Speaker #0Tu t'excuses quand quelqu'un te marche sur les pieds, tu dis « ça va » alors que t'as envie de hurler, et tu trouves toujours la meilleure répartie, trois jours plus tard, bienvenue sur Légitime, le podcast des ex-petites filles sages qui ont été formatées bien trop tôt à sourire, être sages, et sauver le monde avant leur premier café. Ici, on démonte les injonctions, on balance des « non » fermes mais respectueux, et on réapprend à prendre sa place, pas en criant plus fort que tout le monde, juste en arrêtant d'être silencieuse. Moi c'est Clémentine, je suis coach en affirmation de soi. Et si t'en as marre de te plier en quatre pour m'hériter trois miettes de reconnaissance, retrouve-moi chaque semaine dans tes oreilles pour te partager des punchlines, des clés concrètes et des réflexions sans filtre pour t'aider à reprendre ta place. Et promis, je vais te prouver que poser tes limites, ça ne te fera pas perdre ton empathie, ni tous tes amis. Bonne écoute ! Imagine, c'est vendredi, 18h, t'as ton sac sur l'épaule, ton manteau à moitié enfilé. Tu penses déjà à ton canapé et à ton week-end bien tranquille devant Bridgerton. Et là, t'as ta collègue qui passe la tête par la porte et qui te dit cette phrase fatale. Dis, tu pourrais pas jeter un oeil à mon dossier avant demain, mais genre, rien. C'est cinq minutes, c'est vraiment une petite coquille, je veux que tu vérifies. Et avant même que ton cerveau ait eu le temps de se poser la question, est-ce que j'ai le temps ? Est-ce que c'est ok pour moi ? Est-ce que j'ai l'énergie pour ? Tu vois déjà que ta bouche a répondu « Oui, bien sûr, pas de souci ! » Avec le sourire. Avec le sourire, en plus. Comme si ça te faisait plaisir. Et c'est seulement en rentrant chez toi, à 21h, que tu te dis « Mais putain, mais pourquoi j'ai dit oui ? J'avais pas le temps. Je voulais rentrer, me doucher, fêter de mon mec qui me posait après cette semaine de ouf. Mais non, il a fallu que je dise oui. » Alors qu'en soi, ce n'est pas mon dossier, c'est une collègue qui ne m'aide jamais, mais il a fallu que je dise oui. Et j'ai envie de te parler de ça aujourd'hui, ou plutôt de te reparler de ça. Parce que si tu es là depuis un moment, tu sais qu'en février 2024, mon dieu, ça fait déjà deux ans et demi au moment où j'enregistre, j'ai fait un épisode sur le syndrome de l'identifie. C'était l'épisode 45, si jamais tu le cherches, je te le remettrai dans la description. Mais en gros, je te racontais mon histoire de petit fils sage, de caméléon qui s'adaptait à tout le monde, tout le temps. Et je te donnais des pistes pour apprendre à te connaître, revoir tes croyances et prendre conscience tout simplement de ton fonctionnement. Donc jusqu'ici, très cohérent. Et l'autre jour, je l'ai réécouté. Parce que ça me trottait depuis un moment en tête de me dire, je crois qu'il faut que je fasse une version 2.0. Donc je l'ai réécouté. Et en soi, tout ce que je te disais, c'était vrai, ça reste cohérent. Sauf qu'il manquait un truc, et finalement pas un petit truc, parce qu'il manquait LE truc, beaucoup de trucs, qui explique pourquoi tu peux avoir tout compris, avoir lu tous les livres, avoir fait tout le travail, et je sais que tu es dans ce cas-là, et continuer malgré tout dans ton quotidien à dire oui alors que t'as envie de dire non. Donc aujourd'hui, en fait, j'avais juste envie de tirer le fil un peu plus loin, arriver à la base de la pelote de laine, parce que c'est peut-être... l'élément, les éléments qui te manquent, ou une information qui va te faire voir que c'est bien loin, et je pense que je te l'avais déjà dit en 2024, mais c'est vraiment très très loin d'être une histoire de personnalité, de confiance, voire même d'estime de soi. Donc si tu avais déjà écouté l'épisode à l'époque, bon déjà ça fait un petit moment donc tu as peut-être oublié, mais reste là, profite de ta douche, de ton trajet en voiture, on va voir des choses nouvelles. Je te fais quand même un petit rappel parce que je pense que c'est bien de reposer les choses. Et je pense que si tu es là, tu as déjà reconnu deux, trois trucs. Et peut-être que tu peux