- Speaker #0
Bienvenue sur Le J, l'envol de la jeunesse. Nous sommes le 16 décembre 2025, il est 7h. Au sommaire de notre émission aujourd'hui, la présentation du podcast « Le premier jour du reste de ma lutte » . par les étudiants en master journalisme dans Spoutoulou. Pour ce podcast, nous sommes rejetés des personnes âgées, l'île de leur jeunesse. Revenons en plusieurs techniques.
- Speaker #1
Radio UJI, l'envol de la
- Speaker #0
Bienvenue sur Logis, l'envol de la jeunesse, nous sommes le 16 décembre 1975,
- Speaker #2
il est 7h.
- Speaker #3
Le tour des actualités en deux minutes.
- Speaker #4
Une rencontre pour l'avenir. Valéry Giscard d'Estaing rencontrera comme prévu aujourd'hui les 27 délégations de la conférence Nord-Sud à Avenue Kleber à Paris. Les délégations désignées par les pays du tiers-monde discuteront avec les pays industrialisés autour des questions économiques. Oslo s'est indigné de l'absence d'une délégation norvégienne à la conférence Nord-Sud. Hier, le gouvernement Bratelli a exprimé son regret de ne pas avoir été convié à cette conférence qui s'annonce comme l'une des plus importantes de la décennie. Ce sont les Suédois qui représenteront donc les pays nordiques. Dans la Drôme, un nouvel incendie s'est déclaré dans un foyer d'hébergement pour les travailleurs émigrés. Les pompiers ont pu contenir l'incendie, aucune perte humaine n'est à déclarer. Nouvelles interpellations pour le comité des soldats. À Paris et en province, des soldats qui s'indignent contre leurs conditions de vie sont la cible de la Cour de Sûreté de l'État. Au Liban, la guerre civile s'intensifie. On dénombre désormais 7000 morts et 25000 blessés au total dans cet affrontement religieux qui oppose musulmans et chrétiens depuis plusieurs mois.
- Speaker #5
Et côté météo, la journée s'annonce froide.
- Speaker #4
Le mois de décembre tient ses promesses. Les températures seront basses mais sèches dans toute la France ce mardi. Moins 10°C à Mulhouse, moins 5°C à Paris et 3°C à Toulouse. Sortez couverts !
- Speaker #0
Merci Auriane. Nous allons maintenant écouter « Atacien précommandante » de Carlos Puebla, écrit en 1965. Une chanson en l'honneur du Che Guevara, écrite au moment où il quitte Cuba pour propager la révolution en République démocratique du Congo. La chanson est devenue une icône après la mort du Tché en Bolivie en
- Speaker #6
1967.
- Speaker #1
C'est une bonne chose.
- Speaker #5
C'était Hasta siempre, Comandante de Carlos Puebla. Quelques semaines après la mort de Franco, l'Espagne se relève doucement. Hugo, tu t'es rendu à Madrid et tu nous dresses le bilan du codillo à la tête de l'Etat espagnol.
- Speaker #7
Españoles, Franco a muerto.
