Speaker #0Tu t'excuses quand quelqu'un te marche sur les pieds, tu dis « ça va » alors que t'as envie de hurler, et tu trouves toujours la meilleure répartie, trois jours plus tard, bienvenue sur Légitime, le podcast des ex-petites filles sages qui ont été formatées bien trop tôt à sourire, être sages, et sauver le monde avant leur premier café. Ici, on démonte les injonctions, on balance des « non » fermes mais respectueux, et on réapprend à prendre sa place. Pas en criant plus fort que tout le monde, juste en arrêtant d'être silencieuse. Moi c'est Clémentine, Je suis coach en affirmation de soi. Et si t'en as marre de te plier en quatre pour m'hériter trois mètres de reconnaissance, retrouve-moi chaque semaine dans tes oreilles pour te partager des punchlines, des clés concrètes et des réflexions sans filtre pour t'aider à reprendre ta place. Et promis, je vais te prouver que poser tes limites, ça ne te fera pas perdre ton empathie, ni tous tes amis. Bonne écoute ! L'autre jour, j'ai reçu un commentaire sur un de mes posts d'une personne qui m'a parlé de ce qu'elle a pu entendre de la part de ses parents, et notamment le fameux... Là, t'es chez moi. Ici, c'est chez moi, c'est mes règles, donc j'ai le droit de rentrer dans n'importe quelle pièce quand je veux, quand j'en ai besoin. Et moi, c'est le genre de commentaire, j'en avais fait une story sur Insta, mais c'est le genre de commentaire qui me fait vriller, et vriller, mais en deux secondes, en deux secondes. En fait, je n'ai plus la patience, je n'ai plus la patience de ce genre de dinguerie, Parce que ça paraît être une phrase. anodine, ou une phrase que t'as peut-être déjà entendue, mais en fait c'est tellement destructeur pour une personne, pour tout le reste de sa vie, et ça fait très dramatique dit comme ça, évidemment tout est question de situation, de contexte, de personne, tout le monde ne sera pas touché de la même manière, mais pour moi c'était méga important qu'on en parle, surtout que la semaine dernière je te parlais de comment dire non avec assurance, bah en fait... Là, on vient à la source de aussi pourquoi t'as du mal. Et donc, ce commentaire, en fait, il en dit tellement plus que ce qu'il raconte en surface. Parce que ça parle pas uniquement de fermer une porte, de poser une limite, d'avoir une porte fermée dans une maison. En fait, ça te dit ce que ça fait de grandir dans un endroit où t'as limite. Même la plus basique. Juste, je ferme la porte de ma chambre parce que j'ai envie d'être tranquille. et peut-être que j'ai envie d'être tranquille parce que j'entends papa et maman qui se prennent la tête et donc j'ai envie de m'écarter du bruit, ben même ça, ça vaut rien et surtout, ben t'en as pas le droit. Et je me suis dit, faut vraiment que j'en parle parce que ça, en séance, cette histoire, je l'entends tout le temps, sous mille et une formes, mais toujours le même fond. Et aujourd'hui, j'avais envie de te montrer ce truc, ce lien entre j'ai jamais eu le droit de fermer une porte, enfant, et aujourd'hui, ben j'arrive pas à dire non à mon patron. à mon conjoint, à ma conjointe, à mes potes. Je suis un peu même, c'est pas j'ai envie de dire désespérée, mais un peu cette sensation de « à quoi bon ? » . Donc on va voir ce que ça fait sur le moment, d'où ça vient, et puis surtout, un peu ce que tu peux en faire maintenant. Donc si je reviens à ce commentaire, c'est chez moi, mes règles, je rentre où je veux, quand je veux. La traduction, en gros, c'est déjà comme si tu étais un peu locataire. De chez tes parents, comme si tu étais en résidence au Crous, tu remarqueras. Mais ça veut dire aussi, ta porte fermée, ta limite, peu importe quelle qu'elle soit, on s'en tamponne le coquillard en fait. Ta demande qu'on frappe avant d'entrer, on s'en