- Célia
Voilà, plus on montait dans la hiérarchie, moins il y avait de femmes. C'est là que j'ai vraiment pris conscience que les règles du jeu n'étaient pas les mêmes. Qu'est-ce qu'une femme ou être un homme dans l'univers professionnel, ce n'était pas la même chose. Prendre toute ta place en tant que leader, mais en étant authentique, en étant toi-même et en ne cherchant pas à calquer un modèle de leadership masculin.
- Chloé
Hello, c'est lundi et tu fais bien d'écouter Les Meneuses pour lancer ta semaine avec une dose d'inspiration. C'est Chloé ! ta podcasteuse préférée. Et aujourd'hui, j'accueille Célia Senger-LOUAISIL, cofondatrice et présidente de We Are Comète. Elle nous partage son parcours et comment la prise de conscience du plafond de verre dans le monde pro a façonné son engagement pour aider les femmes à prendre leur place sans se traverser dans les espaces de décision et de leadership. Allez, installe-toi confortablement. C'est bon ? Alors c'est parti ! Bonne écoute ! Et si l'épisode te plaît, pense à le partager ! Bonjour Célia, comment est-ce que tu vas ?
- Célia
Bonjour Chloé, très vite te retrouver, ça va très bien aujourd'hui.
- Chloé
Moi aussi je suis très contente, j'ai hâte de notre discussion parce que tu as tellement de choses à partager. Avant de se lancer, est-ce que pour les personnes qui ne te connaissent pas et qui nous écoutent, tu peux te présenter s'il te plaît ?
- Célia
Je suis Célia Sanger-Louisile, j'ai 36 ans, je suis l'heureuse maman de deux petites filles. Et j'ai déjà eu plusieurs vies professionnelles. Alors mon parcours peut-être touche bien. Moi, j'ai grandi au sud de Paris, à côté de Fontainebleau. Et ensuite, j'ai fait mes études à Lille, à Skema Business School. J'ai aussi fait en parallèle une fac de droit des affaires. Donc ma première vie professionnelle, j'étais juriste dans l'industrie aéronautique pour une entreprise du CAC 40. Ensuite, j'ai eu une deuxième vie professionnelle complètement différente où j'étais community lead et responsable com à New York. Et ma troisième vie professionnelle actuelle, depuis cinq ans, je suis la co-fondatrice et présidente de Comète, le réseau professionnel féminin We Are Comète. Je pourrais revenir plus en détail sur chacun de ces moments, mais j'ai un peu des tranches de vie assez marquées et assez différentes les unes des autres.
- Chloé
Oui, mais c'est ça que j'adore chez toi, quand on a échangé. En effet, c'est trois vies différentes, plus la vie de maman, plus la vie de femme et tout ça. Il y a plein de vies qui se mixent en toi. Et c'est chouette de pouvoir voir des parcours qui ne sont pas forcément linéaires. Parce que j'imagine que quand tu as commencé juriste dans l'aéronautique, tu ne te doutais pas que tu allais finir aujourd'hui à monter comète. Donc, je te propose de repartir un petit peu au début. Donc, tu démarres dans l'aéronautique, un univers qui est quand même assez masculin. Tu arrives en tant que juriste. Est-ce que tu as eu des petites claques, des moments où tu comprends que les règles du jeu sont différentes en fonction de quand tu es un homme ou une femme, surtout dans un secteur comme celui-ci ? J'aimerais bien avoir un petit peu ton avis et ton retour d'expérience.
- Célia
Alors, un environnement professionnel très masculin. Mais ça ne m'a pas dérangée. J'ai adoré. J'ai travaillé avec des personnes incroyables. J'ai bossé sur des super projets. Mais ça a été... assez rapidement quand même, j'ai pris conscience du fait que plus on montait dans la hiérarchie, moins il y avait de femmes. Globalement, c'est un secteur où il y a 50-50 entre hommes et femmes. Sur des postes de management, il y a quand même un certain nombre de femmes. Et sur les postes de direction, il n'y en a quasiment plus. En tout cas, c'était le cas il y a 15 ans quand j'ai commencé. Et donc, ça a été vraiment un peu un choc pour moi de me dire, c'est quoi ce plafond de verre ? Pourquoi est-ce qu'il disparaissent à un moment donné ? et qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui fait qu'elles ne sont plus là autour de la table ? Et je ne m'étais pas posé la question pendant la musique, parce qu'en école de commerce, ça s'était assez équilibré, à la fac de droit aussi. Et donc, ça a été vraiment une prise de conscience pour moi dans le monde professionnel. Et puis, je pense notamment à un événement qui a été assez révélateur. On a été invité une fois par an. Il y avait un grand événement où on réunissait toutes les personnes de la direction. pour lesquelles je travaillais. Et c'était le bilan de l'année, les perspectives de l'année suivante. Il y avait 500 personnes qui étaient là, dans un amphithéâtre, avec 4-5 tables rondes qui s'enchaînaient. Et puis je vois que des directeurs autour de la table. Enfin, sur toutes les tables rondes, il n'y a pas eu une seule femme. Et le grand directeur qui organisait cet événement demande à ma boss de lui faire un feedback. Parce que comme on a été fonction support, on n'avait pas de lien hiérarchique direct. Donc c'était plus facile de nous demander à nous de lui faire un retour sur l'événement. Et puis elle me dit, qu'est-ce que tu en as pensé ? Donc je lui partage ce point. Ça m'a choqué qu'il n'y ait pas de femme autour de la table. Elle me dit, ok, viens avec moi, tu vas lui dire. Je me retrouve dans ce bureau. Et voilà, j'avais 25 ans et je lui partage ouvertement que l'événement, c'était chouette, c'était inspirant. Mais qu'il n'y avait pas de femmes autour de la table. Et là, je le vois un peu décompensé. Il n'en avait pas pris conscience. En fait, il n'en avait absolument pas. Il ne s'en était pas rendu compte. Alors que moi, ça m'a sauté aux yeux. C'est le premier truc que j'ai vu. Les tables rondes s'enchaînent. Et pourtant, il y avait des femmes directrices. Il y en avait moins que des femmes directeurs. Mais Elzabeth, déjà, il y en avait moins. En plus, elle n'était pas visible. Elle n'était pas invitée à prendre la parole. On cumule quand même. Donc voilà, il y a des choses comme ça qui font qu'on prend... C'est là que j'ai vraiment pris conscience que les règles du jeu n'étaient pas les mêmes. Et voilà, qu'est-ce qu'une femme ou être un homme dans l'univers professionnel, ce n'était pas la même chose. Et mon engagement est né aussi à partir de ce moment-là. Et voilà, pour la petite anecdote, l'année suivante, il a pris le point en compte et il y avait deux ou trois femmes qui ont été invitées sur les panels. C'était déjà un premier pas.
