- Speaker #0
La seule chose qui a été difficile pour moi, c'était de mettre une prothèse. Je l'ai refusée vraiment pendant très très très longtemps. J'ai été amputée à 8 ans et ma première prothèse que j'ai vraiment mise, pas pour faire plaisir à mes parents ou leur faire des défilés à la maison, j'étais au lycée, j'avais 17 ans.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc en fait, de mes 8 ans à 17 ans, je me suis déplacée avec mes béquilles, sans prothèse ou avec le fauteuil des fois quand ça le nécessitait.
- Speaker #1
Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Le Sport en Face, le podcast du Comité Olympique et Sportif de la Drôme. Je suis ravie de vous accueillir aujourd'hui pour un nouvel épisode. Aujourd'hui, on va parler de handicap et d'accessibilité dans le sport. Je tiens tout d'abord à remercier Team Paddle de nous accueillir dans leurs locaux et Élise Laurent, qu'on accueille aujourd'hui, qui est professeure des écoles maternelles et paratriathlète, licenciée à Valence Handisport et Valence Triathlon, également élue à la ville de Valence. Donc après avoir découvert le paratriathlon. il y a seulement quelques années, Élise a rapidement gravi les échelons jusqu'à décrocher plusieurs podiums en Coupe du Monde et en Championnat de France de paratriathlon. Bonjour Élise, on est ravis de t'accueillir là aujourd'hui. Est-ce que tu es bien installée ? Très bien. Comment tu vas aujourd'hui ?
- Speaker #0
Ça va.
- Speaker #1
Ça va ?
- Speaker #0
Tout va très bien.
- Speaker #1
Parfait. Donc avant de rentrer dans le vif du sujet, on a l'habitude dans le podcast que l'invité ramène un objet qui a marqué son parcours sportif. ou qui lui rappelle un souvenir, une rencontre, un moment important dans sa vie. Dis-nous, qu'est-ce que tu nous as amené aujourd'hui ?
- Speaker #0
Alors, l'objet, ce n'était pas forcément pour un moment important, mais c'était plus pour illustrer, on va dire, l'adaptabilité dont il faut faire preuve dans le paratriathlon et je pense dans toute discipline sportive en para. Quand on débute, le matériel, ce n'est pas très évident à trouver, et avoir des... des équipements adaptés. Et donc, c'est un petit souvenir de ma première étape de Coupe du Monde. Je venais de recevoir un nouveau fauteuil, je n'avais pas encore les roues. Et l'avant-veille de l'étape de Coupe du Monde, les roues arrivent. Donc, on dit, allez, coûte que coûte, on part avec le nouveau fauteuil. Il n'y a rien à perdre. Puis finalement, le jour de la reconnaissance, donc la veille de la course, je me rends compte que le support sur lequel tient ma jambe pour le fauteuil Il n'y a rien qui va, la jambe tombe, parce que c'était pour une autre personne. Ma jambe était beaucoup plus grosse que l'autre fille qui avait le fauteuil. Donc, ma jambe tombe, le pied touche par terre. Et on a recherché un peu au pied levé et donc, on a trouvé un tendeur.
- Speaker #1
D'accord, donc c'est l'objet que vous avez ramené.
- Speaker #0
C'est le tendeur que j'ai ramené parce que mon père aussi rigole bien parce qu'en fait, en transition, on est censé être très rapide. Et je pense que c'était les plus longues transitions de ma vie. Mon père m'attachait le pied. Donc, j'ai fait quelques étapes de Coupe du Monde avec le tendeur parce qu'on a eu du mal à trouver de suite la bonne adaptation et quelques courses. Il y a eu des petits loupés parce que sur des courses non officielles, j'ai dû demander même à des bénévoles de me rattacher parce que tout tombait.
- Speaker #1
Donc, un petit objet, mais vraiment très utile et important.
- Speaker #0
Et donc, ça montre qu'au démarrage, je pense qu'on galère tous un petit peu pour trouver... Le matériel adéquat. Oui,
- Speaker #1
c'est sûr, on y reviendra tout à l'heure de toute façon sur le matériel, mais c'est vrai que c'est un grand sujet, j'imagine.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Donc, tu as déjà obtenu de super beaux résultats sur la scène internationale, avec notamment deux victoires en Coupe du Monde de paratriathlon et plusieurs podiums internationaux. Donc, c'est une progression qui est quand même assez remarquable pour une athlète qui a découvert la discipline il y a seulement quelques années. Est-ce que tu peux nous raconter déjà d'où tu viens et comment tu en es arrivé au triathlon ?
- Speaker #0
J'ai toujours fait, on va dire, un petit peu de sport étant enfant, mais j'ai vraiment, on va dire, découvert le sport et la compétition au départ avec le crossfit. D'accord. Donc, quand je suis arrivée, je travaillais à Chartres à cette époque en alternance et donc j'ai ouvert la porte d'une salle au hasard pour faire une activité sportive. Et donc, ça m'a vraiment appris, on va dire, le goût du dépassement de soi, d'aller, on va dire, un petit peu plus loin. et c'est en 2018 quand je me suis installée à Valence, j'ai voulu apprendre à nager tout simplement parce que je savais nager, on va dire, survivre dans l'eau, la brasse et je voulais vraiment apprendre à nager le crawl et donc à ce moment-là, j'ai débuté avec Handisport Valence.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Je crois qu'en septembre, je prenais ma licence et en octobre, ils me mettaient sur une première compétition de natation, alors que je ne savais pas aligner 50 mètres sans boire la tasse.
- Speaker #1
C'est la meilleure façon d'apprendre. C'est ça.
- Speaker #0
Et donc voilà, j'ai commencé par la natation.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Alors, je voulais juste apprendre à nager. Et finalement, j'ai pris le doigt aux compétitions. Et après, je ne sais pas d'où l'idée m'est venue, mais j'ai dit je veux faire un premier triathlon. Donc au départ, je l'ai fait en binôme, un peu en relais. Moi, j'avais fait la natation, on avait fait le vélo en tandem.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et lui, il avait fait la partie course à pied. A cette époque, je ne connaissais pas les solutions. Et suite à ça, la fédération de triathlon organise des journées de détection. Et donc, j'ai participé à ces journées de détection. De détection de sportifs, du coup,
- Speaker #1
c'est ça ? C'est de détection de sportifs ?
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Ça nous permet un petit peu de voir aussi dans quelle catégorie on va être pour concourir. Et donc, on m'a confirmé que je serai en catégorie, ce qu'on appelle les catégories fauteuils, ou PTWC en anglais. Et donc, à ce moment-là, on fait le vélo en handbike. Donc, c'est les vélos couchés. et la course se fait en fauteuil de course.
