- Speaker #0
Juillet 2026. Le Médoc brûle. En moins de trois jours, 42 000 hectares de forêt partent en fumée. Le deuxième incendie de cette ampleur en moins de trois ans. Les canadaires tournent en rond au-dessus des villages du Porche, de Somos et de l'Ège Cap-Ferré, et 220 000 personnes sont évacuées dans la zone entière. Mais comment en est-on arrivé là ? Est-ce la faute de cette sécheresse persistante du printemps, où il n'a pas plu depuis le mois de mai en Gironde ? du manque de prise en considération des leçons des incendies de 2022 où déjà 20 000 hectares étaient partis en fumée de l'autre côté du bassin au pied de la dune du Pila ou de la nature même de la forêt médocaine constituée à 80% de résineux au potentiel inflammable évident. Je suis bien incapable de répondre à cette question. Et les raisons qui ont mené à cette situation résident évidemment dans une multitude de facteurs à la fois environnementaux, culturels et socio-économiques. Alors loin d'essayer de me faire donneur de leçons, Ce que je laisse volontiers à d'autres experts, je vous propose simplement de revenir sur l'histoire de ce territoire extraordinaire, ou comment la Nouvelle-Aquitaine s'est dotée de la première forêt industrielle d'Europe, qui s'étend sur près de 1,5 million d'hectares répartis entre la Gironde et les Landes. Car oui, les Landes, comme son nom l'indique, ce sont surtout, avant le XVIIIe siècle, de grands espaces ouverts, faiblement peuplés, faits de pâturages, de zones humides, de sable. et de petites forêts de feuillus et de résineux. Elles sont régulièrement balayées par la progression des cordons dunaires, et sans végétation fixante, ces dernières progressent alors à des vitesses vertigineuses. Plusieurs dizaines de mètres par an, avec pour conséquence l'ensevelissement de villages entiers, comme celui de Soulac ou de Mimison à la fin du Moyen-Âge. Quelques espèces endémiques de pins étaient bien présentes, mais formaient des forêts éparses. Les Landes étaient avant tout humides, sablonneuses et pastorales. bien différente d'aujourd'hui. L'usage du pin, lui, a une histoire ancienne, qui remonte à l'Antiquité, pendant laquelle on utilisait sa résine pour fabriquer la pointe navale, celle qui calfeutrait les coques des navires. Puis, au Moyen-Âge, la résine enflammée des torches éclairait souvent les nuits médiévales. C'est à partir du XIXe siècle qu'apparaît la volonté de commencer à transformer ce qu'on nomme alors le Sahara aquitain. Plusieurs expériences y sont menées, dont la plus folle d'entre elles est peut-être la tentative d'acclimatation de dromadaires autour du bassin d'Arcachon entre 1803 et 1865. Bête de somme, puis attraction pour touristes bordelais fortunés, les débouchés sont maigres et les dromadaires sont finalement vaincus par la tuberculose, le froid et l'humidité. L'expérience s'arrête, au bout de 40 années tout de même. En 1867, une loi est votée. pour enteriner la nécessité d'assainir ces terres marécageuses et improductives. Il faut les transformer, les mettre en valeur, les rendre rentables. Et derrière cette loi, il y a un homme, Jules Chambrelan, un ingénieur des ponts et chaussées, qui achète 500 hectares et il plante une première parcelle de pain maritime de façon scientifique. Il teste, il draine, il plante à nouveau. Et ça marche. Trop bien même. En 6 ans, 20 000 hectares sont mis en culture. Et puis ça continue. Encore et encore. Jusqu'à atteindre un million d'hectares couvrant toute la région jusqu'à Mont-de-Marsan. Chambrelan a créé la plus grande forêt artificielle d'Europe de l'Ouest. Avec du pain. Rien que du pain. Et pourquoi le pain maritime ? Parce qu'en cette époque de révolution industrielle, il s'agit d'une ressource essentielle. Charpente, traverse de chemin de fer... Étayage des mines de charbon anglais, dont les Bordelais sont restés historiquement proches, l'exploitation est facile et l'espèce plaît dans ces conditions sablonneuses chaudes et humides. Puis, au début du XXe siècle, la chimie, discipline jusque la balbutiante, commence à percevoir les usages de sa sève. Distillée chimiquement, elle procure de l'essence de térébenthine et de la colophane, aussi nommée arcanson, en référence à la ville d'Arcachon. Ces dernières sont utilisées de plus en plus massivement dans l'industrie. Peinture navale, colle, parfum, jusqu'à même être utilisées comme carburant de fusée dans les années 60. La plantation s'accélère donc à la fin du XIXe siècle. Par centaines de milliers d'hectares, le pain maritime remplace tout. Feuillus, landes, zones humides, tout disparaît. À la place, des rangées de pains qui montent droit vers le ciel brûlant d'Aquitaine. Les éleveurs landais, eux, regardent leur... leurs paysages ancestraux disparaître devant l'avancée inexorable de la forêt. Juchés sur leurs échasses, ils surveillent tout autant leurs troupeaux que ces néos industriels lancés dans leurs entreprises d'exploitation effrénées. Leurs terres, souvent gérées de façon collective par les communes, sont