- Faly
J'ai eu à me débrouiller seule, assez jeune, et j'ai toujours été dans l'action, un peu en mode survie, on va dire. Donc j'ai fait un espèce de burn-out, à l'époque où j'étais passée un peu mal au niveau du travail. Je m'étais convertie à l'islam récemment. J'ai senti qu'il fallait que je me pose en train.
- Chloé
Hello, c'est lundi et tu fais bien d'écouter Les Meneuses pour lancer ta semaine avec une dose d'inspiration. C'est Chloé, ta podcasteuse préférée. Et aujourd'hui, j'accueille Fanny Quenea, XUI designer spécialisée dans le gaming.
- Faly
On va parler résilience, santé mentale et identité sans filtre, et évidemment bienvenue. Allez, installe-toi confortablement. C'est bon ? Alors c'est parti ! Bonne écoute, et si l'épisode te plaît, c'est de partager.
- Chloé
Hello Faly, comment est-ce que tu vas ?
- Faly
Hello, ça va et toi ?
- Chloé
Eh bien écoute, ça va très bien, je t'avoue, comme je te disais, je t'envie, il commence à faire froid au moment où on tourne et toi tu es... Là où il fait un petit peu plus chaud. En tout cas, être avec toi, ça me met un petit peu de soleil. Pour les personnes qui ne te connaissent pas, est-ce que tu peux te présenter s'il te plaît ?
- Faly
Je m'appelle Faly, je suis UX, je suis designer spécialisée dans le gaming. J'ai grandi à Paris et j'ai toujours vécu à Paris. Mais depuis un an, je suis à Abidjan, d'où le soleil et le fait que le froid me manque. De mon côté, je suis freelance depuis quasiment deux ans maintenant. donc spécialisé plutôt dans le gaming, donc aussi les créations de sites assez immersifs et création d'interface directement pour les jeux vidéo par exemple, mais aussi pour d'autres clients dans la tech ou pour des sas avec gamification par exemple.
- Chloé
On va revenir un peu au début de ta carrière, parce que du coup, tu aurais pu ne jamais faire le métier que tu fais aujourd'hui, parce que ça a été, comme tu me l'as raconté, compliqué avec ton école. Et pour réussir à y rentrer, tu n'as rien lâché. parce que tu avais été refusée de base. Pour les personnes qui peuvent être face au même cas de figure, comment est-ce que tu t'y es prise concrètement pour aller ouvrir la porte ? Et qu'est-ce que tu as envie de dire aux personnes qui se censurent parfois et qui n'osent même pas tenter parce qu'ils pensent qu'ils ne cochent pas forcément les cases ?
- Faly
C'est vrai que j'ai été refusée. Pour expliquer un peu l'histoire, c'est que je suis passée les entretiens. Je me suis décidée assez tard pour faire mon master. En gros, j'avais hésité, j'avais fait une année sabatique, etc. Du coup, je me suis décidée et on était déjà quasiment fin juin, début juillet, je crois. J'ai passé l'entretien pour Ubisoft parce que j'ai vu l'annonce. Je me suis retrouvée à être prise chez Ubisoft. C'est un lundi matin, je crois, donc ils m'appellent et disent que je suis prise. Juste avant, il y avait l'école qui m'avait dit qu'il n'y avait plus de place dans la promo que je voulais. C'est l'école que j'avais vendue à Ubisoft. Avec la séance publique, ce n'est pas possible que je laisse passer ça. Je suis allée voir la directrice carrément de l'école et je me suis dit... je suis désolée mais j'ai mon alternance, en soit il y a juste à me prendre la tendance à être déjà là donc comment on fait, comment on peut s'arranger mais là c'est pas possible il faut que vous me preniez quoi et du coup on s'est retrouvés à être 41 dans la promo au lieu de 40 à cause de moi donc on a dû m'ajouter dans la classe et c'est vrai que bah je pense qu'il faut oser en fait tout simplement donc éviter de de se limiter avec ses croyances limitantes etc de se dire bah peut-être que je suis pas assez peut-être que je ne serais pas pris, etc. En fait, si on n'essaye pas, on n'a aucun moyen de savoir. Donc juste essayer, au pire, ce sera gênant, au pire, on aura un refus, mais ce n'est pas très grave, au moins, on sait qu'on aura essayé et ce sera toujours une leçon qu'on aura pour plus tard.
- Chloé
C'est vrai que souvent, on a peur de ces refus-là, alors que dans une carrière, on se rend compte que ce n'est pas linéaire ou que les gens qui ont fait des grosses carrières, des trucs comme ça, en fait, ils sont passés par des refus. Donc, comme tu dis, il faut tenter. Et là, du coup, en plus, toi, tu avais ton alternance. Donc, sur le papier, en fait, l'école, c'était tout B9. Et du coup, tu rejoins Ubisoft. Tu as fait pas mal de temps chez eux. On va détailler ça un petit peu après. à la fin de ton master, quand t'arrives et qu'il te fallait chercher un contrat à plein temps, c'était quoi ton premier contact avec le design ? Est-ce que c'est à ce moment-là où tu t'es dit, je veux rester chez Ubisoft ? Chez Ubisoft pour continuer ou est-ce que je veux plutôt aller dans l'édition, dans du sas, dans du jeu vidéo, vous tester d'autres trucs ? Et comment est-ce que tu as fait pour savoir un petit peu ce qui allait te plaire et vers quoi tu allais aller ?
