- Speaker #0
Ça faisait très longtemps que j'avais envie d'accueillir Nina parce que c'est une autrice que je trouve très talentueuse, qui réussit beaucoup sur les réseaux sociaux, qui propose toujours des postes qui sont très pertinents, très intéressants. Ses romans ont l'air vraiment passionnants et c'est dans des univers que je n'ai pas l'habitude de côtoyer, que je n'écris pas, que je ne lis pas forcément et du coup c'est l'occasion de mélanger un peu les genres, de découvrir des genres qu'on ne lirait pas. de prime abord et c'est la raison pour laquelle j'ai autant de plaisir à t'accueillir aujourd'hui. Donc bonjour Mina.
- Speaker #1
Bonjour Etienne et merci, merci beaucoup de m'accueillir aujourd'hui.
- Speaker #0
Merci à toi de m'accueillir, de venir sur le podcast. Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans le nouvel épisode d'Une plume avant l'aube, le podcast qui parle d'écriture, de lifestyle d'auteur, du monde de l'édition et plus largement du monde de l'art. Surtout regarde toutes les inspirations que les auteurs et les actrices peuvent utiliser pour écrire leurs histoires, que ce soit des podcasts, des livres, des romans. des peintures, des gravures, des émissions télé, que sais-je. Donc, si vous avez toujours rêvé d'écrire un roman, mais que vous n'avez jamais osé sauter le pas, parce que vous estimez ne pas être légitime, parce que vous pensez que l'écriture, tout simplement, ce n'est pas fait pour vous, ou parce que, tout simplement, vous vous dites que tous les romans que vous voyez à la librairie, ou à la FNAC, ou à la bibliothèque, ils seront jamais, ils seront toujours mieux écrits que ce que vous, vous êtes capable de proposer, et vous êtes au bon endroit. Vous êtes également au bon endroit si vous avez déjà écrit des romans, que vous les ayez terminés ou non, et si c'est le cas, bravo à vous, parce que... Avoir commencé un roman, déjà, c'est une victoire en soi, je pense. Donc bravo à vous, mais que vous vous posez quand même certaines questions. Comment je peux améliorer la pertinence de mes dialogues ? Comment je peux rendre ces dialogues-là plus incisifs ? Comment je peux rendre le passé de mon personnage plus joyeux, plus sombre ? Comment je peux rendre l'antagoniste peut-être plus profond, plus puissant ? Toutes ces questions auxquelles on se pose lorsqu'on commence à écrire un roman et auxquelles on n'a pas forcément toutes les réponses, parce qu'être écrivain, c'est un métier, c'est très difficile. Bienvenue à vous. Et j'écris également ce podcast pour toutes les personnes qui ne sont pas forcément des auteurs, qui ne sont pas des autrices et qui ne sont même pas des artistes, mais qui simplement aiment les histoires, aiment les livres, aiment lire. Et du coup, bienvenue à vous. Bonjour Nina.
- Speaker #1
Bonjour Esen.
- Speaker #0
Bonjour. Ça faisait, comme je disais, très longtemps que j'avais envie de t'interviewer parce que tu as un univers que je trouve passionnant. Tu as un univers également qui est très éloigné de mon univers ou des univers que j'ai l'habitude de lire et que j'ai l'habitude de regarder à la télévision. Pour moi, c'est une vraie chance de pouvoir t'interviewer. Merci à toi d'avoir accepté ce podcast.
- Speaker #1
Merci beaucoup de m'accueillir.
- Speaker #0
Avant qu'on entre dans le vif du sujet, ce qui peut être intéressant pour moi, tout d'abord, c'est que tu fasses une petite présentation de toi. Je sais que c'est souvent la question la plus compliquée, parce que c'est les questions les plus simples qui parfois sont les plus difficiles à répondre. Est-ce que tu pourrais présenter rapidement ton parcours en tant qu'autrice, c'est-à-dire quand tu as commencé à écrire, les univers de prédilection que tu aimes écrire et que tu aimes lire également, et les différents livres que tu as pu lire.
- Speaker #1
proposer avec grand plaisir je vais essayer de me tenir au challenge de faire court moi j'écris depuis une dizaine d'années à peu près plutôt que de parler de mes romans je vais parler de moi en fait pour ceux qui me connaissent le savent moi je suis un petit peu la petite fille parfaite j'ai toujours été cette petite fille voilà qui a voulu être parfaite qui a fait les bonnes études qui voulait plaire un peu à tout le monde qui a trouvé le bon métier et qui s'est toujours un peu conformée dans ce chemin. dans ce qu'on attendait d'elle. Voilà, absolument. Et ça, ça a toujours marché jusqu'à un moment où je me suis rendue compte dans ma vie personnelle, professionnelle et familiale qu'il me manquait mon terrain d'expression à moi. Et le déclencheur à tout ça, ça a été les événements de Charlie Hebdo en 2015 que j'ai ressenti comme, nombreux d'entre nous, comme une violence immense. Et il y a eu ce trop-plein d'émotions. à un moment donné qui fait que j'ai pris un nom de plume à ce moment là pour pouvoir le déverser et l'exprimer ça c'était en 2015 est ce qu'on pourrait savoir le nom de plume d'origine c'est toujours le même c'est nina frais ok qui reste inchangé donc ça c'est mon double maintenant voilà si tu m'appelles indifféremment par mon nom civil ou mon nom de plume dans la rue je me retournerai et donc du coup j'ai pris ce nom de plume et j'ai sorti ce premier roman charlie charlie 17 ans il a été écrit en quatre semaines Et puis j'ai continué mon petit bout de chemin. En ce moment là il a été primé un an après sa sortie.
- Speaker #0
C'est incroyable, premier roman écrit en quatre semaines, primé au bout d'un an.
- Speaker #1
Ouais c'était fou.
- Speaker #0
Directement tente dans le vif du sujet, tente dans le bassin et directement un succès donc bravo.
- Speaker #1
Merci beaucoup, ouais c'était incroyable et je pense qu'il a répondu à un moment de l'histoire très particulier. Il a touché des gens parce que j'ai reflété aussi ce que les gens avaient ressenti. C'était un roman de cœur, un roman de tripes.
- Speaker #0
Tu avais besoin de l'écrire.
- Speaker #1
Absolument. Et donc l'écriture est venue comme ça, par ce besoin d'écrire. Et puis après, j'ai continué mon parcours finalement. L'écriture était un grand secret. Personne ne savait, à part les quelques personnes qui m'étaient très proches. Et j'ai continué comme ça dans mon parcours de fille parfaite. rajoutant petit à petit la casquette de maman parfaite parce qu'elle manque et puis un jour quand même ça a été la cocotte minute émotionnelle et là j'ai un peu craqué et personne n'avait vu venir et c'est le moment où je me suis arrêtée et je me suis dit non là ça va plus Et là j'ai repris la plume j'ai réaffirmé aussi mon identité d'autrice je me suis beaucoup plus prise au sérieux et ça c'était en 2022 et mon roman 3 en est né et il parle justement du fait d'oser être soi et de se choisir
- Speaker #0
Je vois des petits points communs avec moi, c'est-à-dire au début, le fait de ne pas avoir le courage parfois de dire qu'on est auteur, qu'on écrit aux personnes qu'on connaît. Parfois c'est difficile et je trouve que, je ne sais pas si tu es d'accord, mais parfois c'est plus difficile de dire aux personnes qu'on connaît et qu'on écrit qu'aux personnes qu'on vient de rencontrer.
- Speaker #1
Je suis absolument d'accord avec ça.
- Speaker #0
Parce que quand on rencontre des personnes, on se dit qu'on peut être n'importe qui et du coup on peut devenir écrivain comme ça et dire je suis écrivain et ne pas avoir un peu de honte à le dire. En tout cas, c'est comment moi j'ai pu le ressentir. Et c'est pour ça que c'est encore plus difficile parfois de le dire à sa famille ou à ses amis. Et donc je me reconnais là-dedans. Ce que je voulais aussi te savoir, c'est pourquoi écrire des romans feel-good ? Quelles sont les raisons derrière ce genre de prédilection ?
- Speaker #1
Moi, il y a deux maximes dans ma vie dans lesquelles je crois très très fort. La première, c'est il faut croire au petit bonheur, il faut croire au positif. Et c'est aussi ce point de vue sur la vie qui fait qu'on reçoit du positif.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc ça c'est la première chose et c'est quelque chose que je veux transmettre dans mes romans, de se dire que malgré les hommes d'ombre, malgré les périodes plus difficiles, il faut s'écouter, il faut avancer, il faut regarder les petites choses qui nous font du bien au quotidien. Et c'est un parti pris fondamental dans ce que j'écris, pour aller chercher cette petite touche de bonheur que je distille, même si j'aborde des sujets de fond plus durs. Ça c'est la première raison. Et la deuxième raison, c'est que l'écriture est très liée, moi, à mon parcours de développement personnel quasiment. J'ai toujours écrit dans le grand secret historiquement et l'écriture m'a permis d'avoir mon terrain de liberté pour oser être moi, pour oser explorer des sujets à la fois qui me touchent mais aussi qui me font du bien. Et aujourd'hui c'est ça que je veux transmettre à mon lecteur.