- Chloé
Ouais, au moins il a pris le feedback en considération, parce que parfois ce n'est pas forcément le cas. Et je trouvais ça important de revenir en détail sur ce moment de ta carrière, parce qu'on va y venir au fur et à mesure, mais cet engagement, il vient de quelque part, en partie de ce moment-là, et il a grossi pour que tu puisses mettre en place des actions pour essayer de changer ça à tout le monde. C'est ça, donc c'est... Je trouve ça cool de revenir un peu à la naissance de nos engagements, de quand est-ce qu'on a eu le déclic. Et en fait, ça arrivait très rapidement dans ta première expérience pro, où ça a été flagrant. Et ce que je trouve rigolo, entre guillemets, mais qui reflète quand même pas mal de choses, c'est qu'en face, la personne n'avait pas vu et ne s'était pas rendu compte de ça.
- Célia
Et chacun l'obdiait. C'est ça, quoi.
- Chloé
On parle de dynamique, de privilèges, de discrimination. En fait, c'est vrai que si on est plus ou moins favorisé, on ne se rend pas compte de certaines choses. Et en fait, plus on essaye de tirer le trait, de voir un peu et comprendre toutes ces dynamiques, plus on voit les choses. Mais c'est vrai que s'il n'y a personne pour nous mettre en face ou si on ne fait pas ce cheminement-là, ça ne saute pas aux yeux. Donc, c'est intéressant.
- Célia
L'importance de la diversité, exactement, parce que chacun a ses propres biais. Il y a des choses qu'on ne voit pas. et que les autres voient. Donc, l'important, c'est de s'entourer de personnes différentes.
- Chloé
C'est exactement ça. Donc, c'est cool qu'il ait pris le feedback en compte, même si après, je pense que même 15 ans plus tard, le secteur reste encore très masculin et il y a encore, je pense, une grande majorité des secteurs où plus on monte les échelles, moins on voit de femmes. Après cette expérience, tu as fait un grand virage parce que tu passes de juriste à la fin à partir aux US à New York. Donc, c'était un univers en France assez codifié. Et là, tu arrives dans un monde ultra ouvert. Est-ce que tu as été déstabilisée ? Est-ce qu'il y a des trucs qui t'ont un petit peu choquée ? Ou alors, est-ce qu'il y a des choses qui t'ont vraiment libérée par rapport à ce que tu pouvais vivre en France ?
- Célia
Oui, complètement. C'était un grand changement, un énorme virage. Je n'avais pas prévu... Alors, on avait très envie, avec mon mari de passe, vivre à l'étranger, d'où l'expatriation à New York. Je n'avais pas prévu de changer de métier, je savais que voilà en ayant fait, je n'avais pas fait que des études de droit donc je ne voulais pas m'enfermer dans des profils, dans une expertise juridique sur toute ma carrière, mais il n'empêche qu'en France je ne fréquentais que des personnes qui étaient notamment dans des des fonctions juridiques, donc on ressemble beaucoup aux personnes. qui nous entourent et on se projette aussi sur ce type de poste. Et donc les projections, c'était ensuite un poste de responsable, de direction, mais toujours à la direction juridique. Et j'avais envie d'ouvrir d'autres horizons. Aux États-Unis, c'était un 360 degrés parce que déjà mes compétences n'étaient pas reconnues. Il n'y a pas d'équivalence des diplômes sur les diplômes juridiques, ce qui est vrai. Donc du coup, on est obligé d'en partir de zéro. Et puis je n'avais pas de réseau non plus. Et c'était aussi la première fois où je me suis retrouvée à devoir chercher du travail. Jusqu'à présent, j'allais évoluer en interne, les opportunités étaient présentées, dans une posture où je devais me faire un réseau sur place. Donc très à l'écoute, très en demande de rencontrer une nouvelle personne aussi. Et puis cette page blanche en fait, on peut écrire ce qu'on veut, tout est possible. Ce qui est assez excitant, ce qui peut être aussi effrayant, parce que quand on peut faire ce qu'on veut, on a aussi du mal à se définir ou à choisir dans quelle direction on a envie de partir. Donc ça a été écouter beaucoup de podcasts, lire beaucoup de livres, rencontrer beaucoup de personnes, et puis s'inspirer de cette énergie new-yorkaise. Je me souviens que quand je suis arrivée, je suis arrivée le 8 mars, journée internationale du droit des femmes. Mais aux États-Unis, c'est célèbre tout le mois de mars, en fait. Et il y avait des panneaux géants. Je revends encore les panneaux dans Times Square. avec des photos de femmes et c'était écrit « Embrace ambition » . Donc tu marches dans la rue, tu te prends ça, ça infuse en toi. Pareil, des tags « Dream big » . C'était vraiment une énergie, une atmosphère qui tourne aussi le champ des possibles. Et donc, c'est au gré des rencontres que j'ai pu constituer ensuite la suite de mon projet. Mais à la fois grisant et en même temps déstabilisant.
- Chloé
Ben ouais, parce qu'en fait, tu dois te réinventer totalement dans un monde où les codes sont... On a des codes qui sont communs parce qu'on a quand même une culture assez commune, mais il y a quand même beaucoup de choses qui sont très différentes. Et du coup, c'est à New York où tu découvres notre rapport au réseau, à la sororité, à l'ambition. Et est-ce que tu te souviens de la rencontre ou du groupe qui t'a fait dire « Ok, c'est ça que je veux construire plus tard » . Est-ce que tu construis du coup... aujourd'hui ? Quelles sont les choses que tu as kiffées là-bas et que du coup tu as importées en France avec Comète ? Et à l'inverse, c'est quoi un peu les codes américains que tu ne veux pas appliquer ?
