- Speaker #0
Monsieur le Président, Messieurs les Conseillers, Mesdames et Messieurs les Jurés.
- Speaker #1
Il est pratiquement impossible de vous décrire toutes les peines de ce que j'ai vu là.
- Speaker #0
Il s'agit du premier procès, il s'agira peut-être du seul. Dernier alinéa du statut militaire international de Nuremberg.
- Speaker #1
Depuis que je suis là, jamais je n'ai cru en la possibilité de revenir.
- Speaker #2
La résolution des Nations Unies du 13 février 1946. C'est-à-dire qu'elle rétablira la vérité, mais qu'elle dira au monde entier ce qui s'est passé à Auschwitz.
- Speaker #1
C'est un autre monde, si vous vous laissez l'enfer.
- Speaker #2
Vous écoutez le récit inédit du sauvetage des archives de la Shoah, épisode 1, Écrire l'Histoire. On a vu tous ces noms alignés et gravés dans la pierre de la rue Geoffroy Lamié, on connaît de près ou de loin le mémorial de la Shoah au centre de Paris, mais on ne connaît pas l'origine de ce lieu, devenu emblématique de l'histoire de la déportation des Juifs de France. C'est cette histoire que nous vous racontons dans ce podcast, réalisé à l'occasion des 80 ans de la création du Centre de Documentation Juive Contemporaine. L'ancêtre du mémorial a vu le jour en pleine Deuxième Guerre Mondiale, alors que la France était partiellement occupée par les nazis. En zone libre, un juif venu de Russie a immédiatement compris qu'il faudrait pouvoir raconter cette période en collectant des preuves de ce que les juifs subissaient. Il a décidé de commencer à recenser les preuves qui allaient devenir des archives. Il s'appelait Isaac Schneerson. Dans ce premier épisode, nous vous racontons l'histoire de cet homme et des origines du projet de toute une vie, le Centre de Documentation Juive Contemporaine, le CDJC.
- Speaker #3
Initialement, le Centre de Documentation Juive Contemporaine ne porte pas ce nom, on l'appelle le Comité Schneerson, du nom de son fondateur dont on reparlera sûrement. Et c'est une institution clandestine fondée en 1943 à Grenoble à l'initiative d'un homme, Isaac Schneerson, qui a l'ambition de collecter des documents sur le sort des Juifs de France. Je m'appelle Simon Perrego, je suis historien, maître de conférences en histoire contemporaine à l'INALCO et spécialiste de l'histoire des Juifs de France et des mémoires de la Shoah.
- Speaker #4
D'abord, il faut commencer peut-être par la détermination de l'obstination quasiment de Schneerson, d'Isaac Schneerson, qui depuis 1942 souhaitait créer une institution qui permettrait de rassembler, de collecter tous les documents qui sont liés à la persécution des Juifs en France. Je m'appelle Renée Poznanski, alors je suis historienne, spécialiste de la France pendant la guerre épique. de façon plus spécifique de l'histoire des Juifs de France pendant la guerre. Et j'ai fait toute ma carrière en Israël, dans une université israélienne, à l'université Ben Gurion du Negev. Alors il est généralement écrit partout que c'est le 28 avril, c'est possible, mais en tous les cas on a très très peu de documents sur cette création, ou qui parlent du centre Schneerson pendant la guerre même. Et les deux documents qu'on a indiquent la date du 29 avril 43. Donc on peut se demander si c'était vraiment le 28 avril ou bien le 29 avril 43. C'est pour ça que je préfère conserver les deux dates.