- Speaker #0
Tu écris maintenant depuis plus de 10 ans parce que Charlie Hebdo c'était en début 2015. Ta vie a beaucoup changé à titre personnel, à titre professionnel et en tant qu'autrice. Est-ce que, et je pense que je connais déjà la réponse, mais comment ça a pu t'inspirer ?
- Speaker #1
J'adore cette question, parce que la question qui se cache derrière... c'est est-ce qu'on met un petit peu de nous aussi dans les romans ? Et cette question me la pose souvent. Généralement, et je le dis encore aujourd'hui, mes romans n'ont rien d'autobiographique. Je refuse d'écrire sur ma vie ou celle de mes proches, aussi par pudeur et par respect. En revanche, ce qui est certain, et merci pour cette question, c'est que je glisse toujours des périodes de ma vie dans mes romans. Charlie, c'était l'histoire de la jeune femme qui doit porter sa voix, apprendre à exister, apprendre à... prendre parti. J'étais encore toute jeune à cette époque. Ensuite il y a eu Tina & Max, ma romance rock, où là c'était sur des questions identitaires et de différences physiques, sociales, et qui est un sujet aussi qui me touche personnellement.
- Speaker #0
Des sujets qui sont quand même très profonds.
- Speaker #1
Assez profonds, oui, tout à fait. Après il y a eu l'histoire de Clara, cette jeune femme qui doit retrouver un sens dans sa vie, faire les choix de cœur plutôt que des choix de société. Donc en fait, je me suis rendue compte en relisant mon parcours d'autrice que chaque roman était lié à une période de ma vie, aux questions auxquelles on est confronté, particulièrement en tant que femme, à chaque période de la vie. Et le dernier roman sur la maternité en est une magnifique illustration.
- Speaker #0
C'est une parfaite transition parce que j'avais une question à Baudet. Est-ce qu'il y a cette envie un jour de pouvoir écrire des romans qui seront lus peut-être par ta famille, ou est-ce que tu considères que c'est un peu ton espace et que c'est quelque chose qui pourrait te déranger ?
- Speaker #1
J'ai la chance d'avoir un entourage qui me soutient à 1000% dans ce projet. Pour l'anecdote, quand j'ai démarré l'écriture, et que c'est devenu une passion assez dévorante, je pense que tu sais de ce dont je parle, je leur ai fait faire une promesse et je leur ai dit « Écoutez, surtout, dites-moi si jamais vous vous rendez compte que je m'enferme dans un rêve un peu trop fou et qu'il n'y aura aucun avenir. » Je pense qu'ils ont toujours été attentifs à ça, en même temps qu'ils m'ont toujours soutenue dans l'écriture, ils m'ont toujours lue. Ma mère est ma première lectrice. Toujours, chapitre par chapitre, c'est mon alpha lectrice comme on dit. Ça c'est la première réponse. Et la deuxième réponse, c'est que je mets toujours beaucoup d'amour dans les romans. Et je m'inspire de l'amour que moi j'ai pour mes proches, pour mon enfant, pour ma famille au sens large, pour mes amis au sens large. Et je veux que ces romans portent aussi cette force.
- Speaker #0
Et tu me disais un peu plus tôt... Que chaque roman correspond à une période de ta vie, c'est-à-dire il y a la romance rock qui correspond à une certaine période de ta vie, il y a le roman qui est inspiré de Charlie. Est-ce que du coup, à un moment donné, tu pourrais peut-être ressentir le besoin d'écrire des romans qui soient peut-être un peu plus éloignés du côté très feel-good ? Est-ce que tu considères que c'est un peu le genre que tu préfères et que tu n'aimerais pas écrire autre chose ?
- Speaker #1
Très bonne question. Pourquoi ? Parce que tu poses la question du genre de l'écriture. Exactement. Est-ce qu'on est l'auteur d'un seul genre ou est-ce qu'on peut aussi se réaliser dans plusieurs genres ? Moi, la réponse, elle est très intime en réalité, c'est-à-dire que quel que soit le genre, j'ai écrit du contemporain comme Charmy, très ancré dans l'histoire, comme du feel-good, comme de la romance no adulte. Pour moi, la question du genre, elle est périphérique. Ce qui compte, c'est le message que tu parles. C'est les messages que tu portes. Et pour te donner une illustration très concrète, j'ai un projet de duologie fantastique paranormal que j'adorerais écrire, qui est dans un genre que je n'ai jamais fait. Et pour autant, je sais qu'il parle encore de moi. Il parle du lien encore d'une maman avec son enfant. Il parle de seconde chance. Et ça, c'est mes thèmes fil rouge.
- Speaker #0
C'est les thèmes que tu adores.
- Speaker #1
Ouais. Et en tant qu'autrice, Ce qui est hyper important pour moi, c'est de rester sur des thèmes de cœur et de rester sur mes messages fil rouge qui sont oser être toi, faire les choix de cœur, croire au second de chance, croire au petit bonheur et quel que soit le genre finalement, avec le style et l'ambiance qui va avec, tant qu'on retrouve ces messages, moi je les retrouverai.
- Speaker #0
C'est un peu tous ces messages dans chaque roman ?
- Speaker #1
Non, on retrouve bien sûr mon style et ma plume, après j'essaie et c'est un peu... piège du jeune écrivain dans lequel j'étais tombée magnifiquement sur mon tout premier roman écrit qui n'est jamais sorti parce qu'il est très très mauvais. Le piège dans lequel j'étais tombée, c'est de vouloir trop en dire. Je voulais tout mettre dedans, tous mes messages. Je voulais qu'ils soient absolument complets. Grosse erreur parce que la réalité c'est qu'on ne peut pas tout dire et qu'il faut choisir. Et maintenant, je m'astreins vraiment à choisir un message fort pour chaque roman. Par exemple, avant que l'été nous échappe, le message de cœur, c'est Merci. Aimer, ça demande du courage. Et chaque personnage parle de ce message-là différemment au travers de son histoire. Le roman d'après, donc le tome 2, ça parlera du bonheur en disant même si le bonheur est là, il demande quand même du courage et d'être choisi. Donc maintenant, je compartimente un peu les romans et je me concentre sur vraiment un seul grand message même si on retrouve autour tout ce qui me caractérise.
- Speaker #0
Ça me fait penser à la question que je comptais poser un peu plus tard mais que je vais poser maintenant parce que... Dans ce roman-là, ça parle de bonheur, ça parle d'amour. Chaque personnage va avoir sa propre vision du bonheur ou sa propre vision de l'amour et comment on va donner de l'amour, comment on va le recevoir. Mais il y a ce proverbe qui est très connu qui dit que la lumière ne peut briller qu'en présence de l'obscurité. Est-ce qu'il y a quand même une certaine noirceur dans ce roman, dans certains aspects, pour pouvoir justement renforcer ce côté joyeux et ce côté finalement, on va adorer ce roman, il va nous faire du bien.
- Speaker #1
J'écris jamais des textes qui sont dans le mélo, que ce soit positif ou négatif. Moi, ce que j'aime, c'est les petites fragilités intérieures. Même quand le bonheur, il est là, finalement, il peut y avoir ces doutes, il peut y avoir ces petits drames intérieurs qui font que c'est fragile à un moment donné, qu'il y a une faille. C'est ça qui m'intéresse d'explorer, parce que ça parle aussi de mes failles personnelles et de celles potentiellement de mes lecteurs. Donc du coup, oui. Bien sûr. Alors, il y a toujours aussi des événements extérieurs qui font que ça donne aussi... Des événements traumatiques extérieurs, oui. Bien sûr, qui mettent aussi en scène les personnages. Mais je dirais qu'avant tout, que les fragilités et les zones d'ombre, elles sont intérieures et que mes romans, ils invitent à aller chercher cette lumière en soi et avec les autres.
- Speaker #0
C'est ce qui renforce justement la lumière, c'est-à-dire que quelqu'un qui a pu avoir un événement traumatique qui n'est pas forcément raconté dans le roman, mais qui va simplement être mentionné, ça renforce le côté... Les failles intérieures renforcent le côté, la personne a vécu des événements, mais elle veut quand même rester positive. Et je trouve que c'est quelque chose qui est super intéressant et qui permet justement aux lecteurs ou aux lectrices de s'identifier, de se dire que moi, j'ai pu avoir également un parcours de vie similaire et justement, j'ai envie de rester positif comme le ou la personnage de ton roman. Donc, c'est quelque chose que je trouve vraiment génial. Quand est-ce que ça a été le moment où tu as commencé à écrire et tu t'es dit, je suis une autrice ?
