peu mal à la tête et surtout à me vider complètement à vomir, voilà toute l'eau de mon corps, en fin de compte sort et ils savent pas du tout ce que j'ai ça va très vite ? Ça va super vite, je me retrouve en fin de compte dans l'endroit où il y a le kiné, sur la table de massage, et je me vide complètement. Et bien sûr, ils appellent un ambulancier, et l'ambulancier, miracle, est un ami d'un grand professeur qui lui, était parti pendant quatre ans faire ses études sur les méninges, en fin de compte, à Houston.
- Speaker #0
Une belle synchronicité là.
- Speaker #1
Coup de bol, je crois que je pense qu'il m'a sauvé. Et donc il l'appelle, et il dit voilà, on a un joueur de tennis, il a 6 à ça, il dit écoute, c'est très simple, tu l'envoies tout de suite. L'hôpital s'appelle Black Rock Clinic. Normalement, tu arrives normal et tu repars les pieds devant. Donc, c'est plutôt les fins de vie. Et je rentre et à un moment, le premier médecin me dit « Ecoutez, M. Comte, on va vous faire un IRM et on pense que vous avez une tumeur au cerveau. » J'ai dit « Magnifique, génial. » Donc, tu rentres et à 18h le soir, on te dit « Non, non, Falcone, c'est rien. On a fait des analyses, ce n'est pas grand-chose, mais on pense que vous avez eu une méningite virale. » Alors, il faut savoir, sur une méningite, tu peux avoir plusieurs cas de méningite. Tu peux même perdre des membres parce que tout d'un coup, ça n'a pas été assez irrigué. Il y a tous des symptômes. Moi, j'ai eu cette chance-là, ça a bien fonctionné, mais j'ai dû rester plus de deux semaines et demie à l'hôpital.
- Speaker #0
En semi-coma, c'est ça ?
- Speaker #1
Et il y a eu ce passage qui a été dingue parce que quand je rentre dans la chambre, donc je suis complètement vaseux et je sens que je pars. Et je dis, donnez-moi une page blanche que je puisse écrire.
- Speaker #0
Ah oui, pour toi, c'est fini.
- Speaker #1
Moi, ça y est, je me vois partir. C'est de faire une drôle de sensation. C'est une drôle de sensation. Et puis, on ne sait pas ce que j'ai. Et puis, à un moment, donnez-moi une drôle que j'écris. Je signe. Puis, évidemment, dans un désarroi, ce que je me souviens, c'est que tu pleures, tu dis, je vais mourir. Et puis, tu pars. Et dans ce moment où tu pars...
- Speaker #0
Et ça fait comment de partir ?
- Speaker #1
C'est comme si tu t'endors. Mais tu pars, mais dans un... Un monde complètement abstrait et réel, en fin de compte, parce que tu ne sais pas où tu es. Et je me retrouve dans un tunnel où d'un côté, j'ai une main qui me dit « Viens, c'est génial, et là, c'est tout blanc, tu te sens serein, c'est beau, c'est magnifique. » Et de l'autre côté, tu fais « Alors, bah toi, attends ! » Tu as encore des choses à accomplir. Tu as encore des choses à accomplir et je suis là. Alors, on a l'impression que c'est une éternité, parce qu'on pense qu'on est parti pendant moins d'une demi-heure. Et en fin de compte, c'est ce qui m'ont dit, c'est un laps de temps.
- Speaker #0
et là tu reviens par contre mais quand tu reviens t'es pas au mieux qu'est-ce qui t'a fait choisir de revenir plutôt que de rester ? parce qu'apparemment c'est assez séduisant ce qui se passe là-haut en tout cas il y a beaucoup d'amour c'est beau,
- Speaker #1
c'est très apaisant parce qu'en plus quand tu es dans une situation comme celle-ci c'est la perdition c'est fini, t'es malade, t'es pas bien tu sais que tu vas souffrir un peu en venant donc tu te dis pourquoi pas je peux comprendre la situation quand tu as des maladies beaucoup plus graves moi c'était vraiment virus. Et ce virus a été traité. Mais après, c'est à la dépendance de la personnalité de chacun.
- Speaker #0
Donc tu reviens, tu dis oui. Tu dis en gros, j'ai d'autres choses à accomplir dans ma vie. Oui,
- Speaker #1
je pense que sincèrement, oui, c'est cette décision-là que j'ai envie de faire autre chose de ma vie et de pouvoir le retransmettre et le partager. Et après, j'ai eu une rééducation. Je ne pouvais pas marcher pendant six mois parce que je pouvais marcher droit. Mais dès que je prenais à gauche, je me cassais la gueule. Tous les oreilles internes, les cristaux, Mon oriental était collé. Tous les jours, il me prenait la tête. C'était une horreur totale. J'ai mis six mois à faire une rééducation complète. Et puis après, une autre vie commence. Mais là, c'est une autre vie différente.
- Speaker #0
Oui, mais là, tu avais déjà 38 ans.
- Speaker #1
On jouait sur le tournoi des légendes, on l'appelle. Oui. C'était comme des concerts, tu vois, juste pour que les gens venaient nous voir, parce qu'on s'amusait, on faisait un peu les cons, et puis on produisait aussi un bon tennis.
- Speaker #0
Voilà. Et est-ce que ça t'a changé ? T'as vu un avant-après ? Parce que pour avoir interviewé plusieurs personnes qui ont fait des expériences de mort imminente, ils décrivent ce moment tellement fort, en fait, ou presque qu'ils ont un bain de la source, on va dire, quelque chose, quand ils reviennent, avec d'autres choses à accomplir parce que là on sent quand même dans ce livre là que t'as envie de transmettre après tu vois ta vie différemment et là c'est un côté intéressant c'est que tout d'un coup tu dis tu veux sauver le monde comme sauver le soldat Ryan tout
- Speaker #1
d'un coup tu veux sauver les gens que tu rencontres et tu dis mais t'as un problème je vais t'aider mais t'avais déjà tendance à beaucoup donner aux autres t'étais déjà un homme de coeur pas pour les mêmes raisons alors rien à voir Pas pour les mêmes raisons, parce que je voulais être aimé, parce que je manquais d'amour, parce que ma mère m'a jamais dit je t'aime, m'a jamais pris dans les bras. Ça arrive à tout le monde. C'est pas le cas, on est le compte. Non,
- Speaker #0
cette blessure d'abandonnement beaucoup long. Toi, t'as fait le lien avec ton grand-père qui est né, qui est du même prénom que toi, qui s'appelle Henri et qui est né un 4 juillet comme toi.
