- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast du bijou par Larue. Nous accueillons Frédéric Manet, designer spécialisé en haute joaillerie, horlogerie et objets d'exception. Il est à la tête de son studio de création et collabore principalement avec des collectionneurs privés. Aujourd'hui, nous allons tenter de comprendre le travail d'un designer au service des 1% les plus fortunés de la planète. Bonjour Frédéric, pour commencer, pourrais-tu te présenter ?
- Speaker #1
Frédéric Manet, je suis directeur artistique, designer en haute joaillerie, bijoux, horlogerie et également objets d'art. Et j'exerce ce métier depuis 20 ans. Il y a une dizaine d'années, j'ai fondé mon propre studio de création dans le deuxième arrondissement, non loin de la place Vendôme. Mon parcours démarre il y a une quarantaine d'années dans le sud de la France, dans le pays catalan, Perpignan. Je suis le fils du marchand de jouets de la ville. Et donc j'ai grandi dans cet univers onirique et merveilleux qui m'a créé une appétence pour tout ce qui brille, tout ce qui était fascinant, les histoires, les contes, la nouveauté, les jeux vidéo. Et dès l'enfance, je dessinais, peignais, imaginais des univers. Et également, j'ai aidé mes parents à leur boutique de jouets. À l'âge de 18 ans, j'ai décidé de professionnaliser mon art en étudiant quelques années au Beaux-Arts et également à une école de design de produits industriels à Paris. J'ai dessiné dans les premiers temps des flacons de parfum, j'ai travaillé dans l'univers de la beauté, mais ce n'était pas suffisant, il y avait une dimension artisanale qui manquait à ce secteur-là. Et c'est en découvrant la haute école de joaillerie que j'ai pu avoir cette révélation que les arts joailliers étaient définitivement faits pour moi. C'est là qu'à l'issue d'une formation, j'ai pu apprendre l'art du gouacher. et ensuite démarrer mon parcours à travers les maisons de joaillerie de la place Vendôme jusqu'à créer ma propre entreprise et avoir mon parcours entrepreneurial depuis une douzaine d'années.
- Speaker #0
Donc aujourd'hui, tu es designer joaillier, c'est ta spécialité, tu fais un tas d'autres choses. Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus là-dessus ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Donc traditionnellement, ce métier était celui de dessinateur de joaillerie. Il pouvait imaginer donc des modèles, il les dessinait, les peignait avec un médium qui était la gouache. Il pouvait réaliser des plans techniques, quelques maquettes et ensuite travailler avec les maisons. et les ateliers afin de pouvoir les réaliser. Donc ça, c'est le métier tel qu'il est historiquement. J'ai créé mon propre studio afin de pouvoir développer d'autres axes, notamment le conseil stratégique, ce qui m'amène à avoir aujourd'hui une diverse clientèle. La première clientèle, bien sûr, ce sont les maisons historiques de la place Vendôme, des joailliers français et parisiens. Donc je peux travailler en collaboration avec eux pour leur imaginer de nouveaux modèles, des collections. Mais très rapidement, mon goût pour l'aventure et l'envie d'essayer aussi d'autres médiums m'a amené à voyager à l'international pour travailler. avec des marques reconnues pour leur création dans différentes régions du monde, que ce soit en Asie, aux Etats-Unis, notamment au Moyen-Orient. J'ai pu également contribuer en tant que cofondateur de nouvelles marques, proposant des objets étonnants, une marque de niche, notamment la maison Kanati, dont je suis un des cofondateurs et directeurs artistiques, qui est spécialisé sur les objets d'art, et notamment les commandes spéciales pour les grands collectionneurs. Ce qui m'amène à avoir une clientèle très variée, essentiellement de professionnels, mais aussi avoir un certain nombre de clients privés, notamment dans les familles royales du Moyen-Orient, qui me commandent des projets sur mesure, utilisant des matériaux et des concepts surprenants.
- Speaker #0
Ok, génial. Avant d'en arriver là, j'ai envie qu'on creuse un petit peu plus tes débuts. Comment est-ce qu'en tant qu'indépendant, tu as réussi à trouver tes premiers clients, à te faire une place dans un milieu qui est quand même extrêmement fermé ?
