- Spentia
2026. On nous avait promis que l'intelligence artificielle allait tout simplifier. Pourtant, jamais le capital humain n'a semblé aussi sous pression. D'un côté, une course effrénée à l'automatisation. De l'autre, des managers au bord du burn-out et une question qui hancle les couloirs des RH : comment rester humain quand la machine dicte le rythme ? Bienvenue dans ce premier podcast Spentia ! Aujourd'hui, nous décodons la grande fracture des compétences et surtout, comment réinventer le travail pour ne pas s'y perdre.
- Animateur
Bonjour et bienvenue dans notre analyse de fonds. Aujourd'hui, on se penche sur une année qui s'annonce vraiment charnière, 2026. Toutes les sources qu'on a pu éplucher, elles pointent vers un vrai point d'inflexion pour le capital humain. On a l'impression que les entreprises sont un peu prises en étau.
- Experte
C'est exactement ça.
- Animateur
D'un côté... On a l'intelligence artificielle qui déferle, ça redéfinit les métiers, les compétences, bref tout.
- Experte
Et de l'autre, une prise de conscience parfois un peu brutale, que l'humain au milieu de tout ça, il est plus crucial mais aussi plus fragile que jamais.
- Animateur
Voilà, donc notre mission c'est de synthétiser un peu toute cette masse de rapports pour comprendre ce que ça veut dire concrètement, pour les employés, pour les managers.
- Experte
Pour les stratégies RH aussi.
- Animateur
Exactement, la question c'est plus juste comment la technologie change le travail ? comment le travail doit se réinventer pour rester humain, tout simplement.
- Experte
Et la tension qui ressort de toutes les sources est palpable, c'est vraiment ça. D'une part, une course folle à l'efficacité, à l'automatisation, avec l'IA comme moteur. Et de l'autre, paradoxalement, cette course met une lumière crue sur notre besoin de compétences purement humaines.
- Animateur
C'est ce double mouvement qui est fascinant.
- Experte
Oui, entre l'optimisation par la machine et la revalorisation de l'humain.
- Animateur
Alors, commençons par le cœur du réacteur, l'impact de l'IA sur la main-d'œuvre. J'ai un rapport de Workplace Intelligence qui utilise une expression très forte. Il parle de « la grande fracture des compétences » .
- Experte
Ah oui, the great scale divide.
- Animateur
C'est ça. L'idée, c'est qu'on verrait naître une nouvelle inégalité. D'un côté, les jeunes travailleurs hyper fluides avec le numérique qui adoptent l'IA à une vitesse folle et de l'autre,
- Experte
des pros plus expérimentés qui risquent de se faire dépasser.
- Animateur
Oui, qui risque l'obsolescence carrément.
- Experte
C'est un risque, c'est sûr, mais une autre source apporte une nuance que je trouve capitale. L'idée de fracture est peut-être un peu trop simple, un peu trop binaire. Ce que cette étude suggère, c'est que la vraie différence, ce n'est pas tant l'âge que l'état d'esprit, la curiosité.
- Animateur
C'est-à-dire ?
- Experte
On voit des professionnels en milieu de carrière qui, juste par curiosité, deviennent bien meilleurs pour prompter, pour dialoguer avec l'IA.
- Animateur
Ah oui ?
- Experte
que des plus jeunes qui, eux, se contentent d'un usage très superficiel.
- Animateur
Donc ce n'est pas une fatalité liée à la génération, mais plus une question d'adaptabilité.
- Experte
Précisément. L'IA n'est pas juste un outil pour que les moins performants rattrapent leur retard. C'est un levier d'amélioration pour tout le monde.
- Animateur
Pour tout le monde.
- Experte
Et ça pourrait même, selon une des sources, mener à un aplatissement des hiérarchies.
- Animateur
Comment ça ?
- Experte
Un junior très doué avec une IA... peut sortir une analyse qui rivalise avec celle d'un senior. Du coup, le vrai défi pour les boîtes, c'est de regarder attentivement comment tous leurs employés utilisent ces outils.
- Animateur
Pour identifier les bonnes pratiques et les diffuser.
- Experte
Exactement.
- Animateur
Et des exemples concrets, on en a plein dans les sources. J'en ai noté trois qui sont assez parlants. Le premier, c'est que l'IA ne fait pas que remplacer, elle augmente.
