- Rafa
Je ne sais pas faire, mais par contre, je suis motivée. On a tous des petites voix qui nous disent est-ce qu'on est aptes ou pas. En fait, à un moment donné, il faut juste éteindre ces voix-là et il faut se lancer.
- Chloé
Hello, c'est lundi et tu fais bien d'écouter Les Meneuses pour lancer ta semaine avec une dose d'inspiration. C'est Chloé, ta podcasteuse préférée. Et aujourd'hui, j'accueille Rafa Razafindramanana, ingénieure data et fondatrice de l'application Rafaelles. Elle nous raconte comment oser survivre aux discriminations et tout quitter pour créer ce qui lui ressemble vraiment. Allez, installe-toi confortablement. C'est bon ? Alors c'est parti ! Bonne écoute et si l'épisode te plaît, pense à le partager. Bonjour Rapha, comment est-ce que tu vas ?
- Rafa
Bonjour Chloé, ça va et toi ?
- Chloé
Ça va aussi, je suis ravie d'être avec toi aujourd'hui. On va parler de sujets très cools, dont un projet que tu lances. Mais avant de commencer tout ça, pour les personnes qui ne te connaissent pas encore, est-ce que tu peux te présenter s'il te plaît ?
- Rafa
Alors, ok. Alors moi, c'est Rafa Razafindramanana. Je suis d'origine malgache. J'ai deux masters, un orienté plus recherche et l'autre plus pratique en informatique. J'ai grandi à Madagascar, mais je suis arrivée en France à l'âge de 17 ans. Côté professionnel, je comptabilise à peu près 15 années d'expérience, alors dans le dev, infra, data, et j'habite en Ile-de-France.
- Chloé
Bien. Donc ouais, ça fait 15 ans que t'es dans la partie tech, mais c'est vrai que tu m'as raconté, ça m'a beaucoup fait sourire, quand t'étais plus jeune, tu te projetais plutôt comme coiffeuse, cuisinière, pâtissière, et c'est ta mère qui t'a dit... Non, non, non, tu vas faire des études. Avec du recul sur ça, tu vis comment aujourd'hui ? Est-ce que c'est une frustration de ne pas avoir pu explorer ces voies-là ? Ou alors ça a été un détour nécessaire pour trouver la tech et au final tu remercies ta maman ?
- Rafa
Je la remercie du coup parce que finalement je suis allée dans la tech, ça se passe plutôt bien. En tout cas c'est une vraie passion pour moi aujourd'hui. Et par contre j'ai pu faire à la fois de la coiffure, de la couture. et de la pâtisserie, mais plutôt en hobby. Et ça se passe très bien dans les deux cas.
- Chloé
Oui, souvent, c'est les parents, quand on est plus jeune, on a plein d'idées et qui essayent de nous guider quand même sur la voie de faire des études, que c'est important. Et du coup, tu as découvert la partie SPÉMAT au bac et ensuite, tu es rentrée en MATINFO. Et c'était un petit peu par défaut, sans savoir ce que c'était. Et finalement, tu vois, comme tu dis, ça fait 15 ans que tu es dans la tech, tu kiffes. Est-ce que tu te souviens du moment où tu as eu le déclic, où tu t'es dit, en fait, l'informatique, j'adore ça, c'est ce que j'ai envie de faire. Et c'était quoi le moment, la situation où tu as eu ce petit déclic-là ?
- Rafa
Alors, ce petit déclic-là, je l'ai eu en première année de fac, parce qu'en fait, je suis arrivée en retard pour la première rentrée, à cause du visa qui était un peu compliqué à faire. J'arrive, c'était le mois d'examen, il fallait juste aller en cours pour ne pas être signalée absente. J'y vais, je tombe sur un examen qui s'appelle la logique mathématique. Ça s'apparente énormément au jeu de logique et finalement je le fais, ça se passe plutôt bien parce que j'ai l'habitude d'en faire. Je sors avec une note de 9 sur 20 sans avoir travaillé. Je me suis dit, il y a peut-être quelque chose à faire. Et surtout que ça ressemble beaucoup aux jeux qu'il y a dans les petits jeux de mots fléchés ou des trucs comme ça, mais qui sont des exercices de logique.
- Chloé
Ok, non mais trop marrant. Ah oui, 9 en n'ayant suivi aucun cours. En vrai, c'est pas mal, c'était presque à la moyenne. Ok, donc tu fais tes études dans ça et ensuite, comment ça se passe le début de ta carrière ? Tu commences dans quoi ? Parce que tu as fait plusieurs postes techniques. Si tu peux nous parler un petit peu de tout ça.
- Rafa
Alors, j'ai commencé... J'ai fait deux alternances, chez Renault et chez Crédit Agricole, mais je pense qu'ils ont été déterminants parce que l'un comme l'autre, j'ai eu des managers qui m'ont vraiment fait en sorte que je fasse à la fois de la chefferie de projet, même de la MOA, chefferie de projet, conception, développement. Et c'était vraiment chez Crédit Agricole, j'ai commencé comme ça. et c'est ça que j'ai beaucoup aimé parce que mon manager m'a vraiment dit tu vas faire ça, une fois que tu as fini ça, tu fais ce rôle-là, une fois que tu as fini ça et c'était hyper structurant et surtout ça permet très vite d'avoir une vision 360 en fait.
