Speaker #0Un bras passe sous ta tête, l'autre vient se poser sur ta hanche. Le son du désir. Salut toi, je t'envoie ce message depuis un quai presque désert. Tu entends ? Le train de nuit pour le sud va partir. Wagon couchette numéro 9 J'ai pris deux places, enfin, une cabine pour deux. Tu viens ? Il n'y a qu'avec toi que j'ai envie de regarder le pays défiler dans le noir. Mente, donne-moi ta main. Fais attention au marche-pied, il est haut. Voilà. Le couloir est étroit, tamisé. Une lumière bleutée qui court le long des parois. En podcast, certaines scènes restent suggérées. En VIP sur lesondudésir.fr, les histoires vont plus loin. Version intégrale, plus longue, plus intense, plus explicite. Avec des centaines d'audios réservées aux abonnés. Retrouvez l'expérience complète sur lesondudésir.fr. Je répète, lesondudésir.fr. On se faufile. Les autres voyageurs dorment déjà derrière leurs portes coulissantes. Chut, c'est notre secret, cette nuit. Là, notre cabine, toute petite. Une couchette unique, des draps blancs un peu rêches, un store qu'on baisse à moitié sur la vitre. Une veilleuse, couleur d'ambre, pose ton sac, enlève tes chaussures, on est bien, on est seul, et là, on part. Tu sens, cette première secousse, ce balancement qui démarre tout doucement, comme une respiration. Le quai s'efface. Les lumières de la gare glissent le long de la vitre, défilent, s'espacent, puis plus rien que le noir. Le noir et nous. Allonge-toi, s'il te plaît. La couchette est étroite, je sais, c'est pour ça qu'il faut qu'on se serre. Mets-toi contre la paroi. Je m'installe derrière toi, là. Tu sens ma poitrine contre ton dos, le train nous perce déjà. A chaque chaos, on se rapproche un peu plus, même sans le vouloir. C'est le train qui décide, laisse-toi faire, écoute ça. Ce rythme, tac. Le bruit des roues sur les joints des rails, régulier comme un cœur, ferme les yeux. Et laisse-le entrer en toi, ce bruit, cet hypnotique, non ? On dirait que le train respire pour nous deux, sans le monter dans la couchette, dans ton dos, jusque dans ta poitrine. Je remonte le drap sur nous, il fait bon sous cette couverture. Une chaleur de cocon. Ton parfum se mélange à l'odeur du tissu, à celle du métal et de la nuit. J'approche mon visage de ta nuque. Juste pour respirer, juste pour sentir tes cheveux. Tu frissonne, c'est mon souffle. Je le sais, je le pose là, tout contre ta peau fine derrière ton oreille, et je ne dis rien. J'écoute le train, et toi, le wagon balance, à droite, à gauche. Une longue courbe et la couchette penche, et tu guisses contre moi un peu plus fort. Tu ris doucement dans le noir. Je le sens se rire, contre ma bouche posée sur ton épaule. Ne te retiens pas, personne ne nous entend. Il n'y a que le martèlement des rails pour couvrir nos voix. Ma main sur ta hanche. Elle reste là un moment, puis elle remonte. Lentement, le long de ton flanc, en suivant la courbe de ton corps comme on suit la ligne d'une rivière sur une carte. Je prends mon temps. On a toute la nuit. Le sud est encore loin. Ah, le tunnel. Tu as entendu ? Le bruit qui change, qui se referme sur nous, plus dense, plus grave, et le noir devient total. Plus de campagne par la fenêtre, plus de lointaine lumière de ferme, rien. juste l'obscurité absolue et le grondement amplifié contre les parois. C'est dans ces secondes-là que je te serre le plus fort, que je sens ton souffle s'accélérer, que ma bouche trouve ton cou sans avoir besoin de voir. Et puis le train ressort, le tunnel se rouvre sur la nuit. Une lune peut-être, quelque part au-dessus des collines. Le calme revient, le tac-tac régulier reprend et je continue de t'embrasser dans la nuque. Lentement, en remontant vers ta joue, tu tournes la tête vers moi, enfin. Je ne vois que la lumière d'ambre dans tes yeux. Tu me cherches. Je suis là. On s'embrasse. Longtemps, le train nous balance et nos bouches suivent le mouvement. Douce, paresseuse, sans hâte. Je goûte le sel sur tes lèvres, la chaleur de ta langue. J'ai très envie de toi. On ralentit une halte. Une gare au milieu de nulle part, le train s'arrête en soufflant. Tout devient silencieux d'un coup. Ce silence étrange après des heures de roulement, où l'on entend soudain son propre cœur. Sur le quai vide, un lampadaire jaune, une silhouette qui pousse un chariot au loin ne bouge pas. Reste contre moi. Personne ne sait que dans le wagon neuf, derrière le store à moitié baissé, nos deux corps se trouvent dans la pénombre ombrée. Et l'on bouge enfin. ancré en son et on repart le train s'ébranle reprend de la vitesse et avec lui notre rythme à nous transpire à faire l'amour avec toi ferme les yeux Abandonne-toi au balancement, laisse le train décider, laisse ton corps t'emporter vers le sud, vers le noir, vers moi, paisible à présent. Le drap est tiède, froissé, ta tête repose sur ma poitrine et je sens ton souffle qui ralentit, qui retrouve le rythme des rails. Je passe ma main dans tes cheveux doucement, encore et encore. Dehors, l'aube commence à peine à palir le bord du ciel, des champs gris qui défilent. On a roulé toute la nuit, on n'a pas dormi une seconde, et c'est la plus belle nuit au monde. Appose-toi maintenant. On arrive dans quelques heures. Le sud, la lumière, la chaleur. Je veille sur toi. Le train nous porte. Ferme les yeux, ma belle voyageuse. Je reste là. Et quand on descendra là-bas, tu verras ce qui nous attend. Une chambre au volet clos. Vous venez d'écouter le podcast Le Son du Désir. Sur les plateformes, certaines scènes sont suggérées. En VIP sur lesondudésir.fr, les histoires vont plus loin. Version intégrale, plus chaude, plus intense, plus explicite, avec des centaines d'audios réservées aux abonnés. Si vous aimez Le Son du Désir, laissez un commentaire et 5 étoiles à ce podcast. 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