- Speaker #1
Aussi parce que c'est une personne qui avait beaucoup de personnalité, très introvertie par contre. Il parlait pas beaucoup, mais il était fier de moi quand... Quand j'arrivais à faire les petits tournois de tennis et à avoir mon nom en cadet, en junior. Donc, il était vraiment fier. C'est le seul moment où il parlait vraiment avec moi. Sinon, il ne parlait pas. Donc déjà, tu sens la famille Lecomte, c'est bien ancré. Du nord. Je vais bien. Tout va bien. Méthode Koei. Je vais bien. Tout va bien. Je ne dis rien. Je ne montre rien. C'est pas mal d'un côté. Mais de l'autre, c'est très dangereux. Parce que lorsque tu as une sensibilité comme moi, mais personne n'a pu sentir cette sensibilité à part Maya. Et à part d'autres personnes qui ont compris certaines choses. Même tes coachs avec lesquels tu travailles ? Même, même. Ben si, il y en a un. Il y en a un qui m'a fait encore plus comprendre comment je fonctionnais. C'était Yann Thiriac. Bien sûr, tu as la préface de Jean-Paul Lhôte qui me trouve en tant que gamin. Mais Yann Thiriac m'a donné énormément, m'a appris. Parce que c'était mon deuxième papa, c'est toujours mon deuxième père. Il m'a appris, parce que j'avais une éducation qui était importante de la part de mes parents. de pouvoir dire de respecter les gens, bonjour, au revoir, d'être respectueux. Et j'ai une continuité avec Thiria qui a fait un peu la même chose.
- Speaker #0
Mais tu veux dire qu'il avait capté cette blessure d'abandon, ce besoin de reconnaissance que tu avais ou d'être aimé, et il a pu te faire travailler là-dessus ?
- Speaker #1
Il m'a fait travailler sur tout, il m'a fait travailler sur comment bosser, et comment aussi être aimé, de pouvoir redonner. C'est un Roumain, un Roumain, ils sont malins. Un Roumain, lui aussi, manquait aussi d'affection. Yann il a 84 ans c'est un homme tu le vois aujourd'hui c'est exceptionnel il a une puissance un aura exceptionnel il m'a fait rencontrer des gens comme Nastas Guillermo Villas qui étaient où il s'en occupait il s'occupait de Becker de Ivan Izevich de Marat Safin mais il a toujours pris des joueurs avec un talent avec une personnalité très atypique parce que lui est atypique et je crois que c'est ça qui est important c'est de pouvoir retransmettre ces choses là tu ne peux pas avoir une personne où on essaie de nous changer Tu ne changes pas une personne. Tu la fais évoluer. Mais après, il faut par contre arriver à la capter.
- Speaker #0
Donc en quoi ça t'a aidé de savoir que ton grand-père... Enfin, de reconnaître le fait que tu portais le même prénom que ton grand-père, finalement, et que tu es en train de revivre cette blessure-là aussi qui t'avait été un petit peu comme un héritage un peu imposé de l'abandon parce que lui-même, enfant de l'ADAS, c'est ça ?
- Speaker #1
Sa femme et lui se sont rencontrés à l'ADAS. Donc c'est quand même assez exceptionnel. Et lui, il y avait ce système d'abandon. Et après, ça a continué aussi avec mon père, en fin de compte. Parce que dans la famille, mon frère qui était... Bon, ça, c'est encore une autre chose. Ça sera dans le prochain livre. Et en fin de compte, tu reproduis la même chose. Et moi, j'ai refait la même chose dans ma vie d'aujourd'hui. J'ai rencontré la première femme avec quelqu'un. Elle avait un enfant. La deuxième, très bien. Troisième, j'ai refait. Je voulais les sauver tous. Tu ne peux pas les sauver. Sauve-toi toi-même. Mais ça, après, c'est quelque chose que tu comprends, que tu arrives à analyser. Cette puissance de Henri, de porter le nom Henri, il faut bien remettre l'église au milieu du village, c'est en 1963, 1964, 1965. Tu es à l'école, tu arrives, on t'appelle Henri, Riton. Aujourd'hui, on me dit Riton, il y a encore une seule personne qui m'appelle Riton. Je lui dis à chaque fois, s'il te plaît, appelle-moi Henri, parce que j'ai quand même 63 ans bientôt. Non, le mec, il n'arrive pas, il ne capte pas. Ce n'est pas grave. Toi, c'est... Mais j'ai rencontré d'autres personnes qui s'appellent Henri, Henri Salvador, on se connaissait bien.
- Speaker #0
Et d'autres ont appelé Monsieur Henri.
- Speaker #1
Ou d'autres ont appelé Monsieur Henri. Non mais, maintenant c'est plutôt Monsieur Henri. Mais c'est un prénom difficile à porter. C'est précieux, Henri, la royauté.
- Speaker #0
C'est pour ça que les Anglais t'adoraient, toi, Henry. Oui, Sir Henry. Il t'aime bien,
- Speaker #1
les Anglais. Oui, c'est vrai.
- Speaker #0
C'est magnifique,
- Speaker #1
oui. Mais cette puissance m'a permis aussi de, je pense, et cette puissance que m'a donnée mon grand-père, m'a permis de faire ce que j'ai fait. Ce panache, cette audace. C'est aussi un moment de dire, vous me faites tout ce... Je vais faire ce que j'ai envie de faire. Alors, c'est bien. C'est extraordinaire parce que moi, tu es un artiste.