- Speaker #1
Mon parcours démarre effectivement en tant que salarié au sein d'un atelier. C'était notamment l'atelier Maton, qui est une maison familiale, qui est connectée avec l'univers de la place Andom depuis... presque près d'un siècle, et donc j'ai pu travailler à leur côté. C'est un atelier de sous-traitance des grandes maisons et qui a également sa propre collection. Donc quand j'ai voulu me spécialiser dans l'art de la joaillerie, j'ai commencé chez eux en tant que stagiaire, puis en tant que designer pour travailler pendant six ans à dessiner leur collection. Ce qui était intéressant, c'est que j'ai pu découvrir les coulisses de fabrication des pièces de la Place Vendôme, voir comment un bijou français était fait dans les règles de l'art. C'est à partir de là que j'ai pu apprendre tout le vocabulaire joaillier, la qualité des finitions, quels sont les intervenants dans cette démarche collective qu'est le bijou. Donc j'ai pu avoir ce patrimoine de connaissances que j'ai fusionné avec mes expériences artistiques. Et c'est, on va dire, la fusion entre l'apprentissage des techniques et des arts joailliers, plus ma formation de peintre, ma formation au Beaux-Arts, qui m'a amené à pouvoir proposer un métier aujourd'hui indépendant dans lequel il y a à la fois une réflexion artistique, mais aussi une réflexion de fabrication, puisque je mets un regard... très soutenu à ce que les pièces qui sont fabriquées à partir de mes dessins soient très fidèles à l'idée originale. Et je pense que c'est un des aspects qui a permis de pouvoir professionnaliser mon désir d'être designer joaillier, mais aussi d'être indépendant. C'est qu'aujourd'hui, en tant que indépendant, j'embrasse tous les aspects de cette profession-là, que ce soit à partir du concept, le dessin, le suivi de production, la communication et le marketing jusqu'à l'expérience client. Donc c'est un regard très global que je porte sur ce processus-là. ce qui amène à pouvoir intéresser un certain nombre de clients, et notamment des nouveaux entrants pour qui j'ai pu avoir des challenges de partir d'une page blanche pour créer toute nouvelle marque de joaillerie ou d'objet d'art. Mes premiers clients quand je suis devenu indépendant étaient les maisons de la place Vendôme, mais très rapidement, en ayant communiqué sur mes gouachets, j'ai pu rencontrer un certain nombre de collectionneurs internationaux qui ont voulu acheter d'abord mes dessins. Et pour moi ça m'a mis la puce à l'oreille de pouvoir éventuellement aller au-delà des frontières de l'Hexagone pour pouvoir proposer mes services. Et petit à petit, je suis passé à une SL européenne. Et ensuite, l'Asie, la Chine, les États-Unis, et une vraie révélation, le Moyen-Orient. Donc c'est au fil des rencontres, le bouche à oreille compte énormément dans ce secteur-là, je ne démarche jamais personne, un projet en amène un autre. Et effectivement, au long des années, ça fait 20 ans que je suis dans cette industrie, une dizaine d'années en tant qu'indépendant, une réputation se crée, c'est un microcosme de gens, comme je dis toujours, c'est un petit milieu mais en même temps une grande famille. Donc c'est assez intéressant de pouvoir voir que... Au quatre coins du globe, un certain nombre de personnes de la filière nous sont familiers. Nous partageons les mêmes clients, les mêmes fournisseurs et ateliers et surtout le même regard d'exigence sur la qualité qui caractérise le produit de haute joaillerie fait à la française.
- Speaker #0
Qui sont les clients de la haute joaillerie telle que tu la conçois ?
- Speaker #1
J'ai deux typologies de clients. Effectivement, ce sont les marques. Dans ce cas-là, c'est une entreprise qui est mon client, qui a besoin de mon studio de création. Cela peut être éventuellement un entrepreneur qui a envie de fonder sa propre maison. Cet entrepreneur peut se révéler être une structure beaucoup plus grosse, c'est-à-dire par exemple un fonds d'investissement, ou alors une maison de couture et de parfum qui veut une diversification au sein de son offre, comme la maison Rubius Milano qui a fait appel à moi pour fonder son département haute joaillerie. Enfin, ça peut être un collectionneur privé, un amateur d'art, un mécène, qui a une toute autre activité, mais qui a la particularité d'aimer collectionner l'art, qui peut faire appel à moi pour lui dessiner une pièce sur mesure, et ça veut dire que certains font partie de famille royale. notamment dans cette région du globe.
- Speaker #0
Super intéressant. Donc, on va creuser un petit peu les collectionneurs privés. Donc ça, c'est une clientèle qui est extrêmement mystérieuse. C'est une petite élite, on ne va pas se le cacher. Parle-nous un petit peu des projets pour collectionneurs privés que tu as pu faire.