- Speaker #1
Parce que moi,
- Speaker #0
je ne peux pas courir avec une prothèse.
- Speaker #1
Oui, ok. D'accord. Et donc, au début, tu as dit que tu as fait du tandem. Donc, le tandem, c'était un vélo classique ?
- Speaker #0
Oui, parce qu'en fait, ça, je le faisais déjà il y a un moment. On faisait du tandem avec mon père. On avait trouvé que c'était une bonne solution pour que je fasse du vélo.
- Speaker #1
Oui, ça marchait bien ?
- Speaker #0
Ça a marché, oui.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Après, en paratriathlon, les tandems, c'est réservé aux déficients visuels.
- Speaker #1
D'accord, ok. Donc là, c'est le handbike ? Non,
- Speaker #0
c'est handbike.
- Speaker #1
D'accord. Et donc après, tu t'es inscrite au Valence Triathlon Club ? Oui,
- Speaker #0
c'est ça. Je nageais avec Andisport et j'ai dit je vais me licencier aussi au Valence Triathlon. Ça me permettait d'avoir des créneaux déjà natation supplémentaires et aussi de découvrir la discipline du triathlon.
- Speaker #1
Ok, très bien. Merci beaucoup. Donc, tu es également professeure des écoles de maternelle ? Comment est-ce que tu arrives à concilier ton métier et le sport ? Parce que le sport de haut niveau, ça prend beaucoup de temps. Surtout le triathlon, comme on a dit. Donc, c'est trois disciplines, trois sports en une discipline. Comment est-ce que tu arrives à concilier un peu tout ça ?
- Speaker #0
Ce n'est pas facile tous les jours. Comme je disais, on fait Tetris avec l'emploi du temps. Mon entraîneur me donne mes séances d'entraînement le dimanche. Et donc, le dimanche, je passe un petit moment à caler ma semaine. Donc, en général, je m'entraîne quand même le soir après l'école, mais il m'arrive de me lever tôt pour y aller aussi avant. Et après, j'ai quand même la chance d'avoir les mercredis où je ne travaille pas. Donc, ça me permet d'aller à minima deux entraînements. Le samedi et le dimanche, pareil, on va dire deux entraînements. Et puis, il y a les vacances scolaires, ça nous permet aussi de faire un petit peu plus de volume. Donc, c'est quand même... confortable aussi.
- Speaker #1
Oui, donc dès que tu as du temps libre, finalement, c'est entraînement.
- Speaker #0
Dès qu'il y a du temps libre, c'est entraînement. Donc,
- Speaker #1
il n'y a pas de pause pour toi, finalement. Tu n'arrives pas forcément à prendre du temps pour toi, des pauses quand même ?
- Speaker #0
Si, si, on y arrive. Et ce n'est pas facile.
- Speaker #1
Oui, parce que c'est important quand même. Tu es bien entourée, bien accompagnée dans le club. Il y a quand même quelqu'un qui t'aide pour, je ne sais pas, gérer ton emploi du temps ou autre, pour t'aider à gérer un peu tout ça. Alors,
- Speaker #0
du coup, j'ai un entraîneur qui n'est pas... Il ne fait pas partie du club, qui est externe au club. Mais oui, du coup, il m'aide aussi à gérer ça. Puis c'est lui qui gère les temps de repos, on va dire un petit peu avant qu'on pète, après qu'on pète. Oui,
- Speaker #1
donc il t'aide quand même à savoir quand est-ce qu'il faut se reposer. Après,
- Speaker #0
c'est vrai que je remodèle aussi un petit peu des fois ce qu'il me...
- Speaker #1
Bah oui, ce qu'il me donne. Ce qui te convient.
- Speaker #0
Entre le boulot, puis il y a aussi le... La partie élu municipal qui prend aussi du temps.
- Speaker #1
C'est vrai qu'il y a ça aussi. Donc des fois,
- Speaker #0
je remodèle un petit peu son emploi du temps, mais en général, tout arrive à rentrer.
- Speaker #1
D'accord. Et donc, tu as deux coachs ou c'en est qu'un qui ne fait pas partie du Valence Triathlon ? Ou alors tu as les deux quand même ?
- Speaker #0
Mon entraîneur principal ne fait pas partie du Valence Triathlon. Après, par exemple, pour la natation, je fais quasiment la grosse majorité. Ce sont les entraînements club et donc là, ce sont les entraîneurs du club.
- Speaker #1
D'accord. Ok. Donc maintenant, on va parler de ton vécu. Donc si tu veux bien nous en parler, depuis quand est-ce que tu es en situation de handicap ? Qu'est-ce qui t'est arrivé ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Speaker #0
J'ai eu un ostéosarcome, donc c'est une tumeur osseuse, à l'âge de 8 ans. Donc on m'a amputée à l'âge de 8 ans.
- Speaker #1
Ok. Donc depuis finalement assez petite, tu as réussi à faire avec le handicap que ça t'a amené ?
- Speaker #0
C'est ça. Après, je pense que les enfants, on s'adapte bien plus rapidement, en tout cas qu'un adulte. Donc finalement, l'adaptation a été assez rapide.
- Speaker #1
Ok, tu n'as pas de souvenirs comme quoi ça a été trop difficile de s'adapter pour toi ou même la famille aussi ?
- Speaker #0
La famille sûrement plus que moi peut-être. Après, la seule chose qui a été difficile pour moi, c'était de mettre une prothèse. Je l'ai refusé vraiment pendant très très très longtemps. J'étais amputée à 8 ans et ma première prothèse que j'ai vraiment mise, pas pour faire plaisir à mes parents ou leur faire des défilés à la maison, j'étais au lycée, j'avais 17 ans.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc en fait, de mes 8 ans à 17 ans, je me suis déplacée avec mes béquilles, sans prothèse ou avec le fauteuil des fois quand ça le nécessitait.
- Speaker #1
Oui, parce que tu n'avais pas envie d'en avoir ?
- Speaker #0
C'était... j'avais pas envie et puis je pense que... À ce moment-là, peut-être que les prothésistes... Mon amputation, elle est quand même un peu compliquée. C'est une désarticulation de hanche. Donc, ce n'est pas très facile. Donc, on me présentait des prothèses qui étaient très, très lourdes à porter. Pas très confortables. Et finalement, il a fallu que je monte à Paris pour me faire appareiller.
- Speaker #1
Oui, du coup, tu étais peut-être mieux sans prothèse. Oui, complètement.
- Speaker #0
J'allais plus vite. J'avais plus de liberté.
- Speaker #1
Tu sentais plus à l'aise. D'accord. Et donc, maintenant, là, tu as une... Oui,
- Speaker #0
au quotidien. Là, je ne la mets pas les mercredis parce que je vais enchaîner l'entraînement.
