- Speaker #0
T'es prêt mon petit loulou ? Je suis prêt loulou. T'es prêt ? T'es prêt à décoller avec nous ? C'est parti ! Salut tout le monde, j'espère qu'il y en a qui commencent à connaître cette petite musique qui vous transporte et qui vous amène à grands coups de pédale.
- Speaker #1
Transporter c'est le mot.
- Speaker #0
N'est-ce pas ? Jusque dans tous les coins et recoins du canton, notamment pour aller rencontrer certains de ceux qui font vivre, sourire et battre. le cœur des romans. Salut Yann.
- Speaker #1
Salut Ludovic, on se connaît, non ?
- Speaker #0
On se connaît, c'est vrai, on s'est déjà vus quelque part. Tu ne viens plus aux soirées ?
- Speaker #1
J'ai dit quelque chose, j'ai arrêté, tu sais, je n'avais plus le temps, les gars, c'est tout.
- Speaker #0
Ça se voit. Écoutez, beaucoup de plaisir aujourd'hui pour ce portrait roman d'accueillir mon ami, avant toute chose, et puis un collègue de radio.
- Speaker #1
C'est le fameux samedi matin, de 8h à midi.
- Speaker #0
8h à midi, oui, pour toi. 8h13, pour moi.
- Speaker #1
En tout cas, aujourd'hui,
- Speaker #0
on a quitté les studios de la rue des Bains et de Radio Lac. On salue tous nos copains.
- Speaker #1
C'est sûr. Lausanne aussi.
- Speaker #0
De Lausanne également, bien évidemment. Pour se retrouver à bord, ou presque, du vélo qui parle. Alors, justement, le vélo qui parle, peut-être d'autres de nos auditeurs ne sauront pas bien de quoi ça parle, de quoi il s'agit. Est-ce que tu veux bien, Yann, pour commencer ? Et bien, nous... Décrire un peu où nous sommes, où est-ce que nous sommes, et ce que tu vois autour, et qu'est-ce qu'on va faire ?
- Speaker #1
Alors on est sur une place que je connais pas trop, malgré le fait que je sois né et que j'ai grandi à Genève. On est sur la place Vendée, Petit-Lancy, une très jolie place, très mignonne, avec pas mal de passants, des petits cafés très sympas. Et puis on a installé donc ce super vélo noir, enfin noir, surtout bleu, parce qu'on a installé... Une radio. Installer une radio sur ce vélo. Un studio. Un studio.
- Speaker #0
Un studio à podcast.
- Speaker #1
Un vrai studio. Il y a plus de moyens que dans d'autres radios.
- Speaker #0
Est-ce que l'objet te convainc et est-ce que tu trouves qu'il est beau ?
- Speaker #1
Il est génial. Il est génial. La qualité sonore est géniale. L'objet est beau, très bleu. Honnêtement, non, non, non, c'est magnifique. J'aime beaucoup.
- Speaker #0
Alors évidemment, pour vous, chers auditrices et auditeurs, si vous avez envie de voir à quoi on ressemble, il y aura des photos de Yann. pas nus cette fois-ci, sur les réseaux, et des images bien sûr qui vous permettront de voir comment le vélo qui parle a été construit et comment il nous permet effectivement d'aller à la rencontre des romans. Cette petite chronique, c'est un volet entre guillemets de notre podcast. Il a pour vocation d'une part d'aller à la rencontre de gens partout sur le territoire de Romandie. Pour l'instant, on est un peu encore cantonné à Genève, mais c'est vrai qu'on va aller loin. On ira partout, la francophonie rayonne. Et puis j'aimerais en préciser aussi dans ce prologue pour commencer que le Vélo qui parle est un projet de l'association l'école de la parole, une association qui promeut toutes les valeurs liées à la transition écologique et sociale sur la Romandie et dans le monde en général. Est-ce que tu es sensible Yann aux questions d'écologie et d'écologie sociale ?