- Chloé
Ouais, c'est ce que tu me disais, que tu avais eu la chance de tomber sur des managers qui étaient dès le début assez soutenants. Si tu devais décrire le manager qui t'a le plus aidé à te sentir légitime et qui... Et un peu le manager idéal pour toi, ce serait quoi selon toi ?
- Rafa
Question difficile parce qu'ils sont cinq en tout. Ils étaient... Voilà, c'est ça, c'est une fusion des cinq. Mais pour résumer un peu, c'est... Ils m'ont donné la parole. C'est vraiment ça. Ils m'ont écoutée. Le vrai déclic, c'est celui qui... En fait, j'arrivais, j'étais chez BNP, il s'appelle Mickaël, comme ça il saura qu'il a changé beaucoup de choses. Mais il voyait que je râlais. Enfin, c'est pas râler dans le mauvais sens, mais j'avais des critiques à chaque fois qui étaient constructives. Il me disait, tu sais quoi, à partir de maintenant, une fois par semaine, je te laisse dix minutes avant nos points hebdomadaires et tu vas t'exprimer. Et en fait, ça m'a libérée et ainsi de suite. Et après, je suis tombée sur d'autres managers. Les autres, ils m'ont plus challengée. D'autres, ils m'ont donné une chance alors que je n'avais pas forcément le diplôme adéquat. Et du coup, le tout combiné fait que je suis vraiment passionnée. J'aime ce que je fais aujourd'hui.
- Chloé
C'est intéressant ce que tu dis, le fait de donner la parole. Parce que souvent, la relation manageriale, ça peut être un peu descendant et pas forcément prendre le temps d'écouter et aussi de donner de la place à la personne pour qu'elle puisse évoluer. Donc, c'est marrant que ce soit un élément qui t'ait marqué parce qu'au final, c'était au début de ta carrière que tu as rencontré ce manager-là.
- Rafa
C'était un peu plus tard, c'était le... Je crois que c'était la troisième expérience. C'est vrai que le premier, ça a l'air anodin comme ça, mais ça avait tout changé. Je le vouvoyais parce que moi, je viens d'une culture malgache, donc on respecte beaucoup nos aînés. Ils me disaient la prochaine fois que tu me vouvoies, tu payes le café de tout le monde. J'ai arrêté tout de suite. Et parfois, casser des barrières comme ça, casser... C'est pour ça que j'ai dit que ça a l'air anodin, mais ça avait tout changé. C'est vraiment... Finalement, mettre des personnes au même pied d'égalité et accepter que l'autre personne, même si elle est plus jeune, moins expérimentée, ait des choses à dire aussi.
- Chloé
Oui, du coup, le fait de casser cette hiérarchie un peu, surtout dans les grands groupes où il peut y avoir beaucoup de distance, et quand tu démarres ta carrière où, comme tu dis, tu peux voyer ou ne te sentir pas forcément à l'aise ou à ta place, c'est cool d'avoir ces... ces petits détails-là qui, au final, ne sont pas si petits et qui, toi, dans ton bagage, sont des choses qui t'ont marqué et qui, aujourd'hui, t'ont permis d'être là où tu es aujourd'hui. Et d'ailleurs, tu as pas mal évoyé dans ta carrière. Et tu m'as expliqué qu'il y avait plein de choses que tu ne savais pas faire, mais il y a des moments où on t'a donné la chance d'apprendre. Ça aussi, ce sont des choses qui sont assez rares. Si tu n'as pas les diplômes, l'expérience, donner la chance à quelqu'un qui n'a pas cette expérience-là, c'est assez rare. Pour les personnes qui nous écoutent, comment est-ce que tu fais concrètement pour formuler ça sans avoir l'impression d'être moins que les autres, mais plutôt pour dire « j'ai envie d'essayer, j'ai envie d'aller chercher cette place-là » . Comment ça s'est passé à ces moments-là pour toi ?
- Rafa
Alors, comment ça s'est passé ? Je pense qu'il faut être sincère. Il faut être... Il ne faut pas se déguiser parce que je pense qu'ils sont suffisamment expérimentés pour le sentir. Moi, je l'ai vraiment dit ouvertement, je ne sais pas faire, mais par contre, je suis motivée. Et je pense que c'est l'enthousiasme que je communiquais derrière qui les a fait basculer en se disant, on va lui donner sa chance parce que finalement, en fait, tout s'apprend. Moi, je pars du principe que tout s'apprend et eux l'ont entendu aussi. Et je pense qu'ils ont dû le voir parce que pareil, ils ont de l'expérience et il faut faire confiance. à cette expérience-là aussi. Et en fait, c'était juste des discussions finalement sincères parce que ça s'est produit plusieurs fois dans ma carrière. Je le dis ouvertement. Ils voient que je suis sincère, que je suis motivée aussi. Et ils se disent, OK, on lui donne sa chance. Et ça a plutôt bien marché, on va dire.
- Chloé
Est-ce qu'à chaque fois, tu étais déjà dans l'entreprise ou il y a eu des moments où tu as postulé sur des postes dans des nouvelles entreprises que tu n'avais jamais faits ?