- Speaker #1
C'était très dur et très long pour moi d'assumer cette légitimité en tant que autrice et pour autant j'ai quand même eu un roman qui a été primé, le premier. Mon deuxième roman il a cartonné en autoédition, il a été repris en maison d'édition et malgré tout j'ai mis des années à lutter contre cette petite voix qu'on connaît tous, qu'on déteste, celle qui nous dit mais non en fait tu n'es pas un vrai auteur, une vraie autrice et j'ai mis des années à le combattre. Moi ce qui m'a aidé c'est je pense déjà le temps et c'est aussi de me former. Ça paraît très simple à dire mais récemment j'ai eu une coach en marketing. Estelle Lecquette qui est absolument formidable et tout le travail qu'elle m'a fait faire sur moi, mes valeurs, mon parcours, mes livres, en fait ça m'a fait prendre conscience que mais évidemment que j'étais autrice, évidemment que j'étais professionnelle, évidemment que c'est un métier et dans ma tête j'ai compris qu'effectivement c'est pas parce que tu n'en vis pas, c'est pas parce que c'est pas ton activité principale que ce n'est pas ton métier. Voilà, c'est un travail avant tout, tu fais des choses professionnellement et ce déclic-là, mais je vous encourage à l'avoir le plus tôt possible, pour moi, il change tout. La manière dont on parle aux autres, la manière dont on parle de ses romans, les choses qu'on s'autorise. J'ai fait des choses que je ne serais pas… Je suis là avec toi aujourd'hui.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Je n'aurais jamais pensé faire ça il y a encore trois ans.
- Speaker #0
Il y a un an, je ne me serais jamais dit, vas-y, je vais avoir un compte Instagram, j'aurai un podcast, je vais interviewer des personnes. Jamais. Donc, c'est pour ça que ça ne va pas prendre ses coups. et de se dire, vas-y, on le fait.
- Speaker #1
Tout à fait. C'est vraiment des barrières intérieures qu'il faut faire tomber. Est-ce que tu fais ce que tu aimes ? Est-ce que ça te passionne ? Est-ce que tu crois ? Et en fait, cette question de la légitimité, trop souvent, on attend qu'elle vienne de l'extérieur. Et moi, j'ai envie de dire à tous ceux qui écrivent, qui créent, qui ont un projet, ta légitimité, elle vient d'abord de toi. Crois en toi. J'ai mis trop d'années à attendre de faire ça. Et à la fois, je le regrette, et en même temps, ce chemin, il me donne aujourd'hui une force que je n'avais pas il y a 10 ans.
- Speaker #0
Et c'est la satisfaction de se dire qu'au bout d'un moment, à un certain moment, il y a eu beaucoup de doutes pendant plusieurs jours, plusieurs mois, peut-être même plusieurs années. Et finalement, le temps fait son œuvre. On arrive à trouver une confiance en soi et une confiance qui va nous pousser à nous dire qu'on est fiers de nous. On a eu un premier roman comme toi qui a été primé, un deuxième roman qui a été un tel succès en auto-édition qu'il a été repris en maison d'édition, ce qui est parfois, ce qui est quand même assez rare en général. Donc, c'est vraiment des belles victoires et c'est quelque chose dont tu peux être… dont tu peux être très fier. Et du coup, le conseil que tu donnerais à quelqu'un qui aurait ce syndrome de l'imposteur, ce serait vraiment de se former et de réussir à avoir confiance en soi. Mais comment on peut avoir confiance en soi justement quand on doute beaucoup ? Est-ce qu'il y a un conseil ? Tu dis, c'est vraiment quelque chose que j'aurais aimé qu'on me dise quand j'ai commencé. Question très difficile d'ailleurs.
- Speaker #1
Je vais revenir sur mes mantras de vie qui transparaissent aussi dans mes romans. C'est un, oser. Oser. Arrêtons de nous mettre des barrières.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Il y a encore un an, je n'aurais pas osé répondre favorablement à ta demande. Il y a encore un an, je n'aurais jamais envoyé des communiqués de presse à ma mairie. Je n'aurais jamais poussé la porte de ma librairie. J'ai fait une séance de dédicaces qui était incroyable. C'est oser, y croire, admettre que tout ne fonctionne pas, mais juste avancer pas à pas et être persévérant dans ce qu'on fait parce que ça nous tient à cœur qu'on y croit.
- Speaker #0
Et admettre parfois ce qu'il y a aussi, c'est les échecs. Je trouve que c'est important. Bien sûr. Parce que là, il y a quelques jours, j'ai vu une vidéo sur... Instagram d'une influenceuse, pardon, qui avait reçu des messages de sa communauté en disant que ce serait trop bien qu'on se rencontre et tout. Donc elle avait organisé un événement, elle avait privatisé un coffee shop, etc. Et il n'y a personne qui est venu. Un truc horrible. Et c'est quelque chose qui est très difficile, mais je pense que c'est aussi important de voir ces événements qui peuvent arriver aux autres ou qui peuvent nous arriver à nous et de se dire que ça va nous servir, ça va nous renforcer pour qu'un jour, justement, on puisse, entre guillemets, prendre sa revanche et que... On refasse un événement et que ce coffee shop soit rempli. C'est quelque chose que je trouve important et j'aime bien cette mentalité-là.
- Speaker #1
J'adore cette notion d'échec. Je vais te raconter une histoire si tu me permets.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Mon troisième roman qui est sorti, Là où ton cœur te porte, ça a été un bide total. J'ai voulu sortir très vite. La couve, moi je l'adorais, mais elle n'était pas du tout en lien avec le roman. Donc, ratage total. Je l'ai sorti trop vite. Je n'ai pas préparé le marketing du livre. Bref, j'ai sorti le roman. Un mois après, catastrophe. Je me suis dit, mais rien ne va. J'ai changé le titre, j'ai changé la couve et là je suis reparti de zéro. Autant te dire que le lancement a été complètement raté. Et pour autant, ce roman-là, ça fait trois ans qu'il est sorti, il atteint les 150 reviews sur Amazon.
- Speaker #0
Incroyable.
- Speaker #1
Il continue de vivre. J'approche les 600 lecteurs, ce qui est pour moi une réussite incroyable.
- Speaker #0
Parce que je crois que la moyenne pour une personne auto-éditée, je crois que c'est aux alentours de 50. Quelque chose, j'avais vu un... Un document officiel de la semaine nationale qui détaillait le nombre de ventes moyennes pour les auto-édités et les maisons d'édition, je crois que c'était vraiment très très bien. C'est un très joli succès.
- Speaker #1
Oui, au bout de trois ans, je suis très fière de ce roman. Il m'a appris un truc hyper important, c'est qu'il m'a donné le petit coup de bouse pour me dire « Là, tu as ton roman d'été qui sort en mai 2026, hors de question que tu te prennes les pieds dans le tapis comme le précédent. » Et là, je me suis bougée et j'ai fait des choses et je donnais une chance à ce roman comme je ne l'avais pas fait sur le précédent et que j'avais regretté. Donc l'échec est très formateur.
- Speaker #0
Est-ce que tu considères que, tu trouves plutôt que le fait de sortir un roman, le roman qui sort... qui est sorti en mai 2026 va booster les romans que tu as pu sortir avant, c'est-à-dire qu'une personne va acheter ce roman-ci et après va se dire « je ne connaissais pas cette autrice donc je vais acheter tous les précédents » . Est-ce qu'il y a une influence ou pas ?
- Speaker #1
Moi je pense que oui, preuve étant j'ai de nouveaux lecteurs qui découvrent mes précédents romans, notamment « Là où ton cœur te porte » , après avoir lu « Avant que l'été nous échappe » . Donc depuis mai, je vois un petit regain d'intérêt pour ce roman-là, ce qui me touche énormément. si vous faites partie de ces lecteurs là vraiment merci merci puisque cette histoire elle a trois ans et elle continue vivre et ça c'est fabuleux donc oui oui moi je suis convaincue d'où l'importance aussi quand on est auteurice d'avoir un univers clair et très cohérent autour de ces thèmes et d'avoir un fil rouge qui est facilement reconnaissable pour moi ça c'est très important.
- Speaker #0
Ce qui n'est pas facile je trouve de prime abord à identifier c'est à dire que parfois on peut avoir envie de décrire de tout et de dire, là je vais écrire de la fantaisie, et après je vais écrire quelque chose autre. Et c'est difficile de réussir à trouver une « déa » , une direction artistique, et de trouver surtout ce qu'on a envie d'écrire. Parce que parfois, on enchaîne les projets, et je pense qu'il y a beaucoup d'auteurs ou d'autrices qui vont nous écouter, qui vont se reconnaître à ça, ils enchaînent les projets sans forcément trouver le roman qui les passionne, parce que c'est difficile d'identifier justement, de faire la distinction entre ce qu'on aime lire ou regarder à la télévision, et ce qu'on aime écrire. Et du coup je trouve que c'est bien d'identifier justement ce fil rouge, finalement. Attire les lecteurs comme tu dis.