- Speaker #0
Oui, mais quand tu accomplis, parce que tu as accompli beaucoup de rêves, on va dire même des exploits sportifs, comment on vit ? Parce que j'ai beaucoup apprécié ces passages où tu décris justement la descente. On sent qu'il y a eu comme une overdose d'honneur, comme tu dis, de remerciements, d'attention sur toi, de journalisme, de tout. Et après, par exemple, une coupe Davis ou autre en 91, tu te retrouves d'un seul coup après face à toi, face à ton miroir. Tu te regardes et là, tu as une descente un peu aux enfers ou une descente comme un drogué finalement, qui a été en train de vivre quelque chose d'énorme. Et après, je veux dire, c'est fou ce côté d'arriver à atteindre un sommet. Et après, tu dois revivre, te remettre dans le quotidien qui paraît peut-être un peu banal.
- Speaker #1
Oui, mais c'est un peu malin. Mais regarde, tu as énormément de sportifs en ce moment qui font beaucoup de déclarations de ce côté-là. Parce que, encore nous, toi, 80, 90, on n'a pas encore les portables. Aujourd'hui, tu as les réseaux sociaux, tu as le portable. Tu es tout d'un coup encensé lorsque tu arrêtes ta carrière. Pendant les trois prochaines semaines, tu es sollicité dans toutes les émissions. On te dit, c'était merveilleux. Oui, mais bon, les moments difficiles. Non, mais non. Tu es vraiment le joueur le plus incroyable. Tu es tardou. Voilà, tu dis, c'est génial, j'arrête ma carrière, c'est top. Et trois semaines et demie et un jour, ils ne sonnent plus le téléphone. Tu ne fais plus rien. Et puis là, est-ce que tu fais quelque chose ? Est-ce que tu t'es organisé ta prochaine vie ? Oui et non. En fin de compte, tu te prends tout ça en pleine face. Et c'est très, très difficile. On appelle ça la petite mort. Et alors, bien sûr, l'argent, tu as ce qu'il faut, tu peux vivre, mais ce n'est pas que ça. L'argent ne fait pas le bonheur. L'argent est important. C'est vraiment ce que toi, ce que tu peux ressentir, ce que tu peux redonner, retransmettre. Et on n'est pas dans ce moment-là. On est star, on arrête d'être une star. On espère que les gens... On te reconnaît. Ça dépend après de ton caractère. Moi, je suis quelqu'un de populaire. Moi, je peux être avec le président de la République et être avec Madame Pipi. Je vais parler pareil et je vais dire bonjour, comment ça va, comment allez-vous ? Moi, je suis populaire. Mais ça met un temps pour devenir comme ça. Et ça met énormément aussi de souffrance par moments. Parce que aussi d'acceptation de ces moments qui sont si difficiles. Et c'est pour ça qu'on l'exprime un peu dans le livre. Mais après, pour bien aller encore au-delà, c'est très compliqué parce que tu... Il faut accepter de souffrir. Mais pas la même souffrance que quand tu étais sur le terrain de foot ou le terrain de tennis. C'est pas la même souffrance. C'est une souffrance intérieure. C'est à la fois aussi très violent. Très fort et très puissant, mais aussi très déroutant parce qu'on ne la maîtrise pas, parce qu'on ne connaît pas. Moi, tu vois, travailler sur moi-même, mon esprit, mes sentiments. Oui, on croit que c'est facile, mais ce n'est pas ça. C'est vraiment d'aller chercher, de pouvoir faire le travail que je fais par moment. Et souvent, me lever à 4 heures du matin et puis décrire tout ce que je peux ressentir, j'accepte. Tu fais alors les lettres de purification au titre Maya, tu le fais à 4h du mat quand tu dors pas, c'est ça ? Mais là, après je dors.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui se passe dans ce moment-là quand tu acceptes tout ce tourbillon émotionnel, tout ce qui se passe en toi ? Qu'est-ce que tu... Tu le vomis.
- Speaker #1
Tu le vomis, tu as l'impression d'être... Tu déverses toute ta haine, tous les mots sur les personnes que tu... Et puis... Après, tu déchires et tu brûles. Déjà, ça te... Puis après, tu réécris tes intentions. Alors, parfois, c'est compliqué. Moi, ce que j'ai pu ressentir au départ, c'est de réécrire tes intentions, ce n'est pas facile. Donc, écris ce que tu veux, en gros, au temps présent. Non, puis tu ne sais pas trop. Parce que tu sais, l'écriture, c'est quelque chose, comme je vous l'ai dit, c'est un artiste, c'est un peintre. Tu es là, tu marques ton histoire. Mais maintenant, tu me mets le reste sur mon carnet, par exemple, et j'écris toujours à droite. Mais qu'est-ce que je veux vraiment ? tu l'écris et à gauche je laisse toujours libre parce que je fais un dessin je ne suis pas un grand dessineur et parfois je me suis fait un dessin je me dis putain le mec merde et tu laisses passer ta main et c'est un peu ton esprit mais après tu peux le ressentir C'est pas facile pour que les gens, quand tu leur exprimes ça, il faut te laisser vraiment aller, partir, mais dans ta propre direction.
- Speaker #0
Mais il n'y a personne d'autre qui l'explique mieux que Maya, et ça tombe bien parce que j'ai interviewé Maya aussi. Donc comme ça, je vais mettre les deux vidéos en lien et elle va très bien l'expliquer.
- Speaker #1
Oh c'est simple.
- Speaker #0
Mais je suppose que quand on est un athlète de haut niveau, ici, il y a tellement de coachs et de personnes autour, c'est qu'il y a beaucoup de personnes qui nous donnent des visions, nous imposent des visions, et finalement, à un moment, t'as peut-être pu assez...