- Speaker #1
Oui, pour l'entraînement, tu ne la mets pas du coup ?
- Speaker #0
Non, non, du tout. Par contre, je la mets au quotidien pour travailler, sortir.
- Speaker #1
Ok, d'accord. Donc, est-ce que le sport, tu étais jeune, mais il faisait déjà partie de ta vie avant ton accident ? Ou alors, est-ce que c'est venu petit à petit ? Comment ça s'est passé ?
- Speaker #0
J'en ai toujours fait. Après, ça ne prenait pas. autant de place que ça peut prendre maintenant. Mais oui, j'ai toujours fait du sport. Après mon amputation, j'ai découvert l'équitation et j'ai fait très, très longtemps de l'équitation. Après, je ne connaissais pas du tout le milieu du handisport. Donc, on trouvait des petites adaptations, mais je n'ai jamais fait de compétition.
- Speaker #1
En étant petite ? Non. Tu as essayé plusieurs sports pour voir ce qui te convenait le mieux ?
- Speaker #0
Avant mon amputation, oui, j'ai testé pas mal de choses. Et après, j'ai fait exclusivement de l'équitation.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Pendant une dizaine d'années, j'ai fait de l'équitation, mais pour loisir.
- Speaker #1
Et puis d'un coup, le crossfit et la natation qui sont venues.
- Speaker #0
Il y a eu une période, on va dire, pendant les études supérieures où j'ai vraiment rien fait.
- Speaker #1
C'est vrai que c'est souvent compliqué d'allier un peu le sport, les études. C'est ça.
- Speaker #0
Et j'ai arrêté l'équitation, on va dire, après une chute. Et j'ai eu des broches pendant un moment au coude, donc ça a arrêté net, on va dire, l'équitation. Et je n'ai jamais repris.
- Speaker #1
D'accord. Donc pour toi, tu dirais que le sport, ça t'a aidé à te reconstruire suite à... Du coup, tu ne t'en souviens peut-être pas trop vu que tu étais jeune, mais c'est quoi qui t'a le plus aidé ? Pas forcément,
- Speaker #0
mais de toute façon, je pouvais quand même faire une activité, qui n'était quand même pas facile non plus en étant amputée. Donc ça me permettait de faire une activité. Après, ça ne m'a pas forcément aidée à me reconstruire. Je n'ai pas cette sensation-là.
- Speaker #1
Oui, parce qu'en plus, tu étais jeune. Oui, c'est ça. Tu n'as peut-être pas ce souvenir-là. Non,
- Speaker #0
on ne vit pas de la même façon en étant enfant. Je dirais qu'aujourd'hui, ça m'aide quand même à construire un projet de vie.
- Speaker #1
Donc là, on va parler surtout d'accessibilité. dans le sport, dans les clubs. C'est vrai que d'après le ministère des Sports, il y a seulement 47% des personnes qui vivent avec un handicap qui font une activité physique. Donc c'est assez peu, 47%. Et d'après l'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire, il y a 160 000 clubs sportifs qui sont affiliés et seulement 6 000 structures qui sont référencées dans le Handiguide. Donc le Handiguide, on y reviendra tout à l'heure, c'est un guide où sont référencées les structures. qui peuvent accueillir des personnes en situation de handicap. Donc, c'est vrai qu'on voit que finalement, les clubs accessibles, il n'y en a pas non plus énormément. Est-ce que toi, tu trouves que c'est difficile de trouver un club quand on est en situation de handicap ?
- Speaker #0
Déjà, je pense que selon où on vit, ça peut être plus ou moins facile. Moi, je vais prendre mon exemple. Du coup, j'ai grandi à la campagne quand même. Et en fait, l'handisport, j'en ai entendu parler, des clubs handisport. J'en ai entendu parler en arrivant à Valence, à la campagne, on ne connaissait pas ça. Alors je pense que maintenant avec tous les réseaux d'informations, puisque le sport a peut-être pris une place on va dire un peu plus importante dans la société qu'il y a une vingtaine d'années. Mais avant, on n'entendait pas du tout parler. Et puis, si les parents ne font pas l'effort aussi d'aller chercher, de creuser vraiment et de se renseigner, ça ne saute pas aux yeux que ça existe. Oui,
- Speaker #1
et puis du coup, il faut vraiment se renseigner. C'est ça,
- Speaker #0
il faut vraiment se renseigner. Mais il y a quand même des structures qui existent. Parce que moi, je suis arrivée à Valence Centre du Sport. Et du coup, je suis arrivée au sein d'un groupe de nageurs qui ont appris à nager en étant... enfant et en ayant déjà un handicap. Donc voilà, il y a quand même des structures qui existent. Mais il faut aller, il faut faire aussi l'effort, je pense, d'aller chercher les informations. Il y a encore du travail, on va dire, pour développer.
- Speaker #1
Oui, parce qu'au final, toi, tu t'es mis assez tard dans le club Valence en e-sport. Tu avais quel âge ?
- Speaker #0
J'avais 24, 25 ans.
- Speaker #1
Oui, et parce que tu l'as connu à ce moment-là et qu'avant, tu ne connaissais pas forcément ? Oui,
- Speaker #0
j'avais peut-être, j'avais jamais fait l'effort en fait de me renseigner non plus. Même quand je faisais de l'équitation, finalement, on ne s'était jamais vraiment renseigné sur comment ça se passait en compétition pour les athlètes paras. Et au club,
- Speaker #1
ils ne t'avaient pas renseigné non plus ? Au club d'équitation, ils ne t'avaient pas forcément renseigné ?
- Speaker #0
Non, je n'étais pas dans une démarche non plus de faire de la compétition. Donc, on avait trouvé, après, ils avaient fait les efforts, on avait trouvé plein de petites adaptations. Oui, ils se sont adaptés. En tout cas, voilà. J'étais la seule en situation de handicap comme ça au club. Ils ont fait l'effort de m'intégrer. Pareil, quand j'ai poussé la porte de la salle de CrossFit, j'étais la seule amputée. Tout le monde a cherché des adaptations à chaque mouvement.
- Speaker #1
C'est vrai que c'est important de pouvoir faire ça. Pour toi, qu'est-ce que tu dirais qui facilite l'intégration dans un club sportif quand on est en situation de handicap ? Donc là, on parle de tout type de handicap. Ça peut être aussi des personnes qui sont en fauteuil. Qu'est-ce qui pourrait faciliter l'intégration dans un club ?
- Speaker #0
Je pense qu'il faut que les clubs soient un peu plus informés, en tout cas sur le handicap. C'est vrai que ce n'est pas évident quand on ne connaît pas de personnes en situation de handicap. Ça fait toujours un petit peu peur. Il y a des handicaps plus faciles à intégrer que d'autres quand même. Tout ce qui est handicap moteur, ça reste assez facile. Quand les équipements sont adaptés...