les regarder avec des lunettes différentes aujourd'hui. Les comportements de petite fille sage, de gentille fille qu'on peut avoir tendance à accumuler, c'est par exemple cette espèce de radar, cette espèce de portique de sécurité d'aéroport que j'aime bien l'appeler. C'est ce radar où, très très perfectionné, où tu rentres dans une pièce. et en deux secondes, t'as capté qui était de mauvaise humeur, qui s'était pris la tête avec qui, qui au contraire avait de très bonnes nouvelles, qui était très intimidée et très introvertie et n'osait pas aller parler à son crush dans la soirée. Bref, tu remarques qui est tendu, qui sourit un peu moins, qui a l'air en colère, qui a l'air stressé, etc. C'est le genre de truc où ton pote par message, il te répond OK au lieu du OK, haha, ou avec un emoji, et là tu paniques. Alerte rouge, il y a un problème, qu'est-ce qu'il y a ? Tu me fais la gueule ? je vois bien que c'est pas comme d'habitude. Et je te le dis tout de suite, c'est pas de la parano. C'est pas que t'exagères, c'est pas que t'es trop sensible. Ça s'appelle de l'hypervigilance. Ton corps est en train de surveiller en permanence si le lien est en danger. On y reviendra. Ensuite, ce fameux oui automatique, je pense que ça c'est vraiment le comportement de basse qu'on retrouve chez toutes les petites filles sages, ce oui qui sort tout seul. Dans l'épisode 45, je te parlais du caméléon, cette version de toi qui s'adapte à chaque groupe pour être acceptée, cette version de toi qui peut être capable de dire à une personne « Ah ouais, moi j'adore Mylène Farmer » et à la personne d'à côté « Ah non, je peux pas la blairer, c'est insupportable ces chansons » ou en tout cas Si la personne te dit « Ah, moi, j'aime pas » , non, mais après, c'est vrai que je suis pas fan non plus. Voilà, il y a certainement une chanson qui passe. Donc cette manière toujours de t'adapter, de modifier ton discours. Sauf que ce que j'avais pas dit, ce que j'avais pas précisé, c'est que cette manière de faire, c'est un réflexe. Le caméléon, à ce moment-là, il décide pas de changer de couleur. D'ailleurs, je ne sais plus si je l'avais dit dans cet épisode-là, mais le caméléon, en fait, il change de couleur par rapport à ses émotions. Il ne décide pas vraiment de changer de couleur. C'est un réflexe, c'est automatique, c'est en fonction de ce qui se passe en lui. Et en fait, c'est la même chose pour toi à ce moment-là. Tu t'adaptes avant d'avoir décidé de t'adapter. Il n'y a plus de réflexion, il n'y a pas de réflexion, en fait. Ta bouche va plus vite que ta pensée. Parce que, justement, tu n'es pas connecté à tes pensées à ce moment-là. T'es pas connecté au rationnel, à la réflexion. Et on y reviendra aussi. Troisième chose qu'on peut repérer dans le comportement de petite fille sage, c'est généralement ce côté cocotte minute, qui va avec le oui automatique finalement. C'est que tu vas garder, tu vas prendre beaucoup sur tes épaules, tu gardes, tu gardes, tu gardes. La remarque de ta belle-mère, le collègue qui te coupe la parole, ton mec a encore oublié de sortir des poubelles, tu dis rien, tu dis rien. « C'est pas grave, c'est rien, t'inquiète, non mais je vais m'en occuper, c'est bon. » Et un jour, il y a une petite cuillère qui traîne sur la table, et là ça pète. Là ça pète, ça explose, et t'as envie d'être méchante. Je sais pas si t'as déjà vécu ce moment-là, je pense que oui. Je pense que si t'as au moins 25-30 ans, t'as déjà vécu au moins un de ces moments-là. T'exploses, donc là encore une fois t'as pas accès à ton rationnel, t'as envie de tout casser, t'as envie de tout péter sur ton passage. Et puisque tu m'as fait chier, toi en face, bah putain qu'est-ce que j'ai envie de te faire chier, qu'est-ce que j'ai envie de te faire mal, qu'est-ce que j'ai envie de te balancer tes quatre vérités, qu'est-ce que j'ai envie que tu comprennes que putain c'est pas ok là ce que tu fais. Et attention, c'est pas que t'es mauvaise à ce moment-là, mais c'est juste que c'est tellement too much que ça fait un petit peu... que ça fait un petit peu méchant Disney, quoi. Si t'as vu le film Cruella, tu