- Speaker #1
Ça a demandé beaucoup de travail. Déjà ça a demandé dix ans de flashback pour essayer de relier l'histoire. Et ça fait partie aussi des formations que j'ai faites. Et j'ai eu la chance d'avoir un coaching qui m'a vraiment aidé à travailler ce fil rouge là. Qui était là, sans aucun doute il était là, mais je ne l'avais jamais raconté.
- Speaker #0
Et ça s'est passé comment ce coaching ? Est-ce que tu peux nous en parler un peu ?
- Speaker #1
Oui bien sûr. Avec plaisir ! Moi j'ai fait l'académie de Estelle Lecate pour les marketeurs en herbe donc c'est spécialisé sur les auteurs et du coup c'était sur trois mois, c'était génial ! Et en fait on a toutes les semaines un rendez-vous avec elle qui nous amène à travailler en groupe et puis individuellement d'une fois sur l'autre toutes les dimensions de son identité d'autorise, son plan marketing... tout ce qui peut nous aider à mieux parler de notre monde, de nous, de notre parcours. Et moi, ça a été vraiment game changer.
- Speaker #0
Est-ce que tu considères que maintenant, lorsqu'on a un auteur ou une autrice, peu importe qu'on soit édité en maison d'édition, qu'on soit auto-édité, que c'est une obligation d'avoir de faire des formations ? C'est-à-dire que ce soit une formation sur l'écriture en tant que telle, ou sur le marketing, ou sur un autre sujet qui est lié à l'écriture et au métier d'auteur ou d'autrice.
- Speaker #1
Je ne pense pas dire que c'est une obligation, je pense que ça doit répondre à un besoin. Moi j'avais besoin de me former en technique d'écriture, ce que j'ai fait beaucoup, en lisant, en faisant des MOOC aussi. J'avais besoin de me former aussi pour mieux parler des romans et être plus claire sur mon univers. Donc je pense que ça doit partir d'un besoin. Moi j'ai trouvé énormément de valeurs ajoutées. Que ce soit dans mon style d'écriture, dans ma manière de construire mes projets, d'en parler. Après, je crois aussi que l'écriture, c'est quelque chose de tellement intime, de tellement personnel, qu'il faut être prêt à faire ça, il faut le vouloir. Et dans la mesure où c'est un acte créatif, pour moi, en parler n'est pas forcément une nécessité. Tout dépend de son envie, de ce qu'on veut faire de nos romans et de cette passion-là.
- Speaker #0
Tu m'avais dit, il y a quelques temps, quand on avait... quand on s'était rencontré pour la première fois, qu'une idée suffisait pour écrire une histoire. Comment, selon toi, on peut réussir à trouver, à se rendre compte que telle idée peut faire une bonne histoire ? Parce que quand on est un auteur ou une autrice, on a des tas d'idées qui nous viennent par la tête, et ça peut être difficile de distinguer quelle idée est la bonne à écrire et quelle idée n'est pas la bonne à écrire. Et la dernière fois, j'intervivais une autrice qui me disait qu'elle, elle fonctionnait beaucoup au coup de cœur, et que si elle avait les papillons dans le ventre, elle mettait trois cœurs, sinon elle en mettait deux ou un. Et quelle est, toi, ta petite technique pour savoir comment on peut écrire, on peut trouver l'idée qui va faire un bon roman ?
- Speaker #1
Je pense que le problème, ce n'est pas l'idée. Les idées, on en a des dizaines. Et je vais te faire une petite confidence. Moi, j'ai une note dans mon téléphone et j'ai mon carnet où à chaque fois que j'ai une idée, je me dis « Ah tiens, ça ferait un chouette roman » . Quand je lis quelque chose de fort, je me dis « Ah génial, je pourrais tirer le film et en faire un roman » . Donc, les idées, elles sont là. Je pense que c'est plutôt une question de moment. Comme je te disais tout à l'heure, pour moi un roman il raconte un moment de vie, il raconte des questionnements de vie et personnels. Et je choisis toujours mes romans par rapport à ça. C'est lequel me parle aujourd'hui. Et je viens de traverser une période d'à peu près deux mois. Mon roman d'été vient de sortir, je suis en train de réfléchir à mon roman d'après. J'ai trois romans qui sont à égalité en termes de préparation, de plan, de pitch, de tout. J'étais incapable de choisir et j'ai eu le déclic il y a une semaine. Et je me suis dit non, ça y est, en fait le roman que tu as envie d'écrire c'est la suite de Avant que l'été nous échappe. Parce que les retours sont tellement formidables, les personnages te manquent tellement, les thèmes comptent tellement. Et j'ai envie de raconter ça. et je me suis dit ça y est c'est celui-là maintenant c'est vraiment une question d'instant
- Speaker #0
Est-ce que c'est difficile de terminer une histoire, de mettre un point final et de ne plus revoir les personnages ?
- Speaker #1
C'est horrible je ne suis pas encore remise de tous les romans que j'ai laissé vivre généralement il me faut au moins 6 mois pour faire mon deuil d'une histoire de personnage c'est pour ça que je suis tellement contente d'écrire le tome 2 du roman d'été Puisque j'ai l'impression de revenir à la maison, de revenir avec mes amis, en retrouvant les points de vue des personnages, c'est absolument fabuleux. Ça c'est la première réponse. Et puis la deuxième, c'est aussi un message de gratitude. Parce qu'une fois que le roman est sorti, finalement il commence sa vie. Chaque lecteur le re-raconte, dans chaque message, chaque feedback qu'on reçoit, chaque lecteur le re-raconte, refait vivre différemment les personnages, avec son point de vue, sa sensibilité. Et ça, je trouve que c'est tellement précieux, tellement touchant, que finalement, on les laisse s'échapper, mais ils continuent leur vie.
- Speaker #0
Et est-ce que tu penses, est-ce que ça t'est déjà arrivé d'écrire un roman en one shot ? C'est-à-dire, tu te dis, il n'y aura pas de suite. Et puis, quelques mois ou peut-être quelques années après, tu te dis qu'en fait, cette histoire, elle était tellement intéressante que ça te donnerait envie d'écrire la suite. Et que du coup, soit tu as pu écrire cette suite-là, ou tu réfléchis de se dire, je pourrais peut-être aborder tel angle pour pouvoir poursuivre. Vraiment tu dis j'ai mis un point final et je ne vais pas rajouter finalement une virgule pour continuer l'histoire.
- Speaker #1
J'aurais beaucoup beaucoup beaucoup de mal à revenir sur mes romans que j'ai écrits il y a 10 ans, 5 ans. Pour moi c'est plus possible.
- Speaker #0
Ah bon pourquoi ?
- Speaker #1
Parce que j'ai grandi, parce que mes préoccupations d'aujourd'hui sont à celles d'hier et que encore une fois les romans que j'écris c'est la moi d'aujourd'hui. Et c'est les sujets qui me touchent actuellement. Aujourd'hui c'est la continuité, vivre ses rêves, être soi, choisir le bonheur sans attendre qu'il tombe dessus. Aujourd'hui c'est ces thématiques là qui étaient un peu en fil rouge avant mais je dirais qu'elles sont aussi le reflet de la moi d'aujourd'hui.
- Speaker #0
Ce que je trouve intéressant dans le fait de fonctionner comme ça c'est le fait que par exemple si on se plonge, si tu te plonges dans nos têtes dans 30 ans et bien tu n'auras qu'à lire les romans que tu as pu écrire les uns après les autres et tu retrouveras À chaque fois, une partie de toi dans chaque roman qui correspondait à la personne que tu étais à 25 ans, à 30 ans, à 35 ans, à 40 ans, à 60 ans, etc. Et du coup, ce sera un peu comme une forme d'autobiographie, je trouve, à travers des romans fictifs, et c'est quelque chose que je trouve très intéressant.
- Speaker #1
Oui, j'aime.
- Speaker #0
Maintenant, ce qui est intéressant, c'est d'aborder un sujet qui concerne absolument tous les auteurs et toutes les autrices, et qui concerne également tous les artistes plus largement, c'est l'écriture au quotidien. ou lorsqu'on est un artiste et qu'on n'est pas un auteur, c'est travailler son art au quotidien. Ma première question, c'est le fait que tu as écrit un roman en un mois. Comment on peut s'organiser pour écrire un roman en un mois ? Parce que tu viens de dire plus tôt que c'était d'ailleurs ton premier roman, ton premier roman publié, ce qui est quand même assez incroyable. Comment tu avais pu t'organiser ? Est-ce que c'est plutôt un sprint ou juste beaucoup de discipline, beaucoup de rigueur ? Et il faut aussi tenir, même si on n'a pas envie d'écrire, on va se forcer un peu à... à sortir les mots qui ont du mal à sortir de notre tête ?