- Faly
Alors c'est une très bonne question parce que c'est vrai que je savais pas trop. J'ai un peu trouvé mes contrats comme ça. Donc de base j'ai commencé dans un magazine qui faisait aussi un genre de com' puis je me suis retrouvée chez Ubi. Chaque année chez Ubi je me disais, comme on faisait des newsletters, des supports de com, etc. c'était cool. Mais moi c'était vraiment tout ce qui était site, interface qui m'intéressait. Chaque année, je me disais, bon, je vais changer, il faut que je fasse quelque chose où je touche plus aux sites, aux interfaces, etc. Mais en fait, j'avais du mal à quitter parce que j'aimais trop l'équipe, j'aimais trop la boîte et le fait de bosser sur tous les jeux. Donc, j'étais un peu dans cette tendue valance de j'ai envie de partir, mais en même temps, j'ai envie de rester. Je suis restée un peu dans mon confort, il faut le dire, et je suis restée en alternance deux ans chez eux. Et derrière, j'ai eu une opportunité qui m'a amenée à pouvoir rester chez eux et prendre du management et évoluer petit à petit, à voir. plus d'impact on va dire sur le côté créa ce qui était très cool et du coup au final ça a été ça a été quand même intéressant pour moi même si au début j'ai beaucoup hésité chaque année à peut-être changer ou voir pour un autre poste etc parce que j'étais un peu dans cette hésitation et j'étais pas sûr d'avoir vraiment un impact et une plus-value intéressante pour pour ce que je faisais en tout cas comparé à mon expérience et ce que j'avais appris en école Et au final, au fil des années et des évolutions que j'ai eues, j'ai pu vraiment mettre à profil mes compétences et apporter ma touche à l'équipe et au support. Donc c'est très cool, je suis satisfaite avec le recul. Mais au début, j'étais très hésitante pour être certifiée.
- Chloé
C'est dur de choisir, surtout si tu n'as pas le déclic complet, genre total, énorme coup de foudre pour un secteur ou autre chose. Surtout qu'avant de faire ton master avec eux, tu avais eu des expériences aussi pro durant ta licence. Et tu m'avais notamment parlé d'expériences vraiment pas folles, que ce soit niveau RH et management. Et au final, qu'est-ce qui t'a donné envie de rester dans ce secteur-là ? Et à contrario, comme après tu es montée sur des postes de management, quels sont un peu les compétences ? comportements toxiques que tu as pu repérer et que tu te dis, quand j'ai eu mon rôle de manager, c'est des choses que je ne voulais absolument pas reproduire ?
- Faly
Alors, du coup, pour répondre au début de la question, c'est vrai que j'ai eu une expérience assez compliquée en termes de RH. Donc, c'est une période assez compliquée pour moi. Et c'est vrai que je suis quand même décidée de rester dedans parce que... Le design c'est quand même quelque chose que j'aime beaucoup. Le côté créa, etc. C'est quelque chose qui faisait sens pour moi et que j'ai eu du mal à trouver après le bac. Mais au final, qui faisait totalement sens de par ce que je faisais quand j'étais jeune. Je passais mon temps sur les jeux vidéo, je passais mon temps à créer des dessins animés ou des trucs en ligne à dessiner, etc. En vrai, ça faisait sens. J'ai eu du mal à le voir, mais au final, c'était assez gros comme une maison devant moi. Et du coup, je pense... que ce qui m'a dans la vie de rester, c'est que justement, ça faisait sens pour moi. C'était un peu la suite logique et le parcours logique à prendre pour moi, ce qu'on peut appeler ma zone de génie, on va dire, ce que je peux faire sans trop réfléchir. Et du coup, par rapport à l'inverse, au comportement toxique que j'ai pu repérer et que je refuse de reposer en tant que manager, c'est déjà faire attention aux gens, en sachant que c'est des... Tout le monde a ses soucis. Chaque personne est une personne en fait, avant d'être un employé ou autre, et vraiment réussir à connecter avec les gens. Et l'idée par l'exemplarité, comme a aimé bien Jean mon manager dans mes évaluations, c'est de faire en sorte de toi avoir le bon comportement et d'exiger des choses des personnes que tu manages seulement que tu t'appliques à toi-même. Donc ne pas donner de mauvais exemples et d'ailleurs demander des choses impossibles ou aussi prendre chacun à dire. dans toute sa complexité, on va dire en tant qu'humain, et vraiment écouter les gens. Et juste en écoutant les gens, en connectant un minimum, c'est plus facile après de créer du lien et de travailler et aussi de s'adapter à chacun. Parce que chaque personne n'a pas le même besoin de management comme les mêmes besoins dans la vie, que ce soit en amour ou en sérénité, tu as plein de concepts là-dessus. Donc pour moi, de vraiment s'adapter. en fonction des personnes, de leur demander tout simplement de quoi ils ont besoin. Est-ce que tu fais bien ? Demander du feedback régulièrement pour être sûr que ça se passe bien pour ces personnes-là et réussir à les mettre en confiance et à créer une relation de confiance comme ça entre le manager et la personne qui manage.
- Chloé
Au final, cette expérience, ça t'a donné un peu des leçons de ce que tu ne voulais pas faire en tant que manager. Mais derrière, ça a été quand même compliqué pour toi parce que au final, tu sais, très jeune dans ton parcours professionnel et t'as pris une année sabbatique juste après, à quel moment tu t'es dit là, il faut que je dis stop, que je me retrouve et est-ce que cette parenthèse hors études, hors pro, t'as appris sur toi que t'aurais pas forcément appris du coup dans le monde du travail à ce moment-là ?