- Rafa
J'ai postulé, j'ai postulé vraiment et c'est vraiment des discussions souvent plus qu'on me dit, c'est on va arrêter un peu l'entretien et on va vraiment parler de personne à personne. Parce qu'en fait, c'est aussi la passion que je pense que je dégage qui fait qu'après ça marche, même si je n'y connais pas. Il y avait de tout, il y avait des cas où j'étais déjà dans l'entreprise, il y avait des cas où je ne l'étais pas. Et ça a marché.
- Chloé
Non, mais c'est hyper motivant comme discours parce que je pense qu'il y a beaucoup de personnes, et notamment les femmes, quand tu vois une offre qui te plaît et que tu ne coches pas à 100% des cases, tu vas te dire, non, je ne vais pas y aller. Et toi, d'avoir cette audace et cette confiance aussi en toi, de dire, vas-y, j'essaye. Et puis si derrière, ça marche, c'est génial. Et puis si ça ne marche pas, c'est OK. Au final, c'était dans cette démarche-là que tu étais à ces moments-là.
- Rafa
C'est ça, c'est exactement ça. Parce qu'en fait, alors moi, je pense que c'est mon côté dev. Parce qu'en fait, en dev, notre journée, on rencontre énormément de bugs. Et donc, on est confronté à... C'est comme si on nous disait non systématiquement. Et notre cerveau est formaté au non. Donc, entendre un non, en fait, finalement, on s'en sort très bien. J'ai eu des non aussi. Parfois, les Go prend un peu, mais on se dit pourquoi ça n'a pas marché. C'est là où c'est intéressant de se poser la question pourquoi ça n'a pas marché. C'est pour ça que je... Je pose même les questions quand mon profil n'intéresse pas. Je pose la question du pourquoi. Et parfois, on peut tomber sur des personnes qui sont malhonnêtes. Ça arrive, le monde est fait de tout. Mais il y a de très bonnes personnes qui prennent le temps de répondre réellement. Et ça devient des critiques constructives.
- Chloé
Oui, c'est hyper intéressant d'aller chercher du feedback si c'est non et de ne pas se mettre deux par l'air. quand on a envie d'aller chercher quelque chose en se disant au moins j'essaye et ce cerveau formaté le nom que je vois tous les jours dans du code, dans des bugs je vais quand même aller essayer de le transformer et du coup comment tu te positionnes quand tu démarres un nouveau rôle que t'as jamais fait pour monter en compétence, est-ce que t'as un peu des conseils sur les approches pour apprendre plus vite ou performer et apprendre comment tu vas faire ce nouveau métier ?
- Rafa
Je pense que c'est l'humilité. Je pense qu'il y a beaucoup d'accepter qu'on ne sait pas faire. Parce que ça, souvent, on a parfois du mal à l'accepter. Parfois, on tombe sur des personnes moins âgées, plus âgées, des hommes, des femmes, il y a de tout. Et accepter qu'on ne sait pas faire et prendre vraiment le temps d'écouter. Je sais que le télétravail, et même moi, j'aime beaucoup le télétravail aujourd'hui, mais quand on commence un poste, c'est important de voir et même de créer des liens. Parce que quand on crée des liens avec les collègues, c'est moins, ils sont plus enclins à nous aider déjà. Et quand ils voient, en plus, qu'on applique les conseils qu'ils nous donnent, c'est encore plus motivant pour eux. Et du coup, tout le monde, ça devient porteur pour tout le monde. Et je pense que c'est ça, c'est vraiment appliquer, écouter. Et après, se faire aussi sa propre expérience en disant, j'ai testé ça, ça marche, ça marche pas, voilà ce que je peux faire. Et voilà, c'est vraiment se faire confiance et faire confiance aux autres.
- Chloé
Ok, j'adore. Très bonne posture. Pour la suite, il y a un petit point un peu moins réjouissant par rapport à tout ça dans ta carrière, mais je pense que c'est important de pouvoir en parler. C'est que tu as vécu une mauvaise expérience pro où tu t'es pris de plein de fouets le racisme, le sexisme jusqu'à aller vers un burn-out sans forcément rentrer trop dans les détails. Est-ce que tu peux un peu nous partager ? les signaux faibles que tu as ignorés au début et le moment où tu t'es dit « Ok, là, je ne peux plus rester, il faut que je fasse autre chose. » Comment ça s'est passé un petit peu ce parcours ? Est-ce que ça t'a pris plusieurs mois ou ça a été très vite ? Avoir un peu plus de détails sur ça, si tu es OK.