- Speaker #1
J'adore cette question ! J'ai deux expériences d'écriture de roman en un mois. Le premier, c'était Charlie, 17 ans. Celui-là, c'était viscéral. Ça a été un élan d'écriture inarrêtable pendant quatre semaines parce qu'il y avait ce trop-plein d'émotions qu'il fallait coucher sur le papier. C'était un exutoire nécessaire. Là, c'était tout le temps. Le matin, le midi, le soir, dans les transports, en permanence. J'écrivais un chapitre par jour à peu près, donc ça a été une nécessité. Voilà, je crois qu'il n'y a pas d'autres mots. Donc ça, ça a été ma première expérience. Quand on a ce sujet vraiment qui est là, des fois c'est malgré nous que j'ai envie de dire. Oui,
- Speaker #0
oui, je suis d'accord.
- Speaker #1
Et après, ma dernière expérience d'écriture d'un roman en moi, c'était en janvier. Alors j'ai eu la chance de prendre une sorte de congé sabbatique pendant trois mois pour écrire justement.
- Speaker #0
C'est trop bien ça.
- Speaker #1
Et j'ai envie de vous dire... Évidemment qu'écrire un roman en un mois, quand on se dédie à 100% à ce qu'on fait, c'est possible. C'est possible, parce qu'effectivement on y passe plusieurs heures par jour. Oui mais...
- Speaker #0
Et je vais faire des posts à ce sujet, donc restez connectés, parce que c'est un sujet qui m'intéresse beaucoup à transmettre aussi. Oui, mais pourquoi j'ai réussi à le faire ? C'est que ce roman-là, je l'avais énormément préparé. Les thèmes, les personnages, le plan, je savais exactement ce que je voulais raconter. Et finalement, ce mois d'écriture n'a été que la concrétisation d'un processus qui s'est étalé grosso modo sur un an à peu près.
- Speaker #1
Du coup, c'était la question que j'allais poser juste après. C'était de savoir, lorsque l'on dit un roman en un mois, c'est... L'écriture du premier jet plus la relecture. C'est premier jet, c'est en un mois, qu'est-ce qu'on a le temps de faire pour les personnes qui se diraient qu'ils ont envie de poser un projet sabbatique et de se lancer en un mois dans l'écriture à fond de leur projet. Est-ce qu'ils peuvent, peut-être en un mois ou deux, penser à un roman, l'écrire, le réécrire et se dire maintenant, je peux le publier en auto-édition ou l'envoyer en maison d'édition ?
- Speaker #0
Presque. Je dirais que le processus est un tout petit peu plus long que ça. Si je devais faire part de ma propre expérience, j'irais tuer à l'idée. Tu jettes un peu ce que j'appelle mon chaos sur papier, toutes les idées. Tu laisses vivre l'idée sur à peu près 3-6 mois pour qu'elle prenne corps, pour que tu touches un peu les thèmes, que tu la structures, que tu prépares le plan. C'est à peu près 6 mois minimum. Une fois que tu es prêt et que tu es allé au bout de ce processus-là, l'écriture peut aller assez vite, selon le temps dont tu disposes, un mois, deux mois, si tu as du temps. Encore une fois, c'est quand même un élément. critique et de la dispo mentale.
- Speaker #1
C'est primordial et de réussir à avoir la motivation, la volonté et le temps, c'est le plus important.
- Speaker #0
Tout à fait. Après, il y a la phase de réécriture et de bêta lecture qui peut prendre du temps. Je pense qu'au moins deux mois, c'est vraiment un minimum minimum parce qu'il y a le temps que tes bêta lecteurs le lisent, te fassent des retours, que tu l'intègres, que tu retravailles ton texte. Cette partie-là, elle est longue. Donc, je dirais qu'un... Mais c'est mon expérience d'écriture, parce que je fais aussi des textes qui sont assez fouillés sur la dimension psychologique. Moi, mon rythme de publication ne peut pas être en dessous de l'année.
- Speaker #1
C'est là où on est assez admiratif de tous les auteurs qui arrivent à publier deux ou trois romans par an. Ah bon,
- Speaker #0
je suis archi impressionnée.
- Speaker #1
Ma mère est fan de... J'espère que je ne vais pas écorcher son nom et son prénom. Freda Macpadon, l'autrice de La Femme de Ménage. J'espère que je l'ai bien prononcé. Et quand je vois tous les romans qu'elle sort... Je me dis comment c'est possible d'en écrire autant ? Est-ce qu'elle avait déjà tout écrit et comme la femme de ménage à marché, elle a réussi à sortir ses vieux manuscrits ? Ou est-ce qu'elle arrive à sortir un roman comme ça tous les trois mois ? Je suis assez admiratif, surtout que quand c'est des romans un peu thrillers, je trouve que c'est assez difficile justement, parce qu'il faut réussir à glisser un peu les éléments, les petits indices au fur et à mesure de l'histoire, ce qui n'est pas facile non plus, ce qui est un vrai travail. Donc assez admiratif de ces auteurs-là, je trouve.
- Speaker #0
J'avoue, pareil. Et en même temps, je vais vous confier un petit secret, en tout cas, concernant moi. Le prochain en moi, il est déjà écrit.
- Speaker #1
Il est déjà écrit ?
- Speaker #0
Je suis en train de travailler sur le roman 6. Du coup, moi, j'ai toujours au moins un roman d'avance.
- Speaker #1
Et quel sera du coup le thème de prédilection du roman ?
- Speaker #0
Celui qui est déjà écrit ou le prochain ?
- Speaker #1
Celui qui est déjà écrit et le prochain, si on peut avoir les deux, après tout.
- Speaker #0
Alors, celui qui est déjà écrit, que j'ai écrit en janvier, il parlera des choix de vie. d'entrepreneuriat féminin, d'un power word féminin, au travers d'un personnage très important, un personnage qui a 35 ans et qui fait face à plusieurs chemins devant elle, qui ne sait pas lequel choisir et qui, du coup, fait un peu ce parcours initiatique au travers d'un voyage à Dakar pour trouver ses réponses en elle plutôt que dans les autres.
- Speaker #1
J'adore le sujet. Ça va promettre d'être très intéressant et d'intéresser beaucoup de personnes. En parlant du coup de... Mais Empowerment, féminin, tu es autrice, tu es consultante, tu es influenceuse littéraire, on peut le dire, sur Instagram, parce que tu es une autrice qui est présente sur Instagram, sur le compte Nina Frey, et également sur TikTok, si je ne m'abuse. Donc un peu moins, mais un peu aussi. Donc n'hésitez pas d'ailleurs, petit message de promo, à aller la suivre sur Instagram et sur TikTok. Bien évidemment, son compte sera en description de l'épisode, de même que les différents romans que tu as pu publier sont directement le lien pour pouvoir aller l'acheter. Mais du coup, ma question était la suivante. Comment on arrive à concilier consultante, autrice, influenceuse littéraire sur les réseaux sociaux, mère et amie, etc. Tout ça en 24 heures dans la journée et en 7 jours par semaine ? Parce que c'est quand même pas facile. Moi, je vois, je travaille déjà 35 heures, 39 heures, donc c'est pas facile. Mais je me dis, réussir à faire tout ça en 24 heures dans la journée et après, il faut dormir, c'est quand même... C'est pas évident.
- Speaker #0
Alors c'est la question qui appuie sur le bois qui fait mal. Exactement. Les journées sont terriblement trop courtes. Déjà j'ai fait des choix sur ce qui est important pour moi. Donc mon fils c'est ma priorité absolue. Je banalise du temps que je lui consacre absolument tous les jours, tous les week-ends pour être présente et ne faire que ça, c'est-à-dire être avec lui. Après, je ne suis pas quelqu'un de normale, j'en suis consciente aussi, je suis une énorme bosseuse, j'ai toujours été comme ça, je suis quelqu'un de très focus, très persévérante, donc je suis capable de rebosser tous les soirs de 21h jusqu'à 11h30 sur mon bouquin, sur mes posts Insta. C'est vrai que je... Je suis consciente que je n'ai pas une vie normale de ce point de vue-là. C'est-à-dire que j'ai la plateforme Netflix par exemple, mais j'avoue que je préfère aller bosser mes bouquins que regarder un film.
- Speaker #1
C'est génial. Moi, pareil, à chaque fois quand je rentre du travail à 18h30, 19h, j'arrive toujours à me concentrer et c'est vrai que je trouve ça hyper agréable parce que quand on écrit quelque chose ou qu'on travaille sur les réseaux sociaux ou qu'on écrit dans un roman qui nous passionne, ce n'est même pas du travail en fait, je trouve. Et c'est quelque chose que je trouve génial. Est-ce que tu écris à l'instinct ou est-ce qu'à chaque fois tu essaies d'avoir un plan structuré ?
- Speaker #0
Moi je connais toujours la fin de mes romans quand je commence à écrire un roman et les principaux temps fins. Alors je me fais bien sûr des plans détaillés mais une fois sur deux ils sont mis par terre par les personnages au fur et à mesure d'écriture.
