- Speaker #0
j'aimerais rendre à la france pour moi c'est important de 2 j'ai pas aimé que la france soit aussi dépendante pendant qu'au vide ok c'est quelque chose qui ne me plaît pas parce que je me dis qu'on a les moyens on a la possibilité plutôt que d'investir dans des choses qui sont pas importantes on devrait investir vraiment dans la réindustrialisation dans l'emploi de qualité parce Parce que là, pour moi, c'est... Lorsque je ferai une usine, ce serait d'avoir des gens qui sont vraiment dans le contrôle, pas dans la manutention, donc vraiment d'aller dans la création, dans le qualitatif, dans recherche et développement.
- Speaker #1
L'industrie de la construction est en plein bouleversement. Nouvelles normes, utilisation des matériaux, consommation énergétique sont nos enjeux. Je m'appelle Richard Mita, je suis serial entrepreneur et CEO de Synax. Chez Synax, nous digitalisons l'industrie des matériaux de construction. Ma passion, le digital appliqué à des secteurs qui ne l'attendaient pas. Dans Les Bâtisseurs, j'interview des visionnaires de l'industrie pour vous inspirer dans votre propre transformation environnementale, digitale et managériale. Bienvenue dans Les Bâtisseurs, le podcast de ceux qui bâtissent aujourd'hui pour demain. Bienvenue dans ce nouvel épisode des Bâtisseurs. Aujourd'hui, je suis avec... Dali Bore, Nikolovski. Salut Dali.
- Speaker #0
Salut Richard.
- Speaker #1
Alors, j'ai toujours maintenant des petites introductions sur mes intervenants, parce que je trouve ça intéressant. Et aujourd'hui donc, je reçois Dali, un entrepreneur dont le parcours casse tous les codes. Il est français, depuis 18 ans il vit en Chine et à Shanghai. En 2007, tu débarques là-bas, tu ne parles pas un mot de chinois. Tu n'as pas de réseau, de guanxi, comme on dit. Tu n'as pas de plan. Tout ce que tu as, c'est une conviction. L'énergie solaire va changer le monde. Et la Chine est l'endroit où ça se construit. Avec ton associé Alex Zang, tu fondes EcoGreen Energy en 2008. Au début, c'était un peu du trading, de la négoce, si j'ai bien compris. Du négoce de panneaux solaires. Pas très glamour quand même. Mais... Tous les deux, vous allez construire quelque chose que beaucoup d'entrepreneurs négligent, c'est un réseau de distribution mondial. Pays par pays, distributeur par distributeur. Sept ans plus tard, en 2015, tu passes et vous passez à l'étape suivante. Vous construisez votre propre usine. Puis la deuxième. Aujourd'hui, EcoGreen Energy, c'est plus de 3 gigawatts installés. Je dis 3 gigawatts installés, honnêtement, je ne sais même pas ce que ça veut dire. Tu vas nous expliquer tout ça. des modules présents dans plus de 75 pays, 120 distributeurs, plus de 30 brevets. Le tout, ça tu vas m'expliquer un peu comment tu as fait, sans avoir levé un centime auprès d'investisseurs. Et ce qui m'intéresse, Dali, c'est pas le solaire, et pas seulement le solaire, c'est aussi ton parcours, le parcours d'un gars qui a bâti une industrie mondiale en partant de zéro à 10 000 km de chez lui. Dans un pays où les codes sont complètement différents des nôtres, Et où tu as ? Tout après, c'est une très belle leçon d'entrepreneuriat. Et aujourd'hui, moi, je suis ravi de t'avoir dans les bâtisseurs. Bienvenue chez nous.
- Speaker #0
Merci beaucoup, Richard. Et merci pour cette belle introduction.
- Speaker #1
Écoute, Dali, moi, je commence souvent aussi. Alors, on va parcourir tout ça. Moi, ce qui m'intéresse d'abord, c'est est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #0
D'accord. Donc, Dali Niklovski, 42 ans, papa de deux enfants. Très important pour moi. Un diarçon et une fille.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc, qui vit maintenant depuis plus de 18 ans en Chine, partie de rien, qui vient de la banlieue parisienne avec des parents immigrés et donc, voilà, qui a construit plusieurs entreprises ou empires. Bien sûr, dans le solaire, j'ai aussi gardé une entreprise de négoces. Tu fais plus de l'alimentaire, tu fais aussi un joli chiffre d'affaires et aussi dédié à la French Tech de Shanghai où j'aide les entrepreneurs et je l'espère l'hélicorne de demain. Et donc, voilà, maintenant, je partage un peu ce savoir que j'ai accumulé à travers mon expérience, mes réussites et mes échecs. Et voilà, donc, c'est comme ça que je me présenterai. Quelqu'un qui est toujours curieux et passionné par la découverte, par les nouveautés et par le dialogue avec les gens pour apprendre d'autres nouvelles choses. Donc, c'est comme ça que je me présenterai simplement.
- Speaker #1
OK, ma première question d'Ali, c'est qu'est-ce que tu allais faire en Chine ? Et je dis ça alors, ce qui est marrant, c'est qu'on en parlait juste avant. En fait, moi j'ai vécu en Chine, il est arrivé à Pékin en 2007, moi j'ai vécu en Chine en 2005 et 2006.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et donc on en parlait juste un petit peu, mais en fait on n'y va jamais par hasard en Chine. Qu'est-ce que t'allais faire là-bas ?
- Speaker #0
En fait, moi c'était plus dans un contexte de fin d'études, en master, et on disait, bon bah, il y a le dernier stage de fin d'année. C'est vrai que j'ai eu l'opportunité à ce moment-là d'aller chez France Télécom pour faire le réseau un peu international ou...
- Speaker #1
Orange Business Service.
- Speaker #0
Orange Business Service.
- Speaker #1
C'est pas vrai.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Oh là là. Ok.
- Speaker #0
Ou de faire autre chose. Et à un moment, je lisais le PIB de la Chine, qui était à peu près à 13%. Donc, troisième ou deuxième au monde. Ok. Je me disais, mais pourquoi ?
- Speaker #1
Par rapport au PIB mondial. Exactement.
- Speaker #0
Et je me disais, mais comment ça se fait alors que nous, en France... On est content dès qu'on a 3% de PIB à cette époque-là.
- Speaker #1
Ah oui, par les croissances, ouais.
- Speaker #0
Exactement. Et je me disais, tout est made in China, le PIB est assez fort, allez, je vais aller en Chine.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Et donc je me suis dit, je vais faire ce que personne ne m'a fait. Et c'est vrai que dans mon école, personne n'était allé en Chine.
- Speaker #1
C'est vrai ? Personne n'était allé en Chine ? Personne,
- Speaker #0
personne.
- Speaker #1
Ok, ok.
- Speaker #0
Donc tout le monde a décidé, donc plus des pays européens ou les States. Et donc j'ai dit, je vais aller en Chine. Et je suis arrivé à Pékin pour mon premier stage. qui était dans l'agroalimentaire aussi, et où j'ai commencé comme responsable export pour les pays francophones.
- Speaker #1
Et après, tu as continué là-bas ?
- Speaker #0
Voilà, j'ai continué en fait. Je suis revenu en France pour faire mon mémoire de l'année, faire la présentation, d'ailleurs que j'avais réussi facilement. Et après, le patron m'avait embauché en me disant avec le travail que tu as fourni, ton investissement, je veux que tu reviennes et travailles pour moi à plein temps.
- Speaker #1
C'était un patron, c'était qui ?
- Speaker #0
C'était un belge, c'était un patron belge.
- Speaker #1
C'était pour Orange ou pour le truc d'agricole ?
- Speaker #0
Non, non, c'est le truc agroalimentaire.
- Speaker #1
Agroalimentaire, ok. Donc c'était un patron pour une entreprise chinoise, une entreprise locale, internationale pardon.
- Speaker #0
Locale, une entreprise locale. Mais lui, il était patron belge et il voulait que j'aille, que je revienne travailler parce que justement, il avait que des employés chinois. Et donc quand il m'a vu, il m'a dit, ah, en fait, elle t'a dit que je peux me comprendre parce qu'il y avait vraiment des grosses différences de culture, de communication. Même lui n'arrivait pas à comprendre. Donc quand il m'avait arrivé, il a vu que j'arrivais à m'adapter, à travailler vite. Il a voulu que je revienne et c'est ce qui s'était passé.
- Speaker #1
Donc ça c'est première partie, tu restes quoi, quelques années dedans ? Un an à peine. Après tu dois monter peut-être une boîte, parce qu'on a toujours envie de monter une boîte à Pékin, en Chine. En fait,
- Speaker #0
ce qui s'est passé c'est que, et on parlait de mon partenaire, mon partenaire en fait c'est celui que j'ai formé lorsque je suis revenu en France pour mon mémoire. Alex pour reprendre ma place donc je l'avais formé à la vente et les deux m'ont super vendu et quand je suis revenu en Chine j'étais son directeur et à un moment malgré la façon dont j'étais dédié pour la boîte je faisais des 9h-21h le patron reconnaissait plus ou moins ça mais il travaillait avec sa femme qui était elle locale Elle, elle ne l'aimait pas trop. Je prends du dialogue. Je commence à...