- Speaker #1
Oui, je voudrais en citer quelques-uns. Peut-être parlons d'un qui a fait un certain bruit dans les années 2019. C'était la collection impériale Alexandrite. Donc, cette maison a été fondée par un grand collectionneur d'art spécialisé dans les icônes religieuses. qui est également le propriétaire de la maison Rubius Milano à Milan, spécialisé en parfums de niche et en maroquinerie précieuse. Donc ce grand collectionneur d'art a pu acquérir les plus grandes alexandrides du monde. Et donc son idée, c'était de créer des pièces déjà pour lui-même, afin de pouvoir révéler ses james extraordinaires. Et à partir de là, ça nous a donné l'idée de rajouter un segment à sa propre marque de parfums de maroquinerie haut de gamme, une division Haute Joaillerie. C'est de là qu'est née l'idée. Et à partir de là, j'ai dessiné des pièces pour mettre en scène ces pierres, ces gemmes uniques dans leur genre. Et à partir de là, nous avons eu l'idée de faire une exposition au sein du Hall des Maréchaux du Musée des Arts Décoratifs, où nous avons dévoilé 12 pièces révélant les 12 Alexandrites les plus grandes du monde. Nous avons également utilisé les dessins originaux pour les agrandir à la taille des murs du Palais du Louvre, faire comme une galerie d'art. Et donc nous avons révélé au public et également aux amateurs, collectionnaires et journalistes, cette collection fruit de six mois de travail intensif dans les ateliers. Donc ça c'était une de mes premières expériences avec un grand collectionneur qui a également apporté cette collection à devenir business additionnel dans sa marque de prêt-à-porter, parfums et maroquinerie. Donc ça c'est une des premières expériences que j'ai eues. Et à partir de là le bouche à oreille s'est fait, j'ai eu d'autres collectionneurs dans cette région du monde et également au Moyen-Orient. Ils sont connus et reconnus pour l'appréciation d'objets trésors, de grandes collections d'art. Et à partir de là, j'ai pu rencontrer à travers diverses personnes qui m'ont mis en relation avec ces collectionneurs-là, que j'ai pu rencontrer lors d'un rendez-vous informel. Et à partir de notre conversation, ça a donné l'idée de pouvoir leur créer une ou parfois plusieurs pièces uniques pour leur propre collection, pour leur propre plaisir, pour leur épouse ou pour leurs enfants, ou pour leur musée privé.
- Speaker #0
Comment est-ce qu'on arrive à satisfaire des clients qui ont déjà tout ?
- Speaker #1
Pour satisfaire ce genre de clientèle qui est extrêmement avisée, les collectionneurs sont pour la plupart des experts. Ils connaissent même à un niveau parfois professionnel les arts joailliers ou l'horlogerie et également le milieu de l'art. Ils ont des références, ils sont extrêmement aiguisés. Ça qui est intéressant, c'est que même au-delà de leur capacité de pouvoir s'acheter des pièces à des sommes astronomiques, nous avons affaire à des gens qui sont des experts et des passionnés dans leur domaine et qui parlent parfois même le même vocabulaire technique. Ils peuvent déjà collectionner des bijoux historiques, certains peuvent avoir hérité de gemmes appartenant à leurs ancêtres, à leurs illustres ancêtres, qui ont réussi à un moment donné de leur généalogie. Donc, c'est des grands amateurs d'art, nous challenge. Mais avant tout, ils viennent chercher une expérience qui relève du frisson, de l'émerveillement. Ils font confiance à notre expertise. Et je dirais à ce moment-là, la manière dont je m'adresse à eux, souvent on me dit, mais comment tu peux aborder ce type de clientèle ? Je dirais comme vous et moi, je leur parle le plus simplement du monde. Et je leur parle exactement comme lorsque j'étais enfant et que j'aidais mes parents dans un magasin de jouets. Je considère qu'à travers une expérience sur mesure, nous devons retomber en enfance. Et quand je m'adresse à eux, je leur parle comme si nous allions inaugurer un jeu d'enfants ensemble. Donc c'est avec une grande décontraction que je prends mon carnet à dessin, que je peux prendre des exemples, des gemmes, des matériaux, et devant eux, je dessine leurs rêves, je leur raconte ma vie, ils me racontent la leur, ils me parlent de leur hobby, de leur ascendance, de leur passion, de leurs attentes, de leurs rêves, de leurs aventures. Certains sont des entrepreneurs qui sont partis de rien et qui ont su créer des business extraordinaires. et notamment certains sont des marchands d'art. Et donc c'est à partir de cette expérience humaine avant tout que l'on ancre un point de démarrage d'une aventure joaillière qui va prendre ensuite un certain nombre de mois, de prototypes et de recherches pour aboutir à une pièce unique et sur mesure. Le process pour une création sur mesure, c'est avant tout un dialogue, c'est une rencontre entre deux personnes. Assez souvent, il y a une fascination réciproque. Ils peuvent être fascinés par la création d'un bijou et l'univers de la place Vendôme, la France, qui pour eux... ont un certain écho, un certain prestige. Et également, moi, pour les collections qu'ils peuvent avoir, leur histoire, l'univers dans lequel ils évoluent. Donc c'est une conversation, un échange, la découverte de deux êtres et de leur parcours. Et à partir de là, on voit quels sont les points sur lesquels nous avons envie de poursuivre cette conversation. Parfois, il m'arrive de rencontrer des clients qui ne se livrent pas tout de suite, et c'est normal. Je les connais à peine. Je ne peux pas m'immiscer directement dans leur espace intime. Et très rapidement, il y a un climat de confiance. justement puisque le projet que j'aborde est comme celui-ci d'un jeu d'enfant. Ça se fait très spontanément, avec des questions, avec des dessins, des échantillons, et à partir de là, il se prête au jeu, et très rapidement, il y a une confiance, voire une confidence qui se crée. D'ailleurs, la plupart de ces