- Rafa
Sur cette expérience-là, c'était tout d'abord des conversations que j'entendais où on pointait beaucoup sur l'origine. Parfois, c'était des blagues qui sont très déplacées. limite sexuelle ou sur la condition de la femme. Et on entend une fois, deux fois, on se dit... On entend mais on se dit non mais c'est juste le temps d'une connerie. Mais quand on voit tout un groupe, là, il faut commencer à paniquer. Je pense qu'il faut... Et finalement, on se dit, j'ai vraiment discuté avec eux, je leur dis attention, c'est déplacer ce que vous faites, attention, il y a ça qui ne va pas. Et au fait, quand on prend le temps de dire attention et que ce n'est toujours pas écouté, je pense qu'il faut partir. Je pense qu'il faut partir, il ne faut pas que ça soit trop tard parce qu'il faut garder assez d'énergie pour aller chercher ailleurs, pour ne pas craquer lors des entretiens, parce que j'ai eu ce cas-là où je craquais dans des entretiens, pour en tout cas réussir à construire un autre projet. Et c'est OK aussi de partir, ce n'est pas forcément un échec, c'est OK. C'est comme tout, il y a un début et une fin d'expérience et il faut l'accepter.
- Chloé
Et c'est quoi du coup pour toi un peu les symptômes ou les sensations qui sont importants à repérer plus vite ? Peut-être un peu les red flags pour vraiment ne pas attendre d'être au bout du rouleau pour partir ?
- Rafa
Les pleurs. Les pleurs, c'est assez la boule au ventre, les pleurs. Moi, le plus grave, c'est que c'est arrivé au point où je n'arrivais pas à me lever. Parce qu'en fait, j'avais des douleurs au niveau de mes... Enfin, mes membres me faisaient mal. Je ne comprenais pas pourquoi. J'allais voir les médecins, ils ne comprenaient pas pourquoi. Et pareil, le médecin, parfois, il faut aussi être attentif à ce qu'il dit parce qu'en fait, il commence à vous arrêter une fois, deux fois. Et à un moment donné, il vous donne quand même des signalements. Si c'est des bons médecins, ils le font. Et là, pareil, j'ai eu de la chance aussi. Et c'est là, il faut tout de suite prendre le temps de s'arrêter, de construire un autre point. projet et partir.
- Chloé
Je suis d'accord avec toi. J'ai vécu une situation où dans le pro et le perso, c'était compliqué aussi. Et quand je me suis dit que... Quand j'ai réalisé que je pleurais au moindre truc tous les jours, là, tu te dis... C'est déjà presque un peu trop tard, mais tu te dis, punaise, non, c'est pas normal. Et puis, on ne devrait pas se mettre dans des états comme ça. Ça ne vaut pas la peine quand tu vois la vie et toutes les choses qu'il y a à faire. Et du coup, tu m'as parlé à ce moment-là que tu as découvert le dispositif de démission reconversion que je ne connaissais pas du tout. Tu es tombée sur une conseillère à PEC qui t'a vraiment écoutée et qui t'a aidée vraiment à changer de trajectoire. Est-ce que tu peux nous expliquer concrètement ce que c'est, comment ça s'est passé, un peu les étapes, ce que ça t'a permis de sécuriser ? et un peu les délais de tout ça, de cette mise en place ?
- Rafa
Alors là, c'est un dispositif qui s'appelle Démission Reconversion. C'est porté par Transition Pro. Il y en a dans toute la France, mais moi, j'étais sur l'île de France, forcément, vu que je suis en île de France. Et en gros, ce qui se passe, c'est quoi ? C'est qu'ils nous laissent la possibilité de démissionner. Donc là, on pose vraiment une démission et quand même d'avoir le chômage derrière. parce qu'on construit un projet professionnel. Et ça peut être des formations, mais dans mon cas, c'était la création d'une entreprise. Ou pareil, la reprise d'une entreprise, c'est possible aussi. Là où il faut faire attention, c'est les conditions dans lesquelles on peut les avoir. C'est-à-dire qu'il faut avoir fait au moins cinq ans en continu. Il y a une tolérance, je crois, de cinq ou dix jours, pas plus. Et il faut bien faire les tests à la date près parce que ça se joue à rien. Il y a ça. La deuxième chose à faire, c'est qu'il faut être en CDI, CDD ou en intérim, en tout cas en poste. Et il ne faut surtout pas démissionner tant qu'on n'a pas encore le retour de la commission. Et j'insiste là-dessus parce que sinon, ça peut mal se passer si jamais on a démissionné et que derrière, on n'a pas l'accord. Après, comment ça se passe ? Moi, ça a duré à peu près quatre mois entre le premier contact avec l'APEC. Ensuite, on contacte l'APEC, ils nous assignent un conseiller. Alors pour les cadres, c'est l'APEC, mais pour les non-cadres, c'est un autre dispositif. Et on a un conseiller qui échange avec nous, qui nous challenge aussi si notre projet est sérieux. Et donc après, il s'est passé, il faut faire attention parce qu'ils sont pas mal chargés. Donc il faut un mois à peu près les premiers rendez-vous. Et donc c'était espacé d'un mois à chaque fois, mais on a eu trois rendez-vous en tout. J'ai déposé mon dossier. Normalement, ils ont trois mois, mais en un mois, ils ont répondu et ça a été positif. plus démissionner.
- Chloé
Ok donc ça c'est quelque chose qu'il faut lancer avant de démissionner et il faut forcément avoir un projet d'entreprise que tu vas monter ou il peut y avoir d'autres cas de figure ?
- Rafa
Ça peut être, je sais qu'il existe d'autres dispositifs mais côté plus formation. Ça peut être vraiment création d'entreprise, reprise dans une entreprise existante ou formation. En tout En tout cas, je sais qu'il y a ces trois-là.