- Célia
Alors, beaucoup de choses. Évidemment, déjà, je trouve que c'est une découverte du networking et d'une approche anglo-saxonne du networking que j'ai adorée et qui est vraiment dans une construction d'une relation avec les gens, d'être à l'écoute, de vouloir s'intéresser sincèrement aux personnes et d'être dans une réciprocité. Qu'est-ce que je peux t'apporter ? Qu'est-ce que tu peux m'apporter ? Et donc, j'ai trouvé ça assez magique. Les gens se font des fois une fausse idée du networking ou c'est quelque chose qui nous fait peur parce qu'on a l'impression d'être dans une posture de quémandeur. En fait, le vrai networking, il y a cette réciprocité qui fait qu'on peut apporter autant à la personne qu'elle peut nous apporter. Donc ça, c'est quelque chose que j'ai adoré. Et puis, j'ai rencontré plein de groupes en effet d'entraide entre... de pères, ça pouvait être des groupes d'entrées entre expatriés, des groupes d'entrées entre femmes. J'ai rejoint pas mal d'écosystèmes et ça a été hyper puissant pour moi. Ça m'a énormément aidée, énormément apportée. Donc ça a été une vraie source d'inspiration pour nous, pour Créé-Comète, notamment un concept de board of advisors personnel qu'on a découvert là-bas. C'est d'ailleurs aux Etats-Unis que j'ai rencontré mes deux associés, qui étaient françaises et expatriées aussi. Donc ça a été vraiment notre source d'inspiration. Et tu vois, en chose que je veux vraiment garder des États-Unis, en bonne pratique, il y a le « comment est-ce que je peux t'aider ? » . Je me souviens, à chaque fois que je prenais un café avec une personne, à la fin, la personne te disait « ok, Chloé, du coup, comment est-ce que je peux t'aider ? » . Et c'est hyper puissant. Et en France, on ne le fait pas, on le fait très peu. On gagnerait à le faire beaucoup plus parce que ça crée aussi vraiment ce lien. Moi, je peux t'apporter des choses, tu peux m'apporter des choses, et réciproquement. Et cette main tendue, elle a été salvatrice pour moi, surtout dans un moment où tu dois te réinventer. Et ça a été très puissant. Donc ça, c'est quelque chose que nous, on insuffle vraiment chez Comète. Mais que j'aimerais soit plus présente en France de façon générale. Et après, tu me posais la question des choses à bannir. Je ne dirais pas forcément des choses à bannir, mais en tout cas, peut-être le côté des fois un peu trop... paillettes de certaines rencontres ou de certains événements et un peu moins authentique. En tout cas, chez Comète, on essaye d'avoir vraiment une authenticité dans les échanges et pas juste les paillettes. Tu ne te présentes pas que par ton titre. En fait, il y a plein de choses derrière et créer cet espace où les gens peuvent faire tomber les masques, c'est important.
- Chloé
Je vois ce que tu veux dire, mais c'est marrant parce que le « comment est-ce que je peux t'aider ? » ça me fait penser à Merci. à deux choses. Déjà, à mon beau frère qui est dirigeant d'une boîte et qui a ça. Et du coup, il crée énormément de liens et énormément de réciprocité. Et c'est hyper important, lui, pour son business. Et c'est vrai que je l'ai revu chez personne avec qui j'ai pu échanger, ou à part des personnes avec qui... tu crées des liens très forts et en fait ça se fait naturellement, tu vas demander naturellement les choses. Et ça me fait penser aussi à un copain américain qu'on a rencontré en vacances au Portugal et où il a cette vibe-là en fait, où les choses se sont faites vraiment très naturellement. Et c'est l'une des seules personnes d'ailleurs dans ma vie où ça s'est fait tellement naturellement. On l'a invité chez nous alors qu'on l'avait vu une journée. Il est venu chez nous et voilà, dès que j'ai des trucs... à un moment je lui ai envoyé mon CV pour avoir des conseils, des trucs comme ça et c'est vrai que c'est quelque chose qui se fait très naturellement et qui est beaucoup plus dans une vibe anglo-saxonne ou américaine qu'on ne retrouve pas forcément en France donc je trouve ça génial que... vous puissiez valoriser ça et essayer de mettre ça en place avec Comète. Et pourtant,
- Célia
tu as tellement de richesse de voir que tu peux aussi aider les gens. Ça te donne beaucoup de confiance aussi. Ça t'aide aussi vraiment à grandir, à avancer. Et donc, c'est vraiment ce qu'on crée, nous, chez Comète, dans les boards Comète. C'est que tu viens à la fois pour te développer, pour t'inspirer, pour avancer, mais pour aider les autres à avancer aussi.
- Chloé
En fait, c'est hyper valorisant, hyper moteur, parce que parfois, on a besoin d'aide, mais parfois... Aider les autres, c'est tellement bénéfique et ça fait tellement du bien aussi, quand il n'y a pas forcément d'intention derrière, juste aider. Et avant de repartir du coup et d'aller un petit peu plus en détail sur Comet, j'aimerais bien savoir comment est-ce que tu as trouvé ton job au final là-bas, parce que tu as rencontré du monde, comment est-ce que ça s'est passé, sachant que tu n'avais pas forcément de diplôme et que tu avais un passif plus de juriste ?
- Célia
un peu comment ça s'est déroulé là-bas et ce que tu as fait là-bas l'envers du décor tu vois une chose aux Etats-Unis c'est la flexibilité du marché du travail, les gens te donnent aussi ta chance même si t'as pas les bons diplômes tu peux être recruté du jour au lendemain, on te donne ta chance après tu dois faire tes preuves, tu peux être aussi viré du jour au lendemain si tu n'as pas fait tes preuves ça je l'ai expérimenté Alors qu'en France, une posture de CDI dans un grand groupe, te faire virer du jour au lendemain, ce n'est pas possible. Mais on te donne aussi ta chance. Et c'est le marché, tu rebondis beaucoup plus vite, c'est plus flexible. Alors ça a ses avantages et ses inconvénients. Après, c'est du bénévolat aussi. Le bénévolat est hyper valorisé aux États-Unis. Et moi, je trouvais que c'était une bonne façon de s'insérer dans l'écosystème, de se faire un réseau aussi, de rencontrer des gens et de comprendre comment fonctionne le marché de l'emploi. Et ensuite, après, par contact, par connexion, je me suis beaucoup intéressée à la tech. Et donc, du coup, j'ai rejoint la French Tech New York en tant que community lead. Et j'ai accompagné tous les entrepreneurs français qui voulaient se lancer sur le marché américain, principalement les entreprises du Next40 et FT120. OK.
- Chloé
Et pour les personnes qui n'ont pas forcément des facilités à aller vers les autres, affaire du networking parce que il est il est Forcément, on est tous des humains, différents. Et on a chacun et chacune nos qualités et défauts et facilités. Est-ce que tu peux nous donner un peu des tips pour aider à aborder ou briser la glace avec quelqu'un avec qui tu as envie de rentrer en contact, que ce soit quelqu'un que tu admires ou quelqu'un où tu veux avoir des infos sur son parcours, que ce soit en virtuel ou même, je pense que c'est plus simple entre guillemets en virtuel, mais d'aller voir Avec un cas en conférence, des choses comme ça, est-ce que tu as des phrases, des choses qui marchent ou des choses au contraire qu'il faut éviter et qui fait de suite fake ou un peu bullshit ?