- Speaker #1
Tu avais peut-être envie d'autre chose.
- Speaker #0
Exactement. Donc, ça s'est fini de façon correcte. Et c'est là que la personne que j'avais formée, Alex, m'a dit « Mais Dali, c'est quoi ton idée ? Pourquoi on ne ferait pas une boîte ? » Mais je n'étais pas dans cette idée-là, si tu veux. C'est ça qui est intéressant. Des fois, l'entreprenariat, ça ne vient pas de toi. Ça vient aussi des autres.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Et là, je dis « Tu sais, en école de commerce, Il fallait présenter des projets. Et moi, mon projet, c'était le solaire.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et c'était un de mes projets qui me plaisait, qui me tenait à cœur, parce que j'ai toujours su que l'énergie allait être quelque chose d'important, quelque chose dont on aurait tous de plus en plus besoin, surtout à cette époque-là, l'automatisation.
- Speaker #1
En quelle année ? On est en 2010 ? 2008. 2008 ? Ok, en 2008. D'accord. Et pourquoi le solaire ? Qu'est-ce qu'il fait ? Tu parlais d'énergie, de robotisation, c'est quoi ?
- Speaker #0
Tu sais, quand tu es jeune, tu as envie de travailler dans quelque chose de nouveau. Et c'est vrai que le solaire, c'était quelque chose de nouveau. Ce qui est marrant, j'expliquais aux gens, c'est que moi, quand je me suis lancé dans le solaire, je faisais prof. C'est-à-dire que je devais éduquer les gens en disant, je vous explique, le solaire, c'est vrai, ça marche. Et ils ne comprenaient pas ça, donc j'étais dans une forme d'éducation plutôt que de la vente. Et ça prenait beaucoup de temps. Ça prenait énormément de temps, mais comme c'était nouveau et pas beaucoup de concurrence, tu arrivais à faire des bonnes marges et à réussir dans ton business. Donc, j'étais là, bon, je vous explique comment ça marche. Mais non, ce n'est pas vrai, ça ne marche pas le solaire, puis c'est trop cher. C'était extrêmement cher, seulement là. Mais j'étais malin de targueter les pays qui étaient dans le besoin. Aujourd'hui, on sait que le solaire, c'est un levier économique pour des investissements. Mais à l'époque, moi, j'avais surtout visé les pays en voie de développement. Donc des pays d'Afrique, d'Amérique latine, d'Asie, etc. où il y avait énormément de coupures de solaire. Et en targetant ces pays-là, là où les Chinois, où ils essayaient forcément de vendre plus aux pays développés, je réussissais à me faire un nom et à faire mes points de vente facilement.
- Speaker #1
J'ai juste loupé une petite étape, c'est à quel moment vous vous êtes dit ok, on va à Shanghai où on se met ensemble et on fait du trading, c'est ça ? Alors,
- Speaker #0
on a commencé à Pékin.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc on a arrêté de travailler dans l'ancienne entreprise. On a arrêté à Pékin et puis on était dans l'appart à se regarder dans les yeux mais qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et donc j'ai dit, moi j'ai toujours voulu faire du solaire.
- Speaker #1
Ok. Et donc c'est parti comme ça ?
- Speaker #0
Et c'est parti comme ça.
- Speaker #1
Et c'est qui votre premier fournisseur ? Vous vendiez des panneaux solaires, c'est ça ?
- Speaker #0
Oui, c'était des panneaux solaires, puis après c'était des lampadaires solaires, puis des systèmes solaires. Donc on s'est adapté parce que, tu sais, tu n'as rien à manger, il faut que tu t'adaptes à la demande. Et c'est ce que je disais, à un moment, il ne me restait plus que 3 euros par jour pour manger. Quand je mangeais les nuits instantanées.
- Speaker #1
Les nuits instantanées, oui.
- Speaker #0
Donc on devait vite s'adapter et voir ce qui allait se rendre le plus sur le marché. Parce qu'à l'époque, le solaire, c'était tellement nouveau que les gens disaient mais qu'est-ce que je fais avec un panneau solaire ?
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Ils disent, moi si j'achète, il me faut le truc complet. La solution complète. Moi, le panneau solaire, pour moi, c'est une table. Donc, c'était ça le gros challenge à cette époque. On devait vendre la batterie, les câbles, soit les lampes, soit l'inverteur qui permet de mettre des prises et tout ça. Donc, c'est là où on a dû se développer.
- Speaker #1
Parle-moi de ton premier client.
- Speaker #0
Premier client qui travaille encore avec nous.
- Speaker #1
Ah bah vas-y, parle-moi de ce premier client.
- Speaker #0
Mon premier client, c'est Monsieur Pierrot du Togo.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc, c'est un client...
- Speaker #1
Comment t'as trouvé ? la client comme ça quand t'es basé à Pékin en 2008, tu vois, sur des panneaux solaires.
- Speaker #0
Bah écoute, c'est un client qui faisait, qui importait pas mal de choses, donc des couches, de la sauce tomate.
- Speaker #1
Tu connaissais ou pas déjà ce monsieur ?
- Speaker #0
Non, je le connaissais pas.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc j'ai fait les pages jaunes.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
J'ai fait les pages jaunes et tout, et je regardais l'importateur et tout ça, parce qu'à l'époque, en 2008, on avait...
- Speaker #1
Bon, il y avait pas tout ça.
- Speaker #0
Il y avait pas tout ça. Exactement. Et donc, page jaune, et je commence à appeler un par un, et lui, c'était... Il était intéressé, il était curieux comme moi. Donc oui, explique-moi, comment est-ce que... Et il avait aussi, il l'a toujours, il a un hôtel, et il me dit, mais j'ai ma route, mais j'ai pas de lumière en fait. Donc c'est dangereux le soir, aussi bien pour les employés que pour les touristes. Bah écoute, moi j'ai les lampadaires solaires. D'accord. Donc je l'ai écouté, et c'est lui qui m'a dit, et donc je me suis adapté tout de suite à sa demande. Et ça a pris du temps. Donc c'était marrant parce qu'il m'appelait à 2-3 heures du matin et moi je répondais parce que t'as la faim quoi.
- Speaker #1
Ah bien sûr.
- Speaker #0
Tu veux ton client, donc mon téléphone était à côté de mon lit et dès qu'il m'appelait, oui monsieur Pierrot, dis-le-moi et tout ça. Et donc au bout de 3-4 mois de conversation, il est venu me voir en Chine.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Alors il savait, et ce qui était bien c'est qu'il savait que j'avais pas mon usine. Donc je l'emmenais dans l'usine et il me disait, mon petit con c'est pas que t'es l'usine, c'est que tu fasses un travail sérieux. C'est sur toi que j'investis.
- Speaker #1
Super.
- Speaker #0
C'est super mais c'était stressant aussi. Donc tu te dis, je ne peux pas me louper. Et donc je lui ai montré. Et il m'a dit, d'accord. Sauf que...
- Speaker #1
Il faut faire venir le lampadaire au Togo derrière.
- Speaker #0
Donc après, si tu veux, je lui ai dit, il faut me prépayer. Il m'a dit, ok, le paiement, tu l'auras demain. Et j'ai vraiment une belle histoire par rapport à ça. C'est que le soir, on devait aller manger ensemble. Et tu sais, quand quelqu'un vient, c'est à toi de l'inviter. Mais sauf qu'il ne nous restait pas beaucoup d'argent. Il devait nous rester à peine 200-300 dollars et tout. Et on l'emmène manger. Je lui dis, tu sais ce que vous voulez manger ? Il me dit, j'aimerais bien manger du homard. Et j'étais là. On a utilisé le dernier argent. On partait, on a dit, t'en es sûr ? Oui, j'en suis sûr, je suis certain. Je sais qui va acheter. T'en fais pas. Il dit, bon ben écoute, il ne nous reste plus rien. Donc demain, s'il ne paye pas, ça y est, c'est fini pour nous. Et on a mangé. Et le lendemain, on va à l'hôtel. Il me dit, écoute, ramène le contrat, je le signe. Cette semaine, tu auras le paiement. D'accord ? et puis mon partenaire il n'y croyait pas trop, on a fait un pari un peu marrant, il l'a perdu donc on a reçu le paiement deux jours après et premier conteneur de lampadaires solaires que je suis même allé moi-même inspecter et faire le chargement du conteneur pour être sûr que tout soit bien fait et qu'il revienne ravi et quand ça arrivait il était très heureux.
- Speaker #1
Il y avait combien de lampadaires ? Tu te souviens ou pas ?
- Speaker #0
En tout on a dû faire 5000 lampadaires.
- Speaker #1
Ah oui ? Super. Ah super !
- Speaker #0
Ah oui, donc ça a été...
- Speaker #1
Avec lui, avec Pierrot ?