collections, collectionneurs privés, restent en relation avec les marques pour lesquelles je travaille et moi-même. Il y a même des liens d'amitié qui se tissent, et au fur et à mesure des expositions à travers le monde, on peut les revoir, ou ils nous invitent pour certains événements. Il y a avant tout une relation amicale qui se tisse assez rapidement. Pour moi, il est important de mettre rapidement les gens à l'aise. Vous savez, là d'où je viens, c'est un monde qui était assez différent de celui dans lequel j'évolue aujourd'hui, celui de la joaillerie, traité depuis la place d'Andom, mais j'ai grandi sur les bords de la Méditerranée, et simultanément, autour de moi, il y avait des gens de différentes communautés, différentes religions. Pour moi-même, dans ma généalogie, j'ai des gens d'horizons très différents, de spiritualités très différentes, et pour moi, c'est une richesse et une facilité. de pouvoir me sentir à l'aise à peu près partout dans le monde, parce que je n'ai pas de préjugés et une grande soif de découvrir, de comprendre les mondes dans lesquels j'évolue, afin de pouvoir en capturer l'essence. Quand je dessine notamment pour le Moyen-Orient, je ne dessine pas quelque chose qui relève de l'exotisme et de l'orientalisme, ça serait assez mal perçu, ni même quelque chose qui soit 100% français. C'est la fusion de mon univers, d'un goût français évidemment, d'une fabrication à la française, mais aussi c'est comprendre leur univers. Ça ne se fait pas en une fois, c'est des lectures, c'est des visites de musées, c'est lire parfois même des textes sacrés, c'est comprendre une civilisation. Et aussi, ce qui est fascinant, c'est qu'au-delà d'un travail de designer d'utilisation des codes et de les décoder, c'est aussi un processus qui relève de l'intuition, de l'émotion. Il y a parfois, même dans le regard d'une personne, on peut ressentir quelle est la vibration qui est en lui, quelle est sa sensibilité. Au-delà des mots, on peut ressentir quelle pièce pourra le toucher droit dans son cœur. Parce que les pièces que je dessine ne sont pas nécessairement des pièces pour être vues. Les pièces que je leur imagine sont faites pour eux-mêmes, pour rendre hommage à leur famille. Ils vont pouvoir le porter dans certaines occasions, mais avant tout, ils se font plaisir. Ce sont des objets trésors pour la propre collection, des objets intimes. Et à partir de là, il y a les barrières qui tombent. Et donc, il n'y a pas que la raison qui nous permet de créer cet objet-là, c'est aussi un certain nombre d'intuitions, suivre son filique, regarder les émotions de son interlocuteur. Et c'est à partir de là que je peux créer une pièce. Donc il y a des strates culturelles et un certain nombre de paramètres qui me permettent de, assez souvent, finalement viser juste pour leur dessiner la pièce de leur rêve sur laquelle parfois... Il leur était même difficile de mettre des mots et à la fin ils me disent mais c'est exactement ce dont je rêvais. Parfois ils ont pour certains tout, notamment tous les carats et toutes les pièces de joaillerie des maisons. Et ils veulent ajouter quelque chose que les autres n'ont pas et qu'ils n'ont jamais eu. Et là on se base sur finalement comme source première le rêve dans lequel il n'y a pas nécessairement ni références sociaux, mais uniquement ce dont ils ont toujours rêvé et qu'ils n'ont pas nécessairement trouvé dans une offre d'une marque. Assez souvent je dirais ce sont de grands enfants. Le fait de pouvoir dire qu'ils ont tout entre guillemets, du matériel, peut les amener parfois à avoir accès à beaucoup de choses, une grande offre. Qu'est-ce qu'ils n'ont pas ? Et c'est à ce moment-là qu'il faut les surprendre. Je vais vous raconter une anecdote, et ça c'est intéressant de pouvoir illustrer une expérience que j'ai eue il y a quelques semaines. Je suis le directeur artistique d'une maison qui s'appelle Canati, qui est une maison dédiée à l'objet d'art, qui est basée entre Paris et le royaume de Bahreïn. La particularité de cette marque, c'est qu'elle crée des montres reliquaires qui enferment, qui encapsulent dans des dômes précieux des matières très exotiques. Ça peut être des james historiques, ça peut être un morceau du Titanic ou d'une navette spatiale envoyée par la NASA, des météorites, des autres dinosaures. Donc déjà le concept est assez surprenant, exotique. Et la particularité de cette maison, c'est qu'elle offre aussi des expériences immersives à leur clientèle. Et nous avons eu le privilège de pouvoir organiser à Jeddah, en Arabie Saoudite, au sein du palais du roi Al-Faisal, le palais d'invités, un événement avec une centaine d'invités, dont des collectionneurs, des membres de la famille royale. Et afin de pouvoir attiser leur attention, les émerveillés, nous avons créé un dîner immersif. Et donc sur ces grandes tables avec les nappes blanches, nous avons fait des projections des univers de la maison, nous avons raconté les légendes qui nous ont permis de créer les différentes pièces uniques que nous avons. Et donc nous avions des hologrammes, des animations. des couleurs, des musiques, une expérience émotionnelle qui, entre chaque plat, racontait une étape de la création de nos collections. Donc dans les craintes de ce palais, avec cette clientèle-là, qui est déjà collectionneuse et appréciateur d'objets trésors et de hautes joailleries, nous leur avons fait vivre un instant émotionnel. Au-delà de montrer un objet dans une vitrine et de parler de Cara, nous avons avant tout offert une expérience sensorielle, gustative, émotionnelle et musicale. Et même il y avait du parfum, il y avait un défilé de haute couture. Donc c'était un spectacle qui avait été donné afin de pouvoir créer un souvenir et une émotion. Certains nous ont rappelé ensuite pour pouvoir leur dessiner sur mesure la pièce de leur rêve, tant cette expérience leur a plu.