- Célia
Comme ça, il y a trois choses qui me viennent à l'esprit. Déjà, si tu veux rencontrer quelqu'un, demande une mise en relation personnalisée. S'il y a quelqu'un dans tes contacts qui connaît la personne en question, quand tu as une intro, une mise en relation, ça change tout. Dans 9 cas sur 10, la personne te répond. parce qu'elle veut aussi faire plaisir à la personne qu'elle connaît qui vous a mis en relation. Donc, chercher pour atteindre des gens qui ne sont pas dans ton écosystème et chercher à entrer en contact avec eux. Demande, autant qu'à chaque fois que c'est possible, à quelqu'un de vous mettre en relation. Ça fait vraiment toute la différence. Et après, c'est aussi, je trouve, si on écrit spontanément à quelqu'un, faire une demande qui soit claire. Si quelqu'un nous écrit qu'on ne connaît pas, on ne sait pas ce qu'il nous veut, qu'il nous demande un rendez-vous, un café. On peut être un peu méfiant, voilà, à formuler quelque chose de très clair. Qu'est-ce qu'on attend de cette personne ? Est-ce que c'est un conseil ? Est-ce que c'est un retour sur son parcours, un retour d'expérience ? Pour que la personne soit, et c'est le troisième point, qu'on demande à quelqu'un quelque chose que cette personne peut nous offrir. Parce que si la personne peut vous offrir ça, elle sera à même de le faire. Les gens adorent parler d'eux, ils sont ravis de parler de leur parcours, de partager des conseils. Et c'est vrai, c'est toujours flatteur si quelqu'un vous sollicite. Par contre, si vous demandez un conseil, un parcours a été construit, un retour d'expérience, ça fonctionne. Un café de 20 minutes. Maintenant, si vous demandez à la personne un job, c'est plus délicat. Ou alors si vous lui demandez de prendre deux heures pour déjeuner avec vous, on n'a pas forcément ce temps, quand on est jeune par an notamment. Donc en fait, si on demande quelque chose que la personne ne peut pas nous offrir, elle n'accédera pas à notre requête. Donc, il y a être à la fois spécifique dans... dans notre formulation et que ce soit quelque chose que la personne soit en mesure de nous apporter.
- Chloé
Tout à fait, c'est vrai qu'aller demander directement un déjeuner à une personne que tu ne connais pas et tu ne sais pas sa disponibilité, etc. Ok, très bons tips. Et du coup, ça nous permet de faire un petit peu la suite sur tous les tips que tu peux donner avec Comète. Est-ce que déjà, tu peux nous présenter un peu plus en détail ? le projet, ce que vous réalisez, tu disais un peu les prémices avec les deux rencontres que tu as fait aux US. Parlez un peu de votre histoire.
- Célia
Alors, on a créé Comète quand on est rentrés en France. On est rentrés d'expatriation quasiment en même temps. On était à la science-replace pendant le Covid. Donc voilà, beaucoup de retours d'expatriés à ce moment-là, de façon un peu accélérée. Et on voulait vraiment garder ce qu'on a aimé aux États-Unis, cette entraide entre femmes, entre femmes leaders, entre pères, ce concept de Board of Advisors. Et donc avec Comet, on a vraiment pensé Comet à la fois comme un programme de développement du leadership. Et une communauté, un réseau professionnel pour les femmes qui sont sur des postes de responsabilité, sur des postes de management, sur des postes de direction, et qui sont toutes, du coup, en étant sur des postes de leadership, assez seules dans leur prise de décision. On a souvent peu de personnes avec qui on peut partager en toute confiance, confidentialité, ces enjeux, ces sujets, ces problématiques. Et donc, c'est vraiment ce cadre qu'on a créé avec Comète. Et ce concept de board personnel, en fait, ce sont des groupes d'une dizaine de femmes. inter-entreprises, donc c'est des femmes d'entreprises différentes qui ont des expériences, des expertises variées aussi, mais qui vont s'apporter des regards, des retours d'expériences, des perspectives qui vont vraiment s'entraider les unes les autres, et en fait qui ont des sujets, des enjeux assez similaires finalement chacune dans leur entreprise respective. Donc ils vont trouver à la fois du soutien et puis de la puissance pour passer à l'action, pour continuer à avancer dans leur carrière et puis se tirer les unes les autres. Tout ça est animé par un exécutif coach qui est vraiment le facilitateur et l'animateur de chacune des rencontres du board. Et donc, c'est des rencontres mensuelles pour créer des liens forts entre elles et qui a une forme aussi, je ne sais pas très bien le traduire en français, mais d'accountability quand on s'engage à faire quelque chose vis-à-vis d'un groupe. Ça nous pousse aussi vraiment à passer, à pousser à l'action. C'est tout ça qui se passe chez Comète. Et puis après, on organise évidemment une partie. d'événementiel qui permet aux membres de se rencontrer entre elles au sein des membres de la communauté. On a accompagné quasiment 500 femmes depuis le début de l'aventure Comète. On leur crée aussi leur réseau en leur faisant ces fameuses mises en relation personnalisées entre membres en fonction de leurs enjeux et de leurs besoins.
- Chloé
Excellent. Et du coup, tu disais, plus de 500 femmes en 5 ans, c'est ça ? Ça fait 5 ans que vous avez commencé à lancer Comet. C'était énorme. Déjà, bravo. Bravo de faire ça. Je trouve ça incroyable. De toute façon, toute cette initiative qui va dans ce sens, je suis très fan, pour être honnête. Ce qui est magique,
- Célia
c'est qu'elles bénéficient vraiment des effets miroirs. Des fois, tu penses être la seule à avoir un sujet et ça fait un bien fou de voir que les autres se posent les mêmes questions. Elles ont des parcours brillants, mais elles ont les mêmes sujets que toi, les mêmes problématiques et qu'elles vont pouvoir t'aider, pouvoir les aider aussi en retour. Et donc, on voit vraiment l'impact qu'il y a. Elles ont de l'impact les unes sur les autres, mais elles ont aussi de l'impact à la fois sur une personne, mais aussi du coup, après, sur les personnes de son équipe, sur les personnes de sa direction. Chacune, après, elles vont pouvoir faire bouger les choses aussi au sein de leur entreprise. Et voilà, comme ça, petit à petit, on contribue aussi à faire bouger les choses au niveau de la société.
- Chloé
Ouais, non mais clairement. Et du coup, tu disais souvent des choses, des patterns qui reviennent de... problématiques, c'est quoi un peu les grands sujets, les grandes difficultés ou les grandes choses que ces femmes-là rencontrent et au final qu'elles ont à peu près tout en commun ?