vois bien que si elle en est arrivée à être Cruella, c'est pas pour rien, avec un moment donné, ça a tellement saturé qu'elle est devenue pas très sympa. Mais donc, ce côté cocotte minute. Juste après, après que t'aies explosé, la honte. La honte, là, qui commence à prendre tout ton corps, en te disant « Putain, mais qu'est-ce qui m'a pris ? Mais je suis horrible ! Mais ça va pas te péter un câble pour ça ? » qui a tendance à venir renforcer le cercle vicieux que t'exagères, t'es trop sensible en plus, donc c'est merveilleux. Troisième comportement, tu bloques beaucoup, tu te muselles beaucoup, tu te paralyses beaucoup. Tu sais, ce projet que tu repousses depuis six mois, le message que t'as envie d'envoyer, que tu tapes, que t'effaces, que tu retapes, et au final que t'envoies jamais. Et aux limites ? Tu vas accumuler de la rancœur envers l'autre parce que putain, il pourrait m'envoyer un message. Ça serait plus simple. Tu te dis, ouais, je me lancerai quand je serai prête. Sauf que t'es jamais prête. Et puis, c'est jamais assez parfait. Je me lancerai quand je maîtriserai tout, quand je serai sûre qu'il n'y a aucun risque. Et quand j'y réfléchis, parce que c'était mon cas, mais quand j'y réfléchis, ça fait rire. Parce qu'on sait bien que la vie, il y a forcément des risques qui ne sont pas forcément fondamentalement dangereux. la vie fait qu'il y a forcément... Tu prends un risque, quel qu'elle soit. Mais bon, c'est l'espèce de... Le déni de la petite fille sage. Puis, on t'a sans doute dit aussi que c'était de la procrastination, du perfectionnisme. Peut-être même que juste t'avais la flemme ou que t'étais pas stable, pas fiable. Moi, je vais te dire autre chose, c'est pas du tout que t'es paresseuse. Encore une fois, c'est pas un trait de caractère. C'est juste que t'étais figée. Parce qu'encore une fois, peu importe le projet, peu importe ce qui se passait pour toi à ce moment-là et ce qui se passe peut-être aujourd'hui pour toi à ce moment-là. C'est too much. Donc c'est un peu l'opposé du too much colère. Là, c'est le too much, je suis submergée, je ne sais plus quoi faire, je suis paralysée. Un peu comme le lapin dans les phares, quoi. Il y a une grosse voiture qui me fonce dessus. Je fais quoi, là, en fait ? Je ne peux rien faire. Cinquième et dernier comportement, il y en a énormément, mais à un moment donné, on fait des choix. La rumination. La rumination à 4h du matin ou à 23h ou même toute la journée, finalement. Ça peut durer très très longtemps. Tu te refais toute la soirée, la blague qui a fait un flop, où tu as l'impression que tous les yeux étaient braqués sur toi, que tout le monde se fout de ta gueule. Après ce truc où dans la soirée, tu as encore l'impression que les gens te regardent et rigolent de toi. Ou alors cette idée de resto que tu as proposée, ça y est, tu étais contente, tu as osé parler un petit peu plus fort, tu as osé proposer quelque chose, personne n'a entendu. Et là, il y a ta pote qui repropose deux minutes après la même chose, et là, tout le monde est là, genre, « Ah ouais, trop bonne idée, Laura, mais c'est génial ! » « Trop bien, t'as trop raison ! » « T'as toujours de bonnes idées ! » Et là, tu te repasses la scène en boucle, tu cherches ce que t'as mal fait, tu cherches ce que t'aurais pu faire, ce que t'aurais dû dire, ce que t'aurais pas dû dire, et tu te relaisses envahir par cette honte, encore une fois. Et en fait, à chaque fois, si tu remarques bien, dans tous ces comportements-là, quels qu'ils soient, Je pense que tu as remarqué qu'en soi, à chaque fois, tu sais que tu avais le droit de dire non, que ce n'est pas à toi de t'occuper des émotions de Pierre-Paul-Jacques dans les soirées, dans les réunions. Tu sais en soi que ce n'est pas parce que ta blague a fait un flop que c'est la fin du monde. Concrètement, tu es au courant. Et pourtant, ça n'empêche que ce qui se passe dans ces moments-là, c'est toujours la même chose. Il n'y a rien qui change au moment où il faudrait que ça change. Et c'est là que je veux revenir sur ce que je te disais il y a deux ans. Je te disais de revoir tes croyances. Et