accaparées par les grands propriétaires bordelais à coup de manœuvres politiques, et leurs moyens de subsistance finissent par disparaître corps et biens. Des conflits apparaissent, ainsi que les premiers incendies volontaires en 1868 puis en 1869, où 30 000 hectares de jeunes forêts brûlent, lors d'affrontements entre bergers et exploitants. Mais la tendance est lancée, inarrêtable, et l'exploitation du pain finit par phagocyter toutes les autres activités. Au milieu du XXe siècle, la forêt est devenue une machine industrielle. Les pains poussent en ligne et la production de résine coule à flot. Les gémmeurs, ces hommes et ces femmes qui font l'entaille dans l'écorce pour faire couler la résine, ont remplacé les éleveurs. Et ce compte maintenant en dizaines de milliers, jusqu'à 30 000 entre les deux guerres. Des enfants, des femmes, des hommes, toute la famille travaille à la forêt. C'est un métier, une tradition, une économie. Et puis vient le temps des incendies. En 1949, asséché par trois étés de sécheresse consécutif, le massif landais s'enflamme au mois d'août. Alimenté par le mauvais état du massif forestier consécutif à la Seconde Guerre mondiale, les coups de feu sont emboussaillés, les moyens de lutte contre les incendies réduits à néant, 50 000 hectares partent en fumée au cours de la guerre. aux portes de Bordeaux, faisant 82 victimes. Il s'agit de l'incendie forestier le plus meurtrier qu'ait connu la France dans son histoire moderne. Puis, en 2022, 20 000 hectares partent à nouveau en fumée, mettant en évidence pour la première fois la faillite des stratégies de prévention et de lutte au regard de la nouvelle donne climatique, pourtant annoncée et documentée depuis des décennies dans tous les rapports d'experts, et notamment ceux du GIEC. Nous sommes en juillet 2026, et la forêt brûle à nouveau. La question des limites de ce modèle d'exploitation productiviste se pose nécessairement. Car si, pendant plus d'un siècle, les Landes ont été l'usine à résine du monde, cette industrie a aujourd'hui périclité puis totalement cessé au début des années 90. Vaincue par la concurrence des solvants de synthèse et la mondialisation de la production, la résine de pain ne se produit plus dans les Landes. Alors pour ne pas oublier notre histoire, sous peine d'être condamnée à la revivre chaque été, et pour apporter une contribution à ce débat brûlant qu'est la recherche de solutions. collective, il me semblait important de travailler à la transmission de cette histoire extraordinaire du Médoc, et de l'héritage de ses activités pastorales et industrielles. Et celui qui le fait certainement le mieux, c'est Jean-Claude. Courant mai, donc deux mois avant les incendies, je m'étais rendu au cœur du Médoc, au Porges, et j'y avais rencontré Jean-Claude, un ancien gêmeur, un récoltant de sève, pour déjà discuter de cet héritage patrimonial. Il m'avait présenté son travail, intimement lié à la façon dont les hommes avaient façonné son territoire depuis M. Chambrelan en 1857. Et nous avions exploré ensemble les différentes nuances de cette activité, sans savoir qu'elle reviendrait de façon si spectaculaire et dramatique sur le devant de la scène quelques mois plus tard. Il s'attache aujourd'hui à raconter ce patrimoine dans tous ses aspects, son histoire, ses opportunités, mais aussi ses dangers et ses limites. Car la connaissance reste l'outil premier et indispensable Pour entamer la reconstruction et la réhabilitation de ce territoire extraordinairement riche qu'est celui du Médoc, écoutons donc Jean-Claude et apprenons. Ça commence maintenant.
- Speaker #1
Bonjour, je m'appelle Jean-Claude Daïre, je suis né au Porges, dans la ville de Porges. Alors, dans les années 500 et quelques, il y avait un changement depuis le Sahara. Il y a eu du sable qui est amené par la Garonne, une affluent de sable. Et quand il s'est arrivé à la pointe, il y avait un contre-courant qui a ramené tout le sable. Parce que ces années-là, ce n'était pas comme ça. Tous les cours d'eau, par exemple ici, je ne sais pas, mais par exemple le lac de la Cano. il y avait un chenal qui s'en allait vers l'océan. Et tous les bateaux rentraient depuis l'océan. C'est pour ça que nous, par exemple, le porche qu'on a traversé, il était à environ 2 km, environ, vue d'oiseau d'ici. Quand la flotte de sable est arrivée, tous les habitants, alors ça remonte dans les années, j'avais trouvé à peu près dans les années 16-15. Alors, les habitants sont partis à 4 km à l'est. Enfin, il y a eu plusieurs noms du porche. J'avais trouvé, il y avait 55 feux. Des feux, c'était une famille. Et ils étaient à côté des étangs, parce qu'ils pêchaient beaucoup, ils chassaient, tout ça. Parce que bon, ils étaient pauvres, ils mangeaient moins que nous. Ils étaient dans la pauvreté, 2000%. C'est pour ça qu'ils s'en servaient. des poissons, des lacs, etc. Et le peu de gibier. Et après, c'est pour ça que les années 1600, ils se sont déplacés, les habitants, ils ont construit un village à 4 km de l'est des Marais.