- Experte
Elle augmente la créativité.
- Animateur
Voilà. Le livre blanc de Meta insiste là-dessus. Elle aide à la pensée non linéaire, à trouver des idées. Des idées auxquelles on n'aurait pas pensé tout seul.
- Experte
Une sorte de partenaire de brainstorming, quoi.
- Animateur
C'est ça. Deuxième exemple, ça touche même des secteurs très tradis. Fidelity International mentionne des IA qui suggèrent des opportunités de vente à des conseillers bancaires.
- Experte
En se basant sur une analyse hyper fine du profil client.
- Animateur
Tout à fait. Et le troisième, c'est la création de tout nouveaux métiers. Enfin, de spécialisations. Le rapport Infotech parle de « chasseurs de menaces augmentées en cybersécurité » .
- Experte
Ah oui, j'ai vu ça. Des experts qui collaborent avec l'IA pour contrer des apaches trop rapides pour un cerveau humain.
- Animateur
C'est dingue !
- Experte
Et ça, ça nous amène à un concept que je trouve génial, d'une étude du MIT. Il parle de la frontière déchiquetée. L'image est très forte.
- Animateur
La frontière déchiquetée ?
- Experte
Oui, ils machinent une côte très irrégulière. C'est la frontière entre ce que l'IA peut faire et ce qu'elle ne peut pas faire. Le problème, c'est que cette frontière bouge tout le temps.
- Animateur
Attends, mais ça, c'est vertigineux ! Ça veut dire qu'une compétence que je maîtrise aujourd'hui, elle peut être inutile dans six mois.
- Experte
C'est le cœur du problème.
- Animateur
Mais comment on se forme pour un truc qui bouge sans arrêt ?
- Experte
C'est pour ça que la formation ne peut plus être un stage de trois jours. Ça doit devenir un processus de recalibrage quasi permanent de notre compréhension de cette frontière.
- Animateur
Ça se demandait constamment.
- Experte
Là, maintenant, je fais confiance à la machine ou pas ?
- Animateur
Voilà. Je supervise ou je garde la main. Et cette pression à l'automatisation, on la retrouve partout. Tenez-vous bien, une étude de Paycom a un chiffre. 85% des pros DRH et de la paie sont convaincus qu'une solution automatisée leur changerait la vie. 85%, c'est énorme ! C'est énorme ! Du coup, si l'IA s'occupe de plus en plus du technique, il nous reste quoi à nous, les humains ? Notre valeur ajoutée, elle se déplace où ?
- Spentia
Petite synthèse de la première partie. Oubliez la guerre, humains contre machines. Nous vivons désormais une grande fracture fondée sur la curiosité et non plus sur l'âge ou l'expérience. Dans ce nouveau monde, l'IA est un amplificateur. Elle permet aux juniors de défier le senior. Le concept clé ? La frontière déchiquetée. La limite entre l'homme et d'outils est mouvante. La seule compétence qui compte désormais, c'est votre capacité au recalibrage permanent. Place maintenant au coût humain de cette révolution.
- Experte
C'est la transition parfaite. Un rapport de MCAST parle de « compétence durable » . En gros, c'est l'évolution des soft skills.
- Animateur
La pensée critique, la créativité, ce genre de choses ?
- Experte
Exactement. La communication stratégique, l'adaptabilité, ce sont des compétences durables parce que justement elles résistent à l'automatisation. Et leur valeur, elle l'explose.
- Animateur
D'ailleurs il y a un chiffre dans ce rapport qui m'a scotché.
- Experte
Ah oui ?
- Animateur
76% des offres d'emploi demandent au moins une de ces compétences. Ce n'est plus un plus, c'est la base.
- Experte
Absolument. Et le rapport Skills Horizon 2026 de Sydney va encore plus loin. Il identifie des compétences qu'il appelle des amplificateurs.
- Animateur
Des amplificateurs ?
- Experte
Oui, parce qu'elles décuplent l'efficacité de toutes les autres. Le premier exemple, c'est le self-leadership.
- Animateur
Ça sonne un peu jargon, non ?
- Experte
Oui, mais l'idée est très concrète. C'est la capacité à gérer son attention, à prioriser dans ce flot constant de notifications.
- Animateur
Une compétence de survie en fait ?
- Experte
C'est une compétence de survie.