en soi, c'est utile, c'est vrai, je ne retire rien là-dessus parce que c'est le travail qui vient, mais c'est le travail qui vient après. Parce que si c'était suffisant de revoir ses croyances, ça fait belle lurette que tu serais capable de dire non sans broncher, que tu serais capable de dire avec assurance « je ne suis pas responsable du bonheur des autres » . Ça fait bien bien longtemps que ça, ça serait réglé. Parce qu'encore une fois, je sais que t'as compris, t'as tout compris. Tu sais que le problème, c'est quoi ? Tu sais comment tu fonctionnes, t'as tous tes schémas, je le sais. Mais le problème, c'est pas ta tête. C'est pas elle qui doit être convaincue. Et c'est pour ça, et je l'avais dit, je pense, dans le troisième épisode du podcast, tu vois, au fond, je le savais, mais j'avais pas encore toutes les connaissances pour mettre des mots très précis dessus. Et c'est pour ça que les affirmations positives ne fonctionnent pas. ou pas tout le temps. C'est parce que te dire en face du miroir « je suis quelqu'un d'exceptionnel » quand pendant que tu dis ça, ton corps est en train de se crisper, de se renfermer, bien sûr que ça ne va pas enregistrer que tu es quelqu'un d'exceptionnel. Parce qu'au fond de toi, ce n'est pas ce discours-là qui tourne en boucle. Ce n'est pas ce discours-là qui est enregistré dans ton système. Ce n'est pas ce discours-là qui drive ton quotidien et tes décisions. Et c'est plutôt les phrases « t'es nulle » , « je me dégoûte » , « non, t'as rien d'exceptionnel » . Je connais, hein. Je l'ai eu, ce discours. Et c'est ça que j'ai envie d'ajouter aujourd'hui, c'est que le problème, c'est que c'est pas ta tête qui décide. Et si tu m'écoutes au fond de toi, tu le sais, parce que t'as essayé plusieurs fois. Si je reprends mon image de portique de sécurité à l'aéroport, et j'ai un exemple qui m'est arrivé récemment, les portiques, là, ils sont assez sensibles. C'est-à-dire que tu peux être sûr d'avoir rien oublié, de bien avoir enlevé les liquides de ta valise, etc., d'avoir mis ton ordinateur dans le bac, etc. Tu vas passer, soit c'est toi qui va bipper, soit c'est ta valise qui va faire un petit équerre et qui va être contrôlée par la sécurité. Et bien ce portique-là, il ne fait pas la différence entre une arme blanche et un parapluie. Ton système nerveux, c'est la même chose. Il scanne, il détecte. Il tourne en permanence, sous ta conscience, et il se pose une seule question. Est-ce que je suis en sécurité là, maintenant ? Et c'est pas un truc que tu fais de manière consciente. T'es pas en train de réfléchir à te poser la question toute la journée. C'est juste un radar permanent qui cherche. Est-ce que je suis en sécurité ? Ce qui fait que s'il repère quelque chose, certains éléments, certains comportements, certaines expressions de visage, certains tons de voix, certains types de personnes. Parce que je sais que la petite fille sage, on a souvent peur des personnes d'autorité, hein. Ces figures d'autorité. Si ton système repère un élément comme ça, il sonne. Que ce soit un froncement de sourcils, parce qu'il y a quelqu'un qui avait la lumière dans les yeux, ou parce qu'il est énervé, il sonne. Ça te met en alerte, et le comportement associé se déclenche. Donc retiens juste l'image, mais ton système nerveux, c'est vraiment ton portique de sécurité à l'aéroport. Et c'est lui qui décide pour toi. Maintenant, quand le portique sonne, qu'est-ce qui se passe ? Je ne sais pas si tu as déjà remarqué sur ton GPS, en tout cas avant, tu pouvais choisir quel trajet tu voulais choisir. Et si tu remarques, parfois, il te fait prendre des petites routes qui sont impossibles, des trajets qui ne sont pas les plus courts, pas les plus jolis, mais bon, ça, on s'en fiche. Mais il choisit en fait les trajets où il y a le moins de risques de bouchons, par exemple, où il y a moins d'accidents. Dans ces moments-là, Ils ne cherchent pas la meilleure solution. Ils cherchent celle qui coûte le moins, tout de suite. Et pour ça, en une fraction de seconde, il va se poser des questions. Est-ce que je peux fuir ? Est-ce que je peux me défendre ? Est-ce que