S5#3 "Mon quotidien en éducation musicale avec le numérique" avec Benoît Kiry et Nicolas Olivier du 15/04 12:32 cover
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Les Podcasts de LUDOMAG

S5#3 "Mon quotidien en éducation musicale avec le numérique" avec Benoît Kiry et Nicolas Olivier du 15/04 12:32

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39min |15/04/2024
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39min |15/04/2024
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Description


Aujourd’hui nous recevons Benoit Kiry enseignant éducation musicale à Colmar Collège Saint-Jean académie de Strasbourg et Nicolas Olivier enseignant éducation musicale à Toulouse au collège Sainte-Famille des Minimes.. et on va parler du numérique au quotidien en classe d’éducation musicale.


Bonjour Nicolas, bonjour Benoit,



Alors aujourd’hui on va évoquer votre façon d’appréhender le numérique au quotidien en classe, avant une reforme éventuelle de cette discipline au collège qui serait répartie en éducation des arts, chants,


l’éducation musicale aujourd’hui a changé ? Le pipo est t’il numérique ? ou autrement dit qu’est-ce qui a remplacé le fameux "pipo" qu’on était en charge de commander en début d’année dans sa trousse.


Aujourd’hui on est dans la régulation et le danger vient aujourd’hui sur l’incapacité aujourd’hui de pouvoir travailler sans internet, en éducation musicale on peut travailler en autonomie (garageband par ex.)


Mais youtube pour nous est essentiel, c’est notre source documentaire  et une écoute dans image est plus complexe quand il n’y a pas d’internet.



Questions abordées dans ce podcast : La différenciation, personnalisation des apprentissages en classe, le niveau… ?


Dans les apprentissages sur l’instrument, la voix, la production, qu’est ce qui change ? Le numérique est t’il une solution de plus ? économie du temps ? la préparation des séquences, l’IA touche t’il ?


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour et bienvenue dans les podcasts de Ludomag. Je suis Eric Fourcault, rédacteur en chef de Ludomag, premier magazine en ligne de partage d'expériences d'enseignants sur leurs pratiques pédagogiques en classe avec le numérique. Ludomag, depuis mars 2024, après le français, s'exporte dans les pays en éducation en langue anglaise et espagnole. Vous pouvez retrouver ce podcast en langue française sur Ausha et Apple Podcasts et sur YouTube Podcasts pour les versions anglaises et espagnoles. Nous abordons la saison 5 de notre podcast qui a pour titre le numérique au quotidien dans ma classe. En effet, le numérique relève du quotidien pour la majorité de la population. Ce qui fut l'avenir au temps des NTIC vers les années 95, s'est immiscé dans les pratiques et les usages journaliers. L'idée de cette saison 5 est donc de découvrir comment le numérique est utilisé en classe au quotidien de nos jours, plus que de se projeter dans un avenir incertain, voire prometteur, de nouvelles technologies. Dans les podcasts de Ludomag, nous recevons des enseignants, des formateurs, des éditeurs, chercheurs et institutionnels qui ont quelque chose à dire ou proposer sur le thème. Aujourd'hui nous recevons Benoît Kyry, enseignant d'éducation musicale à Colmar, au collège Saint-Jean, à la chimie de Strasbourg, et Nicolas Olivier, enseignant d'éducation musicale à Toulouse, au collège Sainte-Famille des Médimes. Et on va parler de numérico-coutinier en classe dans l'éducation musicale. Bonjour Nicolas, bonjour Benoît. Bonjour. Alors, comme je disais, on va évoquer votre façon d'appréhender le numérique au quotidien en classe, mais vous êtes des enseignants très connus dans le monde de l'éducation musicale en France, et on va peut-être s'intéresser à cette discipline. D'ailleurs, on disait que cette discipline allait peut-être évoluer, peut-être que l'éducation musicale allait peut-être disparaître au profit d'une éducation large autour des arts, des chants, de la musique, etc. Donc, il réformait peut-être en visage à quelques termes, mais ce n'est pas le problème. propos de notre podcast. Alors la première question que je souhaiterais poser c'est l'éducation musicale aujourd'hui a-t-elle changé ? C'était un peu une évidence. Le pipo est-il numérique ou autrement dit est-ce qu'on a remplacé le fameux pipo qu'on était en charge de commander en début d'année dans sa trousse à l'époque, il y a une trentaine d'années. Moi je me rappelle que j'avais mon pipo que je n'ai jamais utilisé d'ailleurs en classe. Est-ce que, voilà, quel est l'outil en fait de l'enseignant et de l'élève aujourd'hui dans sa classe ? L'éducation musicale.

  • Speaker #1

    La voix. La voix en priorité, donc pas un outil numérique forcément, et puis la pratique instrumentale à travers le corps, percussion corporelle, percussion réelle, et puis il y a des ayatollahs du numérique comme Benoît et moi qui effectivement utilisons abondamment, mais on en parlera avec une certaine raison, cet outil-là. Benoît, est-ce que tu veux proposer une autre réponse ?

  • Speaker #2

    Je rajouterais un outil aussi important, la voix et puis l'oreille.

  • Speaker #0

    D'accord. Donc, est-ce que... Pour votre discipline, vous, aujourd'hui, le numérique a vraiment changé votre vie. Est-ce qu'il est possible, et on verra peut-être les dangers, le trop numérique, ce qui est un discours qui est aujourd'hui d'actualité, il y a une mission sur l'utilisation de trop d'écrans par la jeunesse aujourd'hui. Alors est-ce que vous, dans votre classe, au quotidien, le avant, le pendant et le après-cours, le numérique est partout ? et quelles sont ses forces et quelles sont ses faiblesses. Allez, Benoît, là-dessus.

  • Speaker #2

    Alors, moi, je vais parler du numérique. Dans ma salle de classe, j'ai la chance d'avoir 16 iPads qui sont reliés à des pianos et reliés à des micros. tous sous casque, ce qui me permet de faire travailler une moitié de classe sur un projet, un projet musical, pendant que je peux m'occuper de l'autre moitié de la classe. Donc ce qui a changé dans ma manière d'enseigner, c'est au lieu de faire faire tout à tout le monde en même temps, ça me permet de faire au moins deux groupes et de leur donner du boulot pendant que je travaille avec d'autres. Et l'avantage de cet outil, c'est que... il est discret puisqu'il est sous casque. C'est un petit peu transparent parce qu'on est dans une application qui permet d'enregistrer, qui permet de superposer des pistes, qui permet de jouer une partie piano, une partie percussion, et d'enregistrer sa voix. Là, dernièrement, avec les élèves de 3e, ils avaient comme mission de créer un podcast sur Jean Cachouine. Et c'est des... Je trouve que c'est des choses qu'ils pourront réutiliser au lycée ou lors de production plus tard lorsqu'ils seront aux études.

  • Speaker #0

    Tu parles d'équipement, on verra Nicolas, mais tu parles d'équipement, d'autres manières dans l'éducation musicale, l'enseignant en éducation musicale a toujours eu un peu d'équipement, ou des instruments, il y a toujours un budget dans l'établissement qui permet en fait de... on ne peut pas être, j'imagine, on ne peut pas être prof d'éducation musicale sans outils, c'est compliqué, non ?

  • Speaker #2

    Sans piano, sans haut-parleur qui permet de diffuser le son, ça c'est évidemment compliqué. Mais quand on a en plus la chance d'avoir une flotte d'iPad qui se promène dans les couloirs et qu'on peut réserver pour l'un ou l'autre cours, c'est déjà super.

  • Speaker #0

    Voilà, le seul truc c'est qu'elles peuvent se batailler avec les autres disciplines pour qu'elles ne les utilisent pas pendant la classe de l'éducation musicale, pour réserver un peu.

  • Speaker #2

    Après, moi j'en ai 16, mais on peut travailler avec 2, 3, 4 en îlot, vous voyez, on n'est pas obligé d'avoir autant d'iPad.

  • Speaker #1

    Moi je fais tout comme Benoît, j'ai aussi 16 iPads dans ma classe. La différence que j'ai, Benoît bosse 15-15, moi j'aime bien quand même chanter avec tout le monde, mes 30 ou 32 élèves. Par contre après, je vais les mettre en travail comme lui. Et j'insiste sur ce qu'a dit Benoît, il y a cette idée de ne pas tous faire la même chose en même temps. On commence souvent la même chose en même temps et puis chacun après va effectivement aller à son rythme et va évoluer sur différentes activités qui vont être soit des activités d'écoute, soit des activités de création, soit des activités à nouveau de champ et pour lesquelles l'outil numérique va pouvoir souvent aider juste par le fait qu'on peut enregistrer plusieurs fois et se reprendre, s'auto-évaluer, identifier forces et faiblesses et refaire, mais aussi parfois sans numérique. C'est un petit plus qu'on va pouvoir solliciter en fonction des différentes activités, effectivement. Et pour répondre à l'autre question qui était l'emprunt d'une éventuelle valise, c'est vrai que c'est ça qui pose souvent quelques questions d'organisation avec les collègues et qui nous pousse à investir progressivement chaque année dans 3-4 iPads de plus quand on a la possibilité pour avoir un parc qui puisse être effectivement le plus... Le plus grand possible, je pense que voilà, un iPad pour deux en éducation musicale, ça te permet de faire un iPad pour trois, pour quatre, et effectivement cette modalité-là, soit celle de Benoît, soit la mienne.

  • Speaker #0

    Est-ce que c'est le cas, on a quand même deux personnages qui historiquement utilisent beaucoup le numérique dans leur discipline, est-ce que c'est le cas de tous les enseignants d'éducation musicale ? Est-ce que tout le monde est doté pareil ? Est-ce que tout le monde va aller à fond avec des iPads ? Ou est-ce que c'est plus compliqué dans certains établissements ?

  • Speaker #2

    Moi je vais dire que c'est en fonction de l'appétence de l'enseignant. Il y a des enseignants qui sont capables de faire... de faire aussi des groupes de travail, parce qu'ils ont une salle qui le permet. Moi, j'avais visité des enseignants dans un collège de collègues qui avaient des petits studios vitrés. Donc, ils mettaient les élèves par groupe.

  • Speaker #0

    Des box ?

  • Speaker #2

    Ils travaillaient des box, c'est ça. Des tout petits box, ils travaillaient comme ça par groupe. Ils n'utilisaient pas le numérique au quotidien, mais les élèves étaient tout le temps en action de quelque chose. Et ça, je trouve... tout aussi fort que d'utiliser le numérique pour faire pratiquer les élèves.

  • Speaker #0

    De toute façon, en vous, dans votre discipline, c'est produire et écouter. En gros, c'est ça la clé. On ne va pas leur faire lire l'histoire, enfin si, c'est peut-être au programme, l'histoire de la musique, faire des QCM, est-ce que ça se pratique ?

  • Speaker #2

    Je pensais que tu allais dire on ne va pas leur faire lire les notes. Donc là, les notes, j'ai fait non, mais l'histoire de la musique, remettre dans son contexte une œuvre qu'on écoute, oui, bien sûr. parce que l'idée c'est de donner du sens à ce qu'on écoute.

  • Speaker #1

    Oui,

  • Speaker #0

    et même les notes, ce n'est pas votre boulot, les notes, on est quand même dans un... Il y a des cours d'instruments qui sont donnés par ailleurs, ce n'est pas l'objectif de l'éducation nationale d'apprendre un instrument à un élève, on est bien d'accord, on est sur une éducation musicale en ce sens-là. Alors, je parlais tout à l'heure de régulation de danger, de capacité de travailler en numérique. Est-ce qu'il y a des possibles échecs ? Quelque part, l'Internet se coupe. Qu'est-ce qui se passe pour vous aujourd'hui ?

  • Speaker #2

    De un, on ne peut plus faire l'appel sur Pronote. De deux, on avait prévu un tuto ou une écoute en petit groupe avec YouTube, par exemple, et donc on ne peut plus le faire. Donc, moi j'ai la chance, ça n'arrive pas trop souvent, mais ça arrive plusieurs fois par an. Et on se rend compte que, moi je me rends compte que je suis bien... Je suis bien désarmé lorsque la connexion se coupe. Mais lorsqu'ils sont en situation de création sur l'iPad, donc là on peut déconnecter les iPads d'Internet, ça ne pose pas de problème. Un enregistrement sonore de la voix ou du piano, ça ne pose pas de problème. C'est dès qu'on veut chercher une ressource ailleurs.

  • Speaker #0

    Nico ?

  • Speaker #1

    Pareil pour moi, surtout que, comme on en parlait tout à l'heure avec des îlots des travaux de groupe, chacun va aller soit chercher effectivement des œuvres sur Internet pour répondre à l'objectif que l'on cherche à étudier. Il y en a d'autres qui vont effectivement consulter le tutoriel. Et comme on le disait, ils ne vont pas avoir tous le même tutoriel en fonction de là où ils en sont. Donc c'est vrai que c'est un... C'est difficile de faire sans. Maintenant, comme Benoît, j'ai de la chance et c'est quelque chose qui arrive peu, mais c'est vraiment pas quand même le quotidien. Tu me posais la question tout à l'heure, est-ce que tous les profs de musique sont comme ça ? Là, c'est pareil au niveau de l'équipement. On va faire une formation chez une collègue, elle me le dit, je n'ai pas Internet. Alors, il y a ça, il y a un collège public, il n'y a pas de Wi-Fi, il n'y a pas d'Internet. Donc, effectivement, là, on est en train de prévoir tout. pour arriver à s'en dispenser. Et elle, dans son quotidien, c'est ça qu'elle est obligée de faire, de tout anticiper, de tout télécharger, ce qui n'est pas hyper légal non plus, et de trouver des astuces. Donc effectivement, je ne dirais pas que c'est la pierre angulaire du fonctionnement du quotidien, mais on en est quand même très dépendants.

  • Speaker #0

    D'accord, on est quand même... Si on n'a pas un établissement qui a une connexion, une connectivité dans les classes, parce que c'est pas parce que l'établissement est connecté qu'ensuite dans les classes ça se passe bien aussi, c'est un autre problème, le Wi-Fi des fois est mal distribué, on va dire. Et puis, on parlait de tablettes, d'iPad, effectivement si on n'a pas un device par élève ou par groupe de 2 ou 3, ça devient compliqué de faire du numérique au quotidien en éducation musicale. On est d'accord aujourd'hui, c'est ça ?

  • Speaker #1

    Pas forcément, parce que côté prof, même avec une seule tablette ou même pas, je veux dire, tu peux utiliser le numérique, c'est juste que nous, on a vu le potentiel qu'il y avait, et on a investi, je veux dire, bien sûr financièrement, mais aussi de notre temps et de notre énergie pour arriver à vraiment l'investir cet outil. Mais comme l'a dit Benoît... On a été formés d'ailleurs tous les deux sans trop de numérique et on est capable de faire sans. Et quelque part, enfin moi, tu vois, quand j'ai des stagiaires qui viennent, qui sont sous ma responsabilité, ils ont très vite envie d'utiliser les iPads et bien sûr, je les accompagne là-dessus. Mais la base, je leur dis, mais c'est que tu ne sais pas dans quel établissement tu vas tomber. Il faut qu'ils soient capables de rebondir le jour où il n'y a pas Internet, le jour où tu n'as pas les tablettes, qu'on soit quand même capable d'enseigner sans et c'est tout à fait possible. Mais il est vrai que ça nous amène une diversité et une possibilité, encore une fois, de personnaliser, de varier les apprentissages qui est inouïe.

  • Speaker #0

    Et de produire, surtout.

  • Speaker #1

    Oui, bien sûr.

  • Speaker #0

    On parle depuis un moment d'iPad, donc on sait que sur ces iPads, nativement, on a une espèce de logiciel qui s'appelle GarageBand, et là, pour produire, on ouvre les grandes fenêtres. Donc là, pour les élèves, ça doit être vraiment efficient. Est-ce qu'il y a d'autres possibilités de produire sans ça ?

  • Speaker #1

    Oui, on produit vraiment directement avec la voix, avec le corps. Il est vrai que l'outil numérique va nous permettre quand même d'enregistrer. C'est vrai que quand tu ne peux pas enregistrer, tu fais une prestation devant la classe ou devant le prof. Mais l'avantage de cet enregistrement, ça reste quand même le fait d'avoir en retour un feedback immédiat, une rétroaction qui permet de remédier. Mais oui, effectivement, quand on fait des ateliers percussion, des ateliers batterie, et comme je te disais, du chant à chaque séance, le numérique est là. Mais en fait... il est là ponctuellement dans la séance. Il n'occupe pas 100% de la séance, en fait. Parce qu'on reste quand même une matière qui veut pratiquer et écouter, bien sûr. La musique, ça peut passer par le numérique, mais ça peut aussi se faire tout à fait sans. Je ne sais pas ce que tu en penses, Benoît.

  • Speaker #0

    Benoît, oui.

  • Speaker #2

    Je vais donner un exemple autour de la voix. Nos élèves de 3e, ils doivent passer un oral pour le brevet.

  • Speaker #0

    Et...

  • Speaker #2

    On leur propose de passer des oraux blancs devant les enseignants. Mais moi, je leur propose de l'enregistrer, comme s'ils étaient. De l'enregistrer et puis d'oser s'écouter. parce que ça c'est quelque chose qui est difficile, on ne connaît pas sa propre voix. Et je trouve que c'est vraiment, pour les élèves qui le font, c'est vraiment un gain bénéfique, supplémentaire, de confiance dans ce qu'ils sont capables de faire à l'oral. parce qu'entre ce qu'on imagine, ce qu'on a produit, ce qu'on a dit, on se rend compte qu'on parle trop vite, qu'on ne comprend pas les mots, qu'on mange des syllabes, voilà.

  • Speaker #1

    Qu'on dit voilà quoi tout le temps, ou genre.

  • Speaker #2

    Genre, voilà genre. Mais c'est vraiment un outil. Du coup,

  • Speaker #0

    du coup, du coup.

  • Speaker #2

    Du coup, c'est un outil dans la trousse, qu'ils ont tous un téléphone, ils peuvent tous le faire. Et je trouve que si nous, profs d'éducation musicale, on peut justement ouvrir ces possibles. Qu'on ait d'iPad ou pas d'iPad, on peut quand même l'ouvrir parce qu'ils ont un téléphone. Ils peuvent travailler comme ça aussi chez eux. Je trouve que c'est vraiment intéressant de se familiariser avec sa voix et pas que sa voix chantée.

  • Speaker #0

    D'accord. Oui, apprendre à respirer, apprendre à poser sa voix. Même un président de la République aujourd'hui, on l'a vu mal poser sa voix, il a pris des cours. Et c'est pour ça d'ailleurs qu'il a imposé, j'ai l'impression, le fameux exercice qui maintenant devient incontournable au black, c'est montrer qu'effectivement on sait parler aux autres et on peut savoir poser sa voix, exprimer ses idées, sans les dons qui les du coup et les mots qui sont gênants parfois. Bien ? Je voulais parler un peu du contexte numérique. Nos enfants et vos élèves sont baignés dans le numérique. On ne va pas parler des réseaux sociaux, mais effectivement, ils le sont souvent. Et souvent, la musique, elle est quand même omniprésente. sur ces réseaux, il y a des choses qu'on ne connaissait pas dans le monde de la musique, et les élèves, aujourd'hui, tout le monde s'imagine être un chanteur, tout le monde va regarder des trucs sur YouTube, ou sur TikTok, ou sur Instagram, ils chantent, ils se mettent en avant, donc c'est pile poil dans votre discipline, vous vous dites, c'est super, les élèves sont super intéressés, et d'un temps vous déboulez, peut-être avec un pipo, ça va être compliqué, mais par contre, si vous utilisez leurs propres outils, Qu'est-ce que ça change dans le rapport entre l'enseignant et l'élève ? Ou est-ce que ça change le rapport en disant bon ben voilà, on va aller sur YouTube, on va aller chercher des choses, on va aller regarder Est-ce que le regard des élèves se dit ah oui, cet enseignant, il est moderne il est comme nous, il connaît tout ce qu'on connaît nous ?

  • Speaker #2

    Ce qui est moderne, c'est lorsqu'on parle d'une notion, une notion musicale, de… un élève qui dit oui mais c'est comme ça dans telle chanson et on a accès tout de suite vas-y montre moi va chercher il sait chercher on lui donne un iPad il sait chercher Et tout de suite, on a accès. C'est le côté instantané qu'on n'avait pas au début de notre carrière. Au début de notre carrière, il y avait le prof d'éducation musicale d'un côté, l'univers des jeunes de l'autre. Là, vraiment, je trouve que c'est perméable et puis c'est instantané. Et donc, on n'a que 55 minutes par semaine, donc on profite de ce côté instantané. Et ça, je trouve ça, c'est une vraie richesse parce que les élèves ont un regard qui est au niveau de la musique, qui est beaucoup plus… beaucoup plus large, je trouve, que lorsque j'ai commencé à enseigner.

  • Speaker #0

    Nicolas ?

