Description
À quatorze ans, Didier Lockwood est un élève modèle du conservatoire de Calais : il joue Wagner et les grands concertos. Puis il se casse le bras gauche, celui qui tient le violon. Pendant près d'un an, il le tient comme une guitare et écoute les disques que lui passe son grand frère Francis : des bluesmen, du rock, et Jean-Luc Ponty. « Quand j'ai découvert Ponty, alors là, c'était la révélation. » Quand on lui retire le plâtre, ce n'est plus le même musicien.
Il renonce au Conservatoire national supérieur pour entrer dans Magma, à dix-sept ans. Puis Stéphane Grappelli, le violoniste que son père écoutait et que lui trouvait « trop vieux », l'entend jouer et l'emmène en tournée. Les années 80 sont celles du grand écart : « New World » avec Tony Williams, « The Kid » et son violon électrique, Grappelli à la salle Pleyel en 1983, « Out of the Blue » à New York avec Cecil McBee et Billy Hart, et la scène de l'Olympia partagée avec les Québécois d'Uzeb en 1986.
Tout ce qui a fait de lui un musicien, il l'a appris hors de l'école. « C'est en faisant la manche que j'ai appris à jouer jazz », disait-il. Il passera la fin de sa vie à demander pourquoi les conservatoires laissent l'improvisation dehors : une école fondée en 2001 à Dammarie-lès-Lys, un rapport remis au ministre de la Culture en 2012. Le 17 février 2018, il joue au Bal Blomet. Il meurt le lendemain, à soixante-deux ans.
L'épisode se termine par « The Kid » dans son intégralité (« The Kid », MPS, 1983), composé par Didier Lockwood, avec David Sancious aux claviers, Barry Finnerty à la guitare électrique, Alphonso Johnson à la basse et Richie Morales à la batterie.
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