tamponne. Et ça encore, c'est un témoignage tranquille, entre guillemets, mais je sais qu'il y a des personnes qui m'ont dit que littéralement, leurs parents avaient enlevé la porte de leur chambre. Parce que... La personne avait osé quand même tenter de fermer sa porte. J'ai une personne qui m'a dit, moi je fermais la porte de la salle de bain parce que j'avais envie d'être tranquille. Enfin, c'est pas là où t'as envie de voir débarquer tes parents, ta famille. Elle s'est fait engueuler pour ça, elle s'est fait punir pour ça. Elle a fini par fermer la clé quand même parce qu'elle avait accès à la clé. Mais ça a été compliqué de le faire comprendre et elle s'est fait engueuler derrière. Et c'est des choses, je veux dire... Si on remet les choses en perspective, je veux dire, aujourd'hui, ton conjoint, ta conjointe, elle est dans la salle de bain, elle veut garder la porte fermée. Je ne suis pas sûre que tu vas aller lui faire un cinéma ou tu vas la laisser tranquille, en fait. Il n'y aura même pas de sujet. Je veux dire, si cette personne en face de toi, elle te dit, je vais prendre ma douche tranquille, tu vas la laisser tranquille. Et là, quand je reçois des témoignages de personnes qui me disent, on m'a enlevé la porte de ma chambre quand j'étais enfant, pendant des semaines, pendant des mois, pour être punie. Ça me flingue. Enfin, je pense que tu l'entends, mais ça me flingue. Ça veut dire quoi, ça ? Alors évidemment, c'est un cas extrême. Le retirage de porte. Mais la logique de fond, elle est hyper commune. C'est cette idée, toujours, que tant que tu es sous mon toit, tu ne seras jamais vraiment chez toi. Tu ne seras jamais vraiment libre de faire ce que tu veux, ce qui est bon pour toi, ce qui répond à tes besoins. Tu n'as pas d'espace qui t'appartient vraiment. Même ta chambre, qui est censée être ton endroit, ta safe place, l'endroit où tu peux te réconforter. même ça, c'est soumis à la volonté de quelqu'un d'autre à tout moment, si cette personne a besoin d'y entrer. Et tu vois, rien que ça dans ce message, dans ce commentaire que j'ai eu, le fait de « quand j'ai besoin » , pourquoi tu aurais besoin de rentrer dans la chambre de ton enfant ? Surtout quand il a envie d'être tranquille. Pourquoi tu en aurais besoin expressément, là, tout de suite, maintenant ? Et surtout... Ok, il y a peut-être, je ne sais pas, du linge à laver ou que sais-je. Mais qu'est-ce qui fait que ton enfant ne souhaite pas que tu rentres parce qu'il était en train de jouer, qu'il veut jouer tranquille ou que sais-je ? Qu'est-ce qui fait que tu vas le punir derrière ? Parce que c'est surtout ça ce qui est problématique derrière. C'est qu'est-ce qui fait que tu vas punir ton enfant derrière ? Que tu vas le faire culpabiliser pour un truc, une porte fermée quoi. Et alors attention, bien sûr que je ne dis pas qu'il ne faut pas de cadre. et que les parents n'ont pas le droit d'avoir des limites et aussi, enfin, ça n'aurait pas de sens, ça serait complètement contre-productif. C'est juste qu'il y a une différence entre poser un cadre pour la sécurité, poser un cadre, genre, je ne veux pas que tu fermes ma clé, parce que si jamais il t'arrive quelque chose, je ne pourrai pas rentrer. Donc, je comprends que tu aies besoin d'espace, on peut entre-ouvrir la porte, et moi, je frapperai, et j'attendrai que tu me dises OK. Et le truc de je t'impose, parce que de toute façon, tu n'as aucun droit, tu n'as pas le droit d'avoir des besoins, des... des envies de pause, de calme, etc. Et que si jamais tu as le malheur d'aller contre ça, tu seras puni. Tu seras puni et tu vas me le payer, en gros. Et tu vois, j'utilise ces mots de manière assez réfléchie. Le fait de payer, ce champ lexical de payer, parce que finalement, c'est quelque chose qui revient souvent