- Speaker #1
Je pense qu'on l'est tous d'une certaine façon, on est obligé de l'être. Avec tout ce qui se passe dans le monde, on voit bien que c'est la thématique la plus importante qui est traitée au niveau politique, enfin en tout cas au niveau de notre politique à nous, dans les pays on va dire développés dans le monde occidental. Et oui, je pense qu'on est tous sensibles, alors à degrés différents, ça c'est sûr. Il y en a qui font bien plus attention que d'autres. Je ne me mets pas forcément dans ceux qui font le plus attention en permanence et qui vivent au quotidien avec ce besoin de respecter l'écologie. plus possible, mais je fais des efforts à ma façon. J'ai aussi changé ma façon d'être, je pense, ces dernières années, parce qu'on voit que ça se dégrade, ça se dégrade, et puis on est obligé d'être un peu sensible d'une certaine façon ou d'une autre. Et puis voilà, pour te dire, avant, tu m'as demandé s'il y avait un lieu en particulier qui illustrait un peu cette sensibilité. J'en ai un.
- Speaker #0
Eh bien, on en parlera tout à l'heure, si tu veux bien. Avant de commencer, pour que nos auditeurs sachent qui tu es, est-ce que tu veux bien nous faire une petite présentation ? Ton nom, ton prénom, ton âge ? Où est-ce que tu es né ?
- Speaker #1
Je vais faire différent. J'ai 29 ans. Je suis né à Genève. J'ai grandi à Genève. Je suis très attaché à cette ville. J'ai vécu aussi en France, à Lyon et à Paris. Je m'appelle Yann Reussier, pour ceux qui n'ont pas compris. Je crois que ça a été dit en début d'émission, il me semble.
- Speaker #0
Tu n'as dit que Yann.
- Speaker #1
Ce n'est pas grave. Ils ont le nom de famille. Maintenant, c'est mieux. Actuellement, je travaille à la radio, à Crissier. On n'est plus à Lausanne. Maintenant, on est à Crissier. Et donc, j'ai une formation journalisme plurimédiate, télé, radio, presse écrite. Je me suis spécialisé dans la radio. Et puis, mon job à moi, c'est de faire les flashs infos de l'après-midi, en quelque sorte. Donc voilà, je raconte. les nouvelles du monde.
- Speaker #0
Sur les ondes de LFM.
- Speaker #1
Sur les ondes de LFM et de Rouge.
- Speaker #0
Donc, il y a un métier qui te passionne.
- Speaker #1
Un métier qui me passionne, un métier qui n'a pas de routine. Et je pense que c'est ça le plus passionnant dans le journalisme. Un métier où tu vas au contact de beaucoup de personnes, où tu es un peu obligé d'être spécialisé dans différents domaines. Et puis, je pense que c'est ça le plus passionnant de ce métier. Il n'y a pas de routine, en fait.
- Speaker #0
Et c'est vrai que c'est un métier qui est passionnant. C'est d'ailleurs pour ça qu'avec l'association, on a décidé aussi de créer cet appareil, moi je l'appelle l'ornie, l'objet roulant non identifiable, pour pouvoir aller à la rencontre des gens et puis faire vivre l'actualité. Est-ce que tu trouves que dans ton métier, l'actualité, parce que finalement c'est le cœur de ta profession, est-ce que tu trouves qu'on parle toujours de ce qu'il faut, de ce qu'il faudrait ? Est-ce que l'essentiel ne prend pas trop de place ? Quel est ton regard ? Parfois les gens sont un peu critiques avec l'actualité. Est-ce que tu es sensible à ces... Assez critique, assez thématique ?