- Faly
On va dire que ça m'a appris à juste prendre le temps et faire une pause. Je pense que j'avais dû un peu... Enfin, j'ai dû me débrouiller seule, on va dire, assez jeune. Et j'ai toujours été dans l'action, etc. Un peu en mode survie, on va dire, jusqu'à cette année-là. Donc, j'ai fait un espèce de burn-out à l'époque, où justement, ça se passait un peu mal au niveau du travail. Je m'étais convertie à l'islam récemment. Ça ne se passait pas forcément bien avec certaines personnes de ma famille, etc. Plein de choses qui ont fait que c'était un peu une période délicate pour moi. Du coup, j'ai senti qu'il fallait que je me pose. En fait, ça a été une année à la fois très cool où j'ai fait plein de choses. J'ai commencé à voyager, j'avais 20 ans, etc. Et à côté, c'était aussi très éprouvant parce que justement, il y avait aussi ce côté où ça n'allait pas forcément toujours bien. Donc, en fait, je me suis rendue compte qu'il fallait juste que je prenne le temps de respirer, de me poser et de me réunir avec moi-même et de savoir qu'est-ce que j'ai envie de faire plutôt que de toujours être à 100 à l'heure, on va dire, et d'enchaîner ce que la société veut que j'enchaîne, donc les études, le master, etc. Et plutôt me poser et me dire vraiment... Qu'est-ce que j'ai envie de faire ? Est-ce que j'ai vraiment envie de continuer là-dedans ? Où est-ce que j'ai envie de travailler ? Qu'est-ce que j'ai envie de faire ? Et du coup, je me suis posée un an où j'ai travaillé en tant qu'animatrice avec les enfants, etc. C'était quand même éloigné, certainement. Mais du coup, ça m'a permis de me rallier avec moi-même et de réfléchir vraiment à ce que j'avais envie de faire, simplement.
- Chloé
Oui, au final, tu as guidé dans la même direction, mais ça t'a donné suffisamment de... pause et de temps pour te sentir mieux par rapport à cette expérience pas cool du tout. Et du coup, c'est à ce moment-là où t'as rejoint Ubisoft et t'es arrivée en mode alternante jusqu'à devenir manager d'une équipe internationale sur la partie com de Shibukano. Si tu devais raconter un peu, on va se mettre en mode manga, gaming, un peu l'arc Ubisoft comme un jeu vidéo. Le niveau 1, c'était quoi pour toi ? Le boss de fin, qu'est-ce que ça a été ? À quel moment tu t'es dit, ok, je ne suis plus juste une designer, je suis en train de devenir une leader. Et le moment où tu t'es dit aussi, fin du game, je passe à autre chose, je change de jeu.
- Faly
Alors du coup, le niveau 1, j'arrive en tant qu'alternante, je suis un peu au quad, c'est tout nouveau pour moi, etc. Des grands bureaux, j'étais dans une espèce de star. En vrai, avant, on n'était pas plus de 10 dans l'équipe, et encore. Et là, j'arrive dans une boîte énorme, internationale, etc. Donc forcément, c'était un peu... Beaucoup de changements, mais c'était intéressant. Et du coup, je faisais vraiment ce qu'on me demandait de faire, etc. Je n'étais pas encore super à l'aise. Et puis, plus les mois sont passés, plus j'ai commencé à être à l'aise, à prendre confiance aussi bien sur le poste que les relations aussi au sein de la boîte. J'ai commencé à avoir les codes, on va dire. Ensuite, en termes d'évolution, clairement le fait de passer manager, c'est là que tu deviens petit à petit leader et tu ne réalises pas trop sur le coup. Au final, quand tu vois les résultats de tes équipes, quand tu les vois évoluer, quand tu les vois réussir à améliorer leur travail grâce à tes feedbacks, forcément ça fait plaisir. Là, tu réalises que tu es en train de dépasser les levels, on va dire. Du coup, en termes de boss final, clairement c'est que… comparé à l'alternante que j'étais au tout début, qui débarquait un peu timidement, etc. En partant, j'étais vraiment affirmée. J'avais réussi à aligner mes valeurs avec mon poste et à mettre des choses en place. Parce que pareil, quand je suis passée manager, on va dire quand j'étais au niveau intermédiaire, on va dire. J'ai eu du mal aussi à trouver l'équilibre entre travail et vie perso. Donc ça m'arrivait de finir assez tard le soir, etc. Et je ne voulais pas que ce soit quelque chose que mes alternants... où les personnes que je manage ensuite vivent aussi. Donc j'ai essayé de mettre des choses en place pour éviter ça. Et petit à petit, j'ai eu des valeurs comme ça qui me disaient « ça, je n'aime pas, ça, ça ne me plaît pas, je ne voudrais pas que ça arrive à quelqu'un d'autre » . Et j'ai fait en sorte de l'appliquer, on va dire, pour mes équipes et de mettre des choses en place pour éviter que ça n'arrive. Et du coup, si je dirais le boss final et le niveau des sorties quand j'ai quitté la boîte, c'est vraiment une femme plus assortie, plus affirmée, plus alignée avec ses valeurs. qui a conscience de son expérience, même en climat compliqué, étant donné qu'on était un peu en challenge management quand je suis partie. Il y avait de la fusion, ça ne se passait pas forcément aussi bien avec la nouvelle manager que j'avais, etc. Donc j'ai quand même réussi à tenir la barque, on va dire, malgré tout. Et je suis partie en bon terme, etc. Donc c'était assez cool et j'ai réussi à faire ce que j'avais envie de faire là-bas. Et je suis partie assez apaisée, on va dire, par rapport à... à tout ce que j'avais pu apporter, il était temps pour moi de tourner une page. Clairement, quand j'avais apporté tout ce que je pouvais, quand j'étais arrivée à une évolution que je n'avais même pas imaginée, de manager autant de personnes à l'international, de me retrouver avec une équipe de 10 personnes, moi qui mangeais de base juste deux alternants, c'était assez cool. Du coup, je savais qu'il était temps pour moi de voir autre chose. Après toutes ces hésitations pendant toutes ces années, là il était vraiment temps, j'avais pu apporter ma pierre à l'édifice. Et ça, c'était le moment d'avancer, de découvrir d'autres choses.