- Speaker #1
vraiment trouver et puis exprimer ce que toi tu voulais tu vois ce que toi tu voulais vraiment aujourd'hui on est capable de pouvoir l'exprimer parce qu'on travaille ce n'est pas une honte, une tare dans les années 70-80 on disait j'ai un problème je vais voir mon psy, on dit t'es malade,
- Speaker #0
t'es fou bon,
- Speaker #1
venant de moi on savait que j'étais un peu taré quand même mais la bonne taritude où le mec il tentait des trucs oui parce que j'ai mon propre jeu c'est pour ça qu'on est aussi différent Mais aujourd'hui, on est capable, on est là même, de pouvoir comprendre nos attitudes et savoir comment on peut retranscrire et aussi affronter. Parce que, en fin de compte, c'est affronter ton propre problème. C'est pas affronter par rapport aux autres, c'est toi. Faut que tu arrives à te connaître toi. Toi face à toi. C'est ton miroir. C'est lui qui te fait gagner ou qui te fait perdre. Je vois des mages de tennis, je vois des gars, je leur dis, mais c'est pas possible. Travaillez là-dessus. Et c'est moi, aujourd'hui, Henri Lecomte, qui fais des interventions dans différentes sociétés pour la motivation, pour aussi accepter, de gérer ses émotions. On parle beaucoup du mental, mais le mental, on l'a tous un mental. Après, c'est pour aller le gérer. Et gérer, c'est dans les moments importants.
- Speaker #0
On a vu un jeune joueur récemment, en effet, il a un potentiel énorme et il se met en colère comme ça. On voit qu'il se fait du mal, mais tellement du mal.
- Speaker #1
Et là,
- Speaker #0
d'un seul coup, c'est plus du tout le même. Il ne joue plus du tout pareil.
- Speaker #1
Oui, mais ça arrive à tout le monde. Dans le monde du sport, dans le monde du business, dans le monde politique, dans le monde même dans ton domaine à toi. Tu vois, il y a des moments où tu arrives, tu ne sais pas pourquoi. Tu peux avoir préparé ton truc. Tu arrives devant 150 personnes, tu te dis « putain, je vais te déchirer » . Et là, ça ne sort pas. Et puis, il y a un moment où tu ne te sens pas très bien, tu es un peu crispé, tu es un peu truc. Et tout d'un coup, tu arrives à rentrer dans la tête des gens. C'est comme le public. Tu as parfois un public qui est extraordinaire et puis un public qui est mou. Tous les acteurs, tous les plus grands musiciens vont te dire qu'il y a des salles, des endroits, des publics qui sont...
- Speaker #0
On parle du flot des fois pour les sportifs. Tu dois avoir le flot,
- Speaker #1
mais le flot c'est pour tout le monde.
- Speaker #0
Mais des fois ça nous tombe un peu dessus parce que tu parles à un moment, je crois que c'était en 93, je ne sais plus à quel moment où tu joues, et là tu pensais être pas préparé, tu te sentais fatigué, etc. Il y a quelque chose d'autre qui prend le relais de plus grand. Tu sens que là tu es traversé. Et que tu es en train de jouer, en fait, ça faisait huit années ou autres que tu n'arrivais plus à revenir. Et là, bam, ça y est, tu es présent et c'est ton comeback.
- Speaker #1
Oui, parce que tu as eu tout un travail en amont, physique, mental aussi, perception de l'événement. Et de se dire à un moment, et c'est un déclenchement. Le déclenchement peut venir d'une personne. Moi, par exemple, 92, c'est là où je suis le vengeur masqué, qu'on va parler plus tôt dans le prochain. Je suis avec Frédéric Roche, mon entraîneur physique. Je me suis préparé comme un fou. Et puis on me dit, écoute, on donne l'invitation pour Roland-Garros. Qu'est-ce que tu en penses ? Je me sens pas bien. J'ai une petite déprime après 91. Puis lui, Fred, il me fait, écoute, mais physiquement, t'es un avion de chasse. T'es monstrueux. Dis-toi, t'as pas besoin de beaucoup de matchs. Tu vas gagner un match ou deux. Et on verra. Et on verra, tu fais demi-finale. Donc après, c'est toute l'approche qui est importante. Évidemment que... Si tu te dis, je vais arriver, mais tu n'es pas entraîné, tu n'es pas préparé, tu n'as aucune chance. Il faut que tu mettes tout bout à bout pour que ça soit... Mais après, la synergie positive et le fait de pouvoir affronter ce monde-là, c'est toute une préparation en amont.
- Speaker #0
Mais il y a aussi quelque chose, même si tu es préparé... Déclencheur. Et puis, il y a cette force qui est aussi quand même plus grande que toi, que tu as vécu plusieurs fois. C'est vraiment, tu te sens porté, tu te sens... Tu te sens surhumain. Pas surhumain, mais tu sens qu'il y a vraiment quelque chose qui prend le relais.
- Speaker #1
Oui, parce que tu as été parfois aussi titillé par différentes choses. Puis tu as le public. Tu as tes sensations à toi. Tu as tes gens qui sont autour de toi à ce moment-là, qui vont t'aider.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et puis tu te rends compte que tu n'as pas besoin de beaucoup de choses finalement. Quand tu es bien préparé.
- Speaker #0
Il y en a un qui t'a inspiré et dont tu parles, c'est Ayrton Senna plus d'une fois. Vraiment, il avait quelque chose de... Il y avait une transmission qui s'est passée presque mystique.
- Speaker #1
C'est un homme extraordinaire que je pense toujours au positif, pas au négatif. J'ai eu cette chance-là de passer trois jours avec lui au Castellet. C'est une personne extraordinaire de gentillesse, de sensibilité, très mystique, très croyant et très en avance. Il m'avait parlé du flot, le fameux flot. Il me dit, est-ce que ça t'est déjà arrivé de jouer ou de retrouver une situation où tu as l'impression de ne pas avoir joué ? Je dis oui. Et puis d'un coup, après, tu rejoins l'air parce que tu n'as pas compris, parce que tu dominais tellement la situation. Il me dit, moi, ça m'est arrivé énormément de fois où j'étais dans la voiture, dans la Formule 1, et je prenais le virage 2 et j'étais déjà dans le virage 9. Et là, je dis oui, et puis je ne sais plus si je lui ai dit, mais je pense que je lui ai dit, je lui ai dit oui comme à Monaco. Et à Monaco, c'est vrai qu'il domine tellement son sujet. Il plane presque. Il vole. Il va de plus en plus vite, de plus en plus vite, de plus en plus vite. Et d'ailleurs, c'est dans le documentaire sur Hartonsena où on entend Ron Dennis qui dit, mais arrête, lève le pied. Mais il voulait mettre un tour à Alain Prost. Il est allé tellement au-delà, bien Ausha, Ausha. Après, il a fait une petite faute, il s'est mis dans le rail. La voiture a deux tours de l'arrivée et il n'a pas terminé. Mais il me dit, mais c'est ça, c'est-à-dire que tu domines tellement ta situation.