- Speaker #2
Donc il y a encore des traces ? Oui, on voit encore des traces. Non, on ne voit pas de traces.
- Speaker #1
Je vois, c'est à peu près, mais bon, après, j'ai des vieilles cartes, des cartes gérigènes, tout ça, qui m'expliquent. Parce que là, on appelle, on lui a dit, les vieilles. le site là, on appelle ça l'église vieille, ça veut dire vieille église. D'accord, donc toujours moi je pensais quand j'étais grand, vous savez quand on ne sait pas, que l'église était là. Effectivement c'est faux. C'était en gros à 2 km, 2-3 km, alors on reste de là. Alors pourquoi les échasses en 1171, ils s'enservaient dans le bois patou dans le Saint-Ange ? pour garder les moulons, les moutons. C'est descendu dans les années 1850, ou je ne me rappelle plus trop, dans les Landes. Donc, les bergers, qui s'appelaient autrefois des pasteurs, ils étaient, bon là, on est dans un endroit, un endroit de terre, on appelait ça le pays, ou la Lande. Maintenant, c'est le pays. Maintenant, c'est une Lande. Donc, c'était des grandes superficies, il n'y avait aucun arbre. Et donc, il y avait toujours des sous-bois. la fougère, la mouline, la ronce, la jante, la bouillère, etc. Et ces passants-là, ils étaient huchés, qu'on appelle ça, sur des chasses, pour garder le mouton et pour se déplacer. Parce qu'à l'époque, il n'y avait pas, comme il pleuvait, l'eau restait superficielle.
- Speaker #2
Oui, il n'y avait pas de drainage de l'eau. Voilà,
- Speaker #1
il n'y avait pas de drainage, donc ils étaient, bon, ils venaient tout le temps. Donc ça servait de moyen de locomotion, et puis évidemment, il n'y avait pas de route. avec des chemins battus par des ravages à bœufs, etc. Donc, ils pouvaient se déplacer dans cette lande-là, plus ou moins humide, certes. Et donc, ils faisaient packager les moutons dans cette lande-là. Alors, pourquoi le pain maritime ? Parce que, bon, c'est un résineux. Il faut savoir, il n'y a pas que le pain maritime. Le pain parasol, le pain franc, etc., etc. OK ? Alors, ces résineux-là, on les appelle les conifères. Ça vient du mot, du fruit, de l'arbre. On appelle ça un cône. Chez nous, on appelle ça la pigne ou la pomme de paix. Normalement, c'est un cône. C'est là où il y a la graine, la nouvelle semence, la génération. Le souvre printemps, comme maintenant. Avant qu'elle s'ouvre, on récupère des pignes comme ça. et on les fait sécher pour récolter la graine. Donc la résine. Alors, la résine, c'est quoi ? C'est ça. C'est le sang du pain maritime. C'est la vieille résine. Alors, nous, on récolte la résine, et après, on la vend à la distillerie. Qui est la distillerie ? Qui sort de produits ? Le produit liquide, qui est l'essence térébenthine. Et après, vous avez le produit solide, qu'on appelle la colophane. C'est le produit solide. Alors, c'est quoi ? C'est ceci. C'est de la brisure. Voilà, c'est la résine sèche. Par contre, le produit solide, ça ne sort pas comme ça dans la distillerie. Ça passe à une température assez élevée. Ça sort d'un genre de bouillabaisse. Aujourd'hui, on ne récolte plus la résine en France. Dans les Landes, il y a un industriel qui s'appelle DRT, qui emploie cette matière-là, qui va chercher la résine à l'étranger, qui vient la transformer dans les Landes. Donc, il emploie des ouvriers pas trop chers, la résine pas trop chère, etc. Parce qu'il y a eu une période, c'était pareil. à une période, il n'y avait que ça. Chez nous, par exemple, au port, je vais vous prendre le cas d'ici, on ne vivait que de ça, de famille. Bon, il y avait des gros propriétaires, certes, et la commune était riche de superficie. Elle a plus de 4000 hectares d'un seul terrain d'une heure. Et donc, elles employaient beaucoup de résignés. Alors, quand j'ai commencé en... En 1965, avec mon papa, on était 75 familles, parce qu'on travaillait en famille. Donc, il y en avait beaucoup qui avaient arrêté. Déjà, ça fait du monde.
- Speaker #2
Sur une population, combien la population ? À l'époque, il y avait,
- Speaker #1
je ne sais pas, à peine 1000 habitants.