- Speaker #1
Déjà, c'est dur parce que quand on raconte l'actualité, on doit s'adresser non pas à une personne, mais à des centaines, à des milliers, voire à des millions pour certaines personnes. Et du coup, c'est dur. Il faut toujours se mettre à la place de l'auditeur. L'auditeur, on est en fin de journée, qu'est-ce qu'il veut entendre ? C'est ça la question qu'on doit se poser. Sauf que tous les auditeurs ne veulent pas entendre la même chose. Donc, on a un peu ce besoin. On se dit, il faut diversifier l'info du mieux possible. Il y a des thématiques... où on se sent un peu obligé, qu'on est un peu obligé de traiter en quelque sorte, par exemple les grosses actualités géopolitiques avec Donald Trump, avec l'Ukraine, avec Gaza, ça c'est des choses qu'on se sent obligé de traiter. Après, c'est vrai que quand on est une radio généraliste, où du coup notre mission c'est d'avoir aussi une diversité de l'info, je peux comprendre le reproche d'une petite info qui concerne un village local vaudois qu'on traite. parce que, par exemple, c'est le canton de Vaud et qu'on est l'EFM et qu'on est la radio vaudoise, je peux comprendre la critique qui dit, par exemple, est-ce que vous pensez qu'il n'y a pas une thématique générale comme l'écologie, par exemple, qu'il faudrait juste développer plutôt que de traiter les petits faits divers locaux qui, au final, n'intéressent pas énormément de monde. C'est une critique que je peux trouver, mais c'est assez dur de trouver cet équilibre-là.
- Speaker #0
Finalement, c'est une sorte de goulet d'étranglement qui t'amène à travailler, comme dans beaucoup de rédactions. À revenir sur les choses qui ont le plus d'attrait commun avec les différents groupes de personnes.
- Speaker #1
C'est ça, en essayant de cibler. Notre priorité, ça reste quand même le local. Mais voilà, moi, je pense que même quelqu'un qui adore l'actualité locale, il a toujours besoin de savoir ce qui se passe aussi au niveau international. Pour moi, c'est assez logique. Même si tu écoutes en permanence la même radio, tu as besoin que cette radio t'informe aussi sur... sur les gros titres de l'actualité mondiale.
- Speaker #0
D'ailleurs, tu disais, on est censé certainement parler de la géopolitique. Est-ce que les gens sont véritablement intéressés de ça, selon toi ?
- Speaker #1
Je pense que ce n'est pas forcément qu'ils sont intéressés, mais c'est que ça va forcément nous toucher à un moment donné, j'ai l'impression. On voit très bien que ce qui se passe en Ukraine, par exemple, ça peut avoir des répercussions directes sur l'Europe, qui peuvent ensuite avoir des répercussions sur la Suisse. je pense que les... les gros enjeux géopolitiques touchent indirectement la Suisse. Donc, je pense qu'il faut les traiter. C'est genre une réaction en chaîne qui va arriver à un moment donné jusqu'à nous.
- Speaker #0
Il y a un politique français qui disait, il y a quelques années déjà, si tu ne t'intéresses pas à la politique, sache que la politique, elle, ça s'intéresse à toi. Alors, on parlait d'activité professionnelle. Une question que je pose toujours à nos invités, c'est, est-ce vraiment important l'activité professionnelle ? Parce que souvent, quand on se décrit, quand on se présente, On en arrive très vite à parler de nous dans le cadre de notre activité professionnelle. Mais est-ce que c'est vraiment par ça qu'on se définit ? Qu'est-ce que tu en penses ?
- Speaker #1
Je pense qu'il y a beaucoup trop de gens aujourd'hui qui se définissent par l'activité professionnelle. Je trouve que ça a évolué, qu'elle a pris une place beaucoup trop importante dans le statut d'une personne. Je pense qu'à l'époque, le travail, c'était juste pour avoir de l'argent. pour fournir des besoins à toute une famille. Et là, aujourd'hui, on sent que l'ambition professionnelle a pris beaucoup plus de place, que les gens ne recherchent pas forcément juste, enfin, la majorité, oui, mais je dis les gens qui ont les moyens de trouver un travail qui leur plaît, ne recherchent pas forcément juste les salaires, mais recherchent l'ambition, recherchent les responsabilités. Et du coup, ça va un peu changer leur statut, ils vont se définir par là. Et moi, personnellement, je trouve que c'est dommage. Non, je trouve qu'on a accordé trop d'importance. à l'activité professionnelle. Il faut faire attention à avoir un travail qui nous plaît extrêmement bien, mais il faut faire attention à ne pas trop tomber là-dedans et pas trop en être dépendant.
- Speaker #0
Alors toi, si on pouvait répondre très vite à cette question, quelles sont tes passions ? Qu'est-ce qui te définirait au fond le plus ?