je peux appeler à l'aide ? Est-ce que je peux me retirer sans perdre le lien ? Et maintenant, mets-toi dans la peau d'une petite fille de 7 ans. Il y a papa qui crie, il y a maman qui pleure dans la cuisine, ils se prennent la tête tous les deux. Ou juste, tu sais, il y a cette ambiance un peu lourde à table parce que ton père a dit que ça manquait de sel. Et tu sais, où du coup, tout le monde fait attention à ce qu'il dit parce que ça peut péter à tout moment. Ben, t'as 7 ans. Fuir. Pour aller où ? Chez la voisine ? Avec ton cartable ? Te défendre. Ok. Essaye de répondre à ton père quand il est dans cet état-là. On sait très bien comment ça finit. Probablement puni dans la chambre ou voire pire selon certaines familles. Appeler à l'aide, ben... Qui, en fait ? Tu vas dire j'ai peur, on va dire arrête ton cinéma, ou on va encore te renvoyer dans ta chambre, on va se foutre de ta gueule, genre oh bah dis-toi, c'est bon, c'est rien. Est-ce que tu peux te retirer sans perdre le lien ? Ben, pas vraiment parce que t'as l'impression à ce moment-là que si je vais dans ma chambre de moi-même, ben papa-maman, je vais peut-être me faire engueuler par papa-maman, donc je mets le lien en risque. Donc il reste quoi en fait ? Il reste une seule option. La seule option qui est valable, c'est il faut que je réduise le danger. Il faut que je choisisse l'option qui est un peu moins dangereuse. C'est même pas forcément plus sécuritaire, c'est un peu moins dangereuse. C'est choisir ce qui reste acceptable. Être assez sage, assez discrète, assez gentille, pour que ça se calme. Et surtout pour quand on ne rejette pas. Parce que perdre le lien avec ses parents, c'est pas une question d'ego, c'est une question de survie. Et c'est là que le syndrome de la petite fille sage s'enclenche. Ton corps sélectionne la réponse qui minimise le risque de rupture, même si ça te coûte cher à long terme. Et je reste claire sur un truc, comme dans l'épisode 45, ça arrive aussi avec des parents très aimants. Parce qu'ils peuvent être très aimants, mais ne pas savoir accueillir les émotions. Peut-être qu'ils étaient eux-mêmes débordés, peut-être qu'ils avaient peur pour toi. Mais l'enfant, il se dit jamais « mes parents sont dépassés » . C'est pas son rôle, il n'a pas ce recul-là, la maturité. L'enfant, il se dit « s'il y a un problème, c'est que je suis le problème, il faut que je règle le problème » . Parce que c'est aussi plus sécurisant de se dire « je peux faire quelque chose » . Et le corps enregistre ce qui a marché pour rester en sécurité. Le truc, c'est que cette façon de fonctionner, ça ne s'arrête pas à tes 10 ans. Et il se rejoue aujourd'hui à chaque fois qu'il y a une relation dont tu dépends ou un rapport de hiérarchie. C'est ce que je te disais, ton boss, ta belle famille. Ton couple, ton corps de 35 ans, il réagit avec ton portique de sécurité de petite fille de 7 ans. Pour lui, un désaccord en réunion, c'est la dispute dans la cuisine. Et concrètement, ça donne quoi ? Je te donne une scène. T'es en réunion. Y'a ta bosse qui te fait une remarque un peu sèche, genre devant tout le monde. Ouais, ce dossier-là, on en parle parce que là, c'est pas du tout ce qu'on avait dit. Et là, en 3 secondes, il se passe 3 choses. 1. Tu rentres tes épaules, tu rougis, t'as envie de disparaître sous la table. Et ça, c'est de la honte. Tu te rétractes. Littéralement, tu veux te faire toute petite. Deux, ton cerveau est vide, mais genre complètement. Tu savais exactement pourquoi t'avais fait comme ça. Quoi, telle ou telle chose, ça pouvait bloquer, mais t'avais déjà imaginé les solutions. T'avais tes arguments. Et là, d'un coup, pouf, ça vaniche. Y'a plus rien. Ben ça, c'est du figement. Tu t'immobilises. Et trois... D'un coup tu entends ta voix toute douce dire Ouais non mais t'as raison je suis désolée j'ai merdé Je reprends ça ce soir Au pire je boufferai mon week-end s'il faut Avec un petit sourire Et ça c'est ce qu'on appelle l'appeasement tu te rends acceptable. Donc honte, figement, appeasement. Je me rétracte, je m'immobilise, je me rends acceptable. Et je vais casser une idée reçue, mais