- Speaker #0
Moi je ne suis pas quelqu'un qui a peur de l'arrivée de l'IA. En fait, je ne pense pas que l'IA va remplacer l'humain. Par contre, les humains qui ont intégré et savent gérer l'IA vont remplacer les personnes qui ne savent pas gérer l'IA.
- Speaker #1
L'industrie de la construction est en plein bouleversement. Nouvelles normes, utilisation des matériaux, consommation énergétique sont nos enjeux. Je m'appelle Richad Mita, je suis serial entrepreneur et CEO de Synax. Chez Synax, nous digitalisons. l'industrie des matériaux de construction. Ma passion, le digital appliqué à des secteurs qui ne l'attendaient pas. Dans Les bâtisseurs, j'interview des visionnaires de l'industrie pour vous inspirer dans votre propre transformation environnementale, digitale et managériale. Bienvenue dans Les bâtisseurs,
- Speaker #0
le podcast de ceux qui bâtissent aujourd'hui pour demain.
- Speaker #1
Bienvenue dans ce nouvel épisode des Bâtisseurs.
- Speaker #0
Merci beaucoup, merci de m'accueillir.
- Speaker #1
Bienvenue à Angela. Déjà, je voudrais remercier NGE qui nous reçoit pour cet événement très particulier, avec cette inauguration des locaux de la Contec et des locaux d'innovation de NGE, et pour célébrer cette nouvelle génération d'innovation. Et Angela, toi, quand Jocelyn m'a parlé de toi, je me suis dit, c'est pas possible qu'une femme comme ça existe. D'où vient-elle ? Pour parler un tout petit peu de toi. Tu travailles en finances à l'ONU, tu es présidente de Women in Tech, tu es également partie du Tech Diplomacy Forum, tu es conseillère du commerce extérieur français et, écoute, moi on m'a dit qu'en plus quand tu es arrivée en France à 8 ans, tu ne savais pas parler français.
- Speaker #0
Effectivement.
- Speaker #1
Est-ce que c'est vrai tout ça ?
- Speaker #0
Tout est vrai.
- Speaker #1
Tout est vrai. Peut-être pour commencer, est-ce que tu pourrais te présenter, s'il te plaît ?
- Speaker #0
Avec grand plaisir, déjà encore merci de m'accueillir aujourd'hui avec ce super beau temps. Je m'appelle Angéla Nazer, je suis d'origine syrienne et libanaise. Et oui, effectivement, je suis arrivée en France à l'âge de 8 ans et je n'ai jamais pris de cours de français de ma vie jusqu'à aujourd'hui. Parce que j'ai fait des études dans une école irakienne qui est à côté du Trocadéro, qui était, qui n'existe plus, et j'ai appris le français en lisant des livres. Voilà, je suis vraiment... amoureuse de la France. Et il y a une citation de Romain Garry que j'aime beaucoup qui dit « J'ai pas une goutte de sang français, mais la France coule dans mes veines » . Je pense que c'est la citation qui est une des citations qui me représente le plus parce que je suis viscéralement amoureuse de la France. Je pense que je suis tombée amoureuse tout de suite quand on est arrivé en France, on habitait en face de la Sorbonne. Mes parents étaient étudiants. C'est bizarre en tant qu'étudiant parce qu'à l'époque, c'était vraiment le quartier très cheap de Paris. J'ai 50 ans, donc c'est pour ça que je peux dire « à l'époque » . Je suis arrivée un 29 janvier C'était un samedi soir, donc mon premier regard le matin du dimanche, c'était la Sorbonne, parce que vraiment, on habitait en face. Et je me suis dit, mais un jour, j'aimerais beaucoup aller à cette université. Ce n'est pas du tout les études que j'ai faites. Donc voilà, oui, j'ai appris le français. Merci les livres et les bibliothèques municipales.
- Speaker #1
Et dans ton parcours, tu me partageais le fait que tu étais arrivée en finance chez General Electric. C'est General Electric Capital. Oui, qui était là. Comment tu as fait ça ? Alors vraiment...