- Speaker #0
C'est enivrant quand même ces moments-là.
- Speaker #1
Oui, parce que c'est quelque chose que tu ne maîtrises pas. Mais c'est là que c'est dangereux, pour eux encore plus. Puis c'était des années, encore avant, quand tu penses que moi je connais très bien Jacques Lafitte par exemple, c'est que chaque année il y avait deux morts. Il n'y a plus de mort, il n'y a plus rien, c'est une sécurité au total, c'est quelque chose. Et dans le sport et dans tous les domaines, mais des hommes politiques par exemple, tu vas faire un discours, ils sont bien dans les, ils maîtrisent, ils vont là, et puis tout d'un coup c'est là comme ça tous les jours. C'est très... Tu sais, c'est...
- Speaker #0
T'aimerais bien être un jeune joueur sur le circuit en ce moment ?
- Speaker #1
Je peux te dire, avec l'expérience que j'ai là, je me marrerais là. Ah là, je les mettrais en bourrique, les mecs.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
Ah ouais, parce que...
- Speaker #0
Ils jouent plus pareil comme avant ?
- Speaker #1
Tu viens de dire...
- Speaker #0
C'est l'impression qu'il y a plus de préparation, que c'est plus encadré, il y a plus de...
- Speaker #1
Tu viens de dire une chose, ils ne le jouent plus.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
C'est un métier. Ils frappent.
- Speaker #0
C'est vrai qu'ils étaient tous en fond de cour, je te voyais dire « Pas de avant,
- Speaker #1
pas au filet ! » Stratégiquement parlant, ils ont une tactique. Mais il ne joue plus. Là, ici, il y a un dame qui a joué, un gaucher, évidemment, encore un, qui monte au filet, qui fait des choses un petit peu différentes. Différentes, des choses différentes. Tout d'un coup, c'est un brouilleur de cartes. Les gens, ils ont peur. Je pense qu'aujourd'hui, il ne faut pas oublier dans le tennis, c'est, on a dit, je joue au tennis. C'est jouer. Jouer, ça veut dire avoir du feeling. C'est comme un magicien.
- Speaker #0
Ça parle à tout le monde. Ce n'est pas que pour les joueurs de tennis.
- Speaker #1
C'est jouer. c'est jouer,
- Speaker #0
c'est prendre du plaisir jouer avec la vie,
- Speaker #1
tu peux toujours jouer avec la vie bien sûr que tu peux jouer avec la vie il y en a qui jouent trop avec la vie il y en a qui veulent aller dans des domaines moi j'ai eu cette chance là de ne jamais de ne jamais toucher à une drogue jamais, ben t'imagines j'en ai déjà naturellement je suis déjà là-haut t'es né dedans comme Obélix je sais même pas ce que c'est de naître dedans parce que je sais pas ce que c'est mais imagine si je prends ça, c'est pas possible donc il faut être à un moment vraiment il faut comprendre comment on est. On a essayé de... On ne peut pas changer une personne, on l'a fait évoluer. Moi, on a essayé de me changer en disant, tu vas jouer de telle façon. Pourquoi ? Ce n'est plus moi. Après, le naturel revient au galop. Mais ça, après...
- Speaker #0
Et on est tous uniques, donc ça paraît normal qu'il y ait un jeu pour chacun.
- Speaker #1
Oui, mais parce qu'on a chacun aussi... Oui, puis ses personnalités, sa réaction, sa productivité, sa détermination, sa...
- Speaker #0
Sa folie.
- Speaker #1
Il faut avoir un brin de folie.
- Speaker #0
Quand t'as une folie.
- Speaker #1
Moi, je crois que je suis... Ça t'a sauvé certainement. C'est comme Astérix. J'ai dû tomber dedans. J'ai dû m'arrattraper. Folie. Tu en donnes à Henri.
- Speaker #0
Mais c'est bon, la folie.
- Speaker #1
Bah oui. Ça te sauve.
- Speaker #0
C'est ça qui t'a évité de sombrer au moment où... Parce que quand même, en 97, tu vis un truc... Pas terrible. Pas terrible.
- Speaker #1
Non, j'ai...
- Speaker #0
L'escroquerie de la part d'un ami, quand même. Là, tu te retrouves à zéro.
- Speaker #1
À zéro. Après, j'ai une autre période encore plus difficile après. qui est passé loin, avant de rencontrer Maya, qui était une période où je pense que j'étais pas loin de me retrouver avec mes copains.
- Speaker #0
Ouais, là-haut, au bout du tunnel.
- Speaker #1
Parce que... Parce que... Parce que on ne comprend pas et parce que c'est normal. Mais encore aujourd'hui, il y a des gens, il y a des personnes qui... Voilà, qui sont... Qui testent. C'est sympa.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui t'a évité de sombrer à ce moment-là, par exemple, en 97 ? Qu'est-ce qui t'a fait revenir et choisir la vie ? Parce que je pense qu'il y a plein de personnes qui, des fois, ont préféré ne pas être là, en effet, parce que c'est tellement douloureux, il y a tellement de souffrance, et c'est compliqué quand on redémarre à zéro, justement.
- Speaker #1
Mais zéro, c'est déjà...
- Speaker #0
Est-ce qu'on redémarre vraiment à zéro ?