  • Speaker #1

    Moi, j'avoue que j'investis souvent les différents réseaux pour en comprendre les enjeux. Et donc, effectivement, je fais partie de ceux qui vont ouvrir un compte TikTok sur l'oral du brevet et donner des petites astuces dont on a parlé juste avant. Et comme à l'époque, quand on a commencé à faire des capsules vidéo sur YouTube, effectivement, ça part du sentiment de vouloir comprendre la génération dans laquelle on est et essayer de comprendre. voilà ce qui les attire et ce qui fonctionne ce qui les rend finalement un peu addict aujourd'hui sur sur ces plateformes là et donc effectivement une fois que je les investis ça s'appelait beaucoup bien qu'en troisième il se moque un petit peu même beaucoup mais mais après l'idée c'est moi je souvent je renverse la chose c'est à dire je leur dis maintenant c'est à vous de le faire donc là mes troisième qui prépare l'oral du brevet comme benoît ce qu'ils ont pour mission de faire c'est effectivement faire une vidéo format vertical de moins d'une minute qui soit un peu punchy avec du rhum rythme avec un peu de storytelling dedans, c'est-à-dire une accroche, une transformation, une résolution et donc à travers ce format qu'ils connaissent finalement très bien, je vais les faire travailler. Donc là du coup j'emploie ce qui est leur quotidien pour essayer de le transformer en quelque chose de numérique. Et ils vont transmettre un savoir. Ils doivent, là en l'occurrence, certains parler de leur musique, d'autres montrer leur compétence en danse, mais tout ça doit servir l'autre, apporter une valeur ajoutée. C'est ça qui m'intéresse moins, qu'ils se mettent en position de ne pas juste je fais ma danse TikTok, ma train de TikTok comme tout le monde, moi qu'est-ce que je vais amener avec ça ? et qu'est-ce que je peux apporter à l'autre ? Moi je m'en sers comme ça, c'est pareil, quand je leur faisais faire à l'époque des capsules vidéo eux-mêmes, pour expliquer une notion, il y avait cette dimension de se dire j'ai appris quelque chose, comment je vais le transmettre, comment je peux aider l'autre ? Donc voilà, je te réponds comme ça sur cette question-là, parce que je ne cherche pas forcément à vouloir leur plaire en utilisant ces outils, j'essaye de m'intéresser à ce qu'ils sont, pour comprendre comment moi je peux m'en servir finalement dans ma pratique, et comment on peut leur apporter quelque chose de plus.

  • Speaker #0

    C'est une sorte de détournement dont on parlait à l'époque, détourner un peu plus.

  • Speaker #1

    Exactement.

  • Speaker #0

    Benoît aussi, on parlait aussi de sources documentaires, en préparant un petit peu ce podcast, on disait, nous notre source documentaire, c'est pas forcément Wikipédia, mais c'est YouTube, c'est-à-dire qu'en gros aujourd'hui, il y a des millions de choses autour de la musique, de la voix, etc., qui sont présentes sur YouTube et sur d'autres réseaux, mais YouTube je crois que c'est encore une grosse source documentaire pour vous, non ?

  • Speaker #2

    Moi je trouve qu'elle est infinie et ça permet vraiment de... vous savez quand on fait écouter une oeuvre à des élèves, une oeuvre symphonique par exemple, ils n'ont aucune idée quoi, à part le vieux poster que j'ai pas dans la salle de classe de l'orchestre. Mais lorsqu'on leur montre les images, parce que c'est... C'est infini, on peut trouver, moi j'ai pas les mêmes images que Nicolas et sur Youtube, on a vraiment une richesse pour faire comprendre ce qu'on veut faire passer aux jeunes.

  • Speaker #0

    l'incapacité quand il n'y a pas internet si on a prévu une séance là-dessus on n'a pas prévu une séance là-dessus c'est-à-dire que c'est pas grave,

  • Speaker #2

    les 5 minutes, les 10 minutes le quart d'heure qu'on voulait passer, on le fera la fois d'après,

  • Speaker #0

    c'est pas grave par exemple pour toi tu vas utiliser au moins une fois sur les 55 minutes Youtube va être présent à un moment donné

  • Speaker #2

    C'est-à-dire que dans notre matière, je les fais créer, on les fait chanter, on les fait écouter, on les fait parfois danser, on leur fait faire de la percussion, donc tout ça en 55 minutes. Donc si YouTube plante, si Internet plante, ce n'est pas grave, ça ne met pas en péril le cours.

  • Speaker #0

    Mais à la limite, ils peuvent aller le voir à la maison.

  • Speaker #2

    Oui, ils peuvent, bien sûr, mais je suis... C'est-à-dire que j'évite pour deux raisons. La première, c'est que je ne suis pas dupe. S'il y a un tiers des élèves qui l'ont fait, c'est génial. Et la deuxième, moi qui ai des ados, en tant qu'enfant, je vois l'excuse facile, oui, mais le prof, il a demandé qu'on fasse ça. Et c'est compliqué pour les parents de gérer. Voilà.

  • Speaker #0

    Un temps d'écran qui n'est pas forcément canalisé, une source de prétexte à aller voir autre chose, et pas forcément les trois minutes qu'on avait bien précisé dans le pronote.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. Et moi, je suis d'accord avec Benoît. Pareil, j'ai des ados à les maisons. J'ajoute aussi la quantité de devoirs qu'ils ont déjà. Et parfois, j'ai eu affaire avec des collègues d'éducation musicale ou dans d'autres matières, des devoirs avec les enfants qui sont très longs et qui, finalement, l'efficience pédagogique... Elle peut être bonne, mais ça prend énormément de temps. Et quand tu veux leur faire faire des activités, quand tu veux leur faire faire un certain nombre de choses à tes enfants, tu es content quand effectivement le prof d'éducation musicale n'a pas donné une vidéo de 15 minutes à regarder avec un questionnaire de 50 questions à faire dans un temps chronométré. Enfin, tu vois, j'exagère un peu, ce n'est pas réellement la vérité, mais clairement, ça compte aussi. Et c'est vrai que je suis d'accord avec Benoît, on essaye de faire le maximum de choses en classe, parce qu'il y a quand même encore aussi une disparité d'équipements qui existe.

  • Speaker #0

    Dans les familles.

  • Speaker #1

    Ouais, dans les familles. Et puis comme tu l'as un petit peu dit en sous-jacent, c'est vrai que tu leur envoies une vidéo YouTube à regarder, juste à côté, tu as la vignette de Squeezie. Comment dire ? Tu vois, il va très vite avoir envie d'aller voir autre chose et c'est là, et on rejoint ce que disait Benoît, ça va être compliqué à gérer après. Autant ne pas forcément leur ouvrir la petite porte qui va les amener à finalement se disperser et perdre du temps.

  • Speaker #2

    mais moi je n'avais pas ce discours là avant d'avoir fait la classe à la maison pendant le confinement c'est vrai qu'avant le confinement il y avait la grande mode de la classe inversée

  • Speaker #0

    Et on demandait beaucoup de temps d'écran à la maison. Et là, on dirait que ça a un peu baissé. Et je dirais que vous, vous êtes en concurrence avec le prof de SVT qui a demandé aux gamins d'aller regarder le C'est pas sourcier de 25 minutes,

  • Speaker #1

    plus le clip de un quart d'heure,

  • Speaker #0

    plus le prof de je ne sais quoi, parce qu'ils vont passer leur vie sur YouTube pour préparer les devoirs.

  • Speaker #2

    Mais avec la difficulté, comment est-ce qu'on vérifie qu'ils l'aient tous fait, qu'ils arrivent au même niveau ? Moi, je n'ai pas envie de perdre mon temps à aller vérifier ça. Donc, je m'organise pour que dans le temps de classe, les choses soient faites.

  • Speaker #1

    C'est ça. La seule exception que je fais, moi, c'est pour rattraper des évaluations d'écoute. Je leur offre la possibilité de la rattraper en cours, tu vois, c'est ce que j'expliquais, ils font différentes activités en même temps. Mais s'ils veulent la rattraper avant ou s'ils n'ont pas été là, oui, effectivement, là, il y a une évaluation d'écoute qui peut être rattrapée. Mais quand même, je ne mets pas des extraits de 15 minutes. Il y a souvent trois petits extraits de maximum 30 secondes, trois petites questions. Et effectivement, là, on rejoint exactement ce qu'on disait par rapport à la pertinence d'Internet et du numérique, que ce soit dans la classe ou que ce soit à la maison. Là, il s'avère que ça permet vraiment d'ajouter une plus-value. Mais en dehors de ça, effectivement, pas d'usage de l'écran à l'extérieur.

  • Speaker #0

    On revient en classe. Je crois que c'est toi, Nicolas, qui parlais de ça, du smartphone. qui est un outil aussi super intéressant, qui permet d'enregistrer, qui permet de faire des trucs, c'est une sorte de petit iPad mais transportable. Est-ce que, on sait que c'est utilisé en thèse pédagogique, mais c'est souvent pas dans les collèges interdits, il y a aussi ce débat-là sur l'utilisation des smartphones dans les établissements, est-ce que c'est aussi une opportunité, est-ce que vous utilisez ? cet outil là pour un peu, et on attaquera peut-être la différenciation, la personnalisation pendant les 55 minutes d'un cours, est-ce que si vous n'avez pas les iPads, est-ce qu'on peut... Vous proposez ça aux élèves ?

  • Speaker #1

    Alors, on l'a eu fait, Benoît le dira à son expérience. Moi, je l'ai eu fait en fait avant d'avoir les tablettes tout simplement, en temporaire, parce que dès le début de mon enseignement, moi j'utilisais le téléphone en classe. Quand je suis rentré en 2010 et les élèves me regardaient avec des grands yeux, je prenais en photo le tableau, je les enregistrais avec mon téléphone. Pour moi, c'était naturel parce que j'étais de cette génération qui découvrait les smartphones et qui les utilisait. pour le quotidien, mais aussi pour la pratique professionnelle. Et donc effectivement, très vite, j'ai voulu faire pareil avec eux. C'est-à-dire, j'aurais dit, ben oui, là, vous filmez votre truc de percussion avec des objets du quotidien, c'est génial. Filmez-le avec votre téléphone, puis vous me l'envoyez sur l'ENT. Voilà. Mais on n'était pas encore avec notre hyper-connectivité aujourd'hui de 4G, 5G, les réseaux sociaux. C'était quelque chose qui restait ponctuel, encadré. C'est toujours le cas aujourd'hui. Mais il est vrai que... Dès que tu fais utiliser les téléphones, quand ça m'arrive encore ponctuellement, tu as cette double peur que ça aille à droite à gauche et qu'il y ait des enregistrements, des vidéos audio qui soient faites et qui vont desservir d'autres élèves. Donc il est vrai que quand tu as la possibilité d'avoir un équipement qui appartient à l'établissement, qui soit contrôlé, etc. ouais exactement tu préfères 100 fois ça donc effectivement ça a été un argument fort aussi quand les chefs me disaient on n'est pas trop à l'aise que vous utilisez les téléphones et ça je leur dis mais moi aussi donc investissez dans les tablettes et on arrête les téléphones et parfois ça a marché comme ça mais ça reste quand même un outil merveilleux et il y a un usage un réel usage à faire aujourd'hui même d'éducation sur cette pareille là mais effectivement voilà mon positionnement je ne sais pas ce que tu en penses Benoît Benoît ouais ouais c'est pareil c'est pareil

  • Speaker #2

    C'est pareil, on est forcément sollicité par une notification ou autre chose. Et puis contrôler les élèves, il vaut mieux les canaliser avec un outil qui est donné par l'établissement scolaire plutôt que l'outil personnel.

  • Speaker #0

    Ok, on est d'accord là-dessus. On parlait de personnalisation des apprentissages, donc on parlait peut-être de groupe, les fameuses 55 minutes que vous avez par semaine, donc on va essayer d'exploiter au maximum ce temps d'éducation musicale. Donc le numérique vous permet en fait d'exploiter ça de manière beaucoup plus conséquente, plus rapide.

  • Speaker #1

    Oui, parce que lorsque je fais une écoute avec les élèves, je leur demande de récupérer des notions et de se les approprier dans une création musicale personnelle. Et donc ça, c'est personnel. Donc on y travaille les notions en groupe et après ils vont les introduire dans leur création, les utiliser dans leur création musicale personnelle. C'est ça que j'évalue. J'évalue leurs compétences à être capable de jouer une mélodie avec des notes conjointes. Je les évalue à être capable de jouer un des trois rythmes qu'on a travaillé ensemble. en percussions corporelles, c'est vraiment le tout dans une création personnelle. Et pas juste évaluer pour évaluer, ou être capable, t'as fait ce rythme-là, c'est bon, c'est coché. Mais ça rentre dans une production, une production musicale, et c'est ça que je trouve intéressant. Et pendant qu'ils travaillent, moi je peux m'occuper du reste de la classe.

  • Speaker #0

    On parlait de Pronote, on a parlé de l'ENT qui est en capacité de livrer des petits fichiers MP3, est-ce que ça vous arrive aussi sur la production personnelle ? On sait qu'on n'est pas trop sur le devoir en classe, le devoir à la maison, mais est-ce qu'on peut ou est-ce que vous proposez de pouvoir faire sa production ou de continuer sa production personnelle et de la livrer sur l'ENT ?

  • Speaker #1

    Techniquement, c'est compliqué parce que quand ils commencent sur leur propre iPad, les fichiers sont assez lourds à exporter. Donc il faut qu'ils exportent et puis techniquement il faut qu'ils aient un iPad à la maison pour pouvoir continuer. Par contre, lorsqu'on fait une production, on l'exporte en MP3, il y en a qui veulent l'exporter et l'envoyer sur leur ENT pour pouvoir le faire écouter. D'accord.

  • Speaker #2

    Oui, pareil que Benoît, avec la différence qu'effectivement, comme je disais tout à l'heure, maintenant, on équipe de tablettes effectivement nos sixièmes depuis cette année. Donc, ils ont cette possibilité-là. Mais pareil que tout à l'heure, je leur dis, vous pouvez, si vous le souhaitez, la terminer à la maison et me l'envoyer. Mais moi, j'organise le temps en classe. Et il est vrai qu'en sixième, ils sont tellement excités par cette nouveauté et investis dans les apprentissages que souvent, ils les terminent à la maison. Parce qu'ils ont envie de le faire. Mais je te rejoins tout à fait Benoît, il est vrai qu'on fait tout pour que ça se fasse en classe, parce que c'est un petit peu compliqué d'avoir accès à l'outil. Néanmoins, il existe maintenant des outils, je pense à la cuisinière notamment, où tu peux effectivement leur demander de s'enregistrer par exemple avec la voix. En fait, avec leur téléphone, ils lancent l'instrumental que tu leur as mis, et puis ils peuvent chanter en même temps et s'enregistrer via la cuisinière sur l'ordinateur. Et effectivement, il y a des enseignants qui fonctionnent comme ça pour récolter des travaux. Bravo d'élève, donc ça existe.

  • Speaker #0

    Ok, alors on va conclure sur ce qui est important pour un enseignant, on a parlé des 55 minutes pendant lesquelles vous pouvez faire d'éducation musicale une fois par semaine devant des élèves. Vous, à votre niveau en tant qu'enseignant, le numérique a-t-il été une solution de plus ou vraiment un avantage considérable ? Alors en ce moment, le grand sujet c'est l'intelligence artificielle, alors je vais aussi vous poser la question, est-ce que le numérique vous a fait gagner du temps ? Est-ce que ça a changé ? changer votre métier d'enseignant en éducation musicale ou pas finalement ? Qui commence ?

  • Speaker #2

    Moi clairement oui, parce que comme je te l'ai dit, j'ai commencé presque avec, et j'en ai vu tout de suite la pertinence, on ne va pas revenir sur tout ce qu'on a déjà dit, je pense qu'on a donné pas mal d'exemples, mais... Il est évident qu'on va pouvoir aller plus loin avec cet outil-là dans la création, aller sur des créations qui seront beaucoup plus complexes, parce qu'il y a cette possibilité finalement d'avoir un outil. Quand tu es juste avec ta voix et avec tes petites compétences musicales que tu construis avec ton prof de musique en dehors de l'établissement ou à l'intérieur de l'établissement, tu restes quand même contraint à de la performance directe. Et l'avantage d'avoir un outil numérique qui peut enregistrer, sur lequel tu peux revenir, sur lequel tu peux refaire des prises, ajouter des couches, il est énorme en éducation musicale. Cette possibilité-là de rétroaction, donc effectivement pour moi c'est vraiment un outil qui... fondamentale dans notre pratique, mais qui n'est pas non plus indispensable. C'est-à-dire que si du jour au lendemain, on nous dit Bon, mais maintenant, le numérique, ça suffit, on va revenir au vrai, à l'humain, etc. il n'y a aucun problème. On chante, on aura quand même le numérique pour faire écouter de la musique, parce qu'on ne peut pas faire sans, et on pourra le faire. Mais c'est vrai que, pour nous, ça élargit considérablement les possibles et ça nous permet d'aller plus loin. Et tu parlais de l'intelligence artificielle. Effectivement, moi je trouve qu'aujourd'hui, pour tout ce qui est planification, idée d'oeuvre musicale, idée de cours, etc., c'est vraiment un outil très pertinent, qui a besoin encore d'être affiné, évidemment, et toujours, comment dire, critiqué, parce que souvent... des choses fausses et petit à petit on va aussi trouver comment l'utiliser avec les élèves pour notamment faire de la création musicale mais toujours garder cet œil de l'esprit critique donc effectivement on est en plein essor là-dessus, d'observer les outils qui sortent au quotidien et qui évoluent au quotidien, notamment sur le traitement de la voix, tu vois par exemple moi j'adore l'histoire des Beatles c'est le dernier titre, ils l'ont recréé grâce à l'intelligence artificielle et pour moi je trouve ça extraordinaire, et extraordinaire aussi d'en parler aux élèves de leur faire comprendre toute cette historicité d'un groupe de ces années-là qui aujourd'hui revit grâce à une technologie qui a permis de recompiler, de distinguer la voix par rapport au piano. Je m'arrête là.

  • Speaker #0

    Benoît ?

  • Speaker #1

    Moi, ça a transformé mon travail d'enseignant. Parce qu'avant, j'étais plutôt en frontal, et ça m'a permis de me mettre côte à côte avec les élèves. L'outil numérique, c'est vraiment ça, je pense, que je retiens. Avant tout. Et c'est ma posture d'enseignant qui a changé, son numérique.

  • Speaker #0

    D'accord, la posture. Économie de temps ? Préparation des cours ?

  • Speaker #1

    Non. L'économie de temps, pour moi, elle est dans le fait que moi, j'essaye de chercher, quand je prépare ou je renouvelle mes séquences, j'essaye de chercher ce qui va être efficace, ce qui va fonctionner et comment est-ce que les élèves vont être acteurs. Si je me dis, bon, là, c'est moi qui parle pendant 10 minutes, ça ne vaut pas le coup. Si les élèves sont acteurs, est-ce qu'il y en a qui vont s'ennuyer, qui vont décrocher ? C'est plutôt ça que je cherche à combler, pour qu'ils soient tous acteurs de quelque chose lors des 55 minutes de cours. Parce que, par exemple, s'ils doivent passer au piano, s'ils doivent passer à la batterie, combien je vais faire passer d'élèves ? Avec le numérique, je vais faire passer beaucoup plus d'élèves. Ils auront tous l'occasion de toucher, c'est ça que je veux dire.

  • Speaker #0

    Une question piège, pendant le Covid, quand les élèves n'allaient plus en cours, vous avez fait la continuité pédagogique, un prof d'éducation musicale à distance, ça donne quoi ?

  • Speaker #1

    Moi, je vais être transparent, j'ai aidé mes collègues de matière, d'autres matières, le français, le maths, à...

  • Speaker #0

    Apprendre des outils uniques.

  • Speaker #1

    Exactement, à pouvoir continuer. Et puis, je me suis dit que vu comme c'était la galère avec mes enfants, je me suis dit je ne vais pas rajouter beaucoup. C'était plutôt des écoutes libres que je leur proposais. Mais je n'ai pas changé la marque parce que j'avais du mal à gérer mes propres enfants, mes propres collégiens à la maison.

  • Speaker #2

    Il ne me paraît que Benoît, et ce que j'ai fait, c'est que je faisais des lives sur Twitch. Je faisais sur un créneau où je me disais que peu de personnes prenaient, je faisais 30 minutes pour les sixièmes le lundi, 30 minutes pour les cinquièmes le mardi, et c'était très sympa. Et donc effectivement, c'était basé essentiellement sur de la pratique et de l'écoute, évidemment, et je leur disais Allez, faites avec moi, on y va ! Et j'avais de bons retours parce que ça changeait, et que c'était un peu vivant et dynamique. et voilà c'était une belle expérience mais épuisante parce que comme toi Benoît j'ai passé mon temps, j'ai mis en place une plateforme, un noventé, des choses comme ça pour faciliter la continuité pédagogique mais bon on a beaucoup appris et progressé quand même pendant ce temps là

  • Speaker #0

    Super, écoutez on était avec Nicolas et Benoît on a parlé d'éducation musicale au quotidien avec le numérique merci messieurs merci beaucoup C'était les podcasts de Ludomag. Vous pouvez retrouver ce podcast en langue française sur Ausha et Apple Podcasts et sur YouTube Podcasts pour les versions anglaises et espagnoles.