- Speaker #0
Ma vie, c'est vraiment des circonstances, des rencontres, beaucoup de rencontres. À la base, j'ai commencé à travailler très jeune, à l'âge de 16 ans, à l'usine en tant que conditionneuse. Je dis tout le temps que c'est les jobs que j'ai faits en tant que caissière à Monoprix, Pizza Hut, Burger King, qui ont fait ce que je suis aujourd'hui. Ça m'a appris la gestion de crise, à travailler en équipe. C'est vraiment la base de ce que je suis aujourd'hui. J'ai fait médecine à la base. J'ai laissé tomber au bout de la deuxième année. Mes parents, la même semaine, ont découvert que je n'étais plus en médecine, que je travaillais à Pizza Hut et que j'avais un crédit étudiant. Trop d'informations là-même. Et donc, j'ai complètement switché, mais vraiment de médecine. Je suis passée à BTS Commerce International, donc vraiment rien à voir, parce que je suis tombée amoureuse du marketing à Pizza Hut. Je voulais absolument savoir pourquoi la pizza arrivait en 30 minutes. Et j'avais un super manager à l'époque qui m'a envoyé à Pepsi-Cola dans les équipes marketing. Et là, je me suis dit, mais en fait, c'est ça que j'ai envie de faire. General Electric, je suis vraiment arrivée par hasard. Jusqu'à aujourd'hui, ce que je t'avais dit, je ne sais pas comment on a fait pour m'embaucher. Heureusement qu'on ne m'a posé aucune question de finance parce que je ne savais pas ce que c'était un décompte et un tableau d'amortissement. Mais avec beaucoup de recul, je sais la chance que j'ai eue de travailler dans un groupe américain parce qu'à 23 ans, jamais un groupe français bancaire ne regarderait une jeune fille de 23 ans qui ne sort pas de grandes écoles. Et encore moins parce que quand je suis arrivée à General Electric, je suis arrivée en intérim. Six mois après, j'étais manager de la plus grande équipe. de la plus grande banque au monde à l'époque, c'était Général Électrique Capital Finance. J'avais 6000 collaborateurs. Six mois avant, je ne connaissais rien à la finance. J'ai gravi les échelons jusqu'à terminer COO de Général Électrique avant la fermeture totale de toutes les filiales financières.
- Speaker #1
C'est faux carrément de Général Électrique Capital Finance. COO. COO, pardon.
- Speaker #0
J'ai continué dans la finance parce que j'ai lancé la banque Revolut en France et j'ai lancé trois banques digitales pour le groupe BPCE. J'ai travaillé dans la politique, j'ai créé des marques de vêtements qui existent encore. Moi, j'adore me challenger. En fait, je ne m'interdis rien. Il y a une deuxième citation que j'aime beaucoup de Mandela qui dit dans la vie, je ne perds jamais, soit je gagne, soit j'apprends. Je rassure tout le monde, 90% de ma vie, c'est des échecs. Parce que j'ai l'air d'avoir tout réussi, mais non, pas du tout. Mais on apprend beaucoup plus de ses échecs que de ses réussites.
- Speaker #1
Parle-nous peut-être un petit peu, avant de rentrer dans ce que tu fais aujourd'hui, qu'est-ce qui fait, à ton avis ? qu'on t'a donné cette opportunité-là ? Qu'est-ce qui fait que toi, Angela, tu vois, à 23 ans, ton manager t'a vu et il s'est dit « Tiens, je vais lui donner sa chance » .