- Speaker #1
Oui, non, parce qu'on est connu, on est capable de se faire être intelligent pour pouvoir rebondir sur certaines choses. On repart à zéro, oui, parce que c'est un nouveau monde, parce que c'est quelque chose qu'on ne maîtrise pas. Après, il faut faire les bonnes rencontres. Mais parfois, plus tu es dans cette spirale, plus tu fais des rencontres que tu penses sauver le monde et que tu penses que les aider, ça va t'aider. Mais au contraire, ça t'attire vers le bas. Et puis, on a vu malheureusement beaucoup de sportifs, beaucoup de Hoshido connus qui ont craqué parce qu'ils souffrent trop. Tu sais, la souffrance, elle n'est pas souvent... Généralement, les personnes qui partent ne sont pas ceux que je vais dire, je vais le faire, je vais le faire. Non, c'est un gars qui est hyper généreux, joyeux, puis poum,
- Speaker #0
tu vois.
- Speaker #1
Donc, tout ça, il faut le savoir.
- Speaker #0
Tu peux comprendre en tout cas que certains décident de prendre cette décision.
- Speaker #1
Mais attends, tout le monde...
- Speaker #0
Ça fait mal à nos proches. On ne pense pas aux proches dans ces moments-là.
- Speaker #1
Tu sais, les proches, ça dépend quels proches. Ça dépend... La famille, ça dépend comment est la famille, ça dépend ce que tu as vécu toi. Les enfants ? Mais tes enfants, bien sûr, mais si tu y penses vraiment, c'est pas facile comme réponse.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
C'est parce que tu, oui, t'as tes enfants, mais tes enfants, ils grandissent. Et aujourd'hui, c'est plus du tout la même vision de la vie qu'on a eue dans les années 60, 70, 80. Je veux pas me dire que je suis vieux jeu. Non. Mais...
- Speaker #0
Oh oui.
- Speaker #1
Non, mais j'assume. que...
- Speaker #0
Tu préférais avant ?
- Speaker #1
Non, c'est la vision. Moi, j'ai des enfants magnifiques, ils sont beaux, ils sont magnifiques, mais c'est différent. L'éducation est différente.
- Speaker #0
Pourtant, tu les as élevés...
- Speaker #1
J'ai essayé de les élever le mieux possible. Je voyageais beaucoup. Je leur ai donné une direction, une éducation, une sensibilité. C'est différent. On ne voit pas la vie de la même façon.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu as vraiment envie de leur dire ?
- Speaker #1
Que je les aime et que c'est mes enfants.
- Speaker #0
Non, mais s'il y avait vraiment quelque chose que tu as envie qu'ils captent et qu'ils...
- Speaker #1
Ah, ça, c'est eux qui doivent...
- Speaker #0
La jeune génération. La jeune génération de manière générale, si. Parce que tu les vois sur le terrain, tu les vois autour, tu vois ce qui se passe avec les réseaux. Tu vois l'ensemble de cette jeune génération, tu en as toi-même. Donc, il y a quand même quelque chose qui est important, un message à faire passer.
- Speaker #1
N'oubliez pas qu'on est des êtres humains, qu'on a un cœur. et qu'on a un cœur qu'on a nos émotions qu'il faut aussi les accepter et de pouvoir aussi c'est pas que le matériel, on est très basé sur le matériel en ce moment, très basé sur l'argent très basé sur le paraître très basé sur en fin de compte, moi je, mais aussi de pouvoir construire quelque chose tous ensemble, si t'as envie après c'est ton caractère, je suis pas là c'est pas des reproches, mais c'est simplement une vision de leur propre vie. On n'est jamais les mêmes. On est tous différents.
- Speaker #0
Un peu d'humilité en plus, non ?
- Speaker #1
Oui, plus. Parce que je pense qu'aujourd'hui, on le voit, les portables, les réseaux sociaux, on est tous... Pour eux, c'est plus important d'avoir ce genre de choses-là qu'en fin de compte, d'avoir une discussion et de pouvoir leur dire un moment « Ben ouais, ouais ! » On est dans la merde. Ouais, c'est compliqué. Ouais, toi aussi, tu dois travailler. Oui. Et de l'autre côté, non, ce n'est pas possible parce que c'est comme ça. C'est pas ça, la vie. Et on ne va pas revenir dans nos grands-pères, mes grands-mères, mon truc. Souvent, ils disaient, ouais, mais toi, tu n'as pas connu la guerre. Oui.
- Speaker #0
Et toi, tu leur dis quoi ?
- Speaker #1
Moi, je me dis, rien. Toi, tu n'as pas connu... Tu n'as pas connu la nasse.
- Speaker #0
Ton papy.
- Speaker #1
T'as pas connu Santa Barbara, Côte Ouest, les Feux de l'Amour ? T'as connu ça ? Non.
- Speaker #0
Mais quand tu t'es retrouvé à zéro, compteur à zéro, en tous les cas, là, il y a quelque chose d'autre. Tu te rends compte qu'encore plus qu'avant, que le porte-monnaie, c'est pas ça qui te définit. C'est pas l'argent que t'as. Et tu te rends compte de quoi ? À ce moment-là, quand tu te retrouves à sec, avec plus rien, et des gens qui t'ont 97, c'est quoi, en fait, finalement ?
- Speaker #1
Là, tu vois autour de toi que tu as quand même quelques amis qui t'ont aidé. Je vois les vrais. J'avais le Seigneur Tour, donc je suis revenu un peu sur le tennis. Mais après, tu apprends, mais ce n'est pas...
- Speaker #0
J'en parle parce que, voilà, on est là aujourd'hui. Mais aujourd'hui, maintenant, il y a d'autres soucis à régler aussi. Mais bon, on les affronte. Il n'y a pas de problème. Mais après, quand tu repars à Zéro, c'est vrai que c'est violent. C'est d'une violence inouïe parce que tu te dis, ça va, au moins j'ai ça. Toi, je vais te vivre tranquille. Je n'ai pas besoin de plus. Et puis tout d'un coup, on te dit bonjour, monsieur, au revoir.
- Speaker #1
Oui, obligé de tout vendre et tout. Mais je veux dire, il y a quelque chose qu'on ne nous enlève pas, qu'on pourra, personne ne pourra enlever. C'est ce qu'on a. Enfin, je veux dire, c'est de notre expérience de vie. Ça, on a beau se retrouver à sec, parce que moi, ça m'est arrivé plusieurs fois dans ma vie, il y a quelque chose après qui, de toute façon, on vient avec nos expériences. On peut se refaire à n'importe quel moment. On a l'impression que... C'est vrai que ça peut être même suffocant. On a l'impression d'en mourir, qu'on va en mourir tellement on peut avoir une identification à l'argent. Mais finalement, c'est un des trucs les plus libérateurs qui existent.