dans les discours. Après tout ce que j'ai fait pour toi. c'est mon toit, c'est moi qui paye le loyer, quand tu paieras le loyer là, tu feras ce que tu veux. Tu vois, il y a toujours cette histoire de dette, de payer sa dette, de si tu payes rien, ben t'as le droit à rien. Et je suis désolée, je suis désolée, ça va peut-être être un petit peu cru, mais si tes parents, ils voulaient que quelqu'un ait une dette envers eux, et qu'ils deviennent soit propriétaires et louer l'appartement, soit devenir banquier, mais pas parent. Si t'as envie... d'être créancier de quelque chose, deviens proprio, loue des appartes, deviens banquier, j'en sais rien, mais ne fais pas d'enfant. Parce qu'un enfant, ce n'est pas un plan épargne-retraite. Ça ne devrait jamais être un plan épargne-retraite. Je fais des enfants pour que quelqu'un s'occupe de moi à la fin de ma vie. Je fais des enfants pour qu'ils m'apportent de la reconnaissance un jour et qu'ils me disent à quel point je suis un parent merveilleux. Je fais des enfants pour leur faire comprendre qui sont pas chez eux, et que je suis bien sympa de les nourrir, de les blanchir. Donc quoi après ? Faudrait faire quoi ? Les soutenir émotionnellement ? Faut pas déconner non plus. Alors c'est peut-être un peu extrême, mais en même temps, ça me fait un peu cet effet-là. Quand j'entends « c'est chez moi » , « c'est moi qui paye le loyer » , ça me fait cet effet-là. À quel moment tu dis ça à ton enfant ? C'est toi qui l'as voulu ! C'est toi qui l'as voulu ! Et c'est dans la loi de juste fournir un « toi » . à ton enfant de le nourrir. Et ton enfant, il a des droits, comme tout être humain. Donc, à quel moment ça te place en autorité suprême ? Parce que tu es adulte et que toi, tu as la capacité financière et psychologique et morale et de cerveau tout simplement cognitive d'avoir un loyer, d'avoir un appartement, une maison, en quoi ça te rend supérieur ? En quoi il y a cette hiérarchie qui fait que du coup, l'enfant n'a le droit à rien. Il n'a pas le droit d'être un être humain à part entière, en fait. Donc ouais, ça m'énerve. Ça m'énerve. Je suis désolée, je suis partie. Je suis partie. Je suis partie. Mais en même temps, non, je ne suis pas désolée parce que c'est un vrai truc qui me... Je ne comprends pas. Je ne comprends. Ce que je veux que tu comprennes à travers tout ça, avant que je m'ambiance, c'est que... Clairement, ce genre de moment, ce n'est pas juste une histoire de porte fermée. C'est une histoire de message qui va s'intégrer. Toi, dans ta tête, en tant qu'enfant à ce moment-là. Et ce message qui passe, c'est ta limite n'a de valeur que si moi, adulte, bien gentil, bien sympa, je décide qu'elle en a et qu'elle me convient. Sauf qu'une limite, ça n'a pas à convenir aux autres. Parents ou toute autre personne. Une limite, c'est personnel. Donc déjà, tu vois qu'il y a un problème. Moi, je me demande là aujourd'hui, là quand tu m'écoutes, toi, quand tu étais petite, c'était comment ? Est-ce que... T'as l'impression que t'avais le droit d'avoir des limites ? Que t'avais le droit de demander de frapper avant d'entrer ? Est-ce que t'avais l'impression que... Alors les limites d'enfant, évidemment, c'est pas celles d'aujourd'hui, quoique finalement si. Mais est-ce que t'as l'impression qu'il y avait cette limite-là ? Que tes parents te laissaient cet espace-là ? Ou est-ce qu'au contraire, t'as eu ce genre de réflexion de « c'est chez moi, c'est mes règles, tu fais pas ce que tu veux, quand tu seras chez toi, tu feras ce que tu veux » . qui en soi peut s'entendre dans le sens où bien sûr c'est pas la foire au village et que tu vas pas laisser ton enfant refaire la peinture tous les quatre matins. Mais généralement, ces phrases-là, elles sortent pas dans ces conditions-là. Généralement, ces