- Célia
Alors, beaucoup atteignent des niveaux de direction. Il n'y a plus beaucoup de femmes autour de la table. Elles peuvent encore être la seule femme au Codire, au Comex de leur entreprise. Quand elles sont deux, allez, trois, c'est franchement le maximum. On a beaucoup de membres qui sont dans la tech, il y en a qui sont aussi dans l'industrie, dans la finance, dans le conseil, et c'est encore une réalité aujourd'hui. Donc c'est un vrai sujet, une vraie question de posture, de positionnement, quand tu es en minorité autour de la table, la seule femme, des fois aussi la seule femme et la plus jeune, quand on cumule les casquettes, c'est pas évident, toujours, de prendre sa place, et donc ça fait du bien d'avoir du soutien. Et puis voilà, quand on va prendre un échec un peu plus haut, dans tous les cas, il faut être entouré et apprendre de ses pairs. À ce niveau-là, c'est ce qui est le plus efficace. En fait, les retours d'expérience de ces pairs, c'est ce qui nous fait grandir. Et sur certains patterns, alors typiquement, si tu es la seule femme ou que vous êtes deux femmes au Codire, au Comex de l'entreprise, ce qui va être important dans tes prises de décision, ça va être de te faire un réseau d'alliés en interne. Le réseau d'alliés, ça peut être les autres femmes du Codire, du Comex, s'il y en a, ça peut être... une alliance entre les plus jeunes, du codire aussi. Ça peut être qui tu veux ou certains hommes avec qui tu t'entends bien. Créer ces alliés en interne, c'est essentiel parce que c'est des personnes qui vont pouvoir aussi appuyer après les points que tu avances autour de la table et t'aider à prendre ta place quand ce n'est pas toujours évident ou inné de le faire dans un environnement dans lequel tu n'es pas forcément dans le moule type.
- Chloé
Et du coup, c'est quoi les conseils que vous donnez Le fait de se trouver des alliés, mais c'est vrai qu'on me parle souvent, en fait, on me demande souvent aux femmes de, elles, changer. Pour s'adapter à un environnement qui est masculin, est-ce que tu as d'autres conseils que de se transformer en semi-homme en gardant la posture qu'on a naturellement, mais en arrivant à se faire une place malgré tout dans des environnements masculins ? Est-ce que tu as des exemples, des conseils à donner sur ça ?
- Célia
On parlait d'authenticité tout à l'heure. Et c'est vraiment ça, c'est comme prendre toute ta place en tant que leader, mais en étant authentique, en étant toi-même et en ne cherchant pas à calquer un modèle de leadership masculin ou un modèle de leadership qui n'est pas le tien. Donc ça demande aussi d'avoir certains rôles modèles ou d'avoir de l'inspiration sur ce qui te plaît, ce qui te ressemble. Et donc moi, je trouve aussi que quand on n'a pas de rôle modèle verticaux parce qu'il y a moins de femmes en haut de la hiérarchie, c'est aussi aller chercher des rôles modèles horizontaux. au niveau de ses pairs. Et c'est ce que je vois dans les boards Comète. Elle, j'aime bien la façon dont elle a construit son parcours. Elle, j'ai bien aimé la façon dont elle a pris telle ou telle décision, dont elle s'est construite son réseau d'alliés en interne. Se constituer son propre rôle modèle en allant chercher chez ses pairs des choses qui nous inspirent. Donc, du coup, échanger avec ses pairs pour savoir ce qu'elles mettent en place aussi. Et puis, après, voilà. Moi, j'ai une voix qui, je sais, porte... pas énormément, donc c'est aussi apprendre j'en ai conscience, apprendre à projeter ma voix pour aussi se faire entendre, donc c'est travailler sur sa posture, et puis après c'est des choses, on le dit, mais c'est une réalité, c'est aussi aller oser demander typiquement s'il y a un projet sur lequel on a envie de travailler, un poste qui va s'ouvrir un nouveau périmètre qui nous intéresse, le faire savoir, on parle beaucoup de il y a son savoir-faire, il y a faire savoir son savoir-faire, et puis il y a aussi vraiment faire savoir ce dont on a envie Merci. parce que les gens ne peuvent pas deviner que ce poste, c'est le job de vos rêves. Et on a eu le cas lors d'un board Comète. Elle partageait avec les membres de son board, dans sa boîte, ils ouvrent le job de ses rêves. Elle n'est pas dans la shortlist parce qu'elle n'est pas identifiée comme telle. Donc, elle avait quelques jours pour se positionner et montrer qu'elle pouvait être la bonne personne. Donc, elle a aidé à travailler sur sa stratégie. Et ce qui est génial, c'est qu'elle a décroché le poste. Donc là, c'est tout le collectif qui gagne. Voilà, osez formuler vos demandes, ce dont vous avez envie, pour qu'on pense à vous. le moment venu.
- Chloé
C'est vrai que c'est des choses d'oser dire ce qu'on veut où j'ai l'impression que c'est quand même assez ancré ou c'est pas naturel, en fait, dans une éducation où on est éduqués comme des femmes. Et donc là,
- Célia
avoir des personnes qui te poussent aussi. Tu vois, quand les personnes, elles ont pris deux heures avec toi dans un board pour te faire ta stratégie sur comment tu vas te positionner pour aller chercher ce poste dont tu as envie, tu vas y aller. Parce que... On mobilisait dix personnes pendant deux heures, donc tu te sens aussi à la fois des ailes pour y aller, et puis de toute façon, tu n'as pas d'autre choix que d'y aller, parce que le mois d'après, elles vont te dire « Alors Chloé, comment ça s'est passé ? » « Tu as eu le job ? »
- Chloé
Oui, mais c'est hyper fort et du coup, c'est hyper motivant, parce qu'en fait, c'est vrai que moi, quand j'ai commencé, naïvement, je me disais... Mais en fait, si je m'arrache, si j'ai des bons résultats, si je montre par un travail que je mérite, ça viendra naturellement. Sauf que quand tu démarres ta carrière ou même après, parfois tu te dis « j'ai tellement prouvé que forcément, on va penser à moi » . Sauf que les dés sont parfois pipés et on ne pense pas forcément, notamment aux femmes, sur ce genre de choses. Donc c'est trop cool de se dire, ok, mais...
- Célia
Le temps, ce n'est pas qui tu connais, c'est qui te connaît. En fait, qui va penser à toi quand il y a une opportunité qui se présente ? Et donc c'est tout l'enjeu du networking, faire en sorte que les gens t'aient identifié, sages vers quoi tu as envie d'aller aussi, pour qu'elles puissent penser à toi au moment où une opportunité se présente. Et donc ça, il faut leur dire. Il n'y a pas d'autre choix.
- Chloé
Il faut oser prendre sa place. Et ça, c'est un gros truc, j'ai l'impression, qui est assez difficile, mais voilà.