- Speaker #1
C'est satisfaisant d'avoir un plan détaillé, même si on ne le suit pas je trouve que c'est cool.
- Speaker #0
Donc voilà, le conseil que je donne à toutes les personnes qui me parlent de leur projet c'est détermine ta fin parce que c'est ça qui dit tout. Qu'est-ce que tu veux laisser comme impression ? Qu'est-ce que tu veux porter comme message ? Comment tu veux que ton personnage il évolue ? Et en fait ça sous-tend tout ce par quoi il va passer, toute son évolution, tout ce qu'il va vivre. Moi c'est le plus important. Pour la petite anecdote, le premier roman dont je t'avais parlé, que j'ai écrit plus jeune et qui n'est jamais sorti, ce qui est très nul, je n'avais pas la fin. Je me suis tapé un travail de réécriture, une fois arrivé au bout, de fou ! Parce qu'en fait, il fallait que je repique. la fin,
- Speaker #1
ils ont tout débuté. C'est compliqué, je suis une autrice très connue sur les réseaux sociaux qui a publié une trilogie dystopique qui a pas mal marché et qui disait qu'elle, elle faisait un premier jet, qu'après elle remettait tout à zéro parce qu'elle refaisait un deuxième premier jet et qu'au final c'était très compliqué justement parce qu'elle avait énormément de versions différentes parce qu'à chaque fois, tu as une petite idée au milieu de l'intrigue qui te force à modifier littéralement tout ce que tu as écrit avant. Et ce qui est très compliqué.
- Speaker #0
C'était très compliqué, oui.
- Speaker #1
Lorsqu'on commence à écrire, en général, on ne pense pas vraiment au moment de publication, lorsqu'on écrit au début de notre premier roman, ça vient plus tard, quand on a terminé le premier jet ou qu'on a tout simplement terminé le roman, on se dit, j'ai envie de le publier, j'ai envie qu'il soit disponible. Et il y a la grosse question que je pense qu'on s'est tous un jour posée, édition traditionnelle ou auto-édition ? Plusieurs romans ont été publiés en auto-édition, tu as... également des romans qui ont été publiés en édition traditionnelle. Qu'est ce que tu as préféré toi dans le processus et quels sont les avantages et les inconvénients de l'auto-édition et les avantages et les inconvénients de l'édition traditionnelle ?
- Speaker #0
Je serais absolument incapable de répondre à cette question pour la simple et bonne raison que j'adore être une autrice hybride donc à la fois en auto-édition et en maison d'édition traditionnelle. Pour moi la grosse différence qu'il y a entre les deux c'est le temps. C'est l'auto-édition, elle te permet de publier très rapidement, de donner vie à un projet très vite parce que tu maîtrises toutes les étapes. Tu choisis les personnes avec qui tu travailles, tu montes ton équipe avec toi, ton correcteur, ton éditeur, ton graphiste. Donc tu maîtrises vraiment tout le processus et ça, je trouve, ça n'a pas de prix. Moi qui écris pour aussi avoir ce terrain de liberté et d'existence personnelle, je trouve que c'est absolument incroyable. Et en même temps, j'ai eu la chance d'avoir un de mes romans en maison d'édition et je trouve que la relation que tu noues avec un éditeur, le travail, le regard qu'il apporte sur ton texte, les retours qu'il te font, c'est génial.
- Speaker #1
C'est que il y a une vraie plus-value du coup.
- Speaker #0
Pour moi, oui. Vraiment. Et maintenant, je la travaille aussi en tant qu'indépendante en prenant ce type de retour pour donner ce regard extérieur au texte, ne plus être seule avec son texte.
- Speaker #1
Et est-ce que tu t'étais rendu compte du coup, lorsque le roman a d'abord été publié en auto-édition, puis après a été remarqué par une autre édition, est-ce que tu t'étais rendu compte, lorsqu'ils t'ont fait tous les retours, que le roman publié en auto-édition, il était imparfait sur certains aspects ?
- Speaker #0
Absolument, mais j'ai envie de te dire qu'un texte est toujours imparfait. Quand tu remets le nez dans tes romans, tu as encore envie, disons après, de l'échanger, de retoucher une phrase. Et en même temps, il y a quand même des techniques d'écriture fondamentales. à connaître. Le show Don't Tell, c'est une illustration parfaite. Le fait de te détacher du texte et de faire confiance à ton lecteur est sain quand tu es dedans. Certains sont très doués à le faire spontanément, moi j'ai eu besoin de passer par de la formation et du retour extérieur. Et c'est une des choses que l'éditeur avec qui j'ai travaillé, donc Arthur Collins, m'a apporté.
- Speaker #1
Ah incroyable ! En plus c'est ceux qui ont publié Edgar Games je crois.
- Speaker #0
C'est possible.
- Speaker #1
Donc incroyable, j'adore cet éditeur français, parenthèse. Et est-ce que du coup tu considères que... Certains romans, comme tu dis, ça dépend beaucoup pour édition traditionnelle, auto-édition, qu'il y a certains romans qui vont être plus faits pour l'auto-édition et que d'autres, tu dis, pour le coup, c'est vraiment un roman que j'ai envie qu'il soit publié en maison d'édition traditionnelle, je dirais.
- Speaker #0
Oui, je trouve que certains romans se prêtent très bien à l'auto-édition, notamment les genres film-goût, notamment les thrillers. Là, le roman que j'ai écrit en janvier, c'est plus un roman contemporain. Une littérature blanche. C'est-à-dire ? Pour les personnes qui connaissent pas. C'est généraliste, c'est de la littérature vraiment généraliste contemporaine qui est pas genrée. C'est pas du film, de la romance, du thriller, du fantasy. C'est vraiment de la littérature générale. Et je trouve qu'il y a des très belles maisons qui se prêtent très bien à un genre de roman. Pour celui-là, je suis en train de tenter des maisons d'édition. On verra bien où ça mène. Il faut juste être patiente maintenant.
- Speaker #1
C'est moi, tu m'avais choqué quand tu m'avais raconté. que quand tu avais publié l'un des romans qui avaient été publiés en maison d'édition, ils t'avaient attendu 13 mois le retour, je crois. Oui,
- Speaker #0
je t'avais raconté cette histoire.
- Speaker #1
Ça, c'est quelque chose. Parce qu'à ce moment-là, j'étais en plein processus d'envoi des maisons d'édition. Je m'étais dit, si ça se trouve, on est en février, par exemple, et j'aurai un retour en mars 2027.
- Speaker #0
Il faut s'y attendre, il faut s'y préparer. En fait, le gros challenge quand on envoie son roman aux maisons d'édition, c'est de l'envoyer et après, il faut arrêter d'y penser. Il faut se dire ça y est il est parti, on l'oublie, on continue sa vie, on base sur un autre projet. Et effectivement, ça concernait le roman d'été. Je l'ai publié et j'ai eu une réponse d'une maison d'édition 13 mois après l'envoi. Ce qui paraît incroyable.
- Speaker #1
Oui, on se dit qu'au bout d'un an ils ont oublié.
- Speaker #0
Oui, et en même temps, qui est plutôt dans les calendriers possibles quand on cherche un chemin en maison d'édition traditionnelle.
- Speaker #1
Mais c'est quelque chose qui je trouve est très encourageant parce que je pense qu'il y a beaucoup. personnes qui aujourd'hui publient, enfin envoient à des maisons d'édition et qui se disent au bout de six mois tu peux faire une croix dessus et en fait peut-être qu'au bout d'un an ils n'ont tout simplement pas encore lu ton roman et c'est quelque chose qui est très encourageant.
- Speaker #0
D'où l'intérêt d'avoir plusieurs projets à la fois.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
C'est que pendant que tu attends la réponse de ta maison d'édition, tu peux commencer à écrire ton nouveau roman.
- Speaker #1
Il y a un sujet que je trouve également très intéressant, c'est... La philosophie de l'écriture, j'ai appelé ça la philosophie de l'écriture. C'est quoi la philosophie de l'écriture pour moi ? C'est pour quelle raison on écrit et pour qui on écrit. Tu considères que tu écris pour la raison principale et pour qui tu écris ? Est-ce que tu écris avant tout pour faire plaisir aux gens, pour te faire plaisir à toi par exemple ?
- Speaker #0
La réponse numéro un c'est, et pour l'anecdote je le dis souvent, moi écrire ça me permet d'éviter des heures chez le psychologue, clairement. parce que ça me permet d'explorer des thèmes qui me sont chers et qui me touchent et puis progressivement au fur et à mesure où j'ai pris la plume moi j'écris pour avoir ce terrain d'existence et de liberté c'est ce que je te disais tout à l'heure et je porte aussi ces thèmes là donc j'écris pour toute personne qui a besoin de deux êtres soi qui a besoin de croire en ses rêves qui a besoin de se donner une chance et c'est vraiment ces messages là que je porte et que j'ai envie de porter autour de mes textes J'écris pour toutes ces personnes là, hommes ou femmes, jeunes ou moins jeunes, tout à fait.