on croit souvent que la gentille fille, justement, elle est assez passive, qu'elle subit, qu'elle ne fait pas grand-chose. Mais en fait, bien loin de là. En fait, la gentille fille, elle bosse comme une dingue. Parce qu'elle lit la pièce, elle anticipe l'humeur de chacun, elle désamorce avant que ça pète, elle rassure, elle arrondit les angles. Elle s'adapte au quotidien, seconde après seconde. C'est méga épuisant. C'est pas de la passivité, c'est une soumission stratégique. Pendant ce temps-là, ton corps, lui, il est à fond sous le capot. Tu sais, ça fait un petit peu comme le canard sur l'étang. De loin, tu le vois, c'est fluide et tout, ça glisse et tout. Et en dessous de l'eau, ça pédale comme un malade. C'est un peu ça. Dedans, c'est tendu à bloc. C'est en hyper-vigilance, en mode survie. Et dehors, t'es gentille. Et entre les deux, ça te coûte une énergie folle, parce que ça fait beaucoup de choses à conserver, à museler. C'est pour ça que t'es épuisée le soir, après une journée où soi-disant, il s'est rien passé. Concrètement, il s'est rien passé, parce que t'as tout fait pour qu'il se passe rien. Mais c'est fatigant, ça. Et tout ça, mis bout à bout, j'en avais parlé dans un autre épisode, mais ça vient entretenir une honte, mais une honte qui devient toxique. C'est pas la petite honte d'avoir oublié l'anniversaire de ta pote ou de t'être un peu rétamée dans la rue. C'est celle de fond. C'est celle qui te fait croire que le problème, c'est toi, tout le temps, par défaut. Et je le répète, cette honte-là, c'est pas un défaut de caractère. C'est une organisation de survie. C'est ce qui a permis à la petite fille que t'étais de garder le lien quand le lien était vital. Et je t'invite vraiment à réfléchir à ça et à te dire est-ce que ma gentillesse, est-ce que mon people pleasing, appelle ça comme tu veux, Est-ce que c'est pas la stratégie, évidemment, la plus intelligente que ton corps a trouvé à l'époque pour te protéger ? Parce que c'est le cas. Et tu vois, la petite fille dont je te parlais dans l'épisode 45, elle est toujours là, hein. Mais je la vois différemment aujourd'hui. Parce que c'est pas qu'elle a peur. C'est au contraire une partie de toi qui a réussi à te protéger pendant des années. Elle a fait un boulot de ouf. Incroyable. Mais elle sait juste pas, personne l'a prévenu, que la guerre était finie. Personne ne lui a dit, non mais en fait c'est bon, tu peux arrêter de faire ça. Maintenant on a des ressources. Maintenant on a des ressources, on n'est plus obligé de préserver un lien qui nous fait du mal, qui nous stresse. On peut dire stop. Parce que c'est ça qui se passe. C'est ça qui fait que tu es dans l'appeasement, dans le people pleasing. C'est ça qui fait que tu cherches à brosser les gens dans le sens du poil. C'est parce que, à une époque, tu n'avais pas le choix. Tu dépendais d'un lien. ta survie dépendait d'un lien avec une certaine relation, mais cette même relation était source de danger. Et donc ton système a choisi ce qui était le moins dangereux. Si je me soumets, si je brosse dans le sens du poil, si je vais dans le sens de l'autre, ça serait un peu plus safe pour moi. Et donc j'espère qu'avec tout ça, tu captes pourquoi juste comprendre avec ta tête, ça ne change rien. Parce que la honte, en fait, elle ne se transforme pas par une prise de conscience. Je peux te dire, te regarder et te dire « Oh là là, tu es magnifique » . Si toi, tu as honte de ton corps, je peux te le dire mille fois, ça ne changera rien. Parce que ton corps, lui, il n'a pas lu les nouvelles croyances. Il ne comprend pas ce que la tête, elle, dit, en fait. Ils ne sont pas sur la même longueur d'onde. Par contre, la bonne nouvelle, c'est que si ton corps manque juste de la mise à jour... Ça veut dire qu'il peut aussi apprendre autre chose. Mais ce n'est pas en faisant un PowerPoint, ni en lisant des bouquins supplémentaires, mais en cherchant à apprendre et comprendre plus. Il y a deux ans, je te disais, prends conscience, revois tes croyances. Et vraiment, c'est une étape et on le fait en coaching. Mais parce que comprendre ce qui se passe, déjà, ça