- Speaker #1
J'ai mis longtemps à me trouver une passion. Comme beaucoup de jeunes, c'était le sport, le foot. Voilà, bon, ça c'est rien d'atypique. Et c'est vrai que je me suis toujours demandé, est-ce qu'au final j'ai vraiment une passion ? quelque chose qui m'anime plus que tout. Je dirais que mon métier, je l'adore. Le monde de la radio, je l'adore. Je me suis découvert une passion il y a quelques années, qui est la danse. Je fais de la salsa, de la bachata à bonne entendeuse. Surtout de la salsa. C'est vrai que ça, c'est quelque chose qui m'a animé un peu moins, parce que j'ai un peu moins le temps, mais qui m'a vraiment animé ces cinq dernières années où je ne pouvais pas m'en passer. J'avais besoin d'en faire trois fois par semaine. À un moment donné, c'était quand tu te réveilles le matin, tu te réjouis de quelque chose qui va arriver. C'est ça, un peu une passion. Moi, c'était la danse. Pendant ces cinq dernières années, c'était la danse.
- Speaker #0
On va voir si Yann aura le pouvoir de nous faire danser pour la suite de cet entretien. Et oui, comme promis, deuxième partie de cet entretien portrait-roman. Cette fois-ci, on va prendre l'axe du vélo qui parle parce que oui... On l'a dit tout à l'heure, notre studio de podcast est monté sur un vélo cargo. Il va à la rencontre des romans pour faire connaissance, leur parler de transition, d'écologie d'eux-mêmes. Et puis peut-être nous permettre de récolter des informations, des suggestions, des réflexions, pour faire que la romandie de demain soit meilleure que celle d'aujourd'hui. Est-ce que tu es d'accord, Yann ?
- Speaker #1
Je suis tout à fait d'accord avec toi, Ludovic.
- Speaker #0
Écoute, génial ! On va commencer, on va rester dans la thématique du vélo. Une question vraiment très simple, très basique. D'une part, est-ce que tu fais du vélo toi-même ?
- Speaker #1
J'en fais plus pour une raison qui est toute simple. Il n'y en a rien d'écologique. C'est que j'en faisais énormément avant. Je ne me dépassais que à vélo. J'ai eu un violent accident il y a cinq ans. Je ne suis plus remonté dessus depuis. Et je ne suis plus du tout à l'aise avec l'idée de remonter sur un vélo. C'est vraiment une sorte de traumatisme que j'ai eu il y a quelques années. Alors que j'en faisais tout le temps. C'était vraiment un moyen de déplacement privilégié en permanence. Un vélo pas du tout électrique, un vélo normal. Mais depuis cet accident, qui était assez violent, où je me suis un peu défiguré totalement, je n'ai plus fait de vélo. Je n'arrive plus à remonter sur un vélo.
- Speaker #0
Tu n'as pas eu de séquelles ?
- Speaker #1
Non, je n'ai pas eu de séquelles. C'est assez violent sur le moment. Je n'ai pas eu de grosses séquelles sur le long terme, même le moyen terme. Mais j'ai eu vraiment le choc où j'ai vu à quel point une chute à vélo pouvait être assez violente. et depuis en fait je ne suis plus à l'aise d'aller remonter j'ai essayé de remonter à chaque fois qu'on me disait vas-y prends vite le vélo pour essayer de faire un petit tour j'étais plus du tout à l'aise, les jambes qui tremblaient etc mais c'était vraiment à ce point là et je pense que j'ai, tu sais on dit quand on tombe à cheval il faut tout de suite remonter dessus pour garder le truc, ben je ne l'ai pas fait et puis c'est vrai que là je ne suis plus du tout à l'aise avec le vélo ce qui paraît bête,
- Speaker #0
j'en faisais tout le temps mais ouais ça m'a fait un petit trauma Est-ce que tu penses que tu vas y retravailler plus tard dans ta vie, est-ce que tu comptes t'y remettre un jour ?