Description


Aujourd’hui nous recevons Benoit Kiry enseignant éducation musicale à Colmar Collège Saint-Jean académie de Strasbourg et Nicolas Olivier enseignant éducation musicale à Toulouse au collège Sainte-Famille des Minimes.. et on va parler du numérique au quotidien en classe d’éducation musicale.


Bonjour Nicolas, bonjour Benoit,



Alors aujourd’hui on va évoquer votre façon d’appréhender le numérique au quotidien en classe, avant une reforme éventuelle de cette discipline au collège qui serait répartie en éducation des arts, chants,


l’éducation musicale aujourd’hui a changé ? Le pipo est t’il numérique ? ou autrement dit qu’est-ce qui a remplacé le fameux "pipo" qu’on était en charge de commander en début d’année dans sa trousse.


Aujourd’hui on est dans la régulation et le danger vient aujourd’hui sur l’incapacité aujourd’hui de pouvoir travailler sans internet, en éducation musicale on peut travailler en autonomie (garageband par ex.)


Mais youtube pour nous est essentiel, c’est notre source documentaire  et une écoute dans image est plus complexe quand il n’y a pas d’internet.



Questions abordées dans ce podcast : La différenciation, personnalisation des apprentissages en classe, le niveau… ?


Dans les apprentissages sur l’instrument, la voix, la production, qu’est ce qui change ? Le numérique est t’il une solution de plus ? économie du temps ? la préparation des séquences, l’IA touche t’il ?


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour et bienvenue dans les podcasts de Ludomag. Je suis Eric Fourcault, rédacteur en chef de Ludomag, premier magazine en ligne de partage d'expériences d'enseignants sur leurs pratiques pédagogiques en classe avec le numérique. Ludomag, depuis mars 2024, après le français, s'exporte dans les pays en éducation en langue anglaise et espagnole. Vous pouvez retrouver ce podcast en langue française sur Ausha et Apple Podcasts et sur YouTube Podcasts pour les versions anglaises et espagnoles. Nous abordons la saison 5 de notre podcast qui a pour titre le numérique au quotidien dans ma classe. En effet, le numérique relève du quotidien pour la majorité de la population. Ce qui fut l'avenir au temps des NTIC vers les années 95, s'est immiscé dans les pratiques et les usages journaliers. L'idée de cette saison 5 est donc de découvrir comment le numérique est utilisé en classe au quotidien de nos jours, plus que de se projeter dans un avenir incertain, voire prometteur, de nouvelles technologies. Dans les podcasts de Ludomag, nous recevons des enseignants, des formateurs, des éditeurs, chercheurs et institutionnels qui ont quelque chose à dire ou proposer sur le thème. Aujourd'hui nous recevons Benoît Kyry, enseignant d'éducation musicale à Colmar, au collège Saint-Jean, à la chimie de Strasbourg, et Nicolas Olivier, enseignant d'éducation musicale à Toulouse, au collège Sainte-Famille des Médimes. Et on va parler de numérico-coutinier en classe dans l'éducation musicale. Bonjour Nicolas, bonjour Benoît. Bonjour. Alors, comme je disais, on va évoquer votre façon d'appréhender le numérique au quotidien en classe, mais vous êtes des enseignants très connus dans le monde de l'éducation musicale en France, et on va peut-être s'intéresser à cette discipline. D'ailleurs, on disait que cette discipline allait peut-être évoluer, peut-être que l'éducation musicale allait peut-être disparaître au profit d'une éducation large autour des arts, des chants, de la musique, etc. Donc, il réformait peut-être en visage à quelques termes, mais ce n'est pas le problème. propos de notre podcast. Alors la première question que je souhaiterais poser c'est l'éducation musicale aujourd'hui a-t-elle changé ? C'était un peu une évidence. Le pipo est-il numérique ou autrement dit est-ce qu'on a remplacé le fameux pipo qu'on était en charge de commander en début d'année dans sa trousse à l'époque, il y a une trentaine d'années. Moi je me rappelle que j'avais mon pipo que je n'ai jamais utilisé d'ailleurs en classe. Est-ce que, voilà, quel est l'outil en fait de l'enseignant et de l'élève aujourd'hui dans sa classe ? L'éducation musicale.

  • Speaker #1

    La voix. La voix en priorité, donc pas un outil numérique forcément, et puis la pratique instrumentale à travers le corps, percussion corporelle, percussion réelle, et puis il y a des ayatollahs du numérique comme Benoît et moi qui effectivement utilisons abondamment, mais on en parlera avec une certaine raison, cet outil-là. Benoît, est-ce que tu veux proposer une autre réponse ?

  • Speaker #2

    Je rajouterais un outil aussi important, la voix et puis l'oreille.

  • Speaker #0

    D'accord. Donc, est-ce que... Pour votre discipline, vous, aujourd'hui, le numérique a vraiment changé votre vie. Est-ce qu'il est possible, et on verra peut-être les dangers, le trop numérique, ce qui est un discours qui est aujourd'hui d'actualité, il y a une mission sur l'utilisation de trop d'écrans par la jeunesse aujourd'hui. Alors est-ce que vous, dans votre classe, au quotidien, le avant, le pendant et le après-cours, le numérique est partout ? et quelles sont ses forces et quelles sont ses faiblesses. Allez, Benoît, là-dessus.

  • Speaker #2

    Alors, moi, je vais parler du numérique. Dans ma salle de classe, j'ai la chance d'avoir 16 iPads qui sont reliés à des pianos et reliés à des micros. tous sous casque, ce qui me permet de faire travailler une moitié de classe sur un projet, un projet musical, pendant que je peux m'occuper de l'autre moitié de la classe. Donc ce qui a changé dans ma manière d'enseigner, c'est au lieu de faire faire tout à tout le monde en même temps, ça me permet de faire au moins deux groupes et de leur donner du boulot pendant que je travaille avec d'autres. Et l'avantage de cet outil, c'est que... il est discret puisqu'il est sous casque. C'est un petit peu transparent parce qu'on est dans une application qui permet d'enregistrer, qui permet de superposer des pistes, qui permet de jouer une partie piano, une partie percussion, et d'enregistrer sa voix. Là, dernièrement, avec les élèves de 3e, ils avaient comme mission de créer un podcast sur Jean Cachouine. Et c'est des... Je trouve que c'est des choses qu'ils pourront réutiliser au lycée ou lors de production plus tard lorsqu'ils seront aux études.

  • Speaker #0

    Tu parles d'équipement, on verra Nicolas, mais tu parles d'équipement, d'autres manières dans l'éducation musicale, l'enseignant en éducation musicale a toujours eu un peu d'équipement, ou des instruments, il y a toujours un budget dans l'établissement qui permet en fait de... on ne peut pas être, j'imagine, on ne peut pas être prof d'éducation musicale sans outils, c'est compliqué, non ?

  • Speaker #2

    Sans piano, sans haut-parleur qui permet de diffuser le son, ça c'est évidemment compliqué. Mais quand on a en plus la chance d'avoir une flotte d'iPad qui se promène dans les couloirs et qu'on peut réserver pour l'un ou l'autre cours, c'est déjà super.

  • Speaker #0

    Voilà, le seul truc c'est qu'elles peuvent se batailler avec les autres disciplines pour qu'elles ne les utilisent pas pendant la classe de l'éducation musicale, pour réserver un peu.

  • Speaker #2

    Après, moi j'en ai 16, mais on peut travailler avec 2, 3, 4 en îlot, vous voyez, on n'est pas obligé d'avoir autant d'iPad.

  • Speaker #1

    Moi je fais tout comme Benoît, j'ai aussi 16 iPads dans ma classe. La différence que j'ai, Benoît bosse 15-15, moi j'aime bien quand même chanter avec tout le monde, mes 30 ou 32 élèves. Par contre après, je vais les mettre en travail comme lui. Et j'insiste sur ce qu'a dit Benoît, il y a cette idée de ne pas tous faire la même chose en même temps. On commence souvent la même chose en même temps et puis chacun après va effectivement aller à son rythme et va évoluer sur différentes activités qui vont être soit des activités d'écoute, soit des activités de création, soit des activités à nouveau de champ et pour lesquelles l'outil numérique va pouvoir souvent aider juste par le fait qu'on peut enregistrer plusieurs fois et se reprendre, s'auto-évaluer, identifier forces et faiblesses et refaire, mais aussi parfois sans numérique. C'est un petit plus qu'on va pouvoir solliciter en fonction des différentes activités, effectivement. Et pour répondre à l'autre question qui était l'emprunt d'une éventuelle valise, c'est vrai que c'est ça qui pose souvent quelques questions d'organisation avec les collègues et qui nous pousse à investir progressivement chaque année dans 3-4 iPads de plus quand on a la possibilité pour avoir un parc qui puisse être effectivement le plus... Le plus grand possible, je pense que voilà, un iPad pour deux en éducation musicale, ça te permet de faire un iPad pour trois, pour quatre, et effectivement cette modalité-là, soit celle de Benoît, soit la mienne.

  • Speaker #0

    Est-ce que c'est le cas, on a quand même deux personnages qui historiquement utilisent beaucoup le numérique dans leur discipline, est-ce que c'est le cas de tous les enseignants d'éducation musicale ? Est-ce que tout le monde est doté pareil ? Est-ce que tout le monde va aller à fond avec des iPads ? Ou est-ce que c'est plus compliqué dans certains établissements ?

  • Speaker #2

    Moi je vais dire que c'est en fonction de l'appétence de l'enseignant. Il y a des enseignants qui sont capables de faire... de faire aussi des groupes de travail, parce qu'ils ont une salle qui le permet. Moi, j'avais visité des enseignants dans un collège de collègues qui avaient des petits studios vitrés. Donc, ils mettaient les élèves par groupe.

  • Speaker #0

    Des box ?

  • Speaker #2

    Ils travaillaient des box, c'est ça. Des tout petits box, ils travaillaient comme ça par groupe. Ils n'utilisaient pas le numérique au quotidien, mais les élèves étaient tout le temps en action de quelque chose. Et ça, je trouve... tout aussi fort que d'utiliser le numérique pour faire pratiquer les élèves.

  • Speaker #0

    De toute façon, en vous, dans votre discipline, c'est produire et écouter. En gros, c'est ça la clé. On ne va pas leur faire lire l'histoire, enfin si, c'est peut-être au programme, l'histoire de la musique, faire des QCM, est-ce que ça se pratique ?

  • Speaker #2

    Je pensais que tu allais dire on ne va pas leur faire lire les notes. Donc là, les notes, j'ai fait non, mais l'histoire de la musique, remettre dans son contexte une œuvre qu'on écoute, oui, bien sûr. parce que l'idée c'est de donner du sens à ce qu'on écoute.

  • Speaker #1

    Oui,

  • Speaker #0

    et même les notes, ce n'est pas votre boulot, les notes, on est quand même dans un... Il y a des cours d'instruments qui sont donnés par ailleurs, ce n'est pas l'objectif de l'éducation nationale d'apprendre un instrument à un élève, on est bien d'accord, on est sur une éducation musicale en ce sens-là. Alors, je parlais tout à l'heure de régulation de danger, de capacité de travailler en numérique. Est-ce qu'il y a des possibles échecs ? Quelque part, l'Internet se coupe. Qu'est-ce qui se passe pour vous aujourd'hui ?

  • Speaker #2

    De un, on ne peut plus faire l'appel sur Pronote. De deux, on avait prévu un tuto ou une écoute en petit groupe avec YouTube, par exemple, et donc on ne peut plus le faire. Donc, moi j'ai la chance, ça n'arrive pas trop souvent, mais ça arrive plusieurs fois par an. Et on se rend compte que, moi je me rends compte que je suis bien... Je suis bien désarmé lorsque la connexion se coupe. Mais lorsqu'ils sont en situation de création sur l'iPad, donc là on peut déconnecter les iPads d'Internet, ça ne pose pas de problème. Un enregistrement sonore de la voix ou du piano, ça ne pose pas de problème. C'est dès qu'on veut chercher une ressource ailleurs.

  • Speaker #0

    Nico ?

  • Speaker #1

    Pareil pour moi, surtout que, comme on en parlait tout à l'heure avec des îlots des travaux de groupe, chacun va aller soit chercher effectivement des œuvres sur Internet pour répondre à l'objectif que l'on cherche à étudier. Il y en a d'autres qui vont effectivement consulter le tutoriel. Et comme on le disait, ils ne vont pas avoir tous le même tutoriel en fonction de là où ils en sont. Donc c'est vrai que c'est un... C'est difficile de faire sans. Maintenant, comme Benoît, j'ai de la chance et c'est quelque chose qui arrive peu, mais c'est vraiment pas quand même le quotidien. Tu me posais la question tout à l'heure, est-ce que tous les profs de musique sont comme ça ? Là, c'est pareil au niveau de l'équipement. On va faire une formation chez une collègue, elle me le dit, je n'ai pas Internet. Alors, il y a ça, il y a un collège public, il n'y a pas de Wi-Fi, il n'y a pas d'Internet. Donc, effectivement, là, on est en train de prévoir tout. pour arriver à s'en dispenser. Et elle, dans son quotidien, c'est ça qu'elle est obligée de faire, de tout anticiper, de tout télécharger, ce qui n'est pas hyper légal non plus, et de trouver des astuces. Donc effectivement, je ne dirais pas que c'est la pierre angulaire du fonctionnement du quotidien, mais on en est quand même très dépendants.

  • Speaker #0

    D'accord, on est quand même... Si on n'a pas un établissement qui a une connexion, une connectivité dans les classes, parce que c'est pas parce que l'établissement est connecté qu'ensuite dans les classes ça se passe bien aussi, c'est un autre problème, le Wi-Fi des fois est mal distribué, on va dire. Et puis, on parlait de tablettes, d'iPad, effectivement si on n'a pas un device par élève ou par groupe de 2 ou 3, ça devient compliqué de faire du numérique au quotidien en éducation musicale. On est d'accord aujourd'hui, c'est ça ?

  • Speaker #1

    Pas forcément, parce que côté prof, même avec une seule tablette ou même pas, je veux dire, tu peux utiliser le numérique, c'est juste que nous, on a vu le potentiel qu'il y avait, et on a investi, je veux dire, bien sûr financièrement, mais aussi de notre temps et de notre énergie pour arriver à vraiment l'investir cet outil. Mais comme l'a dit Benoît... On a été formés d'ailleurs tous les deux sans trop de numérique et on est capable de faire sans. Et quelque part, enfin moi, tu vois, quand j'ai des stagiaires qui viennent, qui sont sous ma responsabilité, ils ont très vite envie d'utiliser les iPads et bien sûr, je les accompagne là-dessus. Mais la base, je leur dis, mais c'est que tu ne sais pas dans quel établissement tu vas tomber. Il faut qu'ils soient capables de rebondir le jour où il n'y a pas Internet, le jour où tu n'as pas les tablettes, qu'on soit quand même capable d'enseigner sans et c'est tout à fait possible. Mais il est vrai que ça nous amène une diversité et une possibilité, encore une fois, de personnaliser, de varier les apprentissages qui est inouïe.

  • Speaker #0

    Et de produire, surtout.

  • Speaker #1

    Oui, bien sûr.

  • Speaker #0

    On parle depuis un moment d'iPad, donc on sait que sur ces iPads, nativement, on a une espèce de logiciel qui s'appelle GarageBand, et là, pour produire, on ouvre les grandes fenêtres. Donc là, pour les élèves, ça doit être vraiment efficient. Est-ce qu'il y a d'autres possibilités de produire sans ça ?

  • Speaker #1

    Oui, on produit vraiment directement avec la voix, avec le corps. Il est vrai que l'outil numérique va nous permettre quand même d'enregistrer. C'est vrai que quand tu ne peux pas enregistrer, tu fais une prestation devant la classe ou devant le prof. Mais l'avantage de cet enregistrement, ça reste quand même le fait d'avoir en retour un feedback immédiat, une rétroaction qui permet de remédier. Mais oui, effectivement, quand on fait des ateliers percussion, des ateliers batterie, et comme je te disais, du chant à chaque séance, le numérique est là. Mais en fait... il est là ponctuellement dans la séance. Il n'occupe pas 100% de la séance, en fait. Parce qu'on reste quand même une matière qui veut pratiquer et écouter, bien sûr. La musique, ça peut passer par le numérique, mais ça peut aussi se faire tout à fait sans. Je ne sais pas ce que tu en penses, Benoît.

  • Speaker #0

    Benoît, oui.

  • Speaker #2

    Je vais donner un exemple autour de la voix. Nos élèves de 3e, ils doivent passer un oral pour le brevet.

  • Speaker #0

    Et...

  • Speaker #2

    On leur propose de passer des oraux blancs devant les enseignants. Mais moi, je leur propose de l'enregistrer, comme s'ils étaient. De l'enregistrer et puis d'oser s'écouter. parce que ça c'est quelque chose qui est difficile, on ne connaît pas sa propre voix. Et je trouve que c'est vraiment, pour les élèves qui le font, c'est vraiment un gain bénéfique, supplémentaire, de confiance dans ce qu'ils sont capables de faire à l'oral. parce qu'entre ce qu'on imagine, ce qu'on a produit, ce qu'on a dit, on se rend compte qu'on parle trop vite, qu'on ne comprend pas les mots, qu'on mange des syllabes, voilà.

  • Speaker #1

    Qu'on dit voilà quoi tout le temps, ou genre.

  • Speaker #2

    Genre, voilà genre. Mais c'est vraiment un outil. Du coup,

  • Speaker #0

    du coup, du coup.

  • Speaker #2

    Du coup, c'est un outil dans la trousse, qu'ils ont tous un téléphone, ils peuvent tous le faire. Et je trouve que si nous, profs d'éducation musicale, on peut justement ouvrir ces possibles. Qu'on ait d'iPad ou pas d'iPad, on peut quand même l'ouvrir parce qu'ils ont un téléphone. Ils peuvent travailler comme ça aussi chez eux. Je trouve que c'est vraiment intéressant de se familiariser avec sa voix et pas que sa voix chantée.

  • Speaker #0

    D'accord. Oui, apprendre à respirer, apprendre à poser sa voix. Même un président de la République aujourd'hui, on l'a vu mal poser sa voix, il a pris des cours. Et c'est pour ça d'ailleurs qu'il a imposé, j'ai l'impression, le fameux exercice qui maintenant devient incontournable au black, c'est montrer qu'effectivement on sait parler aux autres et on peut savoir poser sa voix, exprimer ses idées, sans les dons qui les du coup et les mots qui sont gênants parfois. Bien ? Je voulais parler un peu du contexte numérique. Nos enfants et vos élèves sont baignés dans le numérique. On ne va pas parler des réseaux sociaux, mais effectivement, ils le sont souvent. Et souvent, la musique, elle est quand même omniprésente. sur ces réseaux, il y a des choses qu'on ne connaissait pas dans le monde de la musique, et les élèves, aujourd'hui, tout le monde s'imagine être un chanteur, tout le monde va regarder des trucs sur YouTube, ou sur TikTok, ou sur Instagram, ils chantent, ils se mettent en avant, donc c'est pile poil dans votre discipline, vous vous dites, c'est super, les élèves sont super intéressés, et d'un temps vous déboulez, peut-être avec un pipo, ça va être compliqué, mais par contre, si vous utilisez leurs propres outils, Qu'est-ce que ça change dans le rapport entre l'enseignant et l'élève ? Ou est-ce que ça change le rapport en disant bon ben voilà, on va aller sur YouTube, on va aller chercher des choses, on va aller regarder Est-ce que le regard des élèves se dit ah oui, cet enseignant, il est moderne il est comme nous, il connaît tout ce qu'on connaît nous ?

  • Speaker #2

    Ce qui est moderne, c'est lorsqu'on parle d'une notion, une notion musicale, de… un élève qui dit oui mais c'est comme ça dans telle chanson et on a accès tout de suite vas-y montre moi va chercher il sait chercher on lui donne un iPad il sait chercher Et tout de suite, on a accès. C'est le côté instantané qu'on n'avait pas au début de notre carrière. Au début de notre carrière, il y avait le prof d'éducation musicale d'un côté, l'univers des jeunes de l'autre. Là, vraiment, je trouve que c'est perméable et puis c'est instantané. Et donc, on n'a que 55 minutes par semaine, donc on profite de ce côté instantané. Et ça, je trouve ça, c'est une vraie richesse parce que les élèves ont un regard qui est au niveau de la musique, qui est beaucoup plus… beaucoup plus large, je trouve, que lorsque j'ai commencé à enseigner.

  • Speaker #0

    Nicolas ?