- Célia
On peut prendre énormément de place, la place elle est pour nous et c'est pas parce qu'il y en a une qui prend de la place aussi que ça va prendre la place des autres parce que c'est aussi des choses qui peuvent revenir. C'est cool d'avoir ces entraides-là et d'être poussée par un groupe qui croit en toi et qui te dit « allez » .
- Chloé
Ça prend beaucoup de force.
- Célia
Très contente qu'elle ait eu le poste, donc c'est cool de… De voir ces résultats palpables, toi, comment ça te fait te sentir, en fait, quand tu vois ce genre de choses.
- Chloé
Moi, c'est mon carburant. Je sais pourquoi je me lève tous les matins, clairement.
- Célia
Trop bien. Quand on a préparé l'épisode, tu m'as dit que vous travaillez, vous avez des partenaires comme Men at Work pour aussi travailler sur la partie hommes, comportements masculins. Est-ce que tu as un peu des... des patterns ou des choses qui te font dire que certains comportements masculins peuvent aider à faire basculer une salle, peuvent aider à de vrais alliés ou alors des indicateurs qui te disent, en fait, cette personne, cet homme, il fait juste ça un peu pour les RP, relations de presse, pour montrer, mais ce n'est pas vrai. Est-ce que tu as pu voir dans tes rencontres un peu ces différents indicateurs pour aider les personnes ? Parce que c'est vrai que... On arrive à créer des salles de confiance entre femmes, mais ça devient parfois difficile d'avoir cette confiance-là avec certains hommes. Des petits indicateurs, des petits tips sur cette partie-là.
- Chloé
Des alliés peuvent être complètement, oui, des femmes, ce soutien entre femmes et des alliés hommes. Pour moi, la différence entre un vrai allié et un faux, ça va se traduire dans les faits. Ce n'est pas juste le revendiquer, c'est vraiment le prouver au quotidien. Et ça, c'est assez palpable. Typiquement, je discutais avec certaines personnes qui me disaient qu'elles avaient pu le mettre en place en interne, alors que ce sont vraiment entre femmes ou entre femmes et hommes, même le décider en amont de se dire, on se soutient lors d'un comex ou d'un codire. Si quelqu'un me coupe la parole, tu vas rebondir. Tu vas dire, attendez, là, Chloé, elle est en train de parler. Donc, on la laisse finir et puis après, tu interviendras. C'est difficile de le faire tout seul, de dire « Attendez, j'étais en train de parler. » Donc vraiment, avoir des gens qui sont là pour vous soutenir dans ces moments-là, ça fait toute la différence. Et donc les hommes peuvent aisément prendre cette place-là et être attentifs aussi pour que chacun ait son temps de parole, puisse s'exprimer librement. Et après, c'est aussi appuyer certaines idées. « Attendez, je reviens sur ce que Chloé vient de dire. » Cette idée, elle est brillante, ce projet. Il faut vraiment le développer. le fait
- Célia
que voilà d'autres personnes appuient dessus le mettre en exergue ça permet aussi de faire passer ses idées avec beaucoup plus de force et d'impact oui et ces deux points du coup qui sont assez récurrents le fait le temps de parole des femmes versus des hommes en réunion le nombre d'interruptions des femmes versus les hommes c'est un temps de réalité et c'est une vraie réalité Donc, c'est cool d'essayer d'aller chercher, de se dire, OK, si tu vois que je me fais couper la parole, interviens aussi. Parce que, comme tu disais, si on a une voix qui porte un petit peu moins, des choses comme ça, souvent, dans certaines réunions, c'est celui qui va faire le plus, la plus grosse voix, qui va parler le plus fort.
- Chloé
Je l'ai vu dans certains codires comèques, ça marche extrêmement bien.
- Célia
Ah non, mais c'est très bon tips, très bon tips. Et du coup, avec Main Network, vous avez quoi comme projet ensemble ? Comment ça se traduit, votre partenariat ?
- Chloé
Écoute, on est justement en train de travailler sur de nouveaux projets pour l'année prochaine. Mais tu vois, typiquement, on travaillait sur un programme ensemble où Comète accompagnait les femmes qui étaient sur des postes de direction dans l'entreprise et Main Network, en parallèle, accompagnait les hommes pour faire bouger vraiment toute la culture d'entreprise.
- Célia
Oui. Je pense que c'est essentiel de faire bouger la culture parce que si on a juste nous à essayer de mettre en place des choses, malheureusement, ça ne peut pas fonctionner de la manière des manières. C'est bête,
- Chloé
mais quand c'est un homme qui parle aux hommes, ça fait aussi la différence.
- Célia
C'est assez fou. J'en parlais sur un autre sujet avec Emmanuel Aboiv qui est sourde. et qui m'expliquait qu'elle avait beau expliquer ses besoins et ses difficultés, une fois qu'il y a eu un interprète qui est venu participer et qui a redit les mêmes choses, là les gens ont entendu, ont écouté. Et c'est exactement ça, moi je vois parfois les discours féministes, des choses qu'on rabâche un milliard de fois. C'est un mec qui le dit, trop fort, non mais il l'a trop entendue. Donc, malheureusement, ça peut être un peu frustrant quand on est le ou la principale concernée, mais c'est vrai que ce sont des outils qui peuvent aider à faire entendre.
- Chloé
Venir en appui, en fait, c'est complémentaire.
- Célia
Exactement. Pour finir cette partie, j'aimerais bien, tu vois, dans la tech, pour revenir au secteur de la tech, en interne, on voit qu'il y a quand même pas mal de choses. qui sont manquantes, en tout cas sur la partie inclusion, diversité. Et malheureusement, on voit que ce sont des choses aussi qui sont en recul. Mais pour des boîtes qui veulent avoir un peu un kit, le minimum syndical d'inclusion, selon toi, quels sont un petit peu les trois briques indispensables à mettre en place, en tout cas pour favoriser la diversité de genre ? Et comment est-ce qu'ils peuvent derrière mesurer si ça marche ou non ?
