Speaker #0Salut les filles d'Olympe, bienvenue dans votre podcast intime et politique. Les filles d'Olympe, c'est une contribution pour des femmes fortes dans l'espace public, mais c'est aussi une filiation symbolique avec Olympe de Gouges, la première féministe moderne, qui payera d'ailleurs de sa vie, son engagement politique. Épisode après épisode, ici... on construit cet héritage ensemble, à travers des réflexions, à travers des rencontres et des partages, mais aussi à travers des outils pour affûter votre discours, assumer votre place, incarner vos valeurs, étendre votre influence ou décupler votre impact. Je suis Florence Hugui, facilitatrice des impossibles, parce que nos impossibles sont des passages, des portes, que nous n'avons pas encore ouvertes et qui méritent pourtant tellement de l'être. Ensemble, nous les ouvrirons, que dis-je, nous les défoncerons, avec toutes les tactiques dont nous savons faire preuve. Et pour cette saison 3, je vous propose des contre-feux. Contre-feux aux discours de plus en plus dominants, aux mots interdits, aux mots sacrilèges. Chaque épisode sera donc l'occasion de rallumer les braises sur un de ces mots bannis, parce que les mots qu'on nous enlève sont souvent ceux qui dérangent, qui portent lutte, qui portent mémoire. Parce que nos récits de vie façonnent notre regard sur le monde, parce que nos doutes Toutes sont souvent des histoires qu'on nous a racontées, parce que revisiter l'histoire, c'est se donner le droit d'écrire la suite autrement. Alors, je vous emmène, c'est parti, allons ensemble allumer le feu. Aujourd'hui, j'ai envie de vous raconter qu'est-ce qui m'a menée à faire un coming out. Et de quel ordre est ce coming out ? J'aimerais vous raconter cette histoire parce que très récemment, je l'ai écrit, je l'ai raconté dans une lettre, dans une de ces fameuses lettres du dimanche qui en été s'appelle « Lettre de l'été » , ce n'est pas très original, où je vous raconte un peu ce cheminement-là. Et puis cette lettre a suscité énormément de commentaires, énormément de réactions et je continue d'en recevoir et je vous en remercie beaucoup. pour les personnes qui ont eu envie de s'adresser à moi. Et j'aimerais du coup y revenir maintenant dans un épisode pour vous raconter ce qui s'est passé, les différentes étapes de manière un peu plus longue ou un peu plus détaillée que ce que j'ai fait dans ma lettre, de manière à ce que vous puissiez peut-être voir aussi où est-ce que ça vous concerne, vous peut-être, et dans quelle mesure ça fait sens pour vous de vous questionner sur un coming out, quel qu'il soit, que vous pourriez faire. et qui pourrait peut-être changer quelque chose dans votre vie. Si je vous propose ça, c'est parce que je crois que ça a à voir aussi avec notre capacité, notre volonté de prendre une place, de prendre notre juste place dans cette société, et que ça participe peut-être aussi du dialogue qui s'engage entre les êtres, d'être capable de pouvoir partager des éléments de soi qui sont parfois plus vulnérables, plus sensibles. On sait très bien que c'est là que se font les connexions. C'est aussi pour ça que j'ai envie de vous raconter cette histoire. Si elle arrive maintenant, en plein mois de juillet, c'est aussi parce que, durant ce mois, j'ai décidé de prendre du recul et que je suis partie sur les routes pendant quelques temps, histoire de mettre de la distance entre ma vie et ce qu'elle est et la vie professionnelle un peu trépidante dans laquelle je suis, pleine de questionnements aussi, pleine de difficultés diverses et variées, bien sûr, mais aussi pleine de succès ou pleine de rencontres. En tout cas, quelque chose de très bruyant. Et j'avais besoin de quelque chose de plus calme, de quelque chose qui me permet de, comme faire retomber le sable au fond de l'eau, pour refaire apparaître des éléments qui me semblent importants dans ma vie, et puis qui me semblent importants à apporter aussi dans ma vie, qu'elles soient privées, qu'elles soient professionnelles, qu'elles soient de tous ordres, parce que parfois de prendre du recul, ça apporte ça, puis on le sait très bien. C'est pour ça que les congés payés, certainement, ont été inventés, qui sont devenus les fameuses vacances. Alors moi, je n'ai pas de vacances quand j'ai payé. Quand je suis en congé, je ne suis pas payée, a priori. Mais pourtant, c'est important de prendre ce recul et de se donner ces espaces. Et donc, pour moi, comme pour tout le monde, prendre du recul, ça peut occasionner des résultats extrêmement fertiles. En tout cas, pour moi, c'est très important. Et ce que ça fait émerger, ce que ça fait émerger là maintenant, tout de suite, c'est le fait que j'ai envie de partager ce questionnement. qui est le mien depuis de nombreuses années et qui est en train d'aboutir à une réponse qui me semble assez pertinente et assez en accord finalement avec qui je suis. Et c'est pour ça aussi que j'ai envie de vous en parler aujourd'hui. Donc en fait, ce fameux coming out, ce n'est pas un coming out qui vous parle de mon orientation sexuelle