- Speaker #0
Avec Pierrot, juste avec Pierrot, après on a fait... Oui,
- Speaker #1
après bien sûr avec d'autres. Ah oui, super !
- Speaker #0
Et aujourd'hui avec Pierrot, par exemple, il continue, donc on commence à faire des stations avec des stockages de batteries industrielles.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et on a même... Alors il a fait une usine de production de poissons,
- Speaker #1
de rivières. Il est incroyable ce Pierrot !
- Speaker #0
Je l'adore. Et on a construit un frigo ensemble au Togo, donc on a construit un frigo énorme. pour qu'il y ait le poisson dans de bonnes conditions. Et maintenant, même l'État le recommande pour tous les besoins locaux. Super,
- Speaker #1
très belle histoire.
- Speaker #0
Oui, écoute. Et qui dure.
- Speaker #1
C'est magnifique. Donc, il est client chez toi depuis 15 ans, 20 ans ? 17 ans maintenant. Oui, 17 ans.
- Speaker #0
Donc, non, voilà. Mais ce qui est bien, c'est que, et je dis toujours aux gens, c'est sans être de leur leçon, mais les gens investissent sur vous d'abord. Bien sûr. Avant le produit ou l'entreprise. Donc, c'est important de se donner à fond. Parce que qu'on soit même le vendeur dans la boîte, c'est là où on a toutes nos chances. Et c'est ce que tu ne reconnais à personne. Au final, le business, c'est d'une personne à une personne.
- Speaker #1
C'est tout.
- Speaker #0
Et c'est comme ça que ça s'est fait. Et grâce à lui, à chaque fois, je parle de lui. Il regarde et il me dit, mais non, t'inquiète pas, c'est un travail qu'on a fait ensemble. Il est très sobre, très simple, mais c'est une personne qui a donné sa chance.
- Speaker #1
OK. Et donc là, c'est le début de EcoGreen. Oui, ça. Et donc, qu'est-ce que vous commencez avec des lampadaires, des panneaux solaires ? Et c'est quoi un peu les étapes que vous avez, tu vois, qui vous amènent après à vous poser des questions ? Donc, vous commencez par la négoce, c'est ça ? Et puis après, vous bougez à Shanghai, c'est ça ?
- Speaker #0
Oui, on bouge à Nantong.
- Speaker #1
Pourquoi vous bougez à Nantong ? Pourquoi des usines ?
- Speaker #0
Parce qu'il y avait plus d'usines et parce que mon partenaire venait de Nantong, donc il avait des accès. Si tu veux, on n'avait pas l'appart à payer. Ça coûte des Ausha à Pékin. Et puis, il y avait accès à plus de producteurs. Nantong, c'est dans la province du Jiangsu, qui est à une heure de Shanghai. Et c'était une zone vachement dynamique, économique, parce que Pékin, c'est plus la capitale, c'est plus politique, culturelle et tout. Et donc voilà, on a décidé, moi j'ai décidé surtout de sortir de ma zone de confort, parce que j'adore Pékin, et j'adorais beaucoup Pékin. Et donc, à partir dans une ville qui était en voie de développement, où on te montrait du toit, parce qu'il n'y avait pas d'étrangers en fait.
- Speaker #1
Ah oui, c'est ça en Chine.
- Speaker #0
Et c'est vrai que, tu vois là, je... Je me suis mis ce nouveau challenge en plus. Mais bon, les lois étaient moins chères, les emplois étaient plus abordables aussi. Donc voilà. Et c'est comme ça que les premiers sons, on les a réinjectés tout de suite dans la location d'un bureau et a embauché plein d'employés. D'accord.
- Speaker #1
Donc là, vous faites du trading, vous arrivez à... C'est quoi ? Parle-nous un peu de chiffres, tu vois.
- Speaker #0
Ah, la première année, on devait être à 300 000. Oui, d'accord. Vraiment.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
La deuxième année, on était monté à un million. Et puis petit à petit, ça faisait du lot de monter.
- Speaker #1
Tu parles en euros, c'est ça ? En dollars. En dollars. Très bien. Ok, ok. Donc vous faites du trading. C'est quoi les produits ? Il y a panneau solaire, empadère.
- Speaker #0
Empadère et système solaire.
- Speaker #1
Ok. C'est typiquement, je sais que j'ai une partie de mes origines en Afrique de l'Est. C'est typiquement les douches solaires, c'est ça à peu près ? Ça, c'est le chauffe-eau solaire. C'est le chauffe-eau solaire, oui. Ça, ça existe. Alors,
- Speaker #0
on en vient un peu.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Alors pourquoi on n'en faisait pas beaucoup ? Parce que comme c'est volumineux, tu ne peux pas en mettre beaucoup dans un conteneur.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Le gain est très peu. Si tu n'es pas un producteur, tu gagnes très peu.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
On l'a fait un peu. J'ai même une photo de moi quand j'avais à peine 25 ans. Mais c'était très petit et puis c'était un petit bizasse.
- Speaker #1
Ok, ok, ça marche. Donc on a dit panneau, lampadère, puis après tu disais ? Système solaire. Système solaire, c'est quoi ?
- Speaker #0
Ça veut dire que tu as le système complet, donc panneau solaire, batterie, inverteur.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Donc prêt à être utilisé dans la maison.
- Speaker #1
Donc ça, c'est juste, après, tu as une prise. Voilà, exactement. Une prise de 120.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Donc là, c'est vraiment, tu as le kit. Moi, je peux commander. Alors, je peux commander aujourd'hui. Je commande sur Internet, c'est ça ? Ou peut-être à l'époque, je ne sais pas. Oui, à l'époque. Vous avez des importateurs. Voilà,
- Speaker #0
c'était des importateurs qui gèrent ça.
- Speaker #1
Donc, en tout cas, l'idée, c'était de se dire, j'ai un système que je mets sur mon toit de ma maison. Derrière, j'ai un câble qui est raccordé à une batterie. Exactement. C'est ça ? et ensuite,
- Speaker #0
ça m'alimente ma maison,
- Speaker #1
quand il n'y a plus d'électricité ça prend le relais et quand il y en a, est-ce que ça repart dans le réseau ou pas ? Ou ça c'est que dans nos pays développés ? Nos systèmes un petit peu hybrides. Et donc là, la question que je me pose c'est, à quel moment vous êtes passé de l'autre côté ?
- Speaker #0
Du côté de l'achat-revente entre guillemets ?
- Speaker #1
Peut-être un peu vous êtes... peut-être que vous aidiez à la conception.
- Speaker #0
On aidait à la conception, bien sûr.
- Speaker #1
J'imagine, vous avez commencé aussi à travailler là-dessus. C'est vraiment que tu fasses ces produits-là. C'est un peu comme un bureau d'études, un petit pièce-jean.
- Speaker #0
Oui, parce qu'on écoutait beaucoup le marché. On l'écoute toujours, d'ailleurs. Mais c'est ça.
- Speaker #1
Avant d'entrer dans ce monde, c'est quoi les produits que vous avez faits, tu vois, d'un peu différents ? Déjà,
- Speaker #0
le lampadaire que les usines proposaient, que nous, on faisait, était complètement différent. Pourquoi ? Parce qu'il y avait beaucoup ce mindset en Chine de vendre cheap.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Donc on va mettre le moins de panneaux possible, le moins de batteries possible pour avoir un prix moins cher. Et moi j'étais non. Faut répondre à la demande du client. Par exemple, un lampadaire c'est combien d'heures par nuit il veut la lumière. Et combien de jours de pluie où il fait pas beau ça doit tenir. Et donc, moi, j'étais là à surdimensionner un peu les choses, quitte à ce que le client paie un peu plus cher, mais qu'il ne revienne pas me voir en me disant « c'est pas bien » . Parce qu'on a vraiment une anecdote, justement, on était allé avec M. Pierrot, encore une fois, sur un projet au Sénégal.
- Speaker #1
C'est Pierrot, il fallait qu'on aille avec Pierrot ici !
- Speaker #0
Oui, oui, en plus, c'est un phénomène. Mais on avait fait un projet au Sénégal, où justement, pour des raisons politiques, ça ne s'est pas fait, et je crois que c'était un des fils des ministres qui avait installé. Et il avait acheté un truc bas de gamme et qui a fonctionné que 6 mois et qui a arrêté de fonctionner. Et parce que, avant en tout cas, c'était très culturel de vendre du pas cher. C'est un peu où il y a les différences de culture, où le chinois en Chine va dire oui à tout, aux produits un peu même pas bons, juste pour vendre. Alors que moi, je préférais conseiller, faire différemment et dire non, ce produit doit être un peu mieux dimensionné pour que ça dure mieux. Parce que je veux que vous reveniez chez moi. Donc je ne veux pas qu'il se passe quelque chose de négatif entre nous. Et c'est pour ça qu'on surdimensionnait un peu les choses pour que ça fonctionne bien. Et en fait, c'est là où tout a commencé à changer. C'est qu'on mettait des commandes dans des usines et ils avaient du mal à suivre. Il y avait toujours des trucs qu'on devait revoir, refaire. Et à un moment, on a dit basta. Là, c'est à nous de nous prendre en main et de faire notre propre usine.