- Speaker #1
Il faudrait, oui oui non mais je pense qu'un jour dans tous les cas De toute façon, déjà, quand j'aurais des enfants, les petits tours à vélo, ça serait quelque chose de... J'aurais plus le choix. J'aurais pas le choix du tout. Mais oui, il faudrait dans tous les cas. C'est vrai. J'adorais faire du vélo à la base. J'adorais. Mais c'est vrai que là, ça m'a un peu bloqué. Ça m'a mis un peu un bâton dans les roues, si je peux dire.
- Speaker #0
Ce qui n'est pas très pratique, sauf pour freiner d'un coup sec.
- Speaker #1
C'est ça. Mais voilà, oui, oui, mais oui, j'ai envie d'en refaire dans ma vie, bien sûr. Je ne mets pas une croix définitive sur le vélo.
- Speaker #0
Concernant le vélo, est-ce que... Est-ce qu'il y a un souvenir de quand tu étais petit, hormis cette émotion que tu nous as racontée, qui est un peu violente et un peu négative, mais est-ce qu'il y a un souvenir de ton enfance, quelque chose de positif, qui se réfère au vélo ?
- Speaker #1
Et qui se réfère aussi à l'écologie ?
- Speaker #0
Non, pas forcément,
- Speaker #1
juste au vélo. J'ai un souvenir, comme je te l'ai dit, j'en faisais vraiment souvent du vélo, je ne me déplaçais que à vélo. Et j'ai des souvenirs que j'avais ma petite sœur qui faisait des cours de danse dans l'école primaire où on était le mercredi après-midi. Et puis ça durait genre deux heures. Et pendant ce temps-là, ma maman allait faire les courses. J'avais genre 10-11 ans, quelque chose comme ça. Et je m'amusais à faire des tours à vélo dans le préau de l'école. Il n'y avait personne, je ne faisais que des tours à vélo. Et puis je m'imaginais que j'étais, je ne sais pas, dans une sorte de monde parallèle, que je devais affronter des gens, que j'avais des missiles sur mon vélo. Et puis ça, c'était vraiment cool. J'ai un souvenir de ça. C'était tous les mercredis après-midi. Et j'adorais me faire mes petits tours de vélo et puis m'imaginer dans un monde. Voilà. combattre des aliens ou je ne sais pas quoi. C'était très cool, ça.
- Speaker #0
C'était quelle école ?
- Speaker #1
L'école de Corbusier, là où j'ai fait toute ma scolarité.
- Speaker #0
Justement, on va continuer sur ton identité cette fois-ci. Est-ce qu'il y a un endroit en particulier, peut-être que ce même préau est la réponse finalement, qui te fait vibrer, qui te parle ou qui te représente Genève, la Romandie ? Est-ce qu'il y a un endroit en particulier auquel tu es attaché ?
- Speaker #1
Cet endroit-là, je suis extrêmement attaché. Tout ce coin-là, le Corbusier, là où j'ai fait toute ma scolarité, c'est-à-dire l'école, le cycle, le collège, c'est tout au même endroit. C'est vers Malagnou, entre Malagnou et Conche, ceux qui connaissent ça très bien de quoi je parle. Et ça, c'est un endroit qui me touche énormément et justement, ça touche aussi la thématique de l'écologie parce que ça a énormément changé. On a construit énormément de bâtiments. Moi, depuis mon immeuble, avant, je pouvais voir le Mont Blanc. Enfin, je pouvais voir les Alpes. Là, je ne les vois plus à cause d'un immeuble qui a été construit, par exemple. Il y a énormément de bâtiments qui ont été construits. Et c'est vrai que j'ai vu l'évolution. Il y a vraiment ce côté où, avant, c'était nature. Il y avait des bois, en fait. On allait toujours jouer dans les bois. On allait chercher des marrons. Je me souviens, avec la nounou, etc. Il y avait plein de choses comme ça. Et puis, c'est quelque chose qui se perd parce qu'on a énormément construit. Donc, cet endroit-là, auquel je suis encore très attaché, il a quand même bien évolué.
- Speaker #0
Évidemment. J'avais aussi envie de te demander, concernant l'écologie et cette sensibilité que tu as, et on entend, moi je le vois, mais les auditeurs l'entendront, on voit que tu es attaché finalement à ce territoire de Genève.