- Chloé
Ok, mais c'est intéressant parce que c'est des choses que je ne connaissais pas du tout. Du coup, tu as pu avoir ton chômage dès que tu as fini ou il y a eu un petit temps entre le moment où tu as démissionné et tu as commencé à toucher le chômage ?
- Rafa
Alors, c'est là où j'insistais bien sur le côté, pour faire attention sur les... Parce que moi, j'avais eu 15 jours, je crois, de coupure entre deux contrats. Il y avait une tolérance de 10 jours, je crois. Et du coup, je ne l'ai pas eu tout de suite, mais j'avais quand même l'accord. Ce qui fait que je pouvais redemander trois mois après. Donc pendant trois mois, je n'avais pas le chômage. Mais après trois mois, ça a été validé par France Travail. Et parce que j'avais apporté la preuve, c'est que j'avais vraiment créé mon entreprise et que mon projet était sérieux.
- Chloé
OK. Et d'ailleurs, encore une fois, tu as eu une rencontre clé à ce moment-là. Une étape qui était du coup compliquée après avoir démissionné. Donc c'était cette conseillère qui t'a encouragée dans ton projet. Est-ce que tu peux nous raconter un peu comment ça s'est passé et comment t'es passée de « Ok, je travaille en CDI pour une boîte, je me sens… » Ok, pour lancer un projet, qu'est-ce qui s'est passé et comment est-ce qu'elle t'a aidé sur cette partie-là ?
- Rafa
Alors sur cette partie-là, à la base, je me suis dit je vais juste me partir en freelance. Et après, à partir de là, je ne sais pas pourquoi, j'arrive en échange comme ça, en one-to-one. Je commence à parler avec elle et il y a une idée d'application qui me titille un peu. Mais elle me dit c'est quoi ton projet ? Et je ne me voyais pas dire, je ne sais pas pourquoi à ce moment-là. J'avais plus envie de parler de l'application que d'être freelance en data. Donc, je lui propose l'application. Elle me dit, ah, j'ai un petit doute. Mais je me dis, non, non, mais vas-y, explique-moi ce qui se passe. Dis-moi, parce qu'elle me voyait hésiter. Et là, pareil, je pense que c'est parce qu'elle a de l'expérience aussi. Donc, elle va me chercher. Donc, je lui en parle. Je lui dis, oui, en fait, j'ai un certain nombre de membres de ma famille qui sont dans l'aide à domicile. J'ai envie de monter une application pour elles, de travailler pour elles, parce que c'est leur condition. Elle est difficile alors qu'elles sont tellement utiles. Et au fait, à partir de là, elle me dit, écoute, moi, ce que je veux que tu fasses. Et elle insiste parce qu'elle pose énormément de questions. Et là, je vois un intérêt vraiment face à face. Et là, je dis, ah, OK, bon, c'est peut-être que c'est intéressant. Et elle me dit, écoute, je veux que tu montes ton dossier là-dessus. Et on se revoit. Il s'est passé un mois. Et un mois après, on s'est revus. Elle a corrigé à la virgule près mon dossier. faisait, je ne sais plus, une dizaine de pages.
- Chloé
Oui. Trop bien.
- Rafa
C'est assez impressionnant. Franchement, ce côté professionnalisme, je pense que ça encourage. En tout cas, c'est vraiment une conseillère. C'était impressionnant.
- Chloé
Oui, et puis c'est un peu, moi je crois beaucoup dans le destin, de rencontrer la bonne personne au bon moment où tu en as besoin. Et du coup, après le suivi, comment ça s'est passé sur cette partie-là avec elle ?
- Rafa
En fait, c'est... premier échange un peu soft et après elle propose de monter le dossier. Donc c'est nous qui choisissons finalement le tempo parce qu'elle me disait tu reviens vers moi quand tu es prête. En un mois, j'avais fini le dossier. Un mois après, on se revoit, relit. Et d'ailleurs, j'avais regardé tout à l'heure en quelques jours, elle m'avait fait un retour. C'était assez rapide. Du coup, en quelques jours, elle m'avait fait des retours, mais pareil, très qualitatifs, autant sur le contenu, mais aussi sur l'orthographe, les virgules. Elle n'a rien. laissé passer et donc j'ai tout rechangé derrière. Et ensuite, je dépose mon dossier. Ça se passe bien. Et après, on devait se revoir. Mais comme j'ai eu pas mal de... J'ai été incubée par la suite, donc forcément, mon agenda était devenu un peu plus compliqué.
- Chloé
M'étonne. Et du coup, ça fait le parfait lien. Est-ce que tu peux nous parler de ton projet et même de l'application que tu développes ?
- Rafa
Alors, mon application, c'est une application qui s'appelle Rafaelles. L'objectif de l'application, c'est recréer du lien entre le bénéficiaire, un senior ou une personne en situation de handicap, avec la famille, mais aussi les professionnels. Parce que finalement, autour d'un bénéficiaire, on a les aidants, les aides à domicile, les familles. Et aujourd'hui, cette application, tout en un, n'existe pas. Alors que finalement, toutes ces personnes-là s'occupent du bénéficiaire. Et donc, c'est ça que j'ai créé, qui s'appelle Rafaelles. J'ai été immatriculée tout récemment, là en septembre. On participe à des concours en ce moment, ça se passe... Je suis arrivée en finale de Créatrices d'Avenir. Du coup, je suis sur un autre concours d'une mutuelle, donc ça va. On avance doucement, on va dire.