- Speaker #5
43, on est bien sûr en zone italienne, mais on est quelques mois après l'année 42 qui a été une année terrible pour les Juifs de France. Je suis Jacques Frech, le directeur du Mémorial de la Shoah. 43 convois de déportation qui ont quitté la France entre le 27 mars et le mois de novembre 1942 commencent à prendre conscience de l'ampleur de ce qui se passe en France. En 1943, on commence à avoir des échos de ce qui se passe à l'est de l'Europe, de la destruction des ghettos. Et donc la prise de conscience qu'il ne s'agit pas d'un événement franco-français, mais qu'il s'agit d'un événement européen. On n'a plus de nouvelles des gens qui partent dans ces convois de déportation. Des hommes, des femmes et des enfants partent dans ces convois de déportation. Donc, bien évidemment, même si on n'a pas conscience en 1943 de ce que l'on sait nous aujourd'hui, on comprend qu'il se passe quelque chose de grave. Même les Français juifs... On commençait à comprendre qu'il se passait quelque chose de grave et qu'il pouvait également être les victimes, tout en étant français, des rafles et des persécutions. À ce moment-là où tout le monde pense à se cacher, on imagine Schneerson en train de rubisaner à Grenoble, en train de convaincre cette assemblée qui est réunie autour de lui. D'ailleurs, certains seront arrêtés et déportés, Raymond Raoul Lambert, André Bor, le rabbin Hirschler et Léo Glazer. Donc ils le paieront de leur vie pour d'autres raisons. Mais Schneerson engage ce travail de recensement, de collecte de documents pour établir. pour préparer l'après-guerre. C'est aussi ça qui est incroyable. C'est-à-dire qu'on est en 1943, il ne s'agit pas simplement... Alors, le CBJC est né dans la clandestinité, mais avec cette vision de la préparation de l'après-guerre.
- Speaker #4
La perspective de Schneerson, c'est celle de l'après-guerre. C'est celle de l'après-guerre, c'est de préparer le cahier de revendication, ce sont ces termes-mêmes. C'est-à-dire d'arriver unis pour se présenter face au gouvernement français et face au monde en disant voilà ce qui a été fait aux juifs et voilà la façon de leur rendre ce qui leur a été confisqué, de rétablir la situation de l'avant-guerre. Les juifs, dans la zone... d'occupation italienne, donc à Grenoble, depuis 9 ans 42, était protégée par les Italiens, les autorités italiennes qui, pas du tout par philosémitisme, mais pour affirmer leur souveraineté sur la région, protégeaient les Juifs contre les Allemands, mais également contre Vichy, disant même à Vichy et à Laval lorsqu'il s'en est plein, écoutez, si vous voulez, vous tenez absolument à arrêter les Juifs français, on ne s'y opposerait pas. c'est vous qui en avez la responsabilité. Les Juifs étrangers, en revanche, ils sont sous notre responsabilité et vous ne les arrêterez pas. Alors vous imaginez bien que Laval n'allait pas se contenter d'arrêter les Juifs français sans toucher aux Juifs étrangers. Sa population aurait très peu accepté ce type d'action. Donc c'était une zone refuge. Certains ont parlé même d'une terre de Canaan. où quelques 30 000 juifs se sont réfugiés durant cette période. Ça s'est révélé une souricière, en l'occurrence lorsque les Allemands ont occupé la région à l'automne 1943, mais en attendant, c'était vraiment une zone refuge. Donc il était plus simple de réunir tout le monde dans cette zone qu'ailleurs. Et quand Schneerson est arrivé en 1944 à Paris, au bout du compte il est resté un peu seul, il n'avait plus les organisations, ou en tous les cas les représentations des différentes organisations avec lui. En revanche, il s'est acquis la coopération de Léon Poliakoff très vite et de Joseph Billig, et ça, ça a été extraordinaire parce que l'un et l'autre sont des historiens extraordinaires, On connaît peut-être mieux Poliakoff, mais... L'un et l'autre ont fait un travail absolument extraordinaire.