- Chloé
Dans la tech, oui, en fait, c'est souvent des entreprises qui sont plus jeunes et qui grandissent très vite. Donc, en fait, il y a tout à mettre en place, aussi bien des process que des programmes de talent management. Et donc, voilà, par essence, ils ne sont pas toujours là au début. Mais je pense à plusieurs choses qui peuvent être vraiment efficaces et que j'ai vues. Parce que nous, on a pas mal de membres qui sont dans les startups scale-up tech. Ça commence déjà par un programme de mentorat. Je dirais que c'est le plus facile à mettre en place, le moins coûteux. Un programme de mentorat en interne, notamment pour accompagner les femmes, pour leur montrer, les aider à se projeter si elles en ont envie, sur des postes de management, sur des postes de direction. Et puis avoir un système de sponsor en interne, parce que c'est comme ça que ça fonctionne. Les personnes pensent à toi si elles te connaissent, donc créer ces binômes aussi et pouvoir les mettre en relation avec des membres du Codire ou du Comex, ça va les aider ensuite dans la suite de l'or. de la construction de leur trajectoire professionnelle. Et ça, ça ne coûte rien. Enfin, un peu de temps des équipes, mais ça n'a pas un coût financier. Par contre, il dédie un vrai budget. Je trouve que c'est essentiel parce que quand on veut faire une priorité d'un sujet, il dédie des ressources humaines et des ressources financières. C'est la condition sine qua non pour que ça puisse fonctionner. Sinon, ce n'est pas une priorité. Donc, avoir des budgets dédiés pour du coaching individuel, pour du coaching collectif qu'on proposait avec Comète. Mais vraiment des programmes d'accompagnement de ses talents, de son vivier de talent féminin qu'on a envie de faire monter, de progresser. C'est essentiel parce que quand vous prenez un premier poste de management, quand vous entrez au Code Hero, au COMEX pour la première fois, ça peut être casse-gueule, il y a une posture qui change et ça on ne l'apprend pas à l'école. Donc être accompagné à ce moment-là, que ce soit par un coach individuel ou par des pairs, c'est essentiel pour réussir pleinement sa prise de fonction. puis voilà, après se sentir bien dans ses nouvelles fonctions et avoir envie d'y rester parce que c'est aussi un autre sujet, il y a des femmes qui prennent des postes de direction et puis ensuite qui quittent les codires comex des entreprises, donc voilà avoir vraiment un but aussi dédié pour en faire une priorité c'est important et puis je pensais aussi à tout ce qui tourne autour de la maternité ou de la paternité, enfin de la parentalité au sens large, avoir des programmes dédiés, accompagner ces moments de retour Dans la tech, ça peut bouger très vite. Vous partez quelques mois, vous revenez, les équipes, elles ont grandi, vous ne connaissez plus la moitié des personnes de l'entreprise et les projets ont tellement évolué. Donc ça peut être prévoir un re-underding des personnes qui reviennent de congés maternité ou de congés paternité et puis avoir une vraie flexibilité sur l'accompagnement du retour parce que... On a un nouvel équilibre à trouver, favoriser le télétravail, permettre aux gens de partir plus tôt le premier mois. Ce sont des choses que j'ai vues concrètement dans des boîtes et qui fonctionnent bien. Et puis c'est aussi, j'ai trouvé que c'était un super exemple, je parlais avec un manager homme hyper inspirant, il demandait à ses équipes quand quelqu'un partait en congé maternité, est-ce que tu veux qu'on reste en contact pendant ton congé maternité ? Est-ce que tu veux que je te tienne au courant s'il y a des changements, s'il y a des opportunités qui se présentent ? Parce que des fois, les personnes peuvent avoir envie de couper, mais des fois on a aussi envie de savoir ce qui se passe. passe et de pouvoir se positionner s'il y a un poste qui s'ouvre et pas de se dire je reviens de congé mat et en fait le poste on l'a filé à mon collègue homme parce que moi j'étais pas là pendant 3 mois donc je trouve que c'est un super feedback aussi à prendre en tant que manager poser la question ouvertement à ses équipes si elles
- Célia
veulent garder le contact et dans quelle mesure et pour quel type d'informations c'est chouette parce qu'en effet peut-être naturellement on se dit je la laisse tranquille sauf que peut-être que la personne en effet a envie de... Et donc ça pareil,
- Chloé
ça coûte rien et ça peut tout changer dans une carrière.
- Célia
Oui, et de ne pas louper certaines opportunités parce que tu n'étais pas là. Tu étais occupée à donner la vie. Donc, ok, trop bien. J'aime bien ces conseils-là. Et aussi, pour avoir échangé, même l'après pour les parents, c'est de mettre des temps de réunion où il n'y a pas de réunion tout le matin parce qu'il faut emmener à l'école ou à partir de 17h, on arrête les réunions pour éviter. d'exclure aussi certaines personnes. C'est aussi des petits détails, mais en fait, qui font toute la différence. Je pense qu'il y a suffisamment de temps sur une journée pour mettre des réunions en évitant ces moments en famille.
- Chloé
Et puis des fois, on a des biais. On ne propose pas un poste à quelqu'un parce qu'on se dit, on vient de congé maternité, ça va provoquer beaucoup de déplacements à l'étranger, ça ne va pas lui plaire. Je peux vous dire que... Ça peut être salvateur de déplacement à l'étranger parce qu'on fait des vraies nuits à l'hôtel. Et quand on a un enfant en bas âge, ça peut être un vrai cadeau aussi qu'on fait à une maman, si elle en a envie.
- Célia
Oui, au final, peut-être que oui, je veux bien. Je veux bien dormir. Excellent. Si on devait parler à la Célia d'il y a dix ans, quels sont les trois conseils que tu te donnerais ?
- Chloé
J'essaierais juste de gagner un temps d'avance sur rencontrer un maximum de personnes, être dans la curiosité, vraiment dans l'ouverture. comprendre comment ça fonctionne, comment ça se joue. Typiquement, je pense que quand j'étais dans une grande entreprise, j'ai réalisé au bout de quelques années qu'en fait, qui prend les décisions pour nommer les personnes sur des postes de management, de direction ? En fait, c'était les membres du COMEX. Et en fait, dans les membres du COMEX, qui est-ce qui te connaît ? Toi, tu les connais tous, mais eux, est-ce qu'ils te connaissent ? En l'occurrence, il y en avait deux sur dix qui me connaissaient. Comment est-ce que tu peux faire pour être... connue aussi par les autres personnes. On revient à ce n'est pas qui tu connais toi, mais qui te connaît pour penser à toi au moment où c'est important. Donc avoir en tout cas cette curiosité de se dire, je sors de mon périmètre, je vais encore plus loin, je rencontre plein de personnes pour se nourrir, échanger avec des personnes d'autres environnements, d'autres secteurs d'activité, d'autres expertises métiers. Et vraiment, voilà, se nourrir de toute cette richesse, toute cette diversité, tous ces échanges. pour construire aussi son propre parcours et comprendre comment ça fonctionne. Et puis un réseau, ça se construit quand on n'en a pas besoin. Souvent, on pense à construire son réseau le jour où on cherche un job. Mais en fait, le plus efficace, c'est de le faire quand vous êtes en poste parce que ça vous ouvre aussi des portes plus facilement sur contacter une personne. Voilà, c'était mon homologue dans une autre entreprise. On échange ensemble pour partager des bonnes pratiques, se nourrir, s'inspirer. Et puis après, ces connexions, on les entretient sur du long terme. Et c'est ce qui fait toute la richesse d'un réseau professionnel. Donc vraiment, je commençais encore plus tôt. Et puis voilà, ne jamais cesser d'entretenir son réseau.