- Speaker #8
Voilà, trois mots prononcés par le président espagnol Carlos Arias Navarro. Et c'est tout un pays qui s'arrête. Depuis le 20 novembre, l'Espagne est en deuil. Franco est mort après quelques jours d'agonie à l'hôpital La Paz à Madrid Et quoi qu'on pense de lui, impossible de nier une chose C'est une page entière de l'histoire espagnole qui se referme Je ne sais pas si vous avez vu les images dans les rues de Madrid mais les gens pleuraient Vraiment pleurer. Certains se signent, d'autres crient leur tristesse. Pour eux, Franco, c'était l'ordre, la stabilité. C'était un repère. 40 ans au pouvoir, au final, ça marque une génération entière. Beaucoup d'Espagnols n'ont connu que lui, sa voix, ses discours et surtout son autorité. Ils l'ont adoré, idolâtré et même chéri jusque dans son lit de mort. Mais derrière l'émotion, derrière les larmes, il y a une autre Espagne. Une Espagne beaucoup plus silencieuse. Une Espagne qui, elle, Ne pleure pas. Parce que Franco, c'est une guerre civile, c'est un pays brisé dès 1936, c'est aussi l'exil de 100 000 républicains espagnols, l'emprisonnement de 1,5 million d'opposants politiques, et c'est surtout la peur d'être arraché de sa famille, comme ces 30 000 enfants qui cherchent encore leurs parents aujourd'hui. En bref, c'est la peur et la terreur de se voir perdre tout ce qu'ils ont. Ensuite, pendant que l'Europe avançait, l'Espagne, elle, restait figée. Avec des taux d'analphabétisme records comparés à ses voisins européens. Alors oui, ses partisans diront toujours qu'il a modernisé le pays, qu'il a tenu l'Espagne à l'écart de la guerre mondiale, ou encore même qu'il a redonné la grandeur à la nation. Mais est-ce qu'on peut réellement parler de grandeur quand la liberté n'existe pas ? Aujourd'hui, Franco est enterré au Baillé de los Caídos. C'est un monument immense, presque écrasant. Un symbole à son image en fait. Mais la vraie question n'est pas là. La vraie question c'est... Qu'est-ce qu'aujourd'hui l'Espagne va devenir sans Franco ? Est-ce que le roi Juan Carlos va ouvrir une nouvelle ère, démocratique et libre ? Ou alors est-ce que le franquisme va continuer simplement sans lui ? Une chose est sûre, depuis ce 20 novembre, l'Espagne retient son souffle et l'histoire, elle, attend la suite.
- Speaker #0
Merci Hugo. C'est maintenant l'heure du débat de 7h30. Et aujourd'hui, on parle écologie, un courant qui cherche à établir un meilleur équilibre entre l'être humain et son environnement naturel. Ce terme récent est encore flou pour beaucoup, mais il a été popularisé l'année dernière par René Dumont lors de l'élection présidentielle.
- Speaker #7
Vous savez ce qui va se passer ? Eh bien nous allons bientôt manquer de l'eau. Et c'est pourquoi je bois devant vous un verre d'eau précieuse, puisque avant la fin du siècle, si nous continuons un tel débordement, elle manquera.
- Speaker #0
Pour le débat d'aujourd'hui, on retrouve Marc, technicien pétrolier, et Géraldine Maréchère. Bonjour à vous deux.
- Speaker #4
Bonjour.
- Speaker #9
Bonjour.
- Speaker #0
Depuis l'année dernière, l'arrivée des idées écologistes dans les élections présidentielles a amené dans le débat public la nécessité de protéger l'environnement. Pensez-vous qu'il soit nécessaire pour le Parlement de voter des lois en ce sens ? Je commence avec vous, Marc.
- Speaker #9
Oui, merci de m'accueillir aujourd'hui. Personnellement, pour répondre à votre question, je ne pense pas que ce soit une très bonne idée. Il est évident que la protection de l'environnement est une préoccupation légitime, je la partage, mais je ne pense pas qu'il faut être prudent avant de légiférer trop rapidement sur ce sujet. Le pétrole, le gaz, le charbon sont aujourd'hui des piliers de notre économie et de notre industrie et j'ai du mal avec l'idée de s'attaquer à ces secteurs essentiels si on adopte des lois trop contraignantes. On risque de freiner le développement de notre pays et de renchérir le coût de l'énergie pour les ménages et mettre en difficulté beaucoup de gens. Donc je suis plutôt contre ces lois écologistes.
- Speaker #0
Et vous deux, puisque vous travaillez dans le secteur, qu'est-ce que vous en pensez personnellement ?