phrases-là, elles sortent parce que t'as posé une limite qui ne leur convenait pas et qu'ils ne veulent pas respecter. Donc je serais curieuse d'avoir ton retour là-dessus. Est-ce que ça a été accepté ? Est-ce que ça a été respecté ? ou est-ce que ça a été ignoré, voire traité comme un caprice, voire est-ce que ça a été puni ? Parce que finalement, la vraie question de cet épisode, c'est pas tant est-ce que t'as des limites, est-ce que t'as eu des limites, c'est est-ce que t'avais eu le droit d'en avoir ? Du coup, derrière, faut pas s'étonner, et c'est pas étonnant que ça laisse une trace profonde dans qui tu es toi aujourd'hui en tant qu'adulte. Parce que imagine un instant que tu sois cette petite fille-là qui... Ferme sa porte. Une fois, deux fois, dix fois, et qu'à chaque fois, elle s'ouvre juste derrière. Qu'à chaque fois que tu étais en train de te poser, elle s'ouvre. À chaque fois que tu es en train de jouer, elle s'ouvre. Et pire même, que tu aies puni d'avoir essayé de fermer cette porte. Ton cerveau, à ce moment-là, il fait quoi ? Il apprend. Encore une fois, il apprend. Ton système, c'est littéralement son job de repérer ce qui est dangereux, ce qui est safe. Je te l'ai déjà dit, je te le dis encore mille fois s'il le faut. Mais ce qu'il apprend lui à ce moment-là, c'est, ben, quand je pose une limite, alors évidemment, c'est un cerveau de 5 ans, 6 ans, il ne se dit pas ça clairement, on est bien d'accord. Mais il se dit, quand je pose une limite, quand je veux respecter mon besoin de calme, ou d'être tranquille, à jouer, etc., ben, ça ne marche pas. Tout le monde s'en fout, visiblement. Et pire ! Dans certains cas, ça me coûte cher. Ça me coûte cher. Je suis punie, on me retire carrément ma porte. Donc là où avant je pouvais potentiellement fermer, enfin entrebayer la porte, là c'est open bar, donc je ne me sens pas complètement libre de peut-être danser au milieu de ma chambre comme si personne ne me regardait parce que mes parents vont peut-être passer par là et que je n'ai pas envie. Je ne sais pas toi, mais moi je sais que ma chambre c'était vraiment... C'était mon cocon quoi. C'était le moment où j'écoutais ma musique, alors quand j'étais plus ado, enfin déjà un peu plus vieille, mais où j'écoutais ma musique, où j'avais les écouteurs dans les oreilles et où je dansais vraiment comme si personne ne me regardait, comme si c'était vraiment le moment où j'exprimais mes émotions, où si j'avais envie de pleurer, je pleurais. Et c'est vraiment le genre de moment où je n'avais clairement pas envie que quelqu'un rentre dans ma chambre. Alors ça va, de ce côté-là, je n'ai pas eu de soucis. Mais je me dis, c'est vraiment le genre de moment où tu vois, je me dis même des fois, même en tant qu'adulte, quand tu craques, tu vas craquer où ? Tu vas craquer dans la douche ? Tu vas craquer aux toilettes ? Est-ce que c'est là où personne te regarde ? Personne ne peut te voir normalement ? C'est des moments où tu es en vulnérabilité, des moments où tu lâches un peu tout. Et si à chaque fois que tu es dans ces moments-là, il y a quelqu'un qui rentre et où finalement tu n'as pas le droit d'avoir d'intimité ? c'est terrible, c'est violent. Et t'apprends que tu peux jamais finalement trop lâcher parce qu'on sait jamais qui viendra interrompre ce moment. Et d'autant plus quand t'es enfant, j'en avais parlé sur l'épisode de Family Portrait de Pink, t'es un peu coincée aussi à cette période-là de ta vie. C'est-à-dire que t'as pas d'autre endroit où aller. Je veux dire, tes parents respectent pas tes limites. Et si tu peux pas fermer la clé parce que t'as plus de porte, t'as pas d'autre endroit où aller, t'es coincée dans cette maison avec une personne qui ignore tes limites. Et si tu veux continuer à être