- Speaker #1
Et est-ce que tu lis les romans le même genre que tu écris ?
- Speaker #0
Alors je lis quasiment exclusivement de la fiction. Il y a un seul genre que je lis pas parce que je suis très sensible émotionnellement. Donc c'est pas du tout mon genre de prédilection, c'est les thrillers. Sinon je lis de tout. Beaucoup bien sûr de romans contemporains, des Virginie Grimaldi. J'adore la littérature anglo-saxonne, j'ai lu beaucoup d'auto-éditions, parce qu'il y a beaucoup de pépites aussi. Amélie Petit-Pape, Palacité, Laurence Denali récemment que j'ai lu aussi. Et j'ai quand même un péché mignon terrible, c'est pour les romans de fantaisie, la romantésie. J'avoue, c'est mes romans doudous.
- Speaker #1
Après dix ans d'écriture, quel enseignement tu voudrais transmettre à ton toit d'il y a dix ans ? Et quel... Enseignement, tu voudrais transmettre à ton trois, à ton trois dans dix ans ?
- Speaker #0
S'il y avait une chose que je dirais à la moi d'il y a dix ans, c'est « ose » . N'attends pas. N'attends pas la reconnaissance pour y croire.
- Speaker #1
Je pense que ce sera l'un des mots du podcast de cet épisode-là, ce sera « ose » .
- Speaker #0
Mais absolument.
- Speaker #1
C'est très important.
- Speaker #0
Absolument, moi j'ai mis des années à faire tomber mes barrières intérieures et encore une fois mais Estelle si tu écoutes ce podcast, merci de m'avoir donné l'impulsion qui me manquait mais il faut oser en fait, n'attendez pas d'avoir de la reconnaissance d'autres personnes et que les autres y croient pour vous en fait, la seule personne qui doit y croire c'est toi et en même temps je me remercierai parce que la fille d'il y a dix ans qui a pris la plume qui a cru, qui a eu besoin d'écrire, je serai pas la personne que je suis aujourd'hui si l'écriture ne faisait pas partie de ma vie et je le dis avec beaucoup d'émotion. ça m'offre tellement dans le lien avec les gens dans l'introspection dans la créativité tout positif que ça crée autour c'est une preuve encore une fois du positif que ça peut créer moi j'ai trouvé un réseau d'entraide ouais grâce à instagram qui est absolument formidable et je pense à beaucoup d'autrices agathe novella encore que j'ai pas cité tout à l'heure mais qui deviennent quasiment des copines autrices du quotidien et aussi chez les lecteurs. Parce que chaque mot, chaque cœur, chaque retour, en fait c'est autant d'énergie qu'on prend pour la suite des projets.
- Speaker #1
Je suis d'accord.
- Speaker #0
Aujourd'hui je suis un peu addict, j'avoue, mais objectivement je ne peux plus en passer.
- Speaker #1
Ouais, je suis d'accord parce que moi avant que je me lance sur les réseaux sociaux, je ne m'attendais pas justement à avoir autant de positivité. Parce que très souvent quand on parle de réseaux sociaux, quand on allume la télé par exemple, c'est souvent pour mentionner le côté négatif. Et c'est sûr qu'il y a beaucoup de côtés négatifs, on ne va pas mentir. En tout cas, je trouve que pour la partie auteur-autrice, tu as beaucoup de solidarité et on arrive vers toutes les petites questions bonus. Déjà ?
- Speaker #0
C'est passé tellement vite !
- Speaker #1
Ça passe vite lorsqu'on discute et pour moi, c'est un peu comme si on discutait autour d'un café. Quel est le retour qui t'a le plus touché ? Un retour où vraiment, même maintenant, c'est quelque chose, quand tu y penses, tu te dis que la personne a écrit quelque chose de tellement bel et émouvant sur un roman que tu as pu écrire et tu te dis que ça fait trop plaisir et je m'en souviendrai toujours.
- Speaker #0
Il y en a eu tellement. C'est difficile. C'est très difficile.
- Speaker #1
Parfois ça semble évident la question, mais vraiment quand on est pris sur le fait comme ça, il faut y penser.
- Speaker #0
Il faut y penser. Je serais incapable de répondre à cette question, je suis désolée.
- Speaker #1
Il n'y a pas de soucis.
- Speaker #0
Peut-être quelqu'un qui s'est reconnu dans les personnages et dans l'histoire, notamment du roman d'été, parce que ça parle aussi de thèmes... de thèmes assez lourds. J'aborde notamment la question du deuil périnatal. Quelqu'un qui m'avait fait un message privé pour me dire à quel point ça avait fait écho et ça l'avait touché. Donc effectivement, quand on a ce genre de retour, je pense à la fois que ça chamboule et à la fois on se dit « bah oui, en fait, ce roman-là, il devait être écrit » .
- Speaker #1
Tu te dis que finalement, la personne qui a pu trouver dans le roman quelque chose qu'elle avait besoin justement pour continuer, et en plus, toi, c'est ce que tu expliquais, que tu écris, sur des sujets liés au bonheur où il faut aller chercher le bonheur et ne pas forcément l'attendre, ça fait plaisir de se dire que la personne a trouvé du bonheur justement dans ton roman et c'est quelque chose qui pour moi est la plus grande victoire, surtout quand c'est un sujet aussi lourd et qui est aussi tragique finalement que le deuil périnatal. Donc j'imagine que ça doit beaucoup toucher. Ton dernier roman a cartonné, n'hésitez pas à aller l'acheter. Qu'est-ce que tu ressens à ce propos-là ? Une petite réaction à chaud, slash à froid, parce qu'il est quand même sorti il y a deux mois, mais qu'est-ce que tu ressens ?
- Speaker #0
Alors vous ne voyez pas ma tête, mais je crois que j'ai un sourire à peu près jusqu'aux oreilles. C'est incroyable, c'est incroyable. Je n'en attendais pas autant en fait. Et il y a quelques temps, je disais à une amie, tu vois, tout pourrait s'arrêter là, maintenant. Déjà, ce que j'ai vécu sur les trois, quatre derniers mois, c'est tellement puissant que... Je n'en attendais pas autant. Je lui ai dit, mais tu vois, ça pourrait s'arrêter là. Tout ce qui vient derrière, c'est du plus et du bonus. Oui, exactement. Et c'est du bonheur, c'est du bonheur pur. À la fois, ça me met vraiment en joie parce que ce projet-là, je l'ai porté sur très longtemps et c'est aussi une très belle récompense.
- Speaker #1
C'est un aboutissement.
- Speaker #0
C'est un aboutissement total. Et aussi parce qu'il porte des thèmes de fond, comme je disais, qui me tiennent vraiment à cœur et dont malheureusement, on ne parle pas assez. Et puis en même temps, moi je décide d'en prendre beaucoup d'énergie, parce que là j'ai décidé du coup de choisir d'écrire le tome 2. Donc ça me donne aussi l'énergie de pouvoir me mettre dans la suite, et j'espère vous la proposer bientôt.
- Speaker #1
Et est-ce qu'il y a de la pression pour le tome 2 ?
- Speaker #0
Absolument !
- Speaker #1
Pas du tout ? Absolument ?
- Speaker #0
Absolument, c'est terrible, je suis dans un lit intérieur entre moi et moi-même, j'essaie de m'en détacher, déjà en retrouvant juste le plaisir d'écrire, et de me dire fais-toi plaisir dans ce que tu écris, dans le fait de retrouver tes personnages et l'histoire, et le reste tu verras. Donc j'essaie de... pas trop me mettre la pression parce que je sais que quelques lecteurs attendent déjà la suite. Et je dirais que c'est le plus difficile, ça.
- Speaker #1
C'était la question que j'allais poser. C'est quoi le plus dur ? C'est d'écrire le premier ou le deuxième tome ? Pour toi ?
- Speaker #0
Alors comme c'est mon premier deuxième tome que j'écris, le premier c'est un marathon, c'est-à-dire que c'est beaucoup de travail, de persévérance, il faut construire tout l'univers, les personnages, donc d'un point de vue technique c'est le plus difficile. Le deuxième, tu remets tes petits chaussons, tu retrouves tes personnages, ils ont grandi mais finalement leurs thèmes et leurs failles restent les mêmes, donc tout le travail de world building est déjà là, donc tu reviens en terrain connu, donc l'écriture est beaucoup plus facile. en revanche ce qui est beaucoup plus difficile c'est de composer avec toi même et avec le niveau de pression que tu te mets pour pas décevoir on va toujours toujours peur de décevoir et ça c'est terrible ça te fait bizarre du coup de parce que tu es une autrice de one shot pour l'instant et là maintenant duologie
- Speaker #1
et peut-être qu'un jour tu te diras pourquoi pas une trilogie plus tard est ce que ça te fait bizarre ?