- Speaker #9
Personnellement, pour venir au contexte de vos questions, je suis assez inquiet quand on parle de lois écologistes parce que je me dis que ça pourrait mettre en difficulté mon avenir professionnel et pour l'instant je ne vois pas l'intérêt. Je n'en veux pas l'intérêt.
- Speaker #0
Géraldine, je vois que vous fulminez derrière votre micro. Qu'est-ce que vous en pensez ?
- Speaker #4
Pour moi, ce que vient de dire Marc, ce n'est pas du tout cohérent, en fait. Parce que des preuves, on en a. Depuis des années, il y a des scientifiques qui nous alertent sur le réchauffement climatique. En fait, renseignez-vous, il y a des émissions télévisuelles, il y a des émissions de radio où il y a des scientifiques qui prennent la parole et qui viennent nous expliquer que... L'avenir de la planète est en danger, il y a un réchauffement climatique. Vous avez écouté par exemple Joël Deronais, le directeur du développement à l'Institut Pasteur, qui a dit que chaque plante, chaque animal, même le plus insignifiant, joue un rôle. Donc en fait, si on commence à menacer la biodiversité, les animaux et les plantes, c'est toute l'humanité qui va être en danger par la suite.
- Speaker #0
Oui, justement, le rapport MIDEUS nous a alertés il y a déjà trois ans sur l'épuisement de notre système si on continue d'utiliser les ressources fossiles. que sont donc le gaz, le pétrole et le charbon que vous mentionnez précédemment Marc, sans se soucier de leur épuisement. Donc je vous pose la question à tous les deux, est-ce que vous vous souciez ? de l'état de la planète que vous laisserez à vos enfants ? Géraldine, on peut commencer par vous.
- Speaker #4
Bien évidemment, moi je m'inquiète pour mes enfants. Je les aime et je me dis qu'ils peuvent aussi devenir moins résistants. Par exemple, comme vous le savez, je suis maraîchère et avec mon mari, on remarque que nos légumes sont de moins en moins résistants. Ils sont de plus en plus menacés et je me dis que si mes légumes sont de moins en moins résistants, quand je pense à mes enfants, ça m'inquiète. Je me dis qu'ils peuvent tomber malades, qu'ils peuvent... manquer de tout ce que nous on a aujourd'hui. Et ça me fait peur. J'ai peur pour leur avenir. Et quand j'en parle, j'ai l'impression de ne pas du tout être prise au sérieux.
- Speaker #9
Pour être honnête, je n'ai pas eu le rapport entre les mains. Mais je vous rassure, moi aussi, j'aime mes enfants. Vous n'êtes pas la seule. Mais je vous confesse que je ne suis pas vraiment inquiet de l'état de la planète. Surtout que, comme vous l'avez rappelé tout à l'heure, les températures sont très basses en ce moment. Quand je sors de chez moi, je n'ai pas spécialement chaud.
- Speaker #0
Vous savez que les variations du climat s'étudient sur des périodes longues. Oui,
- Speaker #9
mais quand j'entends parler d'un réchauffement climatique, je trouve que ça tombe presque ridicule, franchement. Il y a de la neige dehors, regardez par la fenêtre, on ne peut pas parler d'un réchauffement climatique.
- Speaker #0
Le climat ne se fait pas sur un jour, Marc, il se fait sur des périodes longues, 2,5 ou 3 ans.
- Speaker #9
Peut-être, mais... Selon moi, il manque encore des preuves scientifiques. Je n'ai pas vu de preuves scientifiques.
- Speaker #0
Si, les preuves scientifiques existent, elles sont là.
- Speaker #9
Je ne les ai pas eues entre les mains. Pour l'instant, je pense qu'on a mieux à faire que de s'attaquer aux énergies fossiles, aux gens pauvres et à tous les gens qui souffrent.
- Speaker #4
Je n'ai plus trop envie de débattre avec cette personne qui ne se renseigne pas et qui part du principe que tout le monde doit être d'accord avec lui.