- Speaker #1
Et à quel moment c'est arrivé ? Tu avais un truc particulier, genre vous aviez X minutes Exactement,
- Speaker #0
on passait plus notre temps A nous disputer avec les producteurs Plutôt qu'à développer des opportunités Et moi j'ai toujours eu cette conception Où je ne passais que 30 minutes sur des problèmes Et le reste de ma journée sur les opportunités Donc c'est là où on a eu un peu Ce truc qui nous empêchait On va dire de monter De nous épanouir
- Speaker #1
Et donc là vous vous êtes dit on va faire notre propre usine On va faire notre propre usine Bah raconte-moi. c'est quand même incroyable tu fais de l'achat revente, d'équipements quand même qui sont techniquement c'est pas de la commoditise à l'époque non comment on fait pour passer de cette étape là ?
- Speaker #0
c'est un vrai challenge j'ai jamais eu d'usine après j'ai quand même accumulé de l'expérience en allant dans les usines et en montant en inspectant la production et en voyant les points clés Et là où j'ai dit, si on fait notre usine, l'inspection doit être la chose primaire. C'est les points d'inspection. De qualité. Voilà, de qualité, exactement. Et donc, ce qu'on a fait, c'est qu'on a observé, puis on a commencé à prendre un Excel et un Photoshop, à commencer à dessiner un peu l'usine, quelles machines on mettrait, parce qu'on connaissait bien sûr les machines et tout. Après, on a fait appel aussi à une personne qui travaillait justement en production. qui lui aussi nous a rajouté des choses, sauf que nous, on voulait mettre absolument le 5S, donc il faudrait que tout soit nickel, bien organisé. Le 5S,
- Speaker #1
c'est quoi,
- Speaker #0
rappelle-moi ? C'est tout,
- Speaker #1
c'est les systèmes un peu à la Toyota, c'est ça ?
- Speaker #0
Exactement, systèmes à la Toyota, donc bien nettoyés, bien faits, bien rangés, avec l'inspection, etc. Et on voulait que ce soit vraiment dans cette idéologie-là. Et donc, c'était ça où vraiment on a eu le problème avec les locaux, c'est que nous, on imposait vraiment un certain... Et donc c'est là où ça a mis du temps, où eux ils voulaient vite envoyer sans trop d'inspection. Et moi j'avais mis 4 points d'inspection. Donc avant production, première étape de production, seconde étape et dernière production. Et en plus inspection même de l'emballage fini et tout. Donc c'est là où vraiment je me mettais à dos tout le monde. Parce que bon, forcément les défauts ne passaient pas. Et ça s'est fait comme ça. Donc on a eu la première... chaîne de production, comme tu disais, en 2015, où il y avait encore besoin de beaucoup d'employés.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc, on avait à peu près une centaine.
- Speaker #1
Ah oui ? Et là, comment tu fabriques un panneau solaire ? Parle-moi des étapes, tu vois.
- Speaker #0
Le plus important, c'est le choix des matières premières. Même aujourd'hui. C'est là où, des fois, tu ne comprends pas la différence des prix. Tu te dis, attends, je connais les prix des matières premières, pourquoi c'est moins cher ? D'abord, les matières premières, c'est là qu'on a dû travailler longtemps.
- Speaker #1
C'est quoi les matières premières ?
- Speaker #0
C'est les cellules.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
ce qui va produire l'énergie, le backsheet, ce qui est à l'arrière du panneau solaire à l'époque qui était du TPT blanc. Ensuite, le VA, le VA c'est la colle que tu fais fondre à la lamination. Le vert à l'avant qui a un vert aussi anti-reflet pour absorber bien.
- Speaker #1
Mieux le soleil.
- Speaker #0
Exactement. Le cadre en alu et la boîte de jonction à l'arrière pour tirer des câbles, pour connecter à ton alu.
- Speaker #1
Et parle-nous de la réaction, comment ça se passe ? On capte la chaleur du soleil qu'on transforme en électricité ? Parle-nous un peu. Le rayonnement. Le rayonnement, ok, tu vois, j'y comprends pas.
- Speaker #0
Bah voilà.
- Speaker #1
Donc c'est le rayonnement.
- Speaker #0
Le rayonnement du soleil pour transformer ça en énergie.
- Speaker #1
Ok. Et ça, c'est avec les cellules et ainsi de suite. Exact. Et en fait, plus tu choisis des matières premières, peut-être nobles, plus ton efficacité derrière est importante.
- Speaker #0
Exactement. L'efficacité, la durabilité. Moi, je dis toujours, c'est un investissement à long terme. Pour nous, notre but, c'est que ça dure à long terme.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
C'est que ça dure longtemps. C'est là où, voilà, il y en a qui peuvent mettre du grade B, grade C, que tu ne vois pas à l'œil nu, mais où au bout de cinq ans, tu vois que ton panneau ne marche plus de la même façon.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Donc, c'est sur ça qu'on s'est battus. pour avoir la bonne qualité.
- Speaker #1
Donc ça, centaines de personnes, première ligne de production, 2015, c'est quoi à peu près les débits d'un truc comme ça ? C'est quoi les métriques ?
- Speaker #0
C'était en mégawatts, on disait à peu près 100-200 mégawatts à l'année.
- Speaker #1
À l'année ?
- Speaker #0
À l'année.
- Speaker #1
Ok. Donc 100-200 mégawatts à l'année de production.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et un panneau sonore, c'est combien de kilowattheures ? Non,
- Speaker #0
à l'époque, c'était 280 watts.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Le plus grand panneau. Sauf que t'as pas tout le temps des demandes du plus grand panneau. Donc c'était ça en 2015, beaucoup beaucoup de choses à la main. Parce que c'était pas assez automatisé, ou l'automatisation coûtait beaucoup plus cher que...
- Speaker #1
Le retour sans espace était pas là. Vu en plus le coût de la main d'oeuvre et tout qu'il y avait à l'époque. Et combien coûtait un panneau solaire ? Dans la grandeur, ça coûtait combien un panneau solaire à l'époque ? à l'époque versus aujourd'hui tu vois juste dans les tu sais ces prix à l'heure qu'on cherche bien sûr en 2015 on était à peu près à 50 centimes le watt d'accord ah c'est vraiment en watt c'est vraiment la puissance tout le temps qu'on regarde au watt aujourd'hui on est à 12 centimes le watt ah oui ok donc presque ouais 5 fois moins enfin c'est un peu un peu moins et en 2008 on était à 1,20$ le watt ah oui et aujourd'hui on est à 12 centimes ouais ok et si tu projettes à demain on sera encore plus bas ou pas à ton avis ?
- Speaker #0
non je pense pas
- Speaker #1
Là, on est arrivé au... Est-ce que le coût des matières premières va augmenter et tout ?
- Speaker #0
Oui, tu vois, entre le... S'il se passe dans les mondes, le pétrole, ça joue aussi, mine de rien, parce qu'on a besoin de pétrole pour produire le plastique, la glu, l'aluminium, le prix de l'aluminium qui augmente, le prix de l'argent. Parce qu'il y a de l'argent aussi sur les cellules. Donc, voilà.
- Speaker #1
Et le prix du transport.
- Speaker #0
Bien sûr, le prix du transport. Donc voilà,
- Speaker #1
oui. Et donc ça, c'est 2015, première usine. Et là, vous continuez quand même.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui fait que vous vous êtes dit, ça y est, ça marche, c'est vraiment ce qu'on veut, c'est ça ? Et derrière, quelles innovations vous avez faites ?
- Speaker #0
Ce qui est important déjà, c'est qu'en 2015, la première usine, c'est une usine qu'on loue. D'accord. Donc c'est une petite usine, période d'essai, on essaie de voir ce qu'il veut, faisait croire 5000 m², même pas. Donc petite usine pour la Chine. Et donc voilà, on fait une technologie de base, production de base, mais où on se focalisait, c'était la qualité, et les gens reconnaissaient. C'est-à-dire qu'à l'époque, il y avait beaucoup plus de usines. Mais il travaille avec nous parce qu'il voyait que la qualité était mieux contrôlée. Et c'est ce qui les rassure. Et donc, on apprenait beaucoup de cette usine. Là où on avait fait des mauvais choix, là peut-être où on aurait dû mettre des meilleures machines, ou plus de machines, ou moins de machines, etc. Donc, on a eu une deuxième après-génération d'usines, deux ans ou trois ans après. Donc, on a réinvesti tout de suite. En gardant cette ligne pour faire peut-être des panneaux petits qui ne pouvaient pas être faits automatiquement. Mais la deuxième usine, elle était un peu plus automatisée. Donc déjà, on était passé de 100 personnes à 80 personnes. Mais pour un débit plus grand, on passait à 500 mégawatts.
- Speaker #1
Et combien de mètres carrés là ?