- Speaker #0
Alors, la personne qui m'a embauchée, pour ne pas la nommer, elle s'appelle Jéséphine Albanès, qui est aujourd'hui au COMEX du Crédit Mutuel. Je lui ai toujours posé cette question et en fait, elle m'a dit « Ton énergie, on me reproche tout le temps. Je sais que c'est un point positif chez moi, mais en même temps, c'est d'être tout le temps positif. » Je rassure tout le monde, ça m'arrive de m'énerver aussi. Mais on peut s'énerver positivement. Exactement. Mais je suis quelqu'un, je ne me dis pas qu'il y a quelque chose d'impossible, que je peux tout apprendre. Et c'est pour ça que, pour moi, il n'y a rien d'acquis. C'est-à-dire que moi, je n'ai pas passé une année sans passer sept ou dix certifications. Les gens sont très, très... Il n'y a pas longtemps, j'ai passé, par exemple, toutes les certifications anthropiques. Il n'y a pas une certification Google que je n'ai pas. Je me suis toujours, toujours challengée parce que, par exemple, j'étais une manager, j'ai toujours refusé... Enfin, une directrice, j'avais... J'ai toujours refusé d'avoir mon bureau. Je travaille avec mes équipes, je prends les 400 appels par jour. Je travaille avec eux sur les projets. Je suis toujours sur le terrain. Et parce que, déjà, j'ai toujours été consciente que malgré le fait que j'ai toujours adoré ce que je fais, je ne sauve pas des vies. Donc, il faut savoir rester humble. Je dis tout le temps à mes équipes, si on arrive à remplacer un médecin, je veux dire, demain matin, je ne suis pas là, la terre continuera à tourner. Et que ce soit en fidance ou tout ce que j'ai fait, je ne sauve pas des vies. Peut-être que j'améliore. Mais en aucun cas, je suis indispensable à la planète. Donc voilà, j'ai toujours été consciente qu'on peut être au top et rien du tout. Et je l'ai vécu. J'ai été au top, j'ai changé de management et j'étais rien.
- Speaker #1
Explique-nous alors ce qui s'est passé.
- Speaker #0
Changement de management. Il n'y a pas longtemps, je t'avais parlé de cette anecdote. Un journaliste qui me disait, est-ce que vous avez une anecdote sur un homme qui vous a... Je fais, franchement, ça fait très longtemps, parce que je bosse depuis l'âge de 16 ans et que j'en ai 50. J'ai aucune anecdote sur aucun homme qui m'a barré la route où elle était... pas très gentil avec moi. Par contre, je lui dis « Oui, j'en ai sur des femmes. » Et il m'a dit « Oui, ça ne m'arrange pas. Ça n'arrange pas trop mon article. » Je lui dis « Je suis désolée. Je n'ai aucune anecdote sur les hommes. » Je dis tout le temps que j'ai pris une claque culturelle en quittant Général Electric parce que j'ai toujours eu des CIO femmes. Je n'ai jamais voulu qu'on me donne un poste parce que je suis une femme. J'ai toujours voulu qu'on me donne un poste parce que j'étais la plus compétente pour ce poste. Et quand je suis arrivée dans la Banque et Finances Françaises, j'ai compris ce que mes amis me disaient. J'étais souvent la seule femme autour de la table. Donc, je commence peut-être même moi à réfléchir en me disant, ouais, peut-être qu'il faut des quotas. Je ne suis pas encore sûre de où je me positionne. C'est un autre débat. Voilà, exactement.
- Speaker #1
Et pour revenir sur toute cette partie, effectivement, tu disais, moi, je suis en remplacement, je ne suis pas médecin. Et là, de ce que j'entends, dans un des projets dans lequel tu es présente, qui est Women in Tech, là, on est vraiment dans un projet d'empowerment. Parle-nous un peu de ce projet, d'où il vient et pourquoi tu l'as rejoint.