- Speaker #6
Et Schneerson était une personnalité judéo-russe, c'est-à-dire c'est un juif de Russie, un juif imaginatif, un juif foisonnant d'idées. Et il avait des ambitions qui étaient des véritables ambitions. au niveau de l'événement qui s'était passé, la Shoah, et pas des petites ambitions comme souvent c'est le cas dans le monde universitaire. Il n'était pas un universitaire, c'était un rabbin juif, il était maire de la ville de Ryazan en Russie, il était grand rabbin et il est devenu industriel en France. Je suis Serge Kvarsel. Tout simplement, difficile de définir une activité. qui est multiforme. Je suis avocat, je suis historien et je suis militant, militant de la mémoire. Un visionnaire, un prophète et en même temps un homme qui savait, qui ne restait pas dans les rêves mais qui travaillait sur le concret puisque les documents sont arrivés, des documents absolument. exceptionnelle puisqu'il n'y a qu'une seule archive du service juif de la Gestapo au monde qui subsiste, celle de Düsseldorf et puis celle de Paris.
- Speaker #2
Après la guerre, Isaac Schneerson et son équipe se remettent à collecter des archives. Ils déposent les statuts de l'association en 1945 et commencent un travail de fourmis en termes d'archivage et de réparation des spoliations des Juifs. Le procès des responsables du Troisième Reich qui se tient à Nuremberg en 1945 et 1946 va constituer une étape importante pour le tout jeune CDJC.
- Speaker #3
Dès le début, pour le CDJC, l'objectif c'est de préparer l'après-guerre et notamment de s'enquérir des biens qui ont été spoliés. Et ça, dès l'époque de l'occupation, c'est une préoccupation de Schneerson. Donc une fois la libération arrivée, il entreprend... concrètement de chercher les biens, notamment les biens qui n'ont plus d'ayant droit en vie pour les réclamer et qui restent en déshérence, notamment des comptes bancaires qui restent bloqués. Lui, il aimerait que ça puisse revenir collectivement à la communauté juive à partir du moment où il n'y a plus d'individus pour pouvoir les réclamer. Alors c'est un travail qui va être compliqué, les banques n'aident pas, les autorités publiques aident Schneerson, mais... Il va assez rapidement accepter que c'est un combat qu'il n'a pas les moyens de remporter, mais c'est effectivement un objectif important pour lui en termes de justice et de reconstruction de la communauté.
- Speaker #4
Par ailleurs, Léon-Paul Yacov a eu une idée de génie avec Schneersot. Ils se sont adressés à Justin Godard, qui était un ancien ministre de la Troisième République, très favorable aux sionistes. et munis d'une lettre de recommandation, ils se sont rendus à la Sûreté nationale où un des commissaires leur a confié une caisse d'archives dans laquelle se trouvaient les archives de l'administration SS en France. Et donc le CDJC a récupéré ces archives. De ce fait, ils se sont trouvés mêlés au procès de Nuremberg. Edgar Ford s'est appuyé sur ces dossiers. Léon Poliakoff a envoyé son adjoint Joseph Billig à Nuremberg et Joseph Billig est revenu, alors il s'est beaucoup appuyé sur ses archives, Edgar Ford, et Joseph Billig est revenu en France, à Paris, au CDJC, avec des documents absolument extraordinaires, une masse de documents. Tous les procès-verbaux des procès.
- Speaker #0
41 enfants âgés de 3 à 13 ans. En outre, l'arrestation de la totalité du personnel juif comportant 10 têtes a réussi.
- Speaker #4
Et ayant acquis cette nouvelle légitimité face aux Juifs, vis-à-vis des Juifs, mais aussi vis-à-vis de la France, il a pu recevoir des quantités d'archives absolument incroyables. Et c'est comme ça qu'en fait le fonds s'est enrichi et enrichi, et il continue à s'enrichir d'ailleurs aujourd'hui également.