- Chloé
Et comment est-ce que ces évolutions en interne se sont présentées ? Est-ce qu'on a naturellement pensé à toi ? Ou est-ce que tu as dû aller chercher les choses ? Comment ça s'est passé un petit peu pour toi pour grimper les différents échelons ?
- Faly
Alors, c'était un peu des deux. C'est que mon manager avait pensé à moi, mais la directrice de l'équipe avait besoin quand même de rassurance parce que justement, j'étais gêne, elle ne me connaissait pas si bien que ça. c'était pas du genre à me mettre en avant. Faire mon truc dans les boîtes, de se montrer, etc. c'était pas trop mon truc. Donc au final, j'ai fait les entretiens, j'ai discuté avec cette directrice-là justement pour voir ce qu'elle en pensait. Au final, en discutant avec moi, elle a compris que ça faisait sens, je pense, de me prendre. Ça s'est à la fois présenté à moi naturellement, et à la fois j'ai dû quand même convaincre pour qu'on... qu'on soit alignés avec ce changement-là et cette évolution-là pour moi. Donc ouais, c'était un peu des yeux.
- Chloé
Ouais, mais après, je trouve ça hyper beau parce que tu es jeune et du coup, voir cette évolution au sein de l'entreprise et jusqu'à arriver à la maturité, te dire, OK, là, j'ai donné ce que j'avais à donner. Pour moi, il est temps d'aller voir autre chose, sachant que tu étais... peut-être dans une zone aussi de confort quand ça fait longtemps que tu es dans une boîte et tout, de se dire, vas-y, je me challenge, on part et on se réinvente. Et pour finir, sur toute cette partie Ubisoft, il y avait un élément que tu avais partagé sur LinkedIn, et c'est comme ça que je t'ai connue, par rapport au port du foulard. Et du coup, tu m'as expliqué que tu avais mis le foulard quand tu étais au cours de ton parcours chez Ubisoft, donc tu étais déjà là. On est dans un contexte qui reste français où c'est clairement perçu comme un choix politique et que ça l'est toujours aujourd'hui. Est-ce que tu te souviens quand tu es arrivé pour la première fois au bureau avec le foulard ? Comment tu te sentais avant par rapport à ce que tu avais de l'appréhension ou alors ce que tu étais super confiante ? Et comment est-ce que ton entourage pro a réagi ? Est-ce que ça a changé quelque chose ou pas, j'espère ? dans cette partie-là et dans cette manière de te présenter, prendre ta place au sein de la boîte ?
- Faly
Alors, je pense que c'était un peu ambivalent. Forcément, j'étais un peu stressée et en même temps, j'étais alignée avec mon choix et je me disais, c'est comme un pansement, il faut l'enlever d'un coup et puis ça passe. Et j'ai profité clairement du Covid, parce qu'en gros, on avait eu un déménagement, c'était un peu la période post-Covid, donc je savais qu'elle allait pas. pas trop avoir de monde au bureau. Donc j'ai dit c'est le bon moment pour commencer petit à petit à introduire la chose. Et du coup forcément j'étais un peu stressée. Bon j'y suis allée quand même en fait. Je me suis dit il ne faut pas trop réfléchir et il faut y aller parce qu'en soit ça me regarde. Donc en plus à l'époque je ne mettais pas encore le foulard on va dire comme je le mets aujourd'hui. J'avais un turban, encore mon cou etc. Je m'habillais assez normalement. à tout ce truc où tu essayes de t'affirmer mais pas trop parce que tu veux que ça passe et que ça ne s'affecte pas trop. Donc tu sais, tu réfléchis beaucoup, tu fais très attention, etc. Mais du coup, bon, j'ai juste décidé de le faire et d'y aller. Donc sur le trajet, car moi j'étais un peu stressée, mais en même temps j'essayais de ne pas trop y penser. Et du coup, au niveau de mon entourage... Alors il y a pas mal de monde qui... En général, les gens n'ont pas forcément réagi et n'ont pas trop osé en parler. Donc je voyais que ça pouvait interlouder, etc. Mais les gens étaient un peu gênés de me demander. Et au final, c'était pas plus mal. Au moins, ça me laissait le choix d'en parler si j'avais envie. Et des fois, pour des personnes plus proches, c'est vrai que ça me faisait plaisir quand même quand on me demandait, etc. Pourquoi, qu'est-ce qui s'est passé, etc. C'était cool de pouvoir en parler. Les gens étaient assez conférencifs. Dans tous les cas, je pensais qu'ils ne les regardaient pas forcément. Ça paraît coûter. Il n'y avait pas grand chose à répondre. Donc après, est-ce que ça a changé quelque chose ? Je ne pense pas. Je pense que justement, il ne faut pas que ça change. Ça reste toi, tu restes la même personne. C'est comme si j'avais mis un bonnet en fait. On le prend vraiment au pied du terme. ça aurait pu être ça, enfin au-dessus de la lettre pardon. Donc ouais, j'ai pas forcément changé de comportement ou quoi, et du coup les gens en face, même si au début ça pouvait poser des questions, au final ils s'alignent avec toi et avec ton mood, le mood que t'as avec toi-même. Si toi-même tu te poses pas de questions et tu te présentes comme si t'en étais, et tu fais comme si t'en étais, bah la personne en face va te suivre, et suivre ton énergie et aussi... agir comme s'il y avait rien de différent. Donc en fait, moins on se pose des questions, plus au final ça passe.