- Speaker #0
Alors, Women in Tech, c'est une des plus grandes ONG au monde qui a été créée en 2018 par une femme extraordinaire qui s'appelle Ayumi Muraoki, qui est moitié japonaise, moitié brésilienne et qui a grandi en Afrique du Sud pendant l'apartheid. Elle a créé Women in Tech en 2018. Aujourd'hui, on est l'une des rares ONG qui est reconnue par les Nations Unies. Pourquoi ? Parce que, alors, on s'appelle Women in Tech, mais on a 30% d'hommes. Être un membre de Women in Tech partout dans le monde, c'est gratuit. Et on a ouvert des écoles gratuites dans les favelas au Brésil, au Ghana, en Afrique du Sud. En Afrique du Sud, on a même créé le Philippi Village, qui est un centre de formation, non seulement de la tech, mais de l'agriculture, de la mode, etc. À côté, j'aime pas dire ça, mais le plus grand ghetto qui a été créé pendant l'apartheid. Donc autant nous, Women in Tech France, on sauve pas des vies, mais Women in Tech South Africa sauve des vies. Et j'ai rejoint Women in Tech en lançant Women in Tech France il y a bientôt trois ans. Et j'ai voulu axer notre travail sur trois axes. Le premier, c'est la jeunesse. Parce que moi, ça me fait rire quand on parle de... d'école publique, parce qu'école publique Paris 6, ce n'est pas école publique Mantes-la-Jolie. Quoique, franchement, le niveau de Mantes-la-Jolie, parce qu'on travaille avec beaucoup de collèges et lycées, et Aulnay-sous-Bois, je les prends deux, est incroyable. Donc, on est devenu la référence des hackathons. Et je suis très contente parce que les premiers hackathons qu'on a mis en place, c'était mélanger des lycées REP, REP+, avec des grands lycées parisiens, comme Stanislas Lulogrand. Et pour moi, je veux me servir de la tech pour aussi changer les mentalités. Parce que, toi et moi, on sait que ces enfants n'ont aucun... Pas... très peu de chances de se rencontrer dans la vie et aujourd'hui on est très content que ça a créé des amitiés parce que c'est comme ça qu'on change les mentalités. La deuxième chose, c'est donner accès au réseau d'influence parce que les femmes et même des hommes nous disaient qu'ils avaient du mal à accéder au réseau d'influence et c'est vrai. Moi, je vois toujours les mêmes têtes aux mêmes événements. Et donc on a mis en place des meet and greet. Tous les mois, on se fait hoster depuis deux ans et demi par des entreprises. On organise une table ronde inspirante. Et on est très heureux de dire que grâce à ces meet and greet, l'année dernière, on a fait signer 137 CDI. On a fait plus de 7 millions de levées de fonds pour les startups qui sont là. Parce que moi, je mélange mes amis de la finance avec les business angels, avec des startups, des personnes en reconversion. C'est du grand n'importe quoi. Mais c'est génial et ça marche. Et puis la troisième chose, c'est de donner accès à la tech facilement. on a fait des partenariats avec les grandes écoles tech. Par exemple, pour donner accès à nos membres de façon très concrète. Exemple, on a un partenariat avec l'école du Luxembourg qui est considéré comme une Ivy League en Europe. Les formations en ligne sont à 1200-1300 euros. Mais quand on est membre de Women in Tech, ça ne coûte que 37 euros. Donc voilà. Et puis, au-delà du fait que Google nous offre des certifications pour nos membres tous les ans. Et puis, très fière de dire qu'en deux ans et demi, on est devenu la deuxième communauté monde de Women in Tech et première en Europe. et la plus influente. Et je vous invite, alors on a créé totalement autre chose parce que tout à l'heure, tu as parlé du Tech Diplomacy, une autre entité qui s'appelle la Tech Diplomacy. Et vous êtes tous les bienvenus parce que la deuxième édition se déroulera le 2 juillet à l'UNESCO. Le lien d'inscription est sur mon LinkedIn. Sinon, vous tapez Tech Diplomacy Global Institute. C'est ouvert à tout le monde et c'est vraiment très intéressant parce que autant pour Humanitech, c'est nous qui choisissons nos directrices. Mais la tech diplomatie, nous avons contacté les gouvernements du monde entier pour qu'eux, ils identifient un tech diplomate pour pouvoir avancer sur des choses très concrètes avec eux.
- Speaker #1
Pour bien comprendre Women in Tech et aller un peu plus dans le détail, c'est un million et demi de membres dans le monde. On est sur trois choses que vous faites aujourd'hui. Ça, c'est principalement en France, qui sont les hackathons, tout ce qui est réseau d'influence et l'accès à la tech. À la base, le constat, c'était aussi d'aider. des femmes à aller vers l'emploi. Parle-nous un peu de cette jeunesse-là, qu'on sente bien. Et derrière, comment tu as décliné ça ?