- Chloé
Ouais, mais c'est cool parce que c'est un nouveau projet qui en effet n'existe pas encore. Quand tu regardes les aides à domicile, les aidants, aidantes, et tous les personnels. qui sont dans le care, pour qui tu construis cette application, ce produit. Qu'est-ce que tu as envie de changer pour elles et eux en priorité ?
- Rafa
Pareil, c'est l'écoute, je pense. C'est pour ça d'ailleurs que c'est elles ou eux, en tout cas, il y a une majorité de femmes qui vont énormément communiquer d'informations, mais avec une seule communication, ça va être mis en lumière auprès non seulement des agences, mais aussi des familles qui le voient réellement. tout le travail qui est fait. Et donc, montrer aussi qu'elles ont besoin d'être, je pense, soutenues, parce qu'au fait, le travail au quotidien, il est difficile. Et après, là, c'est pour un combat un peu plus tard, mais améliorer aussi en termes de le côté salariat, enfin le côté salaire, parce qu'au fait, elles sont indispensables. Clairement, elles sont indispensables et malheureusement, en termes de paye, aujourd'hui, c'est pas... Selon les cas, ce n'est pas toujours égal à tout le dévouement qu'elles peuvent porter au quotidien.
- Chloé
Clairement, c'est vrai que ce sont les aidants, les aidantes, toutes les personnes qui travaillent dans ces domaines-là. Ce sont les personnes les moins bien payées. Alors que tu vois, nous, dans la tech, on a des salaires de fou. Et en termes d'impact, je trouve humain, on se pose un peu des questions. Donc, c'est intéressant que tu partages ça. Et aujourd'hui, tu me disais que tu vas bientôt arriver à une première version de ton appli. C'est ça. Donc, tu as une roadmap qui est... Je pense déjà sur la partie agence, hôpitaux. Qu'est-ce que tu trouves le plus dur en tant que fondatrice issue de la tech dans ce type de projet ? Est-ce que c'est comprendre le terrain ? Est-ce que c'est arriver à tenir, à être prise au sérieux ou un peu tout à la fois ou d'autres choses ?
- Rafa
Alors, qu'est-ce qui est le plus difficile aujourd'hui ? C'est autant bizarrement quand je suis partie voir les institutions. Je trouve que j'ai plutôt... L'accueil, il est plutôt... positif parce que je pense que c'est un besoin qui est réel. Par contre, après, c'est là où j'étais un peu plus surprise. C'était le soutien qu'on peut avoir. On attend au quotidien des personnes qui nous entourent parfois. Enfin, il y en a qui soutiennent énormément, mais il y en a qui... Au fait, moi, en toute honnêteté, même moi, je ne me rendais pas compte que c'était aussi compliqué de monter une entreprise. Et je pense que c'est... C'est ce soutien-là au quotidien quand on en a besoin. Enfin, chaque personne est prise, je pense, dans leur quotidien, donc forcément, ils n'y pensent pas. Mais parfois, ça peut être juste un petit partage d'informations, un échange, et au fait, ça peut tout changer. Et littéralement, c'est ce qui porte mon projet aujourd'hui parce que c'est des personnes qui juste se disent « Attends, je te mets en relation avec telle personne. » Et au fait, ça engendre énormément de choses derrière. Et pareil, là, aujourd'hui, là... pour aller chercher les votes, par exemple, sur le concours, on se rend compte que c'est plus difficile. Après, peut-être que ça, c'est ma vision, mais parce que moi, je pense que j'ai 15 ans d'expérience. En plus, je suis accompagnée avec... Parce que ma famille, elle est dans l'aide à domicile. Donc, on sait finalement de quoi on parle. Mais là où c'est plus compliqué, c'est d'aller parler au grand public. Voilà, c'est ça. C'est vraiment la communication au grand public. C'est ça que moi, je rencontre aujourd'hui comme... comme difficulté.
- Chloé
Ce n'est pas de comprendre le terrain et les besoins, parce qu'au final, tu es entourée de ça. C'est plus lancer tout ça et arriver à toucher du monde qui ne sont pas forcément dans cet univers-là ou dans ce sujet-là. C'est ça.
- Rafa
C'est ça, c'est vraiment ça. Et je pense que, et les gens autour de moi le disent, c'est lorsqu'on y est confronté qu'on se rend compte que c'est utile. Et voilà, et c'est du coup, j'ai dû apprendre à communiquer différemment selon qui j'ai en face. Si c'est une agence, la personne de l'agence n'entendra pas de la même manière que si je parle à une personne dans la rue et ainsi de suite. Et donc, adapter à chaque fois le discours et apporter un intérêt finalement à l'application, à la bonne personne, au bon moment. Donc, c'est cet exercice-là.