- Speaker #1
Mais est-ce qu'ils le sont toujours, les équipements ? Est-ce qu'ils sont toujours adaptés ?
- Speaker #0
Alors moi, en fait, je ne le vois pas... Je dirais oui qu'il y a quand même beaucoup d'équipements adaptés parce que je suis très mobile avec mes béquilles, je monte des escaliers. C'est vrai que j'ai des amis qui sont en fauteuil roulant et quand je suis avec eux, je me rends compte que ce n'est pas si évident que ça.
- Speaker #1
C'est quoi les plus durs quand on est en fauteuil, par exemple, qui peut être le plus contraignant ?
- Speaker #0
Il faut qu'il y ait des ascenseurs. Des fois, il y a des petites marches et on ne se rend pas compte que deux petites marches, ça bloque totalement la personne. Si on prend la piscine, des fois, les sanitaires, ce n'est pas évident.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai que comme là, par exemple, il y a des escaliers, il n'y a pas forcément d'ascenseur. C'est vrai que dans les structures au quotidien, quand on n'est pas en fauteuil, on ne s'en rend pas compte. Est-ce que, comme on l'a dit, tu étais assez jeune, mais est-ce que tu as senti le regard des autres ? Est-ce qu'il y a le regard des autres qui t'a gênée, qui a eu un rôle dans l'acceptation de ton handicap ?
- Speaker #0
Le regard des autres, il y est tout le temps de toute façon, mais en fait, je m'en suis vite affranchie, je crois. Mais là, c'est pareil. Je pense que vraiment, les enfants, on s'adapte, mais vraiment rapidement. Et tant pis, les gens nous regardent.
- Speaker #1
Et aujourd'hui, tu fais plus attention ou moins attention au regard des autres ?
- Speaker #0
Je n'y fais pas attention. Tu ne fais pas attention du tout ? À moins vraiment que les regards soient très insistants, mais sinon, je n'en fais absolument pas attention. Et c'est vrai que souvent, c'est des gens qui sont à côté de moi. Si je me promène avec des amis, ils vont me dire, mais tu remarques qu'on te regarde ? Pas du tout.
- Speaker #1
Ah oui ? Oui, mais donc, il y a quand même les personnes qui ont un regard plus insistant.
- Speaker #0
C'est souvent... Après, les enfants, souvent, sont des regards interrogateurs. Oui.
- Speaker #1
Et les enfants, peut-être, posent la question directement. Des fois, posent la question. Oui, oui. Moi,
- Speaker #0
ça ne me dérange pas du tout de répondre. Ce qui me dérange des fois, c'est quand c'est les parents qui...
- Speaker #1
Ah,
- Speaker #0
oui. Qui prennent un petit peu leur enfant en disant, non, non, on ne pose pas de questions. Ah oui,
- Speaker #1
d'accord. Oui, au fait, au contraire. Alors, je dis, non, non,
- Speaker #0
en fait, non, c'est normal. Il n'a jamais vu une personne comme ça. Moi, je peux répondre, il n'y a pas de problème.
- Speaker #1
Oui, donc tu arrives à en parler librement et ouvertement avec les enfants que tu as en classe.
- Speaker #0
Mes élèves, pour le coup, comme je suis en prothèse, c'est des petits, ils se rendent compte que je boite un petit peu quand je marche, mais ils ne s'en rendent absolument pas compte. Il n'y a que là, en été, quand je mets des sandales, qu'ils voient que mon pied est un peu différent. Je leur ai expliqué à ce moment-là, mais sinon... Ça leur passe au-dessus.
- Speaker #1
Ok. Donc là, on a parlé un peu du regard des autres, de l'accessibilité. Donc là, dans un club, on sait qu'il y a aussi des éducateurs, des coachs, des bénévoles. Si un éducateur, il accueille pour la première fois une personne en situation de handicap, est-ce que tu auras un conseil à lui donner ?
- Speaker #0
Il faut échanger un petit peu en amont avec la personne. Surtout s'il n'a jamais eu de personne en situation de handicap, il faut... Lui poser des questions sur son handicap, est-ce qu'il a déjà pratiqué cette discipline ou d'autres disciplines. Il faut échanger tout simplement un petit peu en amont.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai que finalement d'échanger, après on peut trouver des solutions ensemble, même si le lieu n'est pas forcément accessible. Des fois d'échanger, ça permet de se rendre compte qu'en fait on peut faire autrement. D'après une étude qui a été menée par le CPSF et l'ANS, le Comité Paralympique Sportif Français, il y a trois principaux freins à la pratique d'une activité physique chez des personnes en situation de handicap qui vivent à domicile. Il y a les douleurs et la fatigue liées au handicap, il y a le manque d'informations sur les équipements sportifs ou les offres adaptées au handicap, et il y a les lieux de pratique qui sont souvent trop éloignés et le coût d'achat du matériel qui est trop cher. Qu'est-ce que tu en penses, toi, de ça ? Est-ce que tu te reconnais là-dedans ?
- Speaker #0
Oui. Alors, je dirais que nous, pour le paratriathlon, en tout cas, c'est, on va dire, l'accessibilité au matériel et le coût. Pour moi, dans ma situation, en tout cas, les structures, elles sont assez, on va dire, accessibles. Et pour moi, le frein le plus important, ça a été de trouver du matériel et le coût du matériel.
- Speaker #1
Oui, parce qu'en plus, du coup, tu as besoin de fauteuils.
- Speaker #0
Un vélo et un fauteuil.
- Speaker #1
Un fauteuil de course. C'est ça. Et pour la natation, il n'y a pas besoin de matériel ?
- Speaker #0
Pas de matériel spécifique.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
d'accord. On a une combinaison, comme tous les autres nageurs, combinaison lunettes, pas de matériel spécifique.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Le reste est assez suffisant.
- Speaker #1
Oui, j'imagine. Et comment ça marche pour ce matériel ? On a pu te renseigner sur ce qu'il fallait pour la discipline. Est-ce qu'il y a des aides financières ? pour le matériel ?
- Speaker #0
Pour se renseigner, là aussi, il faut faire des efforts. Il faut aller à la source. Heureusement, on va dire que les athlètes s'aident quand même pas mal entre nous. J'ai eu la chance de rencontrer Mona Francis. Elle a fait les Jeux Paralympiques en triathlon en 2024 à Paris. Elle m'a beaucoup aidée. Les deux fauteuils que j'ai eus, c'est elle qui me les a... gentiment donné pour le premier. Puis le deuxième, là, elle me l'a vendu récemment. Après, pour le vélo, j'ai démarré avec du matériel de prêt. Donc là, c'était le club de Montélimar Triathlon. Ils sont bien, on va dire, calés sur le paratriathlon. Donc c'est eux qui m'ont prêté les premiers équipements. Et après, j'ai investi, j'ai acheté.