- Speaker #0
Oui, parce qu'on a aussi, comme on dit, un background. C'est-à-dire qu'on a quand même... On est une fondation. On a déjà l'expérience de la vie. C'est vrai que quand ça t'arrive, quand t'es très jeune, et tout d'un coup, du jour au lendemain, donc là, c'est différent, tu vois. Parce que nous, on a une certaine expérience et on sait le potentiel que nous avons pour pouvoir aller aussi dans d'autres directions. Tu vois, faire ce que je fais aujourd'hui, faire des conférences sur la gestion des émotions et de pouvoir partager ça. Tu me disais ça il y a 15 ans, mais je dis, mon gars, oublie ! Quand je faisais mes premières interventions et qu'on parlait de la Coupe des Vies, je me mettais à pleurer. Mais c'était aussi le côté qui était très émotionnel.
- Speaker #1
Et thérapeutique aussi.
- Speaker #0
Bien sûr, et que les gens adoraient. Ils adorent. Parce qu'ils disent, il est comme moi. Moi aussi, je peux ressentir ça. Tu me rappelles Hugo Frey,
- Speaker #1
tu sais. Hugo Frey, j'ai eu plusieurs conversations avec lui. Je l'adore parce qu'il est tellement humain. Il est dans le cœur, il est présent. Et il aurait pu prendre d'autres décisions. Il ne s'est pas comparé à Johnny Hallyday, mais il a dit, il y en a d'autres qui ont fait d'autres choix. Et finalement, c'est ça dans la vie, c'est constamment des choix que l'on fait. Et tu as fait des choix de cœur quand même, à la suite de tous ces événements, au fur et à mesure.
- Speaker #0
Bien sûr, mais c'est toujours des choix de cœur, même pour Hugo Fray, même que ce soit aussi pour... Tu parlais de Johnny Hallyday, d'Écrivers, que ce soit aussi ou d'autres. Oui,
- Speaker #1
mais c'est deux carrières complètement différentes.
- Speaker #0
complètement à l'ouest.
- Speaker #1
T'as une carrière complètement différente de Yannick Noah, par exemple.
- Speaker #0
De Guy.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Le forger pareil.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Mais lui, c'est le politiquement correct, le gendre parfait, le truc qui rend drôle. Moi, je suis quelqu'un, voilà, avec ma personnalité, ma générosité, ma joie de vivre. Yannick, lui, il a fait une carrière, il était, mettons, on dit, c'est Yannick Noah, chanteur, c'est plus du joueur de tennis qu'il y a Guénère Roland-Garros. Toi, ce qui est bien, c'est ça qui est intéressant, c'est qu'on n'est pas les mêmes. Et c'est ça qui devient aussi quelque chose de fort et de puissant.
- Speaker #1
C'est une famille quand même, pour toi.
- Speaker #0
Nous, on est liés à la vie et à la mort. Tous les trois, on peut se voir demain matin, c'est comme ça que t'es quitté hier.
- Speaker #1
Ça, c'est des gros pieds, c'est des fondations. Des gens qui te comprennent en plus, il y a moins de solitude dans le coup, parce que c'est des gens qui ont vécu ça.
- Speaker #0
Oui, et puis qui t'ont aidé. Yann, il m'a aidé, inconsciemment j'ai aidé Yann. Guy, on l'a aidé aussi quand on a gagné la Coupe Davis. Voilà, c'est une famille. Mais sans jamais trop, tu vois. Et ce qui est amusant, c'est que chacun a eu sa propre vie et personnalité. C'est ça qui est intéressant. Et il n'y a pas, quand je vais dire, il n'y a pas de jalousie, il y a une jalousie saine. Tu vois, c'est la compète. Bonne jalousie. Par contre, on a grandi ensemble. Ça, c'est beau. Dans le sport, c'est ça que je pense sincèrement. Le sport nous apporte des satisfactions et des moments qui sont inégalables. qu'on ne peut pas retransmettre ailleurs. Tu vois, le sport, on le voit, même dans le monde si difficile, la guerre, la politique, il y a toujours, à tout d'un coup, un match de foot, et ces deux nations qui se détestent peuvent jouer l'un contre l'autre et se serrer la main à la fin. Pas ! Comme disait Nelson Mandela, le sport peut sauver le monde. Et c'est pas faux. Mais bon, il y a encore du boulot. Ouais,
- Speaker #1
juste Roland-Garros, parce que là, on est en plein dans Roland-Garros. Est-ce que ça a encore du sens pour toi ?
- Speaker #0
Chaque année quand je reviens, le premier jour est toujours compliqué. Parce que ça me remémore toujours 88. Donc tu rates, mais ce qui n'est pas une honte. Mais c'est pas facile, t'es là, tu vois le central, tu te dis, putain, j'ai pas le droit de porter la coupe quand même. Quand tu la vois, tu vois. Donc ça c'est toujours une petite émotion, ce qui est normal et qui est sain, je trouve. Parce qu'au moins, tu vois, t'es quand même fier. Je suis quand même le dernier encore français à être finaliste à Roland-Garros. J'espère que ça va changer rapidement. qui est un vainqueur. Mais Roland-Garros, c'est un tournoi exceptionnel qui a tellement évolué, qui va à une vitesse grand V, qui est capable de pouvoir nous donner 15 jours exceptionnels avec des joueurs qui... C'est un autre monde. Tu me diras, c'est un autre monde quand Lever jouait avec des raquettes en bois. Moi, j'ai joué comme ça. Aujourd'hui, c'est totalement différent. C'est la même technologie. On a la chance d'avoir un grand chelem. C'est Roland Garros. Il y a l'Open d'Australie, Roland Garros, Wimbledon et l'US Open. Il faut en être fier. Et comment il a évolué, c'est magnifique, c'est magique. Et de pouvoir travailler dans ce musée. cet endroit extraordinaire qu'est Roland-Garros, c'est quand même magnifique.