- Speaker #9
Je pense que c'est un problème constant chez les écologistes. Il manque de débats.
- Speaker #0
Nous devons nous en arrêter là pour aujourd'hui. Géraldine et Marc, je vous remercie encore une fois de votre présence sur Radio EJ. Et tout de suite, on écoute, comme ils disent, de Charles Aznavour, qui traitait déjà d'homosexualité il y a trois ans. On se met dans la peau pendant quelques minutes d'un homosexuel qui subit les moqueries de la société.
- Speaker #10
J'habite seul avec maman dans un très vieil appartement. rue Sarazate j'ai pour me tenir compagnie une tortue de canarie et une châte pour laisser ma mort reposer très souvent je fais le marché et la cuisine je range, je lave, j'essuie A l'occasion, je pigossis à la machine. Le travail ne me fait pas peur. Je suis un peu décorateur, un peu sphisteur. Mais mon vrai métier, c'est la nuit, que je l'exerce à vestir. Je suis artisteur. J'ai un numéro très spécial qui finit en U intégral après Strip Teezer. Et dans la salle de Joaquin, les malentendants ne croient pas leurs yeux. Je suis un abone, comme il dit. Vers les trois heures du matin, on va manger entre copains. De tous les sexes, dans un quelconque bar-tapa,
- Speaker #1
Et là,
- Speaker #10
on s'en donne à cœur joie, et sans complexe, On déballe des vérités sur des gens qu'on a dans le nid, On les lapide. Mais on le fait avec humour, en rambé dans des calembours. Mouillé d'acide, on rencontre des amardés, qui pourraient battre leur tablé. Marché ondule, Saint-Jean, ce qu'il croit être nous, et ce qu'ouvre les pauvres fous. De ridicule, s'ajusticule par le vent, s'ajustiva les ténors de la bêtise. Moi l'élase, il est colisper, mais laisse-froid, puisque c'est vrai, je suis un homme, oh, comme il dit.
- Speaker #5
C'était Comme ils disent de Charles Aznavour. Et maintenant, place à l'édito Société de Coralie. Le 17 janvier, une loi changeait l'histoire et la vie du million de femmes. Derrière ce combat, un nom. une femme, Simone Veil, qui marque un tournant majeur dans l'histoire des droits des femmes.
- Speaker #11
Je le dis avec toute ma conviction, l'avortement doit rester l'exception, l'ultime recours pour des situations sans issue. Mais comment le tolérer sans qu'il perde ce caractère d'exception, sans que la société paraisse l'encourager ? Je voudrais tout d'abord vous faire partager une conviction de femme. Je m'excuse de le faire devant cette assemblée presque exclusivement composée d'hommes. Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l'avortement.
- Speaker #3
Il fut quelques temps où Simone Veil marqua les esprits, vos esprits, mais surtout celles des femmes. Il y a seulement 11 mois, le 17 janvier 1975, la loi dépénalisant l'interruption volontaire de grossesse entrait alors en vigueur. C'est une date historique, un grand pas pour les femmes qui fait avancer ses droits, en dépit d'une société gorgée du patriarcat encore fantasmé par de nombreux. Les droits des femmes commencent à préoccuper certains. Entrons-nous dans une société mûre pour le changement ? Enfin, les consciences s'éveillent. Il était temps. Car souvenez-vous de ce temps où nous, femmes, étions condamnées aux infections graves, aux traumatismes psychiques et même à la mort. Comme Marie-Claire Chevalier à Bobigny et toutes celles qui ont fait le choix. Leur choix d'avorter. Un choix arraché par la peur, à la honte, à la clandestinité. Un choix longtemps puni, jugé, condamné. Aujourd'hui, ce droit existe enfin. Mais on ne s'y trompe pas, il n'est ni acquis pour l'éternité, ni pleinement respecté. Il vacille encore sous le poids des regards, des discours moralisateurs et des tentatives de recul. Car donner aux femmes la liberté de disposer de leur corps dérange toujours. Alors à Madame Veil et à toutes celles qui se sont battues, qui se battent encore et qui continueront à faire entendre leur voix, merci. Aucune société ne peut prétendre être juste tant qu'elle refuse aux femmes le droit fondamental de décider pour elle-même. Parce que choisir sa maternité, c'est choisir sa liberté.