ou de mon couple ou de mon genre ou de quelques sujets de ce style, mais c'est un coming out un peu... cérébrale, j'ai envie de dire, puisqu'il s'agit de ce diagnostic ou de cette découverte de la présence de troubles de l'attention avec ou sans hyperactivité, ce qu'on appelle le TADA, pour TDAH, ce qu'on appelle ainsi dans nos vies et qui apparemment fait partie de mon profil neurologique, de mon profil psychologique et de ma vie. Et donc, le fait d'avoir identifié cette... élément là ça fait que j'ai envie de vous en parler et j'ai envie de vous raconter comment j'en suis venu en fait à prendre conscience de cette histoire et de de trouver comment faire pour en faire une alliée et pas une ennemie et surtout pas une maladie contrairement à ce que pourrait ce que pourrait véhiculer un discours médical qui part de l'idée qu'on est dans une dans une difficulté qui ressemble à un handicap et qui permet qui permet peut-être difficilement de trouver sa place dans cette société. Tout ça, c'est des choses qui, à mon avis, peuvent être remises en question, mais je ne vais pas vous raconter tout ça aujourd'hui. Aujourd'hui, je vais simplement me contenter de vous parler de ce coming out et de comment les choses sont venues à moi avec les années autour de cette question-là. Si vous écoutez cet épisode, c'est peut-être que vous aussi vous êtes concerné. C'est peut-être que vous aussi, vous avez des questionnements à propos de vous, que vous vous demandez si vous avez un fonctionnement cérébral identique aux autres, ou si vous vous posez toutes les questions peut-être par rapport à ça. par rapport à quelque chose de très différent. Mais en tout cas, sur les questions que vous avez en tête, je vous invite en fait à apprendre au fond ce qui vous appartient dans ce qui va être partagé ici. Et puis de voir si vous avez ce genre de profil-là, si vous pourriez soupçonner le fait de peut-être être concerné ou bien si au contraire, votre questionnement à vous aujourd'hui, il est tout ailleurs. En fait, si vous vous reconnaissez dans ces gens qui ont plein d'idées, mais qui les oublie aussi. vite qu'elles sont arrivées dans leur tête. Si vous êtes capable d'analyser ultra rapide, mais que vous oubliez ou que vous vous êtes paralysé quand vous devez ouvrir votre courrier, quand vous êtes capable de passer six heures hyper concentré sur un projet et puis que finalement vous vous rendez compte après coup que manger n'a plus fait partie du programme, ce genre de choses-là, peut-être que ça peut vous indiquer quelque chose qui ressemble au TDAH. Et moi, c'est des éléments totalement courants de ma vie. Ce que je peux aussi partager, c'est que, bien sûr, il est important aussi de dire que certaines caractéristiques concernent une série de personnes et puis pas tout le monde. Évidemment, nous sommes multiples et c'est important d'être bien clair là-dessus. Donc, si vous arrivez très facilement à ouvrir votre courrier, ce n'est pas pour autant que vous n'êtes pas concerné par le TADA. Mais il se trouve que, pour ma part en tout cas, c'est un des éléments qui m'a mis sur la piste parce que c'est quelque chose de très difficile chez moi, cet aspect-là de gestion administrative. Alors, peut-être qu'à l'école, vous avez entendu des trucs du style « non, non, mais elle est capable, mais en fait, elle fait ce qu'elle veut » . Et moi, j'ai entendu ça toute ma vie. À l'école, j'étais considérée comme pas très bonne. J'étais franchement pas très bonne à l'école parce que je m'en foutais un peu. Puis en même temps, je ne m'en foutais pas du tout. C'est-à-dire que ça dépendait des branches, ça dépendait des profs, ça dépendait des gens qui faisaient tilt pour moi et de ceux qui ne le faisaient pas. Et donc je pouvais me passionner pour une branche parce que j'aimais le prof, je pouvais détester une autre branche parce que je ne supportais pas la manière dont ça nous était enseigné, et puis j'étais totalement hermétique à certaines autres parce que la manière dont on nous la portait était impossible pour moi à comprendre. Et donc j'ai vécu une scolarité en dent de scie, puisque je pouvais faire des notes excellentes dans les branches qui me parlaient, qui me séduisaient. Et j'étais extrêmement mauvaise dans les branches qui, au contraire, ne faisaient aucun tilt à l'intérieur de moi. Et donc, j'ai beaucoup entendu ce fameux « quand tu veux, tu peux » . Le fameux « quand tu veux, tu peux » , peut-être que vous aussi, ça fait partie de votre vie. C'est difficile. C'est difficile parce que ce n'est pas une histoire de « quand tu veux, tu peux » . C'est une histoire de « quand tu peux, tu veux » , peut-être. Ou en tout cas, une histoire qu'on pourrait modeler différemment. Je me souviens, par exemple, que je me suis prise de… passion pour l'anglais alors qu'a priori j'étais très très nul en allemand et donc l'anglais c'était une nouvelle langue ça promettait pas franchement des résultats mirobolants et puis ben j'avais un prof qui me faisait aimer cette langue c'était un prof que j'avais aussi en français