- Speaker #2
1000 habitants,
- Speaker #1
oui. À peine 1000 habitants,
- Speaker #2
à peu près. C'est la majorité des habitants du port. Oui,
- Speaker #1
le milieu, ça en est 111. Le pain, on commence à le récolter à partir de 30 à 40 ans. On appelle ça la sève résineuse et la résine. Pourquoi j'explique ça ? Parce que ce n'est pas au même endroit. C'est le même produit. Alors, j'explique, ne bouge pas. J'ai une coupe. Donc, voilà, c'est très simple. Donc, visionnellement, vous avez l'écorce. C'est facile. Et évidemment, dessous, vous avez le bois. Petit bois. Dans le bois, il y a un cœur pour faire vivre l'arbre. Et entre ces deux parties, vous avez une petite pellicule de peau, qu'on appelle celle de l'hiver, que, comme printemps, on connaît tous le pollen, la fleur de pin.
- Speaker #2
Oui,
- Speaker #1
tout le monde connaît. En fait, c'est une montée de sève qui monte dans cette petite Ausha. dans le liber là, qui monte jusqu'aux aiguilles de pin, et la résine redescend à l'intérieur du bois. Et en même temps, légèrement, on voit, ça forme des couronnes de branches, et dans le bois, ça forme une veine circulaire. C'est là où la résine est stockée. C'est un circuit fermé. Tous les ans, ça crée une veine circulaire, des branches, etc. Et la résine, elle est stockée dans ces veines-là. Ce sont des petites cavités, comme les abeilles quand elles butinent le miel, on le voit visionner, mais là on ne peut pas le voir. Mais ce sont des petites cavités où la résine est stockée. Aujourd'hui, quand on voit sortir la résine à l'extérieur de l'arbre, quand on tombe sur le parterre, sur la tente, sur la voiture, etc., c'est le tremplin de la résine. Parce qu'on ne retire plus la résine, c'est le tremplin. C'est comme nous, comme je fais des comparaisons un peu grossiers pour que les gens comprennent, on a une quantité d'estomac pour recevoir les aliments, et ainsi on mange plus et on vomit. C'est logique. En fait, le système des arbres, c'est le même système que le corps humain. C'est le même système. Nous, on parle entre nous. On parle, on bavarde, on dit des bêtises. Les arbres, ils se communiquent entre eux. C'est comme les animaux. Les animaux, le chien, il aboie, il parle de leur manière. On arrive à le comprendre. Le chat, il miaule, etc. Il parle de leur manière. Moi, je parle, j'ai eu parlé, je ne me cache pas, quand je travaillais avec mon père, je parlais avec l'arbre. Il me dit, avec qui tu parles ? Avec l'arbre. Lui, il me comprend. Mais moi, je ne comprends pas le retour. Alors j'ai trouvé des personnes qui arrivent, ils embrassent le... Enfin, ils se mettent à l'entour de l'arbre, ils arrivent à communiquer avec l'arbre. Moi, j'ai essayé, mais bon...
- Speaker #2
C'est pas donné à tout le monde.
- Speaker #1
J'ai pas de fil.
- Speaker #2
Alors,
- Speaker #1
on revient pour le gemage.
- Speaker #2
Le gemage.
- Speaker #1
Donc voilà, alors, on a un petit pot. Je sais pas où je l'ai mis, bon, c'est pas grave. Donc, j'ai un petit pot, que vous pouvez voir qui est plein, celui-là est vide. Mais ce pot... il a un prénom, ou un nom, comme tout le monde. Et il s'appelle le pot Hugues. Pourquoi le pot Hugues ? Parce que c'est M. Hugues Pierre de Bègle qui a posé son brevet de pot de résine pour commercialiser son produit. Et moi, je suis archiviste dans cette commune-là au Porche, et j'ai trouvé écrit, dans les années 1700, Jusqu'à les années 1800, j'ai trouvé les premiers résignés. Et comment ils faisaient ? Ils faisaient un trou, l'endroit où il est blessé l'arbre. Là, dans le sol, quand on voit qu'il ne parlait pas français, il ne parlait pas toi, qu'il s'appelait un crotte. Alors, il faisait un trou, là, dans le sol, et il blessait, et il s'appelait ça un crotte, un petit crotte. Dans un petit crotte, ça veut dire petit trou, ok ? Après, il blessait, bon, je vais vous expliquer après. Et dans la pinède, il faisait un grand trou. qui s'appelait ça un grand croûte. Grand croûte, il y a une plage, je ne sais pas si vous connaissez, à l'âge, qui s'appelle le grand croûte. Et ça vient du mot, le grand croûte, ça vient de là, grand trou. Et bon, évidemment, la résine, c'est liquide, et ça arrive dans le sol. C'est logique. Mais la première résine, il l'a mélangée avec ce qu'il trouvait par terre, il l'a mélangée pour calfotrer le pourtour des croûtes. pour essayer de t'injeter un peu le crotte. C'était plus ou moins bien.
- Speaker #2
Plus ou moins efficace.
- Speaker #1
Les pauvres gars, à l'époque, il fallait qu'ils se débrouillent dans leurs propres moyens.
- Speaker #2
Ça, c'est la première technique avant le pot.