  • Speaker #1

    Moi, j'avoue que j'investis souvent les différents réseaux pour en comprendre les enjeux. Et donc, effectivement, je fais partie de ceux qui vont ouvrir un compte TikTok sur l'oral du brevet et donner des petites astuces dont on a parlé juste avant. Et comme à l'époque, quand on a commencé à faire des capsules vidéo sur YouTube, effectivement, ça part du sentiment de vouloir comprendre la génération dans laquelle on est et essayer de comprendre. voilà ce qui les attire et ce qui fonctionne ce qui les rend finalement un peu addict aujourd'hui sur sur ces plateformes là et donc effectivement une fois que je les investis ça s'appelait beaucoup bien qu'en troisième il se moque un petit peu même beaucoup mais mais après l'idée c'est moi je souvent je renverse la chose c'est à dire je leur dis maintenant c'est à vous de le faire donc là mes troisième qui prépare l'oral du brevet comme benoît ce qu'ils ont pour mission de faire c'est effectivement faire une vidéo format vertical de moins d'une minute qui soit un peu punchy avec du rhum rythme avec un peu de storytelling dedans, c'est-à-dire une accroche, une transformation, une résolution et donc à travers ce format qu'ils connaissent finalement très bien, je vais les faire travailler. Donc là du coup j'emploie ce qui est leur quotidien pour essayer de le transformer en quelque chose de numérique. Et ils vont transmettre un savoir. Ils doivent, là en l'occurrence, certains parler de leur musique, d'autres montrer leur compétence en danse, mais tout ça doit servir l'autre, apporter une valeur ajoutée. C'est ça qui m'intéresse moins, qu'ils se mettent en position de ne pas juste je fais ma danse TikTok, ma train de TikTok comme tout le monde, moi qu'est-ce que je vais amener avec ça ? et qu'est-ce que je peux apporter à l'autre ? Moi je m'en sers comme ça, c'est pareil, quand je leur faisais faire à l'époque des capsules vidéo eux-mêmes, pour expliquer une notion, il y avait cette dimension de se dire j'ai appris quelque chose, comment je vais le transmettre, comment je peux aider l'autre ? Donc voilà, je te réponds comme ça sur cette question-là, parce que je ne cherche pas forcément à vouloir leur plaire en utilisant ces outils, j'essaye de m'intéresser à ce qu'ils sont, pour comprendre comment moi je peux m'en servir finalement dans ma pratique, et comment on peut leur apporter quelque chose de plus.

  • Speaker #0

    C'est une sorte de détournement dont on parlait à l'époque, détourner un peu plus.

  • Speaker #1

    Exactement.

  • Speaker #0

    Benoît aussi, on parlait aussi de sources documentaires, en préparant un petit peu ce podcast, on disait, nous notre source documentaire, c'est pas forcément Wikipédia, mais c'est YouTube, c'est-à-dire qu'en gros aujourd'hui, il y a des millions de choses autour de la musique, de la voix, etc., qui sont présentes sur YouTube et sur d'autres réseaux, mais YouTube je crois que c'est encore une grosse source documentaire pour vous, non ?

  • Speaker #2

    Moi je trouve qu'elle est infinie et ça permet vraiment de... vous savez quand on fait écouter une oeuvre à des élèves, une oeuvre symphonique par exemple, ils n'ont aucune idée quoi, à part le vieux poster que j'ai pas dans la salle de classe de l'orchestre. Mais lorsqu'on leur montre les images, parce que c'est... C'est infini, on peut trouver, moi j'ai pas les mêmes images que Nicolas et sur Youtube, on a vraiment une richesse pour faire comprendre ce qu'on veut faire passer aux jeunes.

  • Speaker #0

    l'incapacité quand il n'y a pas internet si on a prévu une séance là-dessus on n'a pas prévu une séance là-dessus c'est-à-dire que c'est pas grave,

  • Speaker #2

    les 5 minutes, les 10 minutes le quart d'heure qu'on voulait passer, on le fera la fois d'après,

  • Speaker #0

    c'est pas grave par exemple pour toi tu vas utiliser au moins une fois sur les 55 minutes Youtube va être présent à un moment donné

  • Speaker #2

    C'est-à-dire que dans notre matière, je les fais créer, on les fait chanter, on les fait écouter, on les fait parfois danser, on leur fait faire de la percussion, donc tout ça en 55 minutes. Donc si YouTube plante, si Internet plante, ce n'est pas grave, ça ne met pas en péril le cours.

  • Speaker #0

    Mais à la limite, ils peuvent aller le voir à la maison.

  • Speaker #2

    Oui, ils peuvent, bien sûr, mais je suis... C'est-à-dire que j'évite pour deux raisons. La première, c'est que je ne suis pas dupe. S'il y a un tiers des élèves qui l'ont fait, c'est génial. Et la deuxième, moi qui ai des ados, en tant qu'enfant, je vois l'excuse facile, oui, mais le prof, il a demandé qu'on fasse ça. Et c'est compliqué pour les parents de gérer. Voilà.

  • Speaker #0

    Un temps d'écran qui n'est pas forcément canalisé, une source de prétexte à aller voir autre chose, et pas forcément les trois minutes qu'on avait bien précisé dans le pronote.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. Et moi, je suis d'accord avec Benoît. Pareil, j'ai des ados à les maisons. J'ajoute aussi la quantité de devoirs qu'ils ont déjà. Et parfois, j'ai eu affaire avec des collègues d'éducation musicale ou dans d'autres matières, des devoirs avec les enfants qui sont très longs et qui, finalement, l'efficience pédagogique... Elle peut être bonne, mais ça prend énormément de temps. Et quand tu veux leur faire faire des activités, quand tu veux leur faire faire un certain nombre de choses à tes enfants, tu es content quand effectivement le prof d'éducation musicale n'a pas donné une vidéo de 15 minutes à regarder avec un questionnaire de 50 questions à faire dans un temps chronométré. Enfin, tu vois, j'exagère un peu, ce n'est pas réellement la vérité, mais clairement, ça compte aussi. Et c'est vrai que je suis d'accord avec Benoît, on essaye de faire le maximum de choses en classe, parce qu'il y a quand même encore aussi une disparité d'équipements qui existe.

  • Speaker #0

    Dans les familles.

  • Speaker #1

    Ouais, dans les familles. Et puis comme tu l'as un petit peu dit en sous-jacent, c'est vrai que tu leur envoies une vidéo YouTube à regarder, juste à côté, tu as la vignette de Squeezie. Comment dire ? Tu vois, il va très vite avoir envie d'aller voir autre chose et c'est là, et on rejoint ce que disait Benoît, ça va être compliqué à gérer après. Autant ne pas forcément leur ouvrir la petite porte qui va les amener à finalement se disperser et perdre du temps.

  • Speaker #2

    mais moi je n'avais pas ce discours là avant d'avoir fait la classe à la maison pendant le confinement c'est vrai qu'avant le confinement il y avait la grande mode de la classe inversée

  • Speaker #0

    Et on demandait beaucoup de temps d'écran à la maison. Et là, on dirait que ça a un peu baissé. Et je dirais que vous, vous êtes en concurrence avec le prof de SVT qui a demandé aux gamins d'aller regarder le C'est pas sourcier de 25 minutes,

  • Speaker #1

    plus le clip de un quart d'heure,

  • Speaker #0

    plus le prof de je ne sais quoi, parce qu'ils vont passer leur vie sur YouTube pour préparer les devoirs.

  • Speaker #2

    Mais avec la difficulté, comment est-ce qu'on vérifie qu'ils l'aient tous fait, qu'ils arrivent au même niveau ? Moi, je n'ai pas envie de perdre mon temps à aller vérifier ça. Donc, je m'organise pour que dans le temps de classe, les choses soient faites.

  • Speaker #1

    C'est ça. La seule exception que je fais, moi, c'est pour rattraper des évaluations d'écoute. Je leur offre la possibilité de la rattraper en cours, tu vois, c'est ce que j'expliquais, ils font différentes activités en même temps. Mais s'ils veulent la rattraper avant ou s'ils n'ont pas été là, oui, effectivement, là, il y a une évaluation d'écoute qui peut être rattrapée. Mais quand même, je ne mets pas des extraits de 15 minutes. Il y a souvent trois petits extraits de maximum 30 secondes, trois petites questions. Et effectivement, là, on rejoint exactement ce qu'on disait par rapport à la pertinence d'Internet et du numérique, que ce soit dans la classe ou que ce soit à la maison. Là, il s'avère que ça permet vraiment d'ajouter une plus-value. Mais en dehors de ça, effectivement, pas d'usage de l'écran à l'extérieur.

  • Speaker #0

    On revient en classe. Je crois que c'est toi, Nicolas, qui parlais de ça, du smartphone. qui est un outil aussi super intéressant, qui permet d'enregistrer, qui permet de faire des trucs, c'est une sorte de petit iPad mais transportable. Est-ce que, on sait que c'est utilisé en thèse pédagogique, mais c'est souvent pas dans les collèges interdits, il y a aussi ce débat-là sur l'utilisation des smartphones dans les établissements, est-ce que c'est aussi une opportunité, est-ce que vous utilisez ? cet outil là pour un peu, et on attaquera peut-être la différenciation, la personnalisation pendant les 55 minutes d'un cours, est-ce que si vous n'avez pas les iPads, est-ce qu'on peut... Vous proposez ça aux élèves ?

  • Speaker #1

    Alors, on l'a eu fait, Benoît le dira à son expérience. Moi, je l'ai eu fait en fait avant d'avoir les tablettes tout simplement, en temporaire, parce que dès le début de mon enseignement, moi j'utilisais le téléphone en classe. Quand je suis rentré en 2010 et les élèves me regardaient avec des grands yeux, je prenais en photo le tableau, je les enregistrais avec mon téléphone. Pour moi, c'était naturel parce que j'étais de cette génération qui découvrait les smartphones et qui les utilisait. pour le quotidien, mais aussi pour la pratique professionnelle. Et donc effectivement, très vite, j'ai voulu faire pareil avec eux. C'est-à-dire, j'aurais dit, ben oui, là, vous filmez votre truc de percussion avec des objets du quotidien, c'est génial. Filmez-le avec votre téléphone, puis vous me l'envoyez sur l'ENT. Voilà. Mais on n'était pas encore avec notre hyper-connectivité aujourd'hui de 4G, 5G, les réseaux sociaux. C'était quelque chose qui restait ponctuel, encadré. C'est toujours le cas aujourd'hui. Mais il est vrai que... Dès que tu fais utiliser les téléphones, quand ça m'arrive encore ponctuellement, tu as cette double peur que ça aille à droite à gauche et qu'il y ait des enregistrements, des vidéos audio qui soient faites et qui vont desservir d'autres élèves. Donc il est vrai que quand tu as la possibilité d'avoir un équipement qui appartient à l'établissement, qui soit contrôlé, etc. ouais exactement tu préfères 100 fois ça donc effectivement ça a été un argument fort aussi quand les chefs me disaient on n'est pas trop à l'aise que vous utilisez les téléphones et ça je leur dis mais moi aussi donc investissez dans les tablettes et on arrête les téléphones et parfois ça a marché comme ça mais ça reste quand même un outil merveilleux et il y a un usage un réel usage à faire aujourd'hui même d'éducation sur cette pareille là mais effectivement voilà mon positionnement je ne sais pas ce que tu en penses Benoît Benoît ouais ouais c'est pareil c'est pareil

  • Speaker #2

    C'est pareil, on est forcément sollicité par une notification ou autre chose. Et puis contrôler les élèves, il vaut mieux les canaliser avec un outil qui est donné par l'établissement scolaire plutôt que l'outil personnel.

  • Speaker #0

    Ok, on est d'accord là-dessus. On parlait de personnalisation des apprentissages, donc on parlait peut-être de groupe, les fameuses 55 minutes que vous avez par semaine, donc on va essayer d'exploiter au maximum ce temps d'éducation musicale. Donc le numérique vous permet en fait d'exploiter ça de manière beaucoup plus conséquente, plus rapide.

  • Speaker #1

    Oui, parce que lorsque je fais une écoute avec les élèves, je leur demande de récupérer des notions et de se les approprier dans une création musicale personnelle. Et donc ça, c'est personnel. Donc on y travaille les notions en groupe et après ils vont les introduire dans leur création, les utiliser dans leur création musicale personnelle. C'est ça que j'évalue. J'évalue leurs compétences à être capable de jouer une mélodie avec des notes conjointes. Je les évalue à être capable de jouer un des trois rythmes qu'on a travaillé ensemble. en percussions corporelles, c'est vraiment le tout dans une création personnelle. Et pas juste évaluer pour évaluer, ou être capable, t'as fait ce rythme-là, c'est bon, c'est coché. Mais ça rentre dans une production, une production musicale, et c'est ça que je trouve intéressant. Et pendant qu'ils travaillent, moi je peux m'occuper du reste de la classe.

  • Speaker #0

    On parlait de Pronote, on a parlé de l'ENT qui est en capacité de livrer des petits fichiers MP3, est-ce que ça vous arrive aussi sur la production personnelle ? On sait qu'on n'est pas trop sur le devoir en classe, le devoir à la maison, mais est-ce qu'on peut ou est-ce que vous proposez de pouvoir faire sa production ou de continuer sa production personnelle et de la livrer sur l'ENT ?

  • Speaker #1

    Techniquement, c'est compliqué parce que quand ils commencent sur leur propre iPad, les fichiers sont assez lourds à exporter. Donc il faut qu'ils exportent et puis techniquement il faut qu'ils aient un iPad à la maison pour pouvoir continuer. Par contre, lorsqu'on fait une production, on l'exporte en MP3, il y en a qui veulent l'exporter et l'envoyer sur leur ENT pour pouvoir le faire écouter. D'accord.

  • Speaker #2

    Oui, pareil que Benoît, avec la différence qu'effectivement, comme je disais tout à l'heure, maintenant, on équipe de tablettes effectivement nos sixièmes depuis cette année. Donc, ils ont cette possibilité-là. Mais pareil que tout à l'heure, je leur dis, vous pouvez, si vous le souhaitez, la terminer à la maison et me l'envoyer. Mais moi, j'organise le temps en classe. Et il est vrai qu'en sixième, ils sont tellement excités par cette nouveauté et investis dans les apprentissages que souvent, ils les terminent à la maison. Parce qu'ils ont envie de le faire. Mais je te rejoins tout à fait Benoît, il est vrai qu'on fait tout pour que ça se fasse en classe, parce que c'est un petit peu compliqué d'avoir accès à l'outil. Néanmoins, il existe maintenant des outils, je pense à la cuisinière notamment, où tu peux effectivement leur demander de s'enregistrer par exemple avec la voix. En fait, avec leur téléphone, ils lancent l'instrumental que tu leur as mis, et puis ils peuvent chanter en même temps et s'enregistrer via la cuisinière sur l'ordinateur. Et effectivement, il y a des enseignants qui fonctionnent comme ça pour récolter des travaux. Bravo d'élève, donc ça existe.

  • Speaker #0

    Ok, alors on va conclure sur ce qui est important pour un enseignant, on a parlé des 55 minutes pendant lesquelles vous pouvez faire d'éducation musicale une fois par semaine devant des élèves. Vous, à votre niveau en tant qu'enseignant, le numérique a-t-il été une solution de plus ou vraiment un avantage considérable ? Alors en ce moment, le grand sujet c'est l'intelligence artificielle, alors je vais aussi vous poser la question, est-ce que le numérique vous a fait gagner du temps ? Est-ce que ça a changé ? changer votre métier d'enseignant en éducation musicale ou pas finalement ? Qui commence ?

  • Speaker #2

    Moi clairement oui, parce que comme je te l'ai dit, j'ai commencé presque avec, et j'en ai vu tout de suite la pertinence, on ne va pas revenir sur tout ce qu'on a déjà dit, je pense qu'on a donné pas mal d'exemples, mais... Il est évident qu'on va pouvoir aller plus loin avec cet outil-là dans la création, aller sur des créations qui seront beaucoup plus complexes, parce qu'il y a cette possibilité finalement d'avoir un outil. Quand tu es juste avec ta voix et avec tes petites compétences musicales que tu construis avec ton prof de musique en dehors de l'établissement ou à l'intérieur de l'établissement, tu restes quand même contraint à de la performance directe. Et l'avantage d'avoir un outil numérique qui peut enregistrer, sur lequel tu peux revenir, sur lequel tu peux refaire des prises, ajouter des couches, il est énorme en éducation musicale. Cette possibilité-là de rétroaction, donc effectivement pour moi c'est vraiment un outil qui... fondamentale dans notre pratique, mais qui n'est pas non plus indispensable. C'est-à-dire que si du jour au lendemain, on nous dit Bon, mais maintenant, le numérique, ça suffit, on va revenir au vrai, à l'humain, etc. il n'y a aucun problème. On chante, on aura quand même le numérique pour faire écouter de la musique, parce qu'on ne peut pas faire sans, et on pourra le faire. Mais c'est vrai que, pour nous, ça élargit considérablement les possibles et ça nous permet d'aller plus loin. Et tu parlais de l'intelligence artificielle. Effectivement, moi je trouve qu'aujourd'hui, pour tout ce qui est planification, idée d'oeuvre musicale, idée de cours, etc., c'est vraiment un outil très pertinent, qui a besoin encore d'être affiné, évidemment, et toujours, comment dire, critiqué, parce que souvent... des choses fausses et petit à petit on va aussi trouver comment l'utiliser avec les élèves pour notamment faire de la création musicale mais toujours garder cet œil de l'esprit critique donc effectivement on est en plein essor là-dessus, d'observer les outils qui sortent au quotidien et qui évoluent au quotidien, notamment sur le traitement de la voix, tu vois par exemple moi j'adore l'histoire des Beatles c'est le dernier titre, ils l'ont recréé grâce à l'intelligence artificielle et pour moi je trouve ça extraordinaire, et extraordinaire aussi d'en parler aux élèves de leur faire comprendre toute cette historicité d'un groupe de ces années-là qui aujourd'hui revit grâce à une technologie qui a permis de recompiler, de distinguer la voix par rapport au piano. Je m'arrête là.

  • Speaker #0

    Benoît ?

  • Speaker #1

    Moi, ça a transformé mon travail d'enseignant. Parce qu'avant, j'étais plutôt en frontal, et ça m'a permis de me mettre côte à côte avec les élèves. L'outil numérique, c'est vraiment ça, je pense, que je retiens. Avant tout. Et c'est ma posture d'enseignant qui a changé, son numérique.

  • Speaker #0

    D'accord, la posture. Économie de temps ? Préparation des cours ?

  • Speaker #1

    Non. L'économie de temps, pour moi, elle est dans le fait que moi, j'essaye de chercher, quand je prépare ou je renouvelle mes séquences, j'essaye de chercher ce qui va être efficace, ce qui va fonctionner et comment est-ce que les élèves vont être acteurs. Si je me dis, bon, là, c'est moi qui parle pendant 10 minutes, ça ne vaut pas le coup. Si les élèves sont acteurs, est-ce qu'il y en a qui vont s'ennuyer, qui vont décrocher ? C'est plutôt ça que je cherche à combler, pour qu'ils soient tous acteurs de quelque chose lors des 55 minutes de cours. Parce que, par exemple, s'ils doivent passer au piano, s'ils doivent passer à la batterie, combien je vais faire passer d'élèves ? Avec le numérique, je vais faire passer beaucoup plus d'élèves. Ils auront tous l'occasion de toucher, c'est ça que je veux dire.

  • Speaker #0

    Une question piège, pendant le Covid, quand les élèves n'allaient plus en cours, vous avez fait la continuité pédagogique, un prof d'éducation musicale à distance, ça donne quoi ?

  • Speaker #1

    Moi, je vais être transparent, j'ai aidé mes collègues de matière, d'autres matières, le français, le maths, à...

  • Speaker #0

    Apprendre des outils uniques.

  • Speaker #1

    Exactement, à pouvoir continuer. Et puis, je me suis dit que vu comme c'était la galère avec mes enfants, je me suis dit je ne vais pas rajouter beaucoup. C'était plutôt des écoutes libres que je leur proposais. Mais je n'ai pas changé la marque parce que j'avais du mal à gérer mes propres enfants, mes propres collégiens à la maison.

  • Speaker #2

    Il ne me paraît que Benoît, et ce que j'ai fait, c'est que je faisais des lives sur Twitch. Je faisais sur un créneau où je me disais que peu de personnes prenaient, je faisais 30 minutes pour les sixièmes le lundi, 30 minutes pour les cinquièmes le mardi, et c'était très sympa. Et donc effectivement, c'était basé essentiellement sur de la pratique et de l'écoute, évidemment, et je leur disais Allez, faites avec moi, on y va ! Et j'avais de bons retours parce que ça changeait, et que c'était un peu vivant et dynamique. et voilà c'était une belle expérience mais épuisante parce que comme toi Benoît j'ai passé mon temps, j'ai mis en place une plateforme, un noventé, des choses comme ça pour faciliter la continuité pédagogique mais bon on a beaucoup appris et progressé quand même pendant ce temps là

  • Speaker #0

    Super, écoutez on était avec Nicolas et Benoît on a parlé d'éducation musicale au quotidien avec le numérique merci messieurs merci beaucoup C'était les podcasts de Ludomag. Vous pouvez retrouver ce podcast en langue française sur Ausha et Apple Podcasts et sur YouTube Podcasts pour les versions anglaises et espagnoles.