- Speaker #5
Se rendons plus léger maintenant, c'est l'heure du billet humoristique de Pierre. Salut Pierre !
- Speaker #9
Salut !
- Speaker #5
Alors toi tu vas nous parler de ton repas de famille de dimanche qui s'est pas vraiment bien passé.
- Speaker #9
Ouais bonjour Lucas, bonjour Chloé, bonjour à tous ceux qui nous écoutent. En effet hier n'était pas une journée comme les autres pour moi, comme tous les dimanches, je vous rassure. Je parle bien évidemment du dimanche et de ce moment qui me donne les frissons à chaque fois que je l'entends, le repas de famille. Et quand j'entends l'édito de Coralie, je me dis qu'avec ma famille, on a encore beaucoup de chemin à parcourir. C'est marrant parce que le dimanche, c'est un peu le jour où tu t'es dit que tu vas pouvoir te reposer après une dure semaine de travail. Et après, tu te rappelles que tu as le traditionnel repas de famille du dimanche midi. Un peu comme quand tu couches enfin ton enfant de dix mois et que tu te rappelles qu'il fait ses dents et qu'il va tourner ta nuit. Personnellement, ça fait presque 30 ans que je me coltine ces fabuleux moments de partage et de débat. J'ai compté que ça fait 1508 boeufs bourguignons partagés avec mes oncles racistes, soit plus de 6000 heures. Dans ma vie, j'aurais passé autant de temps sur mes toilettes qu'à entendre à quel point c'était mieux avant. Et franchement, je ne sais pas ce qui est le pire. Au moins aux toilettes, je n'entends pas ma tante crier devant 15 personnes « Pierre, quand est-ce que tu nous ramènes enfin une petite femme ? Tu ne serais pas homosexuel au moins ? » Je me souviens que lors de mon premier repas de famille, mes parents m'avaient dit « Tu verras, ce sont toujours des super moments. » Eh bien, je peux officiellement mettre fin à une fake news. Les parents n'ont pas toujours raison. Comme tous les dimanches, c'est ma grand-mère qui était à la cuisine pour préparer tout le repas. De toute façon, la seule fois que j'ai vu un homme dans la cuisine, c'était pour demander à ma grand-mère quand est-ce qu'on mangeait. Mais comme disent mes oncles, il faut bien qu'elle serve à quelque chose. Hier, on a parlé pendant plus d'une heure d'un sujet qui a énervé tout le monde. Mais pour une fois, tout le monde était d'accord. Tout a commencé quand mon oncle a raconté qu'une collègue à lui ne mangeait pas de viande. Je vous laisse imaginer la suite de la discussion. Ma grand-mère a même sorti sa phrase préférée. On devrait tous les envoyer au bagne ces gens-là. Heureusement qu'ils n'ont pas fait la guerre. Et comme d'habitude, mon oncle gendarme a renchéri. Déjà qu'on ne peut plus rien dire, bientôt vous allez nous interdire à manger de la viande. Mon cousin, ravagé par les idées de son père, a lancé un « tu préfères » . Tu préfères ne plus pouvoir manger de viande ou devoir être ami avec un étranger ? Réponse unanime de l'Assemblée après un faux rire général, plutôt mourir. Au moment du dessert, quand je pense à ça. Après être arrivé au bout de ce tunnel de propos racistes, sexistes et homophobes, mon grand-père s'est senti obligé de lancer un fameux débat parallèle en lâchant qu'on n'était plus chez nous et qu'il regrettait presque le régime de Vichy. Deux heures après, on débattait encore pour savoir qui était le vrai héros de la France entre De Gaulle et Pétain. Bref, le repas de famille du dimanche midi, c'est comme écouter Jean-Marie Le Pen ou un autre type du FN parler à la radio ou à la télé. Sauf qu'à mes repas de famille, il y a 10 Jean-Marie Le Pen et tu ne peux pas couper le son. enfin le repas de famille du dimanche c'est aussi le moment où on règle ses comptes tu te souviens en 1957 quand t'as rayé la voiture évidemment qu'on s'en souvient c'est la 1500ème fois qu'on l'entend le dimanche midi entre le plat et le fromage mais ce matin j'ai enfin trouvé un avantage au repas de famille du dimanche contrairement aux autres je ne suis pas déprimé quand on me dit que demain c'est lundi merci Pierre et en espérant que ce genre de discussion n'ait plus lieu dans quelques années il
- Speaker #0
est 7h45 place au quiz Merci.