- Chloé
Ouais, non mais c'est intéressant parce qu'en effet c'est un choix personnel qui regarde que toi, mais c'est vrai qu'on est dans une société où ces choix personnels deviennent des débats et ça devient à devoir se justifier alors que, en fait, comme tu dis, tu vois, si... Moi demain je mets un bonnet ou tu te rases la tête, tu te coupes, peu importe le changement qu'il peut y avoir dans ce que tu renvoies physiquement, ça regarde personne d'autre. Mais comme ce sujet là est particulier alors qu'il ne devrait pas l'être, ça peut mettre des barrières pour certaines personnes qui sont concernées. D'ailleurs tu me disais que c'est vrai qu'on voit qu'il y a beaucoup de personnes qui ont un peu peur en se disant... on ne va pas me prendre si je postule parce que je porte le foulard, est-ce que je mets une photo sur mon CV, est-ce que je l'affiche, est-ce que je vais passer à côté d'opportunités, etc. Aujourd'hui, avec ton recul et ton expérience, et peut-être des personnes aussi de ton entourage avec qui vous avez pu discuter de ce sujet-là, comment est-ce que tu fais un peu la part des choses entre la partie discrimination qui est 100% réelle, mais aussi autocensure des concernés ? Et qu'est-ce que tu voudrais dire un peu pour motiver les femmes qui portent le foulard, qui veulent bosser, que ce soit dans la tech, dans le gaming ou même peu importe le secteur, et qui du coup n'osent même pas essayer par rapport à ça ?
- Faly
Je pense que c'est difficile justement de trouver la frontière entre vraie discrimination et auto-censure. Et du coup le mieux pour moi c'est d'oublier le côté discrimination tout simplement. d'oser comme on a dit de faire les choses et derrière tu verras ce que ça donne parce qu'en fait il y a des choses que tu contrôles pas donc le côté des discriminations tu pourras pas tu pourras pas l'enlever tu pourras pas l'effacer et c'est dur de le jauger aussi si tu tentes pas donc en fait il faut réussir à se dire bah c'est pas forcément à cause du foulard ou autre on va pas me prendre et en fait partir du du principe que tu vas postuler comme tout le monde tu vas mettre toutes les choses de ton côté Et ensuite, tu verras ce que ça donne. Aujourd'hui, on a tendance à se dire « Ah, j'ai le foulard, donc c'est pour ça qu'on ne m'a pas prise. » Alors que des fois, je vois des CV passer et en fait, ton CV n'est pas super optimisé, ton portfolio aussi, peut-être qu'il y a des choses que je peux améliorer. Donc en fait, ne pas se mettre des barrières à cause du foulard qui vont au final clairement créer une barrière de l'autre côté aussi. Si toi-même, tu n'es déjà pas à l'aise avec toi-même, on va dire, quand tu arrives, la personne va le percevoir et derrière, ce ne sera pas tout ça. pas idéal on va dire pour la suite. Donc ce que je peux conseiller c'est d'oser vraiment doubler cette barrière toi-même pour qu'ensuite on puisse faire en sorte de l'oublier en face de toi tout simplement, donc de doter tes propres barrières à toi pour qu'on puisse te prendre correctement en face. Donc ouais, vraiment essayer de mettre toutes les chances de ton côté, d'être objective par rapport à ta situation. et vraiment de peut-être se faire conseiller, parler à des pros, regarder ce qui se fait, etc. pour vraiment vérifier par rapport au marché déjà où tu te places avant d'être bloquée et de dire c'est le foulard, on ne m'a pas pris, c'est le foulard. C'est aussi un peu facile parfois de remettre ça là-dessus et du coup ça nous enferme dans un mauvais schéma je pense. Donc essayer de passer au-dessus de tout ça toi-même.
- Chloé
Ouais, et je me dis... Dans ces cas de figure-là, au final, quand c'est vraiment de la discrimination, est-ce qu'au final, c'est pas plutôt se rendre service à soi-même, de se dire « Ok, ils m'ont refusé pour ça, c'était peut-être pas non plus un environnement où j'aurais été bien, in fine. » Est-ce que tu t'es déjà posé un peu cette question et pris un peu par ce prisme-là le sujet ?
- Faly
Clairement. Oui, c'est vrai qu'après, il y a des choses qui sont pour soi. Surtout moi, en tant que musulmane, si quelque chose n'est pas pour toi, ça n'arrivera pas, tu vois. Et c'est pas grave. Donc en fait, je me demande que toi, tu as fait les causes et que tu as mis toutes les chances de ton côté, on va dire, pour atteindre quelque chose. Si ça n'arrive pas, ce n'est pas grave. Comme on a dit, on doit aussi passer par des échecs pour atteindre des réussites ou des paliers dans sa vie. Et le fait déjà d'avoir essayé, c'est déjà très bien. Et d'avoir essayé en mettant toutes les chances de ton côté. Donc pour moi, c'est OK. De ne pas forcément réussir à chaque fois, de rencontrer des échecs, c'est normal. Mais il faut juste tester déjà avant tout. Et après, tu verras la suite. Tu seras au fil des expériences.