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Description


Aujourd’hui nous recevons Benoit Kiry enseignant éducation musicale à Colmar Collège Saint-Jean académie de Strasbourg et Nicolas Olivier enseignant éducation musicale à Toulouse au collège Sainte-Famille des Minimes.. et on va parler du numérique au quotidien en classe d’éducation musicale.


Bonjour Nicolas, bonjour Benoit,



Alors aujourd’hui on va évoquer votre façon d’appréhender le numérique au quotidien en classe, avant une reforme éventuelle de cette discipline au collège qui serait répartie en éducation des arts, chants,


l’éducation musicale aujourd’hui a changé ? Le pipo est t’il numérique ? ou autrement dit qu’est-ce qui a remplacé le fameux "pipo" qu’on était en charge de commander en début d’année dans sa trousse.


Aujourd’hui on est dans la régulation et le danger vient aujourd’hui sur l’incapacité aujourd’hui de pouvoir travailler sans internet, en éducation musicale on peut travailler en autonomie (garageband par ex.)


Mais youtube pour nous est essentiel, c’est notre source documentaire  et une écoute dans image est plus complexe quand il n’y a pas d’internet.



Questions abordées dans ce podcast : La différenciation, personnalisation des apprentissages en classe, le niveau… ?


Dans les apprentissages sur l’instrument, la voix, la production, qu’est ce qui change ? Le numérique est t’il une solution de plus ? économie du temps ? la préparation des séquences, l’IA touche t’il ?


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour et bienvenue dans les podcasts de Ludomag. Je suis Eric Fourcault, rédacteur en chef de Ludomag, premier magazine en ligne de partage d'expériences d'enseignants sur leurs pratiques pédagogiques en classe avec le numérique. Ludomag, depuis mars 2024, après le français, s'exporte dans les pays en éducation en langue anglaise et espagnole. Vous pouvez retrouver ce podcast en langue française sur Ausha et Apple Podcasts et sur YouTube Podcasts pour les versions anglaises et espagnoles. Nous abordons la saison 5 de notre podcast qui a pour titre le numérique au quotidien dans ma classe. En effet, le numérique relève du quotidien pour la majorité de la population. Ce qui fut l'avenir au temps des NTIC vers les années 95, s'est immiscé dans les pratiques et les usages journaliers. L'idée de cette saison 5 est donc de découvrir comment le numérique est utilisé en classe au quotidien de nos jours, plus que de se projeter dans un avenir incertain, voire prometteur, de nouvelles technologies. Dans les podcasts de Ludomag, nous recevons des enseignants, des formateurs, des éditeurs, chercheurs et institutionnels qui ont quelque chose à dire ou proposer sur le thème. Aujourd'hui nous recevons Benoît Kyry, enseignant d'éducation musicale à Colmar, au collège Saint-Jean, à la chimie de Strasbourg, et Nicolas Olivier, enseignant d'éducation musicale à Toulouse, au collège Sainte-Famille des Médimes. Et on va parler de numérico-coutinier en classe dans l'éducation musicale. Bonjour Nicolas, bonjour Benoît. Bonjour. Alors, comme je disais, on va évoquer votre façon d'appréhender le numérique au quotidien en classe, mais vous êtes des enseignants très connus dans le monde de l'éducation musicale en France, et on va peut-être s'intéresser à cette discipline. D'ailleurs, on disait que cette discipline allait peut-être évoluer, peut-être que l'éducation musicale allait peut-être disparaître au profit d'une éducation large autour des arts, des chants, de la musique, etc. Donc, il réformait peut-être en visage à quelques termes, mais ce n'est pas le problème. propos de notre podcast. Alors la première question que je souhaiterais poser c'est l'éducation musicale aujourd'hui a-t-elle changé ? C'était un peu une évidence. Le pipo est-il numérique ou autrement dit est-ce qu'on a remplacé le fameux pipo qu'on était en charge de commander en début d'année dans sa trousse à l'époque, il y a une trentaine d'années. Moi je me rappelle que j'avais mon pipo que je n'ai jamais utilisé d'ailleurs en classe. Est-ce que, voilà, quel est l'outil en fait de l'enseignant et de l'élève aujourd'hui dans sa classe ? L'éducation musicale.

  • Speaker #1

    La voix. La voix en priorité, donc pas un outil numérique forcément, et puis la pratique instrumentale à travers le corps, percussion corporelle, percussion réelle, et puis il y a des ayatollahs du numérique comme Benoît et moi qui effectivement utilisons abondamment, mais on en parlera avec une certaine raison, cet outil-là. Benoît, est-ce que tu veux proposer une autre réponse ?

  • Speaker #2

    Je rajouterais un outil aussi important, la voix et puis l'oreille.

  • Speaker #0

    D'accord. Donc, est-ce que... Pour votre discipline, vous, aujourd'hui, le numérique a vraiment changé votre vie. Est-ce qu'il est possible, et on verra peut-être les dangers, le trop numérique, ce qui est un discours qui est aujourd'hui d'actualité, il y a une mission sur l'utilisation de trop d'écrans par la jeunesse aujourd'hui. Alors est-ce que vous, dans votre classe, au quotidien, le avant, le pendant et le après-cours, le numérique est partout ? et quelles sont ses forces et quelles sont ses faiblesses. Allez, Benoît, là-dessus.

  • Speaker #2

    Alors, moi, je vais parler du numérique. Dans ma salle de classe, j'ai la chance d'avoir 16 iPads qui sont reliés à des pianos et reliés à des micros. tous sous casque, ce qui me permet de faire travailler une moitié de classe sur un projet, un projet musical, pendant que je peux m'occuper de l'autre moitié de la classe. Donc ce qui a changé dans ma manière d'enseigner, c'est au lieu de faire faire tout à tout le monde en même temps, ça me permet de faire au moins deux groupes et de leur donner du boulot pendant que je travaille avec d'autres. Et l'avantage de cet outil, c'est que... il est discret puisqu'il est sous casque. C'est un petit peu transparent parce qu'on est dans une application qui permet d'enregistrer, qui permet de superposer des pistes, qui permet de jouer une partie piano, une partie percussion, et d'enregistrer sa voix. Là, dernièrement, avec les élèves de 3e, ils avaient comme mission de créer un podcast sur Jean Cachouine. Et c'est des... Je trouve que c'est des choses qu'ils pourront réutiliser au lycée ou lors de production plus tard lorsqu'ils seront aux études.

  • Speaker #0

    Tu parles d'équipement, on verra Nicolas, mais tu parles d'équipement, d'autres manières dans l'éducation musicale, l'enseignant en éducation musicale a toujours eu un peu d'équipement, ou des instruments, il y a toujours un budget dans l'établissement qui permet en fait de... on ne peut pas être, j'imagine, on ne peut pas être prof d'éducation musicale sans outils, c'est compliqué, non ?

  • Speaker #2

    Sans piano, sans haut-parleur qui permet de diffuser le son, ça c'est évidemment compliqué. Mais quand on a en plus la chance d'avoir une flotte d'iPad qui se promène dans les couloirs et qu'on peut réserver pour l'un ou l'autre cours, c'est déjà super.

  • Speaker #0

    Voilà, le seul truc c'est qu'elles peuvent se batailler avec les autres disciplines pour qu'elles ne les utilisent pas pendant la classe de l'éducation musicale, pour réserver un peu.

  • Speaker #2

    Après, moi j'en ai 16, mais on peut travailler avec 2, 3, 4 en îlot, vous voyez, on n'est pas obligé d'avoir autant d'iPad.

  • Speaker #1

    Moi je fais tout comme Benoît, j'ai aussi 16 iPads dans ma classe. La différence que j'ai, Benoît bosse 15-15, moi j'aime bien quand même chanter avec tout le monde, mes 30 ou 32 élèves. Par contre après, je vais les mettre en travail comme lui. Et j'insiste sur ce qu'a dit Benoît, il y a cette idée de ne pas tous faire la même chose en même temps. On commence souvent la même chose en même temps et puis chacun après va effectivement aller à son rythme et va évoluer sur différentes activités qui vont être soit des activités d'écoute, soit des activités de création, soit des activités à nouveau de champ et pour lesquelles l'outil numérique va pouvoir souvent aider juste par le fait qu'on peut enregistrer plusieurs fois et se reprendre, s'auto-évaluer, identifier forces et faiblesses et refaire, mais aussi parfois sans numérique. C'est un petit plus qu'on va pouvoir solliciter en fonction des différentes activités, effectivement. Et pour répondre à l'autre question qui était l'emprunt d'une éventuelle valise, c'est vrai que c'est ça qui pose souvent quelques questions d'organisation avec les collègues et qui nous pousse à investir progressivement chaque année dans 3-4 iPads de plus quand on a la possibilité pour avoir un parc qui puisse être effectivement le plus... Le plus grand possible, je pense que voilà, un iPad pour deux en éducation musicale, ça te permet de faire un iPad pour trois, pour quatre, et effectivement cette modalité-là, soit celle de Benoît, soit la mienne.

  • Speaker #0

    Est-ce que c'est le cas, on a quand même deux personnages qui historiquement utilisent beaucoup le numérique dans leur discipline, est-ce que c'est le cas de tous les enseignants d'éducation musicale ? Est-ce que tout le monde est doté pareil ? Est-ce que tout le monde va aller à fond avec des iPads ? Ou est-ce que c'est plus compliqué dans certains établissements ?

  • Speaker #2

    Moi je vais dire que c'est en fonction de l'appétence de l'enseignant. Il y a des enseignants qui sont capables de faire... de faire aussi des groupes de travail, parce qu'ils ont une salle qui le permet. Moi, j'avais visité des enseignants dans un collège de collègues qui avaient des petits studios vitrés. Donc, ils mettaient les élèves par groupe.

  • Speaker #0

    Des box ?

  • Speaker #2

    Ils travaillaient des box, c'est ça. Des tout petits box, ils travaillaient comme ça par groupe. Ils n'utilisaient pas le numérique au quotidien, mais les élèves étaient tout le temps en action de quelque chose. Et ça, je trouve... tout aussi fort que d'utiliser le numérique pour faire pratiquer les élèves.

  • Speaker #0

    De toute façon, en vous, dans votre discipline, c'est produire et écouter. En gros, c'est ça la clé. On ne va pas leur faire lire l'histoire, enfin si, c'est peut-être au programme, l'histoire de la musique, faire des QCM, est-ce que ça se pratique ?

  • Speaker #2

    Je pensais que tu allais dire on ne va pas leur faire lire les notes. Donc là, les notes, j'ai fait non, mais l'histoire de la musique, remettre dans son contexte une œuvre qu'on écoute, oui, bien sûr. parce que l'idée c'est de donner du sens à ce qu'on écoute.

  • Speaker #1

    Oui,

  • Speaker #0

    et même les notes, ce n'est pas votre boulot, les notes, on est quand même dans un... Il y a des cours d'instruments qui sont donnés par ailleurs, ce n'est pas l'objectif de l'éducation nationale d'apprendre un instrument à un élève, on est bien d'accord, on est sur une éducation musicale en ce sens-là. Alors, je parlais tout à l'heure de régulation de danger, de capacité de travailler en numérique. Est-ce qu'il y a des possibles échecs ? Quelque part, l'Internet se coupe. Qu'est-ce qui se passe pour vous aujourd'hui ?

  • Speaker #2

    De un, on ne peut plus faire l'appel sur Pronote. De deux, on avait prévu un tuto ou une écoute en petit groupe avec YouTube, par exemple, et donc on ne peut plus le faire. Donc, moi j'ai la chance, ça n'arrive pas trop souvent, mais ça arrive plusieurs fois par an. Et on se rend compte que, moi je me rends compte que je suis bien... Je suis bien désarmé lorsque la connexion se coupe. Mais lorsqu'ils sont en situation de création sur l'iPad, donc là on peut déconnecter les iPads d'Internet, ça ne pose pas de problème. Un enregistrement sonore de la voix ou du piano, ça ne pose pas de problème. C'est dès qu'on veut chercher une ressource ailleurs.

  • Speaker #0

    Nico ?

  • Speaker #1

    Pareil pour moi, surtout que, comme on en parlait tout à l'heure avec des îlots des travaux de groupe, chacun va aller soit chercher effectivement des œuvres sur Internet pour répondre à l'objectif que l'on cherche à étudier. Il y en a d'autres qui vont effectivement consulter le tutoriel. Et comme on le disait, ils ne vont pas avoir tous le même tutoriel en fonction de là où ils en sont. Donc c'est vrai que c'est un... C'est difficile de faire sans. Maintenant, comme Benoît, j'ai de la chance et c'est quelque chose qui arrive peu, mais c'est vraiment pas quand même le quotidien. Tu me posais la question tout à l'heure, est-ce que tous les profs de musique sont comme ça ? Là, c'est pareil au niveau de l'équipement. On va faire une formation chez une collègue, elle me le dit, je n'ai pas Internet. Alors, il y a ça, il y a un collège public, il n'y a pas de Wi-Fi, il n'y a pas d'Internet. Donc, effectivement, là, on est en train de prévoir tout. pour arriver à s'en dispenser. Et elle, dans son quotidien, c'est ça qu'elle est obligée de faire, de tout anticiper, de tout télécharger, ce qui n'est pas hyper légal non plus, et de trouver des astuces. Donc effectivement, je ne dirais pas que c'est la pierre angulaire du fonctionnement du quotidien, mais on en est quand même très dépendants.

  • Speaker #0

    D'accord, on est quand même... Si on n'a pas un établissement qui a une connexion, une connectivité dans les classes, parce que c'est pas parce que l'établissement est connecté qu'ensuite dans les classes ça se passe bien aussi, c'est un autre problème, le Wi-Fi des fois est mal distribué, on va dire. Et puis, on parlait de tablettes, d'iPad, effectivement si on n'a pas un device par élève ou par groupe de 2 ou 3, ça devient compliqué de faire du numérique au quotidien en éducation musicale. On est d'accord aujourd'hui, c'est ça ?

  • Speaker #1

    Pas forcément, parce que côté prof, même avec une seule tablette ou même pas, je veux dire, tu peux utiliser le numérique, c'est juste que nous, on a vu le potentiel qu'il y avait, et on a investi, je veux dire, bien sûr financièrement, mais aussi de notre temps et de notre énergie pour arriver à vraiment l'investir cet outil. Mais comme l'a dit Benoît... On a été formés d'ailleurs tous les deux sans trop de numérique et on est capable de faire sans. Et quelque part, enfin moi, tu vois, quand j'ai des stagiaires qui viennent, qui sont sous ma responsabilité, ils ont très vite envie d'utiliser les iPads et bien sûr, je les accompagne là-dessus. Mais la base, je leur dis, mais c'est que tu ne sais pas dans quel établissement tu vas tomber. Il faut qu'ils soient capables de rebondir le jour où il n'y a pas Internet, le jour où tu n'as pas les tablettes, qu'on soit quand même capable d'enseigner sans et c'est tout à fait possible. Mais il est vrai que ça nous amène une diversité et une possibilité, encore une fois, de personnaliser, de varier les apprentissages qui est inouïe.

  • Speaker #0

    Et de produire, surtout.

  • Speaker #1

    Oui, bien sûr.

  • Speaker #0

    On parle depuis un moment d'iPad, donc on sait que sur ces iPads, nativement, on a une espèce de logiciel qui s'appelle GarageBand, et là, pour produire, on ouvre les grandes fenêtres. Donc là, pour les élèves, ça doit être vraiment efficient. Est-ce qu'il y a d'autres possibilités de produire sans ça ?

  • Speaker #1

    Oui, on produit vraiment directement avec la voix, avec le corps. Il est vrai que l'outil numérique va nous permettre quand même d'enregistrer. C'est vrai que quand tu ne peux pas enregistrer, tu fais une prestation devant la classe ou devant le prof. Mais l'avantage de cet enregistrement, ça reste quand même le fait d'avoir en retour un feedback immédiat, une rétroaction qui permet de remédier. Mais oui, effectivement, quand on fait des ateliers percussion, des ateliers batterie, et comme je te disais, du chant à chaque séance, le numérique est là. Mais en fait... il est là ponctuellement dans la séance. Il n'occupe pas 100% de la séance, en fait. Parce qu'on reste quand même une matière qui veut pratiquer et écouter, bien sûr. La musique, ça peut passer par le numérique, mais ça peut aussi se faire tout à fait sans. Je ne sais pas ce que tu en penses, Benoît.

  • Speaker #0

    Benoît, oui.

  • Speaker #2

    Je vais donner un exemple autour de la voix. Nos élèves de 3e, ils doivent passer un oral pour le brevet.

  • Speaker #0

    Et...

  • Speaker #2

    On leur propose de passer des oraux blancs devant les enseignants. Mais moi, je leur propose de l'enregistrer, comme s'ils étaient. De l'enregistrer et puis d'oser s'écouter. parce que ça c'est quelque chose qui est difficile, on ne connaît pas sa propre voix. Et je trouve que c'est vraiment, pour les élèves qui le font, c'est vraiment un gain bénéfique, supplémentaire, de confiance dans ce qu'ils sont capables de faire à l'oral. parce qu'entre ce qu'on imagine, ce qu'on a produit, ce qu'on a dit, on se rend compte qu'on parle trop vite, qu'on ne comprend pas les mots, qu'on mange des syllabes, voilà.

  • Speaker #1

    Qu'on dit voilà quoi tout le temps, ou genre.

  • Speaker #2

    Genre, voilà genre. Mais c'est vraiment un outil. Du coup,

  • Speaker #0

    du coup, du coup.

  • Speaker #2

    Du coup, c'est un outil dans la trousse, qu'ils ont tous un téléphone, ils peuvent tous le faire. Et je trouve que si nous, profs d'éducation musicale, on peut justement ouvrir ces possibles. Qu'on ait d'iPad ou pas d'iPad, on peut quand même l'ouvrir parce qu'ils ont un téléphone. Ils peuvent travailler comme ça aussi chez eux. Je trouve que c'est vraiment intéressant de se familiariser avec sa voix et pas que sa voix chantée.

  • Speaker #0

    D'accord. Oui, apprendre à respirer, apprendre à poser sa voix. Même un président de la République aujourd'hui, on l'a vu mal poser sa voix, il a pris des cours. Et c'est pour ça d'ailleurs qu'il a imposé, j'ai l'impression, le fameux exercice qui maintenant devient incontournable au black, c'est montrer qu'effectivement on sait parler aux autres et on peut savoir poser sa voix, exprimer ses idées, sans les dons qui les du coup et les mots qui sont gênants parfois. Bien ? Je voulais parler un peu du contexte numérique. Nos enfants et vos élèves sont baignés dans le numérique. On ne va pas parler des réseaux sociaux, mais effectivement, ils le sont souvent. Et souvent, la musique, elle est quand même omniprésente. sur ces réseaux, il y a des choses qu'on ne connaissait pas dans le monde de la musique, et les élèves, aujourd'hui, tout le monde s'imagine être un chanteur, tout le monde va regarder des trucs sur YouTube, ou sur TikTok, ou sur Instagram, ils chantent, ils se mettent en avant, donc c'est pile poil dans votre discipline, vous vous dites, c'est super, les élèves sont super intéressés, et d'un temps vous déboulez, peut-être avec un pipo, ça va être compliqué, mais par contre, si vous utilisez leurs propres outils, Qu'est-ce que ça change dans le rapport entre l'enseignant et l'élève ? Ou est-ce que ça change le rapport en disant bon ben voilà, on va aller sur YouTube, on va aller chercher des choses, on va aller regarder Est-ce que le regard des élèves se dit ah oui, cet enseignant, il est moderne il est comme nous, il connaît tout ce qu'on connaît nous ?

  • Speaker #2

    Ce qui est moderne, c'est lorsqu'on parle d'une notion, une notion musicale, de… un élève qui dit oui mais c'est comme ça dans telle chanson et on a accès tout de suite vas-y montre moi va chercher il sait chercher on lui donne un iPad il sait chercher Et tout de suite, on a accès. C'est le côté instantané qu'on n'avait pas au début de notre carrière. Au début de notre carrière, il y avait le prof d'éducation musicale d'un côté, l'univers des jeunes de l'autre. Là, vraiment, je trouve que c'est perméable et puis c'est instantané. Et donc, on n'a que 55 minutes par semaine, donc on profite de ce côté instantané. Et ça, je trouve ça, c'est une vraie richesse parce que les élèves ont un regard qui est au niveau de la musique, qui est beaucoup plus… beaucoup plus large, je trouve, que lorsque j'ai commencé à enseigner.

  • Speaker #0

    Nicolas ?