- Speaker #8
Alors oui, c'est bientôt Noël. Vous êtes en train de préparer les cadeaux sous le sapin et d'acheter les bouteilles de champagne pour le Nouvel An. D'ailleurs, Chloé, vous ferez attention, mais on ne boit pas de champagne pendant qu'on fait l'émission. Mais savez-vous vraiment ce qui s'est passé cette année ? Afin que vous puissiez placer quelques petites anecdotes au repas de famille, on vous a concocté un petit quiz sur les événements marquants de l'année 1975. Alors, vous pouvez jouer chez vous. Avec vos amis ou dans votre voiture. Et j'invite même nos présentateurs à répondre aux questions. Alors la première question. En France, quel premier vol commercial a été inauguré ? Est-ce que vous le savez autour de la table ? Eh bien c'est le Concorde. Le Concorde qui est un appareil technologique et qui symbolise l'ambition de la version supersonique française. Maintenant, petite question un petit peu plus de sport. Et un grand moment pour le tennis mondial. Quel est le premier joueur noir à gagner le tournoi tennis de Wibb London ?
- Speaker #0
Voilà, moi tu sais Hugo, c'est vraiment un truc le sport. Je ne sais pas. Tu as un événement cette année. Je sais, je sais.
- Speaker #8
Eh bien, c'est Arthur Hache, l'américain. Une fois n'est pas coutume, mais apparemment Valéry Giscard d'Estaing a réalisé de grandes réformes cette année. Est-ce que vous le saviez ça ?
- Speaker #0
Oui, oui, on a quelque peu suivi l'actualité.
- Speaker #8
Et notamment sur la majorité. Et aujourd'hui, à quel âge on est majeur ?
- Speaker #0
Eh bien, si je ne m'abuse, est-ce que ce ne serait pas... 18 ans.
- Speaker #8
Exactement, c'est 18 ans. Bravo Chloé. Et dernière petite question, un petit peu plus de culture et de musique. Notre culture musicale française qui interprète le tube La France.
- Speaker #0
On peut se tourner autour de la table auprès de nos aficionados de musique. Je ne sais pas, tu vas nous dire Hugo.
- Speaker #8
C'est Michel Sardou.
- Speaker #5
Merci beaucoup Hugo pour ce petit quiz. Maintenant, une nouvelle pause musicale. On va écouter un classique de la musique disco chargé. de Trilangue des Bermudes, une chanson qui appelle à prendre les armes et à se battre pour ses droits. C'était Chargé de Triangle des Bermudes, et on continue en musique, comme chaque mardi, Léo nous parle de ses coups de cœur.