- Chloé
C'est ça. Et au final, pour toi, mettre le foulard, ça t'a permis de t'affirmer, d'apprendre à prendre ta place. Mais est-ce que tu le vois comme un frein, comme un bouclier ? Ou alors un peu comme une boussole ou un peu les trois en même temps ?
- Faly
Je dirais les trois. Bon, frein, forcément, en France, comme on a dit, le contexte, etc., fait que. Mais je dirais plus un bouclier et une boussole. Parce que, déjà, dans les moments difficiles, on va dire, ça permet quand même d'avoir le foulard va avec des valeurs, etc., et des principes qui peuvent beaucoup aider, on va dire. Donc, forcément, dans ces moments-là, les moments un peu difficiles, etc., ça reste une boussole et un peu la grande ours qui t'empêche de... de perdre et qui te permet de garder une direction alignée avec tes valeurs. C'est plus positif et plus un repère qu'un frein, je pense, mais forcément, dans les moments difficiles, on peut tout de suite tomber dans le négatif, mais il faut réussir à avoir le côté positif et se rappeler pourquoi on a fait ce choix-là et juste rester aligné avec si c'est le choix qu'on a décidé de faire.
- Chloé
Hyper intéressant. Je te propose qu'on... On repart sur la partie gaming. Tu es gameuse depuis longtemps, tu as décidé du coup de te nicher dans le gaming côté pro. Qu'est-ce qui pour toi fait lien entre qui tu joues et ce que toi tu design pour le gaming et qu'est-ce qui t'a le plus surprise dans les coulisses un peu de l'industrie du jeu vidéo en France et aussi à l'international ?
- Faly
Alors du coup, est-ce qu'il Je fais le lien. entre moi qui joue et moi qui me disnaille ? C'est une bonne question, je pense que c'est que j'ai tendance à beaucoup observer et j'ai toujours été assez sensible aux visuels tout simplement, de tout ce que je consomme en tant que média, etc. Donc même que ce soit les dessins animés à l'époque, je ne sais pas pourquoi quand j'étais jeune, petite même, je ne supportais pas tout ce qui était manga. Alors que maintenant, j'aime beaucoup, mais à l'époque, je ne sais pas, les dessins, je ne les pouvais pas. Et du coup, il y a plein de trucs que je ne regardais pas, je me bloquais genre Pokémon. Pokémon m'insultait, mais Pokémon, je n'arrivais pas à regarder. Donc ouais, tu vois. Mais du coup, c'est plus ce côté-là, sensible au visuel, qui me suit un peu depuis l'enfance. Et du coup, aujourd'hui, forcément, je vais regarder comment est construite une interface, comment on va interagir à tel niveau. Il y a des choses que tu ne vas même pas remarquer quand tu vas jouer à un jeu, et c'est littéralement ce qui va te faire dire que ça, c'est une interface qui a été bien créée, parce qu'en fait, tu ne vas même pas la remarquer. C'est la meilleure UX, on va dire, que tu puisses avoir, quelque chose que tu remarques pas ou que t'as pas de friction. Tu vois même pas que ça s'est passé parce qu'en fait c'était juste fluide. Et du coup, ce qui m'a le plus surprise par rapport à l'industrie du jeu vidéo, en France et à l'international, en France c'est les salaires de production. Les salaires, les histoires de budget, etc. C'est ce qu'on dit beaucoup, t'es payé à la passion. Mais la passion ça remplit pas ton assiette ou ton frigo malheureusement. C'est vrai que avant de quitter Ubi, j'ai cherché à rester en interne, aussi bien chez Ubi que dans d'autres studios en externe. J'ai regardé pas mal pour être UI artiste, créer des interfaces comme je fais aujourd'hui. Et ça a été assez difficile de trouver parce qu'on me demandait de descendre de salaire, vraiment des sommes abusées. Il y avait des studios qui proposaient des offres à 10K en dessous de ce que j'étais. Ce n'était vraiment pas possible. Et tu as beaucoup de concurrence, c'est assez difficile encore. plus aujourd'hui qu'à l'époque de bosser dans le gaming en France parce que justement les budgets sont hyper limités. Donc ouais, c'est ce qui m'a le plus surpris je pense et qui a été le plus difficile en sortant du business. Du coup, pour toi, c'est vraiment la partie budget où il y a d'autres trucs que tu as pu voir, des réalités dont on ne parle pas forcément, notamment sur les studios français, parce que c'est vrai qu'on a des jolis jeux qui sortent, mais on n'est pas forcément leader dans le monde sur cette partie-là, même si, je ne sais pas si tu connais, mais cette année, il y a Claire Obscur qui fait un carton mondial. Mais du coup, est-ce que tu as un peu... Un peu les deux sous de la partie gaming en France que tu pourrais partager ?