- Speaker #1
Et puis,
- Speaker #0
bon...
- Speaker #1
Même s'il y a des petits changements que tu aimerais apporter et tu as toujours des...
- Speaker #0
On a toujours... On a tous nos idées pour que le tournoi soit encore plus fort et performant. Il faut être aussi de ce côté. Et puis, on a tous nos idées aussi. Et puis, on a tous, parfois, on dirait, si je fais ci, mais je fais ça. Mais moi, tu sais, j'étais président de club pendant 15 ans bénévole. Tout le monde disait, moi, à la place d'Henri Chassol, je disais, vas-y, prends ma place. Maintenant, il y est. pas facile c'est marrant j'ai pas vu ça comme ça et après tout le monde essaye de pouvoir améliorer et donner quelque chose encore plus grandiose Roland Garros c'est Roland Garros Wimbledon c'est Wimbledon mais ce qui est bien c'est que t'en as 4 différents tu vas en Australie je sais pas si t'as été en Australie déjà tu adores l'Australie si on avait pas eu le Covid on se croirait qu'on serait partis tu adores ce pays que les moyens. j'ai l'impression que je suis un Ozymite. Ils m'adoraient. Moi, ils m'adorent. Mais l'Australie, c'est le pays du sport. Déjà, 4h du matin, il faut que tu fasses attention quand tu sors de l'hôtel de ne pas te faire renverser par un coureur ou un mec en vélo, tellement ils font du sport. Et ils partagent ça. Après, tu as Roland Garros qui est dans plein Paris, qui est la French Touch, qui est le coin des amoureux, qui est le tennis vraiment terre battue, quelque chose d'une surface totalement différente. Et puis tu as le British Wimbledon, vraiment, avec le coutume. Henry. Henry, Sir Henry. How are you doing ? Yes, lovely. You have to wear just in white.
- Speaker #1
You have the perfect... The perfect outfit. Sweater. Yeah, the sweater,
- Speaker #0
with the white, with everything.
- Speaker #1
With your HL. I can see you have Henry LeConte. LeConte line is coming up. Very nice, I love it.
- Speaker #0
Et après, tu as l'US Open, où là, c'est le brouhaha complet. Moi, nous, on joue à l'époque, dans les années 70-80. On jouait sur un cours, il était un peu en pente. Et à côté, j'avais le mec qui faisait les hamburgers. Et tu avais tous les burgers qui passaient quand tu jouais. Tu avais les avions qui décollaient toutes les deux minutes. Non, mais c'est un bordel sans nom. C'est toujours un peu le bordel. Et c'est ça qui est beau. C'est ça qui donne une puissance, une prestance et un sport qui nous permet de pouvoir vivre des moments exceptionnels comme ça. Alors, bien sûr qu'on peut améliorer tous les jours. Bien sûr. Et on le fait.
- Speaker #1
Donc en 15 jours, tu vas nous brûler quoi ? Une centaine de lettres de purification ?
- Speaker #0
Je pense que débriefing...
- Speaker #1
Il y a beaucoup de déclencheurs parce qu'on n'a pas trop bien expliqué. Une fois de plus, allez voir l'interview que j'ai faite de Maya parce qu'elle vous explique tout sur la lettre de purification qui est liée à des déclencheurs. Donc il va forcément y avoir des moments de déclenchement. Juste le premier jour, comme tu dis, par rapport à ce que tu as vécu. Et d'autres. Qu'est-ce qui va te déclencher là-bas ? Qu'est-ce qui pourrait te déclencher ?
- Speaker #0
Tout peut se déclencher pour un oui ou... pour un truc du passé qui ressurgit ou à rien un passé ou un coup de fil le matin ou un truc donc là il faut que tu sois prêt donc il faut que tu sois prêt il faut que tu l'acceptes donc après il y a beaucoup de debriefing nous on fait beaucoup de debriefing tous les soirs avec Maya en parlant de la journée comment c'est passé il y a ci il y a ça ce qui est bien c'est qu'on comme ça tu cumules pas sur les 15 jours tu purifies au fur et à mesure on débriefe après t'écris si t'en as besoin ou déjà le fait de pouvoir en parler avec Maya et d'exprimer ça te tu vides ta corbeille Merci. Parce que sinon, ça monte, ça monte. Et là, mon gars...
- Speaker #1
Ça peut exploser quand tu ne le veux pas.
- Speaker #0
Dixième jour, tu es en train de faire une interview où le mec te pose la question et là... Et là, tu as un coup de fil.
- Speaker #2
Bonjour, oui. Pouvez-vous me redonner votre badge, s'il vous plaît ? Vous n'avez plus le droit de rentrer à Roland-Garros.
- Speaker #0
Là, c'est moche. Oui, ce serait dommage. Oui, non, mais après, tu vois, c'est normal. C'est humain. Mais après, il faut juste t'organiser. Merci Henri pour ce moment Avec plaisir Ça fait longtemps que j'attendais ce moment là Moi aussi,
- Speaker #1
c'était super Merci, balle neuve aux éditions Marabout Henri Lecomte Là c'est vraiment, si vous voulez vraiment découvrir l'homme Qui Compte dans nos cœurs Et qu'on a suivi, mais là de vraiment te voir Dans tout ce qu'il t'a fait en tant qu'homme Et comment tu rebondis, c'est vraiment le livre En tout cas moi je suis ravie de le mettre en coup de cœur de ma propre librairie Parce que c'est C'est un outil aussi de développement personnel. Même si je sais que tu ne veux pas devenir gourou, gourou Henri, il y a des très bons messages que tu... Ça peut être une quatrième vie.
- Speaker #0
Eh oui, j'aimerais bien, pourquoi pas.
- Speaker #1
Merci Henri. Merci à tous d'avoir regardé cette émission. N'hésitez pas à la partager avec vos proches. Et moi, je vous retrouve très bientôt. Abonnez-vous à la chaîne pour ne pas louper d'autres émissions. Gros bisous.
- Speaker #0
Ciao.
- Speaker #1
Au revoir. Merci.