- Chloé
Ouais, c'est tout ce travail de, ok, j'ai différentes audiences. Cette audience, elle a ses besoins là et c'est ça qui va la toucher alors que l'autre audience, l'autre cible, c'est différent. Ça arrivait à jongler un peu sur cette partie là. Surtout que sur la partie communication, moi je t'ai connue où tu avais partagé ta première vidéo sur LinkedIn que j'avais trouvée très très chouette et je t'avais écrit derrière. Mais c'est vrai que tu me disais que tu n'étais pas habituée à ce genre de choses. Comment est-ce que tu fais ? Est-ce Est-ce qu'aujourd'hui... Tu continues d'essayer un peu de te challenger sur cette partie-là ? Est-ce que tu as des petits conseils pour oser se lancer quand on n'est pas du tout dans ce délire-là ? Comment tu te sens sur cette partie-là ? C'est difficile au quotidien.
- Rafa
C'est difficile au quotidien, mais je pense qu'il faut éteindre. On a tous un manque de confiance, moi la première. On a tous des petites voix qui nous disent est-ce qu'on est aptes ou pas ? En fait, à un moment donné, il faut juste éteindre. C'est voilà et il faut se lancer. J'ai une formatrice qui disait qu'il faut le prendre comme un challenge et pas comme un moyen d'aller stresser. Il faut se dire que c'est un challenge, il faut l'accepter et il faut jouer avec. Et c'est pour ça que je fais les concours d'ailleurs. Et je me dis que je vais aller chercher ces concours-là pour justement m'améliorer. Et parfois ça marche et parfois ça ne marche pas. Et du coup, ça rejoint ce que je t'avais dit au début, ça permet aussi d'accepter les noms parfois. Ouais, je pense que c'est utile. Les concours, c'est les meilleurs moyens. Parfois, il faut juste écouter. Et quand on tombe sur les bonnes personnes, ils vont nous écouter. Après, les autres, c'est que c'est pas fait pour nous et il faut l'accepter aussi parce que je pense que le monde est suffisamment diversifié pour qu'on intéresse une partie du monde et pas l'autre partie.
- Chloé
Clairement, je pense qu'il y a de la place pour tout le monde. Et se dire... C'est hyper facile à dire de ne pas se mettre de barrière parce que forcément, on s'en met toutes et tous. Mais tu as rien que le fait d'essayer et d'essayer peut-être par petite dose. Surtout toi, là, quand tu lances ton entreprise et que tu as un projet comme ça, que tu veux faire grandir, au final, tu n'as pas trop le choix parce que tu dois tout porter. Aujourd'hui, tu es toute seule ou tu es entourée de personnes ? Tu disais que tu avais été incubée. Comment ça se passe sur cet accompagnement-là et les gens t'accompagnent ? Sur quel type de sujet ?
- Rafa
Alors, moi, j'ai été incubée chez Les Déterminés. Et on était tombés sur... C'est quand même six mois d'accompagnement. On a eu... Chaque mois, on avait un gros thème comme études de marché, communication, la partie financière. Et c'est à raison de... Je ne sais plus si c'était deux ou trois jours par semaine. Et du coup, là, pareil, c'était hyper... Moi, j'ai aimé l'accompagnement parce que c'était... Pareil, c'est accepter quand on ne sait pas faire. C'est parce que moi, je suis vraiment arrivée, je me dis, je ne connais pas. Et comme un enfant, j'ai tout noté, j'ai appliqué, mais comme à l'école, vraiment. Et finalement, là, aujourd'hui, c'est maintenant que je vois toutes les conséquences, qui sont plutôt positives d'ailleurs, parce que même s'il y a des ajustements, on arrive à communiquer, alors que ce n'était pas du tout mon métier à la base.
- Chloé
Je trouve que c'est vraiment un peu le fil rouge de ta carrière. C'est de se dire, OK, je ne sais pas faire. Je sais que je ne sais pas faire. J'ose le dire et je suis honnête avec moi-même et avec les autres. Mais j'essaye et j'apprends. Et du coup, tu rajoutes des bagages, qui aujourd'hui continuent. Tu continues de rajouter des bagages. Et franchement, je trouve ça hyper épatant. Donc déjà, bravo parce que c'est hyper dur. Tu sors en plus. permanence de ta zone de confort pour aller chercher autre chose au final ?
- Rafa
Je pense que c'est ma passion. Après, on peut le faire et surtout qu'on peut systématiquement et tous les jours. En fait, parce que, par exemple, moi qui n'aime pas, je suis expérimenté sur la partie tech, mais pas du tout sur la communication. Demain, je peux dire la même chose. Ah oui, en ce moment, j'apprends à nager. Demain, je peux aller dans une équipe de hondes où je ne sais pas faire du hondes. Donc on peut vraiment le faire sur tellement d'aspects de notre vie. Et pareil, le faire petit à petit, à petite dose. Et après, on va chercher de plus en plus loin. Et non, ça nous fait grandir et on se découvre aussi.