- Speaker #12
Salut à toutes et à tous, alors comme chaque fin d'année dans notre émission, je vous présente mon album coup de cœur de l'année. Et cette année, c'est un artiste qui est encore assez méconnu, mais je pense pas me tromper en disant qu'il a de belles années devant lui. Bon, allez assez de suspense, je vous révèle mon album de l'année 1975, et c'est Amoureux de Paname de Renaud. Alors je l'ai découvert un peu au hasard. Je faisais le tour des bars-concerts de Paris, comme à mon habitude, à la recherche des futurs pépites musicales, et je suis tombé sur ce jeune parigo, foulard rouge noué autour du cou, bouton de cuir sur les épaules, et les doigts qui dansaient sur le manche de sa guitare. L'ambiance dans la salle a été vraiment démente. Clope au bec, Renaud y partageait avec le public un air de jeunesse et de révolte dont on a clairement tous besoin. Mais alors, qu'est-ce qui rend cet album si bon ? Alors déjà, c'est vraiment un air frais dans la chanson française. Comme Jean Ferrat, Georges Brassens avant lui, Renaud, il révolutionne la musique contestataire. Il gueule contre la société, contre la police, contre les bourgeois. La France est un pays de flics. A tous les coins de rue, il y en a 100. Pour faire régner l'ordre public, ils assassinent impunément. On peut entendre dans Hexagone. Et cette critique de la société, elle se mêle admirablement avec un humour qui est très typique de l'artiste. Et franchement, c'est hilarant. Les textes sont en même temps très bruts et très poétiques. Et c'est bien plus fin que ce qu'on peut penser à la première écoute. Dans Amoureux de Paname, il se moque de l'odeur parisienne. Je me parfume pas à l'oxygène, gaz carbonique c'est mon hygiène. Renaud, il parle au cabossé, au paumé, à ceux qu'on n'entend jamais. C'est un album plein d'émotions qui parle de la misère et qui met en avant les inégalités. Comme dans Écoutez-moi les gavroches, un cri du cœur pour les gosses des rues. Et tout ça en chantant son amour pour la capitale. Renaud est amoureux de Paname. Alors allez streamer ça fort. Et pour notre petite pause musicale, je vous laisse sur une chanson de l'album Société, tu m'auras pas.
- Speaker #13
Y'a eu Antoine avant moi, y'a eu Dylan avant lui, après moi qui viendra, après moi c'est pas fini. On les a récupérés, oui mais moi on s'en aura pas, je tirerai le premier et je viserai au bon endroit. J'ai chanté trois cents fois. J'ai uselé pendant des mois, j'ai pillé sur le bout des doigts, ce que je pensais de toi, société, société, tu m'auras pas. J'ai marché sur bien des routes, j'ai connu bien des patelins, partout on vit dans le doute, partout on attend la fin. J'ai pu occuper ma ville par des cons en uniforme qui étaient... pas vraiment viril mais qui se prenait pour des hommes. J'ai chanté du poids sans toi sur les pendants des mois. J'ai crié sur tous les doigts ce que je pensais de toi. Société, société, tu m'en as pas. J'ai vu pousser des barricades, j'ai vu pleurer mes copains. J'ai entendu des grenades tourner au petit matin. J'ai vu ce que tu faisais, du peuple qui vit pour toi. J'ai connu l'absurdité de ta morale et de tes lois. J'ai chanté dix fois, cent fois, sur les pendants des mois. J'ai crié sur tous les doigts, ce que je pensais de toi. Société, société, tu m'auras pas. Demain prends garde à ta peau, à ton sphique, à ton boulot, car la vérité vaincra, la commune refleurira. Mais en attendant, je chante et je te crache à la gueule, cette petite chanson méchante que t'écoutes dans ton fauteuil. J'ai chanté dix fois, cent fois, j'ai hurlé pendant des mois, j'ai crié sur tous les toits, ce que je pensais ne soit société. Société.
- Speaker #0
Merci pour cette belle découverte, Léo. On va s'empresser d'aller streamer tout ça. Place maintenant à l'invité politique du jour. Il est en train de s'installer tôt. Bonjour Jacques. Excusez-nous, je crois qu'il y a eu un problème technique. On a dû être connecté sur une autre fréquence. On va reprendre toutes nos excuses. Avant le journal de 8h, nous voulions donc vous présenter une série de podcasts intitulée « Le premier jour du reste de ma lutte » . Je vous laisse avec la bande-annonce.