- Speaker #0
Là, on était sur du 8000 mètres carrés.
- Speaker #1
D'accord. Donc une fois et demi plus grand, et un peu moins de personnes, et un débit beaucoup plus important. Exactement.
- Speaker #0
Ça c'est à vous ? Non, pareil, on a loué. Et en 2021, après Covid, même pendant le Covid un peu, on travaille sur un projet. Donc si tu veux. Pour avoir un terrain en Chine, et vous, tu présentes un projet.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Je ne sais pas si c'est clair en France, mais en Chine, pour avoir un gros terrain comme ça qui appartient à l'État, il faut présenter un projet.
- Speaker #1
Oui, en France, ça peut pas paraître.
- Speaker #0
Voilà. Donc, on a présenté le projet. On avait dit ce qu'on voulait faire. C'est vrai qu'en 2021-2022, c'était encore trendy, le solaire. Et avec le travail, la volonté pour le parc industriel d'avoir une entité un peu française, francophone, ils nous ont donné carte blanche pour construire une usine. Donc, on a acheté le terrain. Un terrain vague, où on a construit une usine.
- Speaker #1
À Nantong.
- Speaker #0
À Nantong,
- Speaker #1
oui.
- Speaker #0
Qui est à 100 km de Shanghai. Donc, à Nantong, on a construit une usine de 25 000 m². Et à partir d'un terrain vague, alors, juste pour information, ça a pris 6 mois de construction. C'est tout ? Oui.
- Speaker #1
Ah oui, c'est pas grand-chose.
- Speaker #0
Voilà. Et au 7e mois, ça a commencé à fonctionner. Ah oui ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ah oui ? Oui. Et les machines, elles venaient d'où ?
- Speaker #1
Alors les machines, par contre on a tout renouvelé. Là on a eu des machines beaucoup plus performantes.
- Speaker #0
C'est quoi ton type de machines que tu prends ?
- Speaker #1
Alors ces machines...
- Speaker #0
C'est des machines outils chinoises ?
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Exactement. C'est là où la Chine a été forte. C'est qu'à l'époque, au moins, ma première usine, il y avait des machines allemandes et c'est ça. Et c'est là où la Chine a dit non, non, on va aussi produire des machines. Ils ont produit des machines meilleures que les machines allemandes. T'as l'outil de fabrication. en Chine, chinoise, et tu as le matériau en Chine. Donc, tu es obligé un peu. Et donc, voilà. Donc là, on a fait une ligne automatique et là, on est à 50 ouvriers pour un débit de 3 GW.
- Speaker #0
Ah oui. OK. Donc ça, c'est là, votre première vraiment grosse usine, on va l'y mettre, à vous, de EcoGreen Solutions.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et question, tu as dit tout à l'heure, une entité française.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Parce que vous avez, votre... Eco Green, c'est aussi français ?
- Speaker #1
Oui, alors on a un bureau à Champs-sur-Marne, en Paris, en région parisienne, je dirais. Et donc voilà, c'est parce que l'idée, c'était d'avoir une entreprise franco-chinoise. Pas seulement par le propriétaire qui est français, mais aussi via... Ok,
- Speaker #0
ok, ok. Donc dès le début, c'était de faire une entreprise franco-chinoise. Et là, qu'est-ce qui fait que cette usine-là... Alors, tu l'as dit, hein, et moi, ce que j'ai entendu, c'est en termes de valeur ou en termes d'impulsion que tu as mis, et j'imagine Alex devait être... doit être sur la même longueur d'onde. C'est réactivité, service client, qualité. C'est ça un peu les choses. Est-ce qu'il y a d'autres choses aussi qu'on sait ? Tiens, ça c'est un produit Eco Green.
- Speaker #1
Alors déjà, d'avoir cette personnalité, c'est important. D'ailleurs, on a aimé à l'époque, enfin, il travaille toujours avec nous, Thomas qui est directeur recherche et développement. Il s'est occupé vraiment de mettre un standard européen sur place. Donc européen de production, de suivi. Tout un process qui a vraiment... Et qui tient toujours la route. Donc Thomas est revenu sur Paris parce qu'on a voulu qu'il écoute mieux le marché. On a voulu aussi qu'il s'absorbe du marché, et pas seulement qu'il reste dans la face. Et aujourd'hui, il développe des produits à partir du bureau de Paris. Ils nous les envoient en Chine, et nous en Chine, on a une autre équipe qui va faire le suivi. C'est là où on a voulu garder cette force internationale. Donc voilà, après développement des brevets, standards de qualité, puissance, Et là, on commence à consacrer une... partie de la production, une grosse partie de la production dans le stockage. Dans les grosses batteries industrielles.
- Speaker #0
C'est encore un nouveau métier.
- Speaker #1
Exactement. Mais si tu veux, c'est dans la normalité, c'est dans le suivi de ce qui se passe. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui on a beaucoup de production solaire. C'est devenu d'ailleurs le moyen le moins cher de produire de l'électricité et plus propre. Sauf qu'il commence à y en avoir tellement que le rachat d'électricité est de moins en moins intéressant. Donc les gens maintenant préfèrent Merci. stocker l'énergie et l'utiliser pour eux à leur convenance.
- Speaker #0
D'accord. Ok, ok. Alors, c'est batterie industrielle dont tu parles. Donc, si je compare ça à... Je ne peux pas comparer ça à, tu vois, les bandes d'un truc Tesla, un truc de stockage Tesla.
- Speaker #1
Non, non. Là, on parle de entre 100 et 200 kWh à 5 mWh.
- Speaker #0
Ah oui. Ok.
- Speaker #1
Donc, voilà. Alors, pourquoi, par exemple, c'est intéressant, tu me parles de Tesla, mais par exemple, si tu as des bandes de recharge rapide, qui tire d'un coup beaucoup d'énergie sur le réseau, c'est ce qui fait un peu éclater l'asso, c'est le problème qu'on a eu aussi en Espagne, tu mets une batterie qui fait un relais de tampon pour la charge et pour le réseau. Donc comme ça, tu n'as pas de surcharge sur le réseau. Et donc voilà, c'est ce qu'on commence à faire. D'ailleurs, on a des projets qui arrivent en France avec le stockage. On communiquera dessus.
- Speaker #0
On va arriver sur la France. Attends, mais juste pour bien finir, pour bien comprendre, tu vois, parce que autant sur la partie panneau solaire, hyper clair. Ça marche comment une batterie ? Alors là, c'est du lithium ? Exactement,
- Speaker #1
c'est du lithium. Alors pourquoi le lithium ? Technologie la plus mature, la plus comprise, la plus testée. Et aujourd'hui, on arrive à des coûts très attrayants. Comparé à il y a 5 ans, c'est plus stable. Et donc, la batterie, en fait, ce qui est important, c'est plus la gestion de la batterie.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc, on a mis en place un bon EMS, Energy Management System, qui permet de bien gérer la batterie pour que La personne qui investit dans cela met un retour sur investissement rapide.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
En France, par exemple, ce genre de batterie, on met à peu près 4,5 000 pour un bon retour sur investissement.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Dans les pays d'Amérique latine, c'est 2 ans.
- Speaker #0
Parce qu'il y a trop de coupures sur le réseau ou parce que...
- Speaker #1
Il y a des coupures, il y a beaucoup d'ensoleillement, etc. Donc, on arrive à mieux gérer son énergie.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Via l'intelligence et le MS, à mieux gérer la charge de la décharge. Quand est-ce qu'on a besoin, on n'a pas besoin, etc. Et en fait, ce qui compte dans la batterie de stockage, ce n'est pas tellement le hardware. Parce qu'on va utiliser des cellules de lithium de bonne qualité et tout. C'est plus le software,
- Speaker #0
de la gestion.
- Speaker #1
C'est vraiment la gestion qui fait que ça va durer longtemps et où notre ROI sera vraiment plus rapide.
- Speaker #0
Et donc, vous avez développé le software ? Voilà. J'imagine.
- Speaker #1
Voilà, exactement.
- Speaker #0
Et ça, vous le développez en Chine ou ici ? Exactement. Et donc là, aujourd'hui, EcoGreen Energy, c'est combien de personnes ? C'est combien de chiffres d'affaires ? Tu peux partager un peu de trois ? Bien sûr,
- Speaker #1
bien sûr. Aujourd'hui, on a à peu près une centaine de personnes.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et je suis d'affaires à peu près 30 millions de dollars.
- Speaker #0
Ça fait plaisir quand même. Ouais, mais on peut aller là encore beaucoup plus loin, non ?
- Speaker #1
Oui, oui, oui. Alors, je vais t'expliquer ce qui s'est passé. C'est que, pourquoi on n'a pas atteint, parce qu'on devait atteindre les 60 millions, c'est que le prix s'est cassé la gueule des panneaux solaires. Si tu vois, en 2023, on était à 23 centimes le watt.
- Speaker #0
Là, on est à 12, donc tu disais.