- Speaker #0
Le constat, il n'est pas seulement français, mais il est mondial. Elles font beaucoup de filiales tech, STEM. Mais dès qu'il s'agit de postes d'influence, de postes exécutifs, elles sont quasiment inexistantes. Mais pas seulement dans la tech. Les femmes représentent 60% du monde de la finance et de la banque, mais que 2% des postes exécutifs. Donc, il y a un souci.
- Speaker #1
Dans la construction, c'est aussi très compliqué.
- Speaker #0
Et puis surtout, en fait, on s'est aperçu qu'en Europe et dans les pays, par exemple aux États-Unis, etc., même aller vers les métiers tech, aller vers des filiales scientifiques, les filles ne y vont pas. A contrario, au Moyen-Orient, je veux dire, il n'y a aucune fille qui penserait à passer un bac L. Moi, c'était inimaginable pour moi de passer autre chose. Je veux dire, si on passe un bac L, c'est qu'on a raté sa vie, en fait, au Moyen-Orient. dans les pays africains, au continent africain, au pays du Maghreb. Donc pour moi, c'était juste... Enfin, je n'ai même pas considéré ça, en fait. C'est des mentalités totalement différentes. Et puis l'arrivée de l'IA, moi, je ne suis pas quelqu'un qui a peur de l'arrivée de l'IA. En fait, je ne pense pas que l'IA va remplacer l'humain. Par contre, les humains qui ont intégré et savent gérer l'IA vont remplacer les personnes qui ne savent pas gérer l'IA. Donc c'est aussi simple que ça. C'est pour ça que j'encourage tout le monde à se former. On a beau critiquer beaucoup de choses en France, parce qu'on adore critiquer notre propre pays, on a quelque chose que personne n'a ailleurs, c'est le CPF. Et quand je constate que 85% du CPF n'est jamais utilisé, c'est des milliards qui dorment. Mais en fait, formez-vous. Il faut se former aujourd'hui. Hier, j'étais à Sciences Po, je donne des cours de temps en temps. Hier, je parlais aux élèves qui venaient de terminer leur MBA de RH. Donc, ils vont être RH à partir de lundi prochain. Et je leur disais, mais sur les CV, aujourd'hui, on peut sortir de Polytechnique, on peut sortir de HEC, si on n'a pas le mot IA. Ça passe même plus ZTS, en fait. Quel que soit le métier, je veux dire, l'IA, elle est partout, elle est dans la boulangerie. Exemple, les premiers lycées qui nous ont répondu à des hackathons, c'est les lycées agricoles, parce qu'ils sont devenus tech, en fait.
- Speaker #1
D'accord. Tu as un exemple du dernier hackathon que vous avez fait avec Women in Tech ?