- Speaker #0
complètement Complètement et ça me pose plein de questions que je ne m'étais pas encore posées à la fois sur les techniques d'écriture, sur la façon dont je vais présenter ce roman aussi. Et je suis super contente de vivre cette expérience parce que j'ai toujours, je te disais tout à l'heure, ce projet d'écrire un roman fantasy un peu paranormal. Ce sera une duologie. Le plan est prêt, j'y crois beaucoup et je profite aussi de cette période d'écriture du tome 2 pour apprendre et préparer aussi la suite.
- Speaker #1
Moi c'est la question que je me pose, comme depuis que j'ai commencé à écrire il y a neuf ans. J'écris que ma saga, je sais même pas si je serais capable d'écrire un one shot. Parce qu'en fait, vraiment, c'est une vraie question, parce que c'est ce qu'on discutait plus tôt avant de commencer à tourner l'épisode, que moi il y a 220 000 mots pour le tome 3. C'est énorme ! Et c'est même pas fini, donc je sais même pas comment écrire un roman de 200 000 mots et le terminer. Je pense que j'aurais même pas les capacités, parce que j'ai toujours envie d'avoir tellement d'intrigues. En fait, écrire, je trouve ça incroyable. Pour moi, j'ai énormément d'admiration parce que je m'attache tellement aux personnages que je veux toujours en raconter plus. Je veux que les personnes connaissent tous les détails de tous les personnages sur les sept films de la saga et qu'on se dise que tout est logique.
- Speaker #0
Oui, c'est le plus dur, il faut faire le choix.
- Speaker #1
Non, mais c'est compliqué. Beaucoup d'admiration, vraiment beaucoup d'admiration, je trouve, pour toi.
- Speaker #0
Merci beaucoup et beaucoup d'admiration pour toi, parce que du coup, je pense que ça correspond à deux approches de l'écriture très différentes. C'est marrant parce que j'en parlais récemment avec une autrice sur Insta, le fait d'avoir un one-shot versus une biologie, Et effectivement, chacun a son lot d'exigences.
- Speaker #1
Moi, je trouve que ce n'est pas le même métier, c'est-à-dire que ce n'est pas le même métier, c'est la même technique d'écriture au fond. Mais c'est pas la même façon d'aborder le récit parce que si on écrit une duologie, par exemple, imaginons que le roman que tu as sorti avait été un one-shot, et tu aurais peut-être mentionné des éléments du tome 2 dans le tome 1, justement, dans le tome unique, parce que tu dis que de toute façon, sinon les personnes ne l'auraient jamais su. Et là, tu te dis, si je ne mentionne pas tel élément, c'est pas grave parce que je peux le garder pour le tome 2. Donc, c'est pas la même... Il y a certaines techniques qui sont extrêmement... propres au one shot et d'autres qui sont propres aux sagas et c'est assez compliqué je pense du coup de mélanger.
- Speaker #0
Je pense que les sagas sont extrêmement exigeantes du point de vue scénaristique justement comme tu le dis pour tout de suite penser à ton tome suivant, le 2 ou le 3 quand tu écris le premier que ce soit cohérent et en même temps que chaque roman se suffise un petit peu à lui-même.
- Speaker #1
C'est compliqué.
- Speaker #0
Que ce soit pas juste une suite mais que ce soit une histoire à part entière avec ses thèmes, ses messages et qu'elle arrive un peu à se... suffire à elle-même ?
- Speaker #1
C'est compliqué, tu vois, et moi je vois beaucoup d'évolution, en tout cas pour moi, par rapport au premier tome, par exemple, où forcément, chaque tome était un peu... Il n'y avait pas d'histoire à proprement parler, forcément, on pensait chaque tome dans sa globalité. Et en fait, là, je vois que j'évolue et qu'il y a une histoire propre à chaque tome. Et c'est quelque chose qui est très difficile justement à appréhender, mais qui est génial, je trouve. Et c'est difficile, justement, on parlait de ça plus tôt, de lâcher ses personnages. Et moi, c'est pour ça que j'adore écrire des sagas. Et pareil, j'ai toujours adoré regarder des films, des séries où il y a plusieurs tomes, où il y a 10 saisons. Et c'est pour ça que j'ai du mal à me dire que je vais regarder une série avec 6 épisodes où il n'y aura pas la suite, parce que justement, si j'aime les personnages, je vais être déçu de les lâcher.
- Speaker #0
Eh oui, je te comprends parfaitement. Du coup, on a hyper hâte de découvrir les tiens.
- Speaker #1
Ouais, mais d'où ? Après, ça sortira un jour. Quand, je ne sais pas, mais ça sortira un jour et bientôt, le plus tôt sera le mieux.
- Speaker #0
Je te le souhaite de tout cœur.
- Speaker #1
Quel roman lis-tu en ce moment ?
- Speaker #0
En ce moment je suis en train de lire le roman de Virginie Grimaldi qui s'appelle Les heures fragiles que j'aime beaucoup parce qu'il parle de la relation d'une mère avec son et son ado donc c'est un roman chorale à double point de vue. Très beau, bon comme d'habitude faut toujours se préparer pour lire Virginie Grimaldi et je viens de quitter le roman de Agathe Novella qui s'appelle Le murmure des fleurs sauvages. que j'ai beaucoup aimé, roman chorale aussi. J'adore le titre. Il est très très beau. C'est un roman féminin avec quatre voix sur trois générations. Très beau sur les liens et l'intergénération même, notamment, puisque ça ne parle pas que de sa nature.
- Speaker #1
Quel auteur qui est sur les réseaux sociaux, qui est diffusé en édition ou en édition traditionnelle, tu recommanderais et que tu adores ?
- Speaker #0
Alors, je vais faire une recommandation et je peux vous assurer que le choix est très difficile parce que j'ai lu récemment et je suis beaucoup d'autrices que j'adore. Moi je vous recommanderais d'aller découvrir les romans de Laurence Denavik. Laurence, j'adore ses romans. Déjà c'est des épopées américaines. Moi j'ai l'impression de plonger dans Barbara Kingsolver, pour ceux qui connaissent, j'adore. Et puis Laurence aussi, j'adore ce qu'elle fait en tant que personne sur les réseaux et je trouve qu'elle a un univers à elle. Elle incarne tout ce que j'ai envie d'être dans le Oser être soi, parler de ses romans. aller nouer des contacts voilà donc Laurent si tu écoutes ce podcast merci à toi de m'inspirer autant à la fois dans tes livres et dans ce que tu portes sur ton réseau pour le mot de la fin résume ton parcours en trois mots persévérance fragilité et douceur ce sera les mots de la fin j'ai pris énormément de plaisir à
- Speaker #1
tourner cette interview j'avais vraiment l'impression d'être dans un café à discuter avec Avec une autrice qui est vraiment passionnante, qui a un univers vraiment de dingue je trouve, et qui a des univers qui sont passionnants, des thèmes. Chaque roman aborde des thèmes qui sont très puissants, qui sont très intéressants. Et lorsqu'on parle par exemple du bonheur, ça peut sembler de prime abord facile à écrire, alors qu'en fait ce n'est pas le cas, parce que lorsqu'on propose un personnage, chaque personnage doit avoir sa propre vision du bonheur. Et c'est vraiment des univers passionnants qui font du bien. Et lorsqu'on termine l'un de tes romans, je pense que... On se sent plus léger et qu'on est content de l'avoir lu et qu'on a envie d'en lire d'autres. Et en tout cas, n'hésitez pas à aller découvrir le profil de Nina Frey sur les réseaux sociaux. Il est bien évidemment en description. N'hésitez pas également à aller acheter tous ses livres qui seront eux aussi en description du podcast. Donc, merci beaucoup de t'être déplacée pour tourner cette interview qui était vraiment géniale.
- Speaker #0
Merci, très très grand merci à toi vraiment. C'est un plaisir à chaque fois de parler de ce qui nous passionne et d'avoir un échange si sympathique dans un très beau cadre. Vous ne le voyiez pas, mais on est sur les bords de scène et c'est absolument magnifique.
- Speaker #1
Merci beaucoup d'être intervenu sur ce podcast. Pour ceux qui suivent le podcast, on se retrouve la semaine prochaine, jeudi prochain à 7h30 pour un nouvel épisode. Il y a de prochaines interviews qui sortent très bientôt. Et je laisse bien évidemment le mot de la fin ou la phrase de la fin à Nina. Je te laisse terminer.
- Speaker #0
Très, très grand merci, et franchement, c'était génial. Le mot de la fin, c'est surtout, si tu as cette idée de roman, lance-toi, vas-y, crois en toi, et rendez-vous bientôt. Mais oui, absolument, crois en toi, vraiment.
- Speaker #1
Et tu passeras vite sur ce podcast pour être interviewé.
- Speaker #0
On le souhaite.