- Speaker #12
On est 8 étudiants en journalisme à Sciences Po Toulouse. On voulait faire un podcast en 4 épisodes.
- Speaker #0
Et on avait 4 mois. On ne savait pas encore de quoi on voulait parler.
- Speaker #12
Alors on a jeté plein d'idées sur la table.
- Speaker #0
Et à un moment, Auriane a dit...
- Speaker #5
Venez, on parle des vieux. Oh non, Flavio parle avec Béréac. Mais non, c'est pas vrai, moi ma grand-mère elle est grave féministe.
- Speaker #12
Et on a eu plein de débats entre nous. Il existe aussi des vieux différents.
- Speaker #2
Il faut qu'on choisisse pourquoi est-ce qu'on donne la parole à cette personne. Est-ce qu'on cherche quelqu'un qui a une histoire particulière, qui a fait quelque chose en combat dans sa vie ?
- Speaker #0
Et puis, on a demandé à des gens dans la rue ce qu'ils aimeraient entendre dans un podcast sur les personnes âgées.
- Speaker #14
J'aime bien quand ils racontent leurs expériences, donc peut-être des personnes qui racontent leur parcours de vie ou quelque chose comme ça.
- Speaker #12
Mais concrètement, on va parler de quoi ? Finalement, on a trouvé une idée. Pourquoi pas parler des anciens qui ont consacré une partie de leur vie aux luttes sociales ?
- Speaker #0
Parce que contrairement aux idées reçues, beaucoup de seigneurs d'aujourd'hui se sont engagés hier.
- Speaker #12
Alors oubliez les repas de famille qui partent en vrille et les chocs de génération. Plongez dans les histoires de personnes âgées qui ont milité dans leur jeunesse.
- Speaker #0
Qu'ils aient lutté pour des causes féministes, écologistes, homosexuelles, ou celles des quartiers populaires, ils ont des histoires à raconter.
- Speaker #11
Et surtout, elles méritent d'être écoutées.
- Speaker #2
Est-ce que c'était avant-gardiste d'être écolo en 80 ?
- Speaker #11
Quelques élèves me traitaient clairement de folle, oui.
- Speaker #2
C'était quoi être féministe dans les années 70 ?
- Speaker #0
On est parti à 5 ou 6 au procès pour être solidaire avec Gisèle Halimi.
- Speaker #2
Quel est le regard porté sur ces luttes aujourd'hui en 2025 ?
- Speaker #0
Dans ce podcast, vous allez découvrir qui sont ces militants d'une autre époque. Quels ont été leurs combats ?
- Speaker #12
Leurs luttes collectives et intimes.
- Speaker #2
Bienvenue dans le premier jour du reste de ma lutte. le podcast des étudiants en journalisme de Sciences Po Toulouse.
- Speaker #0
L'émission de ce matin a été réalisée par Olivier et je remercie mon co-animateur de toujours, Lucas. Merci beaucoup à nos invités et nos chroniqueurs du jour, Pierre, Oriane, Léo, Hugo et Coralie. Et merci à Tiffen, Henri, en se quittant musique. Merci beaucoup tout le monde.
- Speaker #15
Et moi, en route 16. De ce que j'ai vécu à ce que j'imagine, je n'en finirai pas d'écrire ta chanson. La France pense au grand soleil d'été qui courbe la Provence. Déjeuner de Bretagne aux brouillères d'Ardèche. J'ai quelque chose dans l'air, à cette transparence et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche. Ma France. Cette terre de liberté au-delà des frontières. Aux peuples étrangers qui tenaient le vertige. Bienvenue sur O.P. ! Aujourd'hui le prestige, il répond toujours du nom de Robespierre.