- Speaker #1
Non, mais le problème, c'est que c'est passé, début 2024, on est passé à 12.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Donc... Donc, on exporte plus, on fait plus de volume, mais le chiffre est identique. Donc, on double l'export, mais chez les affaires, c'est identique.
- Speaker #0
C'est ce qu'on parle dans la presse en France. On parlait du fait qu'il y a eu tout un écoulement de tous les panneaux solaires chinois en Europe. C'est ça, un peu, qui a fait ça. Les droits de douane américains, et ainsi de suite.
- Speaker #1
Tu sais, ça a toujours été chinois. C'est quand il y a un truc qui fonctionne. On fait des gigafactories. On multiplie par 10 la production sans prendre en compte la conséquence de ça. Et donc, c'est ce qui s'est passé, c'est qu'à un moment, en 2022, après le Covid, ça a boomé, le solaire partout vraiment en Europe, surtout. Ah oui, en Europe ? Surtout en Europe, et il y a eu des envois de stocks, des envois, des envois, des multiplications de production. Même les grosses boîtes ont eu des usines énormes, et ils ont envoyé du stock, et du jour au lendemain, le prix s'est cassé. Ok. parce qu'il y a eu énormément de... Moins de demandes et plus d'inventions. Donc, forcément...
- Speaker #0
Alors, très bien. Maintenant, tu nous as parlé, tu nous as donné un petit peu d'indices sur des projets en France.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ben, vas-y.
- Speaker #1
Alors, déjà, on travaille beaucoup de partenaires en France et des grands groupes. Et ça se passe très bien parce que, pareil, ils apprécient la proximité de nos bureaux en France pour pouvoir justement parler à des gens, ce qui est beaucoup notre avantage. Donc, voilà.
- Speaker #0
Tu peux nous partager un projet en France, côté avec un grand groupe, si c'est possible ? Bien sûr. Ou avec une ETI, ou tu vois...
- Speaker #1
On travaille par exemple avec le groupe NCO pour des installations. Ils font quoi ? Ils font des projets agricoles, des projets industriels.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et ils vont mettre une batterie bientôt, justement, sur des projets. On travaille avec Heliotech, qui est un groupe aussi en Belgique, qui là va faire l'aéroport de Liège, avec nos panneaux solaires, avec... à coating, donc un survêtement anti-glare, anti-reflet pour aéroports spéciaux. Et c'est très important parce qu'il y a eu des accidents en Hollande, je crois, où l'avion n'a pas pu se poser parce qu'il y avait le reflet du soleil sur les panneaux et donc il n'arrivait pas à avoir la piste. Donc on est sur des projets quand même vachement importants. Super intéressant.
- Speaker #0
Très bel aéroport Liège, moi j'étais en contact avec lui à un moment. Très très bel aéroport.
- Speaker #1
Donc c'est l'entreprise Heliotech qui va faire ça.
- Speaker #0
Ça appartient à ADP. Une partie appartient à ADP, tout à fait. Donc, ça peut ouvrir d'autres portes, sûrement. On espère.
- Speaker #1
On espère. On est là pour ça, en tout cas. Donc, voilà. Donc,
- Speaker #0
ce projet en France, alors. Vous allez faire un quoi ?
- Speaker #1
Alors, bon. Déjà, on a le bureau en France. Et le but, aujourd'hui, c'est vrai que je suis en contact un peu avec la BPI, avec certains acteurs de l'industrie, des régions. Donc, on est beaucoup en contact avec des régions qui sont très intéressées. Ça serait de... réindustrialiser la France.
- Speaker #0
Ah, enfin !
- Speaker #1
Le mot magique, voilà, réindustrialiser la France, et c'est sur ça qu'on est en train de travailler, parce que ce savoir que j'ai cumulé depuis des années, j'aimerais le ramener en France. C'est vrai qu'en France, il y a très peu d'usines dans les énergies renouvelables, je crois qu'il y en a une ou deux seulement, et le but étant, c'est de ramener l'industrialisation, parce que Merci. On parle d'énergie, donc ce n'est pas un luxe. C'est vrai qu'on a prouvé qu'on était trop dépendant de l'Asie pendant le Covid, justement. Et on l'est encore maintenant avec les panneaux solaires. Si tu veux, par exemple, à titre d'exemple, en Europe, on a besoin chaque année d'à peu près 30 à 40 gigawatts d'installation de panneaux solaires. Aujourd'hui, l'Europe ne produit que 4 gigawatts.
- Speaker #0
Normal.
- Speaker #1
Voilà. Et le reste vient de l'Asie, bien sûr. Donc, le but, c'est de répondre à cette demande qu'il y avait.
- Speaker #0
Mais tu arrives à être compétitif ? En termes de prix ?
- Speaker #1
On va dire que c'est mon avantage, c'est le mariage avec la Chine. C'est là où je sais comment bien automatiser, comment être compétitif, comment ramener le côté européen et le côté chinois. D'ailleurs, j'ai même des grands groupes chinois qui veulent s'associer avec moi pour produire. Sauf que les régions n'aiment pas trop ça. Elles préfèrent que ça soit une entité purement française. Donc, j'essaie de voir...
- Speaker #0
Comment tu peux imaginer faire ça ?
- Speaker #1
Exactement. Donc, on a un projet qui s'appelle Exasun. Où, vraiment, on aimerait...
- Speaker #0
Exasun ?
- Speaker #1
Oui. Parce que ça serait une entité purement française. Donc, j'aimerais vraiment le détacher de tout ça. J'ai même certains de mes clients qui sont intéressés par ce projet. Parce qu'ils y répondent pas. J'aurai mon produit local Made in France. Alors, ce qui est intéressant, c'est que tu sais que tu as la nouvelle loi NZIA.
- Speaker #0
Non, je ne connais pas.
- Speaker #1
En fait, c'est des lois, si tu veux, qui t'obligent à utiliser des produits européens sur les appels d'offres. Et c'est une loi qui va voter que 40% des appels d'offres sur l'énergie renouvelable soient faites via des entreprises européennes.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Donc, tu as un accès rapide à ça. De deux, nous, on a déjà une base de clientèle en Europe. qui va continuer à nous acheter. Et le 3, ça tourne le marché américain.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Sachez que les panneaux solaires sont taxés à 3000% s'ils viennent de Chine.
- Speaker #0
3000% ? Oui. Et s'ils viennent de France ? À 30%. Voilà. Exactement. C'est ça ? Oui,
- Speaker #1
c'est ça.
- Speaker #0
Ah oui, effectivement.
- Speaker #1
Donc, tu vois, il y a plein de choses. Et c'est vrai, bon, après, j'espère que l'État pourra nous accompagner, ou la BPI, ou des choses comme ça, avec qui on travaille.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, tu as des investisseurs ou pas dans ton groupe ? Non. Donc, ton groupe, c'est que...
- Speaker #1
Bootstrap.
- Speaker #0
C'est Bootstrap. Alex, c'est toi.
- Speaker #1
C'est sueur du front et sacrifiste d'ordre de travail.
- Speaker #0
Est-ce que vous avez un lieu et tout ? Pour un site ? Tu peux en dire un peu plus ?
- Speaker #1
On est en train de parler.
- Speaker #0
T'es pas obligé de nous dire ça.
- Speaker #1
Mais c'est une bonne question. On est en train de parler à plusieurs lecteurs et on va dire, j'attends les meilleures offres aussi.
- Speaker #0
J'espère que tu vas dans le Berry. J'ai une partie de ma famille qui vient du Berry. Près de Châteauroux. J'espère qu'il va se positionner. On envoie un appel à tous les Castelroussards.
- Speaker #1
Tout à fait. Toujours.
- Speaker #0
Toujours. Ok, donc non, super. Ok, top. Mais c'est quand même assez incroyable. Et pourquoi vraiment cette envie de réindustrialiser ? Qu'est-ce qui fait ? Parce que, regarde, je prends les choses un peu de loin. C'est, t'es en Chine, t'as un process que tu maîtrises. Ton réseau de test supply que tu maîtrises. Ton réseau de distribution que tu as. la qualité que tu as mis en place. Qu'est-ce qui fait que tu te dis tiens, je vais aller monter une usine dans un pays comme le nôtre avec toutes les problématiques qu'il y a chez nous. Alors, coût du travail, droit du travail et tout ça, tu vois. Pourquoi ?