- Célia
Oui, et je suis tellement d'accord avec toi parce que moi, j'ai été en poste pendant cinq ans. Et j'ai lancé mon podcast quand j'étais en CDI. Et je me suis fait un réseau aussi à ce moment-là. Et aujourd'hui, en étant en freelance, je vois. Tous les fruits de ce travail-là, parfois ce n'était pas forcément du travail, mais du coup, je peux les récolter aujourd'hui en ayant beaucoup plus de facilité à trouver certaines missions parce qu'en effet, les gens pensent à moi et c'est vrai qu'on n'y pense pas forcément et qu'il y a des personnes qui se lancent, je ne connais personne, je n'ai jamais fait un événement.
- Chloé
C'est la priorité. En fait, souvent on dit « je n'ai pas le temps » , mais en fait, je n'ai pas le temps parce que je ne priorise pas. Si je fixe un temps dédié dans mon agenda, tous les vendredis midi, je fais un déjeuner avec quelqu'un ou je prends du temps pour recontacter des gens, pour donner des nouvelles, pour partager des articles ou autre. Il faut l'inscrire dans son agenda et en faire une priorité parce que je vois trop de femmes qui nous contactent et qui me disent « j'avais la tête dans le bidon, je n'ai pas pris le temps et là j'arrive sur un niveau de poste à responsabilité où je ne peux pas faire un pass sur mon réseau » . pour la suite de ma carrière. Sur des postes de direction, c'est 80% des postes qu'on trouve via le réseau. Les annonces, elles ne sont pas sur LinkedIn. Donc, il ne faut pas commencer quand on en a besoin. Il faut vraiment le faire de façon le plus naturelle possible, de la façon qui vous convient aussi le mieux, mais tout au long de sa carrière.
- Célia
Oui, et puis ça peut se faire, on n'est pas obligé d'y passer des heures et des heures. Ça peut être... un café par semaine, un event par trimestre, sauf que c'est... Trouver son rythme, mais essayer d'avoir... un fil rouge et de la régularité. Top. Et si tu pouvais nous partager une de tes inspirations, que tu as envie de partager aux auditeurs. Que ce soit un livre, un podcast, un film, je suis toute une...
- Chloé
Bon, dans les personnes qui m'inspirent, évidemment, il y a toutes les comètes. C'est des femmes brillantes et pas que, en fait. Elles sont aussi là pour emmener les autres avec elles et les embarquer et ça, c'est assez incroyable. Si je te citais une femme, un livre, c'est la biographie de Catherine Pinvin. Je crois que c'est un livre que j'ai lu trois fois. Ah oui, je sais. Elle est incroyable, c'est une femme qui a plus de 75 ans aujourd'hui, qui a créé notamment Tartine et Chocolat. Elle a monté plusieurs entreprises, elle a monté une première boîte qui s'est très bien développée. Elle a tout perdu, elle est repartie de zéro. Elle a fondé un empire avec Tartine et Chocolat, elle a tout perdu, elle repart de zéro. C'est vraiment les montagnes russes, monter très haut, descendre très bas, mais toujours rebondir de l'avant. Et puis, un passage à l'action, elle a une idée, la semaine d'après, le produit existe. Je trouve que c'est... très inspirant à la fois sur le côté résilience, son parcours, mais aussi le côté passage à l'action. Des fois, on a des idées qu'on écrit sur des carnets ou autres et qui ne verront jamais le jour. Elle, elle lance et puis ça marche ou ça marche pas, mais cette facilité d'exécution, je trouve ça assez incroyable et assez inspirant.
- Célia
Ouais, et puis d'essayer, quoi. De toute façon, il n'y a que les personnes qui n'essayent pas qui ne font rien. Donc, ok, je ne connaissais pas, je connaissais tartines et chocolat, c'était mon doudou quand j'étais petite.
- Chloé
Ben oui, moi j'étais une douce. Mais voilà, son livre c'est Une vie et cinq minutes.
- Célia
Ok, je pense que je vais me l'acheter parce que c'est vrai qu'on voit souvent des réussites, mais on ne voit pas tout ce qu'il y a derrière. Et derrière une réussite, tu peux avoir un échec et c'est turlante. donc super intéressant sur cette partie résilience je ne suis pas sûre de pouvoir l'interviewer mais est-ce que tu aurais une personne dans ton réseau très riche à me recommander pour participer derrière le micro comme toi elle a quand même fait beaucoup de potes il faut aussi l'écouter dans
- Chloé
son podcast mais écoute je pensais à pas mal de personnes pour ton podcast si tu veux pas mal de membres commettes mais si tu veux des profils CMO Je pense à Marion Doucet chez MeilleurTaux.com qui est incroyable. Il y a Sarah Setti aussi, qui est aussi la CMO et cofondatrice de Prolongue.
- Célia
Ok.
- Chloé
De chouette profit. Si tu veux quelqu'un un peu plus dans la tech, peut-être dans l'IA, je pense à Blanche Savary de Beauregard qui est la directrice juridique et générale conseil de secrétaire générale de Mistral.
- Célia
Ok.
- Chloé
Si tu veux quelqu'un dans l'université... tech plutôt, startup studio, je peux te recommander Emilia Bell qui est incroyable, qui a co-fondé Imagination Machine. Et je pense aussi, dans la tech, si tu veux quelqu'un sur la place des femmes, Caroline Ramad, qui a fondé 50 in Tech maintenant, qui s'appelle Q7 Leaders, mais qui pourra te dire plein de choses sur l'écosystème et la place des femmes et comment en comment on peut se projeter aussi dans quelques années pour que les choses bougent.
- Célia
Écoute, Caroline, elle sera dans la même saison que toi. Donc, c'est bon. Mais du coup, je note pour les autres et je prendrai ton conseil ou je te demanderai sûrement une mise en relation. Tu vois, j'applique. Donc, merci beaucoup pour ces beaux profils. Merci pour tout ce que tu fais avec Comète et d'avoir aussi réagi et dit oui directement pour venir parler de tout ça avec moi. Merci,
- Chloé
bravo à toi Chloé de donner cette place aussi cette parole et pour ton engagement Merci beaucoup,
- Célia
à très bientôt Un grand merci pour ton écoute On se retrouve lundi dans deux semaines pour la découverte d'une nouvelle meneuse J'espère que l'épisode t'a plu Si c'est le cas, laisse-moi ton avis sur la plateforme que tu utilises Et s'il te reste encore un peu de temps Partage cet épisode à ton entourage pour faire un gros big up à notre menace du jour. La bise si tu le veux bien et toujours plein de loutres dans ta vie. Ciao !