que j'avais aussi en histoire dans des langues dans des branches dans lesquelles j'excellais et donc le fait de l'avoir en anglais c'était quelqu'un que je connaissais c'est quelqu'un dont j'appréciais l'enseignement c'est quelqu'un qui a su me faire apprécier cette langue et qui a su me l'enseigner qui a su me donner le goût d'apprendre, de découvrir cette... nouvelle langue et d'aller plus loin par contre dans les dents dans une autre branche par exemple qui est la géographie j'avais un prof extrêmement carré extrêmement mathématiques j'ai envie Et puis ce prof-là, quand il nous enseignait la géographie, c'était à 1000 km de la manière dont moi j'aurais eu envie de la découvrir. Et puis ce qui est intéressant aussi, c'est que ce prof de géographie, à un moment donné, est devenu mon prof d'histoire. Et moi qui étais excellente en histoire et qui adorais ça, et qui adore toujours ça, eh bien l'année où je l'ai eu comme prof, mes notes ont chuté parce que je ne voyais pas l'intérêt de l'enseigner comme lui le faisait. Il y avait quelque chose de beaucoup trop carré pour moi où j'étais incapable d'entrer dans ses explications. Et puis bien sûr, il y a eu tout le champ scientifique, ce champ scientifique des sciences, ce qu'on appelle les sciences au sens large. Et il y avait des sciences naturelles, il y avait des mathématiques, il y avait plein de branches de ce genre. Et donc autant dans une branche, je pouvais me passionner pour une question et tout à coup sortir des magnifiques notes, autant en mathématiques par exemple, personne n'a jamais réussi à me faire comprendre quoi que ce soit et j'ai toujours été totalement hermétique à ça. Ce qui vient se greffer sur cette prise de conscience autour de... De ces branches qu'on aime et de ces branches qu'on n'aime pas, c'est évidemment des biais de genre. Et on le sait très bien, on sait très bien que les petites filles vont être beaucoup moins encouragées que les petits garçons à développer leur capacité en mathématiques, puisqu'on part de l'idée que c'est une branche dite masculine. Et donc moi j'ai fait ma scolarité dans les années 80, et évidemment que dans ces années-là, on n'était pas du tout conscient et consciente de ce genre d'enjeu, et donc il y avait évidemment d'autres difficultés ou d'autres biais, d'autres freins, qui venaient se mettre sur le chemin. Donc c'est pas qu'une histoire de fonctionnement cérébral différent, c'est aussi une question de genre et je pense que d'associer les deux fera vraiment vraiment sens et je pense que c'est là-dessus que je vais mettre beaucoup d'énergie dans les prochains mois ou les prochaines années. J'ai l'impression, comme ça, petite intuition qui m'arrive déjà. Enfin bref, on en est toujours à l'époque de l'école, à une époque où on me disait que j'étais capable, mais qu'en fait j'en m'en foutais et que je ne faisais pas les choses comme j'aurais pu les faire. Et donc on me disait aussi... que j'avais une tête dure et que je n'acceptais pas les ordres qu'on me donnait, la manière dont mes parents essayaient de me faire comprendre qu'il fallait travailler à l'école. Ça ne passait pas, je n'écoutais pas, je n'en avais rien à faire. Et puis, bien sûr, il y a eu cette auto-prophétie, ou cette prophétie qui n'a pas été totalement auto-réalisatrice, qui était celle de dire que j'allais finir à la Migros en train d'empiler les boîtes de conserve. Alors la Migros, pour les gens qui n'habitent pas en Suisse, c'est un grand magasin, comme vous en avez aussi chez vous. Un grand magasin d'alimentation dans lequel j'ai travaillé pendant mes études. J'ai travaillé plusieurs années dans cette vénérable institution, mais je n'y ai pas fini. Et d'ailleurs, c'est très intéressant cette formulation, parce qu'il y a plein de gens qui travaillent à la Migros et qui sont des gens formidables. Et donc, il n'y a pas non plus de sommetiers. On nous le répétait tout le temps. Et pourtant, c'est quand même bien le message qu'on nous faisait passer, c'est qu'il y avait des sommetiers. Et qu'empiler des boîtes de conserve à la Migros... C'était fait pour Libanais et ce n'était pas fait pour moi qui étais une fille intelligente mais qui n'avait simplement pas de volonté de travailler et c'était ça qui était mon vrai problème. En tout cas c'est comme ça que ça a été identifié, c'est comme ça que ça a été construit pendant plein d'années. Alors bon, ça c'est des trucs que j'ai entendus mais je pense que le plus définitif ça a été le « t'es qu'une incapable » de mon père, notamment un peu de ma mère aussi mais surtout de mon père. C'était mon père qui disait ça et qui disait « t'es qu'une incapable » . Et c'était comme un espèce de verdict complètement définitif. qui montrait que non seulement j'en voulais pas, mais qu'en plus je ne faisais aucun effort, qu'en plus j'avais une sale tronche, qu'en plus je ne voulais pas aller dans la direction dans laquelle ils voulaient que j'aille, que je n'obéissais à rien, à aucun de ces ordres. Et ça allait bien évidemment au-delà du TDAH, mais évidemment que c'est