- Speaker #1
Avant le pot-hugue. Le pot-hugue est arrivé. Est arrivé, voilà. Donc, on va le positionner contre l'arbre, qu'on appelle ça un cramponnage. Donc le cramponnage, c'est ces outils-là, bien spécifiques. Voilà, ça c'est une paire de tenailles, c'est commun, mais elle existait. Et des lamelles de zinc. Pour commencer, chaque pain va donner sa quantité de résine. En gros, un pain qui donne bien, donne à peine 10 litres par an. Schématiquement, sur 5. C'est schématique. Sur 5, il y en a 2-3 qui donnent à peine 10 litres. Il y en a qui donnent moyennement. Et il y en a d'autres qui ne donnent pas du tout. C'est comme, je reviens vers la comparaison, c'est comme les autres. Il y a des vaillants, des moyens et des fainéants. Tout le monde rigole, ça fait sourire, c'est logique.
- Speaker #2
Il y en a 3 qui bossent. Un qui bosse vraiment. Après,
- Speaker #1
les arbres, c'est pareil. Les collègues, quand on travaille ensemble, on va savoir pourquoi il y a des fainéants. Mais les arbres, on ne va pas savoir pourquoi. C'est du même terroir, du même âge, etc. Ils sont moins gros, certes, mais la grosseur, c'est rien. L'arbre, il sait pas. Lui, il sait. C'est comme ça. On a un temps de gémage, en gros, entre 18 et 20 ans. Jusqu'à ce que l'arbre soit coupé par le propriétaire.
- Speaker #2
Et le propriétaire, c'est une concession qu'il vous fait ?
- Speaker #1
Il y a le propriétaire, le gros silvicuteur, qui a beaucoup d'hectares. qui emploie, bon des fois il a fait la résine, il en a marre, il emploie des résignés. Ça c'est le premier temps. Après ici vous avez la commune. Comme là, comme je vous ai dit, c'est un gros propriétaire, lui il employait toujours pareil des résignés. Après bon il y avait l'état le long de la côte, il y avait une bande, l'état. employé des résignés à l'époque pour récolter la résine, etc. Donc nous, on travaillait spécialement pour la commune.
- Speaker #2
D'accord.
- Speaker #1
Alors nous, on était au litrage, dans le litre. Parce qu'en fait, comment ça fonctionnait au niveau du paiement, il y avait une société, une banque, c'était une société, c'était la SICASO, qui gérait ça. avec la distillerie et le propriétaire, au niveau du prix. Et ça suivait le cours du marché. Ça faisait le yo-yo.
- Speaker #2
Comme le pétrole.
- Speaker #1
Voilà. Et puis nous, le résigné, on avait le reste.
- Speaker #2
Ouais.
- Speaker #1
Comme dame. Ouais. Alors, bon, après, ça dépendait de personne. On avait X pains, suivant la personne, petit voyant ou pas voyant, qui en avait 3 000, 5 000. Nous, avec le père, on avait 14 000 pains.
- Speaker #2
Pour deux personnes ?
- Speaker #1
Pour deux personnes. Mais la maman, la mère, elle nous a dit de ramasser. Parce qu'en fait, quand le pot, il se remplit, on va le ramasser, les eaux-tubes spécifiques, et après, ça s'en va, on les met dans des barriques, dans des fours, et après, ça s'en va à la distillerie.
- Speaker #2
14 000 pins, ça paraît énorme. Par arbre, du coup, vous passez combien de temps en moyenne ? Juste pour donner un ordre de grandeur, quand on fait tout ce travail-là, on parle de 5 minutes par arbre ?
- Speaker #1
Non, mais c'est vite fait. Dans la journée, on en faisait... Je ne sais pas, moi je ne me rappelle pas, 1000 arbres.
- Speaker #2
Oui,
- Speaker #1
il y en a qui en faisaient 200, 200, on faisait 1000 arbres par jour. Non,
- Speaker #2
mais vous ne passez pas une heure par... Non, non, non, non, non,
- Speaker #1
non. Non, c'est vraiment un claque. Oui, oui, oui, oui, je...
- Speaker #2
On va regarder. Oui, oui, oui,
- Speaker #1
pour faire du bon boulot. Ok ? Les premiers outils, c'était ceux-là. Ça, c'est les années 1700, au début.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Et après, on appelle ça un hacho. C'est un genre de hacho. Et en fait, c'est un taillon courbé qui coupait le reste de l'écorce et le bois. Il faisait des lamelles de bois. On appelle ça le galip. C'est un morceau de bois. Et en fait, voilà, il coupait les veines. D'autant qu'on voit bien les veines en V.
- Speaker #2
En fait,
- Speaker #1
il coupait les veines et la résine, elle coulait. Elle coule quand il fait chaud.
- Speaker #2
C'est comme nous,
- Speaker #1
on se fait une blessure, le sang, il coule.
- Speaker #2
Et s'il fait trop.
- Speaker #1
après les années 50 56 on est passé à ce système là ça rien à voir avec ceci ceci avec les lapchottes on appelle ça c'est américain on appelle ça le gemmage activé donc voyez ça change bon il y a une poire et là dedans cette poire là il y avait de l'acide sulfurique ok Et là, le taillard, on appelle ça une rainette. Et là, cette rainette, on ne va plus couper le bois.