- Speaker #0
Comment tu arrives à créer sans colonialisme ? Je sais qu'on en avait parlé une fois et tu as toute une manière de voir les choses là-dessus.
- Speaker #1
Effectivement, c'est une question qui est très intéressante parce que c'est quelque chose qui depuis l'enfance m'a toujours capté. L'universalité, l'universalisme. le point commun entre les différentes religions. J'ai grandi dans un univers multiculturel. Au sein même de ma famille, il y avait plusieurs types de personnes de différents horizons. Donc j'ai grandi dans cet amour. Et pour moi, il était déjà très naturel de pouvoir voir le monde à travers un regard pluriel et de le voir au-delà de la ville dans laquelle je suis né. Et donc toutes ces cultures qui ont béni mon enfance m'ont déjà aidé à pouvoir regarder les choses, pas nécessairement avec un regard... ni de supériorité culturelle par rapport à la couleur, par rapport à l'origine, mais de regarder que finalement l'amour qui pouvait lier ma grand-mère d'Afrique du Nord, mon grand-père catalan et toutes les origines qui ont brassé mon enfance, pouvait montrer un regard positif à travers le langage intercommunautaire. À partir de là, pour moi, le regard de la beauté, les référents de l'excellence n'étaient pas uniquement auto-centrés sur une culture, on va dire, coloniale traditionnelle. De suite, j'ai pu voir... Dans les musiques écoutées par ma grand-mère, Oum Kaltoum, chanteuse égyptienne, la beauté de cette voix-là, le glamour et tout le charme que pouvait porter le chant d'Oum Kaltoum, j'étais vraiment touché par cela. Et d'un autre côté, effectivement, la musique classique, la musique baroque que pouvait écouter mon grand-père. Donc à travers ces deux points de vue, il y avait effectivement derrière des cultures, des musiques, des parfums, des odeurs, des croyances qui m'ont montré un regard varié sur le monde. C'était de grands voyageurs eux-mêmes. à des époques où les gens ne voyageaient pas énormément, on parle des années 40-50, avaient déjà sillonné le monde. Et donc ce goût pour la différence et voir au-delà de la bulle m'a amené à d'emblée vouloir créer, pas uniquement avec des référents qui m'étaient propres, mais aussi m'immerger et découvrir d'autres cultures, les comprendre, les aborder et échanger afin de pouvoir créer quelque chose qui fusionne un peu de moi, mais aussi d'eux. Et pas uniquement visiter, par exemple. L'univers du Moyen-Orient avec un orientalisme, c'est être complètement à côté de la plaque. C'est irrespectueux, je trouve, d'une part. C'est pour ça que lorsqu'on utilise par exemple un symbole religieux qui n'est pas nécessairement le nôtre... Il faut prendre le temps de discuter et de comprendre l'origine de ce symbole. Et pour moi, c'est vrai que je n'aborde avec aucun complexe l'aspect religieux et spirituel dans mes créations, ce qui peut être parfois un petit peu restrictif pour des marques. Au contraire, des projets comme celui de la maison Canati abordent simultanément différentes spiritualités. Je pourrais vous parler dernièrement d'un projet extraordinaire que j'ai fait pour un grand collectionneur qui a accepté que nous puissions communiquer sur ce projet-là. Si vous voulez, je peux vous en donner quelques mots, et je pourrais vous en délivrer quelques images. C'est un collectionneur d'art qui est à Dubaï. Je ne pourrais pas évidemment dire son nom, mais donc il a accepté que nous puissions communiquer sur cette aventure-là. Son ascendance est multiséculaire, peut-être à remontrer vers l'an 1200. Sa biographie était colossale, j'ai pris le temps de la lire. Ses ancêtres étaient poètes, généraux, princes. Il y avait toutes sortes de... grand référent qui pouvait être une source d'inspiration. Comment pouvait-on rendre hommage à travers une pièce avec autant d'ascendants, sachant qu'il est le dernier de sa ligne ? Sa fille, aujourd'hui, et ce qu'il y a de plus précieux à ses yeux, il voulait donner un leg à sa fille d'une pièce qui pourrait raconter l'histoire de ses ancêtres à travers toute cette généalogie qui couvre le Moyen-Orient et également l'Iran et jusqu'aux confins. du Maghreb. Donc c'est assez intéressant d'avoir un profil aussi riche. Ses ancêtres étaient protecteurs de la Kaaba, à la Mecque. Et je lui ai proposé spontanément l'image d'un arbre, un arbre généalogique dont chaque branche, chaque feuille représenterait un de ses