- Animateur
Et le deuxième exemple m'a encore plus surpris, la pensée des humanités.
- Experte
Ah oui ?
- Animateur
Je dois avouer, ça m'a interpellé. On a passé des années à nous dire qu'il fallait tous apprendre à coder, et maintenant il faudrait savoir interpréter des textes et raconter des histoires ?
- Experte
C'est un retournement complet, mais d'une logique implacable.
- Animateur
Ah bon ?
- Experte
La pensée des humanités, c'est la capacité à naviguer dans l'incertitude, quand les données sont ambiguës, incomplètes, ce qui arrive tout le temps dans les décisions stratégiques. L'IA, elle peut caler.
- Animateur
Elle n'a pas assez de matière.
- Experte
Voilà. L'humain, lui, peut utiliser l'interprétation, la recherche de sens... le fameux « sense making » et construire un récit cohérent qui permet d'avancer.
- Animateur
Donc, le leader de demain, c'est une sorte de compteur en chef, en fait.
- Spentia
C'est le bon moment pour une dernière synthèse. Focus sur l'humain et le management. Trois piliers à retenir. 1. L'état d'urgence. Les managers intermédiaires sont aujourd'hui les plus fragilisés, pris en étau entre stratégie et réalité terrain. La bascule des valeurs. Les compétences techniques s'effacent au profit des compétences durables. L'empathie et l'attention deviennent votre actif le plus précieux. 3. La réponse culturelle. Pour survivre, l'entreprise doit soigner son expérience interne et accepter la déconnexion comme levier de performance. Il nous reste une question. Quel leader pour demain ?
- Experte
C'est un peu l'idée d'un article de la Harvard Business Review. Le courage d'un leader face à la crise, ça ne vient pas d'un plan parfait. Ça vient de sa capacité à donner du sens à une situation qui n'en a pas, à s'appuyer sur des valeurs fortes et à créer une coalition.
- Animateur
C'est l'humain qui injecte le sens.
- Experte
Pas l'algorithme.
- Animateur
D'accord. Le tableau est assez clair. Mais sur le terrain, concrètement, comment ça se vit au quotidien ?
- Experte
Eh bien c'est là que ça se corse. Parce que cette transition, elle met une pression immense sur les gens.
- Animateur
On s'en doute.
- Experte
Et en première ligne, on trouve les managers intermédiaires. Le rapport de Workplace Intelligence est… il est sans appel. Ce sont les plus surchargés.
- Animateur
Ils sont pris en étau, c'est ça ?
- Experte
Complètement. D'un côté, la direction qui leur demande d'appliquer des décisions difficiles.
- Animateur
Les plans de licenciement, le gel des embauches, le retour au bureau.
- Experte
Voilà, des trucs souvent impopulaires. Et de l'autre, ils doivent accompagner leurs équipes, gérer le stress, les aider avec l'IA, tout en continuant à faire leurs chiffres.
- Animateur
Ça doit être infernal !
- Experte
Les chiffres sont alarmants. 62% d'entre eux ont vu leur charge de travail exploser en 2025 et la moitié se sent fréquemment dépassée.
- Animateur
Le burn-out les guette.
- Experte
Le risque est massif. Et si les managers craquent, c'est toute la chaîne qui est fragilisée.
- Animateur
Bien sûr.
- Experte
Et ce même rapport met en lumière un autre groupe très touché, les maires qui travaillent.
- Animateur
Ah oui ?
- Experte
On assiste à un vrai retour en arrière. La flexibilité qu'elles avaient gagnée pendant la pandémie, elle s'érode. Le retour au bureau est de plus en plus strict.
- Animateur
Et j'imagine que les coups de garde d'enfants n'aident pas.
- Experte
Ils grimpent en flèche, donc on a une double pression qui devient intenable pour beaucoup d'entre elles.
- Animateur
C'est un paradoxe terrible quand même. On a la technologie pour être plus flexible, mais on retombe dans des schémas hyper rigides.
- Experte
Le décalage entre l'outil et la culture d'entreprise est énorme.
- Animateur
Et face à ça, qu'est-ce que les entreprises peuvent faire ?
- Experte
Alors, elles cherchent la parade. Un rapport de Havas Red montre que les expériences de marques internes deviennent un enjeu stratégique. L'idée, c'est de traiter ses employés comme ses clients les plus importants.
