Description
« Il faut éclairer ce qui fonctionne pour ensuite voir les problèmes qui restent dans l’ombre. »
Dans ce 20e épisode du SAV des CSE, Alexis Maes reçoit Soumia Baviere, psychologue du travail et consultante en ressources humaines.
Comment mener une enquête pour harcèlement sans tomber dans l’accusation ou la défense ? Comment rester objectif face à des témoignages difficiles ? Et comment prévenir les situations avant qu’elles ne dégénèrent ?
📌 DANS CET ÉPISODE DU SAV DES CSE
Pour Soumia, une enquête pour harcèlement n’a pas pour objectif de défendre une personne ou d’en accuser une autre.
Elle doit éclairer une situation.
Lorsqu’un salarié signale des faits, l’enjeu est de comprendre ce qui s’est réellement passé : quelles paroles ont été prononcées ? Quels comportements ont eu lieu ? Existe-t-il des témoins ou des traces matérielles ? Dans quel contexte ?
L’enquête permet ensuite à l’employeur de prendre une décision à partir d’éléments factuels.
Soumia insiste aussi sur la prévention. Avant de chercher uniquement ce qui va mal, elle propose de regarder ce qui fonctionne : comment circule l’information ? Quels espaces permettent aux salariés de parler de leur travail ? Dans quels services le climat est bon et pourquoi ?
Ces pratiques peuvent ensuite inspirer le reste de l’entreprise.
💡 5 RÉFLEXES POUR MENER UNE ENQUÊTE
- Sachez ce que vous cherchez.
Ne partez pas avec l’objectif de prouver qu’il y a ou non harcèlement. Cherchez à vérifier les faits rapportés. - Appuyez-vous sur des référentiels.
Soumia cite notamment les accords et référentiels sur le stress et le harcèlement, les ressources de l’INRS et les sites officiels. - Travaillez votre posture émotionnelle.
Certains témoignages peuvent provoquer colère, compassion ou rejet. L’enquêteur doit pouvoir continuer à questionner sans laisser son ressenti orienter l’analyse. - Travaillez à plusieurs.
Une commission paritaire permet de croiser les regards et de rechercher les faits avec des représentants de plusieurs parties. - Faites de la prévention avant l’enquête.
Formation, espaces de discussion, soutien social et règles de fonctionnement peuvent éviter qu’une situation se dégrade.
🤝 PARTIR D’UN OBJECTIF COMMUN
Soumia fait aussi le lien avec le dialogue social.
Avant de discuter des moyens, CSE et direction peuvent commencer par se mettre d’accord sur l’objectif.
Prévenir les RPS, conserver les emplois, améliorer les conditions de travail ou réduire les situations de tension peuvent constituer des objectifs communs.
Une fois cet objectif clairement défini, il devient plus facile de négocier les moyens pour y arriver.
🏐 L’ENTREPRISE COMME UNE ÉQUIPE
Soumia fait un parallèle avec le volley-ball, qu’elle a pratiqué à haut niveau pendant plus de 20 ans.
C’est un sport collectif où les joueurs doivent se coordonner, se positionner et réguler leurs émotions sans contact direct avec l’adversaire.
Dans l’entreprise aussi, la performance dépend beaucoup de la qualité de l’organisation, des échanges et de la capacité du collectif à fonctionner ensemble.
🎙️ L’INVITÉE
Soumia Baviere est psychologue du travail et consultante en ressources humaines.
Elle accompagne les entreprises et les CSE sur les risques psychosociaux, les difficultés de fonctionnement, le climat de travail et les enquêtes liées à des signalements de harcèlement.
Vous pouvez la retrouver sur LinkedIn : Soumia Baviere.
👉 LE SAV DES CSE
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