- Speaker #1
C'est des bonnes questions. Il y a plusieurs points. Déjà, j'aimerais rendre à la France. Pour moi, c'est important. De deux, je n'ai pas aimé que la France soit aussi dépendante pendant le Covid. C'est quelque chose qui ne me plaît pas parce que je me dis qu'on a les moyens, on a la possibilité, plutôt que d'investir dans des choses qui ne sont pas importantes, on devrait investir vraiment dans la réindustrialisation, dans l'emploi de qualité. Parce que là, pour moi, lorsque je ferai l'usine, ce serait d'avoir des gens qui seraient vraiment dans le contrôle, pas dans la manutention. Donc vraiment d'aller dans la création, dans le qualitatif, dans recherche et développement. Deux, trois, je dirais. Ce qui est important, et c'est là où tu as vraiment dit pas mal de réponses dans tes questions, ce serait qu'aujourd'hui, ce qui est sûr, c'est que si ce projet réussit, je pourrais faire venir tous les acteurs de la chaîne de production. Et c'est là où, on va dire, la France est détenue en investissant sur ce genre de projet. C'est que j'arriverais, et d'ailleurs, des acteurs de la production de cellules, de VA, de TPD, donc toutes les matières qu'il y a besoin pour le panneau solaire, m'ont déjà dit, en me disant, si toi tu es ici, on va venir et tu nous montreras comment faire. C'est mon but aussi, c'est de faire venir tout l'écosystème. Ça serait mon rêve. Et comme ça, la France aura vraiment sa production locale de A à Z. D'ailleurs, on a pu le voir, il y a une entité qui essaie de faire ça, qui n'a pas réussi pour le moment, qui est dans le sud. Et après avoir reçu des investissements de la France, de la BP et tout, toujours pas ouvert d'usine, et maintenant elle s'est dit, je vais me marier avec un Chinois pour ça et plus vite. Ouais, mais bon, c'est... C'est une logique qu'il fallait penser dès le début. Moi, je l'ai, cette logique.
- Speaker #0
Toi, t'es net, c'est naturel.
- Speaker #1
C'est naturel, exactement.
- Speaker #0
C'est by design.
- Speaker #1
Exactement. Après, eux, ils s'allèvent les défendre. Ils ont les bonnes personnes pour faire les bons pitchs. Moi, je suis moins un pitcher, mais plus dans la réalité. C'est peut-être mon problème aussi. Et voilà, c'est ce qui fait qu'aujourd'hui, on essaie de voir comment avancer.
- Speaker #0
Il y a vraiment une réflexion, je pense, là-dessus, effectivement. Je pense que déjà, un, tu pourrais être inconvaincu sur le fait qu'effectivement, on a de la supply à ramener ici. Je ne crois pas qu'il arrive. On a, sur ce côté industrialisation, c'est des choses que je regarde en ce moment. En se disant, tiens, comment on fait pour se réarmer ? Enfin, réarmer au sens réindustrialisé.
- Speaker #1
Mais bien sûr, c'est important. On parle d'énergie quand même.
- Speaker #0
Non, mais ça c'est clair.
- Speaker #1
Ce n'est pas du luxe, c'est vraiment de l'essentiel. Et t'imagines en plus avec l'intelligence artificielle, les serveurs, on aura besoin de plus en plus d'énergie.
- Speaker #0
C'est sûr. Et l'autre sujet qui est intéressant, c'est quelque chose qui commence à arriver, c'est que tu as des vagues, comme ça tu avais une vague, donc années 80, 90, 2000, qui était de se dire, on va produire en Chine, on emmène notre supply là-bas, derrière, effectivement, localement, tu transfertes de la technologie, la technologie elle est reprise, elle est maintenant non seulement comprise, mais on innove par-dessus, et maintenant ce qui se passe, c'est que tu... alors moi je pense que c'est quelque chose qu'on devrait faire, c'est un discours qui commence à être entendable, c'est de se dire bah oui mais Ces usines, ces dark usines, tu vois, qui existent, alors je sais pas si t'approches à une usine, en tout cas là-bas, c'est dark usines.
- Speaker #1
J'aimerais beaucoup.
- Speaker #0
Le fait de faire venir tout ça chez nous, avec du transfert de techno, parce que pourquoi pas ? Bien sûr. On peut aussi, nous, avoir du transfert de techno.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Comprendre c'est quoi une usine complètement robotisée.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Tu vois, et tout ça, et je pense que tu fais partie de ce mouvement-là, en tout cas, de ce que j'entends.
- Speaker #1
Mais tout à fait. Ça serait de faire revenir cette technologie de production, cette industrialisation. Tu sais ce qui est marrant, cette idée d'usine, je ne l'ai pas eue. C'est un de mes collègues du COMEX de la French Tech qui m'en a parlé. Il me dit mais Dali, moi je ne connais personne qui a monté une usine. Et je dis mais c'est vrai en fait, moi aussi je ne connais personne qui a monté une usine. Toi tu en connais Richard ? Non. Et il m'a dit mais tu imagines la valeur ajoutée, ça serait pour la France de faire venir quelqu'un qui sait monter une usine de A à Z. Et en partant de rien surtout. Donc se débrouiller avec peu. et faire quelque chose d'énorme. Et c'est vrai que c'est là que ça m'est venu. Encore une fois, on m'a soufflé ça. Et c'est là que j'ai dit, ah mais ouais, t'as raison, Séb, Sébastien, ouais, t'as raison et tout. Il me dit, ouais, t'as un truc à faire là. Donc, c'est pour ça que j'en suis venu à me dire, bah oui, oui carrément. Puis quand j'en parle à mes partenaires en matière de... Ils me disent, mais ouais, nous aussi, on est intéressés. Bah si tu veux, aujourd'hui, ce qu'il faut comprendre, et peut-être que les gens ont du mal à comprendre en France, c'est que les Chinois veulent. investir en Europe.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Parce qu'eux aussi, ils ont compris qu'ils ont besoin d'une omniprésence locale. Parce qu'ils savent que pour travailler avec l'économie, les projets et tout, il faut qu'ils soient aussi implantés localement.
- Speaker #0
De toute façon, c'est un cercle vertueux.
- Speaker #1
Exactement. Malheureusement, comme tu disais, parfois, c'est dur en France et beaucoup ont échoué ou abandonné. Et j'aimerais leur prouver que c'est possible. Alors peut-être où je pense à coincé, c'est qu'eux ont voulu venir avec cette culture et cette façon de faire la chinoise en France.
- Speaker #0
C'est souvent comme ça d'ailleurs.
- Speaker #1
Qui ne fonctionne pas d'ailleurs.
- Speaker #0
C'est souvent comme ça.
- Speaker #1
Alors que voilà, moi j'ai cette dualité. Oui bien sûr. Où je connais, je comprends la culture chinoise et l'envie de la rapidité. Mais je comprends aussi qu'en France il y a beaucoup d'administration. Peut-être il y a moins de rapidité. On va voir. Pour pas dire la lenteur. Mais voilà. Mais aussi je peux être ce, qui sait, je peux être ce pont qui peut aussi dire aux gens en France. Les diaphres sont rapides. C'est comme ça qu'on aura plus d'investissement en France. c'est là où j'aurais peut-être quelque chose à jouer à peut-être enseigner et sans, encore une fois sans vouloir être donneur de leçons mais c'est dire comment ça se passe ailleurs et pourquoi ça marche c'est un peu ce que je dis tout le temps dans mes discours je dis la Chine innove et avance et l'Europe régule et c'est notre problème tu vois le cas concret des véhicules électriques tu vois ce qu'on a aujourd'hui en véhicules électriques en Chine, à Shanghai il n'y a que des véhicules électriques 70% 70%
- Speaker #0
c'est incroyable
- Speaker #1
Et en France, on est encore à se demander, ah oui, mais est-ce que ça marche ? Non mais, il faut arrêter quoi. D'accord.
- Speaker #0
Et ce côté un peu transmission, partage, c'est quelque chose que tu fais au sein de la French Tech. Exactement. Donc tu es président de la French Tech Shanghai. Vice-président. Vice-président, pardon. Et donc, ce côté-là aujourd'hui, en quoi ça t'anime cette partie-là ? Et est-ce que ce projet un peu aussi en France te permet peut-être de faire éclore des gens de la French Tech ? Parle-nous un peu de ce côté-là, ce côté un peu transmission. Tu vois, mise en avant peut-être d'autres choses ?
- Speaker #1
Alors ?
- Speaker #0
De personnes, tu vois ?
- Speaker #1
Tu sais, je me suis toujours rendu compte, quand je perds de l'argent, c'est dommage qu'il n'y ait pas quelqu'un qui m'ait dit de ne pas faire ça. Tu sais, que j'ai pas eu ce mentor, ou ce conseil qui aurait pu m'éviter de perdre des années, et beaucoup d'argent. Et je me suis toujours dit, je devrais justement partager ça. De façon bénévole, justement. Parce que... La French Tech HLS, on est des bénévoles. Et c'est vrai que ça m'a toujours attiré d'enseigner, d'aider. Et donc, on a parfois affaire à des startups qui veulent s'en lancer. Donc, avec notre équipe de COMEX, tu j'embrasses et tu j'adore, on essaie d'aider au mieux, de les mettre en contact avec des investisseurs, de leur dire attention, quoi faire ou ne pas faire. Et ils viennent vers nous, ils nous contactent. Ah, j'ai ce problème, tu me conseilles. Bon, ben voilà. Et donc, c'est important parce que c'est une certaine trace de toi que tu es chez eux aussi. Et puis, on sent aussi. Alors, ce qui est bien, c'est comme Shanghai, c'est une ville qui bouge beaucoup. beaucoup de gens qui veulent s'en lancer.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Dans l'entrepreneuriat, dans les startups, tu as même des scallops qu'on connaît beaucoup. Donc, des gens qui font déjà beaucoup, mais qui ont moins à l'eau next level. OK. Donc, voilà, on fait des événements. Par exemple, on a un événement jeudi avec Alexandre Pro de chez Quanto.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
OK. À Shanghai ? À Shanghai. OK. À Shanghai, tu vas faire... Bon, je ne suis pas là. Je suis triste, mais j'organise à distance. Donc, tu vas rendre visite à l'équipe et tu vas faire un speech.