- Speaker #1
Donc c'est pour ça qu'il faut être dans un club. Parce que là, si on n'est pas dans un club... On ne peut pas nous prêter le matériel, donc c'est tout de suite plus compliqué.
- Speaker #0
C'est ça. Et après, tous les clubs n'ont pas...
- Speaker #1
Donc ça ne fait pas longtemps que tu as ton matériel ?
- Speaker #0
Le vélo, j'en ai trouvé un d'occasion quand même assez rapidement. Ce n'est pas facile de trouver d'occasion. Et là, cette année, j'ai pu en acheter un neuf. Et le fauteuil, c'est le troisième que j'ai. Donc c'est Mona Francis qui me l'a vendu. Elle a changé de catégorie, donc elle s'est séparée de son matériel. Donc là, on va dire que je suis, pour un moment, bien installée.
- Speaker #1
Et donc, il n'y a pas d'aide financière pour le matériel ? Ou alors, il faudrait creuser encore plus pour voir si...
- Speaker #0
Après, on peut faire appel... Il y a des fondations, par exemple, qui vont nous aider. Il y a beaucoup d'athlètes aussi qui passent par des associations. Ma famille et les amis... l'entourage, ils ont décidé de créer une association. Une association à ton nom ?
- Speaker #1
On a mené, on va dire, des actions.
- Speaker #0
On a mené quelques actions pour pouvoir financer, en tout cas, le vélo.
- Speaker #1
OK. C'était quoi les actions, par exemple, que vous avez menées ?
- Speaker #0
On a organisé, dans mon village, on a organisé des concours de pétanque parce que c'est ce qui marche chez moi, donc ça a bien marché. Combien ? Voilà, ça m'a bien aidée. Et on a organisé aussi une course, pareil, dans mon village. Ça ne se faisait pas. Mon père... Il en rêvait depuis longtemps, je crois, d'organiser une course. Donc, ça a été un peu l'excuse. C'était très bien.
- Speaker #1
Oui, c'est chouette.
- Speaker #0
Puis après, il y a la famille qui aide. Mes principales sponsors, ce sont mes parents pour l'instant.
- Speaker #1
D'accord. Donc, on parle du coût du matériel. Donc, si on n'en a pas finalement et si on n'a pas forcément les moyens, en fait, ça peut être un frein très important. Et donc, on est obligé, par exemple, de choisir une autre discipline. Est-ce que toi, tu as choisi le triathlon parce que c'était une discipline qui te paraissait adaptée ou alors c'est vraiment ce qui te plaisait ? Parce que je sais que quand il y a des personnes qui sont en situation de handicap, elles n'osent pas forcément faire le sport qui leur plaît et donc elles vont sur une discipline qui est plus facile. Est-ce que toi, ça a été le cas ? Est-ce que si on ne peut pas acheter le matériel, tu penses que c'est le cas ?
- Speaker #0
Je pense que oui, ça peut être le cas forcément pour certaines personnes. Moi, c'est vraiment ce qui me plaisait, c'était vraiment ce que je voulais faire. Donc, j'ai persévéré. Mais c'est sûr que ça peut être un frein. Oui, parce que là,
- Speaker #1
sans le matériel... Ça peut être un frein énorme.
- Speaker #0
Si on n'a pas les moyens et qu'on ne trouve pas des aides pour des financements, oui, ça peut être un frein.
- Speaker #1
Oui, on est obligé de changer de pratique finalement. C'est ça. Oui. ou d'arrêter la pratique. Donc là, on va aussi parler, on a parlé des coachs, des bénévoles. Là, on va également parler des clubs et aussi des clubs qui ne sont pas forcément référencés dans le handy guide et qui ne sont pas dits, entre guillemets, accessibles. Pour toi, ce serait quoi un club accessible aujourd'hui ?
- Speaker #0
Un club accessible, c'est déjà le club qui... fait l'effort d'accueillir des personnes en situation de handicap. Rien que la démarche d'avoir une personne en situation de handicap dans le club, c'est déjà un bel effort en tout cas. Et puis ceux qui vont se renseigner pour faire évoluer la pratique, ou même après il y a des clubs qui organisent des compétitions accessibles aux paras.
- Speaker #1
Oui, finalement il n'y a pas besoin d'avoir... Plein de matériel adapté pour être un club accessible, en fait. Il faut juste avoir la volonté.
- Speaker #0
Selon les pratiques, en plus, des fois, il n'y a pas forcément de besoin de matériel. Oui,
- Speaker #1
mais je sais que ça peut être un frein pour certains clubs de se dire, en fait, nous, on ne peut pas, on a des escaliers, ou alors on n'a pas d'argent pour le matériel. Mais finalement, juste d'être ouvert à ça. Et d'essayer de trouver des solutions. Voilà, c'est ça, de pouvoir communiquer librement et d'être ouvert sur ça.
- Speaker #0
Après, je pense que maintenant, les clubs peuvent avoir quand même l'appui. La Ligue, je sais, par exemple, on part à triathlon, ils sont capables d'aider les clubs pour trouver du matériel. Maintenant, les clubs ont quand même pas mal d'appui.
- Speaker #1
Oui, ils peuvent avoir des aides. Donc finalement, il y a beaucoup de clubs qui, là, n'accueillent pas forcément de personnes en situation de handicap et qui pourraient accueillir tout le monde. Donc, on n'a pas encore parlé de ton engagement en tant qu'élue. à la ville de Valence. Pourquoi est-ce que tu as souhaité t'engager en tant qu'élue ? Pourquoi est-ce que c'était important pour toi d'apporter ton regard et de t'impliquer dans la vie collective ?
- Speaker #0
Ça s'est fait un peu au hasard. C'est mon entraîneur de natation qui m'a embarquée dans cette aventure. Au départ, je n'étais pas positionnée pour être au conseil municipal. Puis, au dernier mandat, j'ai rejoint l'équipe en cours de route. Ça m'a bien plu de découvrir, on va dire, comment ça se passait, l'organisation, on va dire, municipale. Et pour ce nouveau Vendée, j'ai décidé de repartir. Et ça me tenait quand même à cœur d'avoir des délégations différentes de ce que j'avais auparavant. Donc là, forcément, je suis au sport. Et je m'occupe également du conseil municipal des jeunes. Ça me tenait vraiment à cœur de... pouvoir partager avec les jeunes les valeurs, on va dire... républicaine, mais aussi plein d'autres choses qu'on fait passer aux jeunes. Donc c'était les deux sujets qui me tenaient à cœur, c'était d'avoir le sport, le milieu associatif et puis d'intervenir auprès des jeunes.