- Chloé
Je ne sais pas s'il y a les deux sous, mais c'est vrai que côté budget, c'est le premier souci, le principal souci que j'ai en tant que freelance aussi, c'est que tu as beaucoup de studios qui essaient de lancer leurs projets, aussi bien des studios que des devs en indé, et c'est vrai que c'est assez difficile. pour eux de trouver les financements, de pouvoir payer des personnes comme moi qui sont pros du domaine, etc. Donc, il y en a beaucoup qui vont proposer d'être associés, mais tu ne veux pas être associé sur tous les projets, donc tu vas être associé sur les projets et derrière, on terminera quand on débloquera les financements, etc. Mais tu n'as pas d'assurance que les financements soient débloqués, donc c'est un peu toujours délicat à ce niveau-là. Après, en termes de réaliser dans les studios, je pense que tu as aussi le côté Ciao ! Le côté management toxique, etc. On a eu pas mal de scandales là-dessus dans pas mal de studios. Je pense que ça s'améliore. Le côté diversité-inclusion aussi, qui n'est pas toujours pris en compte. Il y a des personnes comme Junipero Lufo avec l'association Afro Gamers dont je fais partie qui se battent un peu pour tout ça. Mais c'est vrai qu'il y a encore pas mal de travail à faire. C'est qu'on refuse que les vidéos soient politiques, mais comme on a dit, c'est comme le foulard un peu. tout est un peu politique aujourd'hui, dès le moment où tu fais un choix. Et c'est vrai que c'est délicat d'éduquer les joueurs et les communautés à ça, parce que t'as encore des studios aujourd'hui qui ont des projets par exemple un peu à dimension écologique ou autre, et c'est très mal reçu par les investisseurs, parce qu'en fait ça fait peur. Ça fait peur, les joueurs ne veulent pas forcément jouer à ça ou s'intéresser à ce genre de projet, alors que si tu leur amènes d'une manière différente, sans brander et... écolo, etc., là, ça peut plus passer. Donc, c'est un peu tous ces sujets-là qui peuvent être un peu peut-être, si on va dire, dans le milieu, mais je pense que c'est en bonne voie pour s'améliorer.
- Faly
Ouais, enfin, c'est les sujets, diversité, d'inclusion, même d'impact que ça peut avoir, parce qu'en soi, tout est politique. Il n'y a rien qui n'est pas politique. C'est ça. Et se dire qu'on ne veut pas jouer politique, c'est aussi... profiter des privilèges qui sont pour certaines personnes et du coup se dire, vas-y, moi je fais rien. Donc c'est intéressant de voir qu'il y a des sujets et qu'il y a encore du travail, mais j'ai l'impression que c'est un peu pour tous les secteurs que ça avance. On aimerait que ça avance un peu plus vite, mais bon.
- Chloé
Clairement.
- Faly
Et du coup, tu disais que tu faisais partie des afro-gamers. Ça fait un an que tu vis à Abidjan aujourd'hui. C'est quoi un peu le vrai visage du gaming en Afrique ?
- Chloé
Je ne sais pas si j'ai le vrai visage. En tout cas, de ce que j'en vois et de ce que j'ai pu en voir, Abidjan, ce n'est pas l'endroit où ça va être le plus développé. Mais tu as notamment la boîte Paradise Games qui pousse un peu l'e-sport ici et qui organise des compètes, etc. Donc assez développé, qui avait organisé notamment un festival qui s'appelle le FIJA. Ils ont été à la 8e édition, je crois, l'année dernière. J'avais participé en point de speaker pour parler à des étudiants, etc. qui s'intéressaient au game room, qui était très cool d'ailleurs. Mais du coup, c'est vrai qu'ici, les gens jouent beaucoup. sur mobile parce que t'as pas forcément de moyens d'avoir des consoles etc et des gros setup pour jouer après énormément de jeunes sur le continent africain donc en fait c'est le continent le plus jeune qui est clairement l'avenir pour tout ce qui est tech et gaming des gros investisseurs qui commencent à se rapprocher des studios en Afrique etc parce qu'ils comprennent qu'en fait le futur c'est ici donc clairement je pense qu'il y a C'est toujours très intéressant pour le gaming ici. Le gaming stagne un peu, on va dire, au niveau mondial. Mais ici, tu vois que c'est en essor constant, on fait ce qu'on se fuyait et il est assez prometteur. Je suis curieuse de voir où est-ce que ça va aller et de suivre tout ça, mais je ne m'en fais pas en tout cas pour le continent. Je sais qu'il y aura des choses intéressantes qui vont se passer.
- Faly
Et si tu pouvais donner un super pouvoir de design ou de ressources au studio en Afrique, ce serait quoi ?
- Chloé
Je pense que comme d'hab, ce serait du budget, des formations correctes et du budget. Je sais qu'ils peuvent avoir du mal à trouver des artistes qualifiés, etc. Et c'est dommage aussi de peut-être avoir à aller chercher en dehors du continent, alors qu'il y a plein d'indices, plein de jeunes qui ne demandent qu'à apprendre le métier.
- Faly
Ouais, mais pouvoir nourrir le vivier qu'il y a déjà en place. Et d'ailleurs, comment est-ce que tu as fait le switch entre ta vie parisienne et ta vie à Abidjan ?
- Chloé
Je n'ai pas encore vraiment fini le switch, je suis encore entre les deux. C'est vrai que comme je bosse à distance, c'est assez facile à ce niveau-là. Je suis très casanière aussi, donc je ne suis pas forcément dans Abidjan-Centre, parce que Abidjan c'est super cher. de loyer etc. J'y vais doucement en fait, j'essaie d'avoir mes repères, d'être bien à la maison. J'ai aussi eu un bébé entre temps en décembre. Donc forcément j'ai réussi à s'adapter et aller petit à petit. Pareil niveau réseau etc. Je commence à peine à vraiment me refocus ici, à essayer de rencontrer du monde etc. comme je bosse beaucoup via LinkedIn. Donc ouais, c'est un switch qui se fait en douceur on va dire, qui n'est pas encore totalement... terminé mais petit à petit quoi j'essaye de mettre les choses en place. Il y a un collectif aussi ici qui s'appelle Abidjanais MiTech que je suis en train d'essayer de voir pour rejoindre. Donc tu as pas mal de femmes dans la tech ici à Abidjan. Donc qui peut beaucoup aider côté réseau et aussi je pourrais aider peut-être aussi à aider d'autres femmes à se faire leur place aussi dans le milieu. Donc petit à petit ça se met en place et puis j'essaye de voir les opportunités. de naviguer avec tout ça.