- Speaker #2
Donc,
- Speaker #1
on va enlever, toujours pareil, sur une largeur bien respectueuse, parce qu'on avait un règlement intérieur que la commune, il ne fallait pas dépasser la largeur, etc., parce que c'était surveillé, et il ne fallait pas dépasser. Donc, avec ça, on enlevait le reste de l'écorce et le libère. Et après... On vaporise l'acide, la moitié sur l'école, la moitié sur le bois vert. L'acide va brûler les veines en profondeur, sur le bois vert, et sur le libert en hauteur. Et en fait, elle aspire la résine. Avec, toujours pareil, un aimant de soleil.
- Speaker #2
D'accord.
- Speaker #1
La différence qu'il y a entre ça, c'est dangereux, l'acide, c'est dangereux. Certes. Mais nous, c'est pas ça qu'on regardait. Avec ces outils-là, ils passaient tous les 10 jours, péniblement, pas de souci. Et avec ça, on passait 15 jours. Avec le double ou deux fois, trois fois le rendement. Il n'y a pas photo. Donc, évidemment, c'est dangereux. L'acide, c'est dangereux pour le résigné et puis pour la faune sauvage. Parce que quand il pleut dans le pot, il vient boire, puis avec un peu d'acide, il meurt. Surtout les petits Ausha qui roulent, les cigales, etc. Je veux dire honnêtement, moi j'ai des collègues, ils sont morts de ça. Parce que plus ou moins, on inhale plus ou moins l'acide. On est d'accord, mais qu'est-ce que ça... On inhale, ça va aux poumons.
- Speaker #2
Et ça brûle les poumons, etc.
- Speaker #1
Voilà. Et moi j'ai des copains, ils sont morts de ça. Malheureusement, pour le dire, pour le dire. Mais on me dit, mais vous avez pas de gants, des masques, à l'époque... Alors avec cette rainette-là, on fait ça, on enlève le libert et après on vaporise l'acide, donc la moitié sur le bois vert et la moitié sur l'écorce, qui elle va brûler en profondeur sous le libert en tout cas. La réaction chimique de l'acide se fait pendant 15 jours. On ne peut pas passer avant, parce que pourquoi ? La plaie n'est pas guérie. On va repasser, mais ça ne sert à rien du tout.
- Speaker #2
C'est comme nous,
- Speaker #1
on a un pansement, et on enlève le pansement, et ce n'est pas guéri. Bien sûr. Ça va s'infecter, etc. Parce que là, le pain, il va moins donner. Au contraire, il va souffrir. Je reviens au cramponnage. Donc, on commence toujours en bas. Logique. Donc, on laisse à peu près la hauteur du petit pot. Je frappe. J'enlève mon outil. Je viens chercher une lamelle de zinc. Comme sur un métal bout, il se déforme. Je me tapote, je tourne mon outil, je mets mon zinc et il prend la forme de l'outil. Je reviens à la fente initiale. Le zinc, il reste. Comme je monte par an, tous les ans, en gros, 81 mètres par an.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
OK ?
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Suivant le penchant de l'arbre, la résine va s'en aller de chaque côté. Pour éviter, je prends la gauche droite, je viens la placer au devant en biais, pour faire un genre d'entonnoir.
- Speaker #2
Ouais.
- Speaker #1
Alors, c'est pareil, je vais chercher une lamelleuse, je nettoie, c'est le droit. Et comme je n'ai rien, je vais le mettre manuellement. D'accord. L'année après, je prends la paire de tonailles, j'enlève ça et je le monte. On a fini, par exemple. Par exemple, ici, je viens mettre mon zinc ici, etc. Et bon, on fait trois angles. On s'arrête à la hauteur du bras.
- Speaker #2
D'accord.
- Speaker #1
pour mettre le zinc. Parce que les outils, on peut allonger les outils. Parce que le bois, on ne peut pas les allonger. Alors après, on commence logiquement, on commence à... La première chaleur, c'est en juin. Bon, maintenant, c'est plus tôt. Et on commence à partir de juin. Je commence septembre, octobre. Période de chaleur. On fait ça. Et tous les mois, je reviens, tous les mois. On avait une date butoir pour ramasser la résine, pour récolter la résine. Donc pourquoi une date butoir ? Parce que la distillerie, elle, c'est une usine qui vaut beaucoup de produits. Donc elle achète la résine dans les communes environnantes de la distillerie. Pour gérer toutes ces communes-là, ils mettaient une date butoir à chaque commune.
- Speaker #2
D'accord.
- Speaker #1
C'est-à-dire qu'à la fin de la date butoir, par exemple 25, je prends une date, je ne me rappelle plus, il fallait que tous, au 25, tous les résignés du porche, toute la résine soit rentrée à la dessinerie. Parce qu'elles, c'était des barriques en bois, après c'est des barriques en fer, elles avaient un numéro et un numéro de litrage. Et on mettait l'étiquette autocollante et le nom du résigné.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
qu'elle a décideri, quand ils réceptionnaient la barrique, il fallait savoir à qui c'était. Logique. Après, c'était eux qui, pour payer.