enlève déjà une couche de honte. Mais ton corps, ce qui l'intéresse, c'est parce que tu sais, c'est ce qu'il ressent. Donc aujourd'hui, je te propose de regarder quatre choses. Quatre conditions pour que ton corps puisse petit à petit lâcher ce réflexe. Et la première chose, c'est que la sécurité, elle devienne perceptible. Perceptible, ça veut dire que ton corps, il la sent. Et pas que ta tête la pense. Pas genre essayer de se convaincre, je suis en sécurité, je suis en sécurité. Si t'as les épaules qui sont collées aux oreilles et la mâchoire serrée et ton corps crispé de ouf, non, on ne peut pas dire que tu te sens en sécurité. Donc donne-lui des preuves. Connecte-toi à des moments où tu t'es senti en sécurité. Je sais que moi, personnellement, quand je pense à la plage, à l'océan et tout, d'un coup ça se détend. Ou fait une expiration plus longue. que l'inspiration. T'inspires sur 4, t'expires sur 6 ou sur 8, tu vois ce que ça fait. Essaye juste de sentir tes pieds sur le sol, le contact de ta chaise, la température. Prends le temps de regarder autour de toi, lentement. Pose les yeux sur trois objets dans la pièce, pour ramener ton corps à « Ah, je suis chez moi à tel moment » . Et observe tes relations. Il y a des personnes avec qui tu peux te dire « Ah, ça va » . Quand je suis avec elle, je me sens bien, je ne fais pas trop attention à ce que je dis, je suis nature peinture. Il n'y a pas de stress, de rumination, juste tu vis ton moment. Ça, c'est la meilleure preuve que tu peux donner à ton corps, qu'il y a des relations avec lesquelles ça va. Deuxième chose, ralentis le rythme. Le people pleasing, on l'a vu, c'est souvent le oui, oui, bien sûr, qui sort en 0,3 secondes. Et c'est ça le piège, c'est que c'est tellement rapide que t'as pas le temps de choisir. Donc l'antidote, c'est un peu la lenteur. C'est pas en mode parler lentement, pas forcément, mais juste t'as pas besoin de dire non tout de suite. Tu peux juste essayer de gagner du temps. Tu sais, prendre une petite respiration avant de répondre, ou utiliser une phrase tampon. Genre, ouais, je regarde et je te dis, laisse-moi vérifier mon agenda, j'ai besoin d'y réfléchir. C'est pas encore un non, mais c'est juste un pas tout de suite. Et je l'avais vu ça en coaching avec une personne. Et ça l'avait débloquée de ouf avec des clientes, parce qu'elle se sentait plus submergée par le stress de « Comment je vais poser mon cadre ? » Elle prenait le temps de se poser, et du coup elle pouvait revenir posément, et dire « Bah voilà, c'est comme ci, c'est comme ça, ou non, ça, ça sera pas possible. » Et ça te permet de sortir du pilote automatique. Ensuite, dans l'épisode 45, je te disais que ça affirmait, ça pouvait être aussi simple que « Moi ce soir, j'ai envie de manger Thaï plutôt qu'italien. Je le maintiens. » Mais aujourd'hui, je sais pourquoi c'est aussi important. Parce que chaque petit désaccord ou envie différente qui se passe bien, c'est une preuve pour ton corps, pour ton système, que désaccord, ça ne veut pas dire rupture. C'est une preuve qu'on peut ne pas être d'accord et rester en lien. Et ça, plus on y va en micro-dose, encore une fois, on ne commence pas par recadrer son boss ou sa mère, mais on commence par le taille, l'italien. Non, je ne reprendrai pas de dessert, je préfère qu'on soit samedi plus tôt que vendredi. Tout ça, c'est petit, mais c'est exactement pour ça que ça marche. Parce que quand on est bouffé par la honte, il faut y aller très progressivement. Et enfin, il faut bien comprendre que justement, ça va prendre du temps. Tu vas passer par plein de phases. Tu vas peut-être avoir peur, tu vas peut-être être en colère. Il va se passer plein de choses parce qu'en fait, ton système, il va intégrer. Il va passer par différentes phases pour retourner à... sa dignité. Et donc c'est important de savoir ça et d'accepter et de voir que c'est normal en fait. Ton corps il est en train de remonter les étages dans l'ordre. Il sort du brossage de poils, il commence à se mobiliser pour lui. Peut-être qu'il va vivre de la colère parce que putain j'ai laissé passer des trucs