- Animateur
Tu penses à des trucs comme le Play Day chez Lego, où tout le monde est invité à jouer pendant une journée. J'avoue que ça peut sonner un peu gadget.
- Experte
C'est une excellente question. Et c'est le piège. Le rapport insiste sur l'authenticité de la démarche. L'objectif, il est double. D'abord, c'est un rappel puissant de la mission de l'entreprise.
- Animateur
Chez Lego, la créativité par le jeu.
- Experte
Exactement. Ça réaligne tout le monde. Et ensuite ? Et c'est peut-être le plus important avec le travail hybride, ça crée un souvenir commun. Un point d'ancrage culturel pour des gens qui se sentent de plus en plus déconnectés.
- Animateur
Donc ce n'est plus juste un avantage, c'est un outil de construction de la culture ?
- Experte
C'est ça.
- Animateur
Mais la pression, elle ne s'arrête pas à la porte du bureau. Il y a une source assez surprenante, un rapport sur la vie nocturne. Ça semble loin de nos sujets mais...
- Experte
Mais le lien est direct !
- Animateur
Oui, il décrit la montée de la « hustle culture » . Cette mentalité où chaque minute doit être optimisée.
- Experte
Où le repos est presque vu comme une perte de temps.
- Animateur
Exactement. Eh bien, cette culture s'étend à la vie sociale. Les soirées, les sorties, tout devient une occasion de networker, de développer sa marque personnelle.
- Experte
La frontière pro-perso s'efface complètement. On est en performance constante. Et c'est la voie royale vers l'épuisement.
- Animateur
Le burn-out, encore ?
- Experte
Du coup, ça oblige les entreprises à s'intéresser à des sujets qui étaient avant considérés comme « privés » . Un rapport SURF identifie le bien-être numérique et l'autonomie numérique comme des défis majeurs.
- Animateur
Ça va plus loin que d'offrir un abonnement à la salle de sport ?
- Experte
Beaucoup plus loin. Il s'agit de se demander comment nos outils impactent la santé mentale de nos équipes. Est-ce qu'on instaure un droit à la déconnexion ? Est-ce qu'on forme les gens à gérer le flux d'infos ? Ce sont des questions qui deviennent centrales.
- Animateur
Bon, si on résume, on a une main d'œuvre qui est transformée, Presque scindé par l'IA.
- Experte
Oui.
- Animateur
Avec une prime énorme accordée à ses compétences humaines durables.
- Experte
La créativité, la pensée critique.
- Animateur
Et en même temps, une pression qui monte, qui monte, surtout sur les managers et les maires qui travaillent.
- Experte
Une pression qui brouille toutes les frontières entre vie pro et vie perso.
- Animateur
C'est un bon résumé.
- Experte
Et je pense que le véritable enjeu pour 2026, au-delà de juste adopter une technologie, c'est de repenser le contrat social avec les employés.
- Animateur
Trouver un nouvel équilibre.
- Experte
Un équilibre durable entre les gains de productivité qui sont immenses et la nécessité de préserver le capital humain. Parce qu'au final, c'est ce capital qui reste le moteur de l'innovation et de la résilience.
- Animateur
La technologie est un levier, mais l'humain reste la clé.
- Experte
Toujours.
- Animateur
Et pour finir, on peut peut-être laisser notre auditoire avec une dernière pensée qui vient de cette étude du MIT sur la frontière déchiquetée. Et si la compétence la plus cruciale en 2026... Ce n'était pas de maîtriser l'IA, mais de développer une sorte d'intuition pour savoir à chaque instant où se situe cette fameuse frontière.
- Experte
Savoir instinctivement quand faire confiance à la machine ?
- Animateur
Et quand, au contraire, le seul outil valable, ça reste notre propre jugement.
- Spentia
C'est sur cette notion fondamentale de jugement humain que s'achève ce premier décryptage. On le voit bien, en 2026, la technologie est un levier, mais l'humain reste la clé. Si ces enjeux de fracture des compétences, de bien-être mental et d'adaptation résonnent avec votre réalité, sachez que vous n'êtes pas seul face à cette transition. Chez Spentia, notre mission est justement de vous accompagner à naviguer cette frontière. Pour transformer vos défis en stratégie durable, retrouvez-nous sur Spentia.com. Merci de votre écoute et à très vite pour un nouvel éclairage sur la transformation des entreprises.