ascendants. Nous avons identifié plus de 100 personnalités dans ses ancêtres, du coup 100 diamants, 100 feuilles sur cet arbre-là. Cet arbre sort d'un livre, le livre de sa généalogie, effectivement le Coran, le livre sacré. Et à l'intérieur de ce livre, nous avons proposé, nous avons trouvé grâce à des collectionneurs et des antiquaires, un morceau de tissu de la Cava. Chose qui n'est pas nécessairement aisée à avoir. Pour ceux qui sont familiers à cela, il y a une tenture noire brodée d'or qui la recouvre. Les perlerins tournent autour. Et donc, lorsque l'on a dit qu'on pouvait encapsuler dans son objet d'art une relique de la Cava, il était merveilleux. Mais comment vous avez réussi à mettre la main sur cela ? Ce projet me touche énormément. Je souhaite... investir dedans et donc nous avons passé des mois à le façonner et nous avons créé à la fin une pièce trésor donc qui rend hommage à sa généalogie est également un objet qui pourra transmettre et offrir à sa fille qui est donc le témoignage de plusieurs siècles d'histoire dans un objet d'art toutes les parties d'une conversation il était venu donc découvrir notre maison canati et immédiatement il s'est laissé séduire par le concept et donc un grand collectionneur d'art contemporain qui a voulu avoir un objet à porter à son poignet, une pièce de conversation qui raconte cette aventure fabuleuse, celle de ses ancêtres, qu'il pourra léguer pour le futur à ses descendants.
- Speaker #0
C'est comme ça qu'on arrive à les toucher finalement.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus sur la Maison Canati ? Donc ça, tu nous as dit que tu l'avais cofondée, c'est une marque franco-barraigny.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Qui est l'autre cofondateur ?
- Speaker #1
Il s'appelle M. Mahmoud Kanati, qui est à la fois de Bahreïn, avec des ancêtres d'Arabie Saoudite et de l'Iran. Cette particularité culturelle aussi est une richesse. Il m'a rencontré il y a un certain nombre d'années, m'a expliqué qu'il souhaitait justement léguer à ses enfants une marque, un patrimoine, un projet. Et immédiatement, nous nous sommes compris, nous avons émis l'idée de créer des pièces horlogères. dont la particularité c'est que certains ne donnent pas l'heure, ce ne sont pas des montres, mais offrent une autre perception du temps, celle de la contemplation. Et donc nous avons créé des mini-mondes en utilisant des reliques très précieuses pour façonner des objets bracelets. Certains ont des mécanismes horlogers, d'autres non, ce sont uniquement des musées à porter au poignet. Et donc à partir de là, nous avons confondé cette maison, et la grande question c'était, lui venant de Baraille, moi venant de Paris, est-ce que l'on fait une maison qui soit Baraigny ou... parisienne, je le dis, il est extrêmement important de considérer tes origines et tes ancêtres. Masquer le fait de tes origines uniquement pour pouvoir utiliser une fabrication à la française comme faire-valoir, c'est limité. Même si la création est faite à Paris. La fabrication également. Un certain nombre d'interlocuteurs qui ont participé à ce projet-là, comme Jotissé Roche, maître sculpteur joaillier ou Corentin Quido, chairman de la maison. Donc il y a ce grand savoir-faire français qui a... permis de matérialiser la marque mais néanmoins lui il reste le fondateur, il a eu l'idée, le concept de base Il est basé à Bahreïn. Simplement, soyons authentiques et transparents et expliquons que cette maison a deux têtes. Une au Moyen-Orient, une à Paris. Et c'est quelque chose que nous véhiculons à travers nos expositions. Certaines personnes nous ont dit, non, il ne faut pas nécessairement dire que ça vient du Moyen-Orient plutôt que Paris. Il faut être transparent et honnête. Et ce message sincère a toujours été apprécié. Ce qui a permis que notre message œcuménique, cette approche universelle de cette marque, au que nous allons... a toujours été vu avec un regard bienveillant, et même des sujets religieux et de spiritualité que nous avons abordés dans nos pièces ont toujours été extrêmement bien accueillis, parce que c'était authentique, basé sur la sincérité et l'envie de comprendre l'autre et de rendre hommage dans chacune de nos pièces. C'est ce qui fait la particularité de cette maison-là, c'est d'avoir justement plusieurs origines, ce qui était mon cas, et ce qui est également le cas du fondateur.