mais c'est scandaleux. Et après il va intégrer. Je vais pas répéter ce que je disais dans l'épisode. récemment où je disais ce côté de transition justement où des fois t'as l'impression que parce que t'as posé une limite ça y est tu deviens un monstre mais en fait c'est ça il y a une transition ton système est habitué à agir d'une certaine manière donc le moment où tu changes ouais ça va déstabiliser mais ça voudra pas dire que t'es sur la mauvaise route et ensuite je te dirais juste pour terminer on n'essaie pas de faire faire la gentille fille on lui dit merci On lui dit « Merci de m'avoir protégée toutes ces années, t'as fait un boulot de ouf. Merci. » Aujourd'hui, c'est moi la djount, aujourd'hui, c'est moi qui prends le relais. Parce qu'une partie qu'on combat, qu'on essaye de museler, elle s'accroche, elle prend de plus en plus de place, je sais qu'on va entendre. Une partie qu'on remercie, elle peut se reposer. Donc si je devais te laisser avec une seule phrase aujourd'hui, ça serait ça, c'est que t'es pas trop gentille, c'est que c'est pas un trait de caractère de te soumettre, entre guillemets, les trois quarts du temps. C'est que tu as un système d'alarme qui est très performant, qui est réglé pour une époque qui n'existe plus. Ton over gentillesse, la honte que tu ressens, tes oui automatiques, ce ne sont pas des défauts qui sont à corriger, c'est des réflexes. C'est des mécanismes de survie qui t'ont protégé. Et aujourd'hui, tu peux apprendre à ton corps, à ton système nerveux, qu'il a le droit de faire autrement. Parce qu'aujourd'hui, il est adulte, il a des ressources adultes, et il ne dépend plus. de certaines relations, notamment des relations avec tes parents. Mais ça, ça se fait doucement, à micro-dose. Il y a deux ans, je te disais d'écouter ta petite fille intérieure. Je te dirais toujours de l'écouter, je te dirais même d'écouter toutes les parts de toi qui sont là, et j'ajouterais, écoute aussi ton corps. Essaye de reconnecter petit à petit, parce que c'est là qu'elle te parle, ta petite fille intérieure. Et si tu sens que tu as tout compris, mais que ton corps ne suit pas, que tu es déconnecté des signaux de ton corps, parce que ce n'est pas du tout étonnant dans ces moments-là qu'on n'ait plus accès aux signaux du corps, puisque là encore ça apparaît comme un danger. C'est ce qu'on travaille dans mon accompagnement. On travaille avec tes parties, avec la régulation de ton système et avec des jeux de rôle pour que tu t'entraînes à t'affirmer dans ton corps et pas juste dans ta tête. Et ça dans un espace où tu peux dire non, où il ne va rien se passer de grave. Ça dans un espace où tu peux partager des grands moments de vulnérabilité, des grands moments de honte, être capable de me dire que tu as honte. J'ai vécu récemment ça en séance et c'était fort de voir à quel point... le point, juste de pouvoir déposer ça, c'est déjà très libérateur. Donc si ça te parle, si tu sens qu'aujourd'hui ça te bouffe dans tes relations, dans ta vie au quotidien, que t'es épuisée, t'es drainée, c'est fatigant de toujours tout retenir, ben on en parle en appel et on voit si mon accompagnement est fait pour toi. Dans tous les cas, si t'as des questions, si tu veux qu'on en parle d'abord sur Insta, tu sais où me trouver, c'est dans la description. Et sinon, je te dis à la semaine prochaine sur Légitime. Merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode et s'il t'a aidé, s'il t'a intrigué, si tu te poses des questions, je suis curieuse, viens me le dire sur Instagram. Promis, je m'en repars et c'est toujours un régal d'échanger avec vous. Et si tu veux soutenir le podcast, m'envoyer du love ou aider d'autres petites filles sages qui en ont marre de passer leur temps à sauver le monde, tu peux laisser un avis à des étoiles sur Apple Podcasts et Spotify. Ça me fera très plaisir et puis ça aidera les JT à se faire connaître et aller encore plus loin. Encore une fois, merci pour ta confiance. Je te dis... A la semaine prochaine, et n'oublie pas, prendre sa place, c'est pas crier plus fort que tout le monde, c'est juste arrêter d'être silencieuse.