une chose que j'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup entendue dans ma jeunesse. Alors, si vous vous reconnaissez à travers quelques-uns de ces éléments-là, s'il y a des choses qui font tilt chez vous, eh bien écoutez la suite que je vais vous raconter maintenant. Donc en fait, moi je ne me suis jamais du tout interrogée sur mon fonctionnement cérébral, parce que d'abord ce n'était pas la mode dans mes années d'adolescence, mes années d'enfance, mes années d'adolescence, soit on était bon à l'école, soit on ne l'était pas, et puis soit on était volontaire, soit on ne l'était pas, et donc c'était les seules clés qu'on nous proposait, il n'y avait aucune autre possibilité de développer une intelligence, enfin toutes ces questions-là, c'est en tout cas des questions qui ne sont pas arrivées jusqu'à moi, Peut-être qu'elles existaient, mais je crois qu'il y avait quelque chose de très différent dans le système scolaire que j'ai vécu. Et donc, il y a, je dirais, 12 ou 15 ans peut-être, j'ai intégré un groupe d'entrepreneurs. J'étais en train de créer mon entreprise. Je pense que c'était au tout début de la création de Filigrane et peut-être même avant, puisque j'ai intégré un groupe d'entrepreneurs dans lequel il n'y avait pas que des indépendantes, il y avait aussi des salariés, il y avait aussi des femmes qui étaient cadres en entreprise. C'était un réseau de... de solidarité et de soutien pour les femmes, pour les carrières féminines qui a été instaurée en Suisse durant quelques années. Et puis, j'ai fait partie d'un de ces réseaux. Et donc, dans ce réseau-là, j'ai rencontré... des femmes que je n'aurais jamais rencontrées autrement et notamment une qui un jour est arrivée en disant qu'elle avait eu un diagnostic de tdh et donc moi je les regardais très surprise c'était tout au début que j'étais dans ce groupe et donc je la regarde très surprise et je ne sais même pas de quoi elle parle mais visiblement je suis pas la seule puisque à cette époque là le tada le tdh était réservé en fait était un diagnostic composé un peu pour les enfants C'est les enfants à qui on donnait de la Ritalin pour les calmer. Et c'était ça le message global qu'on entendait de manière générale dans la société. Et puis, il n'était pas question de parler de cette configuration cérébrale pour les adultes. C'est-à-dire qu'on partait de l'idée, à ce moment-là c'était vraiment le balbutiement de la recherche sur ce sujet, on partait de l'idée que ça s'arrêtait à l'adolescence et qu'ensuite on devenait des adultes, c'est-à-dire des adultes capables de réfléchir par nous-mêmes, d'avancer par nous-mêmes, et qu'on n'avait plus ce genre de difficultés, qu'au fond c'était un peu un caprice d'enfant. Donc elle était bien sûr adulte et elle est arrivée en nous disant qu'elle avait eu ce diagnostic et que ça changeait plein de choses dans sa vie. Elle nous a raconté un peu la vie qu'elle avait. En nous racontant sa vie, elle nous parlait de ses oublis continuels, de ses 25 projets pas terminés, de ses difficultés de gestion, des retards infinis qu'elle avait tout le temps. Elle nous a parlé de sa vie et de la manière dont elle vivait et de ses fameux trucs un peu typiques. qui sont les premiers signes qu'on repère du TDAH, où on part au magasin pour acheter du beurre et du pain, et on se retrouve avec des fruits, des légumes, un paquet de pâtes dont on n'avait pas besoin, et puis éventuellement une trottinette, mais que le beurre et le pain ont disparu de notre mémoire. Et ça, c'est des choses qui sont extrêmement courantes dans le principe du TADA. Je ne sais pas si ça existe aussi pour les personnes qui sont juste dans la lune. C'est celle-là qu'on nommait un peu les filles dans la lune, les garçons dans la lune. à une époque. Et donc, en l'écoutant raconter sa vie, je me suis dit, mais en fait, elle parle de ma vie, quoi. Elle parle de ma vie, cette femme. Et elle n'en a aucune conscience, en fait. Enfin, c'est dingue. Mais moi, je ne savais même pas. Je croyais que c'était normal, en fait, d'être comme ça. Et je me souviens très bien que c'est la première remarque que j'avais faite. J'ai dit, mais en fait, tout le monde est comme ça. C'est quoi la spécialité ? Et puis, autour de la table, on était 12. Et puis, dans les 12, il y en a quand même passablement qui ont dit, « Non, ce n'est pas tout le monde qui est comme ça. Il y a des personnes qui n'ont pas l'air de fonctionner comme ça. » Et donc, du coup, je me suis dit, tiens, intéressant, voilà une piste à creuser. Et j'ai commencé de creuser cette piste sans savoir vers quoi elle allait m'amener. Et je suis tombée sur un bouquin. Alors, il y a un premier volume qui était sorti qui s'appelait « Mon cerveau a besoin de lunettes » et qui concernait les enfants. Donc, les enfants TDAH pour comprendre leur fonctionnement. Et puis, à la suite de ce premier livre, un deuxième tome était sorti qui s'appelait « Mon cerveau a encore besoin de lunettes » . C'était des éditions québécoises, c'était Québécois. qui en fait parlait du TDAH pour les