- Speaker #1
D'accord. Et dans le sport, du coup, c'est quoi que tu défends concrètement ? Moi,
- Speaker #0
ma délégation, c'est sport et qualité de vie. D'accord. Donc forcément, je vais être un petit peu plus sur tout ce qui touche le sujet. Du handicap aussi. Si je peux aussi me servir de mon rôle d'élue pour pouvoir développer ça.
- Speaker #1
Et c'est difficile de faire bouger les choses dans ce milieu-là où tu sens que les gens sont globalement ouverts ?
- Speaker #0
Moi, je trouve que les gens sont globalement ouverts. Mais je suis une nature optimiste, alors il y en a qui ne seraient pas d'accord avec moi. Mais je trouve que oui, les gens sont assez ouverts. Après, il faut, je pense, offrir un peu plus de visibilité. En tout cas, il y a plein de choses qui se font. À Valence, dans plein d'autres villes, dans tout le bassin de Romoy, mais il faut plus de visibilité. C'est ce qui manque. Mais parce qu'il y a plein de choses sympas qui se font. Je prends l'exemple des Jeux de l'Avenir qui ont eu lieu à Valence il y a quelques semaines. C'est un événement quand même assez important, c'était vraiment chouette. Il manquait un petit peu de public, de personnes qui viennent voir.
- Speaker #1
C'est vrai que le rôle des réseaux sociaux, finalement, ça passe par là aussi. Ça aide à donner de la visibilité à ces événements comme ça. Est-ce que tu aurais un message que tu aimerais transmettre aux pratiquants ? Puisqu'on a vu qu'il n'y a pas beaucoup de personnes qui sont en situation de handicap qui pratiquent une activité physique, et notamment parce qu'ils n'ont pas forcément accès aux informations, par exemple, ou au matériel. Est-ce que tu aurais un message à faire passer à ces personnes qui hésitent à pousser la porte d'un club, même si c'est un club qui n'est pas forcément accessible ? ils pourraient très bien y aller et se renseigner et demander si c'est possible. Et on leur dirait peut-être oui. Est-ce que tu as un message à leur faire passer ? Comment les convaincre d'aller pratiquer du sport ?
- Speaker #0
Il ne faut pas avoir peur de pousser la porte d'un club, d'essayer. Après, s'il y a un refus, ce sera peut-être le club de la ville d'à côté qui acceptera. Oui, je pense qu'il y en a qui refusent. Ce n'est pas évident, mais après... C'est quand même important. De toute façon, même rien que pour la santé, je ne parle pas forcément de compétition et d'aller dans la performance. Mais il faut quand même essayer de pratiquer une activité sportive au quotidien. Donc, il faut faire l'effort de se renseigner. Il ne faut pas hésiter.
- Speaker #1
Toi, tu as eu des refus déjà quand tu as poussé la porte d'un club ? Non,
- Speaker #0
je suis arrivée dans des clubs où il y avait déjà des personnes intégrées en situation d'handicap. Donc, ça a été...
- Speaker #1
Au Valence Triathlon, il y avait déjà des personnes en situation de handicap ? Oui. D'accord. Vous êtes nombreux ? Il y a beaucoup de monde ?
- Speaker #0
On est deux.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
À faire vraiment de la compétition, on est deux. Après, il y a d'anciens nageurs qui pratiquent aussi au Valence Triathlon en situation de handicap.
- Speaker #1
Ok. Donc là, ça fait combien de temps que tu fais du triathlon ?
- Speaker #0
Premier triathlon, c'était fin 2023. Donc ça fait trois ans.
- Speaker #1
Et tes premières compétitions, c'était pas trop stressant ?
- Speaker #0
Les premières, non, parce que j'avais du matériel de prêt. C'était un petit peu... Si j'arrive jusqu'au bout sans problème, ça sera déjà très, très bien.
- Speaker #1
Il n'y avait pas la notion de performance.
- Speaker #0
Il n'y avait pas la notion de performance sur les premiers, pas du tout. C'était vélo de prêt. Je pense que sur le premier, j'ai déraillé deux fois. Je ne savais pas du tout, en plus, comment remettre tout ça en place. Il a fallu qu'on m'aide. Le fauteuil n'était pas du tout adapté. Je ressortais avec des bleus énormes sur les bras. Enfin bon, c'était si je finis, c'est très bien.
- Speaker #1
Et la notion de performance est venue après. Après, oui. Et donc là, tes objectifs pour les prochaines années, les prochains mois, niveau performance sportive, c'est quoi ?
- Speaker #0
Je vais essayer de continuer. Là, je fais des étapes de Coupe du Monde. J'aimerais bien, pourquoi pas, essayer de franchir, on va dire, l'étape au-dessus. Et puis là, cette année, je prépare aussi un triathlon longue distance. dans une semaine et demie. Je fais là le Fireman des Sables d'Olonne.
- Speaker #1
D'accord. Donc là, les distances, c'est quoi ? Tu peux nous les rappeler ?
- Speaker #0
En natation, 1,9 km, 90 de vélo et 21 de course.
- Speaker #1
D'accord. Ah oui.
- Speaker #0
Ça change du format paratriathlon où on fait des sprints, donc vraiment de très courtes distances.
- Speaker #1
Ah oui, d'accord. En paratriathlon,
- Speaker #0
la version paralympique, c'est un S. D'accord.
- Speaker #1
Ok. Très bien. On te souhaite beaucoup de courage, en tout cas, pour ces prochaines étapes à venir. Merci beaucoup. On a été vraiment ravis de t'avoir avec nous pour ce podcast.
- Speaker #0
Merci à vous pour l'invitation.
- Speaker #1
Pas de souci. Puis bonne continuation. Merci. Donc maintenant, après avoir accueilli Élise Laurent, on accueille notre expert pour parler d'accessibilité et de handicap dans le sport avec Benoît Chanal. Bonjour Benoît.
- Speaker #2
Bonjour Léane.
- Speaker #1
Comment vas-tu ?
- Speaker #2
Très bien, merci beaucoup pour l'invitation.
- Speaker #1
Donc je te laisse te présenter, nous dire où est-ce que tu travailles, qu'est-ce que tu fais ?
- Speaker #2
Je travaille pour le comité paralympique et sportif français, je suis référent sur la région Auvergne-Rhône-Alpes. Et donc les missions du CPSF, c'est vraiment d'avoir un rôle institutionnel d'accompagnement du mouvement sportif. Justement pour structurer une offre de pratique pour les personnes en situation de handicap auprès des fédérations membres du comité paralympique. On a plus de 50 fédérations maintenant qui sont membres et aussi un rôle de plaidoyer auprès des collectivités. Parce que finalement, aux différents échelons de collectivités, que ce soit une commune, une communauté de communes, un département, une région, elles peuvent mettre aussi en place des politiques parasportives. Et donc, on a ce rôle aussi d'accompagnement des collectivités sur ce sujet de l'accessibilité et de l'accès au sport.