- Speaker #0
Ouais, ouais. Après,
- Speaker #1
ils faisaient les totaux de Jean-Pierre Bernard, d'ailleurs Jean-Claude, etc. Ils avaient X litrages.
- Speaker #2
Ouais.
- Speaker #1
Et après, ils regardaient, ils ouvraient la trappe. Ouais, ouais.
- Speaker #2
La barrique, ouais.
- Speaker #1
Ils ouvraient le couvercle, ils cherchaient le gros. Ils regardaient s'il y avait... si la barrique était pleine, et s'il n'y avait pas de l'eau. Oui,
- Speaker #2
bien sûr.
- Speaker #1
Parce qu'il y a toujours des petits malaises sur Terre, et ils mettaient de l'eau. Et ça ne marche pas. Donc cette barrique-là, elle était rebutée. Oui,
- Speaker #2
parce que ça ne se mixe pas entre l'eau et les choses. Non, non,
- Speaker #1
l'eau, on ne fait pas les séances de termandine. Donc cette barrique-là, elle était de côté, elle n'était pas comptée. Et après, il y avait un rapport au patron. Le patron a appelé le résinier. Pourquoi ? Il y avait de l'eau. Mais dans la vie, il y a toujours des petits malaises. Il y a toujours des malaises. C'est pour ça qu'ils mettaient une date de butoir à chaque résinier. Et évidemment, nous on le savait. Il fallait prévoir en amont pour commencer à ramasser la résine. Parce que lui, le charretier, le muletier, ceux qui sortaient les barriques, lui étaient payés. Lui commençait toujours pareil. Parce qu'il y avait 75 familles. On ne fait ça pas dans 5 jours. Donc, ils commençaient à... Parce que si, par exemple, nous, on avait 14 000 lopins, on avait, je ne me rappelle plus, on avait peut-être 20 mariques ou 25 mariques ou 30 mariques, je ne me rappelle plus. Et il fallait sortir parce qu'en fait, il y avait toujours une barrique vide et changée.
- Speaker #2
Et une barrique, donc on a dit, un arbre, c'est environ 10 litres quand ça produit normalement. Alors,
- Speaker #1
combien il faut d'arbres pour eux ?
- Speaker #2
Et une barrique, là, comme ça, c'est combien ? C'est 100 litres ?
- Speaker #1
Non, là, il faut 250 litres, cela. 250, ok. Ouais. Et les barriques qu'on a eues en fer, elles faisaient 240 litres.
- Speaker #2
Et 240, d'accord, ouais.
- Speaker #1
Après, combien d'arbres, combien de pots on pouvait... On ne peut pas savoir.
- Speaker #2
Impossible de savoir.
- Speaker #1
Voilà, parce que bon, c'est souvent le pays qui donne.
- Speaker #2
Et une barrique comme ça, il vous la payait combien à l'époque ?
- Speaker #1
Alors, à l'époque, c'était 1 franc 20. Dans mes mois, 1 franc 20. Donc, si on fait vite le calcul... Après c'est pour ça que plus on en faisait, plus on en touchait.
- Speaker #2
Ah bah bien sûr.
- Speaker #1
C'est logique. Celui qui avait par exemple 2.000 ou 2.600 pains, il ne faisait pas beaucoup de mariques. Il n'en faisait pas beaucoup. J'ai connu une personne qui faisait une marique par mois. La résine, comme elle coule très lentement, elle va se cristalliser contre la corps. Ça, ce que j'ai fait, on appelle ça une pique. Et l'ensemble, on appelle ça une corps. Et la résine, elle va se cristalliser sur la corps. Il y a un haut-pot là, et c'est à la fin du jumeau. Et la résine, cette partie blanchâtre, elle est cristallisée. Comme c'est de la résine sèche, elle est commerciable. Donc, à partir de septembre-octobre, suivant le temps, on va ramasser toute la résine molle du pot, peu ou beaucoup, et le pot, on le met à côté du pays. Et après, pour gratter cette résine sèche, on prend ce petit outil, une toile, on appelle ça un barrasquet. On vient, c'est une toile de jute, c'est un sac de jute. On l'ouvre en grand, on va la mettre au pied du pain, si on met un bout de bois, etc. Et après, on va gratter cette résine sèche qui va tomber dans la toile. Comme c'est des plaques de résine sèche, de la poussière, etc. Et ça tombe dans la toile. On appelle ça du barra. Et une fois fini, quand on a sa peigne... On va vider la résine sèche dans la barrique. Une fois qu'on a fait tout, on va vider la résine molle. Et après, avec un bout de bois, on va mélanger les deux tout. Tu comprends ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Plus grande année, c'est une période après la première guerre. Avant que la seconde guerre n'éclate. Dans les années 20, alors là, il fallait beaucoup de produits. Donc le prix avait augmenté. Et en même temps... Il y avait les parqueurs, moi c'est un arcachon, ils avaient une maladie aux utres. Donc ils ne pouvaient plus récolter des utres. Comme il y avait du bénéfice à faire la résine, ils sont venus faire résiner. Il fallait qu'ils se nourrissent les gars. Pour 100 kilos, on sort à peine 20 kilos d'essence tébantine et 70 kilos de colophane. Pourquoi il y a très peu d'essence tébantine ? Le produit liquide, elle s'évapore. Alors aujourd'hui, il y a un ancien collègue, il est décédé, M. Couraud, et lui, dans son idée, il voulait récolter davantage d'essence interventée, de produits liquides. Et comment ? Bon, pourquoi, on le sait. Mais comment ? Il a attrapé une poche de congélation de sa femme, il a coupé une paroi, et il l'a agrafée sur les trois quarts du haut. Et... Après, une fois qu'il a récolté de la résine comme ça, il a fait des échantillons, des essais chez lui. Il m'a fait voir. Très joli.