nourri, blanchi, logé, il va falloir que tu suives ces fameuses règles. Au final, c'est vrai. Parce que tu sais que si tu ne les suives pas, on va te le retirer, d'une manière ou d'une autre. Donc ton système, il fait son calcul. Un calcul qui n'est pas conscient. Parce qu'encore une fois, ce n'est pas un choix réfléchi, maturé, à 6 ans, où tu es en train de faire thèse, antithèse, de pourquoi, attention, qu'est-ce que je dois faire. C'est un calcul du corps. Et le calcul dit, si poser une limite me coûte plus cher que ça ne me rapporte, alors j'arrête d'essayer. Je m'adapte, je me fais discrète. Tant pis, je laisse la porte ouverte. Je n'aurai jamais d'espace vraiment d'intimité où je peux souffler, où je peux relâcher. Mais je préfère anticiper ce qu'on attend de moi pour éviter le clash. Donc, résultat, oui, tu deviens super doué pour deviner ce qui va arriver. Oui, tu deviens super doué pour faire plaisir à l'autre. Oui, tu deviens super doué pour ne pas décevoir, pour ne pas énerver et pour contenter l'autre dans ses besoins. Et surtout, ne pas le « violenter » quand tu vas poser une limite. Par contre, le revers de la médaille, c'est que tu deviens super nul. Et alors, pas parce que tu es fondamentalement nul, évidemment, mais parce qu'on ne te l'a jamais appris. à repérer que toi aussi, T'as des besoins qui comptent et que t'as des limites. En fait, petit à petit, tous les signaux que ton corps t'envoie et t'envoyait sur le fait que là j'ai besoin de pause, là j'ai besoin de calme, là j'ai besoin d'être seule, là je suis agacée, j'ai envie de souffler ou que sais-je. Petit à petit, tout ça, ça s'efface. Tout ça, ça s'efface, ça n'existe plus. En gros, ça se fout sous le tapis, dans un gros coin de ton cerveau, de ton corps bien enfoui. Ça disparaît jamais, mais t'arrives à le renier. Donc au bout d'un moment, tu ne sais plus. Tu ne sais plus. Tu ne sais plus et tu ne repères plus. Et c'est là où ça devient intéressant. Enfin intéressant, voilà. C'est que ça ne te quitte du coup plus jamais. Ce pli, cette adaptation-là. Il s'arrête pas quand tu quittes la maison de tes parents et genre ça y est, je vis ma vie et je fais ce que je veux. Bien sûr que non, il part avec toi, c'est un joli bagage avec lequel tu pars. Et ça, tu vas le retrouver avec ton patron qui va te demander de rester tard le vendredi soir et où tu vas dire oui, ok, oui, oui, pas de souci. Alors que dans ta tête, t'as déjà dit non cinq fois parce que, putain, il me fait chier. Moi, je devais aller boire un verre avec mes potes, je voulais aller danser ou demain matin, je dois aller déménager à une amie, donc je voulais me coucher tôt. Ça me fait chier, putain, c'est pas possible, ça m'arrange pas du tout. Et la réponse qui sort, ça sera oui. Tu le retrouves avec ton ou ta conjointe, quand tu n'as pas envie de sortir, mais que tu craques, ou même si je vais plus loin dans les relations intimes, mais que tu craques, genre bon allez, ça va, je vais faire un effort, je n'ai pas trop envie mais j'y vais. Pour éviter la tension, pour éviter la punition, pour éviter que l'autre fasse la gueule, pour éviter que ça impacte votre relation. Tu le retrouves avec tes amis quand on te demande un service et que t'as clairement pas le temps de le faire, mais que tu dis oui quand même parce que, putain, je peux pas lui dire que je veux juste me reposer, je suis pas le droit de faire ça. Et ça, c'est pas un manque de caractère, c'est pas que t'es pas capable de dire non, c'est une mémoire, une mémoire du corps qui a appris très tôt que dire non, poser une limite, ça ne marche pas. Alors à quoi bon ? À quoi bon ? Ça ne sert à rien. Et c'est ce qui fait que cette personne-là avec qui j'ai échangé, elle m'a dit, et je l'ai entendu je crois une dizaine de fois cette semaine, que