- Speaker #0
Oui, oui. On organise des hackathons avec... les lycées de Bondy, de L'Néz-sous-Bois, Mantes-la-Jolie. On a été les premiers à organiser des hackathons dans les DOM. On en a fait un en Martinique l'année dernière. On en organise un en Guadeloupe cette année. Et quelque chose dont on est très fiers, en fait, tous les ans, on fait un Youth Camp parents-enfants où on fait un hackathon avec les enfants qui ont entre 14 et 17 ans et les parents. Et donc, on les forme à l'IA, on fait plein de choses, des formations sur LinkedIn, etc. Et donc là, la deuxième édition, c'est le 27-28 juin à l'école 42 qui sont un super partenaire. Donc, on est très, très fiers. Et puis, on fait des Digi Girls Day à Microsoft. C'est vos voisins, pas très loin d'ici. Tous les six mois. Tu vois, quand je te parle de discrimination, lors du dernier Digi Girls Day, j'ai demandé à ces jeunes filles qui étaient toutes en classe de seconde, quel était le dernier musée ? expo qu'elles avaient fait. En fait, j'ai vu qu'elles étaient un peu gênées et je leur ai demandé si elles avaient fait un musée dans leur vie. Aucune a levé la main. Et je leur ai dit, mais on ne peut pas vivre à Paris, parce que même, elle venait de Lens-aux-Bois, etc. Mais pour moi, c'est Paris. Être dans la ville où il y a le musée, où la terre entière nous en vit, et ne pas y aller. Et en fait, elles m'ont dit une phrase, et je suis sûre qu'il n'y a aucun adulte qui leur a dit ça, mais elles m'ont dit, mais ce n'est pas un endroit pour nous. Et je me suis dit, waouh, c'est quoi notre société qui leur a envoyé ce message-là, en fait ? Et du coup... ça n'a rien à voir avec mon boulot deux semaines après j'ai organisé un samedi je les ai toutes emmenées au Louvre et là à la rentrée je les emmène au musée d'Orsay et donc j'ai décidé de faire ça ça n'a rien à voir avec mon job, ça n'a rien à voir avec mon main tech et c'est ça en fait aujourd'hui parce que je veux aussi sensibiliser les jeunes sur le fait que la culture c'est très important, on est dans un pays où en fait on a accès à tout, on a moins de 18 ans tous les musées sont gratuits donc il faut
- Speaker #1
Il faut se bouger, ce que tu dis.
- Speaker #0
Il faut aussi donner la main pour faire avancer.
- Speaker #1
Et donc, est-ce que tu aurais, sur Women in Tech, tu parles beaucoup d'accès à la tech et tu as parlé un peu d'IA. Comment est-ce que tu vois l'IA ? Tu nous dis que clairement, il y aura deux catégories demain, ceux qui maîtrisent l'IA et ceux qui ne la maîtrisent pas et que l'IA n'est pas un danger. Parle-nous un peu d'IA. Qu'est-ce que toi, tu vois là-dedans ? Quel conseil tu donnerais un peu aux gens qui nous écoutent là-dessus ?
- Speaker #0
Je vais reprendre les chiffres qui ont été annoncés à deux reprises au World Economic Forum en janvier dernier. L'IA va créer 97 millions de nouveaux jobs, va en supprimer 85 millions. Mais surtout, il y a une donnée très, très importante, c'est que 85% des jobs qu'on va faire en 2030 n'existent pas encore. Donc, en fait, c'est pour ça d'où l'importance de se former et de créer des nouvelles. Parce qu'avec l'arrivée de l'IA, forcément, il y a des nouvelles attentes. Nos jobs ne vont pas être supprimés. Je prends par exemple typiquement rien à voir avec l'IA, mais le poste du juriste ne va pas disparaître. Il va juste changer. L'IA va permettre d'avoir plus de temps. Au lieu d'aller chercher, je ne sais pas, un article, une loi, l'IA va répondre tout de suite. Ça, c'est sûr que les avocats,
- Speaker #1
ils ont des soucis à se faire. Voilà, exactement.
- Speaker #0
Mais je veux dire, il faut juste... Je suis tombée sur les vidéos d'une jeune fille qui passait son bac, où en fait, elle a demandé à Claude de lui créer un planning de révision. Il lui a créé tout un site et je me suis dit, mais waouh, enfin, moi, j'aurais trop aimé avoir ça, en fait. Donc oui, il ne faut pas voir que le côté négatif de l'IA. Et je répète encore et toujours, formez-vous, mais vraiment formez-vous, parce que ça se jouera à ça, en fait.
- Speaker #1
C'est apprendre à apprendre.
- Speaker #0
Exactement, et se challenger. J'ai passé toutes les certifications anthropiques. C'est parce que j'ai vu quelqu'un sur Internet, enfin sur LinkedIn, qui avait passé. Je me suis dit, je ne savais pas qu'un anthropique avait des certifications. L'année dernière, par exemple, j'ai passé deux certifications à l'IHEDL, que je conseille à tout le monde. C'est l'institut de formation qui appartient au ministère de l'Armée, je ne me rappelle plus. hautes... Les études de la Défense Nationale, quelque chose comme ça, l'IHU.