adultes. Alors vous savez, au Québec, on est un petit peu plus avancé qu'en Europe sur ces questions-là et sur la manière d'envisager la place des adultes dans la société et comment on peut les accompagner. Et donc ce bouquin, c'était un des premiers qui est sorti en français, à ma connaissance en tout cas, qui était grand public et qui permettait de comprendre de quoi était fait le TDAH. Et donc, je l'ai lu, ce bouquin, je l'ai dévoré. Et j'ai lu aussi que les gens qui découvraient ce genre de particularité psychique ou neurologique dévoraient tout ce qu'ils trouvaient pour comprendre leur fonctionnement. Et c'était comme une révélation. Alors, j'ai lu ce livre. J'ai effectivement eu beaucoup d'éléments qui étaient un peu révélateurs comme ça. En tout cas, je me disais, tiens, c'est intéressant. Je pensais vraiment très sincèrement que tout le monde fonctionnait comme ça dans la société et que je n'étais pas du tout un cas particulier. Et donc à ce moment-là, j'ai cherché comment me faire accompagner sur cette question. Et puis le premier accompagnement que j'ai trouvé, c'est un naturopathe qui ne vivait pas très loin de chez moi et qui développait un soutien, ou en tout cas une manière d'atteindre ce trouble, puisqu'on parle bien d'un trouble, par l'alimentation. Donc son travail à lui, c'était de revoir toute l'alimentation. des adultes qui recevaient en séance, pour voir avec eux comment faire pour calmer les effets problématiques du TDAH dans leur vie. Et donc je suis allée à mon premier rendez-vous avec lui, qui m'a reçu tout à fait sympathiquement, et il m'a écoutée pendant une heure, donc moi je suis arrivée en lui disant que je voulais travailler sur le TDAH, que c'était ma particularité, que visiblement j'étais concernée, et donc que j'avais besoin d'aide. Et il m'a écoutée pendant une heure, lui racontait ma vie, comment je fonctionnais, les différentes problématiques auxquelles j'étais confrontée. Et à la fin de l'heure, il a posé un diagnostic. Diagnostic sauvage, évidemment, en disant, ben non, vous n'êtes pas du tout TADA, mais par contre, vous êtes HPI. HPI. Alors voilà encore un autre problème, puisque franchement, je n'avais jamais entendu parler de ça non plus, ou alors un peu de manière très très lointaine. En tout cas, il était évident que moi... Je n'étais pas concernée par le HPI. Ça, c'était clair et net pour moi. C'était clair et net parce que le HPI, c'était comme être quelque chose de plus. En tout cas, il y avait un peu cette idée dans ma tête que j'étais autre quelque chose. C'est-à-dire que j'étais un peu supérieur aux autres d'une certaine manière. Ce qui était intolérable et insupportable à entendre pour moi à ce moment-là. Et surtout sous cette forme-là. Et par contre, le trouble, le TDAH, alors ça, ça me plaisait. puisque ça me remettait dans l'inadéquation que je constatais quand même dans passablement le domaine de ma vie. Et donc ça, je pouvais tout à fait l'assumer. D'avoir un trouble, j'étais d'accord. D'avoir un haut quelque chose, c'était beaucoup moins facile. Ce qui fait qu'en fait, j'ai fondu en larmes devant ce naturopathe qui ne m'avait jamais vu de sa vie et qui n'a pas compris pourquoi je fondais en larmes. Et en fait, je fondais en larmes parce que c'était insupportable de penser que je pouvais être HP. Enfin, c'était deux termes que je n'avais jamais associés à moi. C'était douloureux d'envisager que je puisse être concernée par ça. Il a réagi de manière assez étonnante. Il m'a accompagnée là-dessus. Je l'ai revue quelques fois pour parler de cette histoire de HP, qui aurait été une de mes spécificités. En même temps, je lui parlais déjà de mes difficultés administratives et de la peur que j'avais de l'administration, de la phobie qui était en train de se développer. Et ce qui est intéressant, c'est qu'il n'a jamais fait le lien avec le TDAH, alors que c'est un lien qui est totalement évident. Et donc, attention aux diagnostics sauvages, parce que c'est important de sentir ce qui se passe à l'intérieur de nous. Mais à l'époque, j'étais encore certainement dans une croyance que quelqu'un de spécialiste savait mieux que moi, et que ce spécialiste-là, il avait détecté que j'avais probablement une autre configuration intellectuelle, mais en tout cas pas de trouble. telle que j'aurais voulu l'avoir. Et puis, pour toutes sortes de raisons, je n'ai pas suivi cette piste. Et j'ai aussi pris énormément d'années pour aller me tester pour le haut potentiel intellectuel, parce qu'en fait, ça me faisait complètement honte d'être concernée par une question de haut potentiel, parce que c'était beaucoup trop. C'était beaucoup trop pour moi. Moi, j'étais une fille d'ouvrier, j'avais déjà fait des études universitaires, j'étais devenue journaliste, c'était déjà... énorme, mon père me l'a assez dit, que je pétais plus haut que mon cul, et donc je passais ma vie à péter plus haut que mon cul, et tout à coup quelqu'un me dit, mais tu peux péter encore plus haut que ton cul, et donc c'était insupportable à entendre, ça a été vraiment très