- Speaker #0
Ah, super.
- Speaker #1
Devant tout, tous les gens qui sont membres de la French Tech de Shanghai.
- Speaker #0
Et donc l'idée, c'est aujourd'hui, la French Tech Shanghai, c'est tu es basé à Shanghai ou tu veux aller à Shanghai, tu as des gens qui peuvent venir t'aider. Exactement. C'est ça ?
- Speaker #1
Exactement. Moi, je suis à Shanghai depuis 2022.
- Speaker #0
Après Nantong.
- Speaker #1
Ouais, ouais. J'arrivais pendant le Covid. Et tu sais que Shanghai, c'était très dur. Et voilà, donc je me suis installé à Shanghai. C'est vrai que j'ai fait des belles rencontres avec Shangri-La et Trident Magazine. On est une communauté française assez importante. L'année dernière, on était à peu plus de 3000, mais cette année, ça va être plus parce que les étudiants sont revenus.
- Speaker #0
Ça y est, les gens reviennent. Parce qu'il y avait beaucoup plus de monde.
- Speaker #1
Exactement, en plus, tu sais, pendant un mois, tu n'as pas besoin de visa et tout. Ça y est, ils font ça maintenant. Donc, les gens viennent, découvrent et s'installent à Shanghai. Si tu veux, là où le gouvernement chinois était fort, ils ont beaucoup investi dans les universités. Moi, c'est vrai qu'on a des coopérations avec les universités pour aider les jeunes aussi. Et je me suis rendu dans une université qui s'appelle l'Ulceus. Et ils ont une robotique de malade. C'est vrai. Enfin, digne de films américains. Donc, tu vois l'investissement pour attirer les talents.
- Speaker #0
Et tu vas à Shenzhen aussi un peu ou pas ? Oui,
- Speaker #1
bien sûr. Mais je trouve déjà que Shanghai, c'est bien parce qu'il y a vraiment toutes les nationalités. Oui, c'est international. Puis, il y a beaucoup d'entités françaises.
- Speaker #0
C'est assez international. Ça reste un peu plus ouvert, on va dire ça comme ça. Exactement. Parce que tu avais les anciens quartiers, les différents quartiers, la concession française et tout. Et puis tu avais aussi les zones franches qu'il y avait au côté mer, c'est ça ? Exactement. Oui, il y avait tout ça, oui. Ok. Et tu vois, est-ce que, avec toute ton expérience, avec tout ce que tu avais éclaté dans ton prochain chapitre, c'est quoi un peu ce que tu vois derrière ? Eco Green Energy, dans 10 ans, c'est quoi ? Est-ce que vous avez formalisé ça avec Alex ? Est-ce que vous vous êtes dit, ok, c'est là où on veut aller ?
- Speaker #1
Bien sûr, on commence déjà ça, c'est-à-dire qu'on va de plus en plus vers des solutions. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, le but, ce n'est pas de vendre un produit, c'est de vendre une solution, un service et une technologie IoT qui va avec. Donc, par exemple, on a eu plusieurs cas l'année dernière où c'est des usines qui sont venues nous voir, même des usines qui vont dans les champs de mine pour les pierres précieuses, qui nous demandent des solutions pour subvenir à leurs besoins. dans des sites isolés. On est aussi le cas, comme je te disais, des frigos en Afrique où c'est des sites isolés où ils veulent une solution complète pour être indépendants. En fait, l'avenir, c'est le mini-grid. C'est d'avoir sa centrale solaire à soi pour être indépendant, pour être performant dans son activité. Et c'est ce qui se passe. Donc, il y a même une usine dans l'Équateur qui fait du plastique et nous a demandé toute une solution solaire. Pour qu'il puisse être indépendant, économique et tout ça. Parce qu'en Équateur, il y a eu beaucoup de coups vers l'électricité.
- Speaker #0
Il y en a beaucoup. Et donc voilà.
- Speaker #1
Donc si tu veux, c'est ça l'avenir, c'est les solutions. C'est fournir des solutions et puis plus simplement de fournir un produit. Et c'est ce qui se passe, on le voit. Aujourd'hui, on va être dans la solution. Donc avec un accompagnement à IoT, avec un service de suivi, avec un système de management de consommation. On peut aussi les concerner en disant, attention, cette machine concerne beaucoup, est-ce qu'elle est bien entretenue, est-ce qu'il ne faudrait pas faire quelque chose, etc. Donc c'est vraiment d'aller vers ce service complet. Et c'est ce qui est important. J'aimerais ramener aussi ce côté dans l'industriel, dans le projet en France, où j'aimerais commencer aussi par l'épanoui, plus de stockage. J'aimerais aussi faire du stockage. Du stockage en France ? Oui.
- Speaker #0
Ok, donc c'est Exasun. Voilà,
- Speaker #1
Exasun.
- Speaker #0
Écoute, je pense qu'on a fait un bon tour là, non ? Est-ce qu'il y a quelque chose que j'aurais oublié ?
- Speaker #1
Je pense que tu as fait un travail excellent. Ok.
- Speaker #0
Attendez, si je comprends bien quand même, on a Dali qui est devant moi, qui s'est fait déjà des nouilles instantanées à 3 yuan, pendant 6 mois à Pékin, qui a traité des panneaux solaires avec Pierrot. C'est ça, M. Pierrot ? On lui passe le bonjour, d'ailleurs.
- Speaker #1
Toujours.
- Speaker #0
Qui, derrière, s'est dit, non, mais la qualité... Je passe plus de temps à aller ennuyer mon fournisseur sur les usines plutôt qu'à développer du business. Donc, je vais développer mon usine. Première usine, deuxième usine, troisième usine qui est vraiment la sienne. Et une autre, de ce que j'avais cru comprendre. Et maintenant, de se dire comment on fait pour redonner un pays qui lui a permis de faire tout ça. Donc, réindustrialisation aujourd'hui en France. Donc, le projet Eco Green Energy aujourd'hui vient en France et développe ce côté réindustrialisation sous le nom Exasen. Avec pourquoi pas une opportunité d'aller aux Etats-Unis. de ce que j'ai entendu. Et enfin, une volonté d'aller plutôt vers des solutions pour les industriels, pour les rendre autonomes. C'est ça dont on parle. L'autonomie, l'énergie.
- Speaker #1
Tu sais, ça fait partie un peu du côté E&G et bas carbone. C'est très important aussi. Ça donne une bonne notoriété, une bonne image. Et n'oublions pas, mon but en ayant ramené une industrie en France, c'est aussi de ramener tout l'écosystème. Donc, il faut que je réussisse. pour pouvoir amener des autres aussi et que je leur montre comment faire. Parce que c'est ce qu'ils attendent aussi. Donc c'est si important.
- Speaker #0
En tout cas, Dali, on te souhaite toute la réussite. Moi, je n'ai pas de doute que tu vas réussir. La question que je me pose, c'est est-ce que ça va être 100 ou 1000 ? C'est un peu ça la question. Tu vas nous montrer comment tu vas y répondre. En tout cas, je te remercie beaucoup, Dali, pour ton temps. Merci d'avoir... partager ce moment-là, en tout cas, avec les bâtisseurs. Je sais que t'es en plus à Paris, en France, en ce moment. T'as pris le temps de venir nous voir. Vraiment, je te remercie du fond du cœur.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #0
Ça fait plaisir. Et chers auditeurs, merci de nous avoir écoutés jusque-là. Si vous avez aimé l'épisode, n'hésitez pas à mettre un like. Et franchement, ça marche. Franchement, ça m'aide vraiment. Donc, mettez un like, que ce soit sur les plateformes d'écoute type Spotify, Apple Podcasts ou même sur YouTube. Et je vous dis à la prochaine. Et je te dis à la prochaine, Dali. Et peut-être la prochaine sera à Shanghai ?
- Speaker #1
J'espère. Je t'y invite fortement.
- Speaker #0
Ah bah écoute, avec plaisir. Avec plaisir.
- Speaker #1
On ira bien manger ensemble, en tout cas.
- Speaker #0
Ça marche. Salut Dali. À bientôt.
- Speaker #1
Bye bye.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. S'il vous a plu, n'oubliez pas de le noter et de le commenter sur Apple Podcasts ou Spotify et d'en parler autour de vous. C'est ce qui m'aide à le faire connaître et à motiver de nouveaux invités à partager leur vision. Et pour continuer cette conversation, retrouvez-moi sur LinkedIn.