ce soit en appel découverte, en séance ou quoi, je n'avais jamais posé de limite de ma vie. Je ne savais pas que j'avais des limites. Je me suis rendu compte que j'avais pas de limite. Ou en tout cas, que je n'en posais jamais. Bien sûr. C'est logique. C'est terrible, mais c'est logique. Parce que t'as appris beaucoup trop tôt que ça servait à rien. De toute façon, on t'écouterait pas. Que ce serait pas respecté. Donc pourquoi se faire chier à s'obstiner à faire quelque chose qui ne fonctionne pas ? Après tout, c'est du bon sens. Choisis tes combats. Ben là, plus jeune, t'as choisi ton combat. On te l'a un peu imposé. Mais au final, tu as fini par choisir tes combats. Et ton combat, ce n'est pas le respect de soi, ce n'est pas le respect de mes besoins, ce n'est pas le respect de mes limites. Mon combat, c'est qu'il faut que je m'adapte pour ne pas perdre le lien. Et donc, c'est comme ça qu'on s'oublie. C'est comme ça que je retrouve des femmes qui ont vécu des burn-out ou qui n'en sont pas loin. C'est comme ça que je retrouve des femmes qui me disent constamment « Putain, j'ai tout donné dans mon job. Là, je fais le boulot de trois personnes. Eh bien, tu sais quoi ? Tu sais à qui elle est allée la promotion ? Eh bien, pas à moi. » Eh ben oui. Le pire, c'est que ben oui, je sais. Enfin, ça, j'aurais pu parier que tu n'aurais jamais eu cette promotion. Parce qu'après tout, pourquoi donner une promotion à quelqu'un qui, de toute façon, dit toujours oui à tout, et qui, quand bien même elle n'aura pas sa promotion, elle fait tout, elle donne tout, elle se donne à fond, elle est toujours là, on peut lui demander, elle sera toujours là, c'est pas elle qui va venir poser sa démission. Elle est bien pratique, elle est bien utile. Mais pourquoi la récompenser puisqu'elle le fait ? Et puis en plus elle le fait sûrement sans qu'on lui demande rien les trois quarts du temps. Et je sais peut-être que ça pique ce que je dis. Mais parce que je me reconnais à la surdélivrance de tout. Je sais que ça peut piquer. Mais c'est la réalité. C'est ce qui se passe et c'est ce qui va se passer si tu restes dans cette dynamique aujourd'hui. Parce que oui. Tu as appris ça quand tu étais plus jeune et c'est terrible et encore. Je pense que tu entends à ma voix que ça me révolte. Il n'y a pas d'autre mot que ça me révolte qu'on puisse sortir des dingueries comme ça aux enfants. Mais aujourd'hui, c'est toi qui es responsable. Aujourd'hui, c'est toi qui peux changer la donne et c'est toi qui dois changer la donne. Parce que tu t'es fait imposer une manière d'être, une manière de survivre. Et je dis imposé parce que tu n'as pas choisi, tu as fait comme tu as pu à ce moment-là. Aujourd'hui, tu es adulte, tu as du recul, tu as un cerveau qui est développé, tu as des capacités, tu as des ressources. Même si peut-être tu ne les repères pas complètement aujourd'hui, tu as des ressources. Je suis sûre qu'il y a des trucs qui t'énervent, il y a des trucs qui te révoltent. Peut-être que tu es maman aussi aujourd'hui et que d'entendre ce que certains parents ont pu dire à leurs enfants ou ce que toi, tes parents t'ont dit à toi. et qu'aujourd'hui tu te dis je ne veux pas revivre ça, peut-être qu'aujourd'hui ça te secoue aussi, donc je sais que tu n'as pas envie de reproduire ça avec tes enfants non plus, ben ça passe par toi. C'est génial de vouloir prendre soin de ses enfants, et de faire les efforts, etc. C'est génial. Mais ça va aussi passer par toi qui va leur montrer que, regarde maman, elle est capable d'écouter ses besoins, elle est capable de poser des limites, elle est capable de tenir ses limites. Et elle est aussi capable d'écouter les tiens, les tiennes, les respecter, ou en tout cas de faire que chacun a ses besoins, a ses limites qui