- Faly
Ouais, donc Switch qui est en cours, donc tu apprends plein de choses et tu t'adaptes. Quels seraient un petit peu tes conseils pour les personnes qui veulent faire un move le même ou un move similaire de ce que toi, ton expérience là sur tes un peu plus d'un an ?
- Chloé
Tu ne peux pas attendre d'être prêt, parce qu'on n'est jamais prêt. Il y a toujours des choses, quand je te dis moi je suis partie enceinte de six mois, enfin bref, ce n'était pas du tout optimal. Comme départ, des fois il faut juste se lancer et tester, comme on a dit, essayer de faire les causes, de créer le cadre au minimum pour que ça se passe bien et derrière d'ajuster. Tout ne se passe jamais comme prévu, malheureusement, on aimerait bien, mais on sait tous, on a tous nos vies, nos problèmes, etc. Donc essayer vraiment de juste se lancer et de s'adapter, essayer de s'adapter et de rester résilient face aux choses qui peuvent... peuvent arriver ou nous barrer un peu la route, on va dire, et réussir à trouver des moyens d'avancer quand même, peut-être que ce ne soit pas au rythme qu'on avait prévu de base. Même 1% chaque jour, c'est suffisant pour essayer d'aller vers la direction qu'on a envie d'atteindre.
- Faly
En plus, ce que tu fais sur la partie réseau, essayer de rencontrer du monde, prendre des contacts, vous avez une cousine, c'est hyper intéressant. C'est ça. Et du coup, là, si on devait faire un recul encore. plus long, quels seraient les trois conseils que tu donnerais à la Fali d'il y a dix ans, qui va découvrir plein de choses ? Qu'est-ce que tu te dirais ?
- Chloé
Je pense que je dirais de s'accrocher, que tout prendra sens. Même si là, sur le coup, ça peut être compliqué, il y a des choses où on ne va pas trop savoir quel choix faire, etc. Que tout prendra sens au bout d'un moment. Donc vraiment juste de continuer de s'accrocher. et de se faire confiance. Et puis, comme dernier conseil, de s'écouter aussi, comme on a dit, de ne pas hésiter à se reposer, à écouter aussi ses sentiments et à s'autoriser à avoir des émotions, et ne pas être en mode survie tout le temps. Parce qu'il faut aussi prendre le temps de s'écouter, de prendre du recul pour aller bien.
- Faly
Clairement. Et si tu pouvais nous partager une de tes inspirations avant qu'on se quitte, peut-être un jeu vidéo auquel tu as pensé ou autre ?
- Chloé
Alors, un jeu vidéo assez cosy que j'aime beaucoup, où j'ai passé des heures, je crois, une centaine d'heures, c'était Stardew Valley. Je ne sais pas si tu connais, c'est un petit jeu, un pixel art qui peut faire penser un peu à Pokémon, où tu crées ta petite ferme, en fait. Tu crées ta ferme, tu as aussi un petit truc, tu vois. pour créer des relations avec les villageois, leur faire des cadeaux, essayer de se rapprocher d'eux, même se marier au bout d'un moment. C'est un jeu assez complet et qui est très très cool, qui a été fait par un dev solo en fait, qui a fait ça solo et qui a énormément pété. Comme quoi c'est faisable. Donc ouais, comme jeu ce serait ça. Et puis comme livre, un truc qui n'a rien à voir mais que j'aime beaucoup. Et je force un peu tous mes potes à lire, c'est un livre qui s'appelle Vertiges de Franck Thilliers, c'est un thriller. Qui se réveille en fait sur un glacier, ça se passe dans une seule scène pendant tout le livre. Et c'est très accrocheur. Donc ouais, si vous avez envie de vous vider la tête, bon c'est un peu dark, il faut être quand même accroché. Mais il est très cool et très entraînant, donc ça m'avait initié un peu aux Franciliers. J'avais lu pas mal de livres de lui après.
- Faly
Ok, donc deux salles, deux ambiances. Un, plus cocooning, jouer dans le confort de l'homme, et l'autre, se mettre un peu plus dans du bain.
- Chloé
Je suis un peu ambivalente.
- Faly
Excellent. Est-ce que tu aurais une personne que tu aurais envie d'entendre à mon micro dans le podcast ?
- Chloé
Jennifer Liffaut, je te disais. Clairement, la présidente du coup de l'asso Afrogameuse qui parle diversité inclusion dans le gaming et qui commence à se faire une sacrée place dans le milieu. Et sinon, tu as aussi Julie Kane qui est la directrice du studio Impactor Studio. Elle est en train aussi de se faire une grosse place dans le milieu avec son studio et je lui souhaite plein de succès. D'ailleurs, j'espère qu'on pourra collaborer bientôt sur son projet donc à suivre.
- Faly
Ok. Excellent, deux super noms. Je vais aller regarder leur profil LinkedIn et les ajouter. Merci beaucoup. Et merci beaucoup, Fali, pour cette leçon de prendre soin de soi, prendre le temps et oser surtout. Et voilà, construire son parcours comme ça, c'était super intéressant. Donc merci beaucoup. Un grand merci pour ton écoute. On se retrouve lundi dans deux semaines pour la découverte d'une nouvelle meneuse. J'espère que l'épisode t'a plu. Si c'est le cas, laisse-moi ton avis sur la plateforme que tu utilises. Et s'il te reste encore un peu de temps, partage cet épisode à ton entourage pour faire un gros big up à notre meneuse du jour. La bise, si tu le veux bien, et toujours plein de loutres dans ta vie. Ciao !