- Speaker #1
Oui, d'accord, merci. Donc là, maintenant, pour ton rôle d'expert, on va surtout parler des dispositifs qui existent au niveau national, aussi au niveau du territoire, on y reviendra après. Voilà, pour pouvoir un peu guider les personnes qui ont des questions, qui, par exemple, on cherche un club et qu'on ne sait pas forcément où se tourner, comment faire. Donc là, on va aborder surtout ces sujets-là. Donc, qu'est-ce que tu peux nous dire ? On a parlé du Handiguide dans le podcast avec Élise tout à l'heure. Est-ce que tu peux nous en parler un peu plus ?
- Speaker #2
Oui, complètement. Le Handiguide, c'est un outil très intéressant pour les pratiquants puisque c'est un outil, une plateforme qui est portée par le ministère des Sports et qui recense les clubs qui se déclarent comme étant pas accueillants. Donc, c'est un outil déclaratif. C'est les clubs qui doivent se déclarer sur la plateforme. Et ce qui permet pour les pratiquants d'avoir une idée des clubs qui sont à proximité de chez eux et de l'offre de pratique que les clubs peuvent proposer. Peut-être en complément aussi, parce que finalement, on a aussi des pratiquants parfois qui ne savent pas quel sport ils ont envie de pratiquer. Et on a développé au niveau du comité paralympique un outil qui s'appelle Trouve ton parasport et qui permet aux personnes qui ne sauraient pas vraiment vers quel sport aller À travers quelques questions, en fait, de pouvoir identifier des disciplines qui répondent à leurs envies, à leurs attentes et du coup, qui renvoient derrière vers le handiguide. Donc, ça leur permet d'avoir d'une part une idée des sports qu'elles peuvent pratiquer et d'autre part, d'avoir les clubs qui sont à proximité de chez elles pour pouvoir pratiquer ce sport.
- Speaker #1
D'accord. Donc après, c'est vrai qu'on a vu qu'il n'y avait pas beaucoup, enfin, qu'il y avait quand même beaucoup de plus en plus de clubs qui sont recensés dans le handiguide, mais pas tous les clubs. Et c'est vrai que des fois, finalement, il faut oser aller frapper à la porte d'un club qui n'est pas forcément référencé, si la pratique nous intéresse. Et des fois, c'est des clubs qui seront peut-être ouverts quand même à essayer d'adapter. Mais là, sinon, c'est des clubs qui sont vraiment accessibles pour les personnes en situation de handicap.
- Speaker #2
Oui, complètement. Les clubs qui sont identifiés dans le Handiguide, elles renseignent aussi quel type de public elles peuvent accueillir parce qu'elles ne sont pas forcément... en capacité d'accueillir tous les publics, mais ça permet en tout cas, et c'est le plus important aussi aux pratiquants, d'avoir l'information sur la capacité d'accueil des clubs. Après, effectivement, comme tu l'as dit, il y a beaucoup de clubs qui ne sont pas recensés dans le Handiguide et qui pour autant accueillent des pratiquants. Donc, en fonction effectivement de ces envies, il ne faut vraiment pas hésiter à contacter le club de proximité, même s'il n'est pas recensé sur cette plateforme. Parce qu'encore une fois, il pourra peut-être accueillir en fonction de ses capacités aussi. Ce qu'il est aussi important de rappeler, c'est que tout club sportif peut accueillir des pratiquants en situation de handicap. Au niveau réglementaire, tout diplôme d'éducateur sportif, qu'il soit bénévole ou professionnel, le permet. Donc ça, c'est aussi important de le rappeler, que ce soit au club ou aux pratiquants. Tout club est en mesure d'accueillir.
- Speaker #1
D'accord, oui, donc là, il n'y a pas de normes pour faire partie de ce Handiguide. Et en fait, tout club pourrait s'inscrire là s'ils ne sont pas inscrits et qu'en fait, ils accueillent des personnes en situation de handicap ou qu'ils ont la volonté déjà. Juste avoir la volonté, finalement, suffit pour être dans le Handiguide.
- Speaker #2
Complètement, complètement. C'est simplement un outil aussi de valorisation pour un club de pouvoir faire connaître son offre de pratique. Parce que finalement, et Elise le rappelait aussi tout à l'heure, il y a aussi vraiment cette notion de méconnaissance de l'offre. de pratique, c'est un vrai sujet. Au-delà du fait qu'il y a encore peu de clubs qui sont en capacité d'accueillir, on a vraiment une méconnaissance de l'offre. Cet outil permet aussi de donner la bonne information et au club de faire connaître son offre de pratique. Parce qu'on peut aussi avoir des clubs qui nous disent « Nous, on s'est structurés pour accueillir, nos éducateurs se sont formés, mais pour autant, on n'a pas de pratiquants. » Mais parce qu'ils n'ont pas forcément travaillé aussi sur l'information, la communication. Et donc ça, c'est vraiment un levier hyper important aussi de pouvoir faire connaître son offre de pratique. En plus d'être en capacité de se former pour accueillir.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai que finalement, la communication, c'est aussi un élément essentiel pour pouvoir accueillir tout type de personnes finalement.
- Speaker #2
Oui, complètement. Et en passant par les canaux ordinaires de communication des clubs. Par leur site internet, les réseaux sociaux. Voilà, simplement de donner cette information pour que les pratiquants, comme toute personne quand on va chercher un club, on va sur le site internet du club en question. Et si l'information est claire et lisible, forcément ça donne aussi plus envie de les contacter.
- Speaker #1
C'est sûr. Il y a aussi le dispositif club inclusif. Est-ce que tu peux nous en parler un peu plus ?
- Speaker #2
Oui, complètement. C'est un dispositif qu'on porte au niveau du comité paralympique depuis maintenant cinq ans, qui s'est inscrit dans la feuille de route héritage de l'État pour les Jeux de Paris 2024. Ce programme, c'est un programme de formation des clubs à l'accueil des personnes en situation de handicap. parce que comme je le disais même si tout club sportif peu accueillir et tous les étudiateurs sportifs ont les prérogatives d'encadrement pour le faire. Malgré tout, ils n'ont pas forcément les compétences pour le faire et on les incite fortement à se former de manière complémentaire pour monter en compétence aussi sur cet accueil. Et du coup, ce programme de formation permet et de sensibiliser les encadrants mais aussi les dirigeants. Parce qu'on sait aussi que l'accueil des publics en situation de handicap Ce n'est pas qu'une question de compétence d'encadrant sportif, mais ça doit aussi vraiment s'inscrire dans le projet associatif du club et il faut vraiment sensibiliser les dirigeants. Et donc c'est un programme qu'on propose aux collectivités pour qu'elles puissent justement proposer des sessions de formation au club de leur territoire. Donc ça peut être une commune, ça peut être une communauté de communes ou un département. Et l'idée sur trois jours de formation en présentiel et deux classes virtuelles qu'on fait en visio. C'est vraiment donner les informations de base pour que les clubs, en tout cas, puissent accueillir dans de bonnes conditions. Et donc, voilà, c'est un programme qu'on porte maintenant depuis cinq ans et on a pu former 2600 clubs depuis.