- Chloé
Ouais, génial. Mais j'adore. Tu m'as boostée pour la journée, pour la semaine, même pour les prochaines semaines. Franchement, ça fait du bien d'entendre des discours là et de voir des personnes qui osent. Et donc, je suis vraiment contente. de pouvoir te donner la voix dans le podcast et que plein de personnes puissent prendre cette good vibe, cette énergie et se dire, vas-y, j'ose petit à petit. Ça me permet de construire plus gros plus tard. Tu m'avais dit une phrase quand on a préparé l'épisode que j'ai beaucoup aimée, c'est « À ma vie, elle est faite de hasard, mais aussi de personnes qui font des miracles sur mon chemin. » Si on renverse ça aujourd'hui, comment tu essaies d'être cette personne-là pour d'autres ? Sachant que tu le fais avec ton application, mais aussi là, en partageant tout ce que tu partages.
- Rafa
Maintenant, ce que j'essaie de faire, par exemple, c'est dès que je rencontre quelqu'un et qu'il se pose une question, si j'ai la réponse, je lui donne. Déjà, parfois, ça peut durer cinq minutes, mais ça change la vie de l'autre personne en face. Moi, c'est ce qui m'est arrivé souvent avec les personnes. Pareil, maintenant que je suis dans l'entrepreneuriat, je vois qu'il y a pas mal de personnes qui ne sont pas tech, mais qui veulent monter, qui veulent avoir une application, et c'est OK. Et du coup, ce que je propose souvent, c'est, appelez-moi comme ça, je discute au moins, ou que je sois là pour échanger avec la personne qui est en face, pour être sûre que la personne, elle a les compétences, ou elle est, enfin, c'est conforme à ce qui est attendu, ou pareil, je donne des... des conseils sur les devis qui sont faits en disant est-ce que c'est trop haut, trop bas. Et là, ma prochaine cible, c'est plutôt d'intervenir aussi auprès des collèges. Des plus jeunes, parce que je pense que ça peut être déterminant à cet âge-là. Et surtout que des jeunes filles voient qu'en fait, on peut être nulle en physique, on peut être nulle en... Mais on peut aller vers les mathématiques, ça marche quand même. Donc, ce n'est pas parce qu'on ne connaît pas une matière scientifique qu'on ne peut pas s'en sortir sur les autres.
- Chloé
Clairement, je suis 100% d'accord sur cette partie-là. Et si on devait revenir un petit peu en arrière, il y a 10 ans... Si tu pouvais te parler à toi-même, quels seraient les trois conseils que tu donnerais à la Rafah d'il y a dix ans ?
- Rafa
À la Rafah d'il y a dix ans, peut-être qu'il faut rêver déjà. Parce que je pense que c'est maintenant que je découvre tout ce que je suis capable de faire. Je ne pensais pas que je me découvre aujourd'hui. Je pense qu'il faut oser rêver, il faut tenter. Parce que pareil, les premiers conseils qu'on m'a donnés, je ne les ai pas appris. C'est parce que j'avais peur d'y aller, je pense. Et le troisième point, c'est il faut parler. Parce qu'en fait, même si ça peut arriver que pendant un an, on ne nous écoute pas, mais sur une autre entreprise, ça peut très bien se passer. Et je pense que c'est les trois conseils.
- Chloé
Oui, ils sont top ces trois conseils, je valide. Et est-ce que tu aurais une inspiration à nous partager sur ces sujets-là ?
- Rafa
Une inspiration, ça serait... En fait, c'est mon ancienne manager. Elle a pris sa retraite il y a un an ou deux. Elle s'appelle Dominique, comme ça je donne son prénom, elle se reconnaîtra. Et cette dame-là, elle était juste incroyable parce qu'elle était à six mois de la retraite. Et elle prend une chaise et elle s'assoit à côté de moi et me dit « explique-moi ton boulot » . Et sauf qu'en fait, deux minutes après, quand on lui pose des questions, on se rend compte que c'est une encyclopédie. Et en fait, ce genre de personne, moi ça m'a juste impressionné à la fois l'humilité et tout. toutes les connaissances qu'elle avait et l'humanité qu'elle avait parce qu'elle était hyper humaine, hyper adorable et je pense que des femmes comme ça dans la tech on n'en voit pas
- Chloé
Ok, trop bien tu me donneras son nom et j'essaierai de la contacter sur LinkedIn en tout cas merci beaucoup Rafa pour ce partage pareil, plein d'humilité, plein d'humanité. Tu vois, ce que tu décrivais juste avant, je le retrouve beaucoup en toi et je pense que ça va faire du bien de t'entendre. Et je te souhaite beaucoup de réussite dans ton projet et dans ton application, Rafaelles, qui est vraiment importante. Donc, merci beaucoup.
- Rafa
Merci à toi, Chloé, de m'avoir donné la parole. Et merci pour tout ce que tu fais, en tout cas sur la tech et sur les femmes.
- Chloé
Merci beaucoup. Un grand merci pour ton écoute. On se retrouve lundi dans deux semaines pour la découverte d'une nouvelle meneuse. J'espère que l'épisode t'a plu. Si c'est le cas, laisse-moi ton avis sur la plateforme que tu utilises. Et s'il te reste encore un peu de temps, partage cet épisode à ton entoural pour faire un gros big up à notre meneuse du jour. La bise, si tu le veux bien, et toujours plein de loutres dans ta vie. Ciao !