- Speaker #1
On conseille à tout le monde d'ailleurs d'aller toquer à la porte. C'est vraiment ce qui rapproche la défense du civil.
- Speaker #0
Et tout le monde m'a dit, mais pourquoi tu l'as fait ? Je me dis, mais en fait, j'ai découvert ça. Je me suis dit, mais pourquoi pas ? Et j'ai adoré cette formation. Qui mieux que les ministères de la Défense peut me former sur la cybersécurité en fait ? Malgré qu'on se fait hacker toutes nos bases, toutes les deux, tous les jours. Et je le fais pour moi. Je veux dire, c'est pas... Je ne l'annonce pas à grand pompe.
- Speaker #1
Et de nous, peut-être une des formations que tu as faites récemment ou un use case que tu as fait avec Léa récemment ?
- Speaker #0
Les deux dernières formations que j'ai faites à l'IHEDN que j'ai trouvées mieux qu'en tropique, franchement. Parce qu'en tropique, c'est vraiment très général. Et là, par exemple, je me sers parce que j'ai envie d'apprendre des nouvelles langues. Du coup, j'ai demandé par exemple à Claude et à ChatGPT hier de me faire un programme parce que j'avais fait du russe il y a des années. Et j'ai envie de réapprendre le russe. Et donc, du coup, ce matin, avant de partir à Vivatech, j'ai fait mes 10 minutes de russe. D'accord. Voilà, je l'ai fait en même temps sur JGPT et sur Claude. On va voir si je suis bilingue d'ici six mois.
- Speaker #1
Très bien. Avant de prendre des questions de l'audience, j'avais une dernière question pour toi, Angela. Tu es des fonctionnaires de l'ONU. Tu es conseillère du commerce extérieur. Tu t'occupes de Women in Tech en France. Tu passes 7 à 10 certifications par an. Outre le fait de dire, où trouves-tu toute cette énergie ? Mais comment est-ce que tu tiens ? Comment est-ce que tu fais de nous ton secret ?
- Speaker #0
Je suis très curieuse. Mais depuis petite, et peut-être que c'est l'école américaine qui... Par exemple, tous les grands CEOs américains te diront qu'ils répondent... Par exemple, quand ils reçoivent un message, ils répondent immédiatement. Pas parce qu'ils ont envie de répondre immédiatement, parce que ça fait une charge mentale en moi. Les gens qui me disent, j'ai pas le temps, ça, je peux pas l'accepter, en fait. On trouve toujours le temps. Il faut juste... Savoir gérer son temps. Et bien sûr, il y a plein de choses que j'aimerais faire que je n'ai pas le temps de faire. Mais voilà, c'est vraiment la curiosité, le challenge. Mais vraiment, dans tout, il n'y a pas une expo à Paris où je ne vais pas voir, malgré les choses que je déteste. Mais j'aime bien avoir mon propre avis. Tous les matins, j'envoie à mes équipes, parce que je fais partie sur WhatsApp d'un groupe de journalistes. Du coup, j'ai accès à tous les magazines. Et c'est incroyable le nombre de magazines et de journaux qu'on a en France. Tous les matins, je leur envoie tout. Et je leur dis de lire tout, que ce soit, quel que soit le bord politique, etc. Parce qu'il faut être curieux de tout. Et si on veut discuter, il faut être au courant de tout. Et je leur envoie, je ne sais pas combien de messages, je les bombarde de messages toute la journée. Aujourd'hui, à Vivatech, les pauvres, ils n'en voulaient plus. Ils m'ont dit, en fait, ce n'est pas la peine qu'on y aille. C'est bon, tu as tout envoyé. Mais voilà, c'est juste, oui, je suis curieuse de tout. Et puis, voilà, encore une fois, on a de la chance d'être ici.
- Speaker #1
Tu as entièrement raison. Est-ce que tu as... Déjà, je voudrais te remercier. pour le temps que tu prends avec nous. En plus, sachant que tu es un peu la voix en haut, puisque tu as fêté hier la victoire de la France, comme beaucoup d'entre nous. Donc déjà, merci d'être là avec nous.