- Speaker #2
Avec beaucoup d'essence de terbentine.
- Speaker #1
Voilà. Et la colophane était plus jolie.
- Speaker #2
Ouais.
- Speaker #1
Donc, le filet d'aiguille, un jour, sa femme va chercher un cubit de vin, un carton, parce qu'il y a un robinet, il y a la poche, puis il tire. Il dit, tiens. Si on faisait ça avec la poche du cubit. Ce genre-là. Donc voilà, la poche existante du cubit. Donc il y a un orifice bien déjà prévu. Il a fait faire un adaptateur pour aller à l'arbre, pour maintenir l'arbre. Donc voilà, la comparaison des deux, il n'y a pas photo. Oui,
- Speaker #0
bien sûr, on voit bien la différence.
- Speaker #1
C'est ça, on voit. Et donc voilà la poche, en question, pas suspendue, avec la résine, tout ça. Et le collègue, lui, il faisait des essais à l'époque. Donc voilà la machine, la cycloche, tout ça, ce genre de machine. Et lui, il faisait des essais, il avait mis de la résine dans un pot parfait de poids en verre. Et un jour, il travaillait au laboratoire à Bordeaux, il a dit, t'es-vous monalysé la poche en résine en plastique et mon pot de résine ? Et ils ont trouvé la différence entre la poche et le poids en verre. C'est logique parce que la prochaine fois qu'on la coupe pour enlever la résine, on jette, il y a des parois, les terres matines, ça arrive à s'évaporer. Très peu mais elle arrive. Le pot en verre, c'est pour ça qu'ils se sont mis au pot en verre après.
- Speaker #2
D'accord.
- Speaker #1
Donc voilà.
- Speaker #2
Maintenant c'est pot en verre.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #2
Parfaitement.
- Speaker #1
Et en plus c'est recyclable, ça revient, etc.
- Speaker #2
Il n'y a pas de perte.
- Speaker #1
Ils arrivent à un taux de 40 à 45 %, mais ça c'est avant. Aujourd'hui.
- Speaker #2
Aujourd'hui.
- Speaker #1
Alors qu'avant, là,
- Speaker #2
on était sur 100. Oui, on était à 17%
- Speaker #1
Alors lui, le collègue, il a trouvé une patte à nœud. Parce qu'il fallait quelque chose pour attirer la résine.
- Speaker #2
Pour attirer.
- Speaker #1
Lui, cette partie blancharde, c'était une patte à nœud qu'il mettait avant de mettre le marché.
- Speaker #2
Avant de mettre ça et qu'il remplace l'acide.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #2
Il était moins agressif.
- Speaker #1
Voilà, pour récolter davantage. Moi, j'étais un ancien résinier. C'est toujours pareil. J'ai monté l'association en 1991. Pour garder toujours le cœur de ça, comme je racontais ça dans mon histoire. Et j'ai associé le métier de résigné, parce que j'ai eu une assaude sous la loi de 1901, etc. J'ai associé le métier de résigné parce que j'ai toujours l'amour de vendre ça. Enfin, vendre ça, ce n'est pas le vrai mot. C'est l'amour de vendre ça à tout le monde. Moi, c'est l'amour de... Donnez ça, c'est tout. Chaque région a son patrimoine. Chez vous, vous allez dans le Nord, il y a un patrimoine différent que nous. Ça, c'est se transmettre, ça. Après, comme je dis, il faut aimer, puis il faut s'investir. Si on n'aime pas, c'est pas la peine. Il ne faut pas être plus pessimiste que le roi. Mais bon, après, un jour ou l'autre, bam, ils se font étaler, quoi.
- Speaker #3
Merci à Jean-Claude pour son témoignage et son implication dans la transmission de cet héritage médocain auprès des générations futures. Sachez que vous pouvez le contacter directement en passant par l'Office du tourisme du Porche et qu'il organise régulièrement des animations, des chasses ou de gémages. Et enfin, merci à vous d'être toujours plus nombreux à écouter le Slow Tour. N'oubliez pas de noter cet épisode s'il vous a plu. Et moi, je vous dis à très bientôt pour une nouvelle micro-aventure.