- Speaker #1
Lettre de Joseph Billig à Isaac Schneerson, de Nuremberg, le 4 mars 1948. Cher M. Schneerson, votre lettre du 20 février m'a apporté beaucoup de réconfort pour l'appréciation de mes efforts, et je vous en remercie sincèrement. Je vous donnerai maintenant des précisions sur les questions qui vous intéressent. J'ai composé la liste complète des documents contenant des images intéressantes. Une partie de ces images a déjà été photographiée pour nous sur du bon papier que M. Poliakoff m'avait envoyé. Elle se trouve à Paris et contient aussi la reproduction de tout ce qui concerne le ghetto de Varsovie. J'ai envoyé l'année dernière également des images de la Auschwitz que j'ai eues par la délégation polonaise. La question de savoir si nous pouvons garder ces originaux est encore en suspens. J'ai l'impression que personne au tribunal ne s'intéresse actuellement à ce groupe de documents. Je suis tout à fait d'accord de prolonger mon séjour à Nuremberg, n'ayant pas terminé toutes les recherches ni réglé toutes les questions relatives aux documents choisis que je n'ai pas encore obtenus.
- Speaker #4
J'ai trouvé dans les archives du Consistoire un document qui n'est ni daté, ni signé, ni rien du tout, mais qui en une page vous donne Les objectifs du centre que projette donc Schneerson, et si vous le voulez bien, je vais vous lire, ça s'appelle « Ce que nous voulons » . Et il écrit la chose suivante. « Nous voulons avant toute chose écrire le grand livre du martyrologe du judaïsme de France. Pour cela, il y a lieu de réunir l'immense documentation sur ce qui se passe dans les deux zones, d'étudier la nouvelle législation et ses incidences sous tous ses aspects. » de dresser le bilan de la fortune juive spoliée ou arianisée, de dresser le tableau des souffrances de temps d'internet, de déportés, d'otages fusillés, de faire ressortir l'héroïsme des combattants juifs, d'enregistrer l'attitude des gouvernants, de l'administration et des diverses couches de l'opinion publique. Deuxièmement, il a lieu de préparer d'ores et déjà le cahier de revendication des juifs de France, juifs français ou juifs étrangers. Cette documentation servira enfin pour nos représentants à la Société des Nations. Nos co-religionnaires des autres pays réunissent sans doute à l'heure actuelle la documentation concernant leurs pays respectifs. Ils prépareront eux aussi le cahier de leurs revendications.
- Speaker #2
C'est en 1945 que les statuts du CDJC sont officiellement déposés. Les objectifs du Centre sont ainsi clairement définis.
- Speaker #1
1er juin 1945, déclaration à la préfecture de police, centre de documentation juive contemporaine. But, aider à établir l'histoire des quatre années de guerre et d'occupation subie par la population israélite sur le sol de France, réunir des matériaux qu'il se propose de mettre à la disposition de tous ceux qui auront en toutes circonstances une thèse juive à défendre. Publier plusieurs ouvrages, revues et documentations. Envisager un programme plus ample d'activités en agissant comme un institut des questions juives. Siège social, 19 rue de Téhéran à Paris.
- Speaker #5
L'institution a déposé ses statuts en 1945, mais avant la création du mémorial en... En octobre 1956, on voit bien que l'institution a erré dans Paris, qu'elle s'est même installée dans son entreprise, Rue Marbeuf, et donc qu'il y avait une vraie difficulté économique, quotidienne, pour voir cette institution vivre. Il faut bien comprendre aussi qu'au lendemain de la guerre, Les Juifs de France avaient d'autres préoccupations. Il s'agissait de retrouver sa famille, on attendait encore des gens qui allaient rentrer ou qui ne rentreraient pas. Il fallait retrouver les enfants orphelins qui avaient été cachés partout en France. Le leadership de la communauté Juif de France avait été en partie décimé, assassiné, déporté. Donc il y avait... Sans doute, là aussi, un décalage dans cette détermination de Schneerson à vouloir construire cette institution à une période où, dans la population juive, il s'agissait de... de refaire sa vie, de retrouver une vie normale, de ne pas être encore stigmatisé comme juif.