- Speaker #0
Parce qu'après le PIG et la France, c'est beaucoup d'émotions.
- Speaker #1
Et déjà, on pourrait applaudir Angela. Donc merci. On a une question qui est là, qu'on m'a posée auparavant et que je vais te poser. C'est Angela, tu es conseillère du commerce extérieur français. Comment on fait ?
- Speaker #0
Pour devenir conseillère du commerce extérieur français. Ce n'est pas moi. En fait, on est venu me chercher parce que c'est les CCE, c'est les conseillers du commerce extérieur. C'est un grand conglomérat qui existe depuis 150 ans, qui, eux, choisissent en fait. Et après, c'est sous acceptation du Premier ministre et du ministère des Affaires étrangères. Et donc, j'ai été nommée au journal officiel depuis décembre dernier. Donc, je suis très, très fière.
- Speaker #1
Et quelles sont les missions alors ?
- Speaker #0
l'image de la France. C'est pour ça qu'on est venu me chercher, parce que moi, je suis une très bonne pillard pour notre pays. J'aime viscéralement la France et donc je l'ai toujours fait, mais sans aucune casquette et je n'ai jamais voulu avoir une casquette pour ça. Ça fait un moment qu'on me proposait et ça s'est fait naturellement. Et puis ce matin, on était justement, je dois vous le présenter parce qu'il y avait le ministre de Libanais de la Tech. Eleanor Carrois, qui est notre aussi ministre des Affaires étrangères. Donc, on représentait, je représentais les CCE ce matin.
- Speaker #1
Ok, super. Donc, la question qui nous vient de quelqu'un qu'on connaît très bien et qu'on adore, qui a un autre podcast dans la construction, donc de Nicolas, qui demande à Angela s'il y avait une personne à connaître chez Women in Tech ou à qui elle nous recommanderait, avec qui on pourrait échanger. Tu nous recommanderais qui ?
- Speaker #0
Alors, sans aucune hésitation, la fondatrice Ayumi Muraoki, parce qu'elle a vraiment une vie... incroyable. Comme je l'ai dit tout à l'heure, elle est moitié brésilienne, moitié japonaise. Elle est née au Brésil. Elle a grandi en Afrique du Sud pendant l'apartheid. Et il y a une loi qui a changé en Afrique du Sud grâce à elle à l'âge de 12 ans. Elle avait 12 ans quand elle est arrivée. Et en fait, on n'est plus à l'aberration près. Pendant l'apartheid, l'aviron était interdit aux jeunes filles. Elle voulait absolument faire de l'aviron, l'aviron. Elle voulait absolument en faire. Et donc, elle a demandé à son directeur. Il a refusé. Elle n'a pas lâché pendant deux ans. Il lui a dit OK, crée une équipe, une équipe backup. Et ça s'est cascadé après à toutes les écoles et la loi a changé. Comme quoi, en fait, elle ne s'est jamais allée maman de quatre enfants, céréale, entrepreneuse, une femme extraordinaire, humble, d'une gentillesse incroyable. Donc oui, je l'ai connue par hasard. Vraiment, on s'est connus par hasard et on est devenus... C'est une des plus belles rencontres que j'ai fait ces dernières années.
- Speaker #1
Super. Bah écoute, on la salue.
- Speaker #0
Je la présente.
- Speaker #1
Merci à tous en tout cas et merci pour ton temps Merci à toi, merci beaucoup pour ta confiance Et puis à très vite dans un prochain épisode Avec grand plaisir,
- Speaker #0
merci beaucoup Merci à tous
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. S'il vous a plu, n'oubliez pas de le noter et de le commenter sur Apple Podcasts ou Spotify et d'en parler autour de vous. C'est ce qui m'aide à le faire connaître et à motiver de nouveaux invités à partager leur vision. Et pour continuer cette conversation, retrouvez-moi sur LinkedIn.