- Speaker #1
Très attaché.
- Speaker #0
Mais est-ce qu'il y a eu un moment justement où ça a fait des clics pour toi, où tu t'es dit « waouh, non, il faut quand même prendre conscience des changements qui sont en cours, de la manière dont notre environnement ou notre manière de vivre est en train d'impacter ? » Notre quotidien, les espèces autour, est-ce que c'est la construction de cet immeuble ou autre chose ?
- Speaker #1
On voit à Genève, franchement, il n'y a qu'à se poser un peu en hauteur et voir par exemple le nombre de grues qu'il y a à Genève. C'est quand même assez impressionnant, le nombre de grues, le nombre de travaux qu'il y a, le nombre de zones qui sont en construction. Donc ça, déjà, ça veut dire quoi ? On construit, donc forcément, c'est la nature qui est impactée, ça c'est un fait déjà. Et voilà, oui, c'est vrai. Pour moi, Genève, ce n'est pas un exemple d'une ville verte où on peut respirer vraiment le bon vivre. C'est l'exemple d'une ville très pacifique où il fait bon vivre avec une famille, mais ce n'est pas l'exemple d'une ville verte où on se sent bien, où on a l'impression que c'est la nature qui respire. Non, je n'ai pas l'impression que ça évolue vers le positif. On ne fait que de construire à Genève en ce moment.
- Speaker #0
Néanmoins, est-ce qu'il y a bien dans tes habitudes, dans ton quotidien, dans les endroits que tu fréquentes ? On parlait de lieux tout à l'heure, c'est peut-être maintenant qu'on va pouvoir en parler. Est-ce qu'il y a un lieu qui te donne de l'espoir ?
- Speaker #1
Le lac et les Alpes. Je pense que quand on voit le lac et les Alpes et la nature qui nous entoure à Genève sur le bassin lémanique, il y a une lueur d'espoir. C'est aussi ça l'essence de ce pays, c'est aussi ça qui définit cette région. Mais sinon... Des sports dans quel sens ? Est-ce qu'il y a des choses qui...
- Speaker #0
D'un point de vue écologique, d'un point de vue transition, d'un point de vue amélioration du quotidien finalement ?
- Speaker #1
Je vois qu'on essaye de faire beaucoup pour les piétons à Genève, qu'on essaye de faire beaucoup pour les vélos. Pas assez, les associations de vélos diront. Mais j'ai l'impression quand même qu'on fait la part belle au pisciclap. Dernièrement, j'ai vu quand même énormément de changements. J'ai grandi ici en 30 ans, j'ai vu qu'il y avait bien plus de pisciclap qu'avant. J'ai vu qu'il y avait des espaces avant qui n'étaient que réservés aux voitures, qui ne le sont plus du tout. Donc oui, il y a quand même des améliorations. Mais ça reste une ville où on ne fait que de construire. Construire, c'est de toute façon plus jamais vraiment bien pour l'écologie.
- Speaker #0
Oui, alors même si évidemment, on doit aussi répondre aux exigences de la pression démographique qui augmente. Quoique dans certaines autres perspectives, on aurait plutôt tendance à penser que ça va diminuer puisqu'on se reproduit de moins en moins en Suisse. Alors on construit, mais on se... Ça dépanquille. Oui, c'est vrai, ça dépanquille. On ne citera personne sur l'instant. Mais toi qui es journaliste, tu es quand même connecté aussi à des informations, à une vision peut-être critique et assez objective sur la question. Parce qu'il faut construire, il faut de l'économie. En même temps, on enlève des places de parking, de parc pour pouvoir créer des espaces de jeux, des espaces verts. Ça te fait plaisir ou tu trouves quand même qu'il y a trop de construction et que finalement, on va dans le mauvais sens ?