- Speaker #6
Après la guerre, les archives du service des affaires juives de la Gestapo ont été récupérées par le centre de documentation juive contemporaine. S'ils avaient été récupérés par les archives nationales, On n'aurait pas pu avoir accès avant. 80 ans au moins, mais grâce à ces archives qui étaient entre des mains privées, eh bien elles ont été ouvertes immédiatement. Elles ont été ouvertes dès qu'on a pu constituer un inventaire. Des gens extrêmement intelligents, extrêmement cultivés, parlant au minimum cinq langues, étaient là autour de... Schneerson et ont constitué le programme, le plan des archives, etc. Ils ont constitué un véritable centre d'archives et ils l'ont ouvert à tout le monde. Ils l'ont ouvert à tout le monde et grâce à la revue qui a été la première revue au monde, le Monde Juif, la première revue au monde à être... spécifiquement une revue consacrée à la Shoah, et grâce aux publications qui ont été entreprises par cette pléiade de gens intelligents qui n'étaient pas des historiens, mais qui se sont engagés, comme moi, tout simplement. Mais avant moi, ils se sont engagés, et moi j'ai suivi leur exemple, sauf que mon exemple était dans l'action. Leur était dans la recherche et dans le travail historique. Le mien était dans l'action et dans le travail historique aussi.
- Speaker #5
Et c'est vrai que Schneerson, quand on met en perspective le monde d'où il est issu, et quand on sait que son cousin Germain sera le fondateur du mouvement Loubavitch, On mesure à peu près le monde dans lequel il évoluait, mais c'était un personnage atypique, puisqu'il a été rabbin, mais sans communauté, très intéressé. par l'engagement politique, mais un engagement politique au sens noble, c'est-à-dire qu'il défendait le droit des Juifs, plus particulièrement. C'est ce qui l'a amené à devoir quitter précipitamment la Russie et à venir en France. Et Schneerson a imposé un modèle, en fait. Un modèle qui était le modèle du franco-judaïsme. À savoir qu'on était juifs et français, et on pouvait être juifs et français, ou français et juif, et lui avait cette grande admiration. Pour la France, en arrivant en France, il a coupé ses papillotes. Il est devenu industriel. Et quand on voit la photo d'Isaac Schneerson, les quelques photos qu'on a de lui, on voit bien qu'il a coupé, en tous les cas physiquement, avec ce monde orthodoxe dont il était issu. Et il va devenir français.
- Speaker #6
Les documents sont extrêmement importants et l'intuition prophétique de Isaac Schneerson en 1942, quand il a commencé tout seul à rassembler des archives, m'a semblé être la démarche la plus efficace pour établir un bilan ultérieur de ce qui... Ce passé, il a compris qu'on était en train, que c'était une guerre contre les juifs et qu'elle était dans toute l'Europe et que dans son précaré, c'est-à-dire en France, il fallait rassembler le plus possible d'archives pour pouvoir encore écrire après la victoire parce qu'il était optimiste, il pensait. que les alliés allaient gagner la guerre, mais pour écrire l'histoire de cette guerre, pour dire qui avaient été les victimes, pour dire quels avaient été les événements, qu'il fallait rassembler les faits, et pour savoir l'enchaînement des événements, il faut rassembler le plus possible de documents.
- Speaker #2
En pleine tourmente, Isaac Schneerson a eu la clairvoyance de documenter comme il pouvait la catastrophe en train de s'abattre sur les juifs d'Europe. La première pierre qu'il pose au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale ne sera qu'une étape d'un long chemin vers le mémorial de la Shoah tel qu'on le connaît aujourd'hui. Un chemin semé d'embûches qui n'intimidera jamais Isaac Schneerson comme nous le verrons dans le prochain épisode.
- Speaker #7
Ce podcast a été produit par Milim pour le Mémorial de la Shoah. Réalisation Elisa Azegui-Burlac et Myriam Levin. Montage Elisa Azegui-Burlac. Mixage et musique Kevin O'Leary. Retrouvez toute la programmation du Mémorial sur le site www.memorialdelashoa.com et sur les réseaux sociaux.