sont prises en compte, prises en considération. On ne peut pas toujours répondre à 100% aux besoins de tout le monde. On est bien d'accord, mais juste dans l'écoute et la compréhension, c'est déjà énorme. Mais voilà, aujourd'hui, c'est de ton devoir, et je pense que c'est vraiment un devoir envers soi-même, de commencer à écouter ses besoins, ses limites. de commencer à réécouter les petits signaux, d'essayer d'écouter les petits signaux, que là il y a quelque chose qui ne va pas, là il y a quelque chose qui me déplaît. Et peut-être que tu peux déjà commencer à observer, peut-être dans des relations précédentes, dans des expériences précédentes, peut-être dans ton job actuel, peut-être dans la relation avec tes parents, où est-ce qu'il y a des limites, je sais qu'il y a un semblant de limite, parce que je sais qu'en vrai je ne suis pas trop à l'aise avec ça. Je ne sais pas encore déterminer le pourquoi, le comment, etc. Mais je sais que ça ne suit pas trop à l'aise. Et essaye de repérer justement sur quoi ça coince. Qu'est-ce qui coince ? Dans tous les cas, c'est important et c'est essentiel qu'aujourd'hui tu fasses cette démarche pour toi. Que ce soit en coaching avec moi ou déjà seul de ton côté, peu importe. Mais c'est important que tu fasses ce chemin-là. Parce que sinon un jour, je ne sais pas comment, je ne sais pas si ce sera, je ne te le souhaite pas. pas évidemment si ce sera du burn out si un jour tu vas te réveiller et te faire putain en fait j'ai 40 50 ans et je suis dans un métier je suis dans une situation où je ne sais pas qui je suis je ne sais pas pourquoi je suis là j'ai voulu faire plaisir ah oui j'ai fait plaisir à tout le monde et en plus il ya eu aucune reconnaissance de ce côté là j'ai jamais eu vraiment de bravo c'est bien juste j'ai suivi un chemin qui paraissait normal pour les autres Mais en fait, est-ce que je me suis fait plaisir à moi ? Est-ce que je me suis fait kiffer, moi ? Est-ce que j'ai suivi des envies comme ça parce que ça me faisait kiffer et que... Et je t'invite vraiment à commencer à réfléchir à ça aussi. C'est quoi qui me fait kiffer dans la vie ? Et je te donne un exemple personnel. Parce que récemment, il y a deux choses que j'ai faites. Alors, il n'y a rien de concret encore pour l'instant. Mais c'est des choses où je me suis dit, j'aimerais trop le faire ou le refaire. Et je n'ai pas envie d'attendre. Je n'ai pas envie de me dire oui, mais est-ce que peut-être potentiellement... Donc première chose, je me suis renseignée pour prendre des cours de saxophone. Donc je ne pense pas que ça se fera cette année parce que les horaires ne vont pas, etc. Mais ça ne m'en peut importe. Parce que c'est un truc qui me trotte en tête et je me dis ça serait con de pas essayer. Donc ça sera peut-être pas tout de suite, pas cette année, mais je sais que je vais faire du saxophone dans ma life. Pareil, attention, truc très niche, tu vas dire mais what the fuck ? Mais moi mon rêve ultime c'est de faire mascotte pour les géodivers. Tu sais la frige, mascotte française, la frige. Cette mascotte dont tout le monde s'est foutu de la gueule parce que ça ressemblait quand même fortement à des attributs féminins. En fait, moi, ça me fait kiffer. Ça me fait kiffer. Tu vois, c'est une anecdote sur moi. Je ne suis pas sûre que tu avais envie de la savoir, mais j'adore être dans les costumes comme ça de mascotte. Ça doit être mon passé d'animatrice en village vacances. Mais j'adore être dans les mascottes et pouvoir danser, sauter, n'importe comment. En fait, je trouve qu'il y a un côté tellement festif et où tu hypes les gens avec toi. J'adore ce mood. C'est très léger, on ne se prend pas la tête, j'adore ce mood. Et donc j'aimerais trop faire ça. Du coup je me suis inscrite sur les mails pour avoir