  • Speaker #1

    Moi, j'avoue que j'investis souvent les différents réseaux pour en comprendre les enjeux. Et donc, effectivement, je fais partie de ceux qui vont ouvrir un compte TikTok sur l'oral du brevet et donner des petites astuces dont on a parlé juste avant. Et comme à l'époque, quand on a commencé à faire des capsules vidéo sur YouTube, effectivement, ça part du sentiment de vouloir comprendre la génération dans laquelle on est et essayer de comprendre. voilà ce qui les attire et ce qui fonctionne ce qui les rend finalement un peu addict aujourd'hui sur sur ces plateformes là et donc effectivement une fois que je les investis ça s'appelait beaucoup bien qu'en troisième il se moque un petit peu même beaucoup mais mais après l'idée c'est moi je souvent je renverse la chose c'est à dire je leur dis maintenant c'est à vous de le faire donc là mes troisième qui prépare l'oral du brevet comme benoît ce qu'ils ont pour mission de faire c'est effectivement faire une vidéo format vertical de moins d'une minute qui soit un peu punchy avec du rhum rythme avec un peu de storytelling dedans, c'est-à-dire une accroche, une transformation, une résolution et donc à travers ce format qu'ils connaissent finalement très bien, je vais les faire travailler. Donc là du coup j'emploie ce qui est leur quotidien pour essayer de le transformer en quelque chose de numérique. Et ils vont transmettre un savoir. Ils doivent, là en l'occurrence, certains parler de leur musique, d'autres montrer leur compétence en danse, mais tout ça doit servir l'autre, apporter une valeur ajoutée. C'est ça qui m'intéresse moins, qu'ils se mettent en position de ne pas juste je fais ma danse TikTok, ma train de TikTok comme tout le monde, moi qu'est-ce que je vais amener avec ça ? et qu'est-ce que je peux apporter à l'autre ? Moi je m'en sers comme ça, c'est pareil, quand je leur faisais faire à l'époque des capsules vidéo eux-mêmes, pour expliquer une notion, il y avait cette dimension de se dire j'ai appris quelque chose, comment je vais le transmettre, comment je peux aider l'autre ? Donc voilà, je te réponds comme ça sur cette question-là, parce que je ne cherche pas forcément à vouloir leur plaire en utilisant ces outils, j'essaye de m'intéresser à ce qu'ils sont, pour comprendre comment moi je peux m'en servir finalement dans ma pratique, et comment on peut leur apporter quelque chose de plus.

  • Speaker #0

    C'est une sorte de détournement dont on parlait à l'époque, détourner un peu plus.

  • Speaker #1

    Exactement.

  • Speaker #0

    Benoît aussi, on parlait aussi de sources documentaires, en préparant un petit peu ce podcast, on disait, nous notre source documentaire, c'est pas forcément Wikipédia, mais c'est YouTube, c'est-à-dire qu'en gros aujourd'hui, il y a des millions de choses autour de la musique, de la voix, etc., qui sont présentes sur YouTube et sur d'autres réseaux, mais YouTube je crois que c'est encore une grosse source documentaire pour vous, non ?

  • Speaker #2

    Moi je trouve qu'elle est infinie et ça permet vraiment de... vous savez quand on fait écouter une oeuvre à des élèves, une oeuvre symphonique par exemple, ils n'ont aucune idée quoi, à part le vieux poster que j'ai pas dans la salle de classe de l'orchestre. Mais lorsqu'on leur montre les images, parce que c'est... C'est infini, on peut trouver, moi j'ai pas les mêmes images que Nicolas et sur Youtube, on a vraiment une richesse pour faire comprendre ce qu'on veut faire passer aux jeunes.

  • Speaker #0

    l'incapacité quand il n'y a pas internet si on a prévu une séance là-dessus on n'a pas prévu une séance là-dessus c'est-à-dire que c'est pas grave,

  • Speaker #2

    les 5 minutes, les 10 minutes le quart d'heure qu'on voulait passer, on le fera la fois d'après,

  • Speaker #0

    c'est pas grave par exemple pour toi tu vas utiliser au moins une fois sur les 55 minutes Youtube va être présent à un moment donné

  • Speaker #2

    C'est-à-dire que dans notre matière, je les fais créer, on les fait chanter, on les fait écouter, on les fait parfois danser, on leur fait faire de la percussion, donc tout ça en 55 minutes. Donc si YouTube plante, si Internet plante, ce n'est pas grave, ça ne met pas en péril le cours.

  • Speaker #0

    Mais à la limite, ils peuvent aller le voir à la maison.

  • Speaker #2

    Oui, ils peuvent, bien sûr, mais je suis... C'est-à-dire que j'évite pour deux raisons. La première, c'est que je ne suis pas dupe. S'il y a un tiers des élèves qui l'ont fait, c'est génial. Et la deuxième, moi qui ai des ados, en tant qu'enfant, je vois l'excuse facile, oui, mais le prof, il a demandé qu'on fasse ça. Et c'est compliqué pour les parents de gérer. Voilà.

  • Speaker #0

    Un temps d'écran qui n'est pas forcément canalisé, une source de prétexte à aller voir autre chose, et pas forcément les trois minutes qu'on avait bien précisé dans le pronote.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. Et moi, je suis d'accord avec Benoît. Pareil, j'ai des ados à les maisons. J'ajoute aussi la quantité de devoirs qu'ils ont déjà. Et parfois, j'ai eu affaire avec des collègues d'éducation musicale ou dans d'autres matières, des devoirs avec les enfants qui sont très longs et qui, finalement, l'efficience pédagogique... Elle peut être bonne, mais ça prend énormément de temps. Et quand tu veux leur faire faire des activités, quand tu veux leur faire faire un certain nombre de choses à tes enfants, tu es content quand effectivement le prof d'éducation musicale n'a pas donné une vidéo de 15 minutes à regarder avec un questionnaire de 50 questions à faire dans un temps chronométré. Enfin, tu vois, j'exagère un peu, ce n'est pas réellement la vérité, mais clairement, ça compte aussi. Et c'est vrai que je suis d'accord avec Benoît, on essaye de faire le maximum de choses en classe, parce qu'il y a quand même encore aussi une disparité d'équipements qui existe.

  • Speaker #0

    Dans les familles.

  • Speaker #1

    Ouais, dans les familles. Et puis comme tu l'as un petit peu dit en sous-jacent, c'est vrai que tu leur envoies une vidéo YouTube à regarder, juste à côté, tu as la vignette de Squeezie. Comment dire ? Tu vois, il va très vite avoir envie d'aller voir autre chose et c'est là, et on rejoint ce que disait Benoît, ça va être compliqué à gérer après. Autant ne pas forcément leur ouvrir la petite porte qui va les amener à finalement se disperser et perdre du temps.

  • Speaker #2

    mais moi je n'avais pas ce discours là avant d'avoir fait la classe à la maison pendant le confinement c'est vrai qu'avant le confinement il y avait la grande mode de la classe inversée

  • Speaker #0

    Et on demandait beaucoup de temps d'écran à la maison. Et là, on dirait que ça a un peu baissé. Et je dirais que vous, vous êtes en concurrence avec le prof de SVT qui a demandé aux gamins d'aller regarder le C'est pas sourcier de 25 minutes,

  • Speaker #1

    plus le clip de un quart d'heure,

  • Speaker #0

    plus le prof de je ne sais quoi, parce qu'ils vont passer leur vie sur YouTube pour préparer les devoirs.

  • Speaker #2

    Mais avec la difficulté, comment est-ce qu'on vérifie qu'ils l'aient tous fait, qu'ils arrivent au même niveau ? Moi, je n'ai pas envie de perdre mon temps à aller vérifier ça. Donc, je m'organise pour que dans le temps de classe, les choses soient faites.

  • Speaker #1

    C'est ça. La seule exception que je fais, moi, c'est pour rattraper des évaluations d'écoute. Je leur offre la possibilité de la rattraper en cours, tu vois, c'est ce que j'expliquais, ils font différentes activités en même temps. Mais s'ils veulent la rattraper avant ou s'ils n'ont pas été là, oui, effectivement, là, il y a une évaluation d'écoute qui peut être rattrapée. Mais quand même, je ne mets pas des extraits de 15 minutes. Il y a souvent trois petits extraits de maximum 30 secondes, trois petites questions. Et effectivement, là, on rejoint exactement ce qu'on disait par rapport à la pertinence d'Internet et du numérique, que ce soit dans la classe ou que ce soit à la maison. Là, il s'avère que ça permet vraiment d'ajouter une plus-value. Mais en dehors de ça, effectivement, pas d'usage de l'écran à l'extérieur.

  • Speaker #0

    On revient en classe. Je crois que c'est toi, Nicolas, qui parlais de ça, du smartphone. qui est un outil aussi super intéressant, qui permet d'enregistrer, qui permet de faire des trucs, c'est une sorte de petit iPad mais transportable. Est-ce que, on sait que c'est utilisé en thèse pédagogique, mais c'est souvent pas dans les collèges interdits, il y a aussi ce débat-là sur l'utilisation des smartphones dans les établissements, est-ce que c'est aussi une opportunité, est-ce que vous utilisez ? cet outil là pour un peu, et on attaquera peut-être la différenciation, la personnalisation pendant les 55 minutes d'un cours, est-ce que si vous n'avez pas les iPads, est-ce qu'on peut... Vous proposez ça aux élèves ?

  • Speaker #1

    Alors, on l'a eu fait, Benoît le dira à son expérience. Moi, je l'ai eu fait en fait avant d'avoir les tablettes tout simplement, en temporaire, parce que dès le début de mon enseignement, moi j'utilisais le téléphone en classe. Quand je suis rentré en 2010 et les élèves me regardaient avec des grands yeux, je prenais en photo le tableau, je les enregistrais avec mon téléphone. Pour moi, c'était naturel parce que j'étais de cette génération qui découvrait les smartphones et qui les utilisait. pour le quotidien, mais aussi pour la pratique professionnelle. Et donc effectivement, très vite, j'ai voulu faire pareil avec eux. C'est-à-dire, j'aurais dit, ben oui, là, vous filmez votre truc de percussion avec des objets du quotidien, c'est génial. Filmez-le avec votre téléphone, puis vous me l'envoyez sur l'ENT. Voilà. Mais on n'était pas encore avec notre hyper-connectivité aujourd'hui de 4G, 5G, les réseaux sociaux. C'était quelque chose qui restait ponctuel, encadré. C'est toujours le cas aujourd'hui. Mais il est vrai que... Dès que tu fais utiliser les téléphones, quand ça m'arrive encore ponctuellement, tu as cette double peur que ça aille à droite à gauche et qu'il y ait des enregistrements, des vidéos audio qui soient faites et qui vont desservir d'autres élèves. Donc il est vrai que quand tu as la possibilité d'avoir un équipement qui appartient à l'établissement, qui soit contrôlé, etc. ouais exactement tu préfères 100 fois ça donc effectivement ça a été un argument fort aussi quand les chefs me disaient on n'est pas trop à l'aise que vous utilisez les téléphones et ça je leur dis mais moi aussi donc investissez dans les tablettes et on arrête les téléphones et parfois ça a marché comme ça mais ça reste quand même un outil merveilleux et il y a un usage un réel usage à faire aujourd'hui même d'éducation sur cette pareille là mais effectivement voilà mon positionnement je ne sais pas ce que tu en penses Benoît Benoît ouais ouais c'est pareil c'est pareil

  • Speaker #2

    C'est pareil, on est forcément sollicité par une notification ou autre chose. Et puis contrôler les élèves, il vaut mieux les canaliser avec un outil qui est donné par l'établissement scolaire plutôt que l'outil personnel.

  • Speaker #0

    Ok, on est d'accord là-dessus. On parlait de personnalisation des apprentissages, donc on parlait peut-être de groupe, les fameuses 55 minutes que vous avez par semaine, donc on va essayer d'exploiter au maximum ce temps d'éducation musicale. Donc le numérique vous permet en fait d'exploiter ça de manière beaucoup plus conséquente, plus rapide.

  • Speaker #1

    Oui, parce que lorsque je fais une écoute avec les élèves, je leur demande de récupérer des notions et de se les approprier dans une création musicale personnelle. Et donc ça, c'est personnel. Donc on y travaille les notions en groupe et après ils vont les introduire dans leur création, les utiliser dans leur création musicale personnelle. C'est ça que j'évalue. J'évalue leurs compétences à être capable de jouer une mélodie avec des notes conjointes. Je les évalue à être capable de jouer un des trois rythmes qu'on a travaillé ensemble. en percussions corporelles, c'est vraiment le tout dans une création personnelle. Et pas juste évaluer pour évaluer, ou être capable, t'as fait ce rythme-là, c'est bon, c'est coché. Mais ça rentre dans une production, une production musicale, et c'est ça que je trouve intéressant. Et pendant qu'ils travaillent, moi je peux m'occuper du reste de la classe.

  • Speaker #0

    On parlait de Pronote, on a parlé de l'ENT qui est en capacité de livrer des petits fichiers MP3, est-ce que ça vous arrive aussi sur la production personnelle ? On sait qu'on n'est pas trop sur le devoir en classe, le devoir à la maison, mais est-ce qu'on peut ou est-ce que vous proposez de pouvoir faire sa production ou de continuer sa production personnelle et de la livrer sur l'ENT ?

  • Speaker #1

    Techniquement, c'est compliqué parce que quand ils commencent sur leur propre iPad, les fichiers sont assez lourds à exporter. Donc il faut qu'ils exportent et puis techniquement il faut qu'ils aient un iPad à la maison pour pouvoir continuer. Par contre, lorsqu'on fait une production, on l'exporte en MP3, il y en a qui veulent l'exporter et l'envoyer sur leur ENT pour pouvoir le faire écouter. D'accord.

  • Speaker #2

    Oui, pareil que Benoît, avec la différence qu'effectivement, comme je disais tout à l'heure, maintenant, on équipe de tablettes effectivement nos sixièmes depuis cette année. Donc, ils ont cette possibilité-là. Mais pareil que tout à l'heure, je leur dis, vous pouvez, si vous le souhaitez, la terminer à la maison et me l'envoyer. Mais moi, j'organise le temps en classe. Et il est vrai qu'en sixième, ils sont tellement excités par cette nouveauté et investis dans les apprentissages que souvent, ils les terminent à la maison. Parce qu'ils ont envie de le faire. Mais je te rejoins tout à fait Benoît, il est vrai qu'on fait tout pour que ça se fasse en classe, parce que c'est un petit peu compliqué d'avoir accès à l'outil. Néanmoins, il existe maintenant des outils, je pense à la cuisinière notamment, où tu peux effectivement leur demander de s'enregistrer par exemple avec la voix. En fait, avec leur téléphone, ils lancent l'instrumental que tu leur as mis, et puis ils peuvent chanter en même temps et s'enregistrer via la cuisinière sur l'ordinateur. Et effectivement, il y a des enseignants qui fonctionnent comme ça pour récolter des travaux. Bravo d'élève, donc ça existe.

  • Speaker #0

    Ok, alors on va conclure sur ce qui est important pour un enseignant, on a parlé des 55 minutes pendant lesquelles vous pouvez faire d'éducation musicale une fois par semaine devant des élèves. Vous, à votre niveau en tant qu'enseignant, le numérique a-t-il été une solution de plus ou vraiment un avantage considérable ? Alors en ce moment, le grand sujet c'est l'intelligence artificielle, alors je vais aussi vous poser la question, est-ce que le numérique vous a fait gagner du temps ? Est-ce que ça a changé ? changer votre métier d'enseignant en éducation musicale ou pas finalement ? Qui commence ?

  • Speaker #2

    Moi clairement oui, parce que comme je te l'ai dit, j'ai commencé presque avec, et j'en ai vu tout de suite la pertinence, on ne va pas revenir sur tout ce qu'on a déjà dit, je pense qu'on a donné pas mal d'exemples, mais... Il est évident qu'on va pouvoir aller plus loin avec cet outil-là dans la création, aller sur des créations qui seront beaucoup plus complexes, parce qu'il y a cette possibilité finalement d'avoir un outil. Quand tu es juste avec ta voix et avec tes petites compétences musicales que tu construis avec ton prof de musique en dehors de l'établissement ou à l'intérieur de l'établissement, tu restes quand même contraint à de la performance directe. Et l'avantage d'avoir un outil numérique qui peut enregistrer, sur lequel tu peux revenir, sur lequel tu peux refaire des prises, ajouter des couches, il est énorme en éducation musicale. Cette possibilité-là de rétroaction, donc effectivement pour moi c'est vraiment un outil qui... fondamentale dans notre pratique, mais qui n'est pas non plus indispensable. C'est-à-dire que si du jour au lendemain, on nous dit Bon, mais maintenant, le numérique, ça suffit, on va revenir au vrai, à l'humain, etc. il n'y a aucun problème. On chante, on aura quand même le numérique pour faire écouter de la musique, parce qu'on ne peut pas faire sans, et on pourra le faire. Mais c'est vrai que, pour nous, ça élargit considérablement les possibles et ça nous permet d'aller plus loin. Et tu parlais de l'intelligence artificielle. Effectivement, moi je trouve qu'aujourd'hui, pour tout ce qui est planification, idée d'oeuvre musicale, idée de cours, etc., c'est vraiment un outil très pertinent, qui a besoin encore d'être affiné, évidemment, et toujours, comment dire, critiqué, parce que souvent... des choses fausses et petit à petit on va aussi trouver comment l'utiliser avec les élèves pour notamment faire de la création musicale mais toujours garder cet œil de l'esprit critique donc effectivement on est en plein essor là-dessus, d'observer les outils qui sortent au quotidien et qui évoluent au quotidien, notamment sur le traitement de la voix, tu vois par exemple moi j'adore l'histoire des Beatles c'est le dernier titre, ils l'ont recréé grâce à l'intelligence artificielle et pour moi je trouve ça extraordinaire, et extraordinaire aussi d'en parler aux élèves de leur faire comprendre toute cette historicité d'un groupe de ces années-là qui aujourd'hui revit grâce à une technologie qui a permis de recompiler, de distinguer la voix par rapport au piano. Je m'arrête là.

  • Speaker #0

    Benoît ?

  • Speaker #1

    Moi, ça a transformé mon travail d'enseignant. Parce qu'avant, j'étais plutôt en frontal, et ça m'a permis de me mettre côte à côte avec les élèves. L'outil numérique, c'est vraiment ça, je pense, que je retiens. Avant tout. Et c'est ma posture d'enseignant qui a changé, son numérique.

  • Speaker #0

    D'accord, la posture. Économie de temps ? Préparation des cours ?

  • Speaker #1

    Non. L'économie de temps, pour moi, elle est dans le fait que moi, j'essaye de chercher, quand je prépare ou je renouvelle mes séquences, j'essaye de chercher ce qui va être efficace, ce qui va fonctionner et comment est-ce que les élèves vont être acteurs. Si je me dis, bon, là, c'est moi qui parle pendant 10 minutes, ça ne vaut pas le coup. Si les élèves sont acteurs, est-ce qu'il y en a qui vont s'ennuyer, qui vont décrocher ? C'est plutôt ça que je cherche à combler, pour qu'ils soient tous acteurs de quelque chose lors des 55 minutes de cours. Parce que, par exemple, s'ils doivent passer au piano, s'ils doivent passer à la batterie, combien je vais faire passer d'élèves ? Avec le numérique, je vais faire passer beaucoup plus d'élèves. Ils auront tous l'occasion de toucher, c'est ça que je veux dire.

  • Speaker #0

    Une question piège, pendant le Covid, quand les élèves n'allaient plus en cours, vous avez fait la continuité pédagogique, un prof d'éducation musicale à distance, ça donne quoi ?

  • Speaker #1

    Moi, je vais être transparent, j'ai aidé mes collègues de matière, d'autres matières, le français, le maths, à...

  • Speaker #0

    Apprendre des outils uniques.

  • Speaker #1

    Exactement, à pouvoir continuer. Et puis, je me suis dit que vu comme c'était la galère avec mes enfants, je me suis dit je ne vais pas rajouter beaucoup. C'était plutôt des écoutes libres que je leur proposais. Mais je n'ai pas changé la marque parce que j'avais du mal à gérer mes propres enfants, mes propres collégiens à la maison.

  • Speaker #2

    Il ne me paraît que Benoît, et ce que j'ai fait, c'est que je faisais des lives sur Twitch. Je faisais sur un créneau où je me disais que peu de personnes prenaient, je faisais 30 minutes pour les sixièmes le lundi, 30 minutes pour les cinquièmes le mardi, et c'était très sympa. Et donc effectivement, c'était basé essentiellement sur de la pratique et de l'écoute, évidemment, et je leur disais Allez, faites avec moi, on y va ! Et j'avais de bons retours parce que ça changeait, et que c'était un peu vivant et dynamique. et voilà c'était une belle expérience mais épuisante parce que comme toi Benoît j'ai passé mon temps, j'ai mis en place une plateforme, un noventé, des choses comme ça pour faciliter la continuité pédagogique mais bon on a beaucoup appris et progressé quand même pendant ce temps là

  • Speaker #0

    Super, écoutez on était avec Nicolas et Benoît on a parlé d'éducation musicale au quotidien avec le numérique merci messieurs merci beaucoup C'était les podcasts de Ludomag. Vous pouvez retrouver ce podcast en langue française sur Ausha et Apple Podcasts et sur YouTube Podcasts pour les versions anglaises et espagnoles.