- Speaker #0
Mais c'est quoi, toi, ta définition de la haute joaillerie ?
- Speaker #1
Je vais vous donner un exemple concret. Plusieurs fois par an, j'interviens à la haute école de joaillerie au sein du Bachelor Design Bijoux. Et effectivement, mes élèves me posent la question Quelle est la différence entre une pièce de joaillerie et une pièce de haute joaillerie ? Et je leur réponds C'est un certain nombre de critères, un certain nombre de critères traditionnels bien évidemment, qui se caractérisent par le fait d'utiliser une pierre centrale exceptionnelle, de faire une pièce unique. d'avoir une pièce importante, faite dans les règles de l'art, avec un certain nombre de finitions, une gemme rare également, un certain niveau de créativité. Donc c'est tout un ensemble de critères de fabrication qui vont déterminer, effectivement, le fait que c'est une pièce de haute joaillerie, également son prix, puisqu'on est sur les créneaux les plus élevés de ce segment-là, où on pourra définir une pièce de joaillerie, à l'inverse d'une pièce de haute joaillerie, si elle est en série. Par exemple, si elle ne comporte pas de pierre, ça peut être un bijou en tout or. Dans ce cas-là, c'est un bijou tout or. Une pièce de joaillerie arbore une gemme. Une pièce de haute joaillerie arbore une gemme sur une structure qui peut être en or ou pas, mais qui englobe un certain nombre de techniques et de matières et d'expertises et de raretés qui laissent à ce critère-là. Donc, c'est vrai effectivement qu'on peut retrouver un certain nombre de définitions qui varient selon les experts ou les maisons. Ce qui pourrait être un critère intéressant à ajouter en tant que créateur sur le regard que je porte sur la haute joaillerie, et également pour le caractériser, c'est au niveau du concept. On peut dire que je peux utiliser, par exemple, l'opportunité de créer un bijou pour créer une expérience artistique, pour pouvoir développer un concept, une vision sur le monde. Donc, pour moi, ce sont des micro-sculptures à porter. Donc, on peut aborder également aussi la haute joaillerie comme un support d'expression artistique. On voit de plus en plus souvent maintenant l'expression les arts joailliers. Pour moi, la joaillerie est un art et la haute joaillerie est l'art ultime dans cette catégorie-là.
- Speaker #0
C'est quoi pour toi l'avenir de la haute joaillerie ?
- Speaker #1
La haute joaillerie est un secteur qui a énormément évolué sur ces dernières décennies grâce à un certain nombre de créateurs français et également internationaux qui ont eu l'audace de pouvoir renouveler les matériaux traditionnellement utilisés, aller au-delà de l'or et des quatre gemmes dites... précieuse, aujourd'hui on peut trouver des matériaux totalement exotiques, trouver des matériaux tels que le titane, l'aluminium, des cristaux bruts, des matières technologiques. C'est ce renouvellement mis au service d'une façon exceptionnelle qui amène à ce qu'aujourd'hui la haute joaillerie se réinvente constamment. Le projet Canati que j'avais mis en place dernièrement utilisait également aussi un projet de upcycling en réutilisant du matériel spatial, des fusées qui sont parties aux confins du système solaire et qui sont revenues se cracher sur Terre. L'idée était de réutiliser ce matériel-là qui avait une histoire, un témoignage pour en façonner des objets nouveaux. Donc aujourd'hui cette valeur est au-delà d'une valeur matérielle, c'est une matière émotionnelle. Et c'est à travers justement un projet artistique qu'on a pu donner toutes ces lettres de noblesse. Également un savoir-faire et une façon exceptionnelle qui a amené à ce que ces matériaux, qui étaient finalement des déchets industriels mais qui ont eu une histoire extraordinaire, celle de la conquête spatiale, puissent aujourd'hui renouveler le terrain de la haute joaillerie. Donc pour moi le futur de la haute joaillerie passe également aussi par le renouveau des concepts et également le renouveau des matières et des savoir-faire au service de cette industrie.
- Speaker #0
Quelle est ta vision sur les nouvelles technologies ?
- Speaker #1
Il n'est pas nouveau de voir l'arrivée de nouveaux process dans le domaine de la joaillerie.