les infos, pour devenir bénévole. Donc je ne sais pas si ça se fera, je ne sais pas si ça sera possible, mais juste j'ai fait la démarche parce que ça me ferait grave kiffer. Et je ne veux pas passer à côté de ça en commençant par me dire « Oui mais bon, ça va être loin, je serai peut-être occupée à faire autre chose. » Peut-être, mais je t'aise parce que je sais que ça me fait kiffer ou que ça peut me faire kiffer. Donc, si je te donne ces exemples, c'est parce que tu as peut-être des idées en tête où tu te dis mais c'est une connerie, c'est con, je ne vais pas aller là-dessus et tout. Pourquoi pas ? Et peut-être que tu n'iras pas au bout, mais juste essaie de concrétiser un petit peu les choses qui te font kiffer ou exploiter les choses qui te font kiffer si tu sais qu'elles te font kiffer. vas-y en fait, même si c'est avec parcimonie, même si c'est un tout petit peu, vas-y, teste des choses, bref, commence à te montrer que ouais, t'as des besoins, t'as des envies, et t'es pas obligé de tout sacrifier pour les autres, t'es pas obligé de devenir nombriliste, mais t'es pas obligé de tout sacrifier pour les autres, et quand je dis tout, t'es pas obligé de te sacrifier pour les autres, t'as le droit d'avoir des limites. Et je pense que j'en parlerai la semaine prochaine dans un autre épisode sur justement les petites incohérences, enfin les phases de transition justement quand tu commences à poser tes limites et les changements que ça peut amener. Et c'est le moment où il ne faut surtout pas lâcher la corde parce que c'est justement là où tu es en train d'évoluer et de réapprendre. Mais bon bref, en tout cas... je vais m'arrêter là pour aujourd'hui je pense que c'est un épisode assez long mais je pense que tu captes que c'est un truc qui m'anime qui est important pour moi et quand je vois les retours c'est important pour toi aussi si je devais résumer tout ça en une phrase c'est que c'est pas que tu sais pas dire non c'est pas que t'as pas le caractère pour c'est pas que t'as pas l'assurance pour c'est que ton système il a appris très tôt que ça servait à rien d'essayer Et ça, c'est pas normal et c'est pas juste. Très bonne nouvelle. Ce qu'il y en a une, c'est qu'aujourd'hui, tu peux lui apprendre autre chose. Pas d'un coup, ça sera pas parfait. Mais petit à petit, tu peux lui apprendre autre chose. Si ça te parle, que t'as envie d'aller plus loin, tu sais où me trouver. Si t'as envie de me faire un retour sur l'épisode, tu sais où me trouver. Et tu peux aussi venir me raconter ton « chez moi mes règles » ou les règles de ta maison. Qu'on échange un peu tout ça parce que je lis vraiment tout et j'adore avoir vos réponses. Et quand vous m'autorisez à repartager certaines choses aussi, je trouve ça magique parce que je pense que ça vient chez certaines personnes. Et c'est ça qui est beau, juste de vous montrer que vous n'êtes pas toute seule. Malheureusement, mais en même temps heureusement, parce que vous n'êtes pas seule. Je te dis à la semaine prochaine sur Légitime. Merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode. Et s'il t'a aidé, s'il t'a intrigué, si tu te poses des questions, je suis curieuse, viens me le dire sur Instagram. Promis, je m'en repars et c'est toujours un régal d'échanger avec vous. Et si tu veux soutenir le podcast, m'envoyer du love ou aider d'autres petites filles sages qui en ont marre de passer leur temps à sauver le monde, tu peux laisser un avis à des étoiles sur Apple Podcasts et Spotify. Ça me fera très plaisir et puis ça aidera Légitime à se faire connaître et aller encore plus loin. Encore une fois, merci pour ta confiance. Je te dis à la semaine prochaine. Et n'oublie pas, prendre sa place, c'est pas crier plus fort que tout le monde. C'est juste arrêter d'être silencieuse.