Description


Aujourd’hui nous recevons Benoit Kiry enseignant éducation musicale à Colmar Collège Saint-Jean académie de Strasbourg et Nicolas Olivier enseignant éducation musicale à Toulouse au collège Sainte-Famille des Minimes.. et on va parler du numérique au quotidien en classe d’éducation musicale.


Bonjour Nicolas, bonjour Benoit,



Alors aujourd’hui on va évoquer votre façon d’appréhender le numérique au quotidien en classe, avant une reforme éventuelle de cette discipline au collège qui serait répartie en éducation des arts, chants,


l’éducation musicale aujourd’hui a changé ? Le pipo est t’il numérique ? ou autrement dit qu’est-ce qui a remplacé le fameux "pipo" qu’on était en charge de commander en début d’année dans sa trousse.


Aujourd’hui on est dans la régulation et le danger vient aujourd’hui sur l’incapacité aujourd’hui de pouvoir travailler sans internet, en éducation musicale on peut travailler en autonomie (garageband par ex.)


Mais youtube pour nous est essentiel, c’est notre source documentaire  et une écoute dans image est plus complexe quand il n’y a pas d’internet.



Questions abordées dans ce podcast : La différenciation, personnalisation des apprentissages en classe, le niveau… ?


Dans les apprentissages sur l’instrument, la voix, la production, qu’est ce qui change ? Le numérique est t’il une solution de plus ? économie du temps ? la préparation des séquences, l’IA touche t’il ?


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour et bienvenue dans les podcasts de Ludomag. Je suis Eric Fourcault, rédacteur en chef de Ludomag, premier magazine en ligne de partage d'expériences d'enseignants sur leurs pratiques pédagogiques en classe avec le numérique. Ludomag, depuis mars 2024, après le français, s'exporte dans les pays en éducation en langue anglaise et espagnole. Vous pouvez retrouver ce podcast en langue française sur Ausha et Apple Podcasts et sur YouTube Podcasts pour les versions anglaises et espagnoles. Nous abordons la saison 5 de notre podcast qui a pour titre le numérique au quotidien dans ma classe. En effet, le numérique relève du quotidien pour la majorité de la population. Ce qui fut l'avenir au temps des NTIC vers les années 95, s'est immiscé dans les pratiques et les usages journaliers. L'idée de cette saison 5 est donc de découvrir comment le numérique est utilisé en classe au quotidien de nos jours, plus que de se projeter dans un avenir incertain, voire prometteur, de nouvelles technologies. Dans les podcasts de Ludomag, nous recevons des enseignants, des formateurs, des éditeurs, chercheurs et institutionnels qui ont quelque chose à dire ou proposer sur le thème. Aujourd'hui nous recevons Benoît Kyry, enseignant d'éducation musicale à Colmar, au collège Saint-Jean, à la chimie de Strasbourg, et Nicolas Olivier, enseignant d'éducation musicale à Toulouse, au collège Sainte-Famille des Médimes. Et on va parler de numérico-coutinier en classe dans l'éducation musicale. Bonjour Nicolas, bonjour Benoît. Bonjour. Alors, comme je disais, on va évoquer votre façon d'appréhender le numérique au quotidien en classe, mais vous êtes des enseignants très connus dans le monde de l'éducation musicale en France, et on va peut-être s'intéresser à cette discipline. D'ailleurs, on disait que cette discipline allait peut-être évoluer, peut-être que l'éducation musicale allait peut-être disparaître au profit d'une éducation large autour des arts, des chants, de la musique, etc. Donc, il réformait peut-être en visage à quelques termes, mais ce n'est pas le problème. propos de notre podcast. Alors la première question que je souhaiterais poser c'est l'éducation musicale aujourd'hui a-t-elle changé ? C'était un peu une évidence. Le pipo est-il numérique ou autrement dit est-ce qu'on a remplacé le fameux pipo qu'on était en charge de commander en début d'année dans sa trousse à l'époque, il y a une trentaine d'années. Moi je me rappelle que j'avais mon pipo que je n'ai jamais utilisé d'ailleurs en classe. Est-ce que, voilà, quel est l'outil en fait de l'enseignant et de l'élève aujourd'hui dans sa classe ? L'éducation musicale.

  • Speaker #1

    La voix. La voix en priorité, donc pas un outil numérique forcément, et puis la pratique instrumentale à travers le corps, percussion corporelle, percussion réelle, et puis il y a des ayatollahs du numérique comme Benoît et moi qui effectivement utilisons abondamment, mais on en parlera avec une certaine raison, cet outil-là. Benoît, est-ce que tu veux proposer une autre réponse ?

  • Speaker #2

    Je rajouterais un outil aussi important, la voix et puis l'oreille.

  • Speaker #0

    D'accord. Donc, est-ce que... Pour votre discipline, vous, aujourd'hui, le numérique a vraiment changé votre vie. Est-ce qu'il est possible, et on verra peut-être les dangers, le trop numérique, ce qui est un discours qui est aujourd'hui d'actualité, il y a une mission sur l'utilisation de trop d'écrans par la jeunesse aujourd'hui. Alors est-ce que vous, dans votre classe, au quotidien, le avant, le pendant et le après-cours, le numérique est partout ? et quelles sont ses forces et quelles sont ses faiblesses. Allez, Benoît, là-dessus.

  • Speaker #2

    Alors, moi, je vais parler du numérique. Dans ma salle de classe, j'ai la chance d'avoir 16 iPads qui sont reliés à des pianos et reliés à des micros. tous sous casque, ce qui me permet de faire travailler une moitié de classe sur un projet, un projet musical, pendant que je peux m'occuper de l'autre moitié de la classe. Donc ce qui a changé dans ma manière d'enseigner, c'est au lieu de faire faire tout à tout le monde en même temps, ça me permet de faire au moins deux groupes et de leur donner du boulot pendant que je travaille avec d'autres. Et l'avantage de cet outil, c'est que... il est discret puisqu'il est sous casque. C'est un petit peu transparent parce qu'on est dans une application qui permet d'enregistrer, qui permet de superposer des pistes, qui permet de jouer une partie piano, une partie percussion, et d'enregistrer sa voix. Là, dernièrement, avec les élèves de 3e, ils avaient comme mission de créer un podcast sur Jean Cachouine. Et c'est des... Je trouve que c'est des choses qu'ils pourront réutiliser au lycée ou lors de production plus tard lorsqu'ils seront aux études.

  • Speaker #0

    Tu parles d'équipement, on verra Nicolas, mais tu parles d'équipement, d'autres manières dans l'éducation musicale, l'enseignant en éducation musicale a toujours eu un peu d'équipement, ou des instruments, il y a toujours un budget dans l'établissement qui permet en fait de... on ne peut pas être, j'imagine, on ne peut pas être prof d'éducation musicale sans outils, c'est compliqué, non ?

  • Speaker #2

    Sans piano, sans haut-parleur qui permet de diffuser le son, ça c'est évidemment compliqué. Mais quand on a en plus la chance d'avoir une flotte d'iPad qui se promène dans les couloirs et qu'on peut réserver pour l'un ou l'autre cours, c'est déjà super.

  • Speaker #0

    Voilà, le seul truc c'est qu'elles peuvent se batailler avec les autres disciplines pour qu'elles ne les utilisent pas pendant la classe de l'éducation musicale, pour réserver un peu.

  • Speaker #2

    Après, moi j'en ai 16, mais on peut travailler avec 2, 3, 4 en îlot, vous voyez, on n'est pas obligé d'avoir autant d'iPad.

  • Speaker #1

    Moi je fais tout comme Benoît, j'ai aussi 16 iPads dans ma classe. La différence que j'ai, Benoît bosse 15-15, moi j'aime bien quand même chanter avec tout le monde, mes 30 ou 32 élèves. Par contre après, je vais les mettre en travail comme lui. Et j'insiste sur ce qu'a dit Benoît, il y a cette idée de ne pas tous faire la même chose en même temps. On commence souvent la même chose en même temps et puis chacun après va effectivement aller à son rythme et va évoluer sur différentes activités qui vont être soit des activités d'écoute, soit des activités de création, soit des activités à nouveau de champ et pour lesquelles l'outil numérique va pouvoir souvent aider juste par le fait qu'on peut enregistrer plusieurs fois et se reprendre, s'auto-évaluer, identifier forces et faiblesses et refaire, mais aussi parfois sans numérique. C'est un petit plus qu'on va pouvoir solliciter en fonction des différentes activités, effectivement. Et pour répondre à l'autre question qui était l'emprunt d'une éventuelle valise, c'est vrai que c'est ça qui pose souvent quelques questions d'organisation avec les collègues et qui nous pousse à investir progressivement chaque année dans 3-4 iPads de plus quand on a la possibilité pour avoir un parc qui puisse être effectivement le plus... Le plus grand possible, je pense que voilà, un iPad pour deux en éducation musicale, ça te permet de faire un iPad pour trois, pour quatre, et effectivement cette modalité-là, soit celle de Benoît, soit la mienne.

  • Speaker #0

    Est-ce que c'est le cas, on a quand même deux personnages qui historiquement utilisent beaucoup le numérique dans leur discipline, est-ce que c'est le cas de tous les enseignants d'éducation musicale ? Est-ce que tout le monde est doté pareil ? Est-ce que tout le monde va aller à fond avec des iPads ? Ou est-ce que c'est plus compliqué dans certains établissements ?

  • Speaker #2

    Moi je vais dire que c'est en fonction de l'appétence de l'enseignant. Il y a des enseignants qui sont capables de faire... de faire aussi des groupes de travail, parce qu'ils ont une salle qui le permet. Moi, j'avais visité des enseignants dans un collège de collègues qui avaient des petits studios vitrés. Donc, ils mettaient les élèves par groupe.

  • Speaker #0

    Des box ?

  • Speaker #2

    Ils travaillaient des box, c'est ça. Des tout petits box, ils travaillaient comme ça par groupe. Ils n'utilisaient pas le numérique au quotidien, mais les élèves étaient tout le temps en action de quelque chose. Et ça, je trouve... tout aussi fort que d'utiliser le numérique pour faire pratiquer les élèves.

  • Speaker #0

    De toute façon, en vous, dans votre discipline, c'est produire et écouter. En gros, c'est ça la clé. On ne va pas leur faire lire l'histoire, enfin si, c'est peut-être au programme, l'histoire de la musique, faire des QCM, est-ce que ça se pratique ?

  • Speaker #2

    Je pensais que tu allais dire on ne va pas leur faire lire les notes. Donc là, les notes, j'ai fait non, mais l'histoire de la musique, remettre dans son contexte une œuvre qu'on écoute, oui, bien sûr. parce que l'idée c'est de donner du sens à ce qu'on écoute.

  • Speaker #1

    Oui,

  • Speaker #0

    et même les notes, ce n'est pas votre boulot, les notes, on est quand même dans un... Il y a des cours d'instruments qui sont donnés par ailleurs, ce n'est pas l'objectif de l'éducation nationale d'apprendre un instrument à un élève, on est bien d'accord, on est sur une éducation musicale en ce sens-là. Alors, je parlais tout à l'heure de régulation de danger, de capacité de travailler en numérique. Est-ce qu'il y a des possibles échecs ? Quelque part, l'Internet se coupe. Qu'est-ce qui se passe pour vous aujourd'hui ?

  • Speaker #2

    De un, on ne peut plus faire l'appel sur Pronote. De deux, on avait prévu un tuto ou une écoute en petit groupe avec YouTube, par exemple, et donc on ne peut plus le faire. Donc, moi j'ai la chance, ça n'arrive pas trop souvent, mais ça arrive plusieurs fois par an. Et on se rend compte que, moi je me rends compte que je suis bien... Je suis bien désarmé lorsque la connexion se coupe. Mais lorsqu'ils sont en situation de création sur l'iPad, donc là on peut déconnecter les iPads d'Internet, ça ne pose pas de problème. Un enregistrement sonore de la voix ou du piano, ça ne pose pas de problème. C'est dès qu'on veut chercher une ressource ailleurs.

  • Speaker #0

    Nico ?

  • Speaker #1

    Pareil pour moi, surtout que, comme on en parlait tout à l'heure avec des îlots des travaux de groupe, chacun va aller soit chercher effectivement des œuvres sur Internet pour répondre à l'objectif que l'on cherche à étudier. Il y en a d'autres qui vont effectivement consulter le tutoriel. Et comme on le disait, ils ne vont pas avoir tous le même tutoriel en fonction de là où ils en sont. Donc c'est vrai que c'est un... C'est difficile de faire sans. Maintenant, comme Benoît, j'ai de la chance et c'est quelque chose qui arrive peu, mais c'est vraiment pas quand même le quotidien. Tu me posais la question tout à l'heure, est-ce que tous les profs de musique sont comme ça ? Là, c'est pareil au niveau de l'équipement. On va faire une formation chez une collègue, elle me le dit, je n'ai pas Internet. Alors, il y a ça, il y a un collège public, il n'y a pas de Wi-Fi, il n'y a pas d'Internet. Donc, effectivement, là, on est en train de prévoir tout. pour arriver à s'en dispenser. Et elle, dans son quotidien, c'est ça qu'elle est obligée de faire, de tout anticiper, de tout télécharger, ce qui n'est pas hyper légal non plus, et de trouver des astuces. Donc effectivement, je ne dirais pas que c'est la pierre angulaire du fonctionnement du quotidien, mais on en est quand même très dépendants.

  • Speaker #0

    D'accord, on est quand même... Si on n'a pas un établissement qui a une connexion, une connectivité dans les classes, parce que c'est pas parce que l'établissement est connecté qu'ensuite dans les classes ça se passe bien aussi, c'est un autre problème, le Wi-Fi des fois est mal distribué, on va dire. Et puis, on parlait de tablettes, d'iPad, effectivement si on n'a pas un device par élève ou par groupe de 2 ou 3, ça devient compliqué de faire du numérique au quotidien en éducation musicale. On est d'accord aujourd'hui, c'est ça ?

  • Speaker #1

    Pas forcément, parce que côté prof, même avec une seule tablette ou même pas, je veux dire, tu peux utiliser le numérique, c'est juste que nous, on a vu le potentiel qu'il y avait, et on a investi, je veux dire, bien sûr financièrement, mais aussi de notre temps et de notre énergie pour arriver à vraiment l'investir cet outil. Mais comme l'a dit Benoît... On a été formés d'ailleurs tous les deux sans trop de numérique et on est capable de faire sans. Et quelque part, enfin moi, tu vois, quand j'ai des stagiaires qui viennent, qui sont sous ma responsabilité, ils ont très vite envie d'utiliser les iPads et bien sûr, je les accompagne là-dessus. Mais la base, je leur dis, mais c'est que tu ne sais pas dans quel établissement tu vas tomber. Il faut qu'ils soient capables de rebondir le jour où il n'y a pas Internet, le jour où tu n'as pas les tablettes, qu'on soit quand même capable d'enseigner sans et c'est tout à fait possible. Mais il est vrai que ça nous amène une diversité et une possibilité, encore une fois, de personnaliser, de varier les apprentissages qui est inouïe.

  • Speaker #0

    Et de produire, surtout.

  • Speaker #1

    Oui, bien sûr.

  • Speaker #0

    On parle depuis un moment d'iPad, donc on sait que sur ces iPads, nativement, on a une espèce de logiciel qui s'appelle GarageBand, et là, pour produire, on ouvre les grandes fenêtres. Donc là, pour les élèves, ça doit être vraiment efficient. Est-ce qu'il y a d'autres possibilités de produire sans ça ?

  • Speaker #1

    Oui, on produit vraiment directement avec la voix, avec le corps. Il est vrai que l'outil numérique va nous permettre quand même d'enregistrer. C'est vrai que quand tu ne peux pas enregistrer, tu fais une prestation devant la classe ou devant le prof. Mais l'avantage de cet enregistrement, ça reste quand même le fait d'avoir en retour un feedback immédiat, une rétroaction qui permet de remédier. Mais oui, effectivement, quand on fait des ateliers percussion, des ateliers batterie, et comme je te disais, du chant à chaque séance, le numérique est là. Mais en fait... il est là ponctuellement dans la séance. Il n'occupe pas 100% de la séance, en fait. Parce qu'on reste quand même une matière qui veut pratiquer et écouter, bien sûr. La musique, ça peut passer par le numérique, mais ça peut aussi se faire tout à fait sans. Je ne sais pas ce que tu en penses, Benoît.

  • Speaker #0

    Benoît, oui.

  • Speaker #2

    Je vais donner un exemple autour de la voix. Nos élèves de 3e, ils doivent passer un oral pour le brevet.

  • Speaker #0

    Et...

  • Speaker #2

    On leur propose de passer des oraux blancs devant les enseignants. Mais moi, je leur propose de l'enregistrer, comme s'ils étaient. De l'enregistrer et puis d'oser s'écouter. parce que ça c'est quelque chose qui est difficile, on ne connaît pas sa propre voix. Et je trouve que c'est vraiment, pour les élèves qui le font, c'est vraiment un gain bénéfique, supplémentaire, de confiance dans ce qu'ils sont capables de faire à l'oral. parce qu'entre ce qu'on imagine, ce qu'on a produit, ce qu'on a dit, on se rend compte qu'on parle trop vite, qu'on ne comprend pas les mots, qu'on mange des syllabes, voilà.

  • Speaker #1

    Qu'on dit voilà quoi tout le temps, ou genre.

  • Speaker #2

    Genre, voilà genre. Mais c'est vraiment un outil. Du coup,

  • Speaker #0

    du coup, du coup.

  • Speaker #2

    Du coup, c'est un outil dans la trousse, qu'ils ont tous un téléphone, ils peuvent tous le faire. Et je trouve que si nous, profs d'éducation musicale, on peut justement ouvrir ces possibles. Qu'on ait d'iPad ou pas d'iPad, on peut quand même l'ouvrir parce qu'ils ont un téléphone. Ils peuvent travailler comme ça aussi chez eux. Je trouve que c'est vraiment intéressant de se familiariser avec sa voix et pas que sa voix chantée.

  • Speaker #0

    D'accord. Oui, apprendre à respirer, apprendre à poser sa voix. Même un président de la République aujourd'hui, on l'a vu mal poser sa voix, il a pris des cours. Et c'est pour ça d'ailleurs qu'il a imposé, j'ai l'impression, le fameux exercice qui maintenant devient incontournable au black, c'est montrer qu'effectivement on sait parler aux autres et on peut savoir poser sa voix, exprimer ses idées, sans les dons qui les du coup et les mots qui sont gênants parfois. Bien ? Je voulais parler un peu du contexte numérique. Nos enfants et vos élèves sont baignés dans le numérique. On ne va pas parler des réseaux sociaux, mais effectivement, ils le sont souvent. Et souvent, la musique, elle est quand même omniprésente. sur ces réseaux, il y a des choses qu'on ne connaissait pas dans le monde de la musique, et les élèves, aujourd'hui, tout le monde s'imagine être un chanteur, tout le monde va regarder des trucs sur YouTube, ou sur TikTok, ou sur Instagram, ils chantent, ils se mettent en avant, donc c'est pile poil dans votre discipline, vous vous dites, c'est super, les élèves sont super intéressés, et d'un temps vous déboulez, peut-être avec un pipo, ça va être compliqué, mais par contre, si vous utilisez leurs propres outils, Qu'est-ce que ça change dans le rapport entre l'enseignant et l'élève ? Ou est-ce que ça change le rapport en disant bon ben voilà, on va aller sur YouTube, on va aller chercher des choses, on va aller regarder Est-ce que le regard des élèves se dit ah oui, cet enseignant, il est moderne il est comme nous, il connaît tout ce qu'on connaît nous ?

  • Speaker #2

    Ce qui est moderne, c'est lorsqu'on parle d'une notion, une notion musicale, de… un élève qui dit oui mais c'est comme ça dans telle chanson et on a accès tout de suite vas-y montre moi va chercher il sait chercher on lui donne un iPad il sait chercher Et tout de suite, on a accès. C'est le côté instantané qu'on n'avait pas au début de notre carrière. Au début de notre carrière, il y avait le prof d'éducation musicale d'un côté, l'univers des jeunes de l'autre. Là, vraiment, je trouve que c'est perméable et puis c'est instantané. Et donc, on n'a que 55 minutes par semaine, donc on profite de ce côté instantané. Et ça, je trouve ça, c'est une vraie richesse parce que les élèves ont un regard qui est au niveau de la musique, qui est beaucoup plus… beaucoup plus large, je trouve, que lorsque j'ai commencé à enseigner.

  • Speaker #0

    Nicolas ?