- Speaker #1
Moi, je trouve qu'il y a trop de... construction, on va dans le mauvais sens, en tout cas, c'est pas qu'on essaye de pas faire d'efforts, c'est qu'on en fait pas assez et qu'ils sont pas suffisants. Elles tombent très bien ces émissions parce que juste hier, il y a le bilan carbone pour l'année 2023 qui est tombé dans le canton de Vaud et il révèle que les objectifs fixés pour l'année 2030 ne seront pas remplis. Donc les émissions de gaz à effet de serre se réduisent beaucoup, mais pas du tout assez. Donc je pense qu'il y a un effort, mais on est obligé de répondre justement, comme tu disais, à cette démographie aussi, à la population, aux différents besoins. Je pense que c'est compliqué. Je pense que c'est une erreur d'attaquer uniquement les politiques et d'essayer de leur reprocher le fait de ne pas assez aller en avant, de ne pas assez prendre de mesures. C'est très compliqué avec la démographie, je pense.
- Speaker #0
Alors justement, toi qui as en plus cette position un peu privilégiée en tant que journaliste, si tu avais une idée révolutionnaire à siffler, à souffler à l'oreille des décideurs pour améliorer notre qualité de vie, ce serait quoi ?
- Speaker #1
C'est compliqué là. tu me prends au dépourvu Ludovic. Je pense que quelque chose, mais ce serait très dur parce qu'on n'est pas assez connectés, mais je pense que la solution déjà, une solution qui permettrait de réduire énormément le trafic des véhicules, ce serait le covoiturage. Il faudrait vraiment tenter de démocratiser ça et vraiment essayer de dire par exemple, par quartier, on organise un covoiturage chaque 30 minutes par quartier. Je ne sais pas, j'invente des idées comme ça. Je pense que le covoiturage, c'est quelque chose qui pourrait vraiment marcher parce qu'on voit que les gens ne veulent pas forcément se déplacer en bus, ou ne veulent pas forcément lâcher leur voiture ou leur scooter, parce que voilà, c'est plus long, c'est... Beaucoup d'excuses, donc... Pourquoi pas le covoiturage ? J'ai l'impression que c'est une solution qui pourrait convenir. Quand on regarde les voitures dans la rue, il y en a quand même beaucoup qui sont vides. Il y en a quand même beaucoup avec une seule personne.
- Speaker #0
Et pour terminer, puisque nous sommes ici avec l'école de la parole, je le disais tout à l'heure, je souhaiterais te demander, Yann, est-ce qu'il y a une phrase, un conseil, une parole reçue d'un proche, de quelqu'un de ta famille, qui te guide ? Ah, la police qui passe. Ça nous fait...
- Speaker #1
C'est pour nous ? Non, c'est pas pour nous.
- Speaker #0
Mais en tout cas, ça fait vrai d'un coup.
- Speaker #1
C'est vrai, on est hors la loi.
- Speaker #0
C'est ça ce qui est bien, on est à Genève en Suisse, mais quand ils poursuivent les volants, ils vont pas vite là, parce que c'est une zone à 30. Ça fait quand même une sacrée différence. Donc je te disais, est-ce qu'il y a une phrase, une parole donnée que tu as reçue de la part de quelqu'un qui t'est cher ou pas, et qui te guide dans ta vie ? Quel est le message ? Que tu te répètes chaque jour et qui te donne de la force ?
- Speaker #1
En lien avec l'écologie ?
- Speaker #0
Ou pas, de manière générale ?
- Speaker #1
Alors il y avait une phrase en lien avec ce que j'ai dit tout à l'heure sur les immeubles, etc. Il y avait une chanson d'Orelsan que j'adore et je le cite. Il dit à chaque fois qu'on détruit un bâtiment, on efface une partie de mon passé. Ça je trouve très joli. Et sinon, non, des phrases, j'en ai plein qui me guident. Voilà, Carpe Diem, des choses un peu classiques, des trucs... tout bête, genre demain est un autre jour, mais c'est vrai qu'on continue d'avancer. Dans tous les cas, on n'a pas vraiment le choix.
- Speaker #0
Yann Rossier qui était notre invité aujourd'hui pour ce portrait roman enregistré depuis le vélo qui parle, posé juste à côté du parking Vendée à Petit-Lancy. Merci pour ce bon moment.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Ludovic.
- Speaker #0
A bientôt.