- Speaker #1
D'accord. Ok, c'est chouette comme programme. Et donc, ça fait partie des formations para-accueillantes ou c'est encore autre chose ?
- Speaker #2
Complètement. En fait, la formation para-accueillante a été le dispositif expérimental qui a été... porté en 2021 avec la ville de Paris. Et le programme Club Inclusif, finalement, c'est le déploiement de cette formation par accueillante sur l'ensemble du territoire national. Et donc, qu'on continue d'ailleurs à porter, qui est toujours soutenu par le ministère des Sports.
- Speaker #1
Donc, c'est des formations qui sont gratuites. Ça marche comment ?
- Speaker #2
C'est ça. Le coût, en fait, est porté par les collectivités qui mettent en place la session à 50% avec l'État. Et du coup, la formation est gratuite pour les clubs sportifs. Après, malgré tout, on sait aussi que les clubs sportifs s'appuient beaucoup sur des bénévoles. C'est trois jours de formation en présentiel, souvent en semaine. Donc, même si c'est gratuit pour les clubs, ça demande quand même un engagement aussi humain pour les clubs. Et c'est aussi tout l'enjeu de pouvoir expliquer aux clubs tout l'intérêt qu'ils ont de participer au programme, que ce soit pour monter en compétence sur cet accueil et pour pouvoir aussi valoriser leur offre de pratique.
- Speaker #1
D'accord. Donc après, on peut parler aussi des plateformes Parasport. Je ne sais pas si tu veux nous en parler un peu.
- Speaker #2
Alors, c'est l'outil Trouve ton Parasport, du coup, effectivement, qu'on évoquait et qui est vraiment complémentaire, qui vient en amont, finalement, de l'outil HandiGuide, de la formation Club Inclusif, qui s'adresse vraiment aux pratiquants dans cette logique, justement, de... de pouvoir donner une bonne information sur les possibilités, en tout cas, de sport pour les personnes en situation de handicap.
- Speaker #1
D'accord. Donc après, ce qui va un peu dans ce sens pour trouver son parasport, il y a la relève. Ça permet de repérer les personnes en situation de handicap qui ont un potentiel, c'est ça ?
- Speaker #2
Oui, complètement. Là, on est vraiment sur un programme spécifique qui vise à détecter des pratiquants qui ont un objectif, en tout cas, de compétition et de haut niveau. C'est un programme qu'on organise tous les ans avec un plateau qui regroupe justement tous ces profils de sportifs qui sont inscrits sur la plateforme, où on a du coup une matinée de tests d'aptitude physique avec la présence des fédérations sportives, parce que l'idée derrière c'est vraiment de pouvoir orienter ces pratiquants directement vers les fédérations sportives pour avoir un accompagnement aussi. sur leur projet de compétition. Et du coup, Élise en parlait aussi tout à l'heure, la Fédération française de triathlon a mis en place aussi des journées de détection. On a quelques fédérations comme ça qui le font et qui découlent aussi directement un peu de ce programme finalement qui est multifédération. Mais c'est aussi intéressant d'avoir des fédérations qui commencent à avoir leur propre programme de détection également.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a d'autres dispositifs qui existent au niveau national ou au niveau du territoire dont tu aimerais nous parler ?
- Speaker #2
Oui, on a un dispositif qu'on porte aussi qui s'appelle ESMS et Club, donc ESMS et établissements et services médico-sociaux. Ça s'inscrit aussi dans la dynamique qui est portée aussi par l'État sur le développement en tout cas de la pratique sportive dans les établissements médico-sociaux. Et ce programme-là vise finalement à mettre en lien un club sportif de proximité et un établissement médico-social qui accueille ou accompagne des personnes en situation de handicap, où on vient justement apporter un soutien financier au club pour qu'il puisse proposer un cycle de pratique à des établissements médico-sociaux. Parce que là aussi, finalement, dans ces structures, l'accès au sport n'est pas toujours évident. Il n'y a pas forcément d'éducateur sportif dans toutes ces structures-là. Et donc, ce programme, il permet... Déjà de proposer une activité sportive aux personnes accompagnées et en plus de s'ouvrir aussi vers l'extérieur. Et ça, c'est aussi souvent ce qui est recherché par les établissements, de pouvoir construire des liens avec des clubs sportifs locaux pour pouvoir sortir justement des établissements.
- Speaker #1
D'accord. Merci beaucoup pour toutes ces informations.
- Speaker #2
Merci pour l'invitation.
- Speaker #1
Donc au niveau du territoire de la Drôme. Il y a le comité départemental de handisport qui peut également vous orienter vers des structures. Ils permettent d'accompagner des personnes qui sont en situation de handicap physique ou sensoriel. Ils peuvent donc vous aider à trouver une structure adaptée et un club qui vous convient. Il y a également le comité départemental de sport adapté où ils accompagnent plutôt des personnes en présentant un handicap mental ou psychique ou des troubles du neurodéveloppement. Donc là, pareil, ils pourront, si vous les contactez, également vous aider à trouver une structure adaptée. Donc nous, au CDOS, on peut également vous orienter grâce à la maison Sport Santé. Donc on a un dispositif d'aide à la reprise d'activités physiques adaptées où là, suite à un accident, à une maladie chronique, on peut vous faire passer des tests de conditions physiques et ensuite vous orienter vers une structure qui sera adaptée selon vos besoins. Je tiens à remercier Benoît, notre invité, et merci Élise, Laurent aussi. Je tiens également à vous remercier d'être resté jusqu'au bout et d'avoir écouté le podcast. Je vous rappelle qu'il est aussi disponible en format vidéo sur YouTube et toutes les plateformes d'écoute. Je voudrais également remercier l'équipe de SVD Studio pour l'enregistrement et la vidéo. N'hésitez pas à nous suivre sur tous les réseaux sociaux, notamment Instagram et LinkedIn. et si le contenu vous a plu, n'hésitez pas à commenter, partager et liker. On se retrouve à bientôt pour un prochain épisode. Au revoir !