  • Speaker #1

    Moi, j'avoue que j'investis souvent les différents réseaux pour en comprendre les enjeux. Et donc, effectivement, je fais partie de ceux qui vont ouvrir un compte TikTok sur l'oral du brevet et donner des petites astuces dont on a parlé juste avant. Et comme à l'époque, quand on a commencé à faire des capsules vidéo sur YouTube, effectivement, ça part du sentiment de vouloir comprendre la génération dans laquelle on est et essayer de comprendre. voilà ce qui les attire et ce qui fonctionne ce qui les rend finalement un peu addict aujourd'hui sur sur ces plateformes là et donc effectivement une fois que je les investis ça s'appelait beaucoup bien qu'en troisième il se moque un petit peu même beaucoup mais mais après l'idée c'est moi je souvent je renverse la chose c'est à dire je leur dis maintenant c'est à vous de le faire donc là mes troisième qui prépare l'oral du brevet comme benoît ce qu'ils ont pour mission de faire c'est effectivement faire une vidéo format vertical de moins d'une minute qui soit un peu punchy avec du rhum rythme avec un peu de storytelling dedans, c'est-à-dire une accroche, une transformation, une résolution et donc à travers ce format qu'ils connaissent finalement très bien, je vais les faire travailler. Donc là du coup j'emploie ce qui est leur quotidien pour essayer de le transformer en quelque chose de numérique. Et ils vont transmettre un savoir. Ils doivent, là en l'occurrence, certains parler de leur musique, d'autres montrer leur compétence en danse, mais tout ça doit servir l'autre, apporter une valeur ajoutée. C'est ça qui m'intéresse moins, qu'ils se mettent en position de ne pas juste je fais ma danse TikTok, ma train de TikTok comme tout le monde, moi qu'est-ce que je vais amener avec ça ? et qu'est-ce que je peux apporter à l'autre ? Moi je m'en sers comme ça, c'est pareil, quand je leur faisais faire à l'époque des capsules vidéo eux-mêmes, pour expliquer une notion, il y avait cette dimension de se dire j'ai appris quelque chose, comment je vais le transmettre, comment je peux aider l'autre ? Donc voilà, je te réponds comme ça sur cette question-là, parce que je ne cherche pas forcément à vouloir leur plaire en utilisant ces outils, j'essaye de m'intéresser à ce qu'ils sont, pour comprendre comment moi je peux m'en servir finalement dans ma pratique, et comment on peut leur apporter quelque chose de plus.

  • Speaker #0

    C'est une sorte de détournement dont on parlait à l'époque, détourner un peu plus.

  • Speaker #1

    Exactement.

  • Speaker #0

    Benoît aussi, on parlait aussi de sources documentaires, en préparant un petit peu ce podcast, on disait, nous notre source documentaire, c'est pas forcément Wikipédia, mais c'est YouTube, c'est-à-dire qu'en gros aujourd'hui, il y a des millions de choses autour de la musique, de la voix, etc., qui sont présentes sur YouTube et sur d'autres réseaux, mais YouTube je crois que c'est encore une grosse source documentaire pour vous, non ?

  • Speaker #2

    Moi je trouve qu'elle est infinie et ça permet vraiment de... vous savez quand on fait écouter une oeuvre à des élèves, une oeuvre symphonique par exemple, ils n'ont aucune idée quoi, à part le vieux poster que j'ai pas dans la salle de classe de l'orchestre. Mais lorsqu'on leur montre les images, parce que c'est... C'est infini, on peut trouver, moi j'ai pas les mêmes images que Nicolas et sur Youtube, on a vraiment une richesse pour faire comprendre ce qu'on veut faire passer aux jeunes.

  • Speaker #0

    l'incapacité quand il n'y a pas internet si on a prévu une séance là-dessus on n'a pas prévu une séance là-dessus c'est-à-dire que c'est pas grave,

  • Speaker #2

    les 5 minutes, les 10 minutes le quart d'heure qu'on voulait passer, on le fera la fois d'après,

  • Speaker #0

    c'est pas grave par exemple pour toi tu vas utiliser au moins une fois sur les 55 minutes Youtube va être présent à un moment donné

  • Speaker #2

    C'est-à-dire que dans notre matière, je les fais créer, on les fait chanter, on les fait écouter, on les fait parfois danser, on leur fait faire de la percussion, donc tout ça en 55 minutes. Donc si YouTube plante, si Internet plante, ce n'est pas grave, ça ne met pas en péril le cours.

  • Speaker #0

    Mais à la limite, ils peuvent aller le voir à la maison.

  • Speaker #2

    Oui, ils peuvent, bien sûr, mais je suis... C'est-à-dire que j'évite pour deux raisons. La première, c'est que je ne suis pas dupe. S'il y a un tiers des élèves qui l'ont fait, c'est génial. Et la deuxième, moi qui ai des ados, en tant qu'enfant, je vois l'excuse facile, oui, mais le prof, il a demandé qu'on fasse ça. Et c'est compliqué pour les parents de gérer. Voilà.

  • Speaker #0

    Un temps d'écran qui n'est pas forcément canalisé, une source de prétexte à aller voir autre chose, et pas forcément les trois minutes qu'on avait bien précisé dans le pronote.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. Et moi, je suis d'accord avec Benoît. Pareil, j'ai des ados à les maisons. J'ajoute aussi la quantité de devoirs qu'ils ont déjà. Et parfois, j'ai eu affaire avec des collègues d'éducation musicale ou dans d'autres matières, des devoirs avec les enfants qui sont très longs et qui, finalement, l'efficience pédagogique... Elle peut être bonne, mais ça prend énormément de temps. Et quand tu veux leur faire faire des activités, quand tu veux leur faire faire un certain nombre de choses à tes enfants, tu es content quand effectivement le prof d'éducation musicale n'a pas donné une vidéo de 15 minutes à regarder avec un questionnaire de 50 questions à faire dans un temps chronométré. Enfin, tu vois, j'exagère un peu, ce n'est pas réellement la vérité, mais clairement, ça compte aussi. Et c'est vrai que je suis d'accord avec Benoît, on essaye de faire le maximum de choses en classe, parce qu'il y a quand même encore aussi une disparité d'équipements qui existe.

  • Speaker #0

    Dans les familles.

  • Speaker #1

    Ouais, dans les familles. Et puis comme tu l'as un petit peu dit en sous-jacent, c'est vrai que tu leur envoies une vidéo YouTube à regarder, juste à côté, tu as la vignette de Squeezie. Comment dire ? Tu vois, il va très vite avoir envie d'aller voir autre chose et c'est là, et on rejoint ce que disait Benoît, ça va être compliqué à gérer après. Autant ne pas forcément leur ouvrir la petite porte qui va les amener à finalement se disperser et perdre du temps.

  • Speaker #2

    mais moi je n'avais pas ce discours là avant d'avoir fait la classe à la maison pendant le confinement c'est vrai qu'avant le confinement il y avait la grande mode de la classe inversée

  • Speaker #0

    Et on demandait beaucoup de temps d'écran à la maison. Et là, on dirait que ça a un peu baissé. Et je dirais que vous, vous êtes en concurrence avec le prof de SVT qui a demandé aux gamins d'aller regarder le C'est pas sourcier de 25 minutes,

  • Speaker #1

    plus le clip de un quart d'heure,

  • Speaker #0

    plus le prof de je ne sais quoi, parce qu'ils vont passer leur vie sur YouTube pour préparer les devoirs.

  • Speaker #2

    Mais avec la difficulté, comment est-ce qu'on vérifie qu'ils l'aient tous fait, qu'ils arrivent au même niveau ? Moi, je n'ai pas envie de perdre mon temps à aller vérifier ça. Donc, je m'organise pour que dans le temps de classe, les choses soient faites.

  • Speaker #1

    C'est ça. La seule exception que je fais, moi, c'est pour rattraper des évaluations d'écoute. Je leur offre la possibilité de la rattraper en cours, tu vois, c'est ce que j'expliquais, ils font différentes activités en même temps. Mais s'ils veulent la rattraper avant ou s'ils n'ont pas été là, oui, effectivement, là, il y a une évaluation d'écoute qui peut être rattrapée. Mais quand même, je ne mets pas des extraits de 15 minutes. Il y a souvent trois petits extraits de maximum 30 secondes, trois petites questions. Et effectivement, là, on rejoint exactement ce qu'on disait par rapport à la pertinence d'Internet et du numérique, que ce soit dans la classe ou que ce soit à la maison. Là, il s'avère que ça permet vraiment d'ajouter une plus-value. Mais en dehors de ça, effectivement, pas d'usage de l'écran à l'extérieur.

  • Speaker #0

    On revient en classe. Je crois que c'est toi, Nicolas, qui parlais de ça, du smartphone. qui est un outil aussi super intéressant, qui permet d'enregistrer, qui permet de faire des trucs, c'est une sorte de petit iPad mais transportable. Est-ce que, on sait que c'est utilisé en thèse pédagogique, mais c'est souvent pas dans les collèges interdits, il y a aussi ce débat-là sur l'utilisation des smartphones dans les établissements, est-ce que c'est aussi une opportunité, est-ce que vous utilisez ? cet outil là pour un peu, et on attaquera peut-être la différenciation, la personnalisation pendant les 55 minutes d'un cours, est-ce que si vous n'avez pas les iPads, est-ce qu'on peut... Vous proposez ça aux élèves ?

  • Speaker #1

    Alors, on l'a eu fait, Benoît le dira à son expérience. Moi, je l'ai eu fait en fait avant d'avoir les tablettes tout simplement, en temporaire, parce que dès le début de mon enseignement, moi j'utilisais le téléphone en classe. Quand je suis rentré en 2010 et les élèves me regardaient avec des grands yeux, je prenais en photo le tableau, je les enregistrais avec mon téléphone. Pour moi, c'était naturel parce que j'étais de cette génération qui découvrait les smartphones et qui les utilisait. pour le quotidien, mais aussi pour la pratique professionnelle. Et donc effectivement, très vite, j'ai voulu faire pareil avec eux. C'est-à-dire, j'aurais dit, ben oui, là, vous filmez votre truc de percussion avec des objets du quotidien, c'est génial. Filmez-le avec votre téléphone, puis vous me l'envoyez sur l'ENT. Voilà. Mais on n'était pas encore avec notre hyper-connectivité aujourd'hui de 4G, 5G, les réseaux sociaux. C'était quelque chose qui restait ponctuel, encadré. C'est toujours le cas aujourd'hui. Mais il est vrai que... Dès que tu fais utiliser les téléphones, quand ça m'arrive encore ponctuellement, tu as cette double peur que ça aille à droite à gauche et qu'il y ait des enregistrements, des vidéos audio qui soient faites et qui vont desservir d'autres élèves. Donc il est vrai que quand tu as la possibilité d'avoir un équipement qui appartient à l'établissement, qui soit contrôlé, etc. ouais exactement tu préfères 100 fois ça donc effectivement ça a été un argument fort aussi quand les chefs me disaient on n'est pas trop à l'aise que vous utilisez les téléphones et ça je leur dis mais moi aussi donc investissez dans les tablettes et on arrête les téléphones et parfois ça a marché comme ça mais ça reste quand même un outil merveilleux et il y a un usage un réel usage à faire aujourd'hui même d'éducation sur cette pareille là mais effectivement voilà mon positionnement je ne sais pas ce que tu en penses Benoît Benoît ouais ouais c'est pareil c'est pareil

  • Speaker #2

    C'est pareil, on est forcément sollicité par une notification ou autre chose. Et puis contrôler les élèves, il vaut mieux les canaliser avec un outil qui est donné par l'établissement scolaire plutôt que l'outil personnel.

  • Speaker #0

    Ok, on est d'accord là-dessus. On parlait de personnalisation des apprentissages, donc on parlait peut-être de groupe, les fameuses 55 minutes que vous avez par semaine, donc on va essayer d'exploiter au maximum ce temps d'éducation musicale. Donc le numérique vous permet en fait d'exploiter ça de manière beaucoup plus conséquente, plus rapide.

  • Speaker #1

    Oui, parce que lorsque je fais une écoute avec les élèves, je leur demande de récupérer des notions et de se les approprier dans une création musicale personnelle. Et donc ça, c'est personnel. Donc on y travaille les notions en groupe et après ils vont les introduire dans leur création, les utiliser dans leur création musicale personnelle. C'est ça que j'évalue. J'évalue leurs compétences à être capable de jouer une mélodie avec des notes conjointes. Je les évalue à être capable de jouer un des trois rythmes qu'on a travaillé ensemble. en percussions corporelles, c'est vraiment le tout dans une création personnelle. Et pas juste évaluer pour évaluer, ou être capable, t'as fait ce rythme-là, c'est bon, c'est coché. Mais ça rentre dans une production, une production musicale, et c'est ça que je trouve intéressant. Et pendant qu'ils travaillent, moi je peux m'occuper du reste de la classe.

  • Speaker #0

    On parlait de Pronote, on a parlé de l'ENT qui est en capacité de livrer des petits fichiers MP3, est-ce que ça vous arrive aussi sur la production personnelle ? On sait qu'on n'est pas trop sur le devoir en classe, le devoir à la maison, mais est-ce qu'on peut ou est-ce que vous proposez de pouvoir faire sa production ou de continuer sa production personnelle et de la livrer sur l'ENT ?

  • Speaker #1

    Techniquement, c'est compliqué parce que quand ils commencent sur leur propre iPad, les fichiers sont assez lourds à exporter. Donc il faut qu'ils exportent et puis techniquement il faut qu'ils aient un iPad à la maison pour pouvoir continuer. Par contre, lorsqu'on fait une production, on l'exporte en MP3, il y en a qui veulent l'exporter et l'envoyer sur leur ENT pour pouvoir le faire écouter. D'accord.

  • Speaker #2

    Oui, pareil que Benoît, avec la différence qu'effectivement, comme je disais tout à l'heure, maintenant, on équipe de tablettes effectivement nos sixièmes depuis cette année. Donc, ils ont cette possibilité-là. Mais pareil que tout à l'heure, je leur dis, vous pouvez, si vous le souhaitez, la terminer à la maison et me l'envoyer. Mais moi, j'organise le temps en classe. Et il est vrai qu'en sixième, ils sont tellement excités par cette nouveauté et investis dans les apprentissages que souvent, ils les terminent à la maison. Parce qu'ils ont envie de le faire. Mais je te rejoins tout à fait Benoît, il est vrai qu'on fait tout pour que ça se fasse en classe, parce que c'est un petit peu compliqué d'avoir accès à l'outil. Néanmoins, il existe maintenant des outils, je pense à la cuisinière notamment, où tu peux effectivement leur demander de s'enregistrer par exemple avec la voix. En fait, avec leur téléphone, ils lancent l'instrumental que tu leur as mis, et puis ils peuvent chanter en même temps et s'enregistrer via la cuisinière sur l'ordinateur. Et effectivement, il y a des enseignants qui fonctionnent comme ça pour récolter des travaux. Bravo d'élève, donc ça existe.

  • Speaker #0

    Ok, alors on va conclure sur ce qui est important pour un enseignant, on a parlé des 55 minutes pendant lesquelles vous pouvez faire d'éducation musicale une fois par semaine devant des élèves. Vous, à votre niveau en tant qu'enseignant, le numérique a-t-il été une solution de plus ou vraiment un avantage considérable ? Alors en ce moment, le grand sujet c'est l'intelligence artificielle, alors je vais aussi vous poser la question, est-ce que le numérique vous a fait gagner du temps ? Est-ce que ça a changé ? changer votre métier d'enseignant en éducation musicale ou pas finalement ? Qui commence ?

  • Speaker #2

    Moi clairement oui, parce que comme je te l'ai dit, j'ai commencé presque avec, et j'en ai vu tout de suite la pertinence, on ne va pas revenir sur tout ce qu'on a déjà dit, je pense qu'on a donné pas mal d'exemples, mais... Il est évident qu'on va pouvoir aller plus loin avec cet outil-là dans la création, aller sur des créations qui seront beaucoup plus complexes, parce qu'il y a cette possibilité finalement d'avoir un outil. Quand tu es juste avec ta voix et avec tes petites compétences musicales que tu construis avec ton prof de musique en dehors de l'établissement ou à l'intérieur de l'établissement, tu restes quand même contraint à de la performance directe. Et l'avantage d'avoir un outil numérique qui peut enregistrer, sur lequel tu peux revenir, sur lequel tu peux refaire des prises, ajouter des couches, il est énorme en éducation musicale. Cette possibilité-là de rétroaction, donc effectivement pour moi c'est vraiment un outil qui... fondamentale dans notre pratique, mais qui n'est pas non plus indispensable. C'est-à-dire que si du jour au lendemain, on nous dit Bon, mais maintenant, le numérique, ça suffit, on va revenir au vrai, à l'humain, etc. il n'y a aucun problème. On chante, on aura quand même le numérique pour faire écouter de la musique, parce qu'on ne peut pas faire sans, et on pourra le faire. Mais c'est vrai que, pour nous, ça élargit considérablement les possibles et ça nous permet d'aller plus loin. Et tu parlais de l'intelligence artificielle. Effectivement, moi je trouve qu'aujourd'hui, pour tout ce qui est planification, idée d'oeuvre musicale, idée de cours, etc., c'est vraiment un outil très pertinent, qui a besoin encore d'être affiné, évidemment, et toujours, comment dire, critiqué, parce que souvent... des choses fausses et petit à petit on va aussi trouver comment l'utiliser avec les élèves pour notamment faire de la création musicale mais toujours garder cet œil de l'esprit critique donc effectivement on est en plein essor là-dessus, d'observer les outils qui sortent au quotidien et qui évoluent au quotidien, notamment sur le traitement de la voix, tu vois par exemple moi j'adore l'histoire des Beatles c'est le dernier titre, ils l'ont recréé grâce à l'intelligence artificielle et pour moi je trouve ça extraordinaire, et extraordinaire aussi d'en parler aux élèves de leur faire comprendre toute cette historicité d'un groupe de ces années-là qui aujourd'hui revit grâce à une technologie qui a permis de recompiler, de distinguer la voix par rapport au piano. Je m'arrête là.

  • Speaker #0

    Benoît ?

  • Speaker #1

    Moi, ça a transformé mon travail d'enseignant. Parce qu'avant, j'étais plutôt en frontal, et ça m'a permis de me mettre côte à côte avec les élèves. L'outil numérique, c'est vraiment ça, je pense, que je retiens. Avant tout. Et c'est ma posture d'enseignant qui a changé, son numérique.

  • Speaker #0

    D'accord, la posture. Économie de temps ? Préparation des cours ?

  • Speaker #1

    Non. L'économie de temps, pour moi, elle est dans le fait que moi, j'essaye de chercher, quand je prépare ou je renouvelle mes séquences, j'essaye de chercher ce qui va être efficace, ce qui va fonctionner et comment est-ce que les élèves vont être acteurs. Si je me dis, bon, là, c'est moi qui parle pendant 10 minutes, ça ne vaut pas le coup. Si les élèves sont acteurs, est-ce qu'il y en a qui vont s'ennuyer, qui vont décrocher ? C'est plutôt ça que je cherche à combler, pour qu'ils soient tous acteurs de quelque chose lors des 55 minutes de cours. Parce que, par exemple, s'ils doivent passer au piano, s'ils doivent passer à la batterie, combien je vais faire passer d'élèves ? Avec le numérique, je vais faire passer beaucoup plus d'élèves. Ils auront tous l'occasion de toucher, c'est ça que je veux dire.

  • Speaker #0

    Une question piège, pendant le Covid, quand les élèves n'allaient plus en cours, vous avez fait la continuité pédagogique, un prof d'éducation musicale à distance, ça donne quoi ?

  • Speaker #1

    Moi, je vais être transparent, j'ai aidé mes collègues de matière, d'autres matières, le français, le maths, à...

  • Speaker #0

    Apprendre des outils uniques.

  • Speaker #1

    Exactement, à pouvoir continuer. Et puis, je me suis dit que vu comme c'était la galère avec mes enfants, je me suis dit je ne vais pas rajouter beaucoup. C'était plutôt des écoutes libres que je leur proposais. Mais je n'ai pas changé la marque parce que j'avais du mal à gérer mes propres enfants, mes propres collégiens à la maison.

  • Speaker #2

    Il ne me paraît que Benoît, et ce que j'ai fait, c'est que je faisais des lives sur Twitch. Je faisais sur un créneau où je me disais que peu de personnes prenaient, je faisais 30 minutes pour les sixièmes le lundi, 30 minutes pour les cinquièmes le mardi, et c'était très sympa. Et donc effectivement, c'était basé essentiellement sur de la pratique et de l'écoute, évidemment, et je leur disais Allez, faites avec moi, on y va ! Et j'avais de bons retours parce que ça changeait, et que c'était un peu vivant et dynamique. et voilà c'était une belle expérience mais épuisante parce que comme toi Benoît j'ai passé mon temps, j'ai mis en place une plateforme, un noventé, des choses comme ça pour faciliter la continuité pédagogique mais bon on a beaucoup appris et progressé quand même pendant ce temps là

  • Speaker #0

    Super, écoutez on était avec Nicolas et Benoît on a parlé d'éducation musicale au quotidien avec le numérique merci messieurs merci beaucoup C'était les podcasts de Ludomag. Vous pouvez retrouver ce podcast en langue française sur Ausha et Apple Podcasts et sur YouTube Podcasts pour les versions anglaises et espagnoles.

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