- Speaker #0
Il y a eu des débats il y a un certain nombre d'années, notamment sur l'utilisation de la CAO, donc de la 3D, pour pouvoir modéliser sur l'écran des maquettes et ensuite utiliser un processus d'impression pour pouvoir en obtenir des résines ou des cires et ensuite mettre en place le processus de la cire perdue. Je me souviens d'un certain nombre de personnes qui en étaient fort inquiets ou même pouvaient le décrier. Aujourd'hui, c'est une technologie additionnelle. Ce qui caractérise vraiment aujourd'hui la filière de la joaillerie, c'est qu'elle est à la fois inscrite dans le patrimoine et également dans l'innovation. Valeurs que je partage. D'ailleurs, je suis très heureux d'avoir pu recevoir de l'Institut français du design le label patrimoine et innovation. Cela traduit bien un état d'esprit où justement on respecte le patrimoine de ses aînés, mais aussi on met à profit et à bon escient les nouvelles technologies. Après, de manière personnelle, dès qu'il y a quelque chose de nouveau, je suis curieux de vouloir le comprendre, de vouloir l'utiliser, de vouloir voir... qu'est-ce que ça peut amener en plus dans ma démarche artistique ou dans mon regard sur le monde. Donc pour moi, la possibilité de nous augmenter en tant que créateur est une chance. Tout dépend de la manière dont on l'utilise et également l'honnêteté intellectuelle que l'on peut avoir, le grand débat que l'on peut avoir aussi sur l'intelligence artificielle, est-ce que cela ne va pas remplacer les créateurs ? Tout est une question de point de vue. Si on prend l'exemple par exemple d'une voix d'ordinateur dans un ascenseur versus une chanteuse d'opéra à l'Opéra Garnier. Ce n'est pas la même émotion, ce n'est pas la même performance ni la co-intégration qu'on lui donne. Chacune a leur différence, le fait que c'est une machine ou un être humain, mais la destination est différente. On parle d'un service dans un ascenseur versus une performance artistique sur une scène. Je pense qu'il en serait de même pour les créateurs. Ce qui peut être généré par l'intelligence artificielle est un outil additionnel, si on a l'honnêteté de le dire et de s'en servir, ou même d'expérimenter. Et également... être honnête envers ses clients en disant ça c'est quelque chose que j'ai dessiné moi-même, ça je l'ai expérimenté en intelligence artificielle. Après je suis un grand défenseur du fait main, j'aime toujours dessiner à la main mes propres croquis, faire des gouaches à la main. Par contre toutes les nouvelles technologies pour moi, je les vois comme des opportunités de pouvoir encore agrandir le champ exploratoire dans nos idées et dans nos techniques.
- Speaker #1
Quel est le plus grand mythe sur la joaillerie que tu aimerais démystifier ?
- Speaker #0
Déjà je suis... Pour moi, dans des mystifiés, il y a quelque chose qui va dire détruire quelque chose qui a émerveillé les gens. Et ce n'est pas dans ma démarche, je ne suis pas un provocateur.
- Speaker #1
Quelle est la plus grande leçon que tu as apprise dans ton travail ?
- Speaker #0
L'humilité. Pour moi, elle est primordiale. Effectivement, en tant que créateur, je suis confronté à avoir ma page blanche en face de moi et je dois imaginer quelque chose. Par contre, rien n'aurait de réalité s'il n'y avait pas ces mains d'or, ces talents d'exception qui vont d'une part fasciner un prototype, ensuite façonner les matières, les sertir, chercher les pierres. Cette conjugaison, c'est ce travail collectif qui détermine un bijou.
- Speaker #1
Quel message voudrais-tu transmettre à ceux qui aspirent à entrer dans ce domaine ?
- Speaker #0
En tant que formateur occasionnel à l'école de haute joaillerie, j'aime conseiller les jeunes générations à la curiosité, de respecter leurs aînés, de prendre le temps de comprendre la tradition, le patrimoine légué par nos prédécesseurs, et également... Réfléchir comment peut-on le préserver mais aussi le renouveler et avoir une grande appétence pour les nouvelles technologies. Le goût pour le voyage, de vouloir comprendre aussi d'autres civilisations, d'autres cultures, d'autres cultures émergentes. De prendre le temps d'écouter les autres et de voir comment le monde évolue aux quatre coins du globe, dans leur uniformité autant que dans leur différence. Il faut sortir absolument de sa bulle, repenser le métier à travers les exemples dans d'autres filières, ça peut être intéressant. pas mal renouvelé donc mon profil en utilisant le vocabulaire du designer produit et de l'architecte. Ce sont tous ces outils d'autres filières mis au service de l'univers du dessin du bijou qui ont permis de pouvoir aujourd'hui structurer ma société telle qu'elle l'est aujourd'hui.
- Speaker #1
As-tu un dernier mot, une pensée inspirante à partager avec notre audience ?
- Speaker #0
J'aimerais citer une phrase de Saint-Exupéry. Assez souvent, je la cite à mes élèves, mes clients. Mais je trouve qu'elle est assez brillante parce qu'elle caractérise bien la vision que l'on pourrait donner au luxe, qui est une question que l'on pose souvent aux créateurs. Mais cette citation de Saint-Exupéry pour moi est celle qui en tout cas me marque. La grandeur d'un métier est avant tout d'unir les hommes. Il y a de véritables luxes et c'est celui des relations humaines. Je trouve qu'il s'y est très bien à l'univers de la joaillerie.
- Speaker #1
Merci beaucoup Frédéric.
- Speaker #0
Merci Samia.