très très difficile, pour moi c'était de la prétention, c'était aussi complètement flou, et puis surtout c'était beaucoup trop haut, et je ne pouvais pas entendre ça. Donc ça m'a pris énormément de temps d'aller me faire tester, mais j'ai fini par le faire après des années d'hésitation, et des années de recherche, ou de non-recherche, ou de tournage en rond. appelons le comme on veut c'est un chemin qui peut prendre beaucoup beaucoup de temps beaucoup d'années chez moi ça en a pris au moins une dizaine et puis voilà c'est comme ça c'est mon rythme à moi vous en aurez peut-être indifférent et puis ce sera très bien aussi avec un rythme qui est le vôtre et qui va dans un sens différent en fait il y avait aussi un autre élément c'est qu'à cette époque et je suis toujours comme ça aujourd'hui dès que j'ai un bobo je le laisse passer ça veut dire que Je ne vais pas courir les médecins pour aller vérifier que ce bobo pourrait être un truc grave ou pas grave. Je vais attendre que ça passe. Et pour cette histoire de TDAH, qui était un trouble, qui était donc un problème potentiel, je savais peut-être qu'on pouvait le prendre en charge peut-être d'autres manières. Mais comme je n'étais de toute façon pas concernée, il avait dit le monsieur. Et qu'en plus, je ne voulais pas vraiment me soigner, puisque je pensais que c'était impossible et qu'il n'y avait personne qui avait des solutions pour moi. et bien j'ai Je n'ai pas été plus loin, je n'ai pas voulu explorer quoi que ce soit de plus à ce propos. Et donc, j'ai continué de claudiquer, d'avancer dans ma vie avec ce fameux bobo. Et donc, j'ai ensuite fait le test HPI après plein, plein d'hésitations. Je ne sais pas si j'y reviendrai un jour. Mais enfin, j'ai quand même compris que j'avais une mémoire de travail particulièrement rapide, que j'étais capable de... que j'étais capable de mener des projets de manière assez brillante, et puis que j'avais des capacités intellectuelles hors normes. Je ne vais pas donner plus de détails sur cet aspect-là, parce qu'en fait, au moment où j'ai eu mon résultat, qui a été tout un cheminement, que je pourrais vous raconter une autre fois, eh bien, j'ai décidé de le ranger au fond d'un tiroir et de passer à autre chose. Parce que j'avais une bibliothèque entière de bouquins que j'avais lus sur le sujet, donc je connaissais assez bien les caractéristiques du HPI. Une fois que j'étais validée quelque part dans le fait que je faisais bien partie de cette famille-là, moi qui ne faisais partie d'aucune famille et qui se sent quand même très souvent en marge d'à peu près tout, c'était bon, je n'avais pas besoin de crier sur les toits et je n'avais surtout pas besoin de devenir une coach HPI ou Dieu sait quoi de ce genre-là. Je suis toujours d'ailleurs très critique face à la mode que représentent ces diagnostics souvent sauvages. d'enfants HPI, d'enfants TDAH, d'enfants 10, d'enfants ceci et cela. C'est comme si ça valorisait les parents ou que ça leur donne des diagnostics comme ça, des réponses à des questions auxquelles ils ne savent pas répondre. Et donc pour moi, c'est trop simple. C'est beaucoup trop simple de poser des diagnostics de cette façon-là. Et donc, soit j'étais testée et je pouvais le valider de manière absolument officielle, soit je ne l'étais pas et donc je restais en marge de tout ça. Donc en fait, j'ai continué d'avancer en me rendant quand même compte que c'était très bien d'avoir eu ce diagnostic HPI. Mais en me rendant compte qu'il y avait quand même énormément de domaines dans ma vie où j'avais l'impression d'être à vélo, à contre-courant. Vous voyez quand le vent vous souffle dans la face et que vous n'avancez pas avec vos pédales, que vous n'arrivez pas à aller plus vite que le vent et que c'est très, très pénible. Moi, je déteste ce genre de situation à vélo, mais peut-être que vous, vous les aimez bien ça, je ne sais pas. En tout cas, moi, je n'aime pas ça. Et donc, je continuais quand même de vivre ces difficultés-là, même si dans d'autres domaines de ma vie, c'est très fluide, très simple. Et puis, tout va tout tout de suite, tout bien et que je n'ai pas de difficultés particulières. Tout ce qui concerne mes mandats, notamment en termes de professionnels, en termes d'engagement, en général, c'est des thèmes que je maîtrise, avec lesquels je suis à l'aise. Et puis, je peux relever à peu près n'importe quel défi sans s'y aller. Par contre, d'ouvrir ma boîte aux lettres et de faire face... aux enveloppes qui sont à l'intérieur, ça c'est quelque chose qui reste extrêmement difficile, ce qu'on a des fois de la peine à imaginer, parce que c'est un acte tellement simple de la vie quotidienne, et il a été pour moi aussi tellement simple dans ma vie quotidienne pendant longtemps, mais quelque chose s'est développé ou s'est grippé à ce niveau-là durant mes années de vie d'adulte. Et donc est revenue cette fameuse piste du TDAH à explorer, Piste que j'ai explorée avec ma... avec laquelle je travaille depuis de nombreuses années sur les questions de phobie administrative, principalement, et puis aussi de tout ce qui peut se passer dans ma vie. Et puis, à ce moment-là, s'est rouvert ce fameux tiroir du HPI, parce que c'était une autre manière d'envisager la problématique, mais c'était peut-être un tiroir parallèle sur lequel j'avais besoin de mettre un peu de lumière. Et donc, on a beaucoup exploré ça avec elle dans un premier temps, où j'ai beaucoup expliqué comment je fonctionnais, comment je vivais. les difficultés que je pouvais rencontrer, qu'est-ce que ça représentait dans ma vie, ces difficultés-là, et puis comment je comblais le vide, je comblais les difficultés par mon fonctionnement cérébral hyper rapide qui m'aidait beaucoup. Et donc tout ce qui n'était pas explicable par la paresse, par les traumas divers, par le stress ou par l'intelligence, tout à coup ça avait l'air de prendre place dans ce qu'on pourrait appeler le trouble de l'attention avec ou sans hyperactivité. C'est à la suite de ça que j'ai décidé de me médiquer, de tenter la médication. On a un produit qui fonctionne très bien ici, qui s'appelle le méthylphénidate, qui est prescrit aux fameux enfants qui avaient droit à la ritaline quand ils étaient petits. Aujourd'hui, ces produits ont été adaptés aussi pour les adultes. Enfin, ils n'ont pas été adaptés, c'est une molécule qui a été prescrite aussi aux adultes. Et puis, j'ai testé. et en fait c'est très clair, le test il est... radicale puisque si on en prend et que nous ne sommes pas concernés par ce trouble, eh bien on va être surexcité, on va plus dormir, on va avoir énormément d'effets secondaires assez compliqués. Alors que si on le prend parce qu'il est le bon médicament au bon endroit et que ça permet de réguler quelque chose, le calme se fait de manière immédiate. Et pour moi c'est ce qui s'est passé. Ce qui s'est passé c'est qu'en découvrant ce médicament, J'ai eu l'impression que c'est comme si la lumière à l'intérieur de moi s'éteignait, pas de manière négative, c'était une lumière crue, une lumière comme un néon, vous voyez, une lumière allumée jour et nuit dont je n'avais pas conscience puisqu'elle est allumée depuis ma naissance. Et tout à coup, cette lumière-là, elle s'est éteinte. J'ai aussi réalisé que je n'entendais plus mon cœur, que je ne l'entendais plus battre, alors que j'entends tout le temps mon cœur battre le reste du temps. Mais comme une fois de plus, c'était un signe absolument classique que j'entendais tout le temps, je ne voyais pas. comment pourrait être ma vie sans ce signe en fait. Et tout à coup, le fait que cette lumière s'éteigne, que mon cœur se calme, que je m'apaise, que je sois plus tranquille. ça a permis à mon HPI de reprendre sa place juste. Et donc, mon fonctionnement cérébral n'a plus été là pour compenser le TDAH qui était bien présent, mais il était là pour se mettre à mon service au fond et à travailler avec moi, à travailler main dans la main avec moi pour le développement de mes projets. Et en fait, ça a été stupéfiant de rapidité, stupéfiant de découverte, stupéfiant de prise de conscience. que toute cette vitesse cérébrale que j'utilisais déjà passablement et qui était déjà bien à mon service, tout à coup, elle n'était plus freinée par ce trouble par lequel elle devait passer et puis qu'elle devait calmer, mais elle n'était freinée plus par rien du tout. Et donc, tout à coup, ça me donnait une espèce de puissance, puissance intellectuelle, puissance de raisonnement, puissance de vitesse de travail, puissance d'avancement qui était énorme, qui était énorme. Et cette puissance-là, je suis encore en train de l'apprivoiser parce que je l'ai découverte il y a relativement peu de temps. Toute cette découverte-là, elle date d'il y a quelques mois et quelques expérimentations médicales, justement, qui sont venues se greffer là-dessus. Donc avant de prendre des médicaments, je n'avais aucune conscience que j'avais cette puissance-là en moi, en tout cas de cette façon-là. Et puis donc, je me suis retrouvée à avoir des journées où je travaille de 8h le matin à 8h le soir. Je sors, je suis encore en pleine forme. Et j'ai abattu énormément de choses que je n'aurais jamais pu faire en temps normal, puisque j'aurais été dissipée, que j'aurais perdu le fil, que je serais partie ailleurs, etc. Sauf quand ça m'intéresse. Ce fameux truc du flow, de cette capacité de se focusser sur une activité qui nous fait du bien, qui nous remplit, qui nous motive, qui nous nourrit, celle-là, elle restait complètement active. Et donc quand je fais des choses qui m'apportent du flow, qui m'apportent du bien-être en profondeur, je me sens nourrie par mon activité et évidemment que là, il n'y a pas besoin de médicaments. Mais pour tout ce qui est moins intéressant, qui produit moins de dopamine, puisque c'est bien de dopamine dont il s'agit, eh bien là, par contre, les difficultés commencent à apparaître. Et puis, il me faut trois jours pour arriver à faire une comptabilité. Il me faut trois semaines et demie pour être capable d'ouvrir mes factures et puis de les payer dans les temps, etc. Donc, des choses de ce genre-là, c'est beaucoup plus compliqué. Beaucoup plus compliqué. Et donc, par rapport à ça, je vais m'arrêter là, je vais vous partager cette partie-là aujourd'hui et puis j'y reviendrai dans d'autres épisodes peut-être. Mais j'ai envie quand même de vous demander un peu où vous en êtes vous par rapport à ce que je viens de vous raconter. Et j'ai envie de vous laisser avec trois questions. Alors j'en ai posé dans ma lettre, celles-là elles sont un petit peu différentes. La première question c'est de se demander si... Est-ce que vous aussi, vous avez cru qu'il valait mieux être malade ou avoir un trouble plutôt que d'être trop intelligent ou trop intelligente ? Est-ce que vous comprenez ce que je vous ai partagé tout à l'heure sur le fait que d'être trop intelligente devenait une honte, alors que d'être trop troublé, ça par contre, c'était quelque chose de très connu et de très commun dans votre vie, et puis que c'était beaucoup plus facilement admissible ? Ça, c'est la première question que j'ai envie de vous poser. Comment vous vous sentez par rapport à ça ? Est-ce que vous avez... l'audace d'imaginer que vous pourriez avoir un HPI également, ou au contraire, est-ce que vous préfériez ne jamais être diagnostiqué pour ne pas devoir assumer ce genre d'étiquette ? Quand on parle d'étiquette d'ailleurs, je me permets de faire une toute petite parenthèse. Évidemment que c'est très dommage que les étiquettes soient nécessaires, et c'est aussi un retour que j'ai reçu et je vous en reparlerai. Bien sûr que les étiquettes, elles sont là pour nous poser des points de départ, de réflexion. des points de départ d'action et pas pour nous enfermer dans des cases. Donc l'idée, ce n'est pas d'en rester à cette étiquette, mais juste se dire, tiens, ma rampe de lancement, elle ressemble à quoi ? Est-ce que c'est une rampe de lancement plutôt trop intelligente ou assez ou très intelligente ? Ou est-ce que c'est une rampe de lancement trouble ou une rampe de lancement hypersensible ou une rampe de lancement dispractique, etc. Donc voilà, à voir comment vous avez envie de formuler ça pour votre propre... A voir aussi comment vous avez envie de formuler ça pour votre propre rampe de lancement. Est-ce que vous vivez avec ce sentiment de double vitesse ou de génie paralysé ? Est-ce que c'est quelque chose qui vous parle ? Est-ce que vous sentez qu'il y a quelque chose qui est comme lancé à pleine vitesse et en même temps qui freine des quatre fers ? Est-ce que vous sentez ce truc-là à l'intérieur de vous ? Ça, c'était ma deuxième question. Et puis la troisième, j'ai envie de vous dire que le but peut-être, c'est d'arrêter de choisir entre être capable ou être... incapable, et puis d'imaginer peut-être une troisième voie. Cette troisième voie, c'est le fait de pousser des portes, c'est le fait de faire autrement, c'est le fait de reconnaître qui nous sommes pour aller à la rencontre de ce qui est juste pour soi, parce que ce juste pour soi va être aussi juste pour d'autres, et que ce juste pour d'autres va certainement apporter quelque chose aussi à la société dans son ensemble. Donc il ne s'agit pas, encore une fois, de juste regarder son propre nombril, mais de prendre conscience de la place que ça peut prendre au sein d'une société entière. d'avoir des personnes qui sont plus en phase finalement avec qui elles sont, malgré leur éducation, malgré tout ce qu'on a pu leur raconter, malgré les injonctions diverses et variées qu'elles ont déjà pu recevoir. Donc c'est une voie qui est peut-être plus complexe, qui est peut-être plus difficile à saisir ou plus difficile à emprunter, mais c'est peut-être une voie qui est au fond beaucoup plus vivante. Et c'est la voie que je propose dans mon fameux accompagnement qui s'appelle Voie 9 3 quarts. méthode 9 3 quarts qui est accompagnement qui va démarrer en septembre dont je vous ai pas encore beaucoup parlé et en fait c'est vraiment très intéressant de voir que même s'il a été élaboré à un moment où cette histoire de diagnostic n'était pas encore tout à fait clair et bien tout ça c'est beaucoup clarifié depuis et finalement prend tout à fait son sens donc oui l'idée de trouver nos impossibles et de les rendre possibles c'est peut-être ça aussi la voie neuf trois quarts dont je vous parle, mais aussi tous ces projets qui dorment en nous, qui sont parfois trop fous, trop, trop, trop, trop ceci, trop cela, et qui au fond sont absolument magnifiques pour nos cerveaux, nos cerveaux qui sont divergents peut-être, nos cerveaux qui prennent des voix un peu étonnantes parfois, et qui au fond rendent cette humanité tellement plus intéressante et tellement plus riche, et je pense que vous serez d'accord avec moi. Donc voilà, je m'arrête pour aujourd'hui. à ce niveau-là. Et puis, je reviendrai dans un épisode prochain sur les réactions que j'ai eues de votre part à propos de ce fameux coming out et puis des différents éléments que je vous ai partagés déjà par écrit. Et